‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 86 sur 170 · LÉSIONS DU PÉNIS · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU PÉNIS

de la main gauche » et introduisant une des branches de ciseaux courbes sur le plat dans son ouverture , j’y fis une incision étendue de sa partie la plus voisine du frein au milieu de la face dorsale; reportant l’instrument sur ce point, je le conduisis jusqu’au côté opposé. Alors toute l’extrémité rétrécie et devenue fibreuse de l’organe était retranchée et la partie antérieure du gland découverte. L’incision de la membrane interne du prépuce fut ensuite continuée sur la ligne médiane jusqu’au repli q'i’elle forme en arrière. Le résultat fut tel qu’après la guérison il ne restait absolument aucune trace de difformité.

Les principes établis plus haut doivent engager à ménager plus qu’on ne le fait les tégumens dans l’opération du phimosis accidentel. II est au moins inutile d’aller inciser la peau en arrière jusqu’au-delà de la base du gland. Que l’on puisse découvrir celui-ci , et panser les ulcères qui l’affectent, cela suffit. Pour cela, il faut porter d’abord la peau en arrière , puis introduire h plat , entre le gland et le prépuce, la lame d’un bistouri mince et étroit, dont la pointe est garnie d’une boule de cire. Cet instru^ ment étant parvenu aussi loin qu’on le juge convenable, on dirige son tranchant en haut, et sa pointe perçant le prépuce, la division s’opère d’arrière en avant d’un seul coup. L’incision , bien qu’elle ne corresponde qu’à la moitié ou au tiers antérieur du prépuce, suffît cependant pour dégorger les parties, et pour y déterminer un relâchement salutaire. Dans le plus grand nombre des cas, il serait inutile de pousser l’opération plus loin.

Lorsque le prépuce, trop étroit, est porté derrière le gland, il arrive chez quelques sujets qu’il ne peut être replacé dans sa situation normale. Alors, les parties si-

Oppration du phimosis accidentel.

Paraphlmoiic

Cül'p^ éîrangen appliqués à la verge.

8* Cancer t.'« pénis.

4l 2 L. III. CH. VII. 3ÏALÂDIES HE l’aPP. GÉNITO-URINAIRE.

tuées au devant de iui se tuméfient, s’irrllenl, s'enflamment et sont menacées de tomber en ^an<i;rène. Dans ces cas, îe chirurgien doit s’elForcer de diminuer le volume des portions gon fiées de Forgane, ef de repousser, derrière le point de la constriction, le sang et la lymphe qui les distendent. Des pressions douces, mais soutenues, suffisent pour remplir celte indication : le gland étant convenablement enduit d’un corps gras, cède tacilement aux doigts qui îe pétrissent en quelque sorte ; et lorsqu’il est revenu à ses dimensions normales, on peul presque toujours le repousser lui même h travers l’ouverture du prépuce. Si cependant ces tentatives demeuraient inutiles, il faudrait, d’une part, pratiquer des mouchetures sur les parties tuméfiées, et de l’autre, diviser les brides formées par l’organe qui les étrangle.

Une foule de corps étrangers, tels que des bri(|uets, des clefs, etc. , ont été appliqués à la verge pendant les égaremens du délire érotique. Ces corps occasionent presque toujours le gonflement de la partie antérieure de l’organe, et une constriction douloureuse qui le menace de gangrène. Il faut alors, comme dans le paraphimosis, s’elForcer de diminuer le volume des parties tuméfiées, et de les dégager. Si on ne réussit pas, ou si l’emploi de ce moyen paraît dangereux, à raison de la durée et de la violence de l’inflammation, il convient de diviser avec la lime, la scie, les tenailles ou d’autres instrumens analogues le corps étranger, en préservant, autant que possible, le pénis lui-même de toute atteinte.

On a remarqué que le plus grand nombre de sujets atteints de cancers à la verge avaient été affectés d’ulcérations au gland, ou de paraphimosis. Ces affections an-

Page 1