DB LA DTGB&TION. I
aucune trace d'union;. UouYerture ëloît à la face antérieure de l'e^omac, à l'union dea deux tiers gauchea atec le li^ra droit de ce viscère » c'eat-àdire , à bm t travers de doigt de sa grosse extrémité ^ et à quatre seulement du pylore. Elle s'étendoit de la petite à la grande courbure. C'étoit^ au reste , la seule lésiou cMrganique que préseoiat ce vis-* eère.
On ne doit point taire que depuis plusieurs années la malade , maigre et comme émaciëe, Iraînoit une vie foible et languissante, que teituina une diarrhée coUiquative ; elle sembloit ne vivre qu'à La faveur delà petite quantité d'aXimens qui, pas* saut par le pylore dana le duodénum, dioit y recevoir rinûoence des sncs biliaires , dont l'action sur la pâte cbymeuse est, comme nous le dirons bientàt, absolument essenlîeUe à la séparation de sa partie nutritive. Ce n*est pas que, pendant et séjour des ^limens daqs l'estomac , les Ijmpba-* tiques dp ee viscère ne pussent se chargtr d'une certaine quantité de particules nutritives j mais cette petite proportion d'un aliment toujours im-^ parfait , servoit infinime»t peu à la nutrition , et sous et rapport, la malade étoit dans le même cas que ceux qui, tourmentés par une obstruction du pylore f rejettent , par le vomissement , la plus grande partie des substances alimentaires, lorsque la digestion stomacale étant achevée , cette ouverture rétrécie ne' peut leur livrer passage.
]likKII» Pendaul que Ift dissolution des alimens.
20Q DE LA DÏGE&TIOH*
s'opère ,Jes deux orifices de Festomac restent exac*^ terne nt fermés ; aucun gaz, dégagé des alimens^ ne remtDnte par l'œsophage , hors les cas de mau« vaise digestion. De légers frisions se font sentir, le poi|ls devient plus vite et plus serré, les force» de la vie paroissent abandonner les organes pour se porter vers celui qui est le siège du travail digesûf. Bientôt les parois de Testomac entrent en action ; ses fibres circulaires se contractent dans divers points de son étendue; ces oscillations péristaltiques,' d'abord vagues et incertaines, s'établissent avec plus de régularité, et sediri^nt de haut en bas, et de gauche à droite, c*est^à*-dire y de l'ouverture œsophagienne , vers l'orifice pjrlorique; en. outre , ses. fibres longitudinales le raccourcissent dans le sen^. de- son plus grand diamètre, et rapprochent ainsi ses deux ouvjertures. Dans ces divers mouveméns , l'estomac se redresse sur le pylore j et L'angle qu'il formé par sa ren«* contre avec le duodénun^ , se trouve pr-esque corn* plétement effacé ; ce qui rend la sortie des alimens plus facile* On a remarqué que la.digestion se fait mieux , pendant le souinieil ,. lorsqu'on repose.sur le côte dreit, que lorsqu'on se éouche sur le coté opposé , et on a attribué cette différetice à la compression que le foie peut exercer sur l'estomac. £lle est bien plutôt due à ce que , dans le coucher sur le côté droit , le passage des alimens est favorisé par leur propre pesanteur ; la position de Testoniac, naturellement oblique de gauche à droite^ le
I>£ LA DIGESTION. BOV
devenant plus encore par les changemens qnè la présence des alimens y apporte.
XXIII. Usages du pylore. L'ouverture py torique est garnie d'un anneau musculeux recouvert par une duplicature de la membrane muqueuse. Cettè^ espèce de sphincter la tient exactement fermée pendant le temps de la digestion stomacale , et refuse le passage aux alimens qui n'ont point en-*' core subi ttné assez profonde altération. Doué d'une sensibilité particulière et très -délicate, le pylore peut être regardé comme une sentinelle vi-* gilante, qui empêche que rien ne passe dans le oondoit intestinal 9 . qui n'ait éprouvé les change-^ mens convenables. Plusieurs auteurs, cités par Haller, ont très-bien vu que les alin^ens ne sortent point de l'estomac dans l'ordre suivant lequel ils y sont entrés, mab dans celui de leur digestibilité plus ou moins prompte et facile«
On pourroit dire qu'il se fait un véritable triage des alimens dans l'estomac. Ceux dont la dissolution a été la plus prompte ^ sont dirigés vers lé pylore , qui leur livre passage , et repousse au contraire , ceux qui , n'étant pas assez digérés, ne l'af* fectent pas convenablement. On objectera peut* être conti^e ce tact délicat que nous attribuons atl pylore, sejnUment exquis, par lequel il exerce une espèce de choix sur les alimens qui le traversent^ le passage des pièces de monnoie ou d'autres corps étrangers indigestibles. Mais ces substances , qui toutes séjournent plus ou moins; long^temps dans
i^Oifc D£ Là, DIGESTION.
lieslomae avant de passer dans les intestins^ sppr^ sentent à plusieurs rappises à rorifice pylorique^ 9t ne lé trayersent qu'aprèa Tavoir accoutumé à leur contact. Il en es^ du système gastrique comme d'une glande s«crétoire , et de même que les racines des conduits excréteurs douées d'une e^èce de aenaibiiité élective y ne reçoivent la liqueur sé«» crëtée que loraqu elle a subi les préparations ccm-» veoables dans le parenchyme glandulaire ; de même ]« pylore n'admet les aiimens , et ne les laisse pasaev dans les in testins^ qui peuvent être regardés comme les conduits ei^ereteurs de l'estoa^e , qu'après qu'ila ont été /suffisamment ëlal^uré» par Taciiâii de cet organe.
.XXIY. A mesure que restomacae vide , le spasme de la peau cesse; aux frissonnemens suceède uof dcince chaleur ; le pouls se développe et s'élève ; la quantité de la transpiration insensible augmente* La digestion produit donc un mouvement général y analogue à un ajecès fébrile ; et cette fièvre digrs^ live» déjà signalée par ]fts anetens, est sur-tout £i* eile à observer ches les femmes douées d'une grande sensibilité. On ne peut rien établir de po* aiti£ sur la durée de la digestion stomaeale. Les nlimens sortent plus ou moins vite de l'estomac^ suivant que , par leur nature , ils opposent une résistance plus ou moins grande aux puissances qui tendent à les dissoudre ; suivant encore que l'esto* mac jouit de plus ou moins de force et de vigueur, et que les sucs gastriques sont doués d'une activité
DE LA BtGESTiaK* 9(A
plus OÙ BdioinB marcpiëe. On peul aéamnMnA dMÏh gner trois à quatre heures comme leflei^me mojtn de la durée de leur séjour. Il esl importait dà conBoilre eti combieiiide temps s'aûcoknplit ki dn gestion stomacale , ^n de no pm la frovrbler pav les batns, les saignées , elc. qui appelletoient vers d autres organes les forces dont la ebèctetratian sur Testomac est utifbe à la digfssiion aiJhQentaire.
Si y comme il n'est pas permis d'e» dotiteir, Tes* tomac entraîne dans son action tottt les organes de 1 économie; s'il appelle, en quelque aorte, à son aide le système entier des forces vitalea; si cette espèce de dérivation est d'autant plus marquée que Torganisalion est pins délicate, ia sensibilité phis vive , la susceptibilité plus grande, om "vioit eoat^ bien il est utile d'imposer une diète sévère daoA les maladies aiguës, et dans tous les cas ou la na^ ture est occupée k on travail organique qo'une irritation un pev vive île manqueront pas de dë-^ ranger ou d'interrompre. Ceux qui esercent Tart de guérir dans les grands bèpitaus^ Savent à con»» bien de malades les indigestions sont funestes. J'en ai vu plusieurs povtant dés ulcères d'une grands étendue ; la éuppatation étoit abondante et de bonne nature, les chairs vermeilks , et tout ftù* mettolt une heureuse issue , lorsque des parens
indiscrets leur apportent, en cachette , dès alimens indigestes, dont iU se gorgeut, malgré la surveillance la plus aciive« L'estomac , accoutumé à un régime doux et modéré, tout à coup surchargé
S04 DB. LA DIG£SfIOK«
d'alimens, est transformé en un i^entre d6 fiutîos vers lequel les sucs et les humeurs se dirîgenir^ . l'irritation, qui s'y établit devient supérieure à celle qui existe dans là surface ulcérée ; celle-ci ctesse de se couvrir de pus^, lés bourgeons charnus s'af* dissent , une oppression extrême se manifeste , à la difficulté de respirer se joint une douleur de côté pungittve, la douleur, sy m pathiquement ressentie dans le poumon , rend cet organe le siège d'une congestion infiUimmatoireet purulente ^ le râle sur« vient, et les malades meurent suffoqués au bout de deux ou trois jours , quelquefois même après vingt-quatre heures; et cette terminaison funeste est ^ui*tout accélérée, lorsque, comme j'en ai été souvent témoin , l'on applique un vésicatoire sur le point douloureux , au lieu d'en couvrir la surface ulcérée.
On s'étonnera peut-être que, dans l'accident dont on vient de parler, ce soit le poumon , et non pas l'estomac lui-même , qui devienne le siège de la congestion I et de la doiùleur; mais outre que le poumon est l'organe du corps le plus perméable, le plus foible , celui qui se prête le plus facilement aux. mouviemetis fluxionnaires (i) , une foule d'exemples prouve quelle étroite sympathie Punit
(i) De tous les organes , il est celu» qui présente le plus de lésions organiques , et ceux qui ont ouvert beaucoup de ca* dayres, ont pu voir' combien il est rare de trouver des pou* mons parfaitement sains chez les hommes adultes et cbes les vieillards.
BE LA DIGESTION. ioS
il Testoinac. Qu'il nous suffise de rappeler les pleurésies et péripneumonies bilieuses , ces douleurs aiguës du côté, que,*dll||Kiis StoU, les médecins combattent si heureusement avec les vomitifs. La rapidité avec laquelle leurs symptômes se dissipent par l'évacuation des matières saburrales dont Tes* tomac se trouvent embarrassé > démontre évidemment que ces maladies sympathiques ne sont point dues au transport de la bile sur le poumon , qu'elles • ne consistent pas non plus dans l'existence simula tanée d'une affection gastrique et de l'état inflam * raatoire de la plèvre ou du poumon , mais que c^ sont de simples affections gastriques dans lesquelles le poumon est en même temps le siège d'une dou« leur sympathique.
L'action des parois de l'estomac ne cesse que lorsque ce viscère est complètement débarrassé des alimens qui remplissoient sa cavité. Le suc gastrique , dont aucun stimulant ne provoque la sécrétion y n'est plus alors versé en aussi grande quantité par ses artères , et les parois qui se mettent en contact, sont principalement lubrifiées par les mucosités que sécrète abondamment la tunique intérieure.
Quelquefois l'action des fibres musculaires de l'estomac est totalement intervertie , elles se contractent du pylore vers le cardia, et ce mouvement antipéristaltique , dan# lequel les coutraclionsL s'opèrent avec plus de force « de rapidité , et d'une manière vraiment coavulsive , produit le vomis-
Sa6 I>B LA DIOESTtON.
Mment. AIotb J'aotîon des muscles abdominaoi se joint à ceile de reslomaG; les viscères soal repoussés en haut et en arrière par fiPeootraction des muscles larges de l'abdomen ; le diaphragme remonte vers la poitrine. S'il s'abaissott en secontractant , Tcesojrfiage qui passe dans rinterralle de ses deux piliers « se trouTeroit comprimé , et la sortie des matières alimentaires par Torifice cardiaque ne pourroit avoir lieu. Aussi observe-t^on que ce n'est que pendant 1 expiration que les matières peuvent passer de l'estomac dsns l'œsophage. Le vomissement ^ut dépendre de l'obstruction du pylore , de Tirapression trop irritante d'une substance quelconque sur les parois de l'estomac ; il peut encore être . l'effet de l'irritation d'un autre oi^ne avec lequel l'estomac sympathise , etc.
L'influence nerveuse coopère essentiellement à ia digestion stomacale. Plusieurs physiologistes , depuis Brunner, ont expérimenté que la ligature des nerfe de la huitième paire (pneumo-gastriçues) provoquait le vomissement et retardoit le travail de la digestion ; comme il est impossible de faire cette expérience sans porter atteinte à la respiration, fonction bien autrement importante que la digestion, il devient difficile de décider si ces dérangemens de la digestion stomacale ne proviens nent pas du trouble général apporté à l'exercice de toutes les fonctions ; toutefois le cerveau pa*- Tott en sympathie plus immédiate avec l'estomac qu'avec tou^e autre partie du tube digestif. Le
DE liA DIGBST10N% ^O^
d<^ût qu'excite le ntnnenir d'un aliment délesté provoque le vomissement; tout travail un peu considérable du côté du cerveau , ralentit , dë«rai^ et va même jusqu'à suspendre entièrement les fonctions de l'estomac. Une nourrie inatten**due j une émotion vive , font taire le sentiment de la faim le plus prononcé. II seroit inutile d'ao^ «umuier ici des preuves de ces liaisons étroîlelB existantes entre le cerveau et l'estomac par l'entra mise des nerfe pneumogastriques* Personne ne les méconnoit,
• XXy« £(e la digestion dans le duodénum. Les alimens » en sortant de l'estomac, passent dans le duodénum et y éprouvent de nouveaux changeflaeos aussi essentiels que ceux que leur a xm^ primés la digestion stomacale* On pourroit même dire que l'essence de la digestion , son but princi«^ pal , étant la séparation de l'aliaient en deux par^ ties , l'une excrémentitielie et rautrecfayleuse ou nutritive , le doodénnm , dans )eq>«i^ cette séparai don s'opère , en est le principal organe. En effet, avec quelque attention qu'on examine le chyme grisâtre qui sort de Pestomac , on n'y voit qu'une pâte mucide , lK>raogène ; et dan.^ plu» de cent animaux vivans que j'ai ouverts pendant la diges-»ticm y je n'ai jamais vu les lymphatiques de l'esto^ mac remplis , cbknmé ceux des ihl^stins , d'un -vé* rifable chyle.
Le duodénum peut être considéré comme un second estomac .bien distinct des autres kitestios.
^o8 DE LA DIOESTTOIC.
grêles par sa position hors du péritoine^ son atll^ pleur, sa facile dilatabilité', la grandeur et la fixité dé ses courbures , le grand nombre de valvules conniventes dont son intérieur est garni , la quantité prodigieuse de vaisseaux chyleox qui en nais« sent , et surtout parce que p est dans sa cavité que sont versés les sucs'biliaire et pancréatique. Si Ion .fait quelque attention à la disposition du duodé«> num , aux parlicularités de sa structure , on voit •bientôt que tout, dans cet intestin , doit ralentir le cours de la matière alimentaire , et prolonger son séjour , afin qu'elle reste plus long-temps soumise à l'action de ces liqueurs.
Le duodénum est, en effet, presqu'entièrement hors du péritoine y membrane séreuse qui , comme toutes celles qui tapissent l'intérieur des grandes cavités et se réfléchissent sur les viscères qui y sont contenus, en leur fournissant des enveloppes extérieures, est très- peu extensible et ne paroit s'étendre , quand cjes viscères se dilatent , que par le dédoublemec^t de se^ nombreuses ^uplicatures* Fixé par un tissu cellulaire assez peu serré contre la paroi pôstérie.uj^e de . Tabdonpien , le duodéoùin peut se dilater an point degftW)* J'estomae.en grosseur, comme on le voit assez, souvent dans les ouvertures des cadavres; les courbure^ qu'il décrit, tiennent aux orgs^nes voisins, et paroissent presque invariablement fixées ; enfin de nom* breuses valvules hérissent son intérieur, augmen* teot les froUemenSj en même temps que^ donnant
DE LA DIGESTION* " 9oa
plus d'étendue à sa surface ^ elles font qu'il en peut naître un nombre considérable de yajsse^ux Ijm- \
phatiques destinés à pomper le chyle ^ séparé dans le duodénum de la partie excrémentitielle des ali« mens , par Faction des sucs qu y versent lés conduits réunis du foie et du pi^uqré^^v ;
XXVI. De la bile et des organes^ qui server^ à sa sécrétion. La bile est un .liquida yisqyeux^. amer y jaunâtre, contenant une grande qi^ an ti té d'eau, de l'albumine, cause de sa viscosité, une huile à laquelle est uni le prjncipe çolorai;it amer, de la soudfs, à l^iqu^Ue La^bije doit la propriété dq verdijp J^s couleu^-s ; bjeuçs végétales ;,de^ phps* phatjçs.,.d,es çprl^o;i,ates , des njurjate» 4p. «04de, des p^ospl^tea 4e, phay^ çt 4'ainp}pft^^qpe ; et enSn,. suivait quelqije^qnsj dq.ro,?^i4e. dfe.^i:, et une ea^èfie 4^ c^rps suçf,é.puaj!ogujç,j^iji,aii<frci de lait. lye JiftH*^ V^y^F^ ^ .^fi&^^^é pqp les.-^ncien^ comme ui^ î^yP^ .^piu^^l Pfppr^ à Ppéfer wp me* lange pi V? WîfW«. <^.e laiifatière .^jiipenUire , en coinbin^yt^^fts partiiçs ^aqueu^^ ^^Çp . ^&. qM'elle contient,dp gras et d; oléagifiet^ , e^t (loQPitr^s-* /composé ;, ij est à la f9is,aq.ue}i;x^^^lljjjfnijneux , huileux , alkal|n et salé. Lp. ^e^q;^^. J^,^^ciTÉîte,^st un y^cèj^ .t,r,^srvp.li?mi9eijx placé A ; la. p^irtis supérieure ^e, l'abdoiiieu , et jriucipa)e^ent[ fisfé dajas la place qu/l Qccupç ,. par son. a>4bérjejafîç au dja^ phragme,, 4pp,t il suit tous.ljçs mouy^itiens»
L'ar^èjre h4pa,ti(^ue que la .çopHaftue çny<4ç ^au foie, ne l^^.fpurnit que le^aog d^l^^f^ ^^a nutri- I. 14
àlO DE LA DIGESTION.
tion; les matériaux du liquide qu'il prépare ^ sont contenus' dans le san^ de la peine-porte.
Cette opinion sur les usages de Tartère hépatique, que j'adopte avec Haller, ne peut être établie sur les expériences de ceux qui prétendent avoir vu la sécrétion de la bile continuer après sa ligature. Outre que la position de ce vaisseau rend cette opération presque inexécutable , ce qui me fait doutei:, avec raison, qu'elle ait jamais été pratiquée ; si Ton intercepte le cours du sang artérieh qui se porte au foie, ce viscère, même en admet•^ tant l'hypothèse reçue, doit être privé de nourriture et d'aétion; et c'est en vain que la veine-porte lui fournitoit un sang ^ut lequel il ne pourroit exercer aucune influence. On voit, à la vérité, la sécrétion de la bile'^s^arrêter après la ligature de cette verne, bien pliis facile que cell^ de l'artère; mais lès animàtix survivent trop peu de temps à cette expérience qui suspend là circulation du sang veineux abdbfrrinal , pour qu W puisse en tirer quelques résultats* concluans. CTest donc sur des preiives tirées de l'analogie , que repose l'hypothèse généralement admise , touchant le mode de sécrétion du liquide biliaire. L'artère hépatique ^ singulièrement diminuée par les branches qu'elle a fournies «n se portant yers4e foie , est à cet organe ce que les artères bronchiales sont aux poumons; et l'on peut également coiiiparer les rameaux de la veine-porte , répandus dans sa substance, au système de^ vaisseaux pulmonaires.
Avouons toutefois.que le volume énorme db foie,« son existence dans le plus .grand nombre des ani«^ maux , et la quantité du sang qui j arrive par la veine-porte, comparés à la petite quaiiiiié de bile qu'il en sépare , portent à croire que le sang qu'y envoient tous las autres organes de la' digestion , y éprouve des changemens sur lesquels la seienoe ne possède encore aucune donnée positive, quoique les chimistes assurent, que le foie est, en qiielque sorte , l'orgauié supplémentaire du poumon , et qu'il concourt à débarrasser le sang de son bydro* gène et de s6n carbone.
On donpe le nom àe veine^^porte iun système veineux pdPtkulier renfermé dans la cavité abdominale v^t formé de la manière suivante : les veines qui rapportent le sang de la. rate et dw pancréas , de l'estomac et du conduit iïitestinal , se réunissent pour formet.bn. tronc très-^os,qui monte vers la face coAQave.4u.£biei.et s'y divise; en ^eos branicbes, C^les*€ft se logen t- dans une. scissnre pro- Ibade, d^rt est. creusée la substance de :ce viscère; ellçs eiiv<âei»t dans toute, son * épaisseur une quan^ tité . proiiigieiiise de rameaux qui se divisent a la manière des vaisseaux sxtérieU , et se tertnibent, d'une p^rt, en se continuant avec les* conduits, ^a pores biliaires, et d'autre, part, en produisant les veilles JbépaitiqueS: simples. £es.vein»^ princi* palemMit placées vers la face cou irèxe ou sup€ -< rieure'du foÂe.) rapportent datas le terrent de la circula4ion; k sang qui li'a.pAS été em|>lo7é à la
â)d B1B LA digestion;
«onf^Qtion de la bile, et celui qui n'a pas servi à nourrir^ la .sùbslaMe xnéme du foie ; car elles nais* sent également des extrémités de la veine-porte, eC des dernier^ ramifications de Tartèrehépatiqi|ie, - * • ....
Le fqië diffère de tous les orgai^iés-'séc'rétenrs, eflfCéquê leÀ matël^iaux de la liqueiir qu'il élabore, ne:lùi::sojntipas foiirnis par ses artères; Il ^semble qup labile^'^u|u«ur grasse et huileuse, dahslaquelle Fhy drogène et ; le «àrbone ' porédKHniivefit , ' île* p6uvoit élire tirée ,que dti'sang^ veineux /4atiS' lequel , comme on sait, ces deux. principes ^surabondent* Le èan^ acquiert rif^s-ifâsH tés veineui3es^ià>biesure qutil parcourt lesi rbùAes* torlneaseâ de Isi circula-» tiori , - et ! il . s'bydrogène ' et ^ se carbtDnne - d^au tant mièux.^ fi[u/il oouleavec'^^t^s de lëiitedi^i Oty il'e^t facile dé voir iquè' t'eut ëst'«»aturêll^iâeflt^\Ais]^asé pOuff^raleAtiDlaiarenl^ian-du sang hépatique ^ et lui dônaeii^ à unid€Jgré<éftciinent,<l!ôutes les proprié tésiqmrjearactéiiiBént'ivi sang des^êbies» Les artères.'^qui >{6«[missént iésang dsms Q«s*\>rganes d'où nak la* veme-porte , 'àont aw '^IréiS-^ÉU^uses » c6mme la s|>léfiiqqe /ou >s> «tfaséom^êhli Jfi^éti^èmxnènt, etipairairG^dès,: «Ultime les attèirës'da lube intéstiaal qui , de ttoivtes> bdles du coFps y 'présen«tpjQtile plup gffandfnpmlNfe'âe divJsiooK^^ d^anastomoses; yisibles. .::Oii .vehrcfau' ofa{ipitm4^ia circulation,-.combien ces 'dispositions sc^nf |]rr^pres h retarder .le cours du ssf^ârtériel.tÂ>flHVé'^ah8 le^ organes *4e la dîges^ofti^ W^sangy'séjdurfiiê^, soit
3>£ LA DIGJBSTION. ^l3
que les, parois des viscères creux affaissëSr ou* resserrés sur eui^-- mêmes, li^^; livrant difficiieipent passage ,. soit q^ue la stroctuire de qijielqu'ua 4? ^^^ organeSi favorise cette stagnation,
La rate paroit ^voir cet i\sage« Ce viscère noi* râtre et peu consislant» pl^ç.^ daos Vhypqçondre gauche* et attaché a^ gi^^nd çul^4^6s^,de,resto» ma<^, reçoit -il le sâ^Qg 4a^PS les cellules de soa pareocbyme spongieux, ou bjien.çe liquide tra* verse-t-il seuleoaient ayeQ. lecteur les ramifications déliées et repliées de$ v^S^eaux spléniques? Au reste , 9ucun organe n'offre plua de variétés., sous les rapports du nombre, d^ vo^ui^e, ^ 1^ figure, de la couleuf et de U .pon^îstaqçe. Quelquefois multiple , spuyent divisée en plusieurs lobes par des scissures. prpfondesj, son .volume yapie, non^ ^ù)ement chez {es dîfférenik sujets, jpoai^ encore dans le même individu, ;aux diverses heyr^sde 1^ journée , sv>iyant que T^stomao , plein, ou vide , reçoit ou refuse le sang artériel, cona^pri^me la rate entre sa grosse exir^^m^é , at \^ cQtes. ^^us. les-* quelles elle se trouve placée > ou n^s^cDc^ s^r elle aucune compression.
. Le sang qui remplit le tissu de la rate , plus«noir| plus fluide, plus riche en prir^ipe$ buil^P^y doit toutes ces qualités, qui lavoie^t fait regaipder^par les anciens comme une liqueur, particulière , qu'ils jïofnmoim^r aif^abile W, bUe.Kkoire, à ^pijJoDg. séjour 4.^08 H substance (|e <ee viseère. hts branches qui forment la veine-porte, par leur réunion,
'âl4 DE LA DIGESTION.
ont des parois plus minces que les autres veines du corps; leur intérieur est dépourvu de valvules : elles ne se débarrassent qu'avec peine du sang qui les remplit. Leur action est même si peu jéneiv gique , qu'elle ne suffiroit point à la progression du liquide, si les compressions douces et alternatives qu'exercent le diaphragme et les muscles larges' de l'abdomen sur les viscères contenus 4ana cette cavité., n*en favorisoient l'écoulement^ Arrivé au foie, la circulation de ce sang[ éminemment veineux, est encore ralentie par l'augmentation de l'espace qui le contient, le calibre réuni des branches de la veine-porte hépatique l'emportant de beaucoup sur celui du tronc principal. Enveloppés par le tissu parènchymateux du foie, ces vaisseaux ne peuvent d'ailleurs agir que foible-" ment. Il traverse donc lentement sa substance, et ne rentre qu'avec peipe dans le torrent de la circulation. Les veines hépatitpies simples, d'un calibre assez iX)nsidérable, et dépourvues de replis valvulaires, restent constamment ouvertes; leurs parois ne peuvent se rapprocher et se contracter sur lé sang qui les remplit, à raison de leur adhérence avec le tissu parènchymateux du foie. Elles s'ouvrent dans la veine-cave, très-près de Tendroit où cette veine se dégorge dans l'oreillette droite. Lereflux que le sang veineux éprouve pendant la contraction de cette cavité du cœur, se fait ressentir dans ces veines; et le sang repoussé dans
DE LA DIGESTION^ ^l5
Torgane hépatique , reate plua loxig-tempa aoumia à aon action*
La rate ne remplit donc que dea fooctiona prëparatoirea, et peut être regardée comme l'auxi-* liaire du foie , dana la aëcrëtion de la bile. On obaerve que la quantité de ce liquide augmente après l'extirpation de la rate ; maia aussi , qu'il est moins jaune , moins amer, et toujours imparfait. Le aang épiploïque est aasez analogue à celui qui est rapporté de la rate : j'affirmerois même qu'il contient des molécules huileuses , si les gouttes que j'ai vu manifestement surnager, n'eussent pu venir du tissu graisseux de Tépiploon , qui laisse couler le liquide qui remplit ses cellules, lorsqu'on y fait une petite plaie pour examiner le sang que aea veines contiennent.
La bile sécrétée dans le tissu du foie (i), est absorbée par les conduits biliaires qui , successivement réunis ^ forment le canal hépatique. Celuici sort du foie par sa face concave, et porte la bile, soit immédiatement dans le duodénum, par le moyen du canal cholédoque , soit dans la vésicule du fiel. Cette petite poche membraneuse, adhérente à la face inférieure du foie, par du tissu cellulaire 9 est entièrement séparée de cet organe dans plusieurs animaux , et n'y tient que par l'union du conduit par lequel elle se termine avec le cranal
(f ) Fojrez, ch^kre deg SécréHons, lea lois auxquelles cette fonction cK lounuAc.
âl6 DÉ LA DIOBSTIOîT.
iiëpatique. Si^ tuntqiie intériearé, molle, fongueuse, plissëe , est toujours recouverte par les mucosités que sécrètent les cryptes glanduleux logés dans son épaisseur. Ce^ ftiucosités défendent la vésicule de l'Impression trop active de la bîle qui y séjourne. La direction presque parallèle des canaux hépatique et cystique , Tàngle tris-aigu sous lequel ils «'unissent, rendent très-diffîcile l'explication du passage de la bile dans la vésicule. Il paroît que, dans Tétat dé vacuité dii duodénum , la bile du canal hépatique reflue en partie dans la* vésicule, s'y accumule^ s'y épaissit, devient plus jaune, et contracte liii degré d'amertume qu'elle n'avoit pas auparavant. La irésiciile du fiel à donc pour usagé de servir de rések'Hroilr k une portion de larbile qui, en y séjournant, s'y perfectionne, dévient plus épaisse pat* Tabsôrptiôn de ses parties aqueuses , plus colorée et plus amère.
XiVII. Lorsque la pâte chymeuse remplit lé duodénum , rîlrîtation qu^elle pt^oduit stir les parois de cet intestin , est transiiîise à la vésicule du fiel par leis conduits cholédoque et cystique. Alorii ses parois se cointractent , et font couler le liquidé parle conduit Viystique , dàtis le canal cholédcfque. La pressiob qtie le paquet inlestihal , plus ou moins distendu par les aliibeus , fexerdé sur la vésicule, favorise cette excrétion. La bile hépatique est ausii plus abondamment versée dans le duodénum pendant la digestion , le foie qui participe à l'irritation des organes gastriques en sécrétant davantage.
DB LA DIGESTItON^,. Al?
Mélëes dans le conduit cholédoque , les biles cys-» tique- et hépatique, avant d'être verscfes sur la matière alimentaire , sont altérées par le mélangé du suc pancréatique. Le conduit excréteur du pan-* créas , organe glanduleux^ dont la sti'ucture a tant d'analogie avec celle des glandes pwofîdes, que quelques physiologistes ^ présumant Tidentilé de fonctions , l'ont nommé glande sativatre abdominale, s'unit à celui de la bile, avant que oelui-cî ne s'ouvre dans l'intérieur du duodénum , après s'être glissé obliquement entre les tuniques de cet in» testin« Il nait dans l'intérieur dU pancréas par un grand nombre de radicules qui viennent toutes se rendre à ses côtés , comme les barbes d'une plume à leur tige commune. Son calibre augmente à mesure qu'il s'approche de la tête ou grosse extrémité du paticréas , logée k droite dans la concavité de la seconde courbure du duodàmm • On ne sait rien d'exact sur la nature du suc pancréatique, la res^ semblance frappante du pancréas avea les glandes salivaires , fait ptiésumer ce suc fort analogue à la salive : on ignoré également sa quantité, qui doit être considérable, proportionnée au grand nonlbre de nerfs et de vaisseaux qui se distribuent^dans le tissu glandulaire, et doit augmenter paM'irrita^ tion que les aliméns produisent dansleduiddénutti. Ce fluide ttiitte pandréùtico - biliaït€y versé bur la masse chymettsé^ la péttètre, la fluidifie, Tantinalise , sépa)*é îa partie i^hylèûse de la portiôti excrémentitiêlle , et précipite toàt ce qtti |i'e)Bt pas
âl8 JD£ LA DIGESTION.
nutritif. En opérant ce départ , la bile semble ellemême se diviser en deux* parties : sa partie huileuse , colorante , amère , passe avec le» excrémens, les enveloppe , et leur donne les qualités sCimu* lantes dont ils ont besoin pour provoquer raction du tube digestif : ses parties albumineuses et salines se mêlent au chyle ^ en forment une des parties constituantes et absorbées , avec lui^ rentrent dans le torrent de la circulation. On voit, en effet, dans la masse alimentaire deux parties bien distinctes , après qu'elle a éprouvé ce mélange ; Tune est une matière blanchâtre, laiteuse, qui gagne la surface , et ne forme que la plus petite partie de la masse ; l'autre est une espèce de bouillie jaunâtre, dans laquelle il est difficile , lorsque la digestion est parfaite , de reconnoitre la nature des alimens. Lorsque le foie est obstrué , et que la bile ne coule pas en assez grande abondance^ les matières fé* cales sortent sèches et décolorées, les malades sont tourmentés de constipations opiniâtres , ces matières privées de la partie colorante amère du fluide bilieux , n'irritant pas suffisamment le conduit intestinal.
Nous venons de dire comment s'opère la sépa*ration du chyle ; mais le mécanisme de cette séparation , la manière dont la chylification s'opère est absolument ignorée. Comment le mélange de -la bile avec le chyme parvient- il à en extraire la partie récrémentitielle , et à la faire surnager ? Y a-t-il quelques rapports eatre cette opération et
DE LA DIGESTION* ilI9
la nature des principes constituans de la bile? Il est aussi impossible de IVxpliquer par la connoîs* sance du fluide biliaire, que de trouver quelques rapports entre Tœuvre admirable de la génération et la composition chimique de la semence. Tous ces actes de l'économie animale , sont aussi mys« térieuz , aussi inexplicables que la formation de la pensée par l'action du cerveau y phénomène que tant «de physiologistes ont 'regardé comme au* dessus des puissances de la matière , et pour lequel ils semblent avoir réservé toute leur admiration , quoique nilmirari, que je traduirois par ne a^étonr ner de rien\ doive être la devise de quiconque a fait quelques progrès dans l'étude des lois de la vie« XXVIII. action des intestins grêles. Après un séjour plusou moins long dans la cavité du duodénum^ la pâte alimentaire décomposée par la bile, ou plutôt par le liquide pancréatico-biliaire^, séparée en deux portions , l'une chyleuse, et l'autre excrémentitielle, passe dans le jéjunum et Tiléon , intestins grêles , qu'il est difficile de distinguer l'un de l'autre , et dont la longueur relative est différente , selon . les élémens d'après lesquels les anatomistes établissent cette distinction (i).
(i) La jongeur dci parois du jéjnnum} Tétat de vacuité de cet intestin , sa position dans la région ombilicale , le grand nombre de ses valvules conniventes , ne );>euvent servir à le faire distinguer de Tiléon 9 puisque la couleur du tube intesti* aal est très-variable dans les divers points de son étendue ; qi^e les matières qui le remplissent | se trouvent dans des portions
5fio jyiET IjA digestion.
Le jéjunum et l'iléon forment , à eux seula, .à peu près les trois quarts de la longueur totale des voies digestive»; plus étroits que le 'duodénum, ils sont moins dilatables , pacce que le péritoine qui forme leur tunique extérieure, en recouvre toute la surface , à l'exceptioa du bord postërieury par lequel leurs vaisseaux et leurs nevfe y pénètrent C'est par ce bord qu'ils sont fixés au mésentère » lien membraneux formé par une duplicature du péi^itoine qui soiitient les vaisseaux et les nerfs qui se rendent au jéjunum et à Tiiséou^ empêche leur nouure et prévient leur invagination. On sait néanmoins que y dans quelques cas très^rares , ce
dernier effet a lieii , non sans le plus grand danger
différentes de ce coiiduit , sui'vaiit que la digesHbn des alimens est pins Qu moins arancée à l'instant où on l'examine; <pie les -circonvolutions descendent dans la cavité du* bassin , ou remontent vers l'épigastre , suivant l'état de plénitude ou de vacuité de la vessie ou de Festomac; et qu'en/in le nombre des replis circulaires, appelés valvules conni ventes, décroît progressivement , à mesure qu*on s'avance vers la fin de l'iléon. Win slow tranchoit la difficulté , en prenant , pour le jéjunum , les deux cinquièmes supérieurs de l'intestin grêle , et , pour l'iléon , le» trois cinquièmes inférieurs. Cette diviéipn métrique est entièrement arbitraire ; elle est d'ailleurs inutil#r car il n'est peut-«étre ^'une Seule occasion dans laquelle il serait intéressât de distinguer le jéjunum de l'iléon. Lorsqu'on opère "une hernie avec gangrène , on se décèderoit plus facilement à rëtablisicmcnt d'un anus artificid , n l'on étoît sur que la portion sphacélée appartint au dernier de ces intestins ; mais il est absolument impossible d'en acquérir la certitude.
OB; liA DIOBS'TIO:K. d2I
pour' la vie des malades*, qui inenrent presque toujours lourmentes païf des. douleurs de coliques intolérables <, et que rien ne peut' apaiser* La mapche db Là nûitiàre alittientâ^ire qui parcourt Tin* testin.gréle, est.rbtardée par*fiiesboiiifareuMS cour-' bures , justeinèDt)Comparëes par qûdquesipbysio* iogistes 9 aux cbntoiH^s d'un ruisseau qui serpente €t fertilise leterreiil- qu'il, ari^ose. Ces nombreux circuits du tkibe intestinal ^-foqt^que le sejout des eiimcns lest 'assez :pfoloilgé^' pour que* le cbyle «qiriibé.de la pàrtie^xcrémentitielfe par les con* traptîona péri^alttques de l'intestin se.presenle.aux boucbe&inhalantes^leé Taisseirux lymphatiques qui en opèrent! r^absorption* Ces mçotrb cbyleùx sont surtout multipliés à la surface des valTules cou-* nitenteS) replis circulaires, de la membrane: inté* rieure , > quicécoit Hsiie ,mlôitis eut moins rapprochés , •à mesure xpoe^ron s^avande vers la fin de Pilëon« Noortsëùiementices valvules rconniventes ralentissenl^lecoiirs dés^matières^ mais encore les sail* 4ies qu'elles fitirmeat^s'enfonçant dans la pâte ali- 4ttentaiFeJU>tsqukir(intestin se contracte sur elle 9 les lymphatiquesiqois^ssentdc leur surfiace vont ^ eu «quelque sorliev chcr^^rdanâ son intérieur le cbyie «qu'ils ddiveril absorber. / ; *
» ii^ Qombrb i dfes' ^valvules ' con aivéntes > diminue 4rr«arqeh.i d*E^,tiw«ux.lyiripl«ticpres ; la marche 'de b^'inatièfie alimentaire est^aduellement accélérée à mesuioeequ'eUëse dépouiitleidesà partie ré«ereméntitidlèet nfotritive> Des «[^ùcQsité&jaboQ^
5^24 DE LA DIOBSTION.
Un anneau valvulaire mu$culQ-r)a?Lem))rdneux se trouve à 1 eadroitde l'insertion oblique de l'iléon dans le premier des gros intestin/s« Cette valvule ^ appelée du nom d*£u$»tache ou de J^auhin , que l'on en croit lesr ihventeujf^ » quoiqu^on doive rapporter à .Fallopé la gloire <)é sa découverte, est formée de <leu!K.segmens d^mi- circulaires.,, doot lé bord droit est libre et flottamt du côté de Ja cavité du cœcuia. ;Plus les parois de cet intestin sont dîstenduçB parrles?matiè?je3 qyi Iç rçmplîs|sent ^ moiusJa rétrogradation de ces maUères est. facile , l%a deux extrémités de la vdWulefSe prouvant écar*tées , et ses bords libres , rapprochés et «serres l'un contre l'autre, comme, cqux d'une boutppiiière xlont on tire les angl^ ca çeqs opp9sé;;le^ ^bres musculâives quieatreut.ds^jY^i^a.çt^ructurje, la ^end^nt4'ailUui»x}apabledeoofi^|t£Ç:^oxï.Ç}lepeut donc, d'une. part, permettrfi.I'éçit^jULl^mçnt jffçjle 'des matières, ijl>|e l'iiéon'dans Je.cp^uxn, .et.i('op' poser énevgiquement à leur rç.tpqr dans les intestins grêles.' Qi|eiquesv faits aiitori^ijit.à croire que «a^ iiésistançe esi. quelquefois :Wi:°?P^^6'^ ^t qu'un cly stère poussé avec beaucwp de force., p^sserc^jt au-delà,, et. pourroit éti^e rep4u, pf^r 1^ VQi^aîssement. L*e8'gi?os.in.i^ti»s p^^^Y^nl; /être .cons^érc^ €Oi»me une sorte ^de réservpjiir destiné i cqi^tçi;!^;, •pendant un certain temps ,. je r^^jdH e;(cré(i[\çntir i\ie\ de nos: alimens soUdes;, sifin de nous squ&iraire à l'incommodité d4s9Ûtanite de le,j;ea4r^ 6ans cesse."' •• • ,
Le péritoine ne les recouvrant point en totaliié 9 ils peuvent se dilater beaucoup , et s'étendre d^^is le tissu cellulaire qui les fixe à la paroi postérieure de l'abdomen. Leur tunique nysculaire, qui fait, en quelque sorte , la base du tube intestinal , n'est pas partout composée de fibres circulaires et Ion* gitudinales. Ces dernières , rassemblées eu fais* ceaux, forment trois rubans de «peu de largeur, dans l'intervalle desquels les parois, intestinales , relativement affoiblies, doivent, par cela même , jouir de plus d'extensibilité. Ces fibres longitudinales étant d'ailleurs moins longues que l^ÉpItestin lui - même , le froncent eu travers , et donnent naissaqce à une multitude d'excavations, de ceir lulosités intérieiires , marquées en dehors par des bosselures que des enfoncemens séparent. Si Ion ajoute à ces particularités de structure , que les matières sont obligées de remonter contre leur propte poids dans le cœcum et dans une grande partie du colon, que lescourburesqui constituent rs ilfaqué de celui-ci, sont très -prononcées, et qu'enfin le rectum , avant de s'ouvrir au-dehors par une étroite ouverture , éprouve un^ilatatiou marquée j on verra que tout , dans les gros intestins , favorise le séjour des excrémens.
L'appendice verraiculaire du cœcum est trop étroite dans Thomme pour avoir cet usage; plus larg^ et quelquefois multiple chez les quadrupèdes herbivores, elle peut servir de réservoir aux manières fécales. Son existence indique seulement I. iH
1^6 BÎ3 LA DIGESTION.
dans rhoTnmé un point d'analogie avec les animaux chez lesquels elle est vraiment utile,* et concourt à établir la preuve que la nature «se contente d^ébaucher dan^ qutlques espèces certains organes qu'elle achève dans d'autres, comme pour marquer qu'il existe des points de contact entre tous les êtres auxquels elle a départi le mouvement et la vie.
Pendant leur séjour dans les gros intestins, les matières deviennent purement fécales en se dé^ pouillatit de la petite quantité de chyle qu'elles peuvem encore contenir. Le nombre des vaisseaux absorbans diminue progressivement du cœ-* cum vers: le recti^m; leur petite quantité explique pourquoi il est si difficile de nourvir, par le moyen des clystères, lorsque la déglutition naturelle est impossible. Les excrémens s'épaississent , se durcissent , se fidrment , se moulent en quelque sorte dans les cellules du colon , puis sont poussés par ractit>n péristaltique vers le rectum, dans la cavité duquel ils s'accumulent jusqu'à ce qu'ils produisent sur ses parois une impression suffisante pour provoqu^leur expulsion.
XXX. î)e V excrétion des matières fécçles^ Lorsque le besoin de les rendre se fait sentir, le 1[*ectum se contracte, tandis que le diaphragme s'abaissant, et les muscles larges de l'abdomen se portant en arrière (i) , poussent les viscères abdo-
(i) Quelques pbytioiogistes ont regardé comme inutile, cft
DE liA DIOESTION. ^97^
mmaax vers la cavité du bassin, et compriment les intestins que les matières fécales remplissent. Le périnée s'abaisse sensiblement dans ces efforts, et fes fibres des releveurs de l'anus paroissent souffrir un médiocre allongement. L*action réunie du rectum et des muscles abdominaux, surmonte la resistancedessphincters;rexcrétionalvine s'opère; elle est facilitée par Thumeur des lacunes muijueuses du rectum , qui , pressées par les matières fécales, se vident et lubrifient le contour de son ouverture inférieure. Lorsqu'elle est achevée , le diaphragme s'élève, les muscles larges de Tabdo-* men cessent de pousser en bas et en arrière les viscères de cette cavité ; le périnée remonte , et lés sphincters se resserrent jusqu'à ce que de nouveaux besoins sollicitent l'exercice de la même action.
Le besoin de rendre les matières fécales, se fait plus fréquemment ressentir chez les enfans que
concours de diaphragme et des muscles abdominaux : ils se fondent sur ce que Texcr^^tiou des matières fécales s*opère également che£ les animaux dont on a ouvert le bas -ventre. Une ides lumières de TEcole de Montpellier, Astruc, nie Taction des mnsdos abdominaux dans les efforts qu'on fait à la garde-robe , el s*appttie sur cet énoncé géométrique , « qu'une corde dis-. « posée circulairement ne peut se raccourcir par sa contrac- » tion , que d*une quantité infiniment petite , et par conséquent » insensible • ; sur quoi Pitcairn dit assez plaisamment , qu'Astrnc n'a jamais fait ce dopt il raisonne 1 credo Astruccium nufigttain eacai$€.
izS DE LÀ DIGESTION.
chez les adultes , parce que , dans le premier âge de la vie, la sensibilité du conduit intestinal est plus vive, les manières plus* liquides et la digestion plus active. À mesure qu'on avance en âge, la sensibilité diminuant , et la contra<;!tilité éprouvant un affoiblissement proportionnel , les sécrétions étant aussi moins al)ondantes., le ventre devient paresseux, les selles sont rares et peu liquides : elles sont aussi moins fréquentes et moins copieuses chez la femme que dans l'homme, soit que ses forces digestives tirent des alimens une plus grande proportion de matière nutritive, soit que ses se" crétions intestinales, remplacées par la purgation menstruelle, ajoutent moins à la masse excrëmenteuse. On détermine l'excrétion alyine en injectant dans le rectum des liquides qui délaient les matières fécales, les détachent des parois intestinales, et, exerçant sur ces parois une irritation à laquelle elles ne sont point accoutumées, déterminent leur contraction.
La fétidité des matières fécales dépend d'un commencement de putréfaction qu'elles éprouvent dans les gros intestins. Cette altération est presque toujours accompagnée du dégagement de produits gazeux, dans lesquels l'hydrogène sulfuré prédomine. C'est à la présence de ce gaz, qui tantôt s'échappe, et d'autres fois imprègne les excrémens , qu'est due la propriété dont ceux-ci jouissent de noircir Targent que l'on soumet à leur action. Ou reconnoît dans les excrément la p^M^tie
colorante des végétaux, telles que le vert des epin.'^rds, le rouge de la betterave; on y trouve les parties fibreuses végétales et animales, l(*s écorces trop dures et les graines recouvertes de leur épiderme. Les sucs digestifji ont si peu de prise sur cette dernière enveloppe , que les graines qui n'ont point été brisées par les organes masticateurs, con« servent très*souvent la propriété de germer.
Pendant que leur digestion s'opère, les alimens contenus dans Testomac et les intestins, absorbent ou dégagent divers gaz. M. Jurine, de Genève, ouvre le tube digestif d'un maiiiaqne mort depuis quelques heures, recueille les gaz qui s'en échappent, et voit que la proportion d*oxigène et d'acide carbonique dimitiue de Teslomac vers les gros intestins, tandis qu'au contraire celle de l'azote augmente ; que l'hydrogène est plus abondant dans les gros intestins que dans les grélea|^u'il est en moindre quantité dans ceux-ci que dans l'estomac. Mais l'oxigène et. l'azote appartiennentils à l'air atmosphérique, qui s'introduit toujours en plus ou moins grande quantité avec les alimens et la salive, et qui se dégage par la chaleur du tube intestinal? ou bien ces gaz proviennent-ils dé la décomposition des substances alimentaires et des liqueurs intestinales? D'ailleurs, les gaz que contient le tube digestif d*un cadavre , ne se sont-ils pas développés au moment^de la mort? On sait que dans plusieurs circonstances, au moment où la contractilité abandonne nos organes',
aSo DE LA DIGESTI.ON.
les intestins se laissent distendre par les gdx^ et produisent le mëtéorisme qui hâte Tinstant de la mort en s'opposant à rabaissement du diaphragme.
Les bonnes digestions s'opèrent sans éruption de produits gazeux. L^s indigestions dégagent presque toujours du gaz hjHrogène carboné ou sulfuré; c'est à luf qu'est due l'odeur infecte des vents qui s'échappent par l'anus , odeur que n'ont point ceux qui ^sortent par la bouche : ces derniers sont formés. par l'hydrogène pur ou par l'acide carbonique. Ce dernier gnz* est quelquefois aussi rendu par le rectuni , mais bien plus rarement que l'hydrogène , altéré par le méUpge du carbone , du soufre et même du phosphore. L'ammoniaque luimême peut-il se dégager et accompagner la sortie des matières fécales dans certains flux putrides» tels oue ceux des dyssenteries compliquées de fièviwdynamique? Quoique la formation de ce gaz suppose un mouvement pu tpéfactif opposé à la vie, cette décomposition ne peut-elle pas conasD€ncer pour des matières déposées dans les gros intestins % tubes devenus presque inertes par l'atteinte que les propriétés vitales ont ressentie ? Ce ne seroit pas, au reste , le sent exemple de l'accomplissement d'nn effet chimique dans le conduit intestinal malgré la résistance des forces vitales. C'est ainsi qpe 9 dans qtielques occasions, des raisins ms^ngés en trop grande quantité , fermentent , et donnent naissance k une si grande quantité d'acide carbonique, que
DE L4 DICBST.IOSi:. â5l
jce fluide élastique fiurinoD.te la vé&hXs^n^f des in-' festins. C'est cette espèce dç mif téoriçme <ine l'on (dissipe en buvant abondamment de. Teau pure , laquelle absorbe le gaz qui y est nattirel/euienX dis* soluble. . .„ , ...;
XXXI • De la fécréiion et de Ve^çj:^lion des urines. Absorbes avec le cbyle\ par.le^,.lyffriphaniques du tube intestinal ,. les. liquidiez, fi^l^ijent la partie nutritive extraite des alimens solides , et lui servent de véhicule ; afrivés.dansja masse du sang^ ils augmentent sa quantité , diminuent sa viscosité, et le rendent plus fluide; parcoiirài\t avec lui les longues^ routes du système cir):ulatoii:e^ ils arrosent et humectent toutes les paries .^^^ chargent des molécules qu'en d^tachct^l^ mouvement de 1^^ vie ; puis , se présentant aux Qpg^pes uriaaires , ils se séparent de la masse des.huQifiura, .entraînant avec eux un grand nombre de prodtiits de toute espèce y dont un plus long séjour dans Uéconomie ne manqueroit pas d'apporter un dérangement notable dans Texercice des fonctions.
XXXlI. La rapidité avec laquelle nous rendons par les urines certaines boissons diurétiques, a fait penser à plusieurs quHl existoit une communication immédiate entre Testomac et la vessie urinaire; fnaisout^e qu'on n'a jamais. pu démontrer ces conduits particuliers qui pourroient porter l'urine, des cavités gastriques dans la poche urinairp, saus qu'elles fussent obligées de parcourir les longues routes de l'absorption et de La circu-
252 !DE LA "digestion.
latioir^ lë'shvànt Haller a établi sur des calcals jpléins H'eiiiâct'itude , ^ue la grandeur des artères re'nalés, dont le cïilibre' est le huitième de celui de l'aorte, et la vitesse avec lîaqtïelle le sang circule, suffisoient pour expliquer la promptitude du passage de certaihes Kqueufs dans le système urinaire. Mille onêësdesahff traversent le tissu rénal dans Fespace d'une heure, en supposant que ce fluide lie contienne qu'un dixième de matériaux propres à fournir Tiirihe, cent onces, ou sept livres et un quart , pôurrbnt en être Séparées dans te Court intervalle; et jamais, quelque abondantes et diurétiques *que'^soi'efnt les boissons ,' *il ne se sépare pendant ihe heure iine plus grande quantité de ce liqùMer Kbus vei^rôns cependant , en traitant de l'âliScrt^tibù , {jtill'ii'est pas absolument împossil)lë ' qu'au ftioyen des nombreuses anastomoses dés lyinpfaatiqxiés, cet ordre de vaisseaux puisse poftfei^ dirécftément lin liquidé de l'estomac dans la v«ssEel*'nseroit superflu de rapjpeler ici les va-»riétés qu'offrent les rèrhl$, sous les rapports du nombre ," de la grandeur et' de la situation. -Ces deux viscères fabiformes, formés jiar la réunion di douze à^qiiirize noyaux glanduleux séparés chez lé fœfus et quelques quadrupèdes , attachés à laparoi postérieure de Tabdomén, derrière le péritoine, y sont enveloppés d'une couche cellulaireplus ou moins épaisse, surfout remarquable par la consistance presque suifeuse de la graisse qui en remplit les cellules. * -
Si jamais Tindustrie humaine parvient à nous re'vélèr le secret dé la structure intime de nos organes, il paroit probable que les reins fourniront la première solution du problème. Les injections même grossières passent avec facilité, des artères rénales dans lés uretères ou conduits excréteurs des reins; preuve assez convaincante d'une continua-
- lion immédiate entre les artérioles , qui singulièrement repliées, forment, avec les veinules , la substance corticale ou extérieure des reins , et les conduits rectilignes ou urifères , qui^ disposés par faisceaux coniques dans Tintérietir de ces organes , constituent ce que Ton a nommé ses substances tiibuleuse et mamelonnée. Le passage des injections , des artères dans les veines rénales , est également facile ; et j'^ai vu fréqueitiment les liqueurs les plus épaisses couler à-la-fois par les uretères et par les veines émulgentes. Cette libre communication entre les artères, les veines et les conduits excréteurs des reins, fait pressentir la rapidité du ïpassage du sang à travers ces organes dont la consistance très -grande ne permet aux vaisseaux qu'une médiocre dilatation , et la possibilité d'unô sorte de filtralion du liquide urinsfîre, dont la sécrétion ne seroit qu'une série de départs chimique* ou inécariiques que subiroit le sang en traversant
■ des conduits déliés, et dont le diamètre éprouve uri décroisseiTîeiit progressif. C'étoit au moins l'opinion de Ruisch, dont le système sur la cornposition intime de nos organes et sur la continua-
f54 DE LA DI6E5TIOK.
tion immédiate des vaisseaux sanguins avec les conduits excréteurs » est principalement établi sur ce que lui ofit démontré ses belles injections des artères rénales.* .
Les reins jouissent d'une sensibilité plus obtuse et d'une activité moins énergique que les autres glandes; Faction vitale a moins de part dans la sécrétion qu'ils opèrent, et leurs fonctions se prêtent plus aisément aux explications chimiques et hydrauliques*
XXXIII. Si l'on veut en effet appliquer aux organes urinaires les lois fondamentales sur le mecanisipe des sécrétions (i), on s'aperçoit bientôt que ces organes n'y sont pas rigoureusement soumis. De tous les liquides animaux , l'urine est celui qui présente les élémens les plus nombreux et les. qualités les plus variables. Non - seulement d^s substances qui lui sont étrangères s'y montrent quelquefois, en altèrent^ et même en changent la composition ; d'autres liquides peuvent encofe s'y mêler, et la rendre méconnoissable. Ainsi des observateurs dignes de foi ont reconnu dans, les urines, la bile^ lagraissç, le lait, le sang, le. pus, comme on peut s'en convainqre par la lecture.de la grande Physiologie de Haller, où ces faitsse trouvent réunis. Les reins ont donc une sensibilité moins active que les autres glandes sécrétoires; ils raisonnent moins ^ s'il m'est permis de^m'exprimer
(i) Voyez le chapitre des Sécrétions*
ainsi , la sensation que produisent les diverses substances dontie sang est le véhicule. Leur action est aussi.moins énergique : elle n'allère point d'une manière aussi profonde le liquide qui y est soumis; elle ne change point les qualités hétérogènes de ceux qui s y trouvent miles, et les laisse passer dans toute leur pureté.
Cette multitude d'élémens qui entrent dans la composition de l'urine , avoit sans doute été pressentie par les anciens, avant d'avoir été démontrée par les chimistes modernes; lorsqu'ils la regardèrent comme une sorte d'extrait de la substance animale, comme une véritable lessive par laquelle étoit entraîné tout ce qu'il y a d'impur dans réco-, nomie, et lui donnèrent le non) de lotiunii qui^ indique cette destination. ^
Enfin la sécrétion de l'urine se fait d'une ma-*, nière plus uniforme; elle est continuelle, ou du moins n'offre pas d une manière aussi marquée « ces alternatives d'action et de repos, si faciles! observer dans le travail des autres organes sécréteurs. Lorsque, pour remédier à la rétention de l'urine , on introduit une algalie dans la vessie uri- . naire, et qu'on l'y laisse à demeure, Turine continue à en sortir goutte à goutte , et elle inonderoît la couche du malade, si on n'adaptoit un bouchon au pavillon de la sonde. L'on trouve dans les Mémoires de l'Académie des Sciences , pour l'année inôi, l'histoire d'une conformation singulière de la vessie urinaire. Cette poche musculo-membra-
neuse .sortie par une fente de la partie inférieure de la Ugne blanche , étoit renversée sur elle-même , de manière qu'elle présentoit à Fexlérîeur sa surface muqueuse j il étoit facile d'apercevoir Tecoulement continuel des urines par Tembouchure des uretères, et d'étudier les variétés que cet écoulement pouvoil offrir, soit sous le rapport des quar lités du fluide , soit relativement aux quantités qui sVcouloient dans un temps déterminé, et qui ëtoietit différentes, suivant l'état de sommeil ou de veille , la quantité des boissons, et leurs qualités plus ou moins diurétiques.
L'humeur que renferment les conduits urinaires est trouble et imparfaite; ses principes sont uial combinés, comme il est facile de l'apercevoir, en IVxprimant par la compression de la Substance tubuleuse sur les reins d'un cadavre. Elle se perfectionne en traversant ces conduits , revêt toutes les qualités qui caractérisent l'urine , suinte à la surface des mamelons, et coule dans les calices membraneux par lesquels sont embrassées ces sommités obtuses des cônes tubuleux. Ces caTices réunis forment les bassinets, parties évasées des uretères , conduits membraneux par lesquels l'urine descend continuellement dans la vessie. Elle y descend par son propre poids i» et surtout par l'action des parois des uretères , qui ne sont pas privée^ d'un certain degré de contractilité. A ces causes essentielles , on doit joindre les secousses qu'imprîmeijt lesbattemens des artères rénales, derrière lesquelles le
DE LA. DIGESTION. âSy
bassinet est placé, et ceux des artères iliaques ^ au-devant desquelles Turetère passe avant de se plonger dans la cavité du bassin ; la pression alternative des viscères deVabdomen , dans les mouve-* xnend de la respiration ; les secousses qui résultent des exercices du corps ^^ comme de Téquitation , de la marche , de la course , etc. etc. ; la pression des colonnes de liquide toujours aflSuentea du côté des reins , et le défaut de résistance du côté de la vessie.
XXXIY. L'urine entre continuellement , et goutte à goutte dans ce viscère , en écarte les parois y sans produire sur ces parois , qui y sont habituées, aucune impression perceptible. Pour que l'uriné s'accumule dans cette poche musculo-mem* braneuse (i) placée hors du péritoine , dans la cr^
(i) La vessie urinaire manque dans la classe nombreuse de» Tolatiles. Chez eux, les uretères' viennent s'ouvrir dans le cloaque , sac musculo-membraneux qui tient la place de Tintestin rectum , de la vessie et de la matrice , et sert en m^rae temps de réservoir aux excrémens solides , aux urines et aux œufs détachés des ovaires^ L*urine des oiseaux délaie les matières 'fécales , et fournit le carbonate de chaux , qui forme la base de l'enveloppe solide des œufs. Elle a une telle disposition à se concréter , que j*ai toujours observé , dans la dissection de plusieurs individus appartenant à différentes espèces , une matière terreuse, ou saline et cristallisée, formant des stries blanchâtres, faciles à apercevoir dans le. liquide qui coule par les uretères, à travers les parois minces et transparentes de ces conduits. On conçoit d'apirès cela , sans peine , combien eût été fréquente lu formation des calculs chea cette classe d'ani*
*a38 DE liA DIGESTrON".
▼ité du bassin, derrière les os pubis, aa-dessM desquels elle ne s'élève point dans les adultes , hors les cas d'une assez grande réplétion ; il faut qu'elle ne puisse sortir par Turètre, ni refluer par les uretères. Cette rétrogradation est empêchée par rinsertion oblique de ces conduits , qui marchent quelque temps entre les tuniques musculaire et muqueuse de la vessie , avant de s'ouvrir à son intérieur, vers les angles postérieurs du trigone Yésical, par des orifices plus étroits que leur cavité. La membrane interne de la vessie soulevée à Tendroit de ces ouvertures, les fait paroitre comme garnies d'une espèce de valvule , qui s'applique d^autant mieux aux orifices , que Turine contenue dans la vessie , en écartant ses parois, presse Tune contre l'autre les tuniques dont elles sont formées, et entre lesquelles rampent les uretères , dans Tespace de sept à huit lignes.
L'urine qui coule dans la vessie , est obligée d'employer une certaine force pour en écarte r les parois sur lesquelles- pèse le paquet intestinal. Cette force n'est autre chose que celle qui fait couler le liquide jians les uretères , et quoique peu considérable, elleparoîtra bien suffisante , si l'on fait attention que les fluides qui passent d'un canal étroit dans une cavité plu^ spacieuse , agissent sur tous les points des parois de cette cavité , égaux en sur-
Aiaux, si les urines s'accumuloient et séjournoient pendant quelque temps dans une poche destinée à Us recevoir. .
DE LA DIGB^STION. sSg
face à Y aire du canal , avec une force égale à celle qui les fait couler dans celui-ci ; de manière que fii l'urine descend par l'uretère avec un seul degré de force , et que la surface intérieure de la vessie ait mille fois l'étendue de Vaire des canaux qui lui viennent des reins f la force sera mille fob muU. tipliée.
On rend cet énoncé purement géométrique , en disant que la force avec laquelle l'urine coule par les uretères , est à celle par laquelle les parois de la vessie sont dilatées , m* qu'est le calibre des ure-^ tères à la capacité de la vessie.
La pression que l'urine accumulée dans la vessie exerce sur la partie inférieure des uretères, n'em** pèche point la totce qui les fait couler dans ces conduits , de les pousser dans la* vessie ; car la colonne de liquide qui descend par les uretères , étant plus haute que celle que contient la vessie , ces deux organes i^eprésentent un syphon renversé, dont la longue branche est figurée par l'uretère.
Les causes qui retiennent l'urine dans la vessie sont, la contraction de son sphincter, anneau musculeux doxit est garni l'orifice vésicat derurètrc, l'angle que forme ce canal après s être séparé de la vessie, et enfin l'action des fibres antérieures des* releveûrs de l'anus, qui embrassent le col de cet organe , entouré d'ailleurs et soutenu par la glande prostate. Ces fibres, qui peuvent comprimer la prostate sur le col de la vessie , et remonter celuici contre la symphise des pubis , ont é(é nommées.
par Morgagni , faux sphincters de la vessie (pseudo^ sphincieres vesicce ).
L'urine , déposée goutte à goutte dans la vessie ^ en écarte graduellement les parois : cette poche musculo*- membraneuse s'élève en soulevant les circonvolutions de l'iléon, et, Je .péritoine devant lequel elle monte , derrière les pubis et les muscles droits abdominaux qu'elle touche immédîa— tement. Ces rapports de la vessie dilatée avec le péritoine , qu'elle détache de la paroi antérieure de l'abdooien , pour sç placer entre lui et les mus* des qui forment cette p^roi , expliquent la possibilité de la percer au - dessus des pubis, pour donner issue à l'urine accumulée, sans pénétrer ^ par cette ponction , dans la cavité du péritoine. L'urine séjourne plus ou moins long-temps dans la vessie, suivant que celle-ci est plus ou moins ampl^, ses parQis plus ou moins extensibles et irritables, suivant aussi que le liquide est plus ou moins acre et stimulant. Ainsi, les vieillards , dont la vessie ne jouit plus que d'une sensibilité obtuse et d'une médiocre contractilité , rendent moins fréquemment leurs urines; elles s'accumulent en plus grande quantité dans la poche qui leur sert
Tde réservoir , et qui souvent ne s'en débarrasse qu'avec peine. L'usage des boissons diurétiques , et principalement des cantharides , rend les urines plus stimulantes : elles agacent vivement les parois de la vessie, et la sollicitent, à chaque instant, à
>e contracter. Toute cause d'irritation existante
nS LA DIGESTION* 2^1
dans la vessie elle «même, ou dan& le voisinage ^ rend plus fréquente l'envie de re-iulre les urines* C'est ce que Ton observe dans les afiections calculeust'S, les béuiorrhoïdes , la blennprrhagie, etc* Pendant son séjour dans la vessie , lurine s'épaissit par l'absorption de ses parties les plus fluides, ses ëlémens se combioent d'une manière plus intime ; quelquefois même elle paroit y éprouver un com« mencement de décomposition.
XXXV. Lorsque, soit par le tiraillement qu^ l'urine fait éprouver aux fibres musculaires de la vessie , soit par l'irritation qu'elle occasionne spr les ner& qui se répandent dans le tissu de sa tuni*que intérieure, nous éprouvons dans le bassin un sentiment de pesanteur , joint ù une sorte de ténesme qui,.s'éteudant le long de rurétre, nous ^avertit du besoin d'uriner ; alors poi)s,coa tractons la vessie , et i joignant à son açj^oa.ct^lledu diaf^ pbragtn^ et des muscles 'abdonpiaau:^:;, npus nous déWrrassons ; de l'urine par un méc^^isme très-^ analogue à celui dé l'excrétiop des matières féca-^ les (XXIX). On doit cepeadan^: obseryç^.que, dai^s l'état nat urel, r.accieSi&ion des puissanc^s,f^Mxili|iires n'est indispensable que pour rompis réquiUbj?e entre les contractions de la vessie, et }a résistance que les causés retenti ves opposent à la sortie des urines. Après avoir contracté simuUaném^ent le diaphragme çt les ^mu^cles abdominaux , pour refouler les intestins sur la messie et proq^urer la sortie du premier J€t d'urine, nous qes^ons cet j. x6
effort ; et la vessie seule , toujours soutenue par le poids des viscères qui la pressent à mesure qu'elle se vic^é , achève l'excrétion. Nous ne répétons le premier effort que dans le cas où nous voulons accélérer l'expulsion ; dans l'excrétion des matières stercorales, au contraire , la tunique mus* culeuse du rectum a besoin d'être toujours aidée par les puissances expiratoites ; ces matières plus solides sortant toujours plus difficilement que le liquide urinaire. Un seul fait prouve jusqu'à l'évidence que c'est principalement k l'action de la vessie qu'est due l'excrétion des urines. Ce sont les efforts violens mais inutiles dans lesquels se consument les malades affectés de rétention d'urine par paralysie de la vessie (i).
L'urine est projetée avec d'autant plus de force parle canal de l'urètre, qu'elle passe d'une cavité* spacieuse dans un conduit étroit. L'énergie plus ou moins grande de la tuniqtie musculaire de la vessie, fait que l'urine est chassée plus ou moins loin : on sait que dans les vieillards elle est tellement àffoiblie , qu'elle peut à peine en lancer le jet quelques pouces au-delà du canal. Celui-ci ne
(i ] CrcHroil-o/i que des physiologistes^ajent regardé cet organe comme inerte et absolument passif dafis Texcrétion des uirineSi qui s'effectue , selon eux , eu vertu de la pression médiate , que les muscles larges de Tabdomen et le diaphragme exercent sur la poche qui les contient ? Yonlez-vous dans la 'diversité des opinions , rencontrer la vérité ? prenez la moyenne entre les plut opposées. Uliacos intrà muros, peocmtur et extriu
doit point être considéré comme un tube inerte dans l'éjection des urines, il se contracte sur elles , en accélère l'écoulement , aidé dans cette action par les muscles bulbo-caverneux , auxquels plufiieurs anatomistes ont donné un nom tiré de leurs usages {accélérateurs de P urine).
C'est par l'action de ces muscles que sortent les dernières gouttes d'urine qui reste encore dans le canal lorsque la vessie esfr complètement vidée. L'action tonique et contractile de l'urètre est tellement marquée , qu'on doit ranger son resserrement spasmodique au nombre des causes qui rendent quelquefois si difficile l'opération du cathé* térisme. Si l'on y pratique des injections, au moment où l'on ote le tuyau de la seringue , qui doit boucher exactement son orifice extérieur , les parois distendues reviennent av^c force sur le liquide injecté , et le font sortir par un jet rapide.
La vessie et le canal de l'urètre sont intérieurement recouverts d'une membrane dont les cryptes glanduleux sécrètent une humeur visqueuse, propre à défendre les parois de ces organes contre l'impression trop vive de l'urine, et à faciliter l'écoulement de ce fluide. Cette membrane plus étendue que les cavités qu'elle tapisse , forme un grand nombre de replis qui s'effacent, lorsqu'elles sont dilatées par la présence de l'urine. L'humeur muqueuse abondamment sécrétée dans les affections catharrales de b vessie, devient aussi plus filante et plus albumineuse. Celle que séparent les
544 BB liA- DIGESTION.
glandulei urétrales, change de qualités, augmente en quantité par le stimulus yénérieD, et forme la ma.tière dei'écoulement bleimorrhagique» Les orifices die ces cryptes glanduleux dirigés en avant, peuvent -arrêter le bec d'une sonde , nouvel obstacle au cathétérisme (i).
.Xi'éxcrétion des urines ne peut se faire en même temps que celle des matières fécales, lorsque cellesci , très*dures, compriment la partie prostatique et membraneuse de rurè;tre , placée au-devant de l'extrémité inférieure du rectum. Elle est difficile et souvent impossible dans une forte érection , les parois du canal se trouvant étroitement appliquées l'une à l'autre par le gonflement de son tissu spongieux , et par celui des corps caverneux de la verge. Le mode de sensibilité de l'urètre est d'ailleurs tellement changé , qu'il ne se prête qu'à l'éjaculation de la liqueur séminale.
(i) Lorsqu'on pratique cette opération pour un cas de simple paralysie de la vessie , il yaut mieux se servir d*une sonde tr^s- grosse, sur laquelle les parois de Turètre s'étendent sans former de pîis , et dont l'extrémité arrondie ne peut s'engager dans le» lacunes muqueuse» de ce conduit.
Quand , dans un cas de rétention d'urine, la vessie s'élève au-dessus des pubis y son bas-fond remonte , et il arrive un moment de réplction extrême, où, semblable à la matrice, à une époque avancée de la grossesse, elle semble faire effort pour passer du bassin dans la propre cavité de l'abdomen ; on ne peut alors' sonder les feniraes , qu'en courbant davantage Talgalie qui leur .est destinée.
Lorsque la vessie s'est complètement débarrassée, elle se concentre derrière les pwbis; la tumeur qu'elle forme au-dessus de ces os , lorsqu'elle est bien remplie , s'affaisse , le ventre est moins saillant , la respiration plus facile , et l'on se sent plus léger. La vessie ne peut se vider complètement que le bassin ne soit médiocrement incliné en avant; son bas-/ond, placé au-dessous de son col , retient sans cela une certaine quantité d'urine.
XXXVL Propriétés physiques de Vurine. Cette liqueur étant plus ou moins abondante dans un homme sain, suivant la quantité des boissonset leurs qualités plus ou moins diurétiques, l'état de sommeil ou de veille, l'abondance des antres sécrétions , et principalement de la transpiration ; il est extrêmementdifficile d'en déterminer exactement les proportions. Rien n'est plus variable que sa quantité, comme on peut s'en convaincre en lisant les calculs faits à ce sujet par nn grand nombre de physiologistes. Tantôt on rend moins d'urine qu'on ne prend de boisson, d'autres fois, les urines sont en plus grande proportion que les alimens liquides : on peut' néanmoins dire que la quantité des urines rendues en vingt-qua(re heures, est égale à celle de la transpiration insensible dans le même intervalle ; qu'ainsi elle peut être estimée de trois à quatre livres dans un homme adulte et sain. Sa couleur varie, depuis le jaune légèrement citronné, jusqu'à l'orangé, voisin du rouge : son odeur et sa saveur la caractérisent^
â46 DE LA DIGESTION.
au poikit qu'on ne^peut la confondre avec aucune autre liqueur animale.. Sa couleur est en général d'au tant plus foncée, son odeur et sa saveur d'autant plus fortes et plus piquantes, que sa quantité est moins considérable, quelesystèmecirculatoirejouit de plus de force et d'activité, et que les substances dont nous vivons sont d'une nature plus animale. On sait combien est fétide et peu abondante l'urine des animaux carnivores; quelle horrible puanteur exhale celle du chat ! Constamment plus pesante que l'eau distillée, elle Test plus ou moins, selon les proportions des sels et des autres substances qu'elle tient en dissolution : elle est aussi légèremeiît visqueuse , mais non point filante , comme le sérum du sang, la bile, la salive, et les autres fluides albumineux.
. XXXVII. Nature chimique de Vurine. Ses propriétés sont toujours plus prononcées dans un adulte mâle et vigoureux, que dans les enfans, les femmes et les sujets peu robustes. L'analyse chimique de l'urine y démontre onze substances dissoutes dans une grande quantité d'eau; ce sont l'urée, une matière animale gélatineuse, des mu* riates et des phosphates de soude et d'ammoniaque, séparés ou réunis en sel triple , le phosphate de chaux 9 le phosphate de magnésie , les acides phosphorique, uriqueetbenzoïque. Outre ces matières, qui existent constamment dans l'urine humaine « ce liquide peut contenir un grand nombre d'autres substances ; et s'il est vrai que le système urinaire
puisse être regardé comme rëmonctoire de toute 1 économie , on ne conçoit pas que tous le^ prin-;; cipes qu'a jusqu'ici découverts l'analyse de nos solides et de nos humçurs , ne s'y rencontrent en plus ou moins grande proportion dan^^les diverses circonstances de la vie. De4à viennent y.^ans doute ^ les différences multipliées que l'urine a offertes aux chimistes qui ont étudié la nature de ce liquide y en l'abandonnant à sa composition spontanée, ou en le soumettant à divers réactifs. ;
Comme l'urine est d^ toutes noç liquçurs la plus éminemment putrescible ; il faut l'examiner peu de temps après sa .sortie de la vessie : elle est alors manifestement acide ; mais bientôt ^ et surtout si . la chaleur de l'atmosphère hâte et favorise ces changemens, elle se trouble, ses matériaux se décomposent et forment divers précipités. L'urée et ia gélatine, qui sont les seuls principes fermentescibles et altérables, fournissent de l'acide acéteux, de l'ammoniaque, de l'acide carbonique ; et du jeu des attractions entre ces substances nouvellement formées et les élémens primitifs , nait une muiti-' tude de composés nouveaux, dont la counoissance appartient aux çhinnistes.
De toutes les parties constituantes de l'urine , il n'en est point de plus essentielle , qu'une matière syrupeuse, cristallisable et déliquescente, à laquelle M. Fourcroy a donné le nom particulier A'urée. Ccxprincipe, auquel le liquide urinaire doit ses propriétés caractéristiques, sa couleur^ son.
iî^S DE' LA" DIGESTION.
odeur, èâ' saveur particulières, entrevu par plu* sieurs chitriiàtèà qui ont tracé q^ùelques traits de son histoire , en le de'srgnant par des^noms diffé» rens, selon l'idée qu'ils aboient de sa nature, n*est bien coninû que depuis les 'derniers tria vaux de ca célèbre professeur (i). C'est un composé dans lequel razotcprédôraine , comme le prouve l'énorme quantité de ca:i*bonate ammoniacal qu'il donne par la distillation : on peut le considérer comme le produit le plus animàlisé posi^ble, ayant une- telle fendâiice à la ferme ntetion putride', que retenu dans Féconoitiie animale , il poiirroit éprouver tîètte altération , et vaincre' la puissance dntiseptîque des forces vitales, si la nature tie s'en débar* rassoit par le moyen des urines.
On if à'pôint encore donné assez d'attention aux symptômes à^Xkfièt^re urinetise, affection qu'ocôasiônttb la réteïitioii trop prolongée de ce liquide dans la cavité dé la vessie. J'ai eu plusieurs fois occasion ^d'ôb!5et*ver qu'aucune- ne donnoit des signes plus marqués de ce que les médecins appel* lent putridité. L'odeur urrrieuse et amnioniacale qu'exhale tout le corps des malades, la moiteur jaunâtre et huileuse dotit leur peau est recouverte , la soif ardente qui les dévore, la sécheresse et la rougeur de la langue et de la gorge , la fréquence et l'irritation du pouls , jointes à
(i) Fojrez son ouvrage intitulé ^ Système des Connaissances thimiques-f etc. e>z-8^ tom. x, pag. i53 et^suiv.
Tempâtément et à la flaccidité du tissu cellulaire ^ tout annonce que la substance animale est menacée de la plus prompte et de la plus effrayante décomposition.
J'ai observé des phénomènes analogues sur un cfaat et un lapin , auxquels j'ai lié les uretères. Rien n'est plus facile que de trouver ces conduits et de faire cette expérience. Après avoir fendu crucialement la paroi ombilicale de l'abdomen, on ramène à gauche le paquet intestinal , pour faire la ligature de l'uretère droit, et à droite pour lier l'uretère gauche. Tous deux s'aperçoivent à travers le péritoine , collés derrière cette membrane , à la paroi lombaire du bas -ventre ; les ligatures placées vers le milieu de leur longueur , on réunit les lambeaux résultant de l'incision , par un nombre suffisant de points de suture , et l'on entoure le ventre de l'animal d'un linge trempé dans une décoction éinolliente : au bout dé trente -six heures , déjà la soif, l'agitation étoient extrêmes , les yeux brillans ; la salive abondante exhaloit une odeur manifestement urineuse : au troisième jour , le chat fut pris de vomissemens glaireirx , dont la matière étoit remarquable par une semblable odeur; bientôt à l'agitation comme convulsive succéda une prostration extrême, il mouï'Ut le cinquième jour; les intestins n'étoient pas enflammés^ la vessie parfai« tement vide , les uretères dilatés par l'urine , audessus de la ligature jusqu'aux reins , égaloient le doigt annulaire en grosseur. Les reins eux-mêmes i
a5o DE LA DIGESTION.
pénétrés d'urine , en étoiént gonflés , ramollis et comme macérés; tous les organes, toutes les humeurs et le sang lui-même , participoient à cette diathèse urineuse ; la putréfaction saisit le cadavre aussi-tôt après la mort, et , au bout de quelques jours , la décomposition étoit presque complète. Dans le lapin , les symptômies marchèrent avec moins de violence et de rapidité , il n'y succomba qu'au septième jour ; l'odeur de toutes les parties, quoique manifestement urineuse , étoit moins infecte , et la putréfaction qui s'en empara mit plus de temps à les détruire.
Ces deux expériences confirment d'abord ce qu'ont dit quelques auteurs sur l'absence de l'urine dans la vessie , jtoutes les fois que l'on pratique la ligature des uretères ; preuve incontestable que ces conduits .sont la seule voie par laquelle ce fluide puisse arriver dans la vessie. Elles concourent à prouver , d'une manière convaincante , que les reins sont l'émonctoire au moyen duquel le sang se dépouille de sa partie trop animalisée : enfin elles établissent que la rétention de cette matière est d'autant plus dangereuse pour l'économie, que l'urine est elle-même plus animalisée.
La nature pourroit-elle suppléer, par d'autres excrétions , à l'évacuation des urines; cette liqueur éminemment excrémentielle pourroit-elle sortir sans danger par d'autres couloirs ? Pour résoudre cette question intéressante , on a estirpé les reins à plusieurs chiens. L'enlèvement d'un seul rein
DE liA DIGESTION. 25l
u'empéchoit pas la sécrétion de continuer ; Tabla-* lion des deux reins ii*la-fois a , dans tous les cas, fait mourir l'animal au bout de quelques jours , et l'ouverture des corps a constamment montré une grande quantité de bile dans la vésicule du fiel , dans les intestins grêles , et jusque dans l'estomac : comme si Turée eût cherché à sortir par cette voie , unie au liquide biliaire. Ces expériences ont été faites à l'hôpital Saint-Louis dans le cours de l'an XI.
L'uré^ , combinée avec une certaine quantité d'oxigène, paroi t former l'acide pa^iculier à l'urine humaine, qui constitue à lui seul le plus grand nombre des calculs vésicaux : il ressemble à l'urée , parce que ses cristaux , traités par le feu , laissent exhaler une grande quantité de carbonate d'ammoniaque ; mais il en diffère essentiellement par sa facile concrescibilité. Il se cristallise en effet toutes les fois que l'urine refroidit , et forme la plus grande partie du sédiment urinaire. Cet acide si foible, que quelques-uns Tout regardé comme un simple oxide , a reçu de MM. Fourcroy et Vau-. quelin le nom d'acide urigue* Parmi ses caractères les plus saillans , il faut placer sa presque insolubilité dans l'eau froide ; sa fixité est si grande, qu'il faut, pour la dissoudre, plusieurs milliers de fois son poids d'eau bouillante , il n'est pas alors difficile d'expliquer pourquoi il donne si fréquemment naissance aux concrétions urinaires ; on a même lieu de s'étonner que cette maladie ne soit
iaSa DE LA DIGESTION.
pas plus commune , puisqu'il ne faut qu'un léger refyoidisseraent dans Turine pour que son acide se précipite et se cristallise. Aussi toutesies fois qu'un corps étranger tombe dans la vessie , il devient le noyau d'un calcul formé par l'acide urique, qui vient ëe concréter à la surface de ce corps plus froid. Si les quadrupèdes sont si peu exposés aux calculs vésicaux , c'est à l'absence de l'acide urique dans leurs urines qu'on doit l'attribuer , et aussi à ce que lej;carbonate de chaux , qui , chez eux , forme la matière de ces concrétions , est un sel que les acides kes plus foibles décomposent avec effervescence ; or , plusieurs de ces acides peuvent se montrer dans le liquide urinaire.
Le phosphore , qu'il est permis de regarder comme le résultat d'un degré très-avancé d'animalisation, entre en grande proportion' dans l'urine humaine. Outre les sels phosphoriques qu'elle contient , il s'y trouve toujours une certaine quantité d'acide phosphorique libre, qui tient en dissofution le phosphate calcaire , et donne à l'urine son acidité si manifeste , lorsqu'on l'examine fraîche ou récemment' sortie de la poche vésicale. Aussi est-ce de Turineque le phosphore fut d'abord retiré par ceux qui le découvrirent : elle a été longtemps en possession de le fournir pour les besoins des arts ; mais on ne l'emploie guère à cet usage , depuis que la découverte de l'acide phosphorique dans' le sel terreux des os, a rendu la fabrication du phosphore moins dispendieuse et plus facile.
DE liA DIGESTION. ^55
Dans l'uriiie des mammifères frugivores , les sels phosphoriques se trouvent remplacés par le carbonate calcaire.
Certaines substances imprègnent les urines d'une odeur particulière. On sait qu'il suffit de passer quelques instans dans un appartement nouvellement verni avec l'huile volatile de térébenthine , pour que les urines rendues quelque temps après, exhalent l'odeur de la violette : les asperges leur donnent une fétidité bien remarquable.
XXXYIIL Outre les variétés accidentelles que présente l'urine^ variétés indéterminables, puisque ce liquide n'a point exactement la même composition , ne contient pas les mêmes principes , dans le même sujet , aux divers temps de la journée , suivant la nature et la quantité de ses alin^ens et de ses boissons , l'exercice, qu'il a pris , les affections de l'âme qu'elle a éprouvées, etc. etc. elle offre des différences constantes , ' relatives au temps qui s'est écoulé depuis le repas , à l'âge des individus et aux maladies dont ils peuvent être atteints. ^
Depuis long-temps, les physiologi&teadistinguent
deux et même trois espèces d'urines, suivant, les temps où elle est rendue : ils les désignent par Jes noms d^ urine de la baisaon, A^urine du chyle et A^ urine du sang. La premièreest un liquide aqueux, presque incolore, qui retient souvent, d'une ma^ nière remarquable^ les qualité^ des boissons; elle
jâ56 JIB LA DIGESTION*
des urines , et se nlontrer dans ce liquide , de même ou ne conçoit point que, dans diverses circonstances , qu'il est impossible de déterminer ou de
prévoir,, tout ce qu'il y a de concrescible dans le corps, ne puisse former la matière des calculs uri-* naires.
Celte diversité des élémens qui entrent dans la composition des calculs urinaires, le défaut de signes auxquels on puisse reconnoître leur nature, la sensibilité des parois de la vessie , qu'irritent dangereusement les réactifs , à l'aide desquels on pourroit dissoudre les concrétions qui se forment si fréquemment dans sa cavité , doivent faire regarder comme bien difficile au moins , sinon comme lout-à-fait impossible^ la découverte d'un lithontriptique, qui reu^roit inutile une opération chirurgicale , dont oi^ ^peut-être jusqu'ici trop exagéré et les difficultés çt le danger. ^
XXXIX. L'activité du système urinaire chez les habitans desclimats tempéré^, ^st la cause à laquelle doit être attribuée la fréquence des affections calculeuses , en HpUand^, en Angleterre , en France , tandis qu'elles sont très-rares dans les contrées plus méridionales , pu la sécrétion urinaire paroU remplacée par la transpiration cutanée ,. dont U quantité est toujours en raison inverse ^e celle des urines. Nulle. part il n'existe plus de calculeu^c qu'en Angleterre, et surtout qu'en Hollande , pays dont l'atmosphère froide et humide favorise mal l'excrétion transpira toire déjà peu abondante dans
l^s sujets d'un teinpërament lymphatique , tem* përament qui est celui du plus grand nombre des Bataves. Ce n'est qu'en un tel pays qu'un opérateur {Rauf) pouvoit tailler plus de quinze pents malades, comme on dit qu'il Va fait avec succès. Le diabètes, ou flux immodéré des urines, maladie qui paroit produite par un excessif relâchement du tissu rénal , n'a été fréquemment observé que dans les régions froides et humides , comme la Hollande , l'Angleterre et l'Eoosse : il est plus rare en France et en Allemagne , et parfaitement inconnu dans les pays chauds. Ce relâchement du tissu rénal dans le diabètes , dépend de la fatigue des organes urinaires trop ex^ercés, comme le. prouve le succès des toniques et des astringens dans le trai« tement de cette maladie.
Les affections de l'organe cutané semblent^ au* contraire, propres aux habitans des contrées méridionales. La lèpre nous viçnt de la Judée ; le mal rouge, de Cayenne;.le pian de Java; Tyaws, Téléphantiasis, les éruptions dartreuses , scabieuses» sont plus communes chee les peuples du midi que chez ceux qui vivent sous les zones tempérées. Sous les climats voisins de l'équateur, la surface du corps, habituellement en contact avec un# atmosphère embrasée, se trouve frappée d'un vif excitemént; la peau plus irritée, sécrète davan-* tage ; la transpiration est tellement abondante, qu'elle affoiblit rapidement ceux qui, venant des pays éloignés, n'en ont pas encore contracte Vha- I. a? . ■
bitude. Le système cutahë est dans un état d'activité pre!dominante , relativement au systèttie urihaire , dont l'action décroît proportionnellement Ces différences, dans l'énergie des dfeui Systèmes, expliquent aisément la diversité de leurs liiàlâdies ; car, loi générale, plus un organe ou un système d'oi'ganes s'exerce, plus il est exposé aux^maladiés, qui ne sont que des dérangemens de son action.
Les affections calculeuses sont plus fréquentes dans l'enfance et la vieillesse , que danâ l'âge adulte. I)ans la vieillesse, on transpire moins, l'on urine davantage. Les sels phosphoriques, base d'un grandi Sombré de calculs urina'ires, sont plus aboudans chez les vieillards, comme le prouve l'ossification dès artères, desligaméns, dès cartilages , des membranes , 1^ solidification , lé durcissement presque général dés parties. Dans Tes enfans, l'activité du système urinaire est proportionnée à celle des organes digestifs. Destinés à évacuer au-dehors lé résidii de là niitrition , trés-active à cette époque de là vie, lés organes sécréteurs de l'urine jouissent également d'iine grande énergie. Enfin, on observé que le plus grand nombre de calculeux reçus dans ïes Kôpitaùx dès grandes villes, vieiit dés rues basses et humides .voisines des fleuves qui les tràversent; tout cbiicoiirt donc à établir que la fréqueiicé dès câlciils urinaires dépend d'un accroissement marqué dans l'activité de l'appareil destiné a là sécrétion et à Texcrétion de l'urine.
DE L'AfiàORPTIÔJ^. ^^$