CHAPITRE PREMIER
2a DigèbHimI.' - '•" "" "*
I. Ija dififestion est une fonction comirniitté àtOtts les animaux', par'Iâqiielle dés' siibsiCàtices ; qui leur sont étrangères ;' 'introduites «aris îàiftr càt^^i et soumises àl'a'ctîon'il'uh sysidâié tiarticuliet d^bif- "^gaâes i ch^ngen't' de qualités V^^.^^ foûrnisseof ' tin ^tonipùié nouveau ', pto^^^ lioUïriture e«%
'leur âccroisSeiiient: .u .> ... i . ,,o
' lïf/Çohsidéi-àtuin'i générales sur'Pappài^P^ ' geétiJ\lÀi àrii^^iiï Wtib sbni fiduï-Vas d^otgatdés ' digestiis j toùy;i|a^éi{uii1'tidinWfe jusqu'à* i^oly^,
présentent W 't^vïié alitti'entkït^ "diverseih«Çât "figurée : VÀ\èMck d'un àp'^aifeA' digestiîF- {killt
donc être donnée comme le caractère*' esseiî)$el 'de ra'niiliaiir^^Eiàn» f hoiitiâè'/ tèt' â^pâtéit ^n- '^'à&të éti tin long' c'ailiâ qui a^ëtieùd'à^= Ik fadliélië''^
l'anus ;'da'aâ:«3c1miHieQnent'80iiîVifit' 'les tk>hite
BX; LA DÎGBSTIOK* l^S
nature, à la substance de Tanimal qu'ils doivent nourrir, plus ils doivent séjourner long -temps dans Tintërieur de Bop corps,. afin d'y subir les altécations nécessaires. Aussi, observiez t * on que l'intedUn des herbivores, est très4ongi leur estomac fort ample et souvent multipIeV tandia que
: les carnivores ont un tube digestif cottift|, .étroit et
. teUei|ientdi^>Oâé,*que lesfcubeliaiieeséfiimaks qui .nourrissent davantage, sous uU'HkoiiidTè volume, dont la digestion est plus facile »et «plus prompte ,
.et qui d'ailleui^ '.eussent pu s'y pnArefier pai* un Irop long séjour, le parcourent avec rapidité.^ous ce rapport, rbctmme tient le; milieu entre les espèces qui se. taourrissent de v^étaux et celles qui vivent de chairs : il est doiic iDdistinctemént appels k ces deux itourritures; il. n'«st.excluji veinent pi herbivoireiPi carnivores mais omniifîoie,
. ou pplyphàge (Cette question* , si: Caoilè à résoudre ,
- ^ ioug'r tenpa /Occupé 'le^ médecins , les naturalistes et les philosophes : chacun d eux apportoit*^ un
.;,f^ve4^i^'deson*Qpiniôitv desargumens assez plausibles , tirés de la forme et du nombre des dents ,
. ,<^ iê.lçngue^r du:conduitinteattiMil<d)e*la'f(nnce
..;, Ii(^^ parois; du tube digestif sout«saentiell^pent SQ^U^ulaire&vUnfe membrane muqueuse en tapisse tout Jr'intïérieviP,! é» jy ^mantrdiyers replis ; enfîta , tine troisième itutiique s'ajoute acoidentellement à
r It'exté^eur dea dêui| autres : elle estiburnie par Ja JS^i^k l'œsëphai^ ,'«tpar lepérîtoinç à FieslomiaQ
' I44t 1>B l'A DIGESTION.
' ainsi qu'aii tube intestinal. Le caractère de celte '- troisième tuniqœ est de né point recopyrir toute la surface des jpartics du tjibe auxquelles elle s'applique. La Ionique musculaire peut être considërëe
* comme un long muscle orettx, étendu dela^befache -à Tanus-, formé, danspresque ton tp sa longueur, ' de deux plans dé fibres, le^ unes longitudinales et ' les autres circitlakes; la Volonté pr^ide aux mon-
Tcméns dé ses deusextrëmitëd i'taïaidis que le reste f de son étendue ^est hors de ^omempire/ Dahs les
cellules du: lâssu;'qui pnit <ses «surfaces auM 'detfx « autres tuniques ,:on ne voit Jamais(s'ama6ser j[le^Ia
graisse ^ qui eût pu gêneir ses coatrâctiôesvt^trécir
et même oblitérer le conduit, ie long ducyiel ilifait ^ descendré Ibsaliinekis'. -' »' * *•* ' *'"^ •
' IIL Dés xdimens eidmifûl^éons. Les aliteens f dont l'homme se nouwit', isotfttîY^s dès végëtàux ^ où des aininaiix; .Le r^qe^^ttiitiéral nè^'fc^rnit
• que des assaisonnemens^ dèqmédiesieffeAs ou^dfs
'•poiSOilSk'v|q ; v.v/^h f'j :.. ■ . «- »'^^y\ [ '--»*
- VaUmentesttant eé q«tno{irivt, tôùP^ qfai
« est altévidalecpar è'aétiOn 'des wgkn^ digëstiftl* Les
substances Icëfitaetsnrds Jpioet te' actKOn, celles que
les sucs gastriques ne peuvent envelopper i é'MOtts-
ser^ de^tivreifv^ }obîss^ ^I tidJ^degrë « jplti4 ou
moiiis «narqtué [de ia ^propriété d^ frtyûblet Tactiôa
, dû tube df gestif i t^ui se vëVoIttft "odttf re tbtijt dé' qui
^ lur résisté! 1 ^ti^ appoint de: jdiffeVence essentielle
-entre -le midtoaitient .et 'le: poraen.' Nos femèiïes
^ les plus héroiiquèsisoiit tii^ést dssripbstahces vém»'
DE LA DrOESTION. 145
hetises; rëmétique, le sublime, ropium ,* tous ces moyens si efficaces dans des mains habile^, donnés à contre- temps ou à trop forte dose, devien-* nent les poisons les plusviolens. Ils résistent ënergiquement aux forces digestives, ne leur fournissent rien d*altërable, tandis que les médicamens doux et sans vertu , cèdent à ces forces , et rentrent dans la classe des alimens. Que p^enser alors de toutes nos tisanes, de Teau de poulet, de Teau dé veau et autres semblables remèdes? Que Ton s'en sert pour tromper la faim et la soif du malade, pour empêcher qu^il n'introduise dans son estomac des substances dont la digestion laborieuse détourneroit les forces néoessaires à la guérison de la maladie; que ce sont de simples précautions de régime, et que celui qui varie le plus ce genre de moyens, ne fait c^ependant qu'une médecine purement expectante , laissant à la seule nature le soin de susciter ces mouvemens salutaires dont la guérison doit être le résultat. Pourquoi certains purgatrfs végétaux, tels que la manne, le tamarin, administrés à grande dose, ont-ils si peu d'effet? C'est que ces substances contiennent beaucoup de parties nutritives assimilable^ ; de sorte que certaines natures fortes les digèrent complètement, et neutralisent tout- à-fait la partie irritante ou purgative. Une substance animale ou végétale, quoiqu'essentiellement nutritive, peut agir à là manière d'un médicament ou même d'un poison, lorsqu'à raison de l'extrême' faiblesse du tube ï, lo
146 DE LA DIGESTIOK.
digestif^ OU parce qu'elle n'a point été préliminai-' rement divisée par les organes masticatoires , elle résiste à Taction djgestive. C'est ainsi que surviennent les indigestions , p^irce qUe l'estomac est affoibli, parce qu'il est chargé d'une masse trop considérable de matières, parce qu'imparsfaitement triturées, elles résistent à la dissolu*» tion , etc. etc. C'est dans les considérations de cette espèce qu'existent les vrais fondemens de la matière médicale.
Les substances minérales sont d'une nature trop hétérogène à la nôtre , pour pouvoir être converties en notre propre substance; il semble que leurs élémens aiept besoin d'être élaborés par la vie végétative ; ce qui a fait dire , avec raison , que les plantes peuvent être regardées comme des laboratoires dans lesquels la nature prépare l'ali^ ment des animaux.
Les alimens tirés des végétaux, nourrissent moins bien que ceux tirés du règne animal , parce que, sous un -volume donné, ils contiennent moins de molécules assimilables à notre propre substance. De toutes les parties des végétaux, la fécule amylacée est la plus nutritive ; mais elle se prête d'autant mieux à l'action des organes digestifs, qu'elle a déjà éprouvé un commencement de fermentation : c'est pour cette raison 'que le pain levé est le meilleur de tous les alimens végétaux. Les chairs des jeunes animaux nourrissent moins bien que celles des adultes, quoique, dans
BE LA DtGESTTOÎT. 147
le premier âge , elles soient plus riches en sucs gélatineux; car cette gélatine abondante manque du degré nécessaire de consistance.
Quelle que soit la diversité desalimens^ l'action de nos organes en sépare toujours les mêmes principes nutritifs; en effet, que la diète soit entièrement végétale ou purement animale , la composition intime de nos organes ne change point ; preuve évidente que la matière que nous retirons des alimens, pour nous l'approprier, est toujours la même ; et c'est ainsi que doit être expliquée la sentence du père de la médecine : Il n'y a qu'un aliment; mais il existe plusieurs espèces d^cdi-mens.
On a essayé de déterminer la nature de ce principe alimentaire , commun à toutes les substances nutritives, et l'on conjecture avec vraisemblance qu'il doit être analogue aux gommes , au sucre ou aux mucilages. On sait que ces diverses substances , toutes formées d'hydrogène et de carbone , ne diffèrent chimiquement que par la proportion de l'oxigène qui s'y trouve combiné ; qu ainsi le sucre est une espèce de gomme très- Qxidée que l'on ramène jusqu'à un certain point à l'état d'amidon , lorsqu'on le réduit en poudi"e très-fine par l'action de la râpe, laquelle dégageant par le frottement une portion de son oxigène, le prive en partie de sa saveur pour y substituer un goût fade, analogue à celui des corps farineux. ftien, en effet, ne nourrit mieux, plus prompte-
l^S SE LA DIGESTION.
ment et sous un plus petit volume, que les substances de cette nature. L'Arabe traverse les vastes plaines du désert , n'avalant qu'une foible quantité de gomme arabique. On connoit la vertu restaurante des gelées animales et végétales; les mets sucrés amènent bientôt la satiété chez les personnes qui. en sont le plus avides. Plusieurs vieil* lards arrivés à la caducité, ne soutiennent .leur existence que par l'usage du sucre. J'en connois plusieurs qui passent la journée à broyer cette substance, travail pénible pour. leurs mâchoires foibles et dégarnies. Le lait enfin , cette nourriture unique des premiers temps de la vie, contient en grande proportion des parties gélatineuses et sucrées, etc. .
Quoique l'homme , appelé à vivre sous toutes les latitudes , puisse user de toutes sortes d'alimens, on observe que les habitans des pays chauds préfèrent généralement la diète végétale. Les Brachmanes dans ll'Inde , les peuples des Canaries et'du Brésil, etc. qui vivent presque uniquement d'herbages, de graines et de racines, habitent sous un climat contre les ardeurs duquel ils sont obligés de se défendre : or , la digestion des végé-; taux est accompagnée de moins d'irritation et de chaleur. Les sectes philosophiques ou religieuses qui ont fait une vertu de l'abstinence des chairs,
furent toutes établies dans les contrées méridionales. L'école de Pythagore fleurit en Grèce , et les pieux cénobites qui, dans les commencemens
de la religion chrëtieune, peuplèrent, les solitudes de la Thébaîde, n'eussent pu endurer d'aussi longs jeûnes, et se soutenir avec des dattes et de Teau pure sous un climat plus rigoureux. Aussi les nioines transplantés dans les diverses contrées de rSurope, furent-ils bientôt obligés de se relâcher de Texcessive sévérité d'un tel régime; et cédant à l'irrésistible influence du cliii^t, vit*on les plus austères associer aur végétaux, base de leur nourriture , les œufs , le beurre , le poisson et même les oiseaux aquatiques. On peut voir dans les livrer des casuistes, sur quels fondeinens ridicules éloit établie la dispense en faveur des pluviers, des poules d'eau , des canards sauvages , des bécas-r sines, des macretises, oiseaux dont la chair noire^ plus animalisée, plus échauffante, eût dû être proscrite de la cuisine des^ monastères^, atec bien plus de soin que celle des volailles de basse-cour.
Etudiez le régime alimentaire chez les divers peur pies qui couvrent le globe^ et vous verrez la diète végétale préférée par ceux des pays • chauds ; la sobriété est pour eux use vei'tu facile;, c'est un bienfait du climat. Les peuples septentrionaux sont ,^ au contraire , voraces par instinct et pav nécessité. Ils engloutissent des quantités énormes d'allmens, et préfèrent les viandes dont la digestion développe beaucoup de chaleur. Obligés de lutter sans cesse contre l'action du froid, qui tend à engourdir les puissances vitales, à arrêter tout mouvement organique , leur vie n'est qu'un
'l5o BE liA DIGESTIOK.
combat continuel contre les influences extérieures. Ne leur reprochons donc pas leur voracité, leut avidité pour les liqueurs spiritueuses et les boissons fermentées. Les peuplades reléguées aux confins de la terre habitable, où l'homme résiste à peine aux rigueurs de. la température, les Kamtschadales, les Samoïèdes, vivent de poissons qui, entassés par piles, ont déjà éprouvé un commencement de fermentation septique. Qui ne voit dans l'usage d'un aliment aussi acre, et tellement échauffant, que sa digestion seroit infailliblement, dans nos climats, accompagnée d'un mouvement fébrile, le besoin de compenser par une forte excitation intérieure l'influence des causes débilitantes, dont l'action se passe au-dehors? Les. excès dans ]es boissons spiritueuses, sont mortelles pour l'Européen transporté sous le ciel brûlant dés Antilles; le Russe .en abuse en quelque sorte impunément, et pcKUSse sa carrière jusqu'à un terme fort avancé au milieu des excès, auxquels snccomberoit un habitant du midi de l'Europe.
Cette influence du climat s'étend du- régime de l'homme en santé, à celui di^ l'homme malade; el c'est avec raison qu'on a dit de la médecine, qu'elle devoit être différente suivant les lieux où on l'exerce. La tisane d'orge, le miel et autres substances simples, la plupart tirées du règne \égétaI,suffisoient à Hippocrate dans le traitement des maladies; ses méthodes thérapeutiques étoient presque. toujours tempérantes, rafraîchissantes. Les médecins qui
pratiquent leur art sous un cief analogue à crfui de la Grèce, peuvent imiter oettc antique simplicité du père de la médecine. L'opium , le kinû , le vin, les spiritueux , les aromates, les cordi^aux les plus- énergiques, sont,, au contraire, les remèdes convenables dans les maladies des peuples du Nord* Les médecins anglais prodiguent sans tdtanger ces médicamens, ailleirrs incendiaires»
Les boissons simplement aqueuses iservent k la digestion, en facilitant la dissçtution'des solides « en servant de véhicule à leurs parties divisées ; * animées par des sels ou par quelque-autre principe excitant, comme les spiri tueurs par l'alcool, elles y servent encore., enstiuliilant les organes, en excitant leur action..
Les boissons les moins composées, jouissent, à: différens degrés .db la double propriété de dissoudre les alimens solides , et de atimuler.les organes digestifs. L'eau la plus pure est stimulante par Tiair et par les sels dont elle est plus ou moins xhargée ; et c'est au défaut de cette propriété excitante, que doit être attribuée la digesticin difficile de l'eau distillée. :
Les boissons les plus convenables aux besoins de l'économie, sont donc celles où les principes stimulans'se trou¥ent associés dans de justes proportions avec i'eau qui les dissout. Mais presque tous les liquides dont naus usous sous forme de boissons, sont chargés d^he plus ou moins grande quantité de parties nutritives. Le vin, par exemple^
l52 DE LA DIGESTION.
en contient d'autSut plus , qu'if est le produit d'un climat plus chaud, et que le principe sucré y domipe. C'est ainsi que les vins d'Espagne nourrissent par euxTOiémes, et sont peut-être plus propres .à. apaiser la faim qu'à tarir la soif, tan« dis. qu'au 'Contraire, les vins âcidules du Rhin, simple meill; désalterans, ne jouissent presque d'aucune vertu confortative. Entre i;es deux extrêmes, se trouvent la.plupaf^t des vins de France, lesquels jouissent à tin degré preèque égal du triple avantage de délayer les liquides , de stimuler les organes et de fournir à l'économie des éléniens réparateurs. • . ly. De la faim eu de la soift On désigne par les noms de faim et deisoif deux sensations qui noua avertissent du besoin qu'a notre corps de réparer les pertes contmtrelle&qu'ehtraine le mouvement vitaL Leur nature;,' comme* l'observe* très -bien M. Gall, n^est pastniêu^ couTiùe que celle de la pensée. Attachons-oiousdonc principalement à en exposer les phénomènes.' ^ ^
Les effets d'une abstinence prolongée sont la diminution du poids du corps, diminution déjà sensible au bout de vingt-quatre heures, l'amaigrissement par la perte de la grai$se, la décoloration des fluides et surtout du sang, la chute des forces, une grande sensibilité avec insomnie, des tiraillemens douloureux dans la région épigastrique.
On meurt de faim d'autant plus promptement qu'on est plus jeune et plus robuste. C'est ainsi que ce père infortuné, dont le Dante nous a transmis
DE LA DIGESTION* l53
l'épouvantable histoire, condamne à périr d'inanition , et renfermé avec ses enfans dans un cachot obscur , mourut le dernier, au huitième jour , après avoir vu périr , au milieu des convulsions de la rage * et des cris du désespoir , ses quatre fils , malheu— . reuses victimes de la.plus exécrable vengeance dont le souvenir ait resté dans la mémoire des hommes, Haller a.recueilli dans sa grande Physiologie plusieurs exemples d'une longue abstinence. S'il faut en croire les auteurs de ces observations, dont quelque^unes manquent du degré d'authenticité nécessaire pour qu'on puisse y ajouter foi , on a vu des individus passer dix-huit mois, deux, trois,^ quatrcf, cinq , six» sept, et même dix années, aan» prendre s^ucun^ qqijrriture. On trouve dans les. Mémoire de la société 4'Ëdîmbourg , l'histoire, d'une femme qui véeutavec du petit^^it seulement, pendant cii^quante années, Lessujetsde ces, observations sont , pour la plupart , des femmeftfoibles et délicates^ vivant dans l'obscurité , livrées à une inaction absolue , et chez lesquelles la vie* presque éteinte ne se maulfestoit que par un pouls presque insensible et une respiration, rare et peu marquée. Un fait bien digne d'attention, c'est que les muscles et les viscères de quelques-unes, ou--vertes après leur mort , brilloient d'un éclat évidemment phospborique(x). Lepbosphore seroit«il
(i) Nîtidissima viscera sunt ardinaUurn famé enectorum et argentei /ihrarum fascicuU,
HaxiLer, Elém* phiU tqm. vr, peg. i83. -
l5& DK LA DIGESTION.
siynipathiqueiDent dans toutes les parties; et, en« tretenant un excitement vif et soutenu dans l'or-
gane où elle a principalement son siège, y appelle les humeurs de toutes parts ? Ce phénomène , comme tous ceux q'ui dépendent de l'action ner* Teuse, est soumis aux loix de l'habitude, à l'influence du sommeil et des passions de l'ame, dont l'empire est si grand ^ que Ton a vu des gens de lettres , absorbés par les travaux de la méditation et de la pensée ^ oublier totalenient qu'ils avoient besoin de nourriture. Tout ce qui réveille la sensibilité de l'estomac d'une manière directe ou sympathique , augmente l'appétit , et occasionne la faim. Ainsi , la boulimie dépend quelquefois de l'irritation continuelle qu'entretient. un tœnfadans tes organes digestifs. L'impression du froid sur la peau, en augmentant sympathiquement l'action de restomac, a quelquefois produit la faim canine ^ comme Plutarque en, rapporte des exemples (f^ie de Brutus). Les boissons spiri tueuses, les alimens de hsrut goût provoquent l'appétit , lors même que Festamac est rempli outre -mesure,. Au contraire, tout ce qui émoiisse ou diminue cette sensibihté^ rend plus tolérable ou faij taire le sentiment de la £aim» C'est ainsi qu'au rapport des voyageurs, les MoliQhs turcs , les Faqmrs indiens , supportent de longs jeûnes, parce qu'ifs usent habituellement; d'opium , et endorment , en quelque sorte , par ce narcotique, la sensibilité de l'estomac^ Les boissons .tièdes et*relâchantes entraînent la perte de
DE LA DIGESTION*. xSy
l'appëtit ; l'usage médicamenteux des opiacés sus* pend tout à coup la digestion stomacale.
Y. De la soif* Le sang, privé de sérosité par la transpiration insensible et par les exhalations intérieures , a besoin d'être incessamment délayé par l'introduction de parties agueuses qui tempèrent son activité; et comme la dissipation de la sérosité est continuelle , le besoin de réparer cette perte tourmente sans cesse : la soif est encore plus im« périeuse que la faim , et s'endure moins patiem-* ment. Si Ton n'y satisfait point, le sang et les humeurs qui en émanent, deviennent de plus en plus excitansy par le rapprochement des sels et des autres principes; de l'irritation générale naît une fièvre aiguç, avec ardeur et sécheresse de la gorge, qui s'enflamme, et peut même tomber en gangrène , comme on le voit dans certains cas d'hydropho-* bie. Des matelots anglais, retenus par un calme, avoient épuisé toute leur provision d'eau douce ; ils étoient loin de la terre : depuis long- temps aucune goutte de pluie n'avoit rafraîchi l'atmo-* sphère. Après avoir enduré pendant quelques jours le tourment de la soif, encore augmenté par l'usage des salaisons , ils se résolurent à boire leur urine. Quoique peu agréable , cette liqueur* les désaltéroit; mais, au bout de peu de jours, elle devint si épaisse et contracta un tel degré d'âcreté, qu'ils ne purent en avaler une seule gorgée. Désespérés , ils s'attendoient à une fiii prochaine, lorsque la rencontre d'un navire leur
'l5i8 DE LA DIGESTION*
rendit Tespoir et la vie. La soif augmente toutes les fois que les se'crëtions aqueuses' deviennent plus abondantes. C'est ainsi qu'elle tourmente rhydropique , chez lequel les humeurs se dirigent vers le siège de l'épanchement. Elle est excessive dans le diabètes , et proportionne'e à l'abondance des urines. Dans les fièvres, elle augmente, soit par l'effet des sueurs, soit parce que, dans certaines de ces affections, la fièvre bilieuse, par exemple , le sang semble être devenu plus irritant. De-là, l'usage des boissons rafraîchissantes 9 délayantes , tempérantes , données à grande dose dans la vue de corriger Tâcreté momentanée, produite par la disparition d'une trop grande quantité de parties séreuses , et de diminuer la trop vive excitation que produit un liquide devenu trop stimulant. • * • .
L'usage des boissons aqueuses n'est pas le plus sûr moyen d'apaiser le sentiment de la soif. Le voyageur exposé aux chaleurs brûlantes de l'été, xnéle avec avantage les spiritueux à l'eau commune, quijseule ne stimule point assez les glandes muqueuses et salivaires , dont la sécrétion arrose l'intérieur de la bouche et du pharynx, et couvre ^e» surfaces de l'enduit le plus propre à farre cesser, au moins momentanément, l'éréthisme d'où la soif paroit dépendre.
YI. Mastication des alimens. Les organes employés à la mastication des alimens, sont les lèvres, les mâchoires et les dents dont elles sont armées,
DB LA DIGESTION. iSg
les muscles qui les meuvent , et ceux qui forment les paroislîe la bouche. Les mouvemens des lèvres ^ont extréonement variés, et dépendent de l'action simple ou combinée de leurs muscles qui couvrent la plus grande partie de la face , et peuvent être distingués eu releveurs de la lèvre supérieure ( les canins , ies incisifs , les relepeurs communs et les myrtiformes)^ en aljaisseurs de la lèvre inférieure {les triangulaires , les carrés, les houppes du menton)^ en diducteurs des commissures {les buccinateurs , les grands et petits zygomatiques ^ les peauciers ) , et en constricteurs ( l'orbiculaire des lèpres ).
YII. Les mouvemens de la mâchoire supérieure ont si peu d'étendue, que plusieurs en ont nié l'existence , elle s'élève néanmoins un peu quand l'inférieure s'abaisse : mais c'est principalement par la dépression de celle-ci que s'opère l'ouverture dt Ja bouche. Les muscles postérieurs du col et le ventre mastoïdien du digastrique opèrent l'éléya* tion légère de la mâchoire supérieure qui se meut avec toute la tête, aux os de laquelle elle est fortement unie. Cette union de la-mâchoire supérieure aux os de la tête, rend cette mâchoire moins mobile dans rhomme que dans le plus grand nombre des animaux, où, dégagée du poids énorme du crâng^ elle s'allonge au-devant de cette cavité , au-dessus de la mâchoire inférieure. En descendant dans l'échelle animale , on voit sa mobilité augmenter À mesure qu'on s'éloigne de l'espèce humaine » ell^
l6o DE LA DIGESTION.
est égale à celle de la mâchoire inférieure dans le$ reptiles et dans plusieurs poissons ; et de-là l'énorme dimension de la gueule du crocodile et du requin; de- là vient encore que les serpens engloutissent souvent une proie dont le volume est plus grand que le leur, et seroient infailliblement suffoqués, si ce n'étoit la faculté dont ils jouissent de suspendre leur respiration durant de longs intervalles , et d'attendre patiemment que les sucs gastriques dissolvent l'aliment à mesure qu'il est avalé.
Dan^s l'acte de la mastication , la mâchoire supérieure peut être considérée comme une enclume sur laquelle frappe un marteau mobile représenté par la mâchoire inférieure ; et \eé mouvemens de cette dernière , sa pression , ses efforts eussent bientôt dérangé l'assemblage des pièces osseuses dont la face est composée, si cet édifice peu solide, parce que les os qui le forment ne sont que juxta-posés, ou unis par suture harmonique, n'étoit soutenu , et ne transmettoit au crâne le double effort qui le presse de bas en haut , et le pousse vers les côtés. Six colonnes verticales , les apophyses montantes des os maxillaires supérieurs, les portions orbitaires des os de la pommette et les parties verticales des ospalatins supportent et commutiiquent l'effort qui se passe dans le premier sens , tandis que les arcades zygomatiques serrefit fortement les os de la face les uns contre les autres, et résistent puis» samraent à ce que ces os se désunissent en dehors
DE LA DIGË5T.ION. l6l
OU sur les côtés. La n^âchoirie inférieure s'abaisse par son propre poids, quand ses élévateurs se relâ« chent i les muscles de Tos hyoïde et le ptërigoïdien externe achèrent ce niouvement, dont le centre n'est pas dans Tarticulation de la mâchoire avec les temporau:^; mais correspond à une ligne qui tra* verseroit ses branches un peu au-dessus de ses angles. C'est autour de cet axe, qu'en s'abaissant; la mâchoire inférieure exécute un mouvement de rotation, par lequel ses condyles se trouvent portés en avant, tandis .que ses angles se dirigent eh arrière. Dans les enfans, les branches de la mâchoire . étant moins relevées sur le corps de l'os dojat elles ont presque la direction , le centre des mouvemens est toujours dans les cavités glénoîdes.que les condyles n'abandonnent jamais, quel ïque soit le degré d'abaissement de la mâchoire. Par cette disposition, la nature a prévenu Ses luxations qui eussent été si fréquentes dans le premier âge de la vie, soit . par les cris continuels , dans lesquels cet os est abaissé outre mesure, soit lorsque, ne.cpnnoissaat point encore le juste rapport entre la grandeur de la bouche et la grosseur des corps qu'ils veulent y introduire, les enfans présentent à son ouverture des corps très-volumineux qu'ils s'efforcent d'y faire pénétrer.
La mâchoire inférieure forme un levier coudé double , du troisième genre , dans lequel la puissance représentée par les muscles temporaux, masseters et ptérigoïdiens internes, se trouve placée I.: II
r6â DE'ïiA DIGESTION.
entre le point d'appui et la résistance plus ou moins rapprochée du menton.
Le mode ;d'articutation de la mâchoire avec les temporaux^ ne lui permet- que des mouvemens d'abaissement et d'élévation', dans leisquels les dents, dont les deux mâchoifes sont armées, se rencontrent à la manière des branches des ciseaux, et des mouvemens de diduction latérale par lesquels les arcades dentaires glissentTune sur l'autre, en exerçant des frottemens bien propres à broyer ^ les aliraens, dont les premiers mouvemens opèrent le déchirement ou la section.
YIIL Dans les animaux qui vivent de chair, les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure, et principalement les temporaux et les masseters, sont doués d'une force prodigieuse, et proportionnés à leur volume. Chez eux , l'apophyse cor<înoïde à laquelle s'insère le muscFe temporal , est très^rononcéej4e oondyle est reçu dans une cavité profonde*; tandis que, dans les herbivores, au contraire, les élévateurs sont moins épais et plus foibles , et les ptérigoïdiens , par l'action desquels s'exécutent les mouvemens latéraux, ou de broiement , plus forts et plus développés. IjCs cavités glénbîdes des temporaux sont aussi , chez eux , larges etpeu profondes, en sorte qu'elles permettent aux condyles de glisser facilement à leur surface. La fqrce respective des élévateurs et des diducteurs dé la mâchoire peut être appréciée facilement par l'inspection des fosses temporales et zygomatiques.
DE LA DIGESTION. l65
Leur profondeur est tbujôurs en raison îriverse et proportionnée au volume des muscles qu'elles bon-' tiennent; Dans les carnivores , l'arcade zygomatiquej à laquelle s'attache le masseter, est déprimée, et semble avoir cédé à l'effort de tractrorique le muscle exerce sur elle. Sous le rapport qui vient d'être examiné, l'homme tient encore le milieu entre les espèces carnivores et celles qui tirent leur subsistance da règne végétal; mais rien ne prouve mieux sa nature queia composition de ses arcades dentaires.
IX. Les petits os très-blancs et très-durs qui les forment, ne se ressemblent pas dans toiÀ lés animaux dont les mâchoires en sont pourvues.- Tous n'ont point, comme l'homme, trois espèces de dents. Les laniaires (i) n'existent point dans la
(t) J'ai.cra deToir, à Texcmple àt quelque» naturalistes, assîg'ner ce nom aux dents canines , i ^ parce que leur principal usage étant de lacérer, de déchirer les tissus fibreux, il convient de lent donner une dénomination tirée de leur manière d'agir sur les alimens soumis à leur action , comme on l'a fait pour les incisÎTes et pour les molaires ; a^. parce qiie le nom de canine peut donner une idée fausse, eh faisant êrotre que cette sorte de dents est départie à une seule espèce de carnivores , qtioiqa'on les trouve sur le Kon , le tigré , etc. |ilus fortes et mieux développéesa
Cette explication est indispensable dans un teinps où chacun aspire à la gloire facile d*opérer des innovations dans le langage : rinvention des mots , dit une femme célèbre , est cependant le aymptôme lé plus sûr de la stérilité des idées.
Les dent» diffèrent essenti^ement des autres o» ,' i*". par la
^^4i: DE LA DiaESTlON."
norpbr(BUS« famille des rongeurs. Il en est quiman* quent AHricisipes. Les preiïiières paroissent plus propres à déchirer lejs tissus fibreux, qui offrent beaucoup de résistance: Elles sont aussi très-Iongues j^.ei.vrecourbées en manière de tenailles à branch(?s croisées dans les animaux carnivores. Les molaires^hev^yeiM surtput à \^ trituration des substances^ dont la première division a été opérée par les laniaires qui les déehjirent , ou par les i/ïcm^^5 qui, sç rpnçofltrant GOrti nie les brancbe&des ciseaux,
en opèrent une véritable section ; ces dernières, au nombrede quatre à chaque mâchoire^ n'agissant que sur des Qprp.s qui offi*ent assez peu de résistance , sont placées à l'extrémité du levier maxillaire. Les molaires sont plus rapprochées du point d'appui ; c'est aussi sur elles que se passent les plus grands efforts de la mastication. Si nous voulons briser un corps très- dur, nous le plaçons, par
-vive sensibilité dout elles jouissent ; ^^, par les nerfs que Ton peut y suivre, tandis qu'ils ne paroissent se rendre dans aucune . autre partie du système osseux ; 3°. par le mode de distribution des vaisseaux ; ceux-ci y pénètrent , au moyen d'une ouverture qui se voit au sommet de leur racine , et viennent se répandre dans la membrane muqueuse que la dent enveloppe , et qui forme la partie la plus essentielle de Tos ; 4°* P^' l^^ur inaltérabilité à Tair , propriété qu'elles doivent à Témail qui recouvre leuf portion ext^h'ieure. On a dit, avec raison , que la nature, eu revêtant de cette arme le corps de la dent, av oit imité le procédé de la trempe, au moyen duquel nous durcissons les pointes des ûistrumens de fer ou d'acier. . <
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instinct, entre les dernières grosses molaires, et, raccourcissant de beaucoup le bras par lequel agit la résistance , nous corrigeons le levier du troisième genre qui , le plus employé dans réconomie animale, est cependant, de tous, le plus désavantageux. Les dents laniaires ont des racines trèslongues qui, s'enfonçant profondément dans les bords alvéolaires, les fixent assez solidement pour qu'elles puissent exercer, sans danger d'avulsion, des tiraillemens considérables.
L'émail qui revêt l'extérieur des dents , préserve la substance de l'os exposé au contact de Tair, des effets nuisibles que ce contact immédiat ne manque jamais d'occasionner ; et bien plus dur que la substance osseuse, il les rend capables de briser les corps les plus résistans, sans en éprouver aucun dommage. Les acides concentrés ramollissent cette substance, et affectent les dents d'une manière douloureuse. La sensibilité dont ces os jouissent , réside dans, la membrane muqueuse qui tapisse leur cavité intérieure , et dans laquelle viennent se répandre les vaisseaux et les nerfs qui pénètrent par les conduits dont sont creusées leurs racines. Cette membrane est le siège d'un grand nombre de maladies auxquelles les dents sont sujettes. L'émail , usé sans cesse par les frottemens réitérés qu'il exerèe et qu'il éprouve, est susceptible d'accroissement et de réparation. Les alvéoles dans lesquelles les^ racines des dents sont implantées, embrassant exactement ces racines; et toutes ayant
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et dissout le bol alimentaire, en rassemble les molécules divisées, et leur imprime un premier degré d'altération. Nul doute qu'agitée avec les alimens par les mouvemens des mâchoires, la salive n'absorbe de l'oxigène, et ne mêle aux alimens une certaine quantité de ce gaz, propre à favoriser les changemens qu'ils doivent ultérieu-» rement subir.
XL Les parois musculaires de la bouche sont , durant la mastication , dans une contiimelle activité. La langue presse en tout sens les alimens, et les pousse sous les arcades dentaires ; les muscles de la joue, et principalement le buccinateur, contre lesquels les alimens sont poussés , les repoussent sous ces arcades pour qu'ils y soient suffisamment triturés. Quand la division est assez avancée , que la pénétration salivaire est assez intime , alors la langue promène sa pointe dans les diverses parties de la bouche , en parcourt tous les recoins, et ramasse le$ alimens , qu'elle rassemble sur sa face supérieure. Lorsque cette collection est complète » elle presse le bol alimentaire contre la voûte du palais, et, recourbant sa pointe en haut et en arrière^ en même temps qu'elle abaisse sa base^ elle offre à ce bol un p]an incliné, sur lequel elle le pousse d'avant en arrière, pour lui faire franchir ris(hme du gosier, et le précipiter dans le pharynx. C'est dans ce passage du bol alimentaire , dans sa descente le long du pharynx et de Tœsopbage^ que consiste la déglutition , fonction à laquelle coopè-
rent plusieurs organes , et dont le mécanisme est assez compliqué.
Xll. Déglutition^ Pour que la déglutition sV)père, la bouche se ferme par le rapprochement des deux mâchoires; alors les muscles sous-maxillaires , di^ gastriques y génio-hyoïdiêns y mylo-hyoïdiens , etc. élèvent le larynx let le pharynx , en entraînant l'os hyoïde vers la mâchoire inférieure fixée par ses élévateurs. En même temps que le muscle hyogtosse élève Tos hyoïde , il abaisse et porte en arrière la base de la langue ; alors l'épiglotte , placée entre ces deux parties rapprochées , est poussée en bas et en arrière par la base de la langue xjui l'appUque sur l'ouverturedu larynx.Le bol alimentaire, pressé entre la voûte du palais et la face supérieure de la langue , glisse sur le plan incliné que celle-ci lui présente, et, poussé par sa pointe qui se recourbe en arrière , il franchit Tisthme du gosier. Les mucosités que les amygdales laissent exsuder à leur surface , facilitent son passage. Lorsque le bol ali<mentaire est ainsi tombé dans l'arrière -bouche^ le larynx qui s'étoit élevé, en se portant en avant , et en entraînant le pharynx dans ce mouvement , s'abaisse et se porte en arrière. Ce dernier organe , -stimulé par la présence des alimens, se contracte, et les feroit en partie rétrograder par les fosses nasales, si le voile du palais, relevé par l'action des péristaphylins internes^ tendu transversalement par les péristaphylins externes, ne se portoit vers leurs ouvertures postérieures j^ et vers les orifices
gutturaux des trompes d'Eustache. Quelquefois la résistance qu'il oppose est surmontée, et lesali-^ mens i^essortent en partie par les narines. Ceci arrive lorsque , pendant Tacte de la déglutition , nous voulons parler ou rire.. Alors Tair chasàé des poumons , avec plus ou moins de force, relève Tépiglotte, et, rencontrant la masse alimentaire, la repousse vers les ouvertures qui doivent lui donner passage. L'isthme du gosier est fermé au retour des alimens dans la bouche , par le gonflement de la base de la langue, soulevée par l'action des glosso et pharingo-staphylins , petits muscles renfermés dans l'épaisseur des piliers du voile du palais.
Le bol alimentaire est dirigé vers l'œsophage ^ et poussé dans ce canal par les contractions péristaltiques du pharynx , qiH peut être regardé comme la partie évasée d'un tuyau infundibuliforme^ Les alimens solides passent derrière l'ouverture du ia* rynx , exactement recouverte par l'épiglotle. Les boissons coulent sur les côtés de cette ouverture, dans deux gouttières faciles à apercevoir. Leur déglutition est toujours plus difficile que celte des solides : les molécules d'une liqueur tendent sans cesse à s'écarter, et, pour empêcher cette dissociation, les organes sont obligés de s'appliquer mieux, et d'embrasser avec plus d'exactitude le corps que l'on ava£e. Aussi observe-t-on constamment, dans les cas, où la dëghitition se trouve em*pêchée par quelque vice organique dans les parois de l'œsophage, que les malades qui prennent en-
core des alimens solides, avalent avec peine quel-* ques gouttes de boisson , et sont en proie auK tourmens de la soif, lorsqu'ils peuvent encore apaiser la faim.
La déglutition de Tair et des substances gazeuses^ est plus difficile encore que celle des liquides , parce que ces fluides élastiques sont encbre bien moins coercibles; on ne parvient même quà la faveur d'une longue habitude , à faire passer une gorgée d'air de la bouche dans l'estomac. M. Gosse, de Genève, avoit acquis cette facilité par un long exercice ; il s en servoit pour se faire vomir à vo« lonté , et , tournant cette faculté précieuse au profit de la science , il a déterminé le degré de digestibilité des alimens dont on fait le plus fréquent usage.
Les alimens descendent dans l'œsophage , poussés par les contractions de ce conduit musculo-mem* braneux , étendu le long de la colonne vertébrale , depuis le pharynx jusqu'à l'estomac. Des mucosités , aboudammttnt sécrétées par la membrane dont est tapissé son intérieur, les enveloppant, e4; rendent leur pnogression. plus faeile. Les plis longitudinaux de la membrane intérieure favorisent la dilatation du canal; néanmoins, lorsqu'il est élargi outre mesure , il en résulte de vives dou-^ leurs dépendantes sans doute du tiraillement qu'éprouvent les plexus nerveux , par lesqii«ls.les nerfs de la huitième paire embrassent l'œsophage en descendant sur ses côtés. J omets à dessein le
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poids des alimens dans rénumëration des causes qui les font descendre par l'œsophage. Quoique , dans Thomme comme dans les quadrupèdes , ce poids ne soit point un obstacle à la déglutition , il favorise si peu cette fonction , que Taffolblisseroent de la contractilité musculaire , aux approches de la mort , suffit pour l'empêcher tout-à-fait. Les boissons font alors entendre un bruit d'un fâcheux présage. Ce bruit consiste dans un gargouillement du liquide , qui tend à s'engager dans le larynx , dont l'ouverture n'est point recouverte par Tépi— glotte ; et si l'on insiste et que l'on veuille gorger le malade d'une tisane dont la déglutition est impossible , elle ooule dans la trachée-artère , remplit les bronches, et l'individu meurt suffoqué.
XIII. De l'abdomen. Avant d'étudier les phénomènes ultérieurs de la digestion , accordons un moment à l'examen de la cavité qui en renferme les principaux organes. L'abdomen est presqu'entièrement rempli par l'appareil digestif, dont lés voies urinaires font partie : sa girandeur , la structure d« ses parois, sont évidemment relatives aux fonctions de cet appareil. La capacité de l'abdomen est supérieure à celle des deux autres grandes cavités; ses dimensions ne sont pas invartablement fixées comme celles du crâne , dont la gran* deur est déterminée par l'^étendue des parois osseuses et non extensibles : elles sont aussi plus variables que celles de la poitrine , parce que les degrés de dilatation de celle-ci sont limités par
DB LA DIGESTION. l?^
retendue des mouvemens dont les côtes et le sternum sont capables. Le bas- ventre s'agrandit, au contraire, d'une manière en quelque sorte inde'finie , par Tëcartement de ses parois molles et extensibles. On le voit contenir jusqu'à quatrevingts pintes de liquide dans certaines hydropisies ascites, sans que cette quantité énorme d'un fluide accumulé cause la mort par l'effet de sa roa$se; tandis qu'à raison de la délicatesse du cerveau , de l'exacte plénitude du crâne , et surtout de l'inflexibilité de ses parois , les moindres épauchemens sont. S) dangereux dans cette cavité ; tandis que l'amas de quelques pintes de liquide dans la cavité de la poitrine amène à sa suite la suffocation. Cette vaste capacité de l'abdomen , susceptible d'une augmentation facile , étoit bien nécessaire dans une cavité dont les vicères , creux pour le plus grand nombre , et dilatables, renferment des matières dont les quantités sont variables, et d'où &e dégagent des gaz qui remplissent de grands espaces. Quelle prodigieuse différence n'établit point dans les dimensions de l'abdomen la différence des alimens dont les animaux se nourris- 3eût ! Comparez le corps grêle, élancé du tigre, du léopard, de tous les carnivores , à la masse pesante de Téléphant ,«du bœuf, de tous les animaux dont les végétaux font la principale ou l'unique nourri-, ture. L'enfant qui digère beaucoup , pour se développer et croître, a l'abdomen bien plus étendu que l'adulte et que le vieillard, Che? lui l'appendice.
xyphoïde du sternum se termine vîs-à-vis le corps de la huitième ou neuvième vertèbre dorsale. Dans les vieillards , elle descend jusqu'à la dixième, ou même la onzième; de manière que la capacité abdominale diminue avec le besoin des alimens et l'activité de la digestion.
Les organes intérieurs du corps sont incessamment agités par différentes causes et entraînés dans divers mouvemens. L'action du système artériel tend à soulever la masse cérébrale , et à lui communiquer des mouvemens d'élévation et d'abaissement; les mouvemens des cotes opèrent la dilatation et l'affaissement du tissu pulmonaire; le cœur, adhérant au diaphragme , entraîné par ce muscle lorsqu'il s'abaisse , s'élance encore contre les parois de la poitrine, chaque fois que ses ventricules se contractent. Les viscères abdominaux ne sont pas nKiins ballottés par les mouvemens respiratoires ; ils éprouvent , de la part du diaphragme et des muscles larges, une action et une réaction perpétuelles. Par-là, la circulation des humeurs se trouve favorisée dans les vaisseaux , le cours des alimens accéléré dans 'le tube inteàtijial, la digestion activée, et plusieurs excrétions ,* comme celles des matières fécales et de l'urine, accomplies.
XIV. Digestion stomacale. Les alimens reçus dans l'estomac , s'y accumulent graduellement en écartant ses parois, toujours coritiguè's quand il 6st vide< Dans cette distension mécanique de l'es^ tomac , par la matière alimentaire , cet organe cède
BE LA BICESTIOK. IjS
sans réagir. Il n'est cependant pas absolument pas* sif; ses parois s'appliquent, par une contraction générale , une sorte de mouvement tonique , à la matière qui s'accumule ; et c'est à cette action de tout l'estomac , que les anciens donnoient le nom de péristole. A mesure qull se dilate , sa grande courbure est poussée en avant , les deux feuillets du grand épiploon se séparent , la reçoivent dans teur écarteroent et s'appliquent à l'extérieur de l'estomac dilaté. Ce repli du péritoine paroit avoir, chez l'homme, pour principal^ usage, de faciliter J'ampliation de l'estomac qui se développe surtout par sa partie antérieure : on s'en assure en le soufflant sur un cadavre. A mesure que l'air dilate ce viscère , les deux lames de l'épiploon s'appli-* quent à sa surface , et si l'on traverse cette membrane avec une épingle, à un pouce de distance de sa grande courbure, on voit l'épingle s'en rapprocher , être ramenée vers cette courbure ; mais la portion supérieure de l'épiploon, peut seule être employée à cet usage, et jamais l'estomac ne s'approprie la totalité de ce repli membraneux. Dironsnous avec Galien, que le grand épiploon garantit les intestins du froid, et leur conserve une douce chaleur indispensable à la digestion ; avec quelques-uns, qu'il remplit les vides, fait l'ofâce d'un fluide , adoucit les frottemens et la pression de la paroi antérieure de l'abdomen; avec d'autres, qu'il est là, pour que le sang s'y porte, lorsque l'esloinac, resserré sur lui-même , refuse de le recevoir?
17^ BE liA DIGESTION.
I^ sang qui coule si lentement dans ses vaisseaux longs et déliés, n^y contracte-t-il point quelque disposition oléagineuse , qui le rend plus propre ik. fournir les matériaux de la bile?
L'estomac s'étend aussi , quoique d'une manière moins apparente, du côté de sa petite courbure, et les deux lames de l'épiploon gastro- hépatique sVcartent comme celles du grand épiploon. Telle est l'utilité de l'épiploon gastro - hépatique ^ qui peut être regardé comme un résultat nécessaire de .la manière dont le péritoine est disposé relativement aux viscères de l'abdomen. Cette membrane, qui se porte de l'estomac au foie, pour le recouvrir, ne pouvoit franchir l'intervalle qyi les sépare, qu'en y jetant une sorte de pont membraneuse , par lequel jiont soutenus les vaisseaux et les nerfs qui, de la petite courbure ou du bord postérieur de l'esto* mac , se portent vers la face concave du foie. Cet épiploon gastro-hépatique peut encore, par l'écartement des deux feuillets dont il est formé, prêter à la dilatation de la veine*porte hépatique, qui se trouve, ainsi que tout le paquet des vaisseaux, des nerfs et des conduits excréteurs du foie, contenue dans l'épaisseur de son bord droit.
L'estomac a de tout temps été regardé comnie le principal organe de la digestion; il n'y joue cependant. qu'un rôle préparatoire et secondaire : ce n'est pas par lui* que s'accomplit le principal et le plus essentiel phénomène de cette fonction , je veux dire la séparation de la partie nutritive.de
raltment d'avec sa portion excrémentitielle. Reçue dans sa cavité , la matière alimentaire se dispose a cette prochaine séparation ; elle se fluidifie , éprouve une altération profonde, et se convertit en une pâte molle et homogène , cpnnue sous le nom de chyme. Quel est Tagent qui opère cette conversion, ou sous d'iutres termes, en quoi con* siste la digestion stomacale ?
Gomme il est souvent nécessaire de déblayer avant de construire, nous allons rappeler ici et réfuter les hypothèses successivement proposées , pour en expliquer le mécanisme; elles pjeuvent se réduire à la coction, l^ fermentation ^ Isiputréfac^ tionp la trituration et la macération des alimens reçus dans la cavité de Testomac.
XI. La première opinion est celle des anciens et du père de la médecine ; mais par le terme de coction, Hippocrate n*a point voulu désigner un phénomène semblable à celui que présentent les alimens soumis dans un vase à l'action de la chaleur ; la température de l'estomac , qui n'est pas supérieure à celle du reste du corps (3â degrés) , ne seroit point suffisante; les animaux à sang froid digèrent comme ceux à sang chaud, etc. la chaleur fébrile, comme Yanhelmont l'observe, déprave la digestion au lieu de l'accélérer. Dans le langage des anciens, le mot coction exprime l'altération, la maturation , l'animalisation des alimens , rapprochés de notre, nature par les mutations qu'ils éprouvent dans la cavité stomacale* Il est néan-
I; la
moins xvèré que la chaleur naturelle concourt et facilite ces cbangeméhs : les expériences de Spallatizani sur les digestions artificielles , prouvent que le mlc gastrique n'agit pas plus efficacement que l'eau comtounë pour t*amollir et dissoudre les substances alimentaires, lorsque la température est au^dessou»de 7 degrés (thermomètre de Réaumur); qu'il dévient au contraire très- actif, lorsque la dhalèul^-éstxle to ,"32 , 3o ou ^o degrés audessu6 de la gflace.La digestion chez les animaux à %ang froid, i^st toujours d'ailleurs beaucoup plus lente que dans ceux à sang chaud.
- XVr. Les auteurs et les partisans du système de 4a^fermentation , ont admis pour les alimens reçus dans l'estomac, un mouvement intestin et spontané , en yértu duquel ils passent à un nciuvél ordre de combinaison^ i etcoMme on accélère lé travail fermentatif , en ajoutant à h matière qui l'éprouve, une certaine quantité de la même matière qui a déjà fermenté, quelquës-titts d'entr'efux ont suppose dafis l'estomac un levain toujours existant ,~ formé, suivant Vahhëlmont, par un acide subtil, et consistant, selon d'autres, dans la petite quan* tité des alimens restes de la digestion précédente. Mais, outre que l'estomac se vide complètement , et que son intérieur ne présente aucune trace de levain à celui qui l'observe , quelques heures après la digestion , il faut un repos parfait aux substances qui fermentent, et l'aliment est soumis aux oscillations ondulatoires, aux contractions péristaltiques
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de Testomac; ce viscère reçoit des'secoasBes des artères voisines;, il est d^ailleurs continuelleinent ballotté par les mouvemens respicatoires. LeVfei^ mentations s'accompagaent d'absorption ou àê dégagement de produits gazeùxyelé* efo.' et tous ces phénomènes n'ont point lieu^iq^andraotioa de l'estoinac n'a souffert aucun déva^emént. •'
On- doit néanmoins dire^ à l'appoi.die r^opinion des fermentateurs 9 que nous ne pou^toqs 'viou)8 iiouf rir que de subdtancésrfermentescsblâs ( ill ) , él que les matières qui ont déjà subi *cetco|i^ittence^ ment de décomposttioti , qu'araènenfi le^ ipsmenta lions panaire et sucrée, ae digèréht< plus* aisé-* ment,^ en [moins de'leinps. Getteifermèntation imperceptible, si elle a ^ieu réellementidoit'ai^ijr beaucoup plqs d'analogie avec 'oeaj deux *4erniève4 espèces d'altération, qu'avec celles' qu'on nomme fermentations vineuse et acide ; lvaps>'afaouae n'en doit différer davlanb^é que la^'ferkneii-tàtion putridci ' » •
XYIL II s'est cependant trouvé «des i physiologistes qui V depuis Plistoéicus ^ disciple de Praxa-» gore, admettent que la di^gestion* se fait *paF une véritable putré;faction. Mais,' outre qu?il ne se dégage ^jamais de Pfimmbqiaque dans de tnravail , notre économie dîgestive a,^ comme ton le verra bientôt, la propriété dé faire rétrograder, ou au moins d'arrêter la putréfaction des substances qui lui sont soumises. Les serpent .qlii, à raison de la grande dilatabilité de leur oesophage > et de l'écar^^
i8q bb la digestion*
tement considérable dont sont capables leurs den% mâchoires, presque également mobiles, avaient souvent. des animaux plus volumineux qu'euxmêmes, et mettent plusieurs jours à les digérer, offrent la partie dé Tanimal soumise à l'action du ventridule, parfaiteknent saine et dans.^tn état de dissolution plus ou moins avancée; tandis que ce qui reste encore au-*dehors, présente les signes d'une putridité commençante. Enfin, malgré la chaleur^ et l'humidité du lieu , les alimens ne prolongent point assez leur séjourdans l'estomac pour que la puirefection s'y établisse ^ en supposant que tout favbrisftt d'ailleurs la* naissance de ce phénomène. Les animaux qui ont? avalé par mégarde dtt substapoes. animales, j^utrëfiées , les rejettent par le vomtsséra6nt,.ou,.>coknime SpaUansam l'a observé sur quelques oiseau^:, leur enlèvent le caractère putrédineux. :
.XYiil^ Le ''Système de la ferfaientation iut celui des chimistes; celui de la trituration est, du aux mécaniciens V qui assimilent Les changemeus qu'éprouve une substance 4ans.!un. mortier,, sous le pilon d'un pharmacieii^ à ceux qde les .aJi meus subissent dans l'estomad. Mais, qu'il y a join de l'action* attcitive d'un pilon qui écrase une subatanoe moins dure que lui, contre un plan qui résiste, à l'action douce 'e%péristal tique des fibres de cet organe sur les substances qu'il ix^utient? La trituration, effet mécanique, .ne change pas la nature du corps trituré ; tandis que l'^liinent sa
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décompose et n'est phis le raénie, après avoir séjourné dans le ventricule. Comme cette hypothèse, malgré son évidente absurdité, a joui longtemps d'une grande faveur, il ne sera pas hors de propos d'accorder quelques instans à la réfutation des preuves alléguées à son appui.
La manière dont la digestion s'opère chez les oiseaux à estomac musculeux^ et principalement chez les gallinacés , est l'argument le plus spécieux dont se soient étayés les mécaniciens. Ces oiseaux grâniuores oiit tous un double estomac ; .on donne le nom de jabot au premier ; ses parois sont peu épaisses et presque entièrement membraneuses ; nné humeur abondante est versée à son intérieur; les graines dont ils s'alimentent s^y ramoUisseut et y éprouvent une sorte de macération préliminaire, après laquelle elles sont plus aisément broyées par l'action du gésier y véritable estomac musculaire, qui remplit l'office des organes masticateurs dont cette classe d'animaux est presque absolument privée. Le gésier agit avec un tel degré de force , pour briser les alimens^ solides soumis à son action, qu'il pulvérise des globes de verre; et de cristal , aplatit des tubesde ler-blanc , rodapt des morceaux de métal ^ et , ce qui est bien plus extraordinaire , brise impunément les pointes dea aiguilles*et des lancettes les plus acérées,* émoussè ou casse ces instrumenS meurtriers ; aussi son intérieur est-il garni d'une membrane épaisse, semi-coctilagineuse, incrustée d'un gr^ud nombre de-petites pierres et
iSa DE LA DI&ESTION.
de graviers, venus du dehors avec les alimens dont ces oiseaux se nourrissent. Le coq*d'Inde est de tous les volatiles qui peupleût nos bassesr cours , celui où cette structure est la plus évidente ; outre ces petits cailloux dont est garnie la membrane interne du gésier, sa cavité en contient elle-même, presque toujours , un plus ou moins grand nombre; le choc de ces corps durs soumis avec les grains auxquels ils sont mêlés, à Faction stomacale , peut concourir à leur atténuation. C'est à cet usage que l'autruche destide les cailloux , les morceaux de fer qu'elle avale , et que Yalisni^ri a rencontrés dans son- estomac. Mais ce n'est point dans ces divisions mécaniques , dont le gésier est chargé au défaut dies organes masticateurs , que consiste la digestion; ramollis et divisés par l'action successive du jabot et du gésier, les alimens passent dans le duodénum ^ et soumis dans cet intestin à l'action des sucs biliaires , ils y éprouvent les changemens les plus essentiels à l'acte digestif.
La -structuré singulière de l'estomac dans l'écrevisse ne favorise pas davantage IHijppôthèse de la trituration. Il est, dans ce orustacé , pourvu d'un véritable appakHiil mandibulaire destiné à la trituration des alimens ; ,en outre , l'on y trouve , dans certains temps de^l'année j deux concrétions àrron* dies , placées de- chaque, ce té , au - dessous de sa membrane interne. Ces concrétions, faussement nommées yenxid'écrevisse, sont formées par du carbonate de chaux , mêlé à une petite quantité de
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matière animale gélatineuse ;. elles disparaissent lorsqu'aprèsla chute annuelle de.la coquille , l'enveloppe extérieur^, d'abord membraneuse > se solidifie par le transport, à l'extérieur , de la matière calcaire qui les constitue.
L'énorme différence qui existe entre le Tentricule de ces animaux «t celui de Tbomme , devoit écarter d'ailleurs toute idée de comparaison. Spallanzani a très^bien vu que,, sous le rapport de la force musculaire de ses parois , les animaux pourvoient se partager en trois dasses, dont la plus nombreuse étoit composée par ceux dont l'estomac , presque entièrement membraneux , est pourvu d'une tunique musculaire , d'une épaisseur très-peu considérable. Dans cette classe : se trouvent placés l'homme , les quadrupèdes , les oiseaux de proie , les reptiles et les poissoos. QueU que foible que soit cette tunique musculaire dans l'estomac de l'homme, Pîtcairn^ abusant du calcul^ estime sa fojii*ce à la^gSi livres; il fait monter à a4Sy555 celle du diaphragme et des muscles du bas-ventre qui agissent sur l'estomac et le oom« priment dans les mouveraens alternatifs de la res* piration. Que prouve un calcul si exagéré^ si ce n'est, qomme l'a dit .Garât, que ce vain appaireil d'axiomes , de définitions , de scholies , de corol** laires , dont on a défiguré plusieurs ouvrages qui ne sont pas de géométrie , n'a servi qu'à retran-< cher , pour ainsi dire , des notions vagues , con-^ fuses et fausses , derrière des formes imposante^
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et respectées? Il suffit d'introduire la main dans l'abdomen d'un. animal vivant, et le doigt dans une plaie faite à l'estomac , pour reconnoitre que la force avec laquelle ce viscère agit sur les matières qu'il contient , ne va pas au-delà de quelques onces.
XIX. Le savant et laborieux Haller crut que les alimens étoient seulement ramollis et délayés par les sucs gastriques ; cette macération étoit , selon lui , favorisée et accélérée par la chaleur du lieu , le principe de putréfaction et les mouvemens doux , mais continuels , dont la substance alimentaire est agitée. La macération surmonte à la longue la force de cohésion des matières les plus solides; mais, en les délayant, elle n'en change jamais la nature. Haller *s'appuyoit des expériences d'Albinus sur la conversion des tissus membraneux en mucilage , au moyen d'une macération prolongée.
Dans les animaux ruminans, la cavité de l'estomac est divisée en quatre parties, qui s'ouvrent les unes dans les autres , et dont les trois premières communiquent avec l'œsophage. Des* cendus dans la panse, qui est le premier et le plus vaste de ces quatre estomacs , les herbages , impar* faitement triturés par les organes masticateurs , dont la force est peu considérable , y éprouvent une véritable macération , en même temps qu'un commencement de fermentation acide. Les coutractions de l'estomac les font passer , par petites
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portions , dans le bonnet ^ qui , moins grand , mais plus musculaire que la panse , se roule sur luimême , enveloppe de mucosités l'aliment déjà ramolli, puis en forme une boule qui remonte dans la bouche par un véritable mouvement antipéristaltique de Tcesophage. Mâché de nouveau par l'animal , qui semble se complaire dans cette opération , le bol alimentaire redescend , par lœso* phage, dans le troisième estomac, Sif fêlé feuillet^ k cause des replis larges et multipliés de la membrane qui en tapissse l'intérieur; puis passe de celui-ci dans la cmUette où s'achève véritablement la digestion stomacale. Tel est le mécanisme de la rumination , fonction propre aux animaux qui ont un quadruple estomac ; ils ne l'exercent point dans tous les temps de leur vie : Tagneau qui suce le lait de sa mère , ne rumine point. La liqueur , à moitié digérée , ne traverse ni la panse , ni le bonnet , alors inutiles , mais descend de suite dans le troisième estomac. Quelques hommes ont offert l'exemple d'une sorte de rumination ; le bol alimentaire , descendu ^ans l'estomac , revenoit peu de temps après dans la bouche pour y subir une seconde mastication et y être de nouveau pénétré par la salive. Conrade Peyer a fait de ce phénomène moi4ftfique le sujet d'une dissertation qui a pQur titre : Mericologia , siue - de Mumi-' nantibus*
Cette quadruple division de l'estomac , si favo* rable à l'hypothèse de Haller sur la digestion , ne
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rois , auparavant affaissées. Les artères de l'estomac , de la rate et du foie leur étant fournies par le même tronc, on conçoit aisément que le premier étant vide , peu de sang arrive dans sa substance contriactée , et que dans cet état de vacuité de Testomac , la rate , moins comprimée , et le foie doivent en recevoir davantage, tandis qu'ils en recevront moins lorsque le ventricule sera rempli. Ce suc gastrique, produit de lexhalation artérielle , se mêle aux mucosités que versent les cryptes glanduleux dont la membrane interne de Festomac est garnie ; ce mélange le rend visqueux et filant comme la salive, avec laquelle les sucs gastriques ont , dans Thomme , la plus grande analogie. Il est extrêmement difficile de l'obtenir pur, pour le soumettre à l'analyse ; et lors même qu'on priveroit l'estomac, par une longue diète, du résidu alimentaire , qui altéreroit la pureté de cette humeur, on ne pourroit empêcher qu'il ne s'y mêlât une certaine quantité de bile liquide , qui reflue toujours par l'ouverture du pylore , jaunit la surface interne de l'estomac , au voisinage de cet orifice , et donne une certaine amertume aux sucs gastriques. On ne peut regarder le passage de la bile , du duodénum dans le ventricule, comme un phénomène morbifique; il s'effectue durant la santé la plus parfaite : ce qui a fait croire , avec raison ^ que cette petite quantité du liquide biliaire étoit. un stimulus utile pour la poche stomacale. Cette idée acquiert une nouvelle force par l'observation
de Yësale , qui raconte avoir vu le conduit cholédoque s'ouvrir dan^ lestomaC', sur le cadavre d'un forçat remarquable par son extrême voracité. Elle est encore confirmée par l'exemple des oiseaux de proie, du brochet, etc. qui digèrent très- facilement et très- vite , parce que l'insertion du canal cholédoque dans le duodénum , étant très -voisine du pylore y la bile remonte aisément dans leur esto* mac , et s'y trouve toujours abondante.*
Pour se procurer une certaine quantité de ce suc gastrique , il faut ou bien ouvrir un animal vivant qui endure la faim , ou bien faire avaler de petites éponges , enfilées d'un long fil, à un oiseau de proie nocturne , tel qu'une chouette. Quand l'éponge a séjourné quelques instans , on la retire imbibée de sucs gastriques , dont sa présence a favoci^ la sécrétion. .
Le suc gastrique n'est ni acide ni alkalin dans l'état naturel ; il ne rougit ni ne verdit les couleurs bleues végétales. Sa propriété la plus remarquable est l'activité singulière de sa force dissolvante ; les os les plus durs ne résistent point à son action; il agit comme un véritable menstrue sur ceux dont se nourrit le chien ostéophage ; s'unit à tout ce qu'ils contiennent d'organisé et de gélatineux , les réduit à un résidu calcaire^ matière de ces concrétions excrémentitielles, auxquelles les anciens chimistes don noient le nom si ridicule d^ album grcer. cum. L^énergie dissolvante du suc gastrique est en rsiii^on inverse de U force musculaire des ptarois d»
igo DE LA DIGBSTtON.
l'estomac ; et les animaux che2 lesquels les parois de ce viscère soàt très-minces et presque entièrement membranetUses , sont ceuit chez lesquels il a le plus de force et d'activité. Dan$ la classe nombreuse des zoophytès , il suffit seul k la décomposition des alimens, toujours plus prompte quand elle est favorisée par la chaleur de l'atmosphère, comme du Trembley l'a vu sur les polypes qui , selon cet observateur , dissolvent , pendant Tété , en douze heures, ce qti'ils mettent tt*ois jours à digérer durant des temps plus froids. Dans les actinies , àatns les holothuries , ces sucs détruisent jusqu'aux coquilles de moules , qu'elles avalent. Qui ne connoît l'impression particulière queproduisent les buitres sur l'organe du goût , et la propriété dont elles jouissent 4'aiguiser l'apprit ? Cette sensation dépend bien moins de Teau salée que renferme la coquille , que du soc gastrique qui effrite , si je puis parler ainèi , la surface^ la langue , ramollit son tissu et avive: sa sensibîli'lé. Cet aliment muqueux, porté datts-l'e^otnac, favorise la digestion des alimené quittai succèdent; car il ne ûourrit guère par lui-même, et c'est bieliâioins un alimeut qu'un assaisonnement.
Le suc gastriqt/e pénètre non-seulement les alitrrens reçus dans l'estomac et les dissout; il s'y incorpore, s'y unit encore, se combine intimement avec eux, en altère profondément la nature, et en change la composition.
Les sucs gastriques agissent à leur manière sur
les alimens' soumis à leur action; et bien loin d*y introduire un germe de putréfaction , ils arrêtent et corrigent , au contraire , la dégénérescence putride. Cette propriété anti-septique des sucs gastriques , a engagé à en arroser la surface de certains ulcères , afin de hâter leur guérlson ; et les expériences tentées à Genève et en Italie, ont eu, dit-on , ut^ plein succès. J'en ai fait d'analogues avec la salive, que tout porte à regarder comnie très • semUable aux sucs gastriques ; et j'ai vu des ulcères anciens et sordides , prendre un meilleur aspect, les cbairs s'aviver par Pimpression de cette liqueur irritante , et la maladie marcher vers line prompte guérison. Je traitois un ulcère rebelle, placé sur la malléole interne de la jambe gauche tl'un adulte. L'ulcère saupoudré de kina , couvert de plumaceaux imbibés des liqueurs les plus déterslvesy faisoit des progrès très-lents vers un' état meilleur, lorsque je m'avisai de l'arroser chaque matin avec ma salive, dont son aspect hideux fa-* Yorisoitla sécrétion. Depuis lors, le malade éprouva un mieux sensible, et son ulcèrç , perdant chaque jour de son étendue primitive , parvint bientôt 4 une entière cicatrisation* ■ .
Quelque grande que soit la puissance du suc gastrique pour fondre les substances alimentaires, il ne tourne point contre les parois de restomaç cette activité (iévorante. Douées de la vie, ces.pa^ rois résistent puissamment à la dissolution. Les vers lombrics, si tendres et si délicats, peuvent,
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par la aiême raison, y séjourner sans en ressentir la moindre atteinte ; et cette force de résistance vitale est telle y que le polype vomit ses bras intacts f lorsqu'il lui arrive de les avaler .avec d*autres^alimens (i) ; mais lorsque la vie a abandonné Testomac avec les autres organes, ses parois cèdent à la force dissolvante des sucs qu'il peut contenir, elles se ramollissent , se détruisent même en partie, s'il faut en croire Hunter, qui, sur un bomme mort du dernier supplice , et qui , pour une somme d'ar« gent, avoit observé une abstinence sévère, trouva la membrane interne détruitedans plusieurs points. Les sucs gastriques peuvent donc agir, même après la mort , et dissoudre les alimens introduits dans l'estomac d'unanimal auquel on pratique la gastroraphie , pourvu que cet animal conserve en« core un peu de chaleur vitale ; ils agissent sur des substances animales et végétales triturées et mises dans un tube ou dans une cassolette , sous laquelle Spallanzani entretenoit une douôe chaleur dans ses expériences sur les digestions artificielles. N'assimilons cependant point complètement cette dissolution des alimens par les sucs retirés de l'estomac , à ce qui se passe dans la digestion stomacale. Tout
Il ■ ■ ■ ■ Il ^m ■ ■ I ■ ■ Il I ■ ■ I ■ Il II
(i) On avoit pensé qu'aucun animal ne pouYoit vivre de sa propre chair, et Ton exj^liquoit ainsi ce phénomène; mais il suffit de citer Texemple des peuples antropophages et des espèces carnassières, dont les individus se dévorent eux-mêmes, aa défaut d'autre proie , pour voir que ce n'en est point la véritable explication.
Bfi LA dtgeItiok. igS
tious prouve qu'il ne doit point être considéré comme un vase chimique, dans ïeqtiel s'opère un mélange, d'où résultent de nouveUes combinaison^. JLa ligature des nerfs de k huitième paire, l'usagé des narcotiques et de l'opium , une méditation profonde , toute affection vive de l'ame ^ troublent ou suspendent même entièrement la digestion stomacale , quitte peut se passer de l'influence nerveuse. ' Mais peut-être cette influence ne concourt pas directement et par elle-même k la digestionsiomacale; est-elle seulement relative à la sécrétion des sucs gastriques, que lalig.^ture'des nerfs, l'action des stupéfians , ou d'autres causes! , peuvent ralentir, dénaturer, ou même arrêter tout-à-fait?
L'on s'accorde assez généralement aujourd'hui pour regarder la digestion stomacale confime une dissolution des àlimess par le' suc gastrique. Ce liquide éminemment dissolvant, pénètre de toutes parts la masse alimientàire^ en écarte^ en divise les molécules, se combine avec elle, changé sa composition intime, et lui imprime des qualités *bien différentes de celles qu'elle srvoit avant ce mélange. Si l'on rend V en effet, une gorgée de vin ou d*alimens,quelqUesminu'tes après Tavoir prise, l'odeur^ la saveur; toutes les qualités physiques et cihimi^ ques de ces substances sont tellement altérées, qu'on les reconnoit à peine , les liqueurs vineuses, plus ou; moins aigries , ne sont plus susceptibles de la fermentation spiritueuse. L'énergie de la force dissolvante du suc gastrique, peut-être exagérée u i3
agê BS hft DIOESTION.
par quelques physiologistes, suffit pour lUasoudre et réduire en bouillie les os les plus durs, dont certains animaux se nourrissent. Il esl trèfti^ohable que ^ composition chimique est variable et différente; qu^aitisi il est acide, alkalin ou savonneux, suivant la nature des alîmens. <2^^î<I^^ le suc gastrique soit Fagent le plus paissant de la digestion stomacale, sa force dissolvante a besoia d'être aidée par Faction de plusieurs causes secon^ daires , comme la chaleur^ qui semble augmenter et se concentrer en quelque sorte dans 4a régioH de l'épigastre, tant que dure le travail stemaefaixjue ; une sorte de fermautation intestine, <pii ne doit pas être rfgoureu^ment compati au. «loayement pai: lequel se 4écoiaposeùt les. substances fermentescjibles et putr:éfiablès; ractî^mi dout» et përistaltique des fibre^;»iiisoulaires de l'estomac , qui pressent en tous seins la matière alimecytaâre , et exercent une l^ère trituration,, tandis que les humidités gasftriques ranioUtssent , macèk^est fes alimens avant de les dâssoudre. L'on pourrotl donc dire que le procédé de U digestion est à la fois chimique, mécanique et vit^l; ak>rs les aa4)eiirs des théories proposées , pour en expliquer le mé* canisme, ne se sont trompés qu'en attribuait t. ii une cause ^unique, commela chaleur, laferinenla* tion, la putréfaction, la trituration, la macération , les sucs gastriques , cç qui est le résultat :da concours de toutes t^es caasies réunies*
Les alimens fout d«flus l'estomac oà séjau/n plus
OU moins long, suivant que, par leur nature, ib' se prêtent phis ou moins facilement aux mutations qu*ils doivent subir. Gosse, de Genève, a expérimenté sur lui-même que la fibre animale et végétale, Talbumine concrète, les parties blanches et tendineuses, les p&tes pétries avec des alimens gras et butyreux , les substances non fermentées ou peu fbrmentescibles, restent plus long- temps* dans l'estomac , résistent davantage aux sucs gastriques que les parties gélatineuses des végétaux et des animaux, le pain fermenté, etc. que ces dernières substances n'exigeoient qu'une heure pour leur dissoliilion complète, tandis que celle àes premières étoit à peine achevée au bout de plusieurs heures.
XXI. L'observation suivante jette, ce me semble, quelques lumières sur te mécanisme et Timportance de la digestion stomacale , elle a pour sujet, une femme que j*ai pu souvent examiuet^ à Thôpital de la Charité de Paris, dans les salles 4e clinique du professeur Corvîsart,où elle est morte le 9 nivôse an x , après six mois de séjour.
Une ouverture fistuleuse ovaîaire, longue de dix -huit lignes, et large de plus d'un pouce,' située au bas de la poitrine, à la partie supérieure et gauche de la région épigastrique, permettoit dé voir l'intérieur de l'estomac, qui, vide d'alimens, paroissoit d'un rouge vermeil, enduit de mucosi* tés, hérissé de rides ou de replis élevés de cinq & six lignes, et de distinguer les ondulations verini-
culaires qui agitoient ces replis et toutes les par-* lies de Torgane accessibles à la vue. La malade , âgée alors de quarante-sept ans, portoit cette fis-* tule depuis sa trente-huitième année. Dix-huit ans auparavant, elle étoit tombée sur le seuil d'une porte, le coup avoit porté sur Tépigastre; Tendroit frappé resta douloureux , et la malade dèslors ne put* se tenir et marcher que courbée en avant et sur le côté gauche; à la fin de ce long intervalle, ime tumeur phlegmoneuse , oblongue^ se manifesta sur le point lésé : au milieu des nau* sées et des vomissemens qui survinrent, cette tumeur s'abcéda , et par la plaie i|ui résulta de sa rupture, s'échappèrent deux pintes d'un liquide que la malade venoit de boire pour se procurer quelque soulagement. Depuis lors, la fistule, qui d'abord eût à peine admis le bout du petit doigt, s'élargit chaque jour; elle donuoit seulement issue aux boissons : mais, au huitième mois, les aliçieiis eux-mêmes commencèrent à passer, et continuèrent ainsi jusqu'à la qior^. A son entrée dans Thospice, elle mangeoit autant que trois femmes du même âge, rendoit par jour une pinte d'urine, et n'alloit à la selle qu'une seule fois tous les trois jours. Les matières fécales étoient jaunâtres, sèches, arrondies, et pesoient plus d'une livre. Le pouls étoit à la fois foible et d'une lenteur extrême, puisqu'on ne coraptoit guère plus de quarantecinq à quarante-six pulsations par minute : trois ou quatre heures après le repas, un besoin irré-
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Âîstible la forçoit d'enleVèr la cliarpie 0t les corn* presses dont elle «ouvrôit sa fistule^ et de donner issue aux aUmens que l^estomao pouvoit contenir.* Ils sortoient promptement , et Ton voyoit en même temps des gaz s'échapper avec bruit et en plus ou moins grande quantité. Les atim«ns ren* dus de cette manière, exhaloient une odeur fade, n'avoient rien d'acide ni d'alkalin; car la pâte chymeuse et grisâtre en laquelle ils éloîent réduits^ étendue d'une certaine quantité d'eau distillée « n^Ltéroit point les couleurs bleues végétales : il s'en £aiUoit de beaudoup que la digestion des substances alimentaires fût toujours complète; quel* quèfois cependant on n'y reconnoissoit pas l'odeur du vin , let la totalité du pain formoit une matière visqueuse , molle , épaisse , assee semblable à de la fibrine' nouvellement précipitée de l'acide acéteuz, et nageoit dans tin liquide filant, de la cou^ leur du bouillon ordinaire.
If résulte des expériences faites à l'Ecole de Médecine sur ces alimens à demi-digérés , et sur les mêmes alim^sna avant leur entrée dans l'esto^ mac, que les changemens qu'ils y éprouvent durant leur séjour, se réduisent ,à l'augmentation de la gélatine , à la formation d'une matière qui a l'apparence de la fibrine , sans en ayoir toutes: les propriétés , et à une proportion pUiSi considérable de muriate et de phosphate de soude, ainsi que de phosphate de chaux.
Ce n'est qu'après avoir vidé son estomac , qu'elle
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lavoit ensuite en y faisant p9$ser une pinte .<Fia« fusion dé camomille, que la ipatade pou voit se livrer au sommeil» Le matîn^ on voyoit dans Tes* tomac vide une petite quantité de liquide filant et mousseux, analogue à la salive; il ne rougitisoit ni ne verdissoit les couleurs bleues végétales , u'étoit point homogène > mais présentoit de^ par* lies plus consistantes mêlées à la partie liquide » et même des flocons albumin'eux entièrement opaques. Les expériences faites sur ce liquide t qu'on peut Regarder comme du sue gasirique , l'ont montré fort analogue à la salive, qui cepen* dant est un peu plus putréfîable que lui. .
Le mouvement vermiculaire, au moyen duqu^^l Festomac se débarrassoit des tdatières coatienues dans sa cavité, sefaisoit dàn^ deux directions non point opposées, mais d if féi entes , et telles que lune pousstiit lés alrmens vers Touverture fistu-*leuse, tandis que Tautre les d:iassoit du côté dû pylore, qui livroit passage à la pins petite quantité.
A louverture du cadavre, on trouva que là fistule s'étehdoit du cartilage de la septième côte gauche, jusqu'à la hauteur de l'extrémité osseuse de la sixième ; ses bords étoient arrondis , épais de trois à quatre lignes , la peau les recouvrott d'une pellieule rouge et humide, semblable à celle des lèvres. La membrane pérrtonéale de l'estomac avoit coiitracté une adhérence si intinle avec le péritoine qui tapissoit la paroi antérieure dé l'abdomen autour de l'ouverture , qu'on n'apercevoit