L. III. CH. V. MALADIES DE L APP. GÉNITO-URINAIRE
voit que, suivant qu’on l’élève vers la symphyse ou qu’on l’abaisse du côté de l’ischion , il fera une incision petite ou grande au col de la vessie et à la prostate ? Si les tissus sont fermes et résistans , ils seront divisés ; s’ils sont lâches, au contraire, la lame de rinslrument les étendra sans les couper. Que le gorgeret soit peu recourbé ou mal tenu , que la lame du lîihotome se dirige trop en dedans , le rectum pourra être atteint. Ces deux instrumens, et l’on en peut dire autant de tous ceux du même genre, sont donc sans utilité réelle ; ils ne mettent en aucune manière à l’abri des accidens qui peuvent résulter de l’inhabileté, et rendent presque inévitables ceux dont la disposition anormale des parties tend à devenir la source. II y a donc alors de l’avantage h se servir seulement du bistouri : avec cet instrument on peut limiter et diriger ses incisions suivant qu’on le juge convenable; l’instrument n’agll que comme on veut qu’il le fasse; le chirurgien est toujours le maître de modifier son opération suivant que l’exige l’état des parties qu’il a sous les yeux. Il y aura constamment de l’avantage à débarrasser la chirurgie de celte foule d’instrumens spéciaux dont elle est encore encombrée.
Relativement à la méthode en elle-même, et considérée indépendamment du procédé que l’on emploie pour l’exécuter, la taille latéralisée expose h des hémorragies, fournies, soit par Tarière transverse du périnée, soit par celle du bulbe, situées en avant de la plaie, soit par Tarière périnéale superficielle, qui rampe à son côté externe, soit enfin par les hémorrhoïdales et les vésicales, profondément placées en arrière. Getle plaie elle même présente pn canal long de deux à trois pouces, souvent
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trop élroit pour les dimensions du calcul , et qui est exposé à des froissemens considérables, aux dilacérations les plus "raves. Quelquefois, après de longs eforts, il faut tout abandonner , et recourir au haut appareil. De violentes inflammations de la vessie, du lissu cellulaire pelvien et du péritoine succèdent fréquemment à des causes aussi puissantes d’irritation. Enfin un malade sur cinq , et m.éme sur quatre, est ordinairement victime de cette manière d’opérer.
La taille recto-vésicaîe présente moins de dangers. L’anus, la partie voisine du rectum, et le col ou le bas fond de la vessie, étant seuls incisés , aucune hémorragie n’est à craindre. La partie la plus large, du détroit inférieur du bassin, à laquelle correspond la plaie, permet la facile extraction des calculs les plus volumineux. Les parties divisées, molles et extensibles, cèdent aisément, et ne s’enflamment jamais avec violence. On est exposé, dit-on, à blesser l’un des conduits éjacuialeurs et la vésicule séminale correspondante; mais ne court-on pas les mêmes dangers parla taille latéralisée? Et, si dans ce dernier cas il n’en résulte aucune incommodité grave, pourquoi en redouter dans l’autre? D’ailleurs, en incisant le bas fond de la vessie, on peut fort bien éviter les réservoirs du sperme. Le rectum, incisé moins haut que la vessie, forme au devant de la plaie faite aux parois de celle-ci une valvule qui empêche les matières fécales d’y pénétrer. L’urine coule pendant les premiers jours par l’anus ; mais bientôt elle se partage entre l’urètre et l’ouverture anormale, et une guérison complète s’opère. Enfin, pratiquée un grand nombre de fois tant en France qu’en Italie, la taille rectovésicale ne s’est jamais montrée suivie des terribles ac-