LÉSIONS DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE-ARTÈRE
on y introduit la canule, que des rubans passés dans les troiis de son rebord servent h fixer. Ce. corps étranger irrite quelquefois le conduit dans lequel on le place; mais cet accident est presque toujours occasioné par son trop de longueur , et il est facile d’y remédier en plaçant quelques compresses entre sa plaque et les légiimens. On pourrait même, à la rigueur, laisser la plaie entièrement libre. Afin d’empêcher les corps voltigeant dans l’air d’y pénétrer , on conseille de placer sur la canule un morceau de gaze très claire, ce qui ne présente pas d’inconvénient. Enfin, on devra maintenir dans l’appartement du malade une température médiocrement élevée et légèrement humide, afin de donner à l’air les qualités qu’il reçoit, dans l’état de santé, en traversant les fosses nasales.
Un corps étranger est-il renfermé dans les voies aériennes ? il faut l’extraire à travers l’incision que l’on vient de pratiquer. Lorsqu’il est libre, on le voit ordinairement sortir avec bruit , ou s’arrêter à l’ouverture de la plaie, ou il est facile de le saisir, soit avec des pinces, soit au moyen d’un crochet mousse. Mais s’il est trop volumineux pour être ainsi retiré, ou quand, fixé avec force dans les ventricules laryngiens, il ne peut en être délogé au moyen des pinces, ou d’un stylet portés jusqu’à lui, il faut agrandir la plaie. Pour cela, on prolonge en haut l’incision des tégumens jusqu’à l’hyoïde; puis , introduisant dans le larynx l’extrémité du bistouri boutonné, et tournant son tranchant en haut, on divise, sur la ligne médiane, toute la hauteur du cartilage thyroïde. Les branches des pinces, introduites entre les deux lames de cet organe, servent à
qu'ouvrir un passage à l’air.
Si un corps étranger est renfermé dans les voies aériennes.
il faut l’estraire.
Incision du cartilage ibyroïd .
1?. lai^ngo- Iracliéolomie,
Tracliéolomie.
Les instrumens et
les procédés de Deckers , Dionis Cl Bauchol sont
aLandoiinés.
4lS L. ÏV. CH, î, MALADIES DE l’aPP. RESPIRATOIRE, CtC,
les écarter, et à favoriser la recherche et la sortie du corps étranger.
Lorsque la première incision de la membrane cricothyroïdienne est insuffisante, ou lorsque le corps étranger est placé au-dessous d’elle, M, Boyer conseille de prolonger en bas la plaie des tégumens, et avec le bistouri boutonné, dont le tranchant est tourné vers le sternum, de diviser successivement le cartilage cricoïde, et un nombre suffisant des anneaux supérieurs de la trachée-artère. De forts ciseaux, coudés dans le sens de leurs bords, peuvent servir à exécuter cette partie de l’opération.
La trachéotomie exige qu’une incision soit faite, de la partie inférieure du larynx au bord supérieur du sternum. On divise ensuite le tissu cellulaire, et l’on écarte les fibres internes des muscles, qui, du sternum, vont se rendre à l’hyoïde et au cartilage thyroïde. La trachéeartère étant mise à nu, le chirurgien appuie l’ongle de son doigt indicateur entre deux arceaux de ce conduit, et l’ouvre transversalement avec la pointe du bistouri, ou avec une lancette. Si cette ouverture paraît insuffisante, il la prolonge en haut ou en bas, jusqu’à ce qu’elle puisse liv rer passage au corps étranger.
Le trois-quarts proposé par Deckers ; le bronchotome avec lequel Dionis voulait que l’on divisât transversalement et du même coup la peau et la trachée-artère; les instrumens de Bauchot eux-mêmes, qui consistaient en une lame tranchante sur laquelle était adaptée la canule, et un croissant d’acier destiné à fixer la trachéeartère ; tous ces instrumens et ces procédés, qui ont eu autrefois des partisans, sont aujourd’hui tombés dans un oubli complet,
MALADIES DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE-ARtÈRE, 4 1 9
La trachéotomie , exclusivement praticjuée par les anciens , expose h la lésion des veines thyroïdiennes inférieures, qui, dans le cas d’obstacle à la respiration, sont gonflées , distendues par le sang , et susceptibles de donner lieu à des hémorragies opiniâtres. S’il ne faut qu’ouvrir un passage à l’air, cette opération n’olTre aucun avantage sur la simple incision de la membrane crîco-thyroïdienne. Lorsque l’on veut retirer un corps étranger, l’incision des anneaux inférieurs de la trachéeartère est ordmairement inutile , parceque ce corps est presque toujours arrêté, en haut, dans le larynx. Aucun de ces inconvéniens n’est attaché à la laryngotomie. On peut , suivant le besoin , ayant commencé par la division de la membrane crico-thyroïdienne , ou en rester là, ou prolonger l’incision en haut , ou l’étendre à la trachéeartère. Il vaut mieux, en général, diviser le cartilage thyroïde , que le cricoïde et le conduit trachéal, parceque, dans ce dernier cas, on se rapproche de la thyroïde et de ses vaisseaux, dont on s’éloigne dans l’autre. Quant à l’écoulement du sang qui a quelquefois lieu , et qui , tombant dans la trachee-artère, irrite ce conduit , provoque la toux et est lancé au dehors sous forme d’écume, on le prévient en opérant avec méthode et sans précipitation. Il laut pour cela , après avoir incisé la peau , et découvert la membrane crico-ihyroïdienne , faire absterger la plaie, examiner avec soin si du sang s’écoule, placer, s’il le faut, des ligatures sur les vaisseaux ouverts,
et n’inciser le larynx que quand aucun suintement n’a plus lieu.
Lorsque , malgré les signes les plus positifs de la présence d’un corps étranger dans les voies aériennes , la
Jugement
sur les
trois méthodes précédentCiS
Conduite à tenir lorsque
le corps étranger
lift pftvil être (Ucouveit.
Moyens ftniployt's pour suppléer à l’ouverlure (les voies aériennes.
.4. Sonde de gomme élasliqup.
Elle n'est utile que dans l’asphyxie.
B. Scarification des hords tuméfiés de la glotte.
Pioeédé
de
M. Lisfrane.
/j SO L. IV. CH. I. MALADIES DE l’aPP. RESPIRATOIRE, CtC,
plaie ne livre passage k rien , et que toutes les recherches sont inutiles , il faut panser le malade simplement. Dans un cas de ce genre , M. Dupuytren trouva le lendemain , sous l’appareil , le corps qu’il avait la veille inutilement cherché. Aussitôt que l’extraction est opérée, il faut réunir les lèvres de la division.
Hippocrate avait déjà proposé d’introduire quelquefois une canule dans roiivertiirc supérieure du larynx. Ce moyen était tombé dans l’oubli, lorsque Desaull fut amené à en reproduire l’usage. Celte canule doit être laite en gomme élastique ; il faut que son volume et sa forme aplatie îa rendent susceptible de pénétrer aisément et de siéger, sans être trop incommode, entre les lèvres de la glotte. Pour l’introduire , la bouche étant largement ouverte , les doigts indicateur et médius de la main gauche, portés dans l’arrière-houche, servent de guide à son extrémité , et la dirigent vers le karynx. Sa présence est d’abord fort incommode , mais elle finit par devenir insensible. Toutefois, on sait qu’un instrument de ce genre ne saurait convenir dans le cas où les parties sont enflammées ; il ne serait proposable que chez les sujets aflèctés d’angine œdémateuse. Son emploi, ainsi que l’a démontré M. le professeur Ghaussier, est d’une incontestable utilité chez les asphyxiés, pour faire pénétrer un air pur dans les poumons.
Dans Tangine œdémateuse, M. Lisfrane a imagine d’aller, avec un liistouri, scarifier les hords de la glotte, afin de procurer une issue au liquide infiltré. Son procédé est le suivant: On se sert, dit-il, d’un bislomi un peu courbe, à lame étroite, longue, fixée sur son manche et entourée de linge jusqu’à une ligne de sa pointe. Les mâchoires du