‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 76 sur 170 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LÉSIONS DES REINS, DES ÜRETÈRES ET DE LA VESSIE , ET OPÉRATIONS QUE l"0N PRATJQÜE SUR CES ORGANES.

Les corps vulnérans qui, après avoir traversé la région lombaire, pénètrent jusque dans les reins, peuvent blesser ces organes sans intéresser le péritoine, et sans déterminer, par conséquent, aucun épanchement d’urine dans l’abdomen. Les lésions de ce genre n’entraînent d’autre danger que celui d’une néphrite plus ou moins vive, que i on combat au moyen des antiphlogistiques generaux et locaux. Les boissons émollientes produisent alors d’excellens effets, en délayant les matériaux de i’urine, et en la rendant moins irritante. Les fistules' urinaires des lombes, qui succèdent quelquefois à ces lésions, sont presque toujours incurables.

L’inflammation aiguë et intense des reins se termine quelquefois par une suppuration, qui ne peut être connue que par les signes généraux qui accompagnent sa formation. Aucune operation n estproposable que quand l’empâtement cie la région lombaire , et le développement d’une tumeur quise rapproche successivement delà peau, annoncent que l’abcès est non seulement établi, mais qu’il tend à s’ouvrir un passage au dehors. Alors l’art doit seconder les efforts de l’organisme. Le sujet étant couché sur le ventre, une incision longue d’environ deux pouces sera faite au centre de la tuméfaction, et devra pénétrer

1 0 Plaies des reins.

2° Abcès de ces organes.

On peut en pratiquer l’ouverture.

3° Calculs rénaux.

Ti!! diftîcullé fl les dangers de la

nèpliroleniie

ont été exagérés.

Procédé pour exécuter cette

opération.

352 I,. III. CH. V- maladies de e’apf. génito-toinaire.

jusqu’il !a collection purulente. Une mèche, miroduilc dans 1.1 plaie, suffit ensuite pour l’entretenir béante, et l’application (les cataplasmes émolliens doit être continuée jusqu’à ce que la cicatrisation commence à s’opérer. A cette époque, il faut, par des pansemens simples et méthodiques, s’opposer , s’il est possible, à ce que la plaie ne dégénère en une fistule incurable.

Les calculs urinaires formés dans les rems, et arrêtes dans les bassinets , occasionent des accidens , quelquefois à peine sensibles, mais le plus souvent fort graves. Des douleurs vives et déchirantes à la région lombaire , et la présence de graviers, mêlés à l’urine, tels sont les phénomènes produits par ces corps étrangers. Il est plus que douteux que l’on ait jamais eu recours, pour les extraire, à l’opération de la néphrotomie, soit parcequ’elle a paru trop dangereuse, soit parceque, malgré l’apparente clarté des signes de la maladie, il reste toujours des doutes sur l’existence réelle des calculs. Toutefois, sans contester ce que cette- opération aurait ^de hasardeux dans ces circonstances, il me semble que 1 on a exagéré les difficultés de son exécution. En effet, dans les essais que j’ai tentés sur le cadavre, il m’a toujours été facile, le sujet étant placé sur le ventre, de parvenir jusqu’à la face postérieure du rein, au moyen d’une incision de deux à trois pouces , pratiquée le long du bord externe du muscle sacro-spinal, immédiatement au-dessous delà dernière côte. Quelques ramifications peu importantes des artères lombaires sont seules divisées durant l’opération, et le rein, mis à découvert; peut être facilement incisé. 11 me semble donc que, si le diagnostic pouvait donner la certitude de la présence de calculs dans

LÉSIONS DES REINS, DES URETERES, OtC, 555

les reins, ce ne serait ni la difficulté, ni le trop grand danger de i operation ejui devrait arrêter le praticien, puisque cette opération ne serait pas plus dangereuse qu’une plaie simple de l’organe qu'il s’agit d’inciser.

Les moyens délayans et adoucissans, à l’administration desquels on se borne dans les cas de calculs rénaux, sont légalement les seuls que l’on puisse employer chez les sujets dont les pierres se sont arrêtées dans l’iiretère. Alors le conduit obstrué par le corps étranger ne peut quelquefois livrer passage à l’urine, et celle-ci, refluant dans le rein, le dilate, le désorganisé , le transforme en un kyste sensible à travers la paroi abdominale. Dans ces cas, la ponction, dont eJ.-L. Petit rapporte un exemple, et qui fut exécutee sous les yeux de Gorvisart, expose les sujets à de grands dangers. Si, cependant, on jugeait in^ dispensable de donner issue au liquide, il faudrait porter l’instrument à travers la région des lombes, afin d’éviter la lésion de la membrane séreuse abdominale et l’épanchement de 1 urine dans sa cavité. Gett': opération, pour être utile, ne devrait pas être pratiquée trop tard, et une fistule urineuse lombaire pourrait peut-être remplacer l’uretère dans ses fonctions.

Les plaies de la vessie sont fort graves, surtout lorsque le péritoine a été divisé en même temps que ce viscère. Mais des instrumens piquans, et même des balles, ont pu pénétrer dans sa cavité, immédiatement au-dessus des pubis, et môme le traverser, de manière à s’arrêter dans le rectum, sans que la mort en ait été la suite. Les annales de la chirurgie militaire, et le recueil de M. Larley contiennent plusieurs faits de ce genre. Agrandir alors les ouvertures extérieures, de manière à donner une

4'^ Caicula arretés

(tans l’uretère.

La néplirotontie peut alors être indirpue.

5 O Plaies de la vessie,

' C* Paralysie de cet organe.

Ses causes.

Ses signes.

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