‹ Nouveaux élémens de physiologie (volume 2)Chapitre 14 sur 23 · LXXII. Le professeur Sabatier, dans un mé · texte numérisé non relu

LXXII. Le professeur Sabatier, dans un mé

1>E I^A RESPIRATION. S6x'

moire sur lès iqouvemens des côtes et sur T^ctioa des muscles interoostaux , prétend que , pendant rinspiration , les côtes supérieures montent seules , que.les y;)férîeures descendent et. rentrent légèrement en dedans , tandis que les moyennes se portent eu dehors , et que dans le mouvement qui lui succède, les premières descendent, les secondes remontent , se portent un peu en dehors , et les dernières rentrent *en dedans. Ce savant ajoute que la disposition des facettes cartilagineuses , au moyen desquelles les côtes s'articulent avec les apophyses transverses des vertèbres , lui paroit propre à favoriser ces divers mouvemens , puisque les supérieures regardent en I^aut , les moyennes en devant et les supérieures en bas : mais , si l'on y fait bien attention , les facettes par lesquelles les apophyses transverses des vertèbres dorsales s'arti^ culent avecles tubérosités des côtes, sont tournées directement en avant dans le plus grand nombre; quelques-unes des plus inférieures «ont en même temps un peu dirigées en haut. Si Ion examine, sur une personne qui ait très-peu d'embonpoint , sur certains phthisiques, dont la peau est comme collée aux os •qu'elle recouvre, le jeu des pièces osseuses de la poitrine; pendant Tinspiration; on voit que toutes les côtes s'élèvent et se portent légèrement en dehors* On conçoit avec 'peine comment les intercostaux , que le professeur Sabatier regarde comme des puissances expiratrices, éleveroient les côtes supérieures et abaisseroient

SSfi DE LA RESPTtfATlON.

les inférieures. Le diaphragme, c(ont la circonfc'— rence s'attache à ces dernièçes , produiroit^îet effet en se contractant ; mais comme les muscles intercostaux prennent toujours le point fix%de leur action dans les côtes supérieures, ils contrebalan* cent , neutralisent cet effort , et toutes les c6tes sont élevées à la fois. S'il en étoit autrement, les côtes devroient être abaissées, lorsque les intercostaux se contractent, puisque les plusinférieures, fixées par le diaphragme , deviendroient le point fixe sur lequel les autres devroient se mouvoir.

Comme les muscles intercostaux extejpnes et internes ont des fibres directement opposées , puisque celles 4es premiers , obliques de haut en bas et d'arrière en avant , croisent en sautoir celles des seconds, obliques en Sens contraire ; plusieurs physiologistes ont pensé que ces nruscles formoient deux plans antagonistes, que les intercostaux in« ternes dévoient rapprocher les côtes écartées pat les externes; qu'ainsi les uns étoient expirateurs , tandis que les autres se contractoient durant Tins* piration.

On sait avec quelle opiniâtreté Hamberger, physiologiste d'ailleurs très*reeommandable , défendit cette erreur dans ses démêlés avec Haller ; mais il est aujourd'hui bien avéré que tous les intercostaux concourent à la dilatation de la poitrine , et qu'ils doivent être rangés parmi les puissances inspiratrices, parce que l'inégale mobilité des côtes empêche que les intercostaux internes, dont l'attache

se fait infërieurément plus près de rartîculation de ces os avec les vertèbres , puissent abaisser les cotes supérieures. Des expériences les plus décisives que Haller ait entreprises pour réfuter Topinion de son adversaire, je ne rappellerai que celle qui consiste à dépouiller les parois du tborax, sur un animal vivant, de tous les muscles qui les recouvrent, et à enlever les niuscles intercostaux externes dans quelques intervalles. On voit alors les internes se contracter pendant l'inspiration, en même temps qne ce qui reste d'intercostaux externes. Ces muscles' sont donc congénères et non antagonistes. On s'assure, par la même expérience, de l'agrandissement des espaces intercostaux ; le doigt placé entre deux côtes se trouve plus à Taise , lorsque , dans l'inspiration, ces os s*élèvent en poussant en avant le sternum.

Cette question une fois résolue, quoique, dans les sciences , on doive s'enquérir comment le^ choses se font, et non i^oint pourquoi elles arrivent, on est naturellement porté à se demander quelle est l'utilité de la direction différente des fibres qui forment les deux plans musculaires intercostaux; pour quelle raison Ja nature s'est-elle écartée des loix ordinaires de sa simplicité, en leur assignant une direction opposée ? A ceci , on peut répondre que l'action des puissances qui agissent obliquement sur un levier, se trouvant décomposée par Teffet de l'obliquité , une partie de l'action des muscles intercostaux exténues tendroit à

retirer les côtes contre la colonne vertébrale , ce qui ne pôurroit se faire sans que le sternum ne fut déprimé en arrière y si les muscles intercostaux internes ne tendoient à ramener les côtes en avanl, à mesure qu'ils les élèvent ; de manière que ces deux plans de muscles, congénères pour Félëvation*des côtes > sont antagonistes, et se neutrali- ^Sent réciproquement dans l'effort par lequel ils tendent à les entraîner dans d'autres directions.

Joignez à cet avantage de corriger réciproquement les effets qui doivent résulter de leur mu tueUe obliquité,' celui d'une texture susceptible d'une résistance plus grande; on voit, au premier coupd'œil, qu'un tissu dont les fils sont croisés est pjus solide que celui dans lequel tous les brins seulement juxta- posés ou réunis par une autre substance , auroient tous la même direction ; aussi la nature a-t-elle observé cet arrangement dans la disposition des plans musculaires qui entrent dans la structure des parois antérieure et latérales du bas -ventre , disposition sans laquelle les viscères abdominaux eussent fréquemment fait hernie, en s'engageant dans Tintervalie des fibres qu'ils auroient écartées. On peut comparer, sous ce point de vue , le tissu des parois abdominales , où les fibres des obliques internes et externes, qui se croisent en sautoir, sont croisées elles-mêmes par celles des Irnnsverses, à celui des étoffes croisées, ou mieux, au lissu de ces corbeilles, aiftcquelles les vanniers donnent beaucoup de force en entrelaçant les brius

d'osier dans plusieurs sens et dans des directions infiniment variées.

LXXIII. Lorsqu'une cause quelconque rend la respiration difficile, empêche le diaphragme de s'abaisser du côté de Tabdomen , ou gène de toute autre manière le mouvement inspiratoire, nonseulement les muscles intercostaux agissent mani*iestement pour opérer la dilatation de la poitrine* mais encore plusieurs autres muscles auxiliaires, tels que les scalènes , les sous-claviers, les pectoraux , les grands dentelés et les très-larges du dos, en se contractant, élèvent les côtes, et agrandissent , dans plus d'un sens , le diamètre de la poitrine : le point fixe de ces muscles devient alors leur point mobile , parce que la colonne cervicale , la clavicule , l'omoplate , l'humérus , sont fixés par l'action d'autres puissances , dont il est inutile d'entreprendre l'énumération. Celui qui observe un accès d'asthme convulsif , ou quelques quintes d'une toux suffocative , peut facilement apprécier l'importance et l'action de ces muscles auxiliaires.

L'inspiration est un état vraiment actif, un eflbrt dès organes contractiles , qui doit cesser lorsque ceux*ci tombent dans le relâchement. L'expiration qui lui succède^ est un mouvement passif, auquel peu de muscles coopèrent , et qui dépend surtout de la réaction des pièces élastiques qui entrent dans la structure des parois de la poitrine. Nouais a vous vu que les cartilages des côtes éprouvent

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fospeodoes dans lapoiirîne, aux bronches et à la trachée- artère y et partout contîgaës aux parois de la csLriiéy excepté vers leur racine, endroit par lequel y pénètren^t les ner& et les vaisseaux de toute espèce.

L'artère pulmonaire s'élère.de la base do ven-tricule droit et se divise en deux artères , une pour chacun des deux poumons. Arrivées dans la substance de ces viscères, elles se partagent en autant de branches que les poumons ont de lobes principaux. De ces branches naissent des rameaux qui, se divisant à leur tour, produisent des ra-» mifications , celles - ci se subdivisent jusqu'à ce que, devenues capillaires, elles se terminent en se continuant avec les radicules des veines pulmo* naires.

Ces vaisseaux, nés des exti^mités de Tartère , se rénnîssent et forment des troncs qui ^ successiveteent grossis, sortent des poomtHis et s ouvrent au nombre de quatre , dans roreitlette gauche. Outre ces gros vaisseaux , par le moyen desquels les cavités droites du cctur communiquent avec vses cavités gauches, les poumons reçoivent de laorte, deux ou trois rameaug^ artériels, cotinus sous le nom d'artères broncbialçs : celles-ci se répandent dans leur tissu , en suivant la distribution des autres vaisseaux, et se terminent en pro-

fci m

volnniineul que le poumon gaodte ; <{û'll est dr?isé en trois lobes principaux , tandis que cdnî-tt n*cn présente que deux.

DE liA RB/5;PJIlA,TiaN. S69

duisant le$ veines broncbialesl ^ ,qui vont slouvrir dans la veine-cave supérieure.,: non loiù de Tendroit où elle s'abouche, jayecrl^orêmottë 4poitei Ces vaisseaux bro9<?hiques âulfiseiiit«À k Ànlrition de Torgané pulmonaire , dQfàt . Ist^wassevréellé* est bien inférieure au volume »ppài1eiil;^ :comme onipeiit s en convaincre, en Texapinant après :eâ. avoir retiré l'air par le moyen d'une >poinpe «aspirante adaptée a la lrachée-actèrë*( ^ ,! ..: r.:i.t..

Le plus;grand nombr^e .des ^physiologistes re^ garde les artères ibroncbisdses comme les! vaisseaux nourriciers des poumons*. Seloo. eaux , le san^ qui coule , da»>s . les branches « de .l'^Lère ; pulmonaire y. semblable au sang • veineux! , est .ÂmpirépBe it la nutrition .die: ces: oijganes « et il devcpoitnécâsaaire qu'ils reçussent des artère^ «v^ianl; d& l'aorte nn sang analogue à celui qui t^oïkile^dahs* toutes les partiesv En admettant;^ qtif^ile^sanç veineux rap-. porté: de tçut^ les pat^ties dtt:COfps, et disCTibuë dans le pouttion par. son artère iprieteipale , ne puiss0 servir: à l'entretenir dansi son; économie naturelle ,;fif^ sang est propre k oet;ujaage;/q«aod,' deventi chaud, éoumeux et rutilant par l'absorption de rQx;^^ii,e atmosphérique , il riCtourne par, les veines ipulmonaires<dansi le& cavités, gauches du cœur. . ? ; : :

Quetques-uns ont pensé: que le sang qui côulo dans les vaisseaux bronchiques ,. exposera ractioi^ de l'air ^ co9ime la portion.de ce fluide qui: traverse le systèirie pulmonaire., ne perdoit rien de ï. ' 2^

370 DK LA RESPIRATtON.

ses qualités ariërieltea^ et que, versé par les veines bronchialêo doins lavttine-cstve supérieure ou descendahte; il étdttuto' stimulus nécessaire pour les cavités «àroltitsidki ^bsur dont un sang entièreniedtnoip et v««n€(if« nVât porint réteîtié la contraotilité. Mais quand' bien tnéme le^eitpéHences de Godwin n'âlu^dieni^p^s prouvé que les parois de<^s cavités ont tm^ sensibilité relative au sang noir, en vertu de laquelle ce stinmlUs suffit pour détermîiier leurs contractions , Tadtion du cœur ne dépend pornt «ivssi étroitement qu^on Pa dit, de Fimpression. du sanjg; 6ur M Mbétan^e^, puisqu'il se contracte à'>vide^ et prolonge âeis contractions pour se^ddbaréasscr du sang noir qui le remplit, quand nn fait. {lérip ùri animal |»ar a'èp&y«ie.

Boërbaavé , ten établissant une espèce dé péripneundonfe dé{>endante de rôbstruclion deÈ vais- 8eanx'bronoki(|ueSy tiandis qu'une au^i^ consiste, suivant le même auteur, dans robst^nction des vaisseaux pulmonaires, ne jifstifie-t-il paS; jusqu'à nn certain point , le reproche, exagéré sans doute, qu'ont fait.quelqties aut^i<t k rariàtofmie , d'avoir plutôt ralemi qa^ (Wv6ri«é les progrès de là médecine hippocratiqUe ? L'irnalysè anàlomique des poumoQS) ou IsÈ di^tifiêtion des %is8iuâ qui entrent dans leur composition , fournit de plus justes idées sur la différence des inflamthâtions dont ils peuvent être atteints. L'on a vu que de ces phlegmasies pulmonaires, la plus fréquente et la moins grave )id catarrhe^ consistoii dans l'inflammatioD

DE LA RESPIRATION. Sjl

de la membrane muqueuse qui tapisse les vofies aériennes, tandis que la ve'ritable péripneumonie avojt son siège dans le parenchyme dé l'organe , qu'elle convertit en une masse dure et compacte. C'est cet ëtat que les anatomistes ont depuis long* temps désigne par le terme d'hépatisation , parce qu'en effet la substance du poumon a contracté )a dureté, la pesanteur , offre même un peu Tas* pect du foie. Les mêmes recherehes *anatomiques ont fait voir que la pleurésie consistoit dans Tin-^ flammation de la plèvre et de la superficie du poumon , inflammation qui tantôt ne laisse aucune trace, mais qui, plus souvent, odtfrey àl-ouverture des cadavjreSy.la plèvre épaiasie et .opaque, couverte d*ttne couenne aibuimneu^e , blanchâtre , plus ou moîna épaisse, ou bien adhérente au poumon*(i).

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(i) Ces.adhérç^çeadfi p0uiQoi».à la plétfç costale , lont si communes , que le^ aricîens anatoipistes le^ re^airdoient comme une disposition naturelle , et les appeloient ligtf mens du poumon* On a cru jusqu'Ici que ces adHérences dépendoient de l'orga* nisation d'tine substance qui! transsude des deuit surfaces. De noiAbrettites diss^éliotis m'ont convaineu qtte, dans tous les points oè eMes* sont établie» , la plèvre a dîspanv , qu-ellf s'est: déccnlip^sée 4 et qtte^ soit À la surface du poumon , soit à Tin-^ térieur des e6tes eC de leurs ikMisdés , elle s'est épanouie par le fait de l'ii^lammalion , qu'elle est devenue eelluléuse par la raréfaction de son tissu et Téùartement de ses lames» La plèvre ainsi réduite en tissu cellulaire , Fadhérence se fait par première intention , de la même manière que dans les plaies simples réu* nies immédiatement. U n*est pas d'organes qui , plus que les

Syâ DE liA- RESPIRATION.

Il naît de la surface et de la substance intérieure des poumons, un nombre prodigieux de vaisseaux absorbanSy qui peuvent être distingués en superficiels et en profonds. Ces derniers accompagnent les tuyaux bronchiques, et traversent des corps glanduleux , placés aux endroits où ces conduits aériens se divisent, mais surtout rassemblés vers la racine des poumons', et dans l'angle qui résulte de la bifurcation de la trachée-artère. Ces glandes bronchiales, qui appartiennent au système des vaisseaux lymphatiques, ne diffèrent point des glandes de cette espèce, et ne sont remarquables que par leur nombre, leur grosseur^ et la couleur noirâtre qui forme leur teinte habituelle. Les vaisseaux lymphatiques des poumons ^ après s'être ramifiés dans ces glandes, s'ouvrent dans la partie supérieure du canal thoraqhique, à quelques pouces seulement de l'endroit où il se termine daiil la veine sous-ciavière. Enfin, les poumons, quoique ne jouissant que d'une médiocre sensibilité, ont * , • ' ' Il

poumons , fournissent des faits împortaus à Tanatomie pathologique; les variétés qu'ils offrent , à Touyerture des cadavres» sont presque innombrables , et poui; en donner un exemple « la plèvre se présente sous cinq états bien distincts a la suite de la pleurésie : i^. sous Tétat naturel , lorsque la maladie étant commençante et légère , la résolution s*est opérée au moment de la mort ; 2^. lorsqu'elle est rouge , épaissie et opaque ; 3®. lorsqu'elle est couverte d'une couenne albumineuse ; 4^« lorsqu'elle est adhérente ; 5**. lorsque , par suite de l'inflammation chrooiq^ue 9 un hydico- thorax s^est formé p etc. etc.

Dd assez graùd nombre de nerfs fournis par le grand sympathique, et surtout par la huitième paire.

On a long-temps cru , d'après Willis, que ie tissu aérien des poumons étoit vësiculaire ; que chaque ramification des bronches se terminoit dans leur substance, en formant une petite ampoule : aujour*d'hui y la plupart des anafomistes adoptent l'opinion d'HcJivétius. Suivant ce dernier, chaque tuyau bronchique se termine dans un petit lobe, sorte d'épongé aérienne, formée d'un certain nombre de cellules qui communiquent toutes ensemble. La réunion de ces lobules par le tissu cellulaire-, forme des lobes plus gros; ceux-ci , parleur assemblage, constituent la masse pulmonaire. *

Le tissu qui unit ensemble les^ lobules et les lobes , est bien différent de celui auquel viennent aboutir les ramifications des bronches : l'air n'y pénètre jamais , hors les casT de rupture du tiss^ aérien. Dans ces occasions, qui ne sont point trèsrares , à raison de l'extrême ténuité des lames qui

forment les parois des cellules de ce dernier tissu, le pounion perd sa forme en devenant emphysémateux. Haller estime à un millième de pouce environ, l'épaisseur des parois des cellules aériennes-; et comme les dernières ramifications des vaisseaux

^ pulmonaires sont répandues dans ces parois , le sang se trouve en contact presque im.médiat avec l'air. Nul doute qu'alors Toxigène de l'atmosphère ne puisse agir sur le liquide, puisqu'il Taltère et

le colorç d'un, rouge vif et éclatant , lorsqu^on'en remplit une vessie de cochon , qu'on tient ensuite quelque temps plongée sous une cloche remjrfie de ce gaz.

LXXVI. Chsujpie fois que la poitrine se dilate , dans un homme adulte, il entre dans les poumons de 3o à 4o pouces cubes d'air atmosphérique (i), composé, lorsqu'il est dans son état de pureté, de

^Mi

(l) Quelques physiologistes pensent que le volume d*air inspiré est bien mdins considérable, ht professeur Grégory, d'Edimbourg , mseigne , dans «es leçons publiques , qu'il en entre deux pouoes à peine à eliaque inspiration* -On peat ce« pendant s'assurer que cette évaluatioi) est inexacte , soit en faisant faire 9 comme lepratiquoît Mayow, une forte inspiration aux dépends d'une certaine quantité d'air contenu dans une vessie , soit en faisaiit rejeter l'air attiré dans les poumons par une forte inspiration , sous une cloche de l'appareil pnetunatochimique. On peut encore souffler le poumon d'un cadavre , « la trachée-artère duquel dh adajpte un robinet à soiq)ape ; pois , au moyen d'un tube recourbé , faire passer l'air 4Kms la cloclie du même appareil.

On a employé divers autres moyens pour estimer la capj^ cité pulmonaire. Boërhaave faisoît plonger un homme dans une cuve dont l'eau montoit jusqu'au • dessus des épaules ^ et« commandant une forte ixÀpiràtioh , â ikiesliroit la haiiietir 'À laquelle le /liquide s'élevoit parla^ilMAtibn d« la poitrine. 'K.éï poussoit de l'ea^ daîM }a;poitrine d'un e^d^vr^. Enfin.', pu sa proposé d!injecler les tuyaux bronchiques» et le tissu lobulaire dans lequel ils se terminent , avec le métal fusible , qui n'est autre chose qu*un alliage de huit parties d'étain « cinq de plomb et trois de bismuth « auquel on peut ajouter une partie de iu«?iture..

DE LA RSSPIAATIONt;: SyS

73 parties d'azote, de 217 pacti!e6.d'o9iigèoe> et d'ua ou deux centièmes d'acide carbouî^ue.

Lorsqu'il a séjourné quelques iiistins dans le tissu pulmonaire , il en «st chassé par Tefifort expit ratoire; mais saquautité esi diminuée : il est réduit à 38 pouces. Sa composition n'est plus )a même : ou y retrou^we à la vérité o^yS d'azote; maïs la portion yitale et respiraUe, Toxigène^ a subi une grande dimin^tion ; sa proportion n'est plus que deo,i4« L'acide carbonique forme les treîee autres centièmes , et l'on y tnouTC queiquelbis. une ou deux parties de gaz hydrogène. U est en outre altéré p^ le mâauge d'une vapeur aqueuse qui se oon^ dense dans les temps froisds, «a sortant par les narines et la bouche. £Ue est connue sous le nom d'humeur de la transpiration pulmonaire. .€es ehangemeas , comparés à ceux qu'a qprouvés le «ang daas son passage à travers le poumon ^ indi-^ quent manilestement une action réciproque de ce liquide €t de t'ougène de l'atmosphère. Le sang: ireineuK noir, lent à se coaguler^ et laissant s^arer . beaucoup de sérum quand il «e coagule , chargé d^bydrogèfie et de carbone, et n'ayant que 3o de^ grés de chaleur, a cédé à l'oxîgène deTatmosphère^ son hydrogène et «on carbone , pour former Facide carbonique et la vapeur pulmonaire ; et comme l*oxîgène ne peut ^entrer dans ces combinaisons nouvelles, sansiaisser dtégi^ger une portion du calorique qui le réduit en gaz, le sang s'est emparé de cette chaleur devenue libre ^ avec d'autant plus de

Sj6 DE liA^RBSPIRATlbN.

facilité que , suirant les expériences ingénieuses de Crawfort , à mesure qu'il perd son hydrogène et son carbone, sa -capacité pour le calorique aug« mente dans le rapport de^io : ii • 5.

£n abandonnant son carbone, qui, combiné avec l'oxigène, formé Tacide carbonique rendu par respiration, le sangperdsacouleur noire, presque violette, pour un rouge vermeil et éclatant; sa consistance augmente par la dissipation de son hydrogène et de ses parties ac^euses. En outre , comme il absorbe une certaine quantité d*oxigène, il devient écumeux et léger; sa concrescibilité, sa plasticité, augmentent, et lorsqu'il se coagule, *il laisse séparer moins de sérosité*

Privé d'hydrogène et de carbone , chargé d'oxi* gène et de calorique, dans son passage à travers les poumons, le sang, devenu artériel , se dépouille de ces deux derniers principes à mesure que, s'éloignant du cœur, il se combine et forme des oxides d'hydrogène et de carbone , qui se changeront , par une nouvelle addition d'oxigène, en eau et en acide carbonique , lorsqu'arri vés jivec le sang veineux dans le tissu pulmonaire , ils seront soumis à l'influence de l'air atmosphérique.

Le sang artériel devient veineux , en cédant son oxigène , quand une cause quelconque suspend ou ralentit son cours, comme le prouve l'expérience suivante, de J. Huntér. Il lia la carotide primitive d'un chien, dans deux endroits distans Fun de l'autre d'environ quatre pouces : le sang qui

sortit de la pottion d'artère comprise entre les deux ligatures, lorsqu'on l'ouvrit, quelques heures après les avoir placées, étoit coagulé et noir comme celui des véinçs. Le sang, souvent liquide, qui remplit les poches anévrismales , lorsque la rup-*ture des tuniques intérieures de Tartère est rëeente, en y séjournant, passe à Tétàt veineux. ^Néanmoins, les changemens que le sang éprouve en parcoupaiit le système des artères, ne sont point très -remarquables, à cause de la rapidité avec laquelle il parcourt cet ordre de vaisseaux; il y a moins de différence entre le sang d'une artère voisine du cœur, et celui qui remplit une autre artère qui en est très-éloîgnée , qu'il n'en existe entre le même fluide, pris dans les extrémités veineuses, et dans les gros troncs qui le rapportent à l'oreil* lette droite. Le sang qui coule dans les veinules, ressemble au sang artériel; assez souvent, lorsqu'on pratique une saignée copieuse, la couleur du sang, très-foncée au premier abord, foiblitpar degrés, au point que, vers la fin de l'opération, le sang qui coule, offre les qualités de celui des artères; phénomène qui , comme l'a très-bien vu l'auteur anglais que nous veiions de citer, tient à. ce qu'en désemplissant le système veineux, on rend le passage du fluide des artères dans les veines plus prompt et plus facile. Cette observation réfute pleinement l'assertion de Bellini. Selon cet auteur, le sang, qui sort d'une veine blessée, forme un double courant qui jaillit à travers l'ouverture.

578 DK LA RESPIRATION.

Cette opinioa a, en sa faveur, rautorité de Physio-i logistes infinimeat respectables, tels que Haller et Spallauzàni, qui rappuieut d'expenvenoes faites sur les vaisseaux des animaux à saog £roid , ou sur des veines dépourvues de valvules. Dans une saignée pfat^uée au pli du bras , le sang ne peut venir de la portion du vaisseau qui est au-dessus de la piqûre; les valvules imposent à sa nétrogradation une résistance insurmontable. Aussi distingue-t-on parfaitement le sajog rouge qui vient du bout inférieur, de la petite quantité de sang noir qui coule du bout supérieur, versé dans la veine par celles qui s*y ouvrent dans l'espace compris entre l'inci* sion et la plus prochaine valvule.

En parcourant les parties dans lesquelles se ré* pandent les artères , le sangj réviiviâé dans son pas* sage k travers les poumons , reconstitué , suivant l'expression de M. Fourcroy, pour «tne nouvelle vie , perd donc son oxigène et son calorique. Sa capacité, pour celui-ci, diminue à mesure <pic Toxigène , en se combinant avec Thydrogène et le carbone, le fait repasser à là condition du sang veineux.

.Cette théorie de -la désoxigéoatien du sang ik mesure qu'il parcourut les vaisseaux sanguins, ac*quiert un nouveau degré de probabilité par les découvertes assez récentes sur !la nature du diamant. Ce coips est le seul capbonepur, et la substance à laquelle les chimistes donnoient ce nom , est un oxide de carbone qui doit sa co^ileur noîre à l'oxi-

BB LA RESPlttATIOK. 879

gène avec lequel il est combiné. li étoit difficile , avant ces expériences , de déterminer l'état parti-^ culier du carbone , que le ^ng veineux contient si abondamment.

On n'a point encore rigoureusement détermiilié les quantités respectives de l'oxigène absorbé pair le sang veineux , et du tneme oxigène employé à brûler Thydrogène et le carbone dans les poumons, pour former de l'eati et de Tacide carbonique.

Le carbone est-il , dans le sang veineux , seule-^ ment conibiné avec l'oxigène; ou bien est-il uni à rhydrogène , et forme- t-jl un hydrogène carboné? Il me semble plus probable que Toxigène absorbé, en s'unissant*à Phydrogcne, dans tontes les parties- du corps, {produit l'eau qui tlélaye le sang veineux et le rend plus fluide, plus riche eti sérum que le sang artériel ; tandis qu'en s'alliank au carbone , il forme un oxide qui donne à ce sang ft teinte foncée qui fait un de ses plus remarquables caradtères. Arrivée dans les poumons, quS sont de véritables organes sécrétoires , l'eau s'exhale , dissoute par l'air, et forme la transpiration pulmonaire ; l'oxide de carbone , brûlé plus complètement par une sur-addition d'oicîgène , coh^ titue l'acide carbonique, qui donne à l'air rendu pa^ l'expiration , la faculté de précipiter Teau dé chaux.

Au moyen de l'absorption de l'oxigène par lé sang veineux, on explique comment les phénomènes de la respiration se continuent dans toutes

38o DE LA RESPIRATION.

les parties da corps , et donnent oaissance à. la chaleur, uniformément répandue (jUins tous nos organes. A mesure que le sang abandonne son calorique , pour lequel sa capacité diminue , en même temps qu'il devient veineux , les parties qui perdent leur hydrogène et leur carbone , s'en emparent. Si les poumons étoient les seuls organes dans lesquels la matière de la chaleur pût être dégagée, la température de ces viscères devroit être bien supérieure à celle des autres parties, et l'expérience prouve qu'elle n'est pas sensiblement plus élevée.

Cette théorie de la respiration , entièrement due aux chimistes modernes, n'est contredite par aucun phénomène. Plus les poumons ont d'étendue ou de capacité , plus la respiration est fréquente , plus aussi les animaux ont de chaleur et de vivacité. Les oiseaux, dont l'organe* pulmonaire se prolonge dans l'abdomen , par divers sacs meuttbraneux , et dont les os sont percés de cavités qui communiquent avec les poumons, consomment beaucoup d'oxigène, soit à raison de la grandeur de ce réceptacle pneumatique ; soit parce que leur respiration est fréquente et souvent précipitée. Aussi la température habituelle, de leur corps est-elle de dix degrés supérieure à celle de l'homme et des mammifères. Les reptiles, au contraire, dont le poumon vésiculaire ne reçoit qu'une très -petite quantité de sang, n'offre, à l'air atmosphérique , qu'une surface bornée., et

DE LA REST?IRATIOK. 3-8l

chez lesquels la respiration se fait à des inter« valles plus prolonges, ont une température qui ne s'élève jamais naturellement au-delà de 7 à 8 degrés.

LXXVII. Quoique la chaleur ou la température du corps soit généralement proportionnée à retendue de la respiration , à la quantité de sang soumise, dans un temps donné, à raction de Tair atmosphérique, elle peut être encore plus ou: moins- grande , suivant le degré d'énergie vitale du poumon. Cet organe ne doif point être considéré comme un récipient chimique; il agit sur Tair, le-digère, comme le disoient les anciens, le combine avec le sang par une force qui lui esl propre. S'ilen^étoit autrement, rien n'empêcheroit de ressusciter un cadavre , «en poussant de Foxigène dans le tissu pulmonaire: Les ancien^ avoient exprimé cette actiondii poumon sur Tair que Ton respire , en donnant à celui-ci lé nôwt d*aliment de la vie (i). Sa digestion se faisoity $eIon eux, dans les poumons, comme, dans Tes* tomac , celle des autres alinvens, toujours moins essentiels à la vie , et dont on peut supporter pen* dant un certain temps la privation, tandis (|ue Texistence est menacée, lorsque Taliment aérien cesse d'être fourni au poumon pendant le court espace de quelques minutes.

On peut apporter en preuve de la vitalité d^s

( I ) Pahulum vitof. Yid. Hippocrfttes « Hb. de Fiatibns*

58a DB h\ RES^PIRATIONT.

poumons, et de la part qu'ils prennent aux chan« gemens que le ^ang éprouve quand il les traverse , l'expérience qui apprend qu'un animal mis sous une cloche remplie d*oxigène, et qui respire ce ^az dansaoa état, de pureté, n'en consomme pas davantage que s'il entroit dans la poitrine, mêlé à d'autres ga^ von respirables. Si Ton met un coehon - d'Inde 30MS' une doiobe plaine d'air vital, et ^nt la capacité soit connue, il y yivra quatre fois pliiis long-teittps qite si elle contenoit de l'air attno^phériqu^. On n'aperçoit point d'abord de grafi^ changem^na dans Taote re^ratoire; mais si:ya;i>iu;^alFe^&(è loug-tem^s plongé dans l'oxigène, )a r^S]^iration 4evi^nt plus frécjpeâte, la circula- Xii^ plus rapide ; toute| les aetîoqâ vitales s'exé* cnteut, avec plus, d'énergie. Le poumon sépare , par unis Jorcç. q/uî lui est .propre, les deux gaz atiïio^pbériques; la puissance qu'il emploie ponr opérer ceUe. analyse, est niénne as^^ considérable^ car l'OHigène n'abandonne qUe difficilement l'azote podr se porter. awr le. sang : en effet, ce liquide, exposé à l'air litg^ y noircit , quôîqn'étendu en couches peu épaisses.

• On observe qu'un animal altère d'autant plus vite l'air qui /remplit le récipient sous lequel on le place, qu'il est plus jei^ne^ plus robuste, et que ses poumons ont plus' d'étendue. Ainsi les oiseaux, dont les ponmons tres-vastes altèrent à4a fois une grande quantité d'air, consomment plus prompteinént sa partie respirable. Une gre-

nouille peut rester, au contraire, Irès-long-tempd dans le même air, sans le priver de son oxigène.

Les poumons vésiculaires de ce reptile, comme ceux de toqs les quadrupèdes ovipares, sont bien plus irritables que ceuxdes animaux à sang chaud; ils paroissent se conti^acter à la volonté de Tani-» mal. La grenouille, privée de diaphragme, attire * Tair dans ses jpouitions en avalant oe Ijqutde par une véritable déglutition, pomme Ta. prOutéle professeur Bafn, de Copenhague , qur les faisoit tnotirîir à volonté, eh tenant leurs mâchoires écar^ tées pendant un certain^ temps* Elle le 'rejette en contraolwtsps poumons, par le même mécanisme que, dans l'homme , la vessie se débarrascie ded urines* . ^ ' •

Les ôisesiux dont le diaphragmé est iégdemeiït membraneux et percé de plusieurs ouvevf ures <|Uf tranimettent Tair dans les .appeu^ices pulmo*^ nairefli, ont les parois du thorak :plus rtfdbileis que Fhomniè et les quadrupèdes; Letifs mmoles pec^ toraux qoiitplus développés; leurs cotes» sont brr« sées par une articulation qui se trouve à la^partie moyenne de ces arcs, entièremenii osseuic^dans cette classe d'aniimaux; et ces deilx portions' se meuvfnt Tunie dur l'autre 'en for maint, à l'endroit de leur union>, des angles plUs on moins aigvs, suivaht que- le pternom est plusoumoiiis rappro* cbé de la coloijne vertébrale.

Une classe nombreuse d'ailimauK à s^iïg l^ouge et froid ( les poissons ) manque de poumons/^ 'Les «

384 DE 14 A Rtitspîi ration;

branchies^ qui en tiennent la place, sont de petites lames penniformes y placées, dans la plupart, au nombre de quatre, de chaque côté, à là partie postérieure et latérale de la tête, recouvertes par un couvercle mobile auquel les nfituralistes donnent le. nom d'opercule. L'eau que Tanimal avale^ passe, lorsqu'il le v€(ut, à ^ravèrsi les .parois du ph^ry^nx , percées de .plusieurs fontqsrassezi larges,' arrose les branchies et les vaisseàùx^^pùlmonaires qui s'y. répandent, puis sort par les' ouvertures aufieulâires, lorsque Tantmal ferme la . bouche et élève les, opèrcâtes^ On ignore encore si l'eau , dé* composée,, cèderâoh: oxigèneiau isaag qui coule dabs les branchies 9 ou s'il li'y a.que la |)ettte quantité d'air qui se trouve dissoute dans l'eau, qui pu isae vivifie V lersang- pulmonaire* Cette dernière ctptnion* paroi tra:très**prohable>, si l'on fait atten* ûofiilque Kon' peut asphyxier un. poison, en bouobf»nli)ëixIaâtement ie vaëe irëmpli*d'eau dans lequel il.esf rdnfecm é^^tki 'obtiendrait , jp pefase, le même réfiùbatf eo.ooettamt le bocal .sôus. le; récipient de latm^cbiiie^pneumatfquej» dans lequel on feroit cnaUitîeJe:vidfiie.pIu)9.eojinpie.t< . .; • ...Enrtièreineut àubordonnéenà! l'influence céréhralb.fioua le: tappârti de' ses phénoaiièùess.méca^ pîqyës, là respiration eh est n^oiua dépendante poupce qui .regarde raotiQn.du;.pau«aon ^ur le sang, et les combinaisons réciproques de ce fluide nyQQiroxâgène, objet essentiel de la< fonction. Les « ^tfs <ne ao&t cependant point étraugers à ce phë«

BB LA HV^PIRATIONt 385

nomène « non plus qu'à raccompUs^emeiit des dîr irerse3 a^çrétions dans lesquelles Bordei)Jenr fai* soit jouer un si grand rôle. M. Dupuyiren a experî^ejnte que la section de la l^uitièqae p^ire de nerfs, dans sa portion jcervicale, faite: d'uq seul t^ôté , n'apporte pas un (rouble, sensible dbos la respiration; maifi l'aoinial meurt en .offrant tous les symptômes de J'asphyxie ,' lorsque l'on fxyupele xnênie nerf :dtt côté opposée: Cet effet «^'observe sur lescheyaux , quelques momeiis après Texpëricpce; il arrive lai^ec plus. dp lenteur sur d'autres animaux ,< sur .les';chiens, par exemple» que Ton a. tu survivre plusieurs joufs^ &i^ en interrompant toute oiMnmiinicaUoft du poumon avee le> cerveau, on Jieutcalise le premier de ces organes', il n'opère plus la cpn version du sang veioeat lexi sang artériel. Ce MqmÂde^ Uppprtépar l'artère pulmonaire»: co^le noir .d/ins. les cavités gauchies du oeeur; .les artères portent le sang» qui Q a point reçu de principes vivifians dans son passage; ^u travers des poumons paralysies par la ligarture.de leurs» nerfs, et dëvemis iacapables de remplir leurs iuaages de lia même lAanière qu'un musclé est privé de la;Contractili<té animée ^ par là ligjalure.ou Ia.4eeti01i.de sesinerffs. Où conçoit aisément que tou& les organes , fautâ du stimulus qui détermine leur acUon » laçguisaent d!abord et cessent enfin d'agir. La chaleur animale baisse de quelques degrés , comme s'en est assuré le Docteur Provençal» qui croit également avoir I. a5

586 DE* La AbsPiiiATioH,

constata que' la: 'ligature «des* nerfs des poumons ^ ne détruk»^às', ma-is'affûiblit' la- force 'Yrtale,- en vertu de Iâi<^'ûelle ces oi^aées opèrent la soustraction dè4*oxîgèT]e'et'là l^rodudlion de Tacide carboritquè. Le 'beryéau jouit donc d'une double inflùence-^sUr I acte respiratoire; d'une. part ^ il en dirige les ^phënoméneS' nëca&îques par le moyen diss^nerfs-quilentoyeaïitliapbtragme, ainsi qu'aux mûsctës 'intercostaux;- et d'autre part, c'est des iierfii qui Vie&nent'du' cerveau 9 que Us poumons tieon^fnt'M puissance en vertu de laquelle ils opèf'entia conversion dusang^noir «n sang rouge ^ 'phêtïbmène principal de la respiration.

- X)e6^)Epért ences sur le même sujet , {Postérieures il cefiel ' dont: nous venons de rendre coéapte , Jendent àj'eter^qtitiquésr incertitudes sur leurs réèuUats; «estles ont M. le docteur, le Gallois pour îautéur. H les" a-i'épétées!ptibUqaenient ^t en* notre présence dans le sein'd^- 4a -Société de- i'Ëeole de Médecine iàé Parisi-^Àptès^'avoir opéréia section .d^^ deux; cordons [nevveux des huitièmes paires^ stir «ih<Micboi>-dlnde, et l'avoir asphyxié par-ce'prodééév ii rend à' volonté le mouvement et la Vie* «an petit animal^ en 'ouvrant là ira-» cbée-artèi'e j^àt- une iiicision '£ait£e*snT sa' pattie antérieure.' ' Le <sàng des carotides, qui de rouge étoit devenu noij* au moment de la section des tier&^ reprend aussitôt sa . couleur . rouge , les mouvemens de la respiration se rétablissent , et i animal survit plusieurs heures à rexpérience.

DB LA HfidPIRATION. 3B7

D'où provient cette différence ? La section des huitièmes paires aniènerik • elle Tasphyxie en déterminant la contractioii spasmodique de la glotte, et en rendant plus difficile, ou même en empêchant tout-à-£ait l'introduction del'aîr atmosphérique?

LXXYIII. Chaleur animcde. Le corps humain habituellement chaud de Sa à 34 degrés. ( ther^ momètre dé Réaumur) , conserve la même température souis le climat glacé des régions polaires comme au milieu de latmosphère embrasée de la zone torridev pendant. lés hivers les plus rigoureux et les étés les plus ardens. Bien > plus; les expéi^ienèes de fiiagdén^ etité Fbrdyce y etv Angleterre, les observations ♦de ^Duhamel êtTiUét, en France, j^rouventqtie.le corps. humain peutsuppoi^er jun^ degré de ohsdeni^^i torréfie et cuit les substance&ianimales inaniinées.* Les tneisibrés de

Taeadéipie^ des sciences ont vil deux- filles entrer

dans'xia four où cuisoieutdes fruits* et d«s viandes de boudierte } te thermomètre de Réawàittr qu'elles y portoieati,viinarquoit jùsqtt'Â i5o degrés y elles y restoient. pLu3ie\;irs minintes* sans çn 'ètrcr tncôtilmodées*-: « j : .

TouS' les corps vivans lopt une tem{>ét*aMre qui leur est propre,^ et qui* est indépendante dei^èlleu de Tatmosphère. La sève lie gèle point>e*ncqr^dans les plantes , lorsque le thermomètre n'est qti'à quelques degrés au-dessous de zéro ; la boule du thermomètre étant mise dans un trou fait au tronc

d'uQ arbre, pendant TbiYer, la liqoear monte sensitilemenl. Main Aant trois choses-se présentent à examiner : i®. quelle canse produit y dans les çorp$ vivans cette chaleur propre et indépendante ? a?. Comment ces corps rësistent^ils à Tintroduction d'une quantité plus grande de chaleur, que celle qui leur est naturelle ? pourquoi le calorique , qui tend sans cesâe à Féquilibre , ne pent-il point passer d'une atmosphère brûlante dans le corps qui en est enyeloppé? 3^. Enfin , comment le corps 9 qui résiste à l'influence de la chaleur, lutte-t-il contre l'infitaence i^lement destructive d'un iroid excessif?

LXXIX. Le calorique latent ou combiné dans les corps^ s'en dégage tontes les fois qu'ils passent d'un état à uti autre état , de gazeux deviennent liquide»,, ou de liquides qu'ils étoient, se solidifient. Of les corps 'Tivans nous peéseotent des espèces de laboratoires dans lesquels s'opèrent à chaque instant toutes ces transformations; le sang qui arrose toutes lès parties de Toi^anisalion hu* maine , reçoit continaellefoient de nouvelles sub-* stances , soit que le canal thorac^iqae y Jltne le chyle chargé de matériaux réparateurs, soit que la respiration y mêle un principe aérien , soutiré k l'atmosphc^re, et que même, dans certains cas, Fabsorptifon cutanée y introduise divers élémeus. Toutes ces substances, si difiGérentes, y arrivent avec une certaine quantité de calorique combiné, qui devient libr^ quaod elles éprouvent de nou*

]>B-Z.A. RIIPISATION. 38gt

vtmx f|i>iigtintp» pwr ractioR ovgapique, et échauffe le$ ftirUeii daiii kaqudlff «'opère soa dégsigemtMm 1H tow ces principes dont le sMg est charge, et qui peov^ftt abandonner la choeur aux orgaues, aufcim 0'ea loarait davantage que Vo«i-t gène dont la respiration impr^ne le sang pulmonaire. Les substances gazeuses sont « comme on sait , celles qui contiennent le plus defcalorique combiné; elles ne doivent Tétat de fluide élastique, qu'à raccumulation de ce principe , et le perdent pour passer à l'état liquide , quand on le leur en** lève d'une manière quelconque. C'est pour cela ^ que 1a chaleur des corps viyans est d'autant plus grande, qu'ils ont en eux les moyens d'imprégner leurs humeurs d'une plus grande quantité d Qxigène atmosphérique» C'est par cette raison que , comme nous l'avons dît précédemment, les animaux pourvus de poumons cellulaires, et d'un cœur à double ventricule , ont le sang d'une température égale à celle de l'homme , et ^rAient , comme lui , partie de la grande classa des ani^jnaux à sang rouge et chaud j classe dans laquelle les oiseaux tiennent le premier rang, à cause de la vaste étendue de leur poumOn prolongé dans l'abdomen et dans les principales pièces du squelettfe. La capacité du réceptacle pulmonaire n'est point la seule cause à laquelle les oiseaux. doivent une ten^ pérature de 8 à 10 degrés plus élevée que celle du corps de l'homme \ elle dépend encore de la fréquence de leur respiration^ de la vélocité du potils^

de la prôiif^ilûde, dé lalmUl^plitâté^'^^tits înoti** vémens, de l'actii^tëU^îtldè ^i k$ diiimé. Les i^epcilè^^ ^dnf ' t^ pbum&fi ^d^^tësi ciilaiw , et dont le ictewVi^iv^fU'uli sèiii ;vetiti66ule, ijôtitla*respiration est knté'èff lïe s'éMéemè qu'à,de longs in teryalles, quôiqu ayaçt uji satig roùge, ne présentent cependant qu'une température bien inférieure à celle de rhomnie. Âussiles art-on appelés animaux à sang' rouge et froid j grande classe d'êtres qui comprend encore les poissons , chez lesquels il existe tm organe qui supplée imparfaitement aux poumons. Dans les poissons, lecœur n'ayant non plus qu'un seul ventricule, envoie à la véHté aux branchies ( c'est ainsi qu'on nomme l'oi^ane qui ti^nt la place des poumons), la totalité du sang , mais ce liquide n'y est qu'imparfaitement vivifié, à raison de la petite quantité d'air qui peut entrer dans le&combinaisons respiratoires. Enfin, dans les animaux à sang blanc et dans les plantes, les combinaisons aériennes étant moins faciles, Ténergie vitale moins marquée, la température diffère de qui^lques degrés seùletfient de celle de Talmosphère ; et ces êtres résistent moins bien que les ai^imaux plus parfaits, au froid ou à la chaleur extérieure.

Le poiimon, comme' on l'a vu précédemment, n'altérant qu'une quantité d'air déterminée, la chaleur n^augm^nte point,' quelque riche que soit en'oxigiène Tâ^nôsphère que l'on respirç ; de la mélne manière^ qu'un homme qui prendroit une

. BE LA lLEt5PIRA;TI0fr. Sgf

quantité doublé d'alimetas, ne seMte pas mieux nourri que celui quise contente'-d^ùfae'quaTitrttf suffisante à ses besoins : les organes digestifs nç pouvant en extraire qu'une certaine proportion de chyley Ie& matières excrémentitiellesscrG^ent seulement plus abondantes dans celui qui excéderoit ses besoins; et sur cela est fonde Taxiome trivial : Ce n'est point ce que Ton mange qui nourrit |. mais ce que Ton digère.

L'organe pulmonaire peut cependant agir sur l'air avec plus ou moins de force, pour lui enlever son oxtgène; et si le corps devient glacial dans certaines affections nerveuses et convolsives, ce refroidissement dépend autant de l'atonie des poumons, et de l'état spasmôdique du thorax qui , ne se dilatant qu'avec «peine , permet difficilement à l'air d'y pénétrer ; que du spasme et de l'insensibilité générale de» organes qui laissent passer le sang sans altérer sa compositioiLll seroit curieux d'examiner, si l'air qui sort des poumon» d'un catéleptique est moins privé d'oxigène, moins, altéré, contient moins d'acide carbonique qtie celui qui soi!t des poumons d'un adulte sain et qui s'exerce. Peut-être trouveroîl-on ^ dana ce cas et autres analogues, que le sang ne cède point son; carbone et son hydrogène , dfi raéipe qu'il retient les principes dolorans^ et les divers .ipatériaux d^ l'urine qui passe limpide, incolore, sans saveur ,^ sans odeur, et réduite à la condition d'une simple sérosité» «

Sq2 de la rb-sfiration.

La chaleur ^u corps est nen-seulement prodaite par les combinaisons pqknohaires et oirculatoires, elle se déreloppe encore, dans plusieurs organes, où des substances fluides ou gazeuses se solidifient en abandonnant une portion de leur calorique. Ainsi la digestion 9 surtout celle de certains ali« mens, est une source abondante de chaleur : la peau, habituelleraent frappée par le contact de l'atmosphère, la décompose et lui enlève égale* ment son calorique ; enfin , la chaleur naît et se dégage dans toutes^ les parties dont les molécules , agitées'par un double mouvement , en rertuduquel elles se composent et se décomposent sans cesse , en changeant d'état et de consistance , absorbent ou dégagent plus ou moins de chaleur. C'est sans doute à la grande activité de la force assimilatrice dans l'enfance, qu'est due la température habituellement élevée à cette époque de la vie. Non* seulement la chaleur est plus élevée d'un ou de deux degrés dans le premier âge , mais encore les jeunes gens conservent plus long-temps après leur mort des restes de chaleur vitale , ou plutôt, la to« nicité s'éteignant moins rapidement dans les vaisr* seaux capillaires ^ comme si là vie abandonnoit k regret lea organes, les combinaisons, d'où nait le dégagement d^ calorique, se continuent encore quelque temps après qu'elle est éteinte; la même cause fait que les cadavres des personnes mortes subitement sont encore chauds , tandis qu'un froid glacé a saisi ceux qu'une longue maladie a conduits

DB LA rbspthatiom; S9S

a lâ mort) par la destraction • lente » graduée et enfin totale des propriëtës vitales. ^

Analogue k la nutrition , la calorifioation ou le dégagement de la ohafenr animale , a*opèrë Août dans tous les tefiitts , et peut être regardée comme l'apanage de tous les organes. Il étoit bien essen-*tiel que la température intérieure du corps d^ l'homme fût à peu près invariable; car supposons un moment que le sang s'échauffe à So degrés sui^ vant le thermomètre de Réaumur, tout à coup ses parties albumineuses se solidifient, et formant des caillots , obstruent tous les canaux ^ inter-» ceptent la circulation , et font cesser la vie. Lors donc que, par Tactivilé augmentée dans les com-^ foinaisons nutritives ^ plus de chaleur se dégage^ l'économie s'en débarrasse , et nous en cédonstda-*vantage aux corps environ nans. Ceci explique pourquoi la température intérieure du corps d'un vieillard est aussi élevée que délie- de l'enfant j malgré la différence de leur température extérieure. La seule différence consiste en ce que celui qui en produit le plus, en cède aussi davantage, et SI le sang et les urines sortent du corps des vieillards comme de celui des i|J6Unes gens , péné-^ très de Sa degrés de chaleur ^ quelle différence ne trouve- t-on point entre la transpiration chaude^ halitueuse et pénétrante qui s'exhale en abondance de l'épiant , et la sééheresse , le froid de la peau du vieillard ; entre l'haleine douce et chaude des pre^ miers et la souffle glacé des seconds! pe^à, là

^94 ftfi' I.A BESPIRA/TÎONI

croyance, gi ^o^enne et si généralement réptndtié des avantages que! les persoa^ies: avancées en âge trouvent dans la cohabitatîoB 'des jeunes. Cest ainsi que Tbistoire nous «^i^t.^Dawd , appelant auprès de lui les jeunes filfes, de U volupté, pour réchauffer auprès d'elles ses membres engourdis par les années.

S'il est vrai que^ par l'acte même de la nutrition qui transforme nos liquides en solides, il s'opère dans toutes les parties du corps un dégagement abondant de calorique, le mouvement de décom* position nutritive par lequel les solides sont liquéfiés, doit absorber une égale quantité de chaleur. L'objection est vive et pressante : on y peut répondre , en disant que les corps vivans , dès l'instant de leur formation, sont pénétrés d'une chaleur déterminée qu'ils doivent conserver , de manière que ce double effet d'échauffement et de réfrigération, résultat; inévitable de Jla cQ^iposition et de la décomposition nutFitiy/çs,:ne.feit,qu'entretenir l'équilibre, et conser.yer- 1q même degré de température. . ; .. • ?

Le sang qui s'est^^çb^rgéd'ox^ène dans les capillaires du poiimop i- àbando.nne ce principe et laisse dégager la cba|aiir dai^ tes vaisseaux capillaires de tout le corps, dont chaque organe doit mettre en liberté une quantité de calorique d'autant plus grande , que la circulation y est plus rapide et la vie p*lus active. Peut-être les parties que plus de vaisseaux traversent , dégagent-elles plus

de chaleur , et eo fournissent aux orgues que peu de sang pénètre', tels que les 05, les cartilages , etc. Il n'est pas difficile d'entendre pourquoi une partie enflammée , que le sang parcourt avec plus* dé rapidité, dans laquelle la sensibilité et la coiliractilité sont exagérées , est manifestement plus.chaude, au sentiment du malade et au toucher du médecin, quoique le thermomètre appliqué aux parties attaquées d'inflammation , n^y dénote, comme Hunter l'a expérimenté , qu'une élévation presque insensible de température. Ce chirurgien injecta dans le rectum d'un chien et dansle vagin d'une ànesse , une assez forte solution de muriate mercuriel oxigêné. L'inflammation qui en résulta fut vive : la membrane muqueuse gonflée formoititl'ei^térieur un bourrelet considérable. Le sang couloît des eapiliaires déchirés ; cependant le thermomètre «lo s'éleva que d'une infiniment petite quantité (un de« gré suivant lé thermomètre gradué par Farenèieit). Mais , quelque légère que soit cette augmentation de 'chaleur dans la partie enflammée , cette chaleur est vivement ressentie , à raison de lext^ême sensibilité dont jouit l'organe dans lequel toutes lès propriétés vitales sont augmentées. La^ivacité des impressions étant relative au degr^ du sentiment^ on tie doit pas être étonné que le malade éprouve la sensation d'une ardeur brûlante dans une partie où le thermomètre n'indiqué aucun accroissement de cha^ur, où le tact n'en peut même ressentii'^ Je tien$ de toucher la main d'un jôun^.hofnme» ,

Sgfi DE LA RESPIRATION.

gonflée par des engelures; quoique la douleur qu'il y éprouve, lui semble résulter d*une accumulation de calorique , cette main est plus froide que la mienne , dans laquelle la chaleur égale à celle du reste du corps, ne me donne aucun sentiment distinct. On peut donc établir en axiome, que l'augmentation réelle ou thermométrique de^la chaleur est peu considérable dlns les inflammations , mais qu'elle est fortement ressentie, en raison de l'exaltation de la sensibilité.

Pourquoi , dans le frisson des fièvres , les ma-lades éprouvent-ils un froid glacial dans une partie où l'application de la main n'indique autune diminution de chaleur ? d'où vient l'ardeur brûlante que le causas occasionne? pour quelle raison la chaleur est-elle âere dans l'érysipèle , mordicante dans les fièvres bilieuses , douce et halitueuse dans le phleg^ mon, etc.? Toutes ces variétés dérivent des diverses modifications de la sensibilité dans ces différentes maladies. Quant à ceux pour qui cette explication ne sembleroit pas satisfaisante, qu'ils se rappellent que, malgré l'exactitude ^es calculs établis sur l'existence du calorique ou de la matière de là cha leur, cette existence n'est elle^mé me qu *u ne hjrpothèse, et qu'on ignore si le calorique est un corps , ou si la chaleur n'est qu'une propriété de la matière.

LXXX. Si maintenant nous recherchons les causes par lesquelles le corps résiste à l'introduction d'une chaleur supérteurei à celle dont il est

1?E ;LA HBSPIRATIOK. S97

habitUelIernent pénétre, nous sommM obligés d'ad^ mettre dans les corps vivans me piK>priété en vertu de laquelle ils repoussent le calorique sur^ ^ibondaiit, et persistent dans la même tempéra* ture ; la transpiration cutanée est hitn, il est vrai ^ un puissant moyen de réfrigîératioq ; et comme iDette évaporation augmente af ec la chaleur , * il sembleroit qu'il suffit de cette fonction ppur mo-^ dérer réchauffement et rçtablir réquHf bre.

Le^ physiciens savent, depuis Cullen (1) , que Tévaporation des fluides) ou leut dissolution par Tair , est le moyen le plus puissant pour opérer le refroidissement des corps, et qu'il suffît, pout faire congeler du mercure dans la botile d'un thermomètre, d'agiter dans un air sec et chaud cette boule, arrosée d'éther , d'esprit^ie-vin^ on de toute autre liqueur volatile. Ce moyen n'est pas moins puissant quand on l'applique au cot^9 de l'homme ; et l'on peut procurer aux mains un degré de froid qui va jusqu'à l'engourdissement, en les mouillant fréquemment avec une eau spiritueuse j et en les agitant dans un air sec et renouvelé. Mais quoique l'évacuation transptratoire opère quelque chose d'analogue , et qu'on doive là -compter parmi les

(i) Ce médecin célèbre fit, il 7 a prè» 4^ quarante années, cette déconiwrte , qui a jeté le plas grand jour sur plosieara phénomènes physico-ciiimiqaes , et la publia dans une dissertation ayant pour titre : Cjf the Cold produced by evoforaiing fluids , and qfsomt oAûTi means, i^produdn^ Coidf bj iQCt\ William Ccllbv.

Sg$ DE LA RESPIRATION*

wojreàs qu emploie la nature pour maintenir à un degré à peur prèii uniforme la température animale, il faut «irouer^que^ce moyen n'est point le «eul; qu'il ae'siuJEBtrpas pour* expliquer le phénomène, pùi^ud la.n^aporisation des liquides que les substances animales peuvent exhaler, n'empêche |p€^S.la toA*éfaction des viandes, et que, d'ailleurs , on a vu des poissions et des grenouilles vivre et conserver leur température dans des eaux thermales dont la chaleur étoit à. un degré voisin de r:ebuUitioa(i)«. •

. . J'ai cru convenable de vérifier ces observations par l'expérience ;;pour cela, j'ai mis des grenouilles vivantes dans un.vaee où l'eau avditiôb degrés de chaleur, et les retirant au bout dé dix minutes, |e me suis assuj^é qu'elles tétoient bien moins chaudes que te liquide , et que des morceaux de chair qui y ayoient été plpngés en iméme temps qu'elles.

' Dirons-nous ayec.Grimaud^ que les corps ani-« mé$ Qui la faculté de produire le. froid? Mais ce iroid n'étant quç l'absence de la chaleur , un être négatif ^e saqroit avoir d existence positive.

•L'I^abitude influe, d'une manière remarquable sur--! a- propriété dont le coi^s jo\iit de supporter im d^gré de chaleur qui - surpassé de beaucoup telui dont il est pénétré. Les buîsitiiers manient sans crainte des charbons ardens; les ouvriers

(i) Lkez Sonnerat , Voyage aux Indes orientales^

DE LA Respiration. Sgg

occupés dan$ les forges , à la fonte du fer , impriment la trace de leurs pieds sur le mëtal brûlant et liquide , au moment où il se solidifie par le refrofdissêi^ent. Plusieurs se rappelleront Texeitfplé trop fatneul de cet Espagnol, qui à fftit le sujet de' toutes; les conversations dans la capitale. Ce jeune homme s'aperçut , en trayersatit ^ne maison ïneehdi^^e, que la présence du feu lui étoit moins incommode qu'il ' ne Favoit cru jusqu'alors. Il ^Muài^'-à etï bra'yer impunément Taction, et devint «cjapabië de promener sur sa langue une spa^ «tule rotigie àblàriics etdrapposer la plante des p^eds et la pavitne'des'nrainé surun fer rouge et incandesctent;^' bien à Iâ''^3^feoë d'une huile^ bouillante. Rien 'n'égalé 'Fabsurditéiet l'exagération des fables dont ' ifl est devenu l'objet , si ce n'e£t l'ignorance net la ttlauvaise:fM:dé leurs auteurs. Voici en quoi consiste tout le meHeilleux de cet homme prétendu in^ecteible et incombustible : il fait glisser' rapide*mbnt^àla surface de sa langue , enduite de mucosités salivaires, une spatule rougie^ dont toute Faction paroit se borner à en dessécher la surface en vaporisant les sucs dont elle est enduite. Après avoir promené l'instrument de la base à la poinCb de la langue, il la'ramène promptement dans la bouche, et la colle au palaîs, auquel cjle abad- •donne une portion de sa chaleur, pn même temp» qu'elle s'humecte d'une nouvelle salive; Dans une <;xpériehce faite etï public, l'individu ayant prolongé l'application de la spatule; l'effet omistic[u«

400 DB Jih EPSPIB^ATIOK.

de la chaleur $*Qsf manifesté , rëpiderme s'est taché 9 et oo Vsl irouvé roulé comme une pelure d'ognoQ y dap3 Ui^ linge dont il s'étoît servi pour se nettoy:er ia. bauche. Il ne plonge pas les pieds et les mains dans Thuile bouillante; il se contente d'apposer à, la :s^rf ace de ce liquide , U plante des premiers eila paume des. secondes ; il réitère fré* xjuemment oes a^plicalions., entre lesquelles il laisse de courts intervalles* L'épiderme répand J'odeur de la corne brûlée , lorsqu'il prolonge Fez- •périenoe. Personne n*a fait Tobservation que o^ individu , dont les maistâ ne 50iiit pUs calleuses, 41 les paumes de ces parties et desplaûtes des pieds jnatelassëes 4e graiase. Un. ^éffiii coyssin de cette «substance, peu conductrice .de la chaleur, sépare Ja peau d^s 'aponévroses et des gros cordoiis iier* veux.soiiS'ja<€j9S.; oe qui exïplique jusqu'à un eer- ;tain point la mi^indré sensibilité.

Le pottls', obset\^é pendant tes ^périeMes , m'a présenté enviroiDcent vingl pulsations par minute : la transpiration' est visiblement .augmentée, et va «souvent jusqu'à la sueur. Toutes les parties du coips jouissent un degré cuidin^airede la sensibilité; toutes se détruisent) par. irapplication durable des Hsaustiques-; le'feules bcûleroitlsi son application étoit prplon^evel 1 dcid^^nitrîque détruiroit innfailliblemecit Ja langue, Sf\il s'en lavoit la bouche, jComme> on n apas craint de Ta^nnoncer. Cet indi- -▼idn ne présenté doue aucune rexception aux loix '.contiuM de Véconomieaniniale;ilest au contraire

une preuve nouvelle de l'effet de l'habitude sur les organes.

LXXXI. Pour terminer cet article sur la chaleur animale , il nous reste à dire comment le corps résiste au refroidissement , et conserve sa chaleur au milieu d'une atmosphère glacée. Ce n'est jamais que par un surcroit d'activité de la part des organes; ce n'est qu'en augmentant la somme des combinaisons qui produisent le dégagement du calorique, que nous parvenons à compenser la perte de ce princîjpe nécessaire à l'entretien de n#tre existence. Pourquoi , dans les tempà froids , la digestion est- elle plus active {Hieme perd pèn^* très sunt calidiores. Hipp.) , le pouls plus fort et plus fréquent, Ténergie vitale plus grande? C'est que la chaleur naît des mêmes sources, se produit parle même ftiécanisme que ia .nutrition- des organes ; et pour que son développement augmente,^ il faut que les sécrétions , la nutrition , en iin mot toutes les fonctions vitales, éprouvetit un accroissement proportionné.

Observons iin moment l'homme qui éprouve le sentiment d^un froid modéré : plus dispos, plus fort , plus agile , il marche , il s'agite ; les exercices violens n'ont rien qui l'effraie ; il lutte contre l'influence délsavantajgeuse dé l'agent débilitant; et pourvu que le froid ne soit point excessif, èl que le corps jouisse d'une vigueur ordinaire , il se dé-^ gage en lui-même une quantité suffisante de ealorîqtie pour réparer la perte de celui qu'enlèvent I. 26

40â D£ LA RESPIRATION.

Tair et 1^ cor|)s environnans. Ces effets généraux du froid ne sont point démentis par ce qui arrive lorsqu'elle pattie seulement s'y trouve exposée. La température étau^t. siiipposée quelques degrés au-^ dessous du zéro, l'on y éprouve d'abord une sensation de froid bien plus incommode , toutes choses égales d'ailleurs t que s'il agisfioit sur une surface plus çtçndue. Bientôt Wpoint frappé par l'air froid, devient le si^e de picolemens douloureux , se ru-* l;>éfie , pufs s'eu^flamme ; et l'inflammation est ici bîep évidçmiuent le résultat d'un effort salutaire de la nature y qtii introduit dans la partie enflagi* mée un excès de vie nécessaire pour que le dégsi^ geniec^t de la chaleur réponde à la soustraction qui s'en; opère. L'effort du principe conservateur est plus marqué , que si toute la surface du ccHrps étoit à la fois frappée par leiroid, parce que, s'exerçant tout entier sur u^l point Uii[iitté çt de peu d'étendue 9 il produit u,n effet plu^ considérable.

Il arrive cependant un terme auquel la nature combat vainement contre la réfrigération; si le froid est rigoureuse, si l'iindividu manque des forces nécessaires pour réagir convenablepiei^t , la partie devient violette et s'engourdit par la peirte de son calorique , les propriétés vitales s'y éteignent , elle est fr*appée de g^jogrç^e; et si tout le. corps est éga« lemeiU exposé à Vinfluence du froi^» l'individu engourdi sent tous s^Si men;ibres se roijdir, bégaie , et, dominé par un besoin irrésistible, il se livre à un sommeil qui le conduit inévitablement à la

DE LA RESPIRATION. 4o3

mort* Ce^t en se livrant eux trompeuses douceur$ de ce sommeil perfide , qu'ont péri plusieurs voyageurs ^gar^dani; les hautes montagnes de l'ancien et du nouveau continent. C'est ainsi que moU'* rurent deux mille aoldats de Charles zit , employés à un siège pendant l'hiver rigoureux de 1709.

Pour résister au froid » il est donc besoin d'un certain degré de vigueur et de force ; c'est donc à tort qu'on prescrit les barns froids aux enfans d'un âge encore tendre, aux femmes délicates et ner^ veuses , aux pers(Mines dimt la constitution est trop fpible pour opél^er une réaction suffisante. Le mal q^u'a dû produire l'emploi inoonsidéré de ce re-* Piède dans les cas qu'on vient d'énoncer, justifie l'exclaiiiatioo de Galien , d'abord si singulière : « Laissons, .s écrie ce prince dés physiologistes, aux Germffias , aux SarmaCes, nations septentrion nsileè 9' aut ours f t aux lions non moins barbares qu'elles^ l'usAge de plonger leurs eiifaas nouveaunés ai;i se^B des eaux glacées; ce n'esk point pour ^lles que j'écris, >*

D'un autre côté, si l'on se rappelle qu'il est en nouis ^ne forqe réagissante dont l'exercice aûgmetite lu vigueur, que le mouvement fortifie nos prganes i on concevra sans peine ^ue le froid agisse comme fortifiant , toutes les^ fois qu'il ne va pas jusqu'à éteindre les forces vitales.

La manière dont les médecins éclairés ont, de tout temps , prescrit les bains froids , prouve qu'ils çoupoissoient cet effet tonique ^ dépetidai^t^ ùoil

404 DE I.A RESPlllATION.

pas de Fim pression du froid, delnlitant par loi* méme , mais de la réaction qu'il occasionne. Ânssi les Yoit-on associer à son usage Fexercice , un vin généreux , le kina , de bons alimens , un r^me analeptique propre à soutenir la réaction salutaire.

LXXXn. La chaleur animale est donc le produit des combinaisons qu'éprouTent nos humeurs et nos solides dans le travail de la nutrition ; c'est une fonction dont tous les organes sont chargés , car, de même que tous se nourrissent, de même tous dégagent plus ou moins le calorique combiné ayec les substances dont ils se réparent.

Quoique nous manquions de connoissances exactes sur la manière dont le corps vivant résiste à Fintroduction d'un degré de chaleur, supérieur à celle dont il est habituellement pénétré , il est permis de regarder Févaporation cutanée , qu 'aug* mentent les échauffans^ comme le moyen le plus puissant dont se serve la nature pour se débarrasser de Fexcédant de chaleur et rétablir Féquir libre.

Enfin le corps résiste au froid , parce que l'action des organes , augmentée par le froid lui * même , d^age une quantité de chaleur égale à celle dont le corps est privé par Fair ou par les autres substances avec lesquelles il se trouve en contact.

LXXXIH. La rapidité du passage du ssjng à travers les poumons, est égale à la vitesse avec laquelle

DE LA HESFTRATIOK- 40^

il coule d«ns les autres organes. Car si , d'une part, les parois du ventricule droit et des artères pulmonaires , ont moins de force et d'épaisseur que celles du ventricule gauche çt de. l'aorte , le poumon , à raison de sa structure molle , dilatable y spongieuse, est, de tous nos organes, le plusperméable, celui que les liquides pénètrent et traversent avec le plus de facilité.

Le ventricule droit erif^oie dans les poumons une quantité de sang égale à celle que chaque contraction du ventricule gauche poussé dans l'ar^ tèré aorte (environ deux onces) ; et il n'est pas besoin d'admettre^ avec M. Rruger, que la même quantité de sang passe en même temps dans le poumon et dans le reste du corps, auquel cas sa circulation eût dû être bien plus lente, puisque la longueur du poumon est bien inférieure à cell^ de tout le corps; ni de dire, avec Boërhaave, que cette circulation est beaucoup plus prompte , parce que, la même quantité de sang doit être fournie par les extrémités de l'artère pulmonaire , et par les extrémités artérielles du reste du corps.

L'extension du tissu pulmonaire , le redressement de ses vaisseaux, favorisent sans doute le passage du sang ; mais si l'admission de Tair n'avoit un autre usage, la respiration ne seroit pas d'une nécessité indispensable. Le sang passe encore des cavité$ droites dans les cavités gauches du cœur, malgré l'affaissement de& poumons et les plicatures de leurs vaisseaux. L'air, qui pénètre en tout temps*

4o6 DE liA RESPIRATION..

le tissu pnlmoiiaire , soutient et ce tissu et lesvaisseauic qui s y répandent, de telle manière que, même dans Texpiràtion , les vaisseaux sont bien moins repliés que ne Tout prétendu plusieurs physiologistes. Mais* les changemens qu'imprime le contact de Fair atmosphérique renouvellent ce âuide j et le rendent propre à réveiller et à entre* tenir Faction de tous les organes , pour lesquels le sang artériel est un stimulant nécessaire. Si Ton fait respirer, à un animal vivant, un air^rivë d'oxigène, le sang n'éprouve aucune modification dans sa Qirculation pulmonaire ; les cavités gauches du cœur ne sont plus a^ez vivement irritées par ce fluide , qui conserve toutes seis qualités veineuses-; leur action languit , et avec elle celle de tous les organes, et finit bientôt par s'éteindre. Elle se ranime , si l'on pousse de l'air pur au moyen d'un tube adapté à la trachée-artère : toutes les parties sem|>1ent sortip d'une sorte de sommeil léthargique ; il suffit , pour les y replonger , de priver de nouveau les poumons du gaa vivifiant et salutaire.

Le chyle ^ abondamment mêlé au sang veineux, éprouve, en parcourant le cpeur et les vaisseaux sanguins, une plus forte agitation ^ ses n&oiéeuieâi se heurtent, se brisent, s'atténuent et se méteni mieux ensemble : dans son passage à travers il*» poumons ,j une grande partie de ce fluide récrémentitiel est déposée par une sorte de perspiratîor» intérieure, dans la substance parencbymateuae

DE LA RESFIRATIOÎÏ. . 4^7

dé CCS viscères. Oxide par le contact de Tair, ré--^ sorbe par une mnltitude de vaisseaux inhalans^ il est porté dans les glandes bronchiales , qui se trouvent noircies par ce qu'il y dépose de carboné* et de fuligineux. Epuré par cette élaboration , itrentre dans le canal thorachique , qui le 'vttts& dahs la veine sous-clavière , d'où il retourne bientôt aux poumons , pour y être de nouveau sou«^ mis. à Finfluetice de Tatmosphère; de manière qu'il se fait , à travers ces organes , une véri-^ table circulation lymphatique , dont l'objet est dc^ donner au chyle un degré d'animalisation plui avancée.

LXXXIV. Transpiration pulmonaire. On se rappelle qu'une des principales différences qui exis* tent entre le sang des artères et celui des veines^ dépend de la grande quantité de sérum qui s& trouve dans celui-ci : c'est dans les poumons que cette partie aqueuse s'en sépare , et que sa proportion diminue, soit que l'oxigène rende plus^ concrescibles l'albumine et la gélatine qui s'y trou-* vent, soit que le sérum formé, par la fixation de l'oxigène , dans toute Téténdue du système circulatoire, exhale des artères et fournisse ainsi la matière de la transpiration pulmonaire. Il n*est guère possible d'admettre que l'oxigène se combine avec l'hydrogène dp sang veineux, et que de Teau se forme ainsi de toutes pièces, comme il arrive lorsque des orages se préparent dans les hautes régions de Vsttmosphère. Si une semblable

4o8 DB IjA respiration.

combinaison peut s^opërer dans les poomons , sans produire la déflagration et le& divers phénomènes dont s'accompagne la production des Miétéores aqueux, il est probable qu'elle ne donne naissance qu'à la moindre partie de la transpiration, et que cette humeur, analogue au sérum du sang , sort et s'exhale toute formée des capillaires artériels ramifiés dans les bronches et le tissu lobulaire des poumons. On croit que la quantité de la transpiration pulmonaire est égale à celle de la transpiration cutanée (quatre livres en vingtquatre heures). Ces deux excrétions se suppléent réciproquement ; lorsqu'il sort beaucoup d'eau par l'exhalation pulmonaire , la transpiration cutanée s'échappe en moindre quantité, et ince versa.

La surface d'où s'exhale la transpiration pulmonaire , a une étendue ^aie , sinon supérieure à celle de l'organe cutané ; cette surface est à la fois exhalante et absorbante , des nçrfs nombreux s'y répandent et se trouvent presqu'à nu dans le tissu des membranes extrêmement minces. Les miasmes , dont l'air atmosphérique se troii ve quel* quefois chargé, sont-ils absorbés par les lymphatiques, qui, comme on sait, peuvent s'emparer des substances gazeuzes ; ou bien ne font-ils que produire ; sur les membranes nerveuses et sensibles des bronches et du tissu lobulaire , l'impression d'où naîtront les maladies dont ils sont le germe?

Une partie du calorique qui se dégage par les combinaisons que l'oxigène éprouve dans les poumons, est employée à dissoudre, à vaporiser la transpiration pulmonaire, qui^est toujours d'autant'plus abondante, que la respiration est plus complète. Il faut bien distinguer la transpiration pulmonaire de la matière muqueuse , qui^, sécrétée à Tintérieur des bronches et de la trachéeartère, est rejetée par de fortes expirations , et forme la matière des crachats.

LXXXV. uisphyxies. Quoique le terme asphyxie signifie seulement absence du pouls, on donne ce nom à toute mort apparente produite par une cause extérieure qui arrête la respiration, comme la submersion , l'étranglement , la désoxigénatibn de Tair que l'on respire, etc. La seule différence qui existe entre la mort réelle et Taspbyxie, c'est que , dans ce dernier état , le principe de la vie peut encore être ranimé , tandis que, dans le premier , il est complètement éteint.

L'asphyxie par submersion dépend toujours, de ce que les pMmons privés d'air, n'impriment plus au sang qui les traverse les qualités essentielies à l'entretien de la vie. L'eau n'entre point dans ces viscères lorsqu'un homme se noie; le resserrement spasmodique de la glotte empêche que ce liquide ne pénètre dans les voies aériennes. On en tr#uve cependant une petite quantité dans les bronches des noyés , toujours écuméuse, parce que Tàir s'est amalgamé avec elle dans les efforts qui précèdent

410 DB LA RESFIRATIOir.

l'asphyxie. Si le corps reste long-temps submerge, Tëtat spasmodiqae de la glotte cesse , Teaa s'iatrodoit dans la trachée - artwe et remplit le tisso pulmonaire* L'examen anatomiqoe du cadavre d un noyé présente les poumons affiaûssâ et dans l'état d'expiration; les cavités droites du cœur, les troncs veineux qui y aboutissent et toutes les veines en général 9 sont gorgées de sang(i), tandis qne les cavités gauches et les artères sont presque entièrement vides. La vie s'est. éteinte dans cette espèce d'asphyxie , parce que le cœur n'a plus envoyé aux autres organes , et surtout au cerveio , qu'un sang privé des principes nécessaires à lear action ; et peut-être encore parce que le sang veineux, accumulé dans tous les tissus, les frappe par ses qualités stupéfiantes et mortifères. Aussi l'insufflation mécanique d'un air pur dans les poumons est-elle le meilleur moyen dont on puisse fiiire usage pour rappeler lesxuoyés à la vie. On se sert pour cela d^un soufflet adapté à une cannule introduite dans la narine. Au défaut d'un appareil convenable , une personne pourroit appliquer sa bouche à celle du submergé , ou souffler dans ses narines au moyen d'un tube ; mais comme l'air

(i) De là Tient la couleur noire et livide de la peau et de U eonjopctÎYe. Cette dernière memlirane est fréquemnient infiltrée d*an sang noirâtre ; les veines si délicates du cerveau sont considérablement dilatées , et ce viscère est snrdiargé de sang. veinenx.

BE LA RCSFTRATIOK. 41^

qu'il expire a déjà servi à ia respiration , il est bienf iDOins riche en oxigène , et moins propre à réveiller les battemens du oœur. Il est encore plusieurs autres secours moins efficaces , tels que les frictions, la bronchotomie , les lavemens , fumigations et suppositoires, les errhins irritans, et spécialement lammoniaque; ls« stimulans portés dans la bouche et dans Testomac, la brûlure, les saignées, les bains, IVlectricité et le galvanisme.

La rQugeur et la lividité de la face des personnes^ qui meurent par le supplice de la corde , avbient fait penser que ll»s pendus raouroient d'apoplexie; mais il paroît quAdans Tasphyxie par strangula^ tion, comme dans celle par submetston, c*est à l'interception du passage de^l'air que la mort doit être attribuée. Grégory tenta, pour le prouver, l'expérience suivante. Après avoir ouvert la trachée-artére à un chien , il passa un neeud coulant autour du cou , au-dessus de la plaie. L'animal , quoique suspendu, continua à vivre et à retirer; l'air entroit etsortoit alternativement parla petite ouverture. Il mourut lorsqu'on exerça la constriction au*dessous d'elle. Un chirurgien digne de loi, et qui a pratiqué son art dans les armées autrichiennes, m'a assuré avoir soustrait un soldat k la mort, en lui pratiquant la laryngotomie quelquesheures avant qu'on le conduisit au supplice. *

Néanmoins, la mort des personnes suspendues^ peut tenir à la luxation des vertèbres cervicales et' à la lésion de la moelle épinière, qui en est la

41« DB LA UESPIRATIOK.

suite. On sait que Louis découvrit que y des deux bourreaux de Lyon et de Paris , l'un expédiotl les coupables condamnés à la suspension en leur luxant la tête sur le col ^ tandis que ceux qui périssoient par les mains de son confrère, mouroient véritablement asphyxiés.

Parmi les moffattes ou gaz non respirables , il en est qui paroissent produire l'asphyxie, seulement en privant le poumon de l'^ir vital nécessaire à Ten^tretien de la vie , tandis que (^'autres portent manifestement sur les organes , et dans le sang qui les remplit , un principe vénéneux et délétère. ^

Parmi les premiers , on doit compter* Tacide carbonique ; dans l'espèce d'asphyxie occasionnée par ce gaz, asphyxie qui, de .toutes, est la plus fréquente , le sang conserve sa fluidité , les membres leur flexibilité ^ et le corps sa chafeur naturelle, ou même un plus grand degré de chaleur , durant quelques heures après la mort , parce que ces sortes d'asphyxies survenant toujours dans un lieu fortement échauffé , le corps, privé de vie, se pénètre d'un excès de calorique à l'introduction duquel il eût résisté, si les forces vitales n'eussent été-engqurdies. Du reste, dans cette asphyxie, comme dans les précédentes , les poumons restent intacts : les cavités droites du cœur et le système veineux sont gorgés d'un sang noir, mais fluide. Dans celles que produisent, au contraire, rhydrogène sulfuré , phosphore , etc. ou certaines vapeurs de

nature peu connue, et qui* s'exhalent des fosses d'aisance et des tombes où de nombreux cadavres se putréfienjt ; souvent les poumons présentent des taches noires et gangreneuses , et la mort paroit l'effet d'un poison d'autant plus actif, que ses parties , extrêmement divisées et réduites à l'état ga« zeux, sont plus pénétrantes , et frappent, dans toute son étendue , la surface nerveuse et sensible de Forgaile pulmonaire.

n'est extrêmement rare que l'ivresse aille jusqu'à l'asphyxie , elle se borne le plus souvent à , produire un assoupissement plus ou moins pro-. fond, toujours facile à distinguer de l'affection qui fait le sujet de cet article, aux battemens du pouls , toujours obscurs, et aux mouvemens de la respiration, quoique rares et peu marqués. Aussi M. Pinel^ dans sa Nosographie philosophique ^ a-t-il placé l'ivresse et les asphyxies dans deux genres séparés de la classije des névroses. On conçoit cependant que l'atteinte portée par les boissons spiritueuses à Tirritabilité des musclés , peut^tre si forte , que le diaphragmé et le cœur cessent de se contrac^ ter; d'où suivroit nécessairement une véritable

asphyxie.

L'ouverture de la glotte , que l'air atmosphé-* rîque doit traverser pour arriver dans les pou- "mons, a si peu de largeur {Frayez chap. ix.), qu'elle petit être facilement bouchée, lorsque lepir glotte étant relevée à l'instant de la déglutition , le corps qu'on avale s'arrête à Teotrée du larynx :

414 !>£ l'A RESPIRATION.

lia grain de raisin peut produire cet effet ; et c*est ^nsi 9 dit-on , qne mourut Anacréon , ce peiolre aimable d^ grâces et de la Tolupté. Le poète Gil liert mourut par une cause analogue, après une longue et douloureuse agonie. Un homme d*un grand appétit, au milieu d un festin , passa dans ypecbamtH!^ voisine, et n'en revint pas, an grand étonnement de tous les convives» On le trouva étendu sur le carreau , et ne donnant auenn signe de vie* Les secours que lui administrèrent des ptfsonnes peu éolairées , furent inutiles : à Todh verture de son corps , on trouva un morceau de chair de mouton arrêté à 1 entrée du larjrnx , et fermant tout passage à Tair dans cet organe.

Quelquefois un enfant vient au monde , et oe donne aucuu $iffM de vie« Quand les circonstances de racQoncbemettt font présumer qu'U n*a souffert aucune lésion organique décidément mortelle, on doit le regarder eomme asphyxié par, foiblesae, lui prodiguer tous les secours conseillés en pareil cas , et surtout pousser de Tair dans les poumons avec un chalumeau mis dansla bouche ou dans les narines. C est ainsi que le prophète Elysée res* suscita le fils de la Sunamite, comme il est ^it dans le deuxième Livre de^ ftoià-, au quatrième chapitre»

LXXTCVL D^ certains phénomènes de la res* piraiion, tels que les soupirs, les pleurs, le bàil^ lement ,^ l'éiernument, la toux , le hoquet, le rire, etc. etc. Lorsque l'imagination est vivement

occupée a un objet , que les fonctions vitales lan-guîssenty le principe de vie semUe abandonner tous les oi^anes , pour se concentrer dans ceux qui participent davantage à Taffection mentale. Qu'un amant plongé dans de douces rêveries pousse par intervalles de longs soupirs , lé physiologiste ne voit 9 dans cette expression du désir, qu'une longue' et forte inspiration, par laquelle les pou-mons amplement dilatés permettent au sang, qui s'étoit accumulé dans les cavitéa droites du cœuri Vil passage facile dans les cavités gauches de cet oirgane. Cette grande inspiration , à laquelle succède une expiration assez prompte , que fréquemment le gémissement accompagne, devient nécessaire, parce que les mouvemens de la respiration , progressivement ralentis, ne suffisent plus k la di* iatation du tissu pulmonaire.

Les pleurs difierent du soupir, seulement parco que respiration est longue, mais entrecoupée , c'eslrà*dire 9 partagée en plusieurs périodes distinctes*

Le bâillement s'effectue par un mécanisme analogue. Nul symptôme plus assuré de l'ennui ; affection désagréable , qui , pour parler le langage de Brown, peut être regardée camme une puissance asthéniqàe ou débilitante* JLes muscles inspira^ teurs affoiblis, ne dilatent qu'avec peine le thorax; les poumons resserrés sont difficilement perméables au sang, qui stagne dans les cavités droites du cœur , et produit une sensation incommode ;

4l6 Dfi liA RESPIRATION*

que Ton fait cesser , par une longue et forte ins-» piration : on Êivorise Tentrée d'une grande quan* tité d*air, en ouvrant laigement la bouche par rëcartement des deux mâchoires. L'on bâille aux approches du sommeil , parce que les puissances inspiratrices, graduellement afibîblieSy ont bescip d'être réveillées par intervalles. On bâille paiement quand on s'éveille , afin de monter les muscles du thorax au degré convenable à la respiration toujours plus lente, plus rare et plus profonde durant If sommeil que pendant la veille. C'est par un besoin analogue, que Tinslant du réveil est mar* que chez tous les animaux par des pandiculaiions^ action musculaire, dans laquelle les muscles sem* blent se di.sposer aux contractions que les monve- Inens exigent. C'est à la même utilité que Ton doit rapporter le chant du coq et l'agitation de ses ailes. Enfin y c'est pour obéir à la même nécessité, qu'au lever du soleil , les nombreuses tribus des oiseaux qui peuplent nos bocages, gazouillent â l'envi et font retentir les airs de chants harmonieux. Le poète croit entendre alors rbymne joyeux, par lequel le peuple ailé célèbre le retour du dieu de la lumière*

Pendant tout le temps que le bâillement dure, la perception des sons est moins distincte ; fair, qui se précipite dans la gorge / se porte jusque dans la caisse par la trompe d'Eustache , et ébranle en sens contraire la membrane du tympan. La mémoire du soulagement que procure la longue ins-

PE LA REaPIRATiON*. 41?

piration qui constitue le bâillement , le souvenir du bien-être qui succède à l'oppression que Ton ëprouvoit auparavant, nous portent involontairement à«répëter cet acte toutes les fois qu'une autre personne l'exécute devant nous.

L'éternument consiste en une forte et violente expiration, dans laquelle l'air sortant avec rapidité, va heurter les parois anfractueuses des fosses Basales , et occasionne un bruit remarquable. L'irritation de là membrane pituitaire détermine sympathiquement cet effort vraiment convulsif des muscles delà poitrine, et principalement du diaphragme,

La toux ressemble beaucoup à l'éternument , et ja'en diffère qu'en ce que les expirations sont plus courtes et plus fréquentes, et de même <^ue , dans l'éternument, l'air balaie la surface pituitaire et enlève les mucosités qtii peuvent y être attachées; il entraine, dans la toux, celles qui* se trouvent dans les bronches, la trachée-artère , et font la matière des crachats. Les violens efforts de la toux dans le début d'un catarrhe pulmonaire,' l'éternument qui accompagne le coryza , prouvent bien que les actions de l'économie animale ne sont point dirigées par un principe intelligent, puisque cet agent ne se méprendrôit point ainsi shr les moyens de faire cesser la maladie, et ne susciteroit pas des' mouveméns qui ne peuvent , au lieu dé Tenlever, qu'auginenter l'irritation et rinflammâtibn déjà existantes. - *

4l8 pB I.A RESPIRATION.

• Le rire n^est qu'une suite d'iospirations et d'expirations très-courtes et très-fréquentes. Dans le hoquet 9 l'air rapidement attiré, entre arec peine dans le larynx , à cause du resserrement spasmodique de la glotte ; chassé a^ec liolence , il heurte avec {oTce les côtés de cette ouverture ; de là le bruit particulier qui l'accompagne.

Nous expliquerons ailleurs le mécanisme de la succion , de Tanhélation , et des efforts par lesquels les muscles de la poitrine fixent les parois de celte cavité , afin qu'elle puisse servir de point d'appui pour l'action des entres muscles du tronc et des membres.

La respiration sert encore & la formation de, la voix ; mais nous traiterons , dans un chapitre séparé, de ce son et des différentes modifications dont il est susceptible.

LXXXYII. Trampiratian euianée. Une sapeur abondante exhale continuellement de toute la surface do corp^y et porte le nom de transpiration insensible , lorsqtie , réduit^ en gaz par l'air qui la dissout, ellç échappe k notre vue» tandis qu'on l'appelle speur , quand , plus abondante , die coule sous forme liquide. La weur ne diffère donc de la transpiration in^nsiblci que par l'état sous lequel elle se. présente , et il suffît^ pour la produire, que Tair ne puisse vaporiser cette dernière, soit que la.peau en sécrète davantage que de cou» tume , ou que l'atmosphère , trop humide , soit trop peu dissolvante. La transpiration insensibls

DE LA RKSPIRATIOK. 4^9

s'échappe sans cesse parles înnombrablea porosités dont sont criblées les parois des artérioles qui se distribuent dans les tégumens; elle suinte dans les interstices des écailles épidermoïques ; la <K>uche d*air qui enveloppe habituellement notre corps, s'en charge et lemporté à mesure qu'elle se renou* velle. La plus grande ressemblance existe entre la transpiration cutanée et la transpiration pulmonaire; toutes deux sont de simples exhalations artérielles; et la membrane muqujeuse qui tapisse rintérieur des voies aériennes , n'est aotre chose que la peau qui s'est prolongée dans ces organes en même temps que dans le tube digestif. La surface d'où s'exhale la transpiration cutanée, est un peu moins grande que celle d'où aelèv^j||^ trans^ piratipo pulmonaire, puisqu'on ne l'évalue qu'à quinze pieds carrés dans un homme de moyenne «tature. Ces deux sécrétions se remplacent mutuellement; l'aulgmentation de l'une entraîne asses .constamment une diminution sensible dans la quantité de l'autre. Enfin , la membrane muqueuse du conduit intestinal , outre les mucosités qu'elle décrète , exhale un liquide qui augmente beaucoup de quantité , lorsque la transpiration cuta^ oée lafîguit, comme le prouvent les diarrhées séreuses ^ si souvent occasionnées par la transpi«i' ration supprimée. Cependant il faut avouer que ^ malgré .ces analogies de structure et d'usages entre la peau et les membranes muqueuses, il existe une liaison pçut-étre encore plus étroite, eatre son

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action et celle des organes sécrëtoîres de Turiné ; on a de tout temps observe que lorsque ce dernier liquide est moins abondant , il siort par la peau une plus grande quantité de fluides, et vice i^ersd, ^Si l'on examine , à Taide d un microscope , le corps* nu, exposé dans l'été aux rayons d'un soleil ardent, il paroît enveloppéd'un nuage vaporeux, qîii se dissipe en-s'écartànt de la surface. Et si le corps est au-devant d'un mur récemment blanchi, l'œil aperçoit facilement l'ombre produite par cette émanalion. On peut encore s'-assurer de l'existence de la transpiration par l'expérience suivante: Approchez , à la distance d'une ligne , le bout du doigt, d'une glace , ou de tout. autre corps bien poli, Di|tttôt la surface en est ternie par une var* peur condensée en gouttelettes extrêmement fines, qui se dissipent lorsqu'on retire le doigt. On s'âs-^ sure , de cette manière / que la transpiration est plus ou moins abondante dans les différentes parties de la surface du corps , puisque le dos de la main, présenté à une glace, ne la couvre d'aucune vapeur.

Aucune fonction de l'économie animale n'a été le sujet de plus de travaux , n'a exercé le zèle de médecins, plus exacts à la fois et plus infatigables ^ que la sécrétion dont nous parlons. Depuis Sanctorius, qui, au commencement du dix*septieme siècle, publia, dans un ouvrage immortel (JMe^ dicina staiica)^ le fruit de trente années d'expériences, suivies avec une patience qui trouver»

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peiî d*imitateur8^ jusqu'à Lavoisier, qui, conjointement avec Seguin, examina de nouveau la trons^ piration insensible, en s'atdant des secours que lui fournissoit la chimie perfectionnée ; on trouva Dodart, qui, en 1668, communiqua à Tacadémie des sciences, nouvellement fondée y le .résultat de ses observations faites à Paris sous un climat différent de celui de Venise , patrie de Sanctorius ; Keil, Robinson et Rye, qui répétèrent les mêmes expérierfces en Angleterre et en Irlande ^ Linnings , qui fit les siennes dans la Caroline méridionale, et plusieurs autres savans non moins recommandablea, tels que Gorter, Hartman , Arbuthnot, Takenius, Winslow, Haller, eid qui, tous, ont eu pour but de déterminer plus exactement, que ne Tavoit fait Sanctorius, les différences que la transpiration peut offrir , suivant le climat , la saison de Tannée, Tâge, le sexe, Tétat de santé ou de maladie, Theurede la journée, et Tabon-* dance des autres sécrétions.

Selon Sanctorius, de huit livres d'alimens sohdeset liquides, pris en vingt*quatre heures, cinq se dissipent par la transpiration , et trois seulement par les excrémens.et les urines^ Haller accuse ce calcul d'|xagération. Cependant Dodart Tavoit porté plus loin encore , en disant que le rapport de la transpiration aux excrémens solides étoit comme 7:1.

En France , et sous les zones tempérées , ki quantité de la transpiration ijisensible ne diffère

|[uère de celle des urines : on peut restimer de deux k quatre livrés dans l'espace de vingt-quatre heure&r On transpire plus en été qu'en hiver, saison pendant laquelle on urine aussi davantage. La transpiration , comme tou,tes les autres sécrétions , est aussi moindre pendant le sommeil que durant la veille , dans la vieillesse qiie dans Fenfance , chez les individus foibles ^ et par un temps humide, que dans des circonstances opposées.

On peut dire que la transpiration est en raison composée de la forx?e avec laquelle le cœur pro^ jette le sang dans les artérioles capillaires , de Ténergie vitale de l'organe cutané, et de la faculté |)lu$ ou moins dissolvante de l'atmosphère. Le» hommes les plus forts et \e& plus robustes , sont aussi ceux qui transpirent davantage : certaines portions de la peau transpirent plus que d'antres; c'est ce que Ton voit à la paume des mains et à la plante dfs pieds, au creux des aisselles, etc. Lorsque l'air est chaud, sec, et fréquemment renouvelé , Ton perd plus par la peau ; et le besoin de se restaurer par des alimens liquides , est plus impérieux et se fait plus fréquemment sentir. On sait qu'il suffit , en été , de passer du soleil à l'ombre pour suer abondai^ment. Jamais Ton ne se met plus aisément en sueur, que lorsqu'on se livre à quelque exercice dans les jours d'été; lorsqu'aux approches d'un orage, l'atmosphère ^ chargée de vapeurs, échauffée par les rayons d'un soleil qui se montra par intervalles environné de

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nuages, ne peut dissoudre la matière de là transpiration insenrible.

La sueur peut remplacer la transpiration, sans que la peau sécrète davantage; il suffit , pour cela, que Tair soit humide et peu renouvelé. Cependant , on doit convenir que la sueur est le plus souvent due à Taugmentation de la trânspiratioA insensible , etque la chaleur du lit qui la provoque , agit en excitant les forces d^s organes circulatoires et.rénergie du système cutané. Les stiettrs affoiblissênt ; effet que ne produit guère la transpiration insensible. Une sueur excessive jette celui qui l'éprouve dans un prompt éjiùfsètWènt : c'est àinri que, dans la fièvre heetiquë, là sùetié et àùtre^ affections non moins formidables , elle est la cause évidente d'une consôiUptiôii |)te^tié toujours mprtelle.

La matière de la transpitcition itiseiisibleet de là sueur, est en grande pattie aqueuse. i4^sé2 ahaflogue à l'utine , elle tient en di^éolùtion plusieurs sets , les débris volatilisés de la subétance animale ; quelquefois même des dtides, comme dans lé cSs ou M. Berthollet y rectinùut l'afciHe phdéphorique , chez les enfans verttiitièu*, leé fenïtiies èn^ ceintes, les noufrioes, d^ns lesquelles le corps ei^hale lane ddeur manifesitemfent acide. Enfin, elle petit ciontenir de l'ammoniaqiié : I odorat ^ dans certaines circonstances, indique la présence de cet dtkali dans les sueurs ou dans là transpiration.

La couche d'air, au milieu de laquelle notre corps est habituellement plongé , n'a pas seulement pour usage de dissoudre la vapeur aqueuse qui s'en ëlèye ; plusieurs physiologistes conjecturent , avec beaucoup de vraisemblance, que Toxi* gène de l'atmosphère peut se combiner avec le carbone du sang apporté à. Tenveloppe commune par les nombreux vaisseaux qui s'y rendent^ aussi bien qu'avec la gélatine qui forme la substance du réseau muqueux de Malpighi.

Les expériences de Jurine , de Tingry,el de quelques autres physiciens, prouvent qu'il y a production continuelle d'acide carbonique à la surface de la peau ; en sorte qu'on peut la regarder cotame un organe supplémentaire à l'égard de ceux de la respiration ; et sous ce point de vue , on peut lui comparer les membranes muqueuses qui sont en contact avec Fair atmosphérique dans les fosses nasales et le conduit intestinal qu'elles tapissent.

La transpiration est encore , coinme.nous l'avons dit ailleurs, un puissant moyen de refroidissement , à l'aide duquel la nature maintientle corps vivant dans un degré de chaleur uniforme. L'eau qui s'exhale de toute la surface du corps, lui enlève , en se vaporisant , une grande quantité de calorique; et Ton observe que toute cause qui augmente le dégagement de ce principe ,. produit en même; temps un .accroissement proportionnel dans la tr^pspiration cutanée et pulmonaire en sorte qu'un équilibre constant étant maintenu

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entre sa production et sa perte , la chaleur animale doit toujours rester à peu près la même.'

Enfin , les extrémités des nerfs qui se.terminent dans les organes de nos sensations, sont toutes liumectées par une liqueur plus ou nnoins abon* dante, qui les maintient dans Tétat de mollesse favorable à Texercice de leurs fonctions. Il étoit 'également nécessaire que la membrane dans kquelle le sens du toucher réside, fût habituellement baignée et ramollie par une humeur qui la tra- Tecse dans tous ses points. Cet usage de la' traii^ piration insensible n'est pas moins important à apprécier que les précédens , sur lesquels Tattenlion des physiologistes s'est principalement arrêtée.

4^6 BSS siCRÉTIONS.

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