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CHAPITRE V

Oes Sécrétions.

LXXXyin. Z)ss Uqueun animales. L'ancienne distinction des liqueurs animales en récrémentirtielles^ escrémentiiielles et excfémentth-réerémen' tiiielles, établie diaprés les usages auxquds ^es sont destinées , est préférable à celles qu'on a touIu lui substituer , et dans lesquelles on se propose de les classer d'après leur nature.

Les premières restent dans le «corps, et sont employées à sa nourriture et k son accroissement : telles le chyle , le sang , la sénasitë qui lubréfie la

#urÊice de la plèvre, du péritoine et des autres membranes de cette espèce. Les secondes sont rejetées hors de nous, et ne peuvent y séjourner long-temps sans danger : telles burine, ta matière de la transpiration insensible et de la sueur. Enfin , celles de la troisième classe tiennent des deux précédentes, et sont rejetées en partie hors de nous, tandis qu'upe autre portion est retenue , et sert a Tentretien et à la réparation des organes : telles la saliTe, la bile, les mucosités intestinales, etc. Si Ton se pîquoit d'une exactitude scrupuleuse, on regarderoît comme récrémento-excréraentitielles toutes les humeurs animales. Le chyle et le sang ,

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ces liqneurs éminemment nutritives, sont chargé» de parties hétérogènes et excr^mentitielles; Furine^ qui, (le toutes nos liqueurs , mérite le mieux cette dernière dénomination , contient encore des parties aqueuses , que les lymphatiques abso|*beut et reportent dans la masse des humeurs, pendant son séjour dans la vessie. ^

De toutes les divisions modernes, la meilleure est celle de M. Fourcroy : elle est bien préférable, comme Ta reconnu Vicq-d'Azir , à celle que Hallelr a publiée dans sa Physiologie. M. Fourcroy, reconnoit six classes d*humeurs : 1^. celles qui tien«f> nent des sels en dissolution, telles que la sueur, Turine; il les nomme salines; 3°« les fluides huirleux inflammables , qui ont tous un certain degré de consistance et de concrescibilité; de ce nombre sont la graisse , le cértimen des oreilles , etc« 3^. les liqueurs sappnneuses ^ telles que la bile et le lait; 4^. lès humeurs tnuqiMUseê ^ comme celles qui lubréfient la surface interne du tube intestinal; 5^. les humeurs ûlbumifieu^fis , parmi lesquelles on doit rai3ger le sérum du sang ; 6^. les huiiieurs fibririeuseê, telles que ce dernier fluide.

A inesure que la chimie animale fait des progrès, les défauts des divisions deviennent de ^us en plus sensibles. Enfin , les liquides animaux sont tellement composés , qu'il n'en est auiiin qui n'appartienne à la fois à plusieurs ordres , et dans le-^ quel l'élément prédominant ne se trouve quelquefols en quantité inférieure à celle d'autres maté*

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riaux qui , dans Tétat ordinaire , n^en forment qu'une pluafoible pprtion.

LXKXIX. Du sang. Le sang esl le reserroir ou la 5K>urce commune des humeurs; mais elles n'existent point dans ce liquide arec les propriétés qui les caractérisent : on ne les y trouve point toutes formées, à moins que, préparées par les organes sécréloires , elles n'aient été absorbées par les lymphatiques, et rapportées ayec la lymphe et le cliyle dans le système circulatoire. Etudions un moment sa nature , malgré que cette connoissance soit plus spécialement du domaine de la chimie. Rouge dans Thomme, dans tous les ani« maux où il est chaud , et même dans quelques-uns de ceux chez lesquels sa température n'est pas sensiblement différente de celle de l'atmosphère (les poissons et les reptiles); cette couleur , plus ou moins foncée, suivant qu'on l'examine retiré des Teines ou des artères, varie, quant à son intensité^ dans les divers états de foiblesse ou de force. Il est d'un rouge vif dans les individus pleins d'énergie et de vigueur , pâle et décoloré chez |es hydropiques, et dans tous les casoù la constitution est plus ou moins affoiblie. On peut, à sa couleur, juger fie toutes ses autres propriétés : sa consistance visqueuse est d'autant plus grande , sa saveur salée d'aut^mi plus marquée, son odeur spécifique et fragrante d'autant plus forte , qu'il est plus coloré. Cette couleur est due à la présence d'un nombre prodigieux de molécules globulaires qui roulent

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«t nagent dans un véhicule aqueux et trè»-fltrtde. Quand le sang pâlit , la quantité de ces moftfcules diminue : elles semblent se dissoudre dans les ca* chexies.

Leur volume, leur figure n'ont pu être déterminés par l'inspection microscopique , seul moyen de les apercevoir. Leuvenhoek, qui a donné l'idée de leur prodigieuse ténuité, en estimant leur volume à la millionième partie d'un pouce, les croyôit spfaériques; Hewson dit qu'elles sont annulaires et percées d'un trou central. D'autres les comparent à une lentille aplatie , qui , dans son milieu , pré« senteroit une tache obscure. Du reste . elles sont solides et formées d'un noyau ou point rouge , recouvert par une vésicule membraneuse qui paroit se former et se détruire avec facilité.

XC. Retire de ses vaisseaux et reçu dans un vase, le sang laisse exhaler, en perdant sa chaleur ,^ une Tapeur aqueuse, fortement odorante ; et , suivant quelques-uns (Moscliti, Rosa, etc.), un gaz au* quel il doit toutes ses propriétés vitales , et dont la perte le réduit à l'état de cadavre; ce qui fait que son analyse ne peut fournir des données utiles et applicables à l'explication des phénomènes de la santé et des maladies. Cette odeur, extrêmement forte dans les carnivores, est assez prononcée chez l'homme , surtout dans le sang des artères. Je me rappelle l'avoir conservée pendant tout un jour dans la gorge, après avoir levé un appareil, et arrêté une hémorragie qui dépendoit du relâ-

4So DES séCRéTIONS.

chement des ligatures, huit jours après ropératîon 4e l'arfëvrisme k l'artère poplitée. Si , en l'agitant, on ne prévient sa coagulation , à mesura qu'il se refroidit , sa consistance augmente , et , livré aa repos, il se sépare en deux parties \}wn difler^ntes, Tune aqueuse , plus ou moins rougie , plus pesante que l'eau commune, manifestement sa}ée« C'est le sérum , form^ d'eau qui iient en dissolution de l'albumine , de la gélatine 9 de la soude • des phosphates et des muriatéa de soqd^ » du nitrate de potasse et du muri^te de çhaiiv.

Qupiqu'^n^Iogu^ au M^po d'o^nf , le ^érum en diffère, parce qu'^n se çoocrétapt^ il fprme une masse moins boniogèpe et moins solide. Valbamine y e^t manifestement mêlée d'une portion de gélatine transparente et npn qoagulable par la chaleur» L'avidité de l'albumine pour l'pxigène autorise à pi^sumer qu'à travers les parois très^minces des véhicules aériennes des poumona , le sérum absorbe et s'empare de cç principe , et donne au sang artériel Tétat écumeux qui forme une de sss qualités distinctives. Cette o^idation» ainsi que la fixation du calorique qui l'accompagne , augmeotant également sa consistance. Cependant elle ne se concrète pas , 'parce qu'elle est perpétuellement battue et agitée par les forces circulatoires , parce qu'une suffisante quantité d'eau l'étend et la délaye; parce que la chaleur animale , qui ne s'élève jamais au-dessus de 3d à 5é degrés , ne peut solidifier 1 albumine y qui ne $e prend qu'au ôo' (thermomètre

PSS SÉCEéTlpNS« 4?1

de Rëaumur) ; et enfin , parce que le sërum contenant une certaine quantité de soude à nu , qui lui donne la propriété de verdir les couleurs bleues végétales, cet alkali concourt à maintenir la dissolution de l'albumine, qu'il fluidifie lorsque les acides 9 l'alkool ou la chaleur l'ont eoncrétée.

Au milieu du sërum et à sa surface , flotte un gâteau rouge , spongieux , solide (insula rubra) , que l'on sépare par des lavages répétés , en deux parties biçn distinctes. L'une est le cruor ou la partie colorante que Teau entraine ; c'est une albu« mine jilus oxigénée et plus concrescible que celle du sérum; elle tient en dissolution de la soude, ain^ que du phosphate de fer , avec expès de fer.

L'autre est une substance solide, fibrineuse , quf , blanchie par des lotions multipliées , présente l'aspect d*un feutre , dont les filamens entrecroisés sont extensibles et trèsr-élastiques. On doAne le nom de fibrine à cette troisième partie du sang. £11^ est d'une nature trèsrsemblable à la fibre musculaire, et, distillée, donne, comme elle, une grande quantité de carbonate ammoniacal. La fibrine n'existe point dans le sang sous sa forme solide ; elle s'y trouve fendue et mêlée aux autres parties constituantes du liquide , comme l'indique rheu-* reuse expression de chair coulante > dont Bordeu , en parlant du sang , s'est servi le premier.

XCL Si l'on traite le sang par le feu, qu'on le calcine , qu'ion le pulvérise , et qu'on présente à cette substance ainsi porphyrisée , une pierre d'ai-

'43s DES sécRl&TIOKS.

manty Fattraction magnétique y démontre la pré' aence du fer. Les auteurs sont peu d'accord sur la quantité de ce métal que le sang peut contenir. AI enghini pense qu'il en fait la centième partie ; d'autres soutiennent que sa proportion est de i à 5o3 : ce qui porte à croire que ce principe constituant du sang, comme les matériaux de tous nos liquides , peut varier en quantité , suivant une foule de circonstances.

Blumembach observe , avec justesse , que Toa ne trouve du fer que dans le sang calciné ; qu'il n'en présente point si on l'abandonne à une lente dessiccation. Cette particularité ne doit plus surprendre , depuis que M. Fourcroy a fait voir que lé fer existoit dans le sang combiné avec l'acide phosphorique , et formoit avec cet acide un phosphate de fer , avec excès de base. Ce sel se décompose par la calcination ; le fer reste à nu , et devient attirable à l'aimant. Les physiologistes regardent le fer oxidé et existant dans le sang , comme la cause de la coloration de ce liquide.

Aujourd'hui, on doit reconndître que sa cou-* leur rouge est due à la présence du phosphate de fer qui , arrivé blanc dans leisang, avec le chyle qui lui sert de véhicule , y trouve la soude à nu qui le dissout et le colore, et' à l'oxidation de la portion métallique qui se trouve en excès dans ce sel. C'est dans cette dissolution du phosphate de fer par la soude, dans l'oxidation du fer excédant, et dans l'abâorption de i'oxigène par l'albu-

DES âéCRÉTÎONâ» 4^3

tnine , pendant l'acte respiratoire / cjùe ' consiste principalement Vhéntatose ou la sanguijication ^ dont les poumons sont Içs principaux ôrgàneSà '

La proportion respective des trois parties en lesquelles le sang se sépare spontanément / es£ très-variable. Le sérum peut former, depuis la moitié jusqu'aux trois quarts du liquidé; là partie colorante et la fibrine sont, Tune 9t T'atttre, eiï quantité inverse de la sérosité, etl'on observe que plus la couleur du sang est éclatante «t vermeille; plus la proportion.de la partie fibreuse est 'considérable. Le sang pâle , aqueux , décoloré d'un hydropiqué , contient peu de fibrine. Dans la fievre putride ou adynamique, maladie dans laquelle la saignée est, comme on sait, formellement contre- indiquée , j'ai vu quelquefois le sang, peu riche en fibrine , et* très^leiit à se coaguler : sa texture^ paroissoit resseiÂtir Tatteiitte qu'avoient reçue si évidemmetit les organes m\rscu4aires; Dans les maladies inflammatoires, au contraire, la force plastique du sang est augmentée ; la fibrine forme uine masse plus considérable ; l'albumine elle-* même se coagule spontanément, et forme une cnuenrie au-dessus du sérùrri\ toujours i^oins abondant.

XCII. Des altérations du «ang. Non seulement les humeurs s'altèrent, changent de composition, de qualité et de nature , lorsque- l'action des solides éprouve elle-même quelque altération ; mais «ncore le système absorbant peut introduire dané il 28

la mafise de nos liquides, des principes hëlëro-* gènes , source éridente de plusieurs maladies. C'est de cette manière que se transmettent tous les principes d^ contagion p tes virus de la petiteyëroloi de la syphilis , de la pesie, etc. C'est ainsi qu'à la longue , l'usage habituel des mêmes alimens produit dans nos humeurs une cràse , ou compof iticoi particulière , laquelle a , sur les solides organisé^ , une influence qui peut s'étendre jusq.u'au moral*

. La diète purement végétale porte daqs le sang , selon Pythagore , des principes doux et tempérés; ce fluide excite modérément les organes ^ et cette mesure, dans l'excitation physique de l'individu, rend pour lui plus facile l'observation des loix de la tempérance , source preijpière de toutes les vertus. Ces observations de l'ancienne philosophie sur l'ii^uence du régime , ont sans doute conduit leurs auteurs à des résultats exagérés ; mais on ne doit point non plus les regarder coname €out-àfait dépourvues de fondemens solides. .Les espèces carnivores se distinguent par leur force , leur courage , leur turbulence , leur férocité ; les peuples sauvages et chasseurs, qui se nourrissent de chairs crues, sanglantes et palpitantes 9 sont les plus féffoces des hommes.; et parmi nous» au milieu de cfes scèjsies d'horreur dont nous avons été longt^tmps témoins et victimes , on a remarqué que Jes bouchers figuroieut comme principaux acteurs dans lies massacres et dans tous les actes d atro^

OfiS SiCRBTtONS^ 435

tiié et de barbarie. Je sais bien qu'on a^ expliqué tce fait constant^ en disant que l'habitude du sang e^ du meurtre des animaux, les avoit accoutumes à verser le sang des hommes ; mais sans rejeter cette cause morale ^ qui est très-rëelie ^ je pense qu'on doit y ajouter ^ comme cause physiqne^ l'usage journalier et abondant des substances ani-^ maies , l'air chargé d'émanations de la même espace , au milieu duquel ils vivent , qui les pé^ tiètre et contribue à lenrdonntr un embonpoint ^ quelquefois excessif^

La plastieité ^ la coticrescibilitë du sang dimi«» nuaiit dans tontes les maladies asthéniques , ou par débilité, telles qne les fièv^s putride^, le scorbut y deux causes doivent être asfivgnées aux hémorragies qui surviennent dans ces maladies ^ savoir f te reiâchement des vaisseaux et la disso^ iutioti du liquide/ Dans le scorbnt^ te ti^su des c^pillaiti^ edt relâché ^ ses mailles agrandies , le sang passe ^ouge dans ces vaisseaux y «ranssude à travers^ lettre parois et forme les taches scorbu* tiqw^s. 3'ai vu quelquefois ces ecchymoses ou tran» sudations sanguines cutanées s'étendre à la peau de tout le membre inférieur. Les pétécbies , dans la fièvre putride, se forment delà même manière ^ dépf'nd^c égï^lement du relâchement des pe^ tits vaisseaux 5 et de la plus grande liqt^factioti du sang dont les «îolécules sont ihoins- cohe<* rentes et s'a:bândouiietit à une disgrégation pliis facile.

4^6 DBS SÉCRÉTIONS.

J'ai fait, dans l'été de l'an 1 80 1, l'amputation du bras à- un vieillard sexagénaire, pour un ulcère rongeant) et variqueux qui y depuis trente années , Ojccupoitune^ partie deia surface de l'avant-bras, et se prolonjgeoit jusqu'au coude. Tous les assis^ tan$^ remarquèrent que Le liquide , sortant des artères éloit bien moins rouge que celui que fournissoienf les mêmes vaisseaux sur un jeune homme à. qui la cuisse venoit â'étre amputée po.ur une carie scrôphuleust de ia: jatnbe; et que le sang veineux étoit totalement dissous, violacé et sem* l>lable à. une teinture légère de bois dé Brésil. Ce sang ne 3e. coagula point, comme celui du jeune sujpt, onle vjt se liquéfier, et se résoudre en xune sérosité, chargée de quelques grumeaux peu dolorés. » »

. Ceux qui ont cherché-, dans les altérations du sang et des liquides , la cause de toutes les maladie3 9 sont tombés dans des erreurs. aussi graves que les soUdistes outrés^ qui professent que toute znàladie nait du dérangement d'action dans les solides , et que toute altération des 'humeurs est consécutive à ce dérangement. Les partisans.de la médecine humorale ont;,.<certainement, été trop loin ; ils ont adnrïs dans les liquides animaux, des états d^acitliié^ d'a/ialescence ^ d'acrimonie, etc. dont rien ne peut prouver lexistence. Les solidîstes ont été également aiu-^eià de la .vérité , en disant, que .toute altération ,primitive dfes liquides étoit imagiuaire , et que la médecine humorale

DES iSÉGtliTION^. ik^^

n'avoit aucune base certaine. Stahl rapporte (i) que le sang d'une jeune femme qu'on saigna pendant un paroxysme d'épilepsie , étoit absolument coagule, comme si le liquide eût partagé la^ rondeur des orgames musculaires* Quelques auteurs disent avoir vérifié cette observation ; mais je n'ai jamais pu apercevoir de différence sensible entre le sang d'un épileptique et celui d'un autre indi* vidu du même tempérament , du même âge', soumis au même régime ; et remarquez que pour faille une comparaison «ûre de nos humeurs, il faut que tout, dans lés individus qui les fournissent , soit semblable , à l'exception de la différence que Ton veut apprécier. En effet, le sang n'a pas exactement le même aspect , ne se coagule point de la même manière, lorsqu'on le ùvp d'un enfant ^ d'une femme , d'uh vieillard, d'un homme qui vit •dans l'abstinence, d'un individu qui use d'une nourriture abondante, etc.

A la suite des altérations du sang, on pourroit placer celles dont sont susceptibles les humeurs qui en émanent, noter ras|>ect le plus souvent jaunâtre, mais quelquefois aussi verdâtre , por-racé et même noirâtre, sous lequel se présente la hWe plus ou moins amère; la limpidité des urines qui passent, sans odeur, sans couleur, sans saveur , à la suite d'une vive frayeur ou dans l'accès convulsif des femmes vaporeuses, la fétidité,

mmmmmmmmÊÈi

(i) Theona tn^ca vera , pag. 67%

'438 DES sécRixiONS.

la YÎscositë de la salive , quand le laercure airecte les glandes salivaires ; Tétat laiteux de la sérosité qui lubréfie les parois de Tabdomeo et les viscères qui y sont renfermés a la suite des inflamma* tions du péritoine ; idtératicms qui dépendent presque toujours d'un * érangement dans Tactioa de Torgane sécréteur , et quelquefois aussi de la dispôsitioii générale des humeurs; car une glande ne peut décréter un liquide doué des qualités qui le caractérisent , qu'autant que le sang lui en four* nit le$ matériaux, et qu'elle est en même temps disposé^ à en opérer le mélange convenable* lïous traiterons , à Tartiele des sécrétions accidentelles, de quelques « uns dd ces vices des humeurs dépendans de la dépravation des organes sécré^ toires.

XCIII, De la transfusion du sang. Au milieu des disputes que fit naître la découverte de la circu* lation 9 quelques médecins conçurent Tidée de renouveler en entier la masse des humeurs dans les individus chez lesquels on les aupposoit altérées, en remplissant leurs vaisseaux du sang d'un animal ou de celui d'une autre personne bien portante* Richard Lower^ connu par son Traité du Cœur, l'exécuta le premier sur des chiens, en j665. Deux années plus tard , ia transfusion fut faite à Paris sur des hommes; lou en conçut d'abord la plus haule espérance : on crut que , par ce procédé nouveau^ auquel on donnera le nom de ekirurgie transjuaoire , toua^ les. remèdes allaient devenir

inutiles; qu'il suffirait désormais, pour guérir les maux les plus graves et les plus invétérés, de faire passer le sang d'un homme vigoureux et sain dans les veines des malades : on alla même plus low ; et réalisant en espoir la fontaine fabuleuse de Jouvence, on ne se promettoit rien moins que de r»* jeunir les vieillards par le sang des jeunes, et de perpétuer ainsi la durée de la vie. Toutes ces bril* laiites chimères ne tardèrent pas à ^'évanouir. Quelques hommes soutinrent Teipérience , sans en éprouver aucun, bien remarquable, d'autres furent agités d'un délire furieux; un jeune garçon de quinze ans <levint stopide après deux mois d'une fièvre aiguë. L'autorité publique intervint > et défendit ces entreprises dangereuses»

Les expériences relatives à la transfusion du sang furent répétées sans succès à l'académie des sciences. Perrault y combattit cette nouvelle mé« thode , et prouva qo^il étoit bien difficile qu'un animal s'acoommodàt du sang d un autre animal ; que ce liquide , quoiqu'en apparence semblable 4 lui-même dans un individu du même âge, diffé-* rait autant que les traits de leur visage , leur ca«ractère, et'C. qu'ainsi on introduisoit un liquide étran^r, qui , portant aux organes une irritation à laquelle ils ne sont point accoutumés , devoit sus* citer mille désordres dans leur action ; que si l'on oppose, ajoute c*e médecin judicieux, l'exemple des greffes, où le suc d'un arbre en nouri^t un autre de différente espèce, irest aisé de répoudre

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que la végétation ne dépend ni d'un si grand appa-reil de mécanique , ni d'une mécanique si fine que la nutrition des animaux , et qu'on peut bâtir une cabane avec toutes sortes de pierres prises au hasard , au lieu que, pour un palais, il faut des •pierres taillées exprès , de sorte qu'une pierre destinée à une Yoûte , ne peut servir ni à un mur, ni -même à une autre voûte (i).

. On.pourroit, au moyen d'un tube recourbé, faire passer, avec facilité, le sang artériel d'un animal dont on ouvriroit la carotide , dans la veine saphène d'un homme, dans la jugulaire interne , ou dans quelqu'une des veines sous-tcutanées de Tavant-bras; mais les expériences sur les animaux vivans, font présumer qu'il seroit extrêmement difficile de le pousser dans les artères. Ces vaisseaux, pleins.de sang pendant la vie, résistent k une distension ultérieure. . Les capillaires qui les terminent se crispent, se resserrent et refusent de se laisser pénétrer par un fluide qui ne les affecte pas suivant leur mode de sensibilité. C'est ce qu'a expérimenté le professeur Bu'niva. Il a vu que les vaisseaux d'un veau vivant n'admettent facilement le fluide qu'on y pousse , qu'au moment où on tue l'animal, en déchirant la partie supérieure de la moelle épioière. On a cherché à utiliser lesltentatives sur la transfusion , en réduisant ce procédé à l'injection des substances médicamenteuses dans ., — i .

(i) Académie royale des Sciences , 1667. Hist, page 37.

DES sécBÉTIONS. * 44^

les veines. Il est remarquable qu^au momeDt où Ton injecte un liquide dans les veines d'un ani* mal , celui-ci exécute des mouvemens de déglutition, comme si la substance étoit prise par la bouche. Tous ces essais sopt trop peu nombreux et trop peu authentiques , pour qu'on puisse les étendre aux hommes. Mais tout porte à croire que , malgré les plus grands ménagemens , on exposeroi t la vie de ceux qui voudroient bien sty soumettre. Il est donc à la fois humain et prudent de s'en ab^enir.

XCIV. Sécrétions. On a dit trop généralement que les organes reçoivent, du sang que les artères leur apportent , les matériaux des liqueurs qu'ils en séparent. Nous avons vu que le foie faisoit, à cette règle générale, une exception remarquable. Les mamelles paroissent également s'y soustraire , et recevoir les élémens laiteux des lymphatiques si nombreux qui entrent dans leur structure (i).

On peut donc dire que les principes de nos liquides peuvent être également fournis, par les vaisseaux de toute espèce, aux organes qui les élaborent. Le mot sécrétion^ quelle que soit son étymologie, exprime cette fonction par laquelle un organe sépare du sang. les matériaux d'une liqueur qui n'existe point dans ce fluide avec ^es propriétés caractéristiques. On ne doit donc pas

( 1 ) Voyez l'article de la Lactation.

44^ * DÉS sécaétioNs.

entendre , par Aecrétîon y la simple séparation d'une liqueur préexistante au travail de Forgane qui la prépare.

XCy. Les différences des liqueurs sécrétées sont visiblenient liées k cdles.que présentent les appareils organiques employés à leur confection. Ainsi y lexhalation artérielle qui se fait dans toute l'étendue des surfaces intérieures entretient leur contiguïté, donne une sérosité albumineuse , qui n'est autre chose que le sérum du sang, foiblement altéré par l'action peu énergique d'iyi appareil d'organisation trè^peu compliquée. L'analyse de l'eau des hydropiques, qui n'est autre chose que la sérosité qui transsude perpétuellement de la surface des membranes séreuses, comme la plèvre et le péritoine , a fait voir que cette liqueur avoit , avec la sérosité du sang , là plus forte ressemblance, et qu'elle n'en différoit que par les proportions variables de l'albumine et des différens sels qu'elle tient en dissolution.

Cette première espèce de sécrétion , cette transsudation perspiratoire , sembleroit donc n'être qu'une simple filtralion d'une liqueur toute formée dans le sang , à travers les porosités des artères. On doit néanmoins y reconnoitre l'action propre des membranes, dont elle lubréfie continuellement la surface. Sans cette action , le sérum resteroit uni aux autres parties constituantes du liquide , trop chaud et trop agité pour qu'elles puissent se séparer spontanément. Le terme

1>ES séCRÉTIONS. 44^

d*exhalatiôfi sous lequel on d^gne celte sécrétion , donne une* idée fausse ; car rexhftUUoii » phénomène purement physique, etqtii exige Tair pour dissoudre le fluide qui s'exhale ^ ne peut avoir lieu entre^ les surfaces absolument conti* guës, etqu'aucuninterTalle ne sépare. Le caractère de ce mode de sécrétion est le défaut de tout intermédiaire entre le vaisseau afférent et le conduit excréteur. Les artérioles et les veinules qui entrent dans la structure des membranes, sont à la fois l'un et Tautre. Quoique très '^ analogue au sérum du sang , Thumeur que sécrètent leA membranes séreuses en diffère néanmoins par une animalisation plus avancée* La fonction la plus importante de ces membranes est donc de concourir au travail commun de Tassimilation; Ttisage qui leur a été long-temps assigné de favoriser les mouvemens des orgaiies qu'elles enveloppent , et dont elles rendent la surface glissante;, paroitra très -secondaire, si Ton réfléchit que la respiration nVst pas gênée par les adhérences que contracte^le poumon avec la plèvre costale , et que d'ailleurs le cerveau qui , dans Tétat d'intégrité "du crâne est parfaitement immobile , est enveloppé de toutes parts par une membrane séreuse, XCVl. Après la transstidation séreuse, qui n'exige qu'une organisation très-simple , vient la •sécrétion qu'opèrent les cryptes , les follicuHs glanduleux , les lacunes muqueuses. Chacune Vie ces petites glandes, que lel membranes qui tapissent

Tintérieur des v4ils dîgestives , aériennes et urinaires, contiennent dans leur épaisseur, et qui, agglomérées , forment les amygdales , les ary ténoîdes, etc. peut être comparée à, une petite bouteille dont le fond est arrondi et le goulot trèscourt : les parois membraneuses de ces cryptes yésiculaires reçoivent une grande quantité de vaisseaux et de nerfs. C'est à l'action particulière dont ces parois sont douées', que doit être rapportée la sécrétion des mucosités que ces glandes fournissent. Moins liquides ,- plus visqueux que la sérosité qui est le produit du premier mode de sécrétion , ces liquides muqueux contiennent plus d'albumine et de sels, diffèrent davantage du sérum du sang, et sont d'une nature plus excrémentitielle. Le fond de ces glandules^itriculaires est tourné vers les parties auxquelles les membranes muqueuses adhèrent ; leur bouche ou goulot s'ouvre à la surface contiguë de ces membranes. Plus ou moins larges ou évasés , ces espèces de conduits excréteurs, toujours très -courts, se réunissent quelquefois , se confondent et s'ouvrent ensemble à l'intérieur des cavités. Ces orifices communs, par lesquels plusieurs glandes muqueuses se dégorgent, sont faciles à apercevoir sur les amygdales, vers les lacunes muqueuses du rectum et de l'urè tre, à la base de la langue , etc. La liqueur albumineuse, qui est versée à l'intérieur de ces cryptes glandulaires', séjourne quelque temps dans leur cavité , et s'épaissit par l'absorption de ses parties

BESSéCRlÉTIONS. 44^

les plus fluides; car il entre aussi des lymphatiques dans la texture de leurâ parois.. Lorsque les surfaces qu'elles garnissent ont besoin d'être humectées, la petite poche se contracte , et vomit, en* quelque manière, la liqueur dont elle est remplie. La sécrétion et Fexcrétion sont favorisées par Tirritation que la présence de l'air, des alimens ou des4jrines , occasionne ; par la compression que ces matières exercent , et enfin par les contractions péristaltiques des plans museuleu:i^ auxquels les membranes muqueuses adhèrent dans toute l'étendue du tube digestif.

XCVII. Les liquides , très-diiférens du sang, exigent, pour leur sécrétion^ des organes dont la structure est plus composée; on nomftieces organas glandes conglotnérées , pour les distinguer des glandes lymphatiques , auxquelles on a assigné la dénomination de conglobées. Ces glandes sont des masses viscérales formées d'un assembliige de nerfs et de vaisseaux de toutes espèces, disposés par pa-quets et réunis par un tissu cellulaire. Une membrane propre ou empruntée de Celles qui tapissent les cavités qui les renferment, en revêt l'extérieur et les isole des organes qui les avoisinent.

L'arrangement intime des diverses parties qui entrent dans la composition des glandes sécrétoires^ la manière dont les artères, les veines^et les nerfs s'y comportent, et suivant laquelle les lymphatiques et les conduits excréteursen naissent, a été le sujet de discussions interminables , et la

44^ DBS séCR]&TIOH5«

bdw deft anciennes théories physiologiqnes. On peut rëdnire.anx choses suÎTantes ce qu'il y a de plus avéré sur ce sujet.

La disposition respective des parties similaires €{ui entrent dans la structure des gbndes , et forment leur substance propre (parenchyme) ( i ) , est différente dans chacune déciles ; ce qui explique les différences qu'elles présentent sous le double rapport de leurs propriétés et de leurs usages.

Les artères ne se continuent pas immédiatement avec les conduits excréteurs, comme le disoît Ruisch ; il n'existe pas non plus des glandes intep-r médiaires entre ces^vaisseaux ; ainsi que le pensoit Malpighi; il paroit plus probable que chaque glande a son tissu crilulaire ou parenchymateux , dans les aréoles duquel les artères ver.sent les matériaux du liquide qu'elle confectionne ou prépare , en vertu d'une force qui lui est propre, et qui fiait

»■ — <M^— ^.■^^il^— —— — ^— — — — .^—1 ^— ■■■ I II »■■■ I I I.

(i) L'aspect différent sons lequel se présente la. substance des organes glanduleux ^ tient-il à ce que les parties nmilairet ' s'entrecroisent de diverses manières et n'existent point dans les mêmes prc^ortions pour chaque glande , ou bien œs différehcrs de couleurs , de densité , etc. à l'aide desquelles on distingue si iaoilemeat la substance dm loie de celle, des giaadet salrvaires » dépendent-eUes de l'exisCence d'un tissu propre à chacun de ces organes ? Cette question est insoluble dans Tetat actuel de l'anatomie. Toutefois, l'opinion qui fait dépendre la diverse nature des glandes de l'arrangement particulier des nerfs et des vaisseaux , des proportions différentes de ces parties constituantes dans la composition de diaettne d'eDcs , parok la plus vraisemblable.

D£S BéCRÉTIONS. 447

8on caractère dUtinctif. Des parois de ces cellules naissent les lymphatiques et les conduits excré-* teurs; et ces deux espèces de yaisseaux absorbent , les uns , le liquide sécrété qu'ils portent dans les réservoirs où il s'accumule , tandis^ que les autres reprennent la partie que Faction de Torgane n'a pu complètement élaborer , ou le résidu de la se* crétion.

XCVIII. Sécrétions accid&nielhs. Si Ton vouloit étendre l'idée que fait naître le terme sécrétion, on pourroit dire que tout s'opère par la voie des sécrétions dans l'économie vivante* Qu'est la di«gestion , sinon la sécrétion ou la séparation de la partie chyleuse ou nutritive des alimçns , de leur portion fécale ou excrémentitielle ? Les absorbans lymphatiques ne concourent-ils pas à cette sécrétion? ne peuvent-ils pas être considérés comme les conduits excréteurs de l'organe digestif, qui agit sur les alimens de la même manière qu'une glande sécrétoire sur le sang qui contient les ma^ tériauxde la liqueur qu'elle doit élaborer? Lares* piration ii'e^ ainsi que nous l'avons vu , qu'une double sécre^n que le poumon opère d'une part , de l'oxigène contenu dans l'air atmosphérique ; et d'autre part, de l'hydrogène et du carbone, de Teau et dès autres principes hétérogènes dont le sang veineux est chargé ; et comme nous le prou-^ verons dans le chapitre qui suit, la nutrition n'est elle-même qu'un mode particulier de sécrétion différent dans chaque organe* Ce n'est donc que

par une Isuite de séparations ou d'analyses souvent trèsrdëlicates et très-compliquées , que les organes parviennent à faire passer les corps étrangers à un tel état de composition qu'ils puissent s'en réparer et s'en accroître.

Tout autorise à croire que les phénomènes des sensations et des mouvemens , au moyen desquels l'homme établit , avec tout ce qui Tentoure, les rapports nécessaires à son e;cistence , sont le résultat des sécrétions dont le sang fournit paiement les matériaux préparés par le cerveau, par les nerfs et par les muscles , etc. Le végétal sépare de la terre , dans laquelle ses racines sont répandues, les sucs qui lui conviennent;, ces sucs forment la sève qui , filtréee dans une multitude de canaux, fournit aux diverses sécrétions dont les produits sont les feuilles, les fleurs, les fruits, des gommes , des huiles essentielles , des acides. Tous les corps organisés sont donc autant de laboratoires dans lesquels de nombreux instrumrens exercent, spontanément ou d'eux-mêmes, des compositions, des décompositions , des synthèses ^es^ analyses, qui peuvent être considérées comme autant de sécrétions faites aux dépens d'une humeur coni' m.une.

Si nous particularisons davantage notre sujet , et si nous ne considérons que l'homme , principal et presque upique objet de notre étude , nous voyons que les espèces de sécrétioes qui peuvent s'opérer en lui , sont extrêmement nombreuses et variées,

&£S SECRETIONS. 449

tjuMl suffit d*un changement d'ëtat dans un de ses organes , pour le transformer en sécrétoire d^ne humeur nouvelle. C'est ainsi que toute inflammation d'une glande quelconque entraine le change* ment de sécrétion dans l'organe affecté. Une portion ék tissu grai^eux atteinte de Finflammation phlegmoneuse , sécrétera, au lieu de graisse, u il fluide blanchâtre , connu sous le nom de pus. La membrane pituitaire enflammée fournira une mucosité qui , plus abondante et plus liquide, revient par degrés à son état naturel, à mesure que le coryza se dissipe ; les membranes séreuses , telles que la plèvre , le péritoine , laisseront exsuder une sérosité plus abondante, plusalbumineuse, quelquefois même une lymphe concrescible , d'autres fois, l'inflammation fait adhérer ensemble leurs surfaces contigués; et comme l'état inflammatoire varie quant à son intensité, la sécrétion accidentelle présentera également des qualités variables; ainsi l'inflammation phlegmoneuse qui doit fournir, lorsqu'elle se termine par suppuration, un fluide blanchâtre, épais, consistant et presque inodore ,'donnera si elle manque de vivacité , un pus séreux , sans couleur et sans consistance , etc. etc. C'est par une cause semblable que les vaisseaux sanguins de la matrice évacuent, chez quelques femmes, un sang foncé en couleur, tandis que, chez d'autres, ils ne laissent couler qu'une sérosité peu ou point sanguinolente.

Le flux menstruel , chez les femmes , est le pro-

4i;5o DBS SECRETIONS»

duit d'une véritable sécrétion qu'opèrent les ca-^

pill<4ires artériels de l'utérus , de la même manière

que ceux dç 1$l mamW^oe pituitaire^ delà mem«

brane de$ broqches , 4^ Qcli^ de l'estomac^ des

intestins, de. l^ve^Çiie y ç^c.l^fj^ent tr^ps^uder, ou

versent abondarpment le 9apg ^ar leur% polies di«

latés , lof çqu'un principe d'^rrit^tiop y a établi son

siège; dans les hémorragie^ nasales, les bémop*

tysies, lies, vorni^ae^iens de. sang, qui n'ont point

pour ç{iuse la rupture d^s vf^isseaux^ produite par

une vioIe;i^ce extérieure. L'fipoplexiQ elle-même ,

sanguine qu séreuse, peut être, dan^ ptuaieurs

cas, rangée au nombre, ^e ces flux séorétoiFes,

dont la matiçre varie suivant l'activité* dont sont

animés lé^ capillaire^ par le$quela ils s'état)lissent.

L'ouvçpture des cadavres décqiivre souvent des

amas de sang ds^ns les ven)tricules du cerveau y chez

les perspnnes qui ont succauibé ^ une attaque d'apo-

plex^e; et cepepdant, l'examen le plua atteatif ne

peut faire apercevoir le plus léger déchirement,.

la moindre rupture ^^ soikdans les veines, soit dans

Ijes artères de l'intérieur du crâne.

XCIX- Les nerfs qui entrent toujours en plus ou moins grand nombre dans la structure des organes sécréteurs, et viennent principalement des grands sympathiques (i), se tero^inant de diverses

:^(i) Ils Tiennent aussi en assez grand nombre des nerfs cérébraux ; c'est ainsi que les glandes salivaires reçoivent de la septième paire, du maxillaire de la cinquième et des nerfs cerricauz»

D£S SECRETIONS. 4(51

manières dans leur substance, donnent à chacun > d'eux une sensibilité particulière, en vertu de laquelle ils reconnoissentdanale sang que les vaisseaux leur apportent , les matériaux de la liqueur qu'ils doivent préparer , et se les approprient par un choix véritable. En outre, ils lesfont jouir d'un mode particulier d'activité , dont l'exercice fait subir à ces élémens séparés une composition propre , et imprime au liquide qui en est le produit, des qualités spécifiques, toujours relatives au mode d'action dont il est le résultat. Ainsi , le foie retient les matériaux de la bile contenus dans le

sang delà veine - porte > travaille, combine ces. matériaux, et en forme la bile, liqueur animale reconnoissable à certaines • propriétés caractéristiques qui doivent éprouver quelques vaoriations, suivant que le sang contient , eu proportion plus ou HK)inft graujdfi 9 les élémens qui entrent dans sa préparation , suivant aussi que la glande est plus ou moins bien disposée k les retenir, et à en opérer le mélange plus ou moins intime. Les qualités de ht bile dépendant du concours de toutes ces circcinstaBces , doiveul présenter autant (ie différences,, que le sang qui eu contient les principes et que l'organe hépatique peuvent olfrir de variétés relatives à la composition de celui-là et au degré d'activité de celui-ci. De*là les altérations du li-^

un très^grand mombre de nerfs, û l'on fait altention an pen de \olùme de ces glandes.

452 DES SËCRETIONd.

quide, altérations dont les plus légères, compa^ tibles avec la santé ^ échappent à l'obsenrateur , tandis que celles qui sont plus complètes et dé* rangent l'ordre naturel des fonctions , se manifestent par des maladieS' dont elles peuvent être regardées comme Teffet , et d'autres fois comme la cause. Ces altérations de la bile (et ce que nous disons ici delasécrétion de ce liquide^ peut s'étendre à presque toutes les sécrétions qui s'opèrent dans l'économie animale) ; ces altérations ne sont jamais portées si loin , que la bile devienne méconnois* sable; elle' conserve plus ou moins ses caractères essentiels et primitifs : jamais elle ne revêt les qua-. lilés d'une autre liqueur, et ne ressemble au sperme , à Turine , à la salive.

L'action des glandes sécrétoires .n'est pas continuelle ; presque toutes sont soumises à des alternatives d'action et de repos; toutes, comme le disoit Bordeu, s'endorment ou se réveillent^ lorsqu'une irritation s'exerce sur elles ou à leur voisinage , et détermine leur action immédiate ou sympathique. Ainsi, la salive se sécrète en plus grande quantité pendant la mastication ; le suc gastrique n'est versé dans l'intérieur de l'estomac que pendant la durée de la digestion stomacale ; lorsque l'estomac est vide d'alimeus, la sécrétion cesse pour s'opérer de nouveau , quand l'introduction d'un nouvel aliment produira Tirritation nécessaire. La bile coule plus abondamment, et la vési* cule du fiel se débarrasse de celle qui la remplit.

DBa SECRETIONS. 4^3

pendant que le duodénum est rempli par la pâte chymeuse , etc.

Lorsqu'un organe sécréteur entre en action , il entraine dans son mouvement les parties qui Tenvironnent ou se trouvent dans son atmosphère (Bordeu). On dit qu'une partie est dans le département de telle ou telle glande , quand elle par<ttcipe au mouvement dont celle-ci est agitée pen« d'ant le temps que dure sa sécrétion , ou lorsqu'elle remplit des usages relatifs au travail dont cette .glande est chargée : ces départemens sont plus ou moins étendus, suivant que l'action des glandes est plus ou moins importante. Ainsi l'on peut dire que la rate et le plus grand nombre des viscères de l'abdomen sont du département du foie , puis* qu'il en reçoit le sang qu'il doit élaborer. Le foie est aussi compris dans la sphère d'activité du duodénum , puisque la réplétion de cet intestin l'irrite , détermine un afflux d'humeurs plus abondant , et une sécrétion de bile plus copieuse.

C. Le sang qui arrose une glande sécrétoire, éprouve, avant d'y arriver, des altérations joré/^draioiires qui le disposent à fournir les matériaux de la liqueur qui doit eu être séparée. Nous avons vu , au chapitre de la Digestion , combien le sang , que la* veine-porte transmet au foie, est propre à la sécrétion de la bile. Nul doute que la portion de ce liquide que portent au testicule les artères spermatiques , longues, grêles et contournées, n'éprouve, en parcourant ces vaisseaux , des modi-

454 i>ES s ECU ÉTIONS.

ficatiotis qui le rendent plus semblable à la liqueui* spermatique , etc.

" La vitesse avec laquelle le sang arrive à an organe , la longueur , le diamètre , la direction ; lés angles de ses vaisseaux , la disposition de' leurs dernières Tamifications qui peuvent être stellées (en étoile) comme dans le foie , sparaginëes (semblables à des rameaux d'asperges) comme dans la rate, frisées comme dans les testicules , etc. sont des cîrconstances dont qn doit tenir compte dans l'examen de • chaque sécrétion, puisque toutes ont quelque influence sur la nature du liquide sécrété, et sur la manière dont la «écrétion s'opère. * • '

La liqueur qui lubréfié toute Tétendue des surfaces niobiles par lesquelles s'articulent les diffé-*rentes pièces du squelette , n'est point exclusivement préparée par les capsules membraneuses- qui enveloppent les articulations. Plusieurs paquets cellulaireà rougeâtres , placés à leur voisinage , coopèrent à cette sécrét^j^in. Quoique ces pelotons celluleux , long- temps regardés comme des glandes synoviales', n'aient pas , avec les glandes conglo^ xnérées , une i*essemblance parfaite , et qu'on n'y puisse démontrer ni graine glanduleux ni conduits excréteurs, on ne peut néanmoins s'empêcher de les considérer comme en remplissant, jusqu'à un certain point, les fonctions; et d'admettre qu'ils ne soient de quelque utilité dans la sécrétion de la synovie* Leur existence est con&tante; leur nombre îBt leur volufne sont toujours proportionnés à rétea»

DBS sécRÉTIONS. ^k^^

due des siirfeces aHîéùrairfs, et à ta fréquêtibè deà mouvemens qtl-^eiécûteht lés ârircUlàtiorîrf Jîû voisinagé desquelles ih Sont places. On lefe retrouvé chez tous les âhimàuir'; pâles fet peu côlôfés sût ceux qui ont gâi'dë un long tepoS; rôtigës^' émînemment vascnlaires, et offrant lëâ ttàtèk d*Ufté sotted ot^asme inflammatoîf'e dans fcéùx ^uî, âtafil la mort, ont e'té forcés à de longues coui*sèS , léS bî«u^s vèi^us à Paris dès provinces éloignées , les bétes fauves long tetùps poursuivie^ par ïéfe cKasseurs; Dsfus l'ankilôse, ils sont ttidifiS tôtiges et plus cottsistans que dans Fétat natuf êl.

LortPS^ii^altîréeS pat l'ittitâtiotl qtfe léS frotté^ mens deti^rminent , le^ humeurs afÀùéiit dé toutes parts Ve^s Une attitulation qui est en moufvemént , n'éprouvéfit-elles point, Wn traVéï*sanl ce* paquets ^landulo^elhilaires y Utiè modification |iarticulière qui léS ifend plus prtïprés à la sécrétixiiï dé la synorvFé? G^ fia seroH pas, dans le ctJr^^s humain, le Seul ettriiple de paf tîés ûbtit Tafètiôtt ii'èst;iqû:e sepofifdMi^ et Côhcùrtertté àf célfes d*arffrés <îrgatiés principalement chargés d'une sécrétion dont les matéristui^ sont contenus dahs lé sdng qiti les tra- .^erse. Oh objectera sans dbtitë cjue cet appareil préparatoire ne se trouve poittt au vmsfîilîtge des gratides dàvités; mais, outre que là rtaturer lôhîmiques et les usages de la synovie ne sont poiift -exactement les mêmes qtte ceux de la liqueur que sécrète la plèvre ou le péritoine; pour être analogues^ deux choses ne sont pas identiques. L'esprit

4^6 DES silaaiTioNs.

bumain, nalurellement paresseux, aime à trouyélr des analogies qui soulagent sa foiblesse et lui épargnent la peine de rechercher les [différences. Je sais bien que, pour prouver que le* mécanisme de la sécrétion sjpoviale , exactement semblable à celui du liquide qui mouil|e Tintérieur des grandes cavités,, n'a besoin , comni^e lui, que d'un simple appareil membraneux, on répète à chaque instant, de mille manières, et jusqu'au dégoût, que la nature , avare de moyens , est prodigue de résultats; qu'elle fait dériver^de la même cause une infinité d'effets différens, etc. mais, sans entreprendre de démontrer l'absurdité reconnue des principes mé-taphysiques dans les sciences naturelles, n'est-îl pas plus raisonnable de reconnoitre, ^vec les philosophes , que la cause priniitive peut se transformer de mille manières , et que ses modifications innombrables , d'où naissent les différences des effets , sont renfermées dans un«. étpndue qui dépasse les bornes étroites de uos conceptions , et à laquelle Tintelligence humaine ne peut assigner de limites?

CI, Lorsqu'une glande est irritée , elle devient un centre de fluxion vers lequel les humeurs affluent de toutes parts; elle se gonfle, se durcit, se contraipte, entre dans une espèce d'érection, se replie sur elle-mcme , et agit sur le sang qu'apportent ses vaisseaux. La sécrétion dépendante d'une force propre et inhérente à l'organe glanduleux, est favorisée par les secousses légères- qu'il reçoit de^

SES SECRET'IOKS. ' 4^7

muscles voisins. La douce pression qi^e ces parties exercent sur les organes glandulaires suffit pour entretenir leur excitement et aider à la séparation et à Texcrétion du liquide. Dans son excellent ouvrage sur les glandes et leur action , Bordeu a bien prouvé que ce n'est point par la compression que les muscles voisins exercent sur elles, que lesglandeS se débarrassent de la liqueur qu'elles ont séparée ; qu'ainsi les physiologistes avoient le plus grand tort de dire que V excrétion d'un liquide n'en étoit que Y expression j et de comparer, sous ce rapport, les glandes à des éponges imbibées d'un fluide dont •elles se vident lorsqu'on les comprime.

Les conduits excréteurs des organes absorbent ou refusent la liqueur séparée, suivant la manière •dont.elle affecte leurs bouches inhalantes ; ces con* duits partageant l'état convulsif de la glande , se redressent sur eux-mêmes et se contractent sur le liquide , pour le chasser au-dehors. Ainsi la salive jaillit quelquefois du conduit de Stenon , à la vue et au souvenir d'un aliment fortement désiré ; ainsi les vésicules séminales et l'urètre (car les réservoirs dans lesquels les humeurs séjournent quelque temps avant d'être mises au-dehors , doi-*vent être regardées comme faisant partie des canaux excréteurs) se contractent, s'érigent et s'al« lougent pour darder au loin la liqueur spermatique.

On a vu les uretères minces et transparens des volatiles se cpntracter sur l'urine , qui , dans ces

'458 DES SECRETIONS»

animaux , se concrète à la faveur de la moindre stagnation.

Après avoir persisté plus ou moins long-temps dans cet état d'excitation, les glandes se relâchent, leur tissu s'afFaise , les sucs cessent de s'y porter en aussi grande abondance ; elles s'endorment et durant le repos elles réparent leur sensibilité , qui se consume par un long travail. On sait qu'une glande trop long-temps stimulée devient, comme toute autre partie, insensible' au stimulus, dont l'application la dessèche et l'épuise.

D'après ce que nous venons de dire touchant le mécanisme, des sécrétions, on voit que celte fonction se partage en trois périodes bien distinctes : i"*. celle de l'irritation , caractérisée par l'accroissement des propriétés vitales et l'arrivée plus abondante des fluides , suite nécessaire de cette excitation ; s*^. le travail de la glande ; c'est la sécrétion proprement dite; 3^. enfin, l'action par laquelle l'organe se débarrasse du fluide qu'il a préparé ; c'e^^t l'excrétion , dernier acte ^ dans lequel il est aidé par les parties voisines. La fluxion , le travail séçrétoire et l'excrétion se succèdent , précédés par l'excitation, cause preùfrière de tous les phénomènes sabséquens. La circulation est d'abord activée , plus de sang arrive et pénètre le tissu de la glande. Le docteur Murât a eu occasion d'ouvrir un grand nombre de vieillards, fautif dans lamaison de Bicétre , et connuspour de grands fumeurs de tabac. Il a constamment observé que

DES sécrétions! kScf

leurs parotides , c'ontîiiuelleraeDt agacées par cet exercice, ëtoient plus Yolumineuses que celles des individus qui ne s'y livroient point, et qu'elles présentoient une rougeur bien remarquable , de'pendante de la pre'sence du sang dont elles e'toient habituellement injectées.'

Quel rôle, jouent les nerfs dans lé mécanisme des sécrétions? ou quelle part doit-on attribuer à Tinflueiîce nerveuse dads l'élaboration des humeurâ fournies par les organes glandulaires? Toutes les glandes qui reçoivent leurs nerfs du système de la vie animale, telles que lesgtandes lacrymales etsalivaires , paroissent , dans certains cas , recevoir du cerveau l'excitation sécrétoire. Le travail de rimâtgination suffit pour la déterminer. C'est ainsi que les paupières se mouillent de larmes involontaires , lorsque l'esprit est occupé d'idées tristes , et que*la boucbe est inondée de salive- par le souvenir d'un mets savoureux. Dans ces cas l'action des nerfs dans le travail sécrétoire , ne sauroit être contestée, il n'en est poiiit toutefois ainsi des glandes conglomérées , qui reçoivent leurs nerfs des grands sympathiques. La sécrétion des reins, du foie, du pancréas, paroît moins influencée par les affections de l'amè , le cerveau n'a d'ailleurs presqu'aucune cothmuAication immédiate avec ces glandes ; leurs nerfs leur viennent presqu'entiè* rement des grands sympathiques, les reins, sur* tout , ne reçoivent aucun filet nerveux de la moelle de Tépine ou du cerveau, aussi,- la sécrétion dé

46o DES séCRÉtlONS.

Turine paroit-elle plus qu'aucune autre indépendante de Tinfluence nerveuse.

Cette multitude d'organes sëcrétoires, incessamment occupes à séparer divers liquides de la masse des humeurs , l'épuiseroient bien vite , si les calculs des physiologistes, sur ce que chaque glande peut fournir , n'étoient pas visiblement exagères. En effet , si l'on admet , avec Haller , que les glandes muqueuses des voies intestinales sécrètent, en vingt-quatre heures, huit livres de mucosités ; que, pendant le même intervalle, les reins sépa* rent quatre livres d'urine ; qu'une ^ale quantité sorte par la transpiration insensible , autant encore par la transpiration pulmonaire ; on perdra chaque jour vingt livres de liquides presque entièrement excrémentitiels; car nous ne faisons entrer dans ce calcul ni les larmes, ni la bile, ni la salive et rhumeur pancréatique, qui rentrent en partie dans le sang après en avoir été séparées, ni la sérosité qui mouille les surfaces intérieures, et qui est purement récrémentitielle.

Cette exagération dans le calcul des humeurs qui sortent chaque jour par les divers émonctoires , tient à ce qu'on a toujours pris le maximum de chaque sécrétion , sans faire attention qu'elles se remplacent et se suppléent mutuellement ; de manière que les urines coulant moins abondam* ment, l'on transpire davantage, et piceversà. On sait qu'un prompt refroidissement de la peau occasionne souvent. des diarrhées opiniâtres; les hu«

meurs , tout à coup refoulées vers le conduit intestinal , devant sortir par les glandes muqueuses, dont Faction se trouve prodigUbsement aug«» mentée.

Cil. On a mis au nombre des glandes certains corps dont Taspect est vraiment glanduleux , mais dont les usages sont encore un mystère. C'est ainsi que la glande thyroïde et le thymus^ organes parenchymateux , dépourvus de conduits excréteurs, quoique recevant beaucoup de vaisseaux, et quelques nerfs, ne paroissent sécréter aucun liquide. Mais le sang , qui est porté en si grande abondance à la glande thyroïde, ne peut-il point éprouver certaines modifications qui , pour n'être pas appré-' ciables, n'en existent pas moins? Les vaisseaux lymphatiques , d'ailleurs , ne peuvent-ils point remplir Toffice des canaux excrétoires , et reporter immédiatement dans la masse du sang, pour y être employé à quelque usage , le liquide qu'a préparé le corps glandulaire ? Les capsules surénales sontclans le même cas : elles ont cependant de plus un réservoir interne , sorte de lacune dont les pa<-. rois sont couvertes d'un enduit visqueux et bru«nâtre que la papsule sécrète, et qui sans doute est porté dans la masse du sang par les lymphatiques qui naissent des parois de sa cavité intérieure.

cm. \ Sécrétion de la graisse dans le tissu cel^ lulaire. Ce tissu lanugineux , qui , répandu dans toutes les parties du corps , sert d'enveloppe à tous nos organes, n'a pas seulement pour usage

j^62 DES SBCRETION8.

de les séparer les uns des autres, d*eii réanir les différentes parties , et de leur servir de lien <x>nimun ; il est ene^^ Torgane sécréteur de la graisse , liqueur animale demi-concrète , huileuse , qui se trouye , dans presque toutes les régions du corps « déposée dans ses innombrables cellules. Les parois membraneuses de ces petites cavités cellulaires reçoivent un grand nombre d'arténcdes sanguines , dans lesquelles la graisse se sépare , p<^tée y par sa légèreté spécifique, à la circonférence de la c<Jonne de sang qui remplit les vaisseaux, et transsude par les ouvertures dont leurs parois sont criblées. Sa quantité , comme sa consistance, varie dans les diverses parties du corps et dans les différens individus ; il en existe au-dessous de la peau une couche épaisse (pannicule gwaisseux) ; elle se trouve abondamment dans les interstices musculaires, le long des vaisseaux sanguins , au voisinage des articulations, et autour de certains organes, comme les yeux , les reins et les mamelles. Celle qui remplit le fond de la cavité orbitaire , et environne le globe de Toeil, est mollasse, et presque fluide; celle qui environne les reins et les grandes articu* Utions , a , au contraire , U dureté d,^ suif. Entre ces deux extrêmes , il existe plusieurs di^és , et Ton peut dire que Thuile animale , dont nous par* loos, ne se ressemble point exactement à ellemême dans deux parties du corps. La température assez élevée du corps vivaut la maintient dans un état de demi-fluidité , comme on peut s'en con-

DES sécR^TIONS. 4^3

vaincre chaque jour dans la pratique des opérations chirurgicales.

Dans certaines parties , elle est même absoIu« meiit liquide ; mais on observe que sa nature a prodigieusement changé , qu'elle ne contient plus rien d'huileux , et ne diffère guère d'une simple gélatine aqueuse. C'est ainsi que le fluide qui rem* plit les cellules du tissu des paupières, des enve« loppes des testicules , etc. 9 été regardé par plusieurs physiologistes comme absolument différent de la graisse. 11 n'est pas inutile d'observer que les lames du tissu spongieux sont dans ces endroits plus extensibles , présentent plus de surface , forment des toiles membraneuses , et circonscrivent de très-grandes cellules , de manière que les différences dans la sécrétion sont parfaitement d'accord avec les variétés de structure. On doit encore re* marquer que l'absence d'une véritable graisse est nécessitée par les fonctions des paupières et de la verge , etc. Outre la difformité qui , dans l'embonpoint, eût résulté de J'augmen ta tion de ces parties, les replis de la peau, n'eussent pu se dédoubler et glisser, comme l'exige l'exercice des fonctions confiées à ces organes. L'on ne troidve jamais de véritable graisse dans l'intérieur ^du crâne, et l'on ne peut s'empêcher d'en reconnoître ici l'utilité. A combien de dangers la vie n'eûtelle pas été exposée , si une humeur, dont les quantités sont aussi variables, et peuvent tripler dans un très-court intervalle, eût pu être déposée dans

464 BES SËCRÉTIONâ.

une cavité exactement remplie par un organe qu'ai'* tère la plus légère compression ?

Dans un homme adulte, d'un médiocre embonpoint, la graisse fait le vingtième du poids du corps -: elle est proportionnellement plus abondante dans les enfans et chez les femmes; car sa quantité est toujours relative au degré <^ énergie des fonctions assimilatrices. Lorsque la digestion et l'absorption se font avec activité , la graisse s'accumule dans le tissu cellulaire; et si l'on fait attention que sa nature est peu animale , qu'elle a la plus frappante analogie avec les huiles retirées de^ végétaux ; qu'elle contient très-peu d'azote el beaucoup d'hydrogène et de carbone , comme tous les corps huileux, puisqu'elle se déôompose, par la distillation , en eau et en acide carbonique, en fournissant une très - petite quantité d'ammoniaque; que sa proportion peut varier à l'infini; qu'elle peut augmenter ou diminuer considérablement^ sans que l'ordre des fonctions soit visiblement dérangé; que les animaux qui passent une grai\de partie de leurs jours dans de longues abstinences , semblent vivre , durant leur état de torpeur, aux dépens de la graisse , auparavant accumulée dans certaines parties de leurs corps (i );

(i) Les loirs et les marmottes acquièrent un embonpoint prodigieux pendant la saison de l'automne , puis s'enferment sans proyisions dans leurs terriers , pour y vivre durant six mob d*hiyer, aux dépens de la grabse qui surcharge tous leurs organes. Elle se trouve principalement ramassée dans le ba»-

]D&S« aécRÉTIONS.: 465

t)ti ^ra irè^-portëà croire que Y état graisseux

est, pour une portion de la matière nutritive

extraite deft aliinens, une aorte d'intermédiaire^:

par lequel elle est obligée de passer avant de s'a5>-

sîmiler k l'individu dontielle doit servir à réparer

les perle». Les animaux qui se nourrissent de graines et de végétaux, sont toujours plus gras. que

ceux qui viv<ent exclusivement de chairs. Leur

graisse çst consistante, très-fercpe, tandis que celle

des Carnivore est presque entièremei^t liquide.

Un. homme qui a de l'embonpoint , - mis .tout à coup à la diète, maigrit sensiblement au bout d'un court espace de temps : le volumç et le poids de . son ^orps diminuent par l'absorption de la.gi'aisse qui supplée au défaut des alimens. On pe^t donc aus|i^ la considérer comme une substance en réserpe ^ au moyen de laquelle, malgré le défaut des. alimens et leurs qualités peu nutritives, la nature trouve toujours de ' quoi suffire, aux. réparations journalières. . ,; : ^

Çiy. La graisse ae sert point, cppnme x;^ Ta ^dit, d'après Macquer , à absorber les acides qui. se forment dans l'économie animale.; celui xiu'on* en retire (acid^ sébacique)^ par là di^till9.t,i9]:^ , est un nouveau produit résultant de la cpn^binai-

ventre où les épiploons forment des pelotons graisseux d*ttn très-gros yolume. Lorsqu'au printemps l'engourdissein^iit cesse, et qu'ils se réyeillent de leur sommeil, ils 'sont , pouip la plu» part , réduits à un état de maigreur externe. . v

466 DC0 8ECRBTION5.

800 de Foxigène de TatmcMphère ârec lliydrogèae^ le carbone et le pea d*azote apn $ j tronyent. La petite quantité de ce deroier- principe Vn &iit un acide presque v^étai. La gjnàëêe est très -avide d'oxigène, rancit en 5*en emparant^ lorsqu'elle reate quelque temps exposée à Fair; elle Tenlèye aux oxides niëtalliques, en même temps qu'elle favorise Toxidàtion des métaux que Ton triture avec elle. A mesure qu'elle Tabsorb^ , sa densité augmente : c'est ainsi qu'en s'oxidant, les huiles se solidifient-, et que les graisses acquièrent une consistance voisine de celle de la cire , qui n'est elle-même qu'un corps gras fortement oxidé.

Ouf re l'usage principal que nous avons assigné à la graisse , et d'après lequel on peut regarder le système cellulaire comme tm vaste réservoir dlins lequel se trouve déposée une grande quantité de matière nutritive à demi-animalisée, ce liquide a encore plusieurs utilités secondaires : il conserve au corps sa chaleur, parce qu'aussi bien que le tissu dans les cellules duquel il est épanché , il est un mauvais conducteur du calorique. On sait que les personnes dont l'embonpoint est excessif, ressentent à peine les froids les plus vigoureux. Les animaux habitans des contrées boréales, joignent à leur épatsse-fburrure une graisse abondante; les poissons des mers glaciales, les céts^ées qui ne s'éloignent guère des régions polaires, toutes les baleines ^ ^tc, ont le corps pénétré et recouvert de graisse. Par ses qualités onclueuse$> là graisse

ttE8 SÊCRÊTÎOKS. 4^7

fiacilite encore la conttaclion des mu^ctéé , les taouvemens de totis les organes , le glissement IcTe leurs surfaces respectîVies ; elle lei>d et soutient la peau*, remplit les vides, et donne à'rt'os liièiribres tes contoui's arrondis et moelleux , ces formes étegantes et gracieuses d'après 1 lesquelles se dessine ie corps dte la femme. Enfin , elle enveloppe et recouvré lés extrémités nerveuses, diminue leur susceptibilité, toujours en raison inverse de Tembonpoiht; ce qui faisoit dire à un méBecin recommandable, que Tarbré neigeux implanté dans lé système adipeux et cellulaire souffroit, lorsque ^ par l'affaissement, Tannihilation de ce tissu, ses branches se trouvoient trop à litl , exposées à Tac-^ tion des cbosçs extérieures , qui leur sont aussi nuisibles que les rayons du soleil aiix racines d'un végétal afracbédii'sol qui le vit naître. Ofa'obsèrve en effet que les persondes sujettes aux affections nerveuses; joignent constamment' une màlgî'eur extrême à liufe ' excessive sensibilité. Maïs la trop grande qtiàhtitë dé la graisse n'est pas 'moins nui* sible que son absolue privatioti. J^ai vu plusieurs individus , dont' Tobésitë étoit portée à un tel 'degré, qu'outre l'inhâbilèté la plus complète aux mofndres exercices dti côrpâ, la suffocation étoit encore imminente. Léùt* respiration est dé temps en temps enti*èidbupée par de profonds soupirs, et ' le cœur, probablementsurchargé de graisse, se dé« barraiSseavec peine du sang qui remplit ses cavités. CV. Selon les chiïnistes modernes, la graisse'

est employée à la dëshydrogéoation du système» Xlorsque le poumon ou le foie sont malades , que la respiration ou la sécrétipn biliaire n'entraînent point hors du corps une assez grande proportion de ce principe huileux et inflammable, la graisse se forme en plus grande proportion. Ils s'appuient des résultais. de l'expérience.^ qxii consiste à enfermer une oie, dont on vçu t. engraisser le foie, dans u^e cage très-étroite, que Ton place d^ns un lieu chapd et obscur, .et à la surcharger d'une pâte substantielle , dont elle esit d'autant plus avide , que, privée de tout exercice , elle cherche à satisfaire la tendance qui la porte au mouvement, en exerçant beaucoup les Qrganes digestifs. Malgré cette nourrilure abondante , l'oiseau maigrit , tombe dans une sorte de marasme « son foie se ramollit, devient plus gras, plus huileux; et ac* quiert un volume énorme.

Celte expérience , comme beaticoup d'autres faits,' prouve que les sécrétions qui donnent naissance à des produits analogues , peuvent se suppléer'mutuellement ; mais peut-on admettre la théorie chimique sur les.fonctions de la graisse, si l'on se rappelle que, dans les individus qui ont le plus d'embonpoint , la respiration et la sécrétion de la t)ile s'effectuent pleinement et sans obstacle ; tandis que la respiration difficile dans la phthisie pulmonaire , la sécrétion biliaire interceptée datia les cas d'obstruction du foie , s'accompagpent toujours du marasme le plus complet ? * v

DES siCRÉTÏ'OW's.' 469

Toiit'ce qui ramène à'iiiï'aëgrè' MèâteTWicti^;

•vite dit système circuIâ«'oire,''tënd 'à'mtrôdinre fat

pléthore graisseuse. Ceét âihsî''qb'i{n' trop tong

repos été corps et de 'PéspHi^' <îës saignées' trop

copieuses , là' tà^tratfon i' 'l^rôcliiisent 'qu'et^ueîbis

h pofysarcie /'àfféètîttti'Vilair Ii'qù'eMé"i'6Véa'n'e

éelhilaîreparoît frappé 'B'ktiinl^V eVê^ilUMMb-

Téritable tnfiliratioti' gttffeSéuèèi dii^B^é Wiî'ôtti'^;

parable à-eelle d'ott '¥Àiïte'"Hèiiië*fed^T<{Vi^y

counue sou»ie nonyâéit^t<!^ë."!âi't'éiiei'^]e du

cœur et des atlèf es est' frb^ ^fi'dle'i'lii'AVi^êut:

éb 'èit'la 'suite Wvî<àble/'1gi«5àWaû' cohti'àîreV

le' systètfie'^ângtui» l^lt? ii'nè'^e'fito %éuïiè*

gi-aisse gérMifièuse •;"Vii'IFyrtftbïïpaitt^"fi»éKi'' que bottflfosure."'-.- :•"">!»«- '•» . •»'..i...:k'o sJI-jd atv/i

. G^tè tiqoeuï 'mâl'^!ai)bt<l8,'"tîdi '^n^^igê'IeV pftrtieti ditts- <é» sUf«ts^'«^hé^ën<{''^i¥tiltèui';' n'e4t",<iâ^tHiË ^^âissè* mpi»hiiè:ëSè mslhamè'% Wtîicéië^ëtL'Mi'èiic kiëdUll^ii^/ qui ''tt'ëi^ '§u'ù>hW

lorsque ies'«tiiinàax îliSigriisêin: ' bèïif«l^ii?e datik' les oellutei'îdu tîSéu'osàeux i' cavi^ dôtit lèfe* "pif roi^?ne-pëuvent"tfïrffalssél> j '^^t doit la grandeut est tiou jours laimiémè'; Ift^'itMèllë / qui ne las îki^&ë jamais Yiidè»/ » plus'titi i^h^ de delisité'i"êt'ë^ que k»' à'titëttrs disêht ^é- la^diàiinufiôti ' de'sa ^atvtitê.; diûit s'enitendre dé'Br dimibutloii'âe sa consistance.

CVL>La sécrétion delà moelle est j cdmriaeicelle de la-gvàisde-^ une simple transsudatioti: artérielle ^

47^ ^^? 5éCR]^TION5.

fiôn Gt^Tkfiç^l la iniembr3Qe médullaire^ mince

les cellules^d^ l^ûr si^b^tstoçe fspox^giefi^ La meœ-

b'r9n«ç,<nf^Û'i,^irç:ne.dppnç,,.d8^^ ordinaire ,.

^uc!ij^^^.pr.©vy,ç,jijç apMsi)3îilMoçel^|ive, I^QStQUt^

^^i f^^Mf^^^ Wh?'^ P'"ati.<l[tt^e#» .et j'ep ai déj^ f ai t u p^er ^î^ i^ mf^infecf^j «jl^jçi^ ^u^ ceU?8 k"^" elle»

i'i?M?P'?)'^'i^.^UF:/?.U',9s?pi^» àq«»fUfi hautauc qpe , ,f}jiî;,^pr^tij[|)uçfi , j^. s^se^qjioiR „ prè» :4e ses ex^ré-.

Dans cette opération ^ la douleur qu'ocqi|f)pnn^.^ «f>ii9^,^<jlç,^^a j|Mu çt,cellq.4e* cordsqBf $erveax , f»i*. ; *?WÇ!.to¥Ae* ries ijpff ps, ^oplevr* , ,M'Sû. tau-r

lajif e,,j^tlçij<ji^iftt,ayep iijqui^tude laç(ÇQ|ipï| idftl'oftv çpmplë^eoa^nt if^s9^çs pacl^&pr^n^r^jtrajt» de ^?e» ..^PRt ,1? bri^t, .par«^Hf ,s?ul..;p*r«>i$^if .k« avertir^ Bieo .plus , , qtlçjquesr-.iiiis j.j^prèsi . avoiit donné ^ par leurs cris , Içs vi^çtrâues, ^e^ ,1^, seosibin Uté la plus vive , pfoQtauf de r^çp^qg-j^fi^calme qiji .Siuit la ^ec^io^ de5 çl^aixs , i^elàvçat 1 1£^ tôtç et^ regardep.t 3çiçr l'ps , ajctçur^.pt specta^u]r§ taqt à ia, fois ;^d^8* çeftê ^ernièfej.psirùe dW^; opcK^tio» douloureuse et sanglante* •;! .

Cependant , la memJbrane médull^^^i » ' dont la lésion n'entraîne aucune (jtouleur d^x^s Votait sain y

devient le siëge d'une excessive sensibilité dans les douleurs ostëocopes , qui signalent les dernières périodes de Taffectiou syphilitique , dans cette espèce de carniBcâtion des parties dures, connue sous le nom de spina pentosa , comme nous le dirons en traitant dçs ussiges de I« moelle , au chapitre des rnoupemens et de leurs organes.

47^ I>E l'A NUTRITION^

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