‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 84 sur 170 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

LÉSIONS DE LA PROSTATE, ET DE l’üRÈTRE , ET OPÉRATIONS qe’elles réclament.

La plupart des lésions de l’urètre et de la prostate sont ou la cause ou l’effet d’obstacles apportés à l’émission de i’urine. L’indication qu’elles présentent consiste presque toujours à rendre libre l’écoulement de ce liquide. La rèUntion d^irtne n’est pas une maladie , mais bien le résultat de lésions diverses qu’il faut reconnaître et combattre par des moyens appropriés, il en est de même de rhémalurie, le sang pouvant provenir de voies très variées que l’on doit s’attacher à découvrir.

Que l’engorgement de la glande prostate affecte l’une des parties latérales, ou le centre de cet organe, il soulève ordinairement les parois du col de la vessie, rétrécit ou oblitère l’origine de l’urètre. La lésion de ce que M. Everard Home désigne sous le nom de lobe moyen de la prostate, est plus fréquente que celle des autres portions de ce corps. Une pesanteur incommode au col de la vessie, des envies plus fréquentes d’uriner, une douleur plus ou moins vive pendant et surtout immédiatement après l’excrétion, tels sont les phénomènes de la maladie. Le doigt introduit dans l’anus ne fait rien distinguer, excepté lorsque l’organe tuméfié se porte en môme temps vers l’intestin, et rend la sortie des matières fécales plus difficile. Il n’est pas rare de voir la tuméfaction de la pro-

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE l’urÈTRE, CtC. SqÔ

State déterminée par Tirri talion qu’entraînent les rétrécissemens de l’urètre. Aussi long - temps que la maladie n’empêche pas la vessie de se vider complètement, il faut la combattre au moyen des sangsues au périnée, des fomentations émollientes, des bains de siège, de la diète et des boissons délayantes. Si le cathétérisme est nécessaire, il faut y procéder avec la plus grande légèreté, et préférer à toutes les autres les sondes de gomme élastique, qui ont une courbure indépendante du mandrin. Après l’évacuation de l’urine, on insistera sur l’emploi des antiphlogistiques jusqu’à ce que la liberté des fonctions de l’organe affecté soit rétablie.

Des calculs urinaires occupent quelquefois le col de la vessie. Gela a lieu, surtout, lorsque, engagés dans cette partie à une époque où ils étaient peu volumineux, ils s’y sont développés. Ils laissent ordinairement entre eux et les parois du canal , des espaces libres pour l’écoulement de Turine. On a vu des* corps étrangers de ce genre séjourner pendant vingt et trente ans dans le col de la vessie, et y acquérir le volume d’un œuf de pigeon. Tel était le cas d’un homme que M. Dupuytren opéra il y a sept à huit ans. D’autres fois, des concrétions se développent dans le tissu de la prostate, soulèvent la paroi de l’urètre, l’osent, l’ulcèrent, et pénètrent dans le canal dont ils rétrécissent ou oblitèrent le diamètre. On a vu enfin de petits calculs, entraînés par le jet de l’urine, s’engager dans l’urètre, et s’y arrêter en occasionant de la douleur, et tous les accidens des rétentions du liquide accumulé dans la vessie. La tumeur formée par le corps étranger, l’obstacle que rencontre l^i sonde, le frottement qu’elle éprouve en passant sur le

T raitement

4® Calculs du col

de la vessie , de la prostate et

de l’uritre.

OBsci'tatîon

M» Dupuytren.

Il faut Je» exliaire au moyen de la pression j

des pinces de Hunter,

de la succion.

ou

de l’incision des parties.

5° Corps étrangerM arrêtés dans l’ur'eire.

60 Üréirlie,

596 L, III. CH. VI. MALADIES DE l’aPP. GÉNITO-URINAIRE.

calcul, tels sont les signes positifs de la présence de ce dernier dans Turèlre. E>t-il mobile, petit, et récemment entré dans le canal ? on peut espérer de le porter au dehors, soit au moyen de piessions exercées sur lui d’arrière en avant, soit à l’aide des pinces de Hunter. La succion de la verge a réussi une fois,* mais il ne faut pas compter sur son efficacité. Si ces moyens, aidés d’injections huileuses, de bains de siège, de saignées locales, ns réussissent pas, ou si le calcul est ancien, volumineux et immobile, il faut inciser les parties sur lui, et l’extraire. Une sonde est ensuite placée dans la vessie, et l’on réunit la plaie. Lorsque le corps étranger correspond au scrotum, on doit s’efforcer de le porter en avant, ou de le repousser en arrière, afin de ne pas inciser cette partie, et d’éviter l’infiltration urinaire de son tissu.

La même conduite doit être adoptée, lorsque des corps étrangers, tels que des bouts de sonde, des épingles, des fragmens’ de plume, etc., sont arrêtés dans l’urètre. 11 faut avoir l’attention, quand on veut les saisir avec les pinces, de les fixer d’abord, en pressant le canal derrière eux, afin de ne pas les pousser dans la vessie. Les pinces de M. Cooper, sorte de cathéter dont les parties latérales s’écartent et se rapprochent comme les pinces de Hunter, ne présentent pas sur celles-ci d’avantages manifestes.

La membrane muqueuse de l’urètre est fort exposée à une inflammation qui provoque l’excrétion abondante d’un liquide jaunâtre, purulent, *et qui, surtout durant les érections de la verge, est accompagnée de douleurs violentes. Celte affection, nommée blennorragie ou gO“ norrhée, exige, durant sa première période, des sangsues à la verge, des antiphlogistiques, et ensuite de lé-

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE L^URÈTRE, etC, 507

gers astringens. On la guérit fort bien, lorsque la douleur est médiocre, avec le baume de copahu jadmiiiistré, dès le principe, à haute dose.

Prolongée à l’état chronique, ou plusieurs fois renouvelée, l’urétrite laisse fréquemment après elle un épaississement plus ou moins considérable de la membrane muqueuse qui tapisse le conduit excréteur de Turine. Cet épaississement, borné à un seul point du canal, ou existant en plusieurs endroits, forme. quelquefois une saillie de longueur variable, qui rétrécit l’iitètre, et oppose un obstacle plus ou moins grand à la sortie de l’urine. D’autres fois, une bride mince et membraneuse occupe le canal, et oblitère une portion de son diamètre. 11 semble, chez quelques sujets, enfin, que la membrane muqueuse urétrale ait été le siège d’une érosion plus ou moins profonde, et que sa coarctation résulte de la cicatrice que la plaie a laissée après elle.

Quoi qu’il en soit, une difficulté notable dans l’excrétion urineuse est le premier accident que déterminent les lésions qui nous occupent. Le jet de l’urine devient incessamment plus mince; ce liquide ne coule enfin que goutte h goutte, avec des efîorls inouïs; la vessie, ne pouvant plus entièrement se vider, s’irrite ; des mucosités troublent l’urine, qui s’altère par un long séjour dans la vessie ; d’insupportables douleurs tourmentent les malades ; la fièvre s’allume, et le plus grand danger peut résulter d’une lésion en apparence légère et peu importante. Chez quelques sujets, et j’en ai eu récemment un exemples sous les yeux, les efforts pour expulser l’urine provoquent des céphalalgies habituelles et disposent à l’apoplexie. Dilatée outre mesure, la portion de l’urètre

Réirêcissemens de l’urètre.

Accidens

qu'ils

déterniinent,

Traitement.

Il faut connaître d'abord la situation et la forme de l’obitacle.

TIsas:e

de la sonde exploratrice.

§98 L. tll. CH. Vî, MALADIES DE l’aPP. GÉNITO-URINAIRE.

située derrière l’obstacle se rompt assez souvent; ce qui est la source d’accideiis graves. Enfin, le rétrécissement, soit par la continuité de ses progrès, soit par une irritation accidentelle qui tuméfie les parties qui le forment, devient tel que la sortie de l’urine est entièrement empêchée, et que la rétention de ce liquide est complète.

Dans quelque situation que se trouve un homme affecté de rétrécissement è l’urètre, il faut d’abord reconnaître exactement, et le siège, et la disposition de l’obstacle. Une sonde de moyenne grosseur, et qui s’arrête à l’endroit rétréci, sert à remplir la première de ces indications. Une autre sonde, garnie à son extrémité d’un pinceau de soie trempé dans de la cire à mouler, et qui reçoit l’empreinte de la partie antérieure de l’obslacie, permet de se faire une idée de sa forme. L’instrument dont il s’agit a reçulenom de exploratrice. Pour en faire usage,

il faut, après l’avoir huilée, en porter l’extrémité jusque sur le rétrécissement, l’y appuyer légèrement pendant

L’instrunicnt destine à mesurer

ri'paisseur

du

rélrécissenieut c.sl abandonné.

une minute environ, et la retirer ensuite. On trouve alors que la cire à mouler forme une sorte de cône, ou de tête mousse , de laquelle s’élève une tige plus ou moins longue, dont le volume et la situation correspondent à la situation et h la largeur de la portion restée libre du

canal.

Diicamp, à qui l’on doit cet instrument, en avait imaginé un autre qui, pénétrant dans l’ouverture de l’endroit rétréci, se développait en arrière, et servait, étant ramené en avant, a mesurer l’étendue de l’obstacle. Mais, h raison de la mollesse des parties, les connaissances fournies par cet instrument étaient peu exactes, et il est généralement abandonné. On le remplace aisément pa

LÉSIONS DÉ LA PROSTATE ET DE l’toÈtHE, etC. Sgg

une bougie fine, enduite de cire, et qui, introduite dans 1 ouverture du rétrécissement, en conserve une rainure circulaire jdus ou moins large et profonde.

Instruit du lieu que l’obstacle occupe, et des dimensions du point du canal qu’il laisse libre, le chirurgien doit s’atlaclier à le détruire. Pour cela, deus voies se présentent : la cautérisation et la dilatation des parties.

Proposée depuis long-temps , mise en usage à difl'érentes époques, et spécialement en Angleterre, mais toujours rejetée, à raison des accidens qu’elle produisait, la cautérisation n’est devenue un moyen sûr et rationnel que depuis les travaux de Ducamp, Le portccaustiquc de ce praticien consiste en une sonde de gomme élastique do moyenne grosseur, dont l’extrémité est fermée par une virole de platine percée d’un trou à soncentre. Cette sonde reçoit une bougie fine, qui supporte elle-même un bout do platine, creusé, sur une de ses faces, d’une rainure dans laquelle on met le caustique. Celui-ci n’est autre chose que du nitrate d’argent fondu, qui doit remplir exactement la rainure, dont la longueur est do quatre il SIX lignes. Afin de prévenir sûrement la séparation ue cette portion do platine chargée de caustique d’avec a bougie, et sa chute dans l’urètre, elle porte à sa base un ronflement circulaire qui ne lui permet pas de sortir emièrernent de la sonde. Enfin, lorsque l’orifice du point rétréci de l’urètre ne correspond pas au centre du canal, ,on peut adapter à la sonde un bout de platine qui présente une saillie latérale destinée à écarter son ouverture, et à la placer sur l’un des côtés.

Tout étant disposé, on introduit le porte - caustique jusqu a ce qu’il repose sur l’obstacle. Alors, poussant

Oii doit s’occuper ensuite de détruire cet olistacle.

A. Usage du caustique

Porte-caustique de Ducantp.

Procédé

opératoire

pour cautériser avec

cet iiislrument.

Il faut ensuile recourir

aux bougies-

Usaç;e^ des bougies à ventre.

4oO L. III. CH, VI. MALADIES DE L APP. GENITO-URINAIRE,

la bougie dans une telle situation que la rainure chargée de caustique touche la partie la plus saillante du rétrécissement, on brûle celui ci, en imprimant quelques mouvemens de rotation à la lige qui supporte le nitrate. L’opération doit durer une demi-minute au plus ; après quoi on fait rentrer le causliiiue dans la >onde, et Ton relire cette dernière. Il est prudent de faire, immédiatement après, une injection d’eau de guimauve dans le canal, afin de le débarrasser des portions surabondantes du nitrate d’argent, ainsi que des mucosités qui se sont chargées de cette substance. Le lendemain, ou le troisième jour après l’opération, l’escarre que l’on a faite se détache, et le jet de l’urine devient beaucoup plus gros. Il faut, après avoir encore laissé reposer le canal deux ou trois jours, prendre une empreinte nouvelle, au moyen de la sonde exploratrice, et réitérer la cautérisation, si le rétrécissement n’est pas détruit. Deux ou trois introduc lions du caustique sulFisenl presque toujours pouremporvter la plus grande partie de la saillie formée par l’obstacle; on achève ensuile de rendre au canal sa liberté , au moyen des bougies. ,

Les insirumens de ce genre dont on a fait usage jusqu’à présent avaient un volume à peu près égal dans toute leur étendue, et, par celte raison, fatiguaient le canal dans les endroits où il n’avait nul besoin de dilatation. Ducamp remédia à cet inconvénient au moyen de bougies à ventre, parcequ’elles portent à leur tiers antérieur un renflement plus ou moins fort, tandis que le reste de leur étendue a peu de grosseur. Ces bougies, qui ont deux, trois ou même quatre lignes de diamètre, doivent être introduites jusqu’à ce que la partie moyenne

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE l’urÈtRE, CtC. 4oi

de leur ventre corresponde au rétrécissement. II faut que cette introduction soit réitérée tous les trois, quatre ou SIX jours. La bougie peut demeurer en place depuis quelques minutes jusqu’à une demi-heure, ou une heure et plus. Le grand art alors consiste à ménager tellement la sensibilité des tissus, qu’on les dilate autant que possible, sans provoquer de douleurs vives, sans exciter d irritation, sans exercer de violence. 11 faut continuer 1 usage des bougies jusqu à ce que les plus grosses entrent aisément, et que, nui suintement puriforme n’ayant plus lieu par le canal, on puisse croire que les parties cautérisées se sont recouvertes d’une cicatrice large et solide,' Tel est le traitement auquel Ducamp, dont la science et 1 amitié déplorent la perte récente, a donné son nom. Cette manière de combattre les rétrécissemens urétraux n est, toutefois, ni aussi généralement convenable, ni aussi sûre que le prétendent certaines personnes, et surtout les guérisons qu’elle procure ne sont pas aussi radicales qu’on i’a cru au premier abord. Autant qu’une pratique encore restreinte en ce genre me permet d’en juger, les cautérisations réussissent mieux contre les ré- Irécissemens qui sont situés à quatre, cinq, ou six pouces de l’orifice de 1 urètre, que dans les cas où ils affectent des portions de ce canal plus rapprochées de la vessie. Elles produisent de meilleurs effets contre les obstacles provenans d’une bride dense, résistante et formant une sorte de cloison perpendiculaire à l’axe du conduit, que quand les parois de l’urètre sont seulement épaissies, et que l empreinte retirée du canal présente un cône régulier, alongé, et terminé par une pointe médiocrement 9igué. Enfin, Linsensibililé des parois urétrales et la soli-

Appii-clation

de

cette méthode.

Circonstances favorables on contraires à

son emploi.

B. Dilatation au moyen des bougies.

Il faut toujours j oiiidr :

à ces moyens l’emploi des

antiphlogislic^ues.

4oâ L. III. CH. VI. MALADIES DE l’aPP. GÉNITO-URINAIRE.

dité de l’obstacle, sont des circonstances favorables à la cautérisation ; tandis que l’existence de douleurs viveSj habituelles, que la présence des bougies exaspère, ainsi que le ramollissement de la membrane muqueuse, doivent faire bannir l’emploi du caustique, soit comme inutile, l’obstacle pouvant être vaincu sans lui, soit comme dangereux , parcequ’il est susceptible d’occasioner alors de graves accidens, et même la dégénérescence cancéreuse des parties affectées.

Au reste, ni l’étendue des portions rétrécies du canal, ni la multiplicité des obstacles, ne contre indiquent la cautérisation. Les personnes habituées à manier le caustique ont plusieurs fois détruit graduellement les obstacles les plus étendus, ou attaqué avec succès deux, trois ou un plus grand nombre de rétrécissemens sur le même sujet.

Lorsque des circonstances particulières s’opposent à l’emploi du caustique, ou lorsqu’on n’ose recourir à ce moyen, les bougies doivent être mises en usage; mais alors il faut seconder leur effet par des bains entiers, ou des bains de siège; par des injections de décoction de guimauve dans le canal, par un régime sévère, des boissons délayantes, etc. Les bougies à ventre sont alors de beaucoup préférables aux anciennes, et leur introduction doit être répétée chaque jour, ou tous les deux ou trois jours, suivant la susceptibilité du sujet et les progrès du traitement.

Lorsque le point rétréci est le siège d’une exquise sensibilité, je me suis toujours bien trouvé des saignées locales répétées, sur le point douloureux, des injections émollientes dans le canal, et des moyens antiphlogistiques

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE l’urÈTRE, CtC.

indiqués plus haut. Il faut insister sur leur usage, et s’abstenir de l’introduction des bougies, jusqu’à ce que tous les phénomènes de l’irritation aiguë soient dissipés. Dans les cas même où l’on applique le caustique, ce trailement doit être suivi : il hâte les bous effets de la cautérisation, et écarte les dangers qu’elle pourrait avoir.

Lorsque l’urètre est rétréci au point que l’urine ne peut absolument s’écouler au dehors, les accidens deviennent quelquefois tellement graves et pressans qti^i! faut lui ouvrir promptement un passage. Or, dans ces cas mêmes, la première chose à faire consiste dans l’introduction de la sonde exploratrice, afin de connaître la forme ainsi que la situation de l’obstacle, et l’endroit de son ouverture. Si alors la rétention est brusquement survenue après un excès, si l’urètre est sensible et irrité, il faut appliquer immédiatement vingt ou trente sangsues au périnée, et prescrire après leur chute un bain tiède prolongé, dans lequel le sang continue de couler, et où le malade rend ordinairement son urine; c’est du moins ce que j’ai vu arriver plusieurs fois, et entre autres, sur un jeune homme dont la rétention durait depuis vingt heures. Les sangsues et le bain ont toujours d’ailleurs l’avantage de dégorger les parties, de détruire leur extrême irritabilité, de rendre leur dilatation plus facile.

Si le rétrécissement ne cède pas, on peut porter jusqu’à lui une sonde n° 6, arrondie et percée à son extrémité d’un trou, qui, tantôt correspond à son centre, et tantôt en est écarté. Dans cette sonde, doit être introduite une bougie fine dont l’extrémité parvient presque toujours à s’engager dans l’ouverture du rétrécissement: on l’y laisse séjourner pendant uné ou deux heures,

Trailement

des

réuécissemens

qui

occasioiient des rétentions complètes , d’urine,

' Emploi des saignées locales.

ü.sage

du con lucteiir et

des Iioiigiei Unes.

Cathétérisrae

forcé.

Manière de tixer les sondes

4o4 l - in. CH. VI. MALADIES DE l’aPP. GÉnITO-URINAIRE.

puis on la relire pour lui en subslituer une plus grosse, et l’on arrive enfin, en peu de temps, h rétablir le cours de Ibirine. Si la bougie ne s’engageait pas dans l’obstacle, on pourrait la fixer, et la laisser en contact avec son ouverture, suivant le procédé employé par M. Dupuytren. On sent combien alors le conducteur rend plus facile et plus sûr l’emploi de cet instrument.

Quelques praticiens préfèrent à ces moyens le cathétérisme f )rcé, qui est plus prompt et plus brillant dans ses résultats. Une sonde d’argent, à parois solides, d’un petit volume, et conique à son extrémité, sert à exécuter cette opération. Cette sonde ne doit pas être trop courbée. Un corps gras ayant été étendu à sa surface, et le sujet convenablement situé, on l’introduit avec précaution jusqu’à l’obstacle. Là, on en dirige le bec en haut, en bas, ou sur l’un des cotés, suivant l’endroit où la sonde exploratrice a indiqué que se rencontre rouverlure du rétrécissement. Au moyen d’efforts prudemment ménagés, et exécutés dans la direction du canal, on cherche ensuite à lui faire franchir l’obstacle. Des mouvemens de rotation, dont le bec est le centre, et qui tendent à le tourner sur le rétrécissement, sont fréquemment utiles pour vaincre celui-ci. Ces tentatives, exercées avec ménagement, et dirigées par les connaissances anatomiques les plus exactes, peuvent être utiles; mais la saine pratique réprouve ces efforts violens, aveuglément exécutés avec la sonde conique, sans connaissance préliminaire du rétrécissement, et au milieu des douleurs, de l’irritation et du spasme qu’ils provoquent.

Lorsque l’on veut fixer à demeure une sonde ou une bougie dans l’urètre, il faut appliquer au malade un

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE l’urÈtRE, CtC. 4^^

suspensoire, et, de rexlréniilé de la sonde, conduire h ce Land ige Cjualre fils de colon qui s’y attachent, et empêchent l’instrument de- sortir. De celte manière la verge est libre; si des érections surviennent, elles ne sont pas douloureuses , et n’exposent pas cet organe à s’étrangler, comme on le voit trop souvent lorsqu’on fait usage de liens inextensibles. M. Boyer place sur le pénis un anneau élastique auquel il attache les fils de la sonde ; mais ce moyen n’est pas aussi siiuple que l’autre. Les sondes laissées à demeure doivent être bouchées ; leur séjour ne peut sans inconvénient être prolongé au-delà de dix à douze jours dans la vessie. Les algalies d’argent ne sauraient même y rester au delà de vingt quatre à trentesix heures; elles fatiguent le canal, le froissent, et quelquefois provoquent la gangrène de sa partie moyenne. Règle générale: il vaut mieux répéter le cathétérisme deux ou trois fois par jour , lorsqu’il est facile, que de laisser une sonde à demeure dans la vessie.

11 est rare que la rétention d’urine ne cède pas aux moyens précédemment indi(|ués ; cependant le danger est quelquefois si grand que la ponction devient nécessaire. Cette opération peut être pratiquée au périnée, à l’hypogastre, ou à travers le rectum. Dans le premier cas, le malade étant situé et maintenu comme pour l’opération de la taille, on enfonce horizontalement sur le côté du périnée, à un pouce au-devant de Lanus , un long trois quarts, dont la pointe peut être aplatie et disposée comme celle d’une lancette. Dans le second, il faut faire usage du trois quarts courbe de frère Gôme. Le malade étant couché alors sur le dos, la paroi abdominale reîâ chée, le chirurgien plonge le trois-quarts, dont la con-

çu

les bougies.

Poncfioti de la vessie.

On peut la praiiquer ;

A. au périnée ■

B, à rijypogaslre

€. à Iravers le rectum.

Hégle*

générales.

Corrections proposées par l’auteur , pour 1.1 canule du trois-quarts qui .sert à ouvrir la vessie.

8*^. Âbcha Urineux.

4o6 L. III. CH. VI. MALADIES DE l’aPP. GÉnITO-UïHNAIRE.

cavîlé regarde les cuisses, à un pcuce et demi des pubis, sur la ligne blanche. Dans le troisième enfin, le sujet doit être placé comme s’il s’agissait d’opérer une fistule à l’anus ; le doigt indicateur de la main gauche reconnaît la saillie formée par la vessie dans le rectum, et dirige sur elle la pointe d’un trois-quarts courbe, moins long que celui du frère Corne.

La ponction par l’intestin est suivie d’accidens inflammatoires moins intenses que celles de l’hypogastre ou du périnée ; elle expose moins aux infiltrations urineuses dans le tissu cellulaire pelvien. Dans tous les cas, la canule du trois quarts doit rester en place, et livrer passage à l’urine, jusqu’à ce que l’on soit parvenu à rendre à l’urètre sa liberté; mais comme elle est d’argent, elle s’accommode mal aux sinuosités des parties qu’elle parcourt; c’est pourquoi je voudrais qu’elle fut en gomme élastique, et portant à son extrémité une virole d’argent qui la rendît susceptible de s’appliquer avec exactitude à la surface du poinçon qu’elle reçoit.

Des déchirures à l’urètre sont fréquemment produites par le cathétérisme mal dirigé. Elles peuvent dépendre aussi de la distension trop violente du canal derrière l’obstacle. L’urine alors s’infiltre dans le tissu cellulaire, gagne le scrotum , enflamme et gangrène ces parties. On reconnaît les abcès de ce genre aux circonstances qui les ont précédées , à la couleur brune des tégomens, à l’extension rapide de la phlogose. il faut les ouvrir immé<liatement , provoquer le dégorgement des tissus , placer dans rurètre une sonde de gomme élastique à demeure, et attendre des efforts de la nature la chute des escarres, la détersion et la cicatrice du foyer purulent.

LÉSIONS DE LA PROSTATE ET DE L URETRE, etC. 4^7

Produites également chez la plupart des sujets par les obstacles apportés au cours de l’urine, les fistules urinaires réclament finlroduciion de sondes à demeure dans la vessie. L’urine ayant dès lors un libre écoulement au dehors, on voit les parois des trajets fistuleux se rapprocher et s’unir. Des applications émollientes, des bains de siège, une compression méthodique, sont souvent utiles pour fondre les callosités qui environnent les ouvertures anormales , et provoquer leur oblitération. L’incision, la cautérisation, et même la suture ont été employées dans certains cas avec succès. M. A. Gooper a même, chez un sujet, détaché du scrotum une portion triangulaire des tégumens, qui, retournée sur ellemême et appliquée à la plaie rafraîchie de l’urètre, s’y est réunie, et a comblé la perte de substance qu’on y remarquait.

Les fistules vésico-rectaîes réclament l’emploi des sondes à demeure. Les chirurgiens italiens accordent contre elles une grande elFicacité au nitrate d’argent, que l’on peut porter sur leurs lèvres, au moyen d’un spéculum fendu suivant sa longueur, ou d’une sonde de gomme élastique, sur le côté de l’extrémité de laquelle le caustique est enchâssé. Mais ce moyen, qui a réussi quelquefois, a aussi échoué dans beaucoup de cas. Il faut alors s’efforcer d’entretenir la santé générale, de prévenir ou de combattre les entérites chroniques, et de rappeler l’embonpoint du sujet : ces attentions sont souvent plus puissantes que tous les autres moyens, pour la guérison de la maladie.

On a vu l’urine, infiltrée goutte à goutte dans le tissu cellulaire du périnée, y former des calculs plus ou moins

90 FUtules urinaires périnéales^

curieuse

de

M. A. Cooper à ce sujet.

10® Fistules vésico-reciatesi,

Procédé

opératoire.

pour

les cautériser»

iio Calculs urinaires du

tissu cellulaire du périnée.

4o8 L. lïl. CH. VI. MALADIES DE l’aPP. GENITO-URINAIRE.

volumineux, que l’on relira par une incision faite à la peau. 11 convient de faire porter ensuite au malade une sonde de gomme élaslique, jusqu’à ce que la cicatrice de la plaie des tégumens et de la crevasse de l’urèlre soit solide.

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