III* CH* V. MALADIES DE LAPP. GÉNITO-DRINAIRE
issue facile aux liquides,* rechercher et extraire les corps étrangers ; placer une sonde à demeure dans la vessie, prescrire au malade le repos, un régime sévère, des boissons émollientes, des demi-bains ,* pratiquer des saignées générales et locales, tels sont les moyens à employer contre des lésions que la situation et la direction de la plaie , le liquide urineux qui s’écoule par elle, et la sortie du sang à travers l’urètre, font aisément reconnaître.
La vessie, comme tous les organes soumis à l’influence de la volonté, est susceptible de paralysie. Cette maladie, assez commune chez les vieillards, est quelquefois produite par la distension de la vessie, qui succède au besoin d’uriner non satisfait. Les lésions cérébrales ou rachidiennes, assez fortes pour suspendre l’action de la partie inférieure de la moelle épinière l’occasionent toujours. Enfin les gastro-entérites intenses déterminent aussi cette maladie, moins sans doute, quoi qu’en dise M. Broussais, par l’irritation du col vésical, qu’a raison du trouble et de la suspension qu’elles entraînent dans l’action nerveuse. Un poids incommode, accompagné d’un sentiment de plénitude et de distension dans le bassin, annonce le début de la maladie. Bientôt la vessie, se dilatant davantage, s’élève au-dessus des pubis, distend la région hypogastrique, et même atteint ou dépasse l’ombilic. Alors, arrivées au terme de leur alongement, les parois vésicales réagissent, par leur élasticité, sur le liquide qui les distend, et qui, chassé par elles, s’écoule goutte à goutte , comme on le dit , par regorgement. Enfin la membrane muqueuse de l’organe est irritée, finllamma- i tion s’y développe, et tous les signes de la cystite, unis à ceux de la résorption de l’urine, se manifestent.
LÉSIONS DE LA VESSIE, EtC,
Le traitement que cette maladie réclame est fort simple. Il consiste, d’une part, à introduire dans la vessie une algalie propre à vider cet organe ; de l’autre, à combattre les causes éloignées qui ont provoqué la paralysie. Le cathétérisme est l’opération qui doit être d’abord pratiquée ; et la sonde doit être, ou laissée à demeure, ou, ce qui est mieux, réintroduite à certains intervalles, jusqu’à ce que la vessie ait recouvré l’exercice normal de ses fonctions. Dans les paralysies séniles, des frictions irritantes pratiquées sur le rachis, des nioxas placés au sacrum ou à l’hypogastre; chez les sujets atteints de blessures au cerveau ou au rachis, et chez ceux qui sont affectés de gastro-entérites, des moyens propres à guérir ces lésions, telles sont les bases du traitement a employer. Les paralysies produites par la distension de la vessie^ lorsque l’on a négligé de satisfaire le besoin de la vider, se dissipent spontanément après l’évacuation du liquide,
La vessie, et spécialement le col de cet organe, sont abreuvés de vaisseaux nombreux; leurs veines se dilatent quelquefois , et forment des tumeurs variqueuses dont le volume peut aller jusqu’à causer l’obstruction presque complète du coi de l’organe. Cette maladie est , chez les vieillards , le résultat assez fréquent des excitations réitérées , et des congestions sanguines dont ces parties ont été le siège pendant l’exercice des fonctions génitales. Alors le malade rend quelquefois, avec l’urine, un sang noir, dont la sortie n’est pas accompagnée de douleur. La sonde pénètre aisément dans la vessie , n’éprouvant qu’une résistance à peine sensible, produite par les cordons variqueux ; son introduction est souvent accompagnée de la déchirure de quelques uns de ces cordons ,
Traitement qu’elle réclame.
7" Farice.i de la veisie.
Leurs signes.
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et par suite de l’écoulement d’un peu de sang. Celle maladie est ordinairement incurable : des sangsues à l’anus , un régime convenable , quelques injections légèrement excitantes, tels sont les moyens qu’il convient de lui opposer. Quant aux polypes , aux tumeurs fongueuses,
delltZgmic. OU aux ulcères de la vessie , il est impossible d’acquérir la preuve de leur existence , aussi long-temps que l’on n’a pas ouvert l’organe qui en est le siège. Ces maladies ne déterminent que les phénomènes de la cystite chronique , ou ceux de la pierre dans la vessie , alFections qui les compliquent ordinairement, ou qui déterminent leur apparition.
9° Ctüarrhi Souvent produit par des excès de régime ou par l’abus
véücal, , .Il 111 •
des fonctions génitales , le catarrhe de la vessie est plus fréquent chez les vieillards que chez les adultes ; il est , dans beaucoup de cas, la suite des obstacles apportés b la libre excrétion dé i’urîoe. Rien de plus ordinaire que de voir des sujets affectés de rétrécissemens urétraux ne rendre que par petites portions une urine trouble , épaisse et visqueuse , qui s^esi évidemment altérée dans la vessie, et qui a irrité la membrane interne de ce viscère. Les sondes , placées b demeure dans le réservoir de l’urine, en permettant b l’air d’y pénétrer, sont aussi des causes fréquentes du catarrhe vésical. Une douleur plus ou moins vive au fond du bassin , et l’expulsion d’une urine chargée de mucosités filantes, jaunâtres ou d’un aspect purulent , tels sont les principaux phénomènes de celte maladie. On doit la combattre en écartant d’abord les causes éloignées ou immédiates qui l’ont produite ; puis on a recours aux boissons adoucissantes, et aux saignées locales réitérées au périnée et b l’hypogastre. Lorsque les
LÉSIONS DE LA VESSIE, CtC.
phénomènes de l’irritation ont diminué, la térébenthine,
ou meme le baume de copahu , administrés à des doses que l’on peut graduellement augmenter, produisent souvent d’excellcns effets. On a proposé de faire alors dans la vessie des injections astringentes, alcalines ou autres; mais ces moyens sont plus nuisibles qu’utiles. M. Jules Gloquet a cru que l’on réussirait mieux au moyen de la sonde à double courant; cet instrument, employé déjà au seizième siècle par les chirurgiens qui s’occupaient de dissoudre les pierres dans la vessie , était tombé dans l’oubli , lorsque M. Gloquet en renouvela l’usage. Il consiste en une sonde ordinaire, dont le calibre est divisé en deux parties par une cloison moyenne. Un réservoir placé près du malade et au-dessus de lui contient le liquide, et communique avec un des côtés de la sonde; de l’autre côté de cet instrument part le tube de décharge, qui va se rendre dans un vase placé sous le lit. L’appareil étant disposé, les robinets livrent *passage à l’eau , qui arrive dans la vessie, la remplit, la lave, et ressort à travers la portion restée libre de l’instrument. Des quantités énormes de liquide ont pu être ainsi portées dans la vessie en un temps fort court; l’eau élevée à la température du corps est ce qui convient le mieux pour ces injections , qui n’ont jamais paru difficiles à supporter, et qui, sur plusieurs sujets , ont amené la guérison.
L’urine peut être difficilement retenue dans la vessie , ou même s’écouler de ce viscère, à mesure que les uretères l’y versent , soit par le relâchement du col vésical , soit par l’affaiblissement de l’influence nerveuse sur cette partie. Ghez quelques malades , l’urine, conservée pendant la veille , ne peut plus î’être aussitôt qu’ils
UfajK (le la sonde à double courant.
O hiconlinence d’urtne.
ïiO Calculs urinaires vésicaux.
Anatomie cliirurgicale de la vessie.
Forme et situation de cet organe chez
l’homme.
558 li. III. CH. V. MALADIES DE l’aPP. GENITO-URINAIRE.
s’endorment. On reconnaît l’incontinence absolue à ce qu’à tous les instans du jour ou de la nuit on trouve l’extrémité du gland mouillée par l’urine , et la vessie entièrement vide ; dans les cas contraires , la maladie est simulée. Des bains froids , un régime fortifiant, des exercices modérés, des vésicatoires , ou même le moxa placé sur la colonne lombaire , le sacrum , l’bypogastre , le périnée; les douches froides ou aromatiques , dirigées sur ces régions, et même le galvanisme, tels sont les moyens que l’art peut opposer avec le plus d’avantage à la maladie qui nous occupe.
C’est à l’occasion des opérations que réclament les calculs arrêtés dans la vessie qu’il importe le plus de se rappelçr les dispositions anatomiques de cet organe.
Occupant, chez l’homme, la partie antérieure du fond de l’excavation pelvienne, la vessie a une forme telle que sa portion la plus étroite, ou son col, est aiongée, dirigée en avant et en bas, et cependant située plus haut que sa portion postérle ure et inférieure , qui s’abaisse pour former le bas-fond de l’organe. Ce bas-fond présente une large surface, en contact avec le rectum, et aux côtés de laquelle viennent se rendre les uretères. En avant, près du col, on trouve sur les côtés de cette partie les vésicules séminales, les canaux déférens et les conduits éjaculateurs , qui vont s’ouvrir à la luette vésicale. Ces organes , rapprochés antérieurement de la ligne médiane , s’en éloignent en arrière, où iis laissent entre eux un espace assez considérable. Le bas-fond de la vessie est tantôt comme soulevé à sa partie moyenne par le rectum , sur les côtés duquel il s’étend en arrière; tantôt au contraire il déprime la paroi antérieure de l’intestin qui recouvre
CALCULS VÉSICAUX, etC.
ses parties latérales. Les autres régions de la vessie ne présentent rien de particulier : elles forment une cavité conoïde , dont le sommet est recouvert par le péritoine , qui se replie, en avant, derrière les muscles droits, en arrière sur le rectum , et sur les côtés vers les parois latérales de l’excavation pelvienne. Une remarque fort importante à faire pour l’opération du cathétérisme est que le rectum , distendu par les matières fécales , soulève toujours la vessie, surtout lorsqu’elle est vide, et recourbe la portion sous-pubienne de l’urètre , tandis que, lorsque la vessie est remplie au contraire, et que le rectum est vidé, le premier de ces organes s’abaisse, se porte en arrière , et l’urètre devient presque droit.
La vessie est tellement située que l’on ne peut l’atteindre que de trois côtés : par-dessus les pubis, 2® à travers le périnée , 3® en divisant l’anus et le rectum.
Vide et resserrée sur elle-même , la vessie s’enfonce derrière la symphyse pubienne , et devient presque inattaquable par l’abdomen. En se remplissant et en se dilatant, au contraire, sa partie antérieure s’élève derrière les muscles droits , déplaçant le péritoine dont elle se recouvre , et faisant au - dessus de la symphyse une saillie variable depuis quelques lignes jusqu’à deux à quatre pouces. Les tégumens du ventre , un tissu cellulaire quelquefois épais et graisseux , les fibres aponévrotiques entre-croisées qui forment la ligne blanche , et sur les côtés les muscles droits et pyramidaux , telles sont les parties qui protègent alors la vessie , et qu’il faut diviser pour parvenir jusqu’à elle.
Bornée en avant par Tarcade pubienne , en arrière par une ligne qui s’étendrait d’une tubérosité ischiatiquc
Ses l’appoi'lSj
A. Avec la région hypogastrique.
B. Avec le périuée,
Parties
qui se Uouvenl sur la ligne médiane.
56o L. III. CH. V. MALADIES DE LAPP. GENITO-URINAIRE.
à l’autre , en passant au devant de l’anus , et sur les côtés par les branches descendantes des pubis et ascendantes des ischions , la région périnéale a une forme triangulaire ; son sommet est en avant ; sa base touche au rectum ; elle est divisée par te raphée en deux parties latérales, symétriques , et dont la figure est analogue à la sienne. Le coi de la vessie n’est pas, comme on le dit généralement encore , placé en avant de cette région et fixé sous la symphyse ; il est situé au contraire en arrière, près du rectum , et susceptible d’étre élevé ou abaissé, suivant l’état de réplétion ou de vacuité de cet organe ou de la vessie elle-même.
Sur la ligne médiane du périnée on rencontre le scrotum en avant , en arrière les té^umens étendus entre cette poche et l’anus , et sous lesquels un tissu cellulaire graisseux asvsez abondant est étendu. Après avoir enlevé ces parties, on découvre, d’arrière en avant , les fibres circulaires du sphincter externe , la réunion des muscles Iransverses du périnée, les muscles bulbo-caverneux, le bulbe de l’orètre , et enfin la portion spongieuse de ce canal. Plus profondément , entre le bulbe et l’anus , on rencontre la portion membraneuse de l’urètre , la prostate et le coi de la vessie. En arrière, s’étend l’extrémité inférieure du rectum, qui n’est séparée de ces parties que par des veines et de petites artères ; en avant du bulbe, et au-dessus de fui être, sont placés les corps caverneux, le ligament triangulaire de l’arcade pubienne, les iigamens prostatiques , et enfin , dans le bassin , la partie la plus inférieure de la face antérieure de la vessie.
Au-dessous des tégumens placés sur les côtés du pé-
Caïiies situées
CALCULS VÉSICAUXj CtC.
rinée , existe une ligne celluleuse, obliquement étendue d’avant en arrière , et de dedans en dehors , depuis le bulbe urétral jusqu’à l’espace compris entre l’anus et la tubérosité de l’ischion. Le long de celte ligne rampe l’artère superficielle du périnée ; en avant , elle est coupée à angle droit par l’arlère transverse, et par celle du bulbe; en dehors d’elle , se trouvent le muscle ischio-caverneux, l’origine du corps caverneux, et la branche de l’ischion, qui soutient et protège l’artère honteuse interne. Entre ces parties et celles qui correspondent à la ligne médiane existe une sorte de canal celluleux, qui pénètre en haut jusqu’au col de la vessie, et au muscle releveur de l’anus^ parcouru, dans toute cette étendue, par des vaiseaux , et correspondant en arrière à un plexus veineux , souvent très considérable. Un intervalle de deux pouces et demi environ, sépare les tubérosités ischiatiqoes ; et l’épaisseur du périnée varie, suivant l’embonpoint des sujets, depuis un pouce et quelques lignes jusqu’à trois pouces et demi.
Le bas-fond de la vessie correspond au rectum dans une étendue d’environ trois pouces , intervalle qui sépare le repli postérieur du péritoine , du bord postérieur de la prostate , et le long duquel on ne trouve ni vaisseau ni nerf considérable. Cet espace est plus large en haut et en arrière qu’en bas et en avant ; il est moins considérable chez les sujets dont la vessie est peu développée, et il diminue pendant les vioiens efforts du diaphragme.
Chez la femme , la vessie est située au devant de la matrice ; son has-fond appuie sur le vagin , auquel il adhère; son col n’est point entouré par la prostate; enfin, sur les côtés et en avant de l’urètre, existe,
sur les Cillés de celle régioii.