‹ Nouveaux élémens de physiologie (volume 2)Chapitre 16 sur 23 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

£>« la NtHritiùn. *

CVII. JL oum les fonctions qui ont jusqu'ici fait l'objet de notre étude , lia digestion par laquelle les substances alimentaires, introduites dans le corps» sont dépouillées de leur partie nutritive ; l'absorption, qui porte cet extrait récrémentitiel dans la masse des humeurs ; la circulation par laquelle il est conduit vers les parties qui doivent lui faire subir divers degrçs de dépuration; la digestion, l'absorption, la circulation , la respiration et les sécrétions > ne sont que des actes préliminaires et préparatoires à la fonction plus essentielle qui fait l'objet de ce chapitre, et dont l'exposé termine l'histoire des phénomènes assimilateurs.

La nutrition peut être regardée comme le complément des fonctions assimilatrices^ L'aliment, altéré par une série de décompositions, animalisé et rendu semblable à la substance de l'être qu'il va nourrir, s'applique aux organes dont il doit réparer les pertes ; et c'est dans cette identification' de la matière nutritive à nos organes , qui s'en emparent et se l'approprient , que consiste la nutrition. Par elle s'accomplit une véritable transsubstantiation de l'aliment eu notre propre substance^

dX LA NUiilïtON.' 473^

Le corps vivant perd conlinuellemiçiit ses parties intégrantes qu'ttne multitude de causes entraine sans cesse hors de lui ; plusieurs de sei organes sont mcesssimmeiit occupés' à en séparer des lilqueurs qui sortent chargées^ des débris de sa substance, usée par Faction féuliië déTair et du calorique, les fi*ottén3ens' intérieurs)* agitée par lin tnotivemeiit '^ufisàtidîré' «pii 'en 'détaché Ites mû^ lécules: ■' '**■"•' ' ''■■■■'•'' '■ ■■•' •*•••■

'•' Aînsr donc , ^séiilbla'ble aii nàvirie ^des* ArgbfiautèsS si souvent réjJài^épeiidafit'fe cours d'uKie? longue" et ^érilfeuâie 'naVig|^tidli ^ 'qiiWrie conter-' voit, '^ son 'rètiouif^, àtic\iné piècré? de sa ncohstri/ètion prtem lètë ; ' la msfôtrî ïi è tihimilé se* tî^triii t àa Ws" cesse, ^t , coriéiflèFel^a deux épôte^diffô^h'^a rfe sVdnréé, 'AHë^îië^iibntient'pay'ùiïe' seule deé niêinës molëôuîéy.'ïj'éjcjjériéttcie'faîty avec la ràcïlïér de garance \rààatiritiioYtiin)'tim tèihi; en 'rotf^e' ^es''b'â''()és' an'ittiia'ulc 'icù'î aliméti's 'dèéqûéls oh''isf in*H iirOttVè''à'ifi?é*n4'àriiW-a«cîâ4%dè«tf pëf^' . pétuelle ' décomposition de-'îa in'àfiêrë'"ânimèfe' w viVâiitè. îl'èuffitV ëW-éffef, aétoëtia^'Uriéi/sî^ei ïoii^Uiei 'iTitën*upfibti'aiHs riisarge tîe- cette j^laiitë'; potti^^uë fe cbnléÛi"&nlfiD¥hiëiil^ï!t i-btigeque prë-^ ^te'Ist stsfestaucé'iës ttà', s'éfficë'totulëtfiënt. 'Oi'i' si* lés par lies les' plus dures , les ptus^ solides'; *1^ plus faites pour résister loiig-teEtfpi'-à'4a desttoc^. ti'éii V ' ^oM dà ne *ùti ttMAïvenî érit côhtintiël dé^^écorirpoisîtidht ièt 'dè'-yëdbfn position , ntil 'dbùte qtfé? ge mouvement ne doive être biéfa ' plus ^fapîVjfc^

474 BE LA NUTaiTlON.

dans celles dont les molécules ont entre elles un

ipoindre degré de cohérence : les fluides , par exemple. . .

On a .voi^u détçrminer la période de la rénovation totale du corps; on â dit qu'il falloit un intervalle de, sept: années poi^c que les mêmes mo-^^ lécules aient entièrement disparu « et soient remplacée^, par ji'au très; mais çe.^chi^ngfsment doit être plus rapide dans Tenfance et dans la jeunesse ; il doit se rale^itir dans Tâge ipi^r,, et ne ffjei^ectuer qu!ati bout) d'un temps. très -rlpiig dans la yifiiU le^e, ^8/ç 9Xiqiaél Xon^s hqs, par tics i^oatractent ui;i degré xemarqu^ble de copsistajQce e^ de fixité^ en même teno^ps que les actions, .vitales deviennent plus lang^issai^ea. Nul dontie: qtte.le, ^^^xe, le tem-; péT^ment ,.le cl^nat sous lequel onu^abite « la profession qu^l'oii ex^erce, le.Tégime de vivre que Ton. observe:. et «-une multitude d'autres circon* ^lfiï\ç^s^^ ne l'açcéljèrent et ne le^^retardent^ de ma:^ niiirfi qfi'iLestimpqssihle die,rien,^ponQerdej^ositif sûr sa durée absoluje. '

. CYIU* Npst partiels j k mesure qq'^Ues se détruisent , ne se réparent qu'afi .]i^3i:en de particulesî boinogenes ou exactement , ^jotfblables à elles; faute de quoi;, ;leur n^tur^çv, c^i .qst tOMJoprs la^ ip4m€>;à quelques légères d)fféreniceB pm change;:9^t à phaque instant. ; ; :, ^ ,., . ïvOisqwer par. ÏCJ5 aJtéra.«k«s,SHQP«WViç^ que lu^ ojii,t fait |épi*ou ver. les orgai^^ 4^Piti& ^^ab^orbaiiis,^ eif^culatoires,, respiratoires et sécréteurs, la ipa^

na LA- nutrltion; 47^

tière qptrUiv.e.est.animaIiséeQu assimilée au corps qu'çlle doit npurrîr., les parties qu'elle baigne ^ qu'elle arrosa f ,l2^ TetieUjUeijt et 1 mcQrpoi:ent a )eur propre substance. Cette identification QUtrir tîve s'exerce jdiversement à»us le ce;*yejau , danj }es ijiusclies, dans J/es os , ,etç. Qjiîipun d'euR s'ppr prçprie, par uqe secf étiop yerit^ble^ ce qjui , <daiW les humeurs qu6L,ljui ^pportenj: les -vaisseaux 4^ touiee^èce, et^prîpcipalément le^ artère|i> sil tropv^ analo{;;ue £( sa fiatifre^ ej l^i^s^e passer. jb9l molécules hétérçjgèws, Un os est up.orgape séjqré-^ tev^r qw, s^pçroj^te ,jde phospbate calcaire; }^# \Û^f^9,n%] ly;rppUaliqi^ps qui , . dSH? 1? trïYRÛDtftritif , font Toffice de canaux excrétoires ,. It^Ulé^ bi^fr^spejqt de Çjc j^èn9rsq^i'il a:i|éjpurné pendunt 14U Pfjrtai^ï tçn^p;^^,^{»q8 Ips ^r^o^^^ soii ti^u, j(:e^:ÇSt de în^^je,.^^^ musc^fs , . pa;» rapport à la .fi|)^f ine ; de ralbijaien j, k l'égard du c^ve^H ; çhaqUje partie, s'imbibe et solidifia âinns (Soj^ Ussù }je^^.^\içs ,qui sont ^dfç même namr:^ qu'elle ;». en y^r^tU, d'u"^^ (qvcfi 4^Bt l'affinil-q .d'agr^atiQï| ^(e§;c.^ji^st^s doameJ'HÎ^e et fqurr^t peutr-é.trç

.'^J^p^r, qu'une. papfie se ppiïTO^se, il fautqu'ell^ jpuisçp dela.çensibilité.et.dumoiiyçrïleqt ; WU^^r turc de ^es artères et de stes nerfs , en abolièsant J'upei et l'autrjB de ce^ facultés ,: l^Hipéche d« :%i nQur^i^ir, et d/e . vivre, Xe sai>g qui* coule dana li3^ yeinejs, le Quide que les absqrbaps charrient ^

Çfii/tjfji^nçjat ,: .e« b^^, moindre qûaoJtitç queJ^

47 fi ï^E• t A- N u T-R iTTi oiri

sang artériel ,' lies parties vivifiantes et réparatrices. On pense même assez gényr'âlemept , que là lymphe et le satife[ veineux ne cdritiennent rien 'dMmriiédîatement nutritif. Quaiit ï^'la part pour laquelle les nerfe entrent; dans le Wàvaiï de la nutrition, elle n'est point encore rigoureusement détèrmine'e. Un membre devèïiu paralytîqjpe par la' section , par la ligaturé ,*' où ][>àr toute autre îllfeclîonr des nerfs qui s'y distribuent /conservé ^él'^tiéfoîs^^éflr volume ei Mii* eVifrbon^ôiiit primitifs; le plus' sou véilt', ne'anitioihsf , mais peutêtre par dèfaxit dé mouvétoéiïéV'îl* ^è dessèche, s'^trdphi^ ' eV dimiuuc' d'tthfe* minière feknarqtiable. ^ > ' ' ^ "' « *

CIX. Lé médaiiisnie de la nutritîori^sët^oit ëiplîqué,' si', après avoir éxâctêinent' déterminé les différences dé oompt)sitioti''^m'exîstetit erit^é'Ies alimens dont nous vivons ^ et la siîbstance nième de iïOÈ ôrgëûfeS ,• • nous pou vrotis 'Voir comment chaque fonction leur fait perdre leur 'cataètère potir, les revêtir dé* nos propriétés; poùt* qiiellé pafrt chaep rie' coopère à la trânsmùtatiçn de leur partie nutritive en notre propre substance. Supposons, pour résoudre ce problème, uil homtne qui vive uniquement de végétaux, qui sont, en itffet,' pour la plupart des hoïnmbs, là h3isë dé 'leur- subsistance ; quelle que 'soit la partie de là plante dont^il» ftisëfe ttàagé , • que ce soit lu tige , les feuilles, les fleurs, les grâiti^s ou *laf racine : du carbone , de. Tj^ydrogène^ etndé l'<yxigèûe entrent

DE LA NUTRlTIOJf* 477

<^ans la composition de ces substances végétales^ toutes résolubles, par l'analyse pèussëe à l'iextréme, en eau et en acide carbonique* Â ces trois principes coni^tituans se joignent rarement une pçtite quantité d'azote, des sels , et quelques autres matériaux plus ou moins abondans. Si I W examine, ensuite la nature des organes de cet homme, qui fait des végétaux sa nourriture exclusive , ou trouve qu'ils sont d'une composition bien autre et bien plus avancée que cette espèce d'alimens; que l'azote y prédomine, quoique la substance végétale n'en contienne point , ou seulement en très-petite quantité, que de nouveaux produits, qu'on n'a pas pu apercevoir dans les alimens , se trouvent abôndans dans le corps qui s'en nourrit , et paroissent produits par l'acte même de la nii-^ trition.

L'essence de cette fonction est donc de faire passer la matière nutritive à un» état de composî-. tion plus avancée , de la priver d'une portion de. son carbone et de son hydrogène , d'y faire pré-" dominer l'azote, et d'y développer plusieurs. substances qui n'y étoient point auparavant. Tous les corps vivans paroissisnt .jquir de la faculté de composer, de décomposer les substances à l'aide desquelles ils s'entretiennent, et de donner nMssance à de nouveaux produits; mais elle est chez^ eu;; plus ou moins - énergique. Kalgue marine, dont les cendres fournissent la soude , semée dans une caisse pleine d'un terreau qui ne contient

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pas un seul atome de cet alkali , arrosée avec Teati distillée, ne le fournit plus comme si elle avoit pris sa croissance sur le^ rivages des mers, au milieu des marais toujours inondes par leurs eaux saumâtres et muriatiques.

Les corps- vivaïis sont de vrais laboratoires dans lesquels» ^'opèrent des côtiibinaisons et des decompositions que Tart né peut imiter : des corps simples pour nous , tels que là soude , la silice , paroissent s'y faire de toutes pièces, tandis que d'autres corps, dont nous ne soupçonnons point la composition, tels que' certains métatix, éprouvent des déconri positions iiië^itables : d'où Ton peut , ce me semble , conclure que la puissance de la nature* dànâ la composition corhme dans la décomposition deâ corps , surpasse de beaucoup celle des chimistes.

Le chatithe' eV lé'^àin dés platites céréales, contiennent uncf- énbmie quantité dé silice, lors iwérfie qti'orl- a e*u soin .d'en priver la terre dans laquelle on les fait croître. L'aVoiiie , surtout , présente en grande proporliori cette terre vilirifiable. La cendrie retirée de son grain, analysée par l'acide nitriqùév ^ présenté à M. Yauquelin 607 millièiaes de silicé'pure , indissoluble dans cet acide, et OjSgSde'phoiphàtedèchauifquiy étoit dissous.

Les excrémens d'une poule nourrie pendant dix jours avec de Tavoî ne seule , incinérés et analysés par le même chimiste; ont offert une

quantité double de phosphate de chaux , du carbonate de chaux qui n'existoit point dans l'avoine ^ et un léger déficit dans la quantité de la silice qui pourroit bien avoir été employée à fournir Texcès de chatrx; transmutation qui doit dépendre de l'absorption de près de cinq fois son poids , d'un principe inconnu (i).

ex. Pour qu'une substance puisse être employée à notre nourriture , elle doit être altérable et fermentescible, c'est-à-dire, susceptible d'éprouver un mouvement intestin et Spontané , par lequel ées élémens' changent de combinaisons et de rapports. Cette condition d'altérabilité spontanée, exclut de la classe des âlimens tout ce qui n'est point organisé et n*a point fait partie d'un être vivant : aussi les minéraux sont-ils absolument réfractaires à l'action de nos organes, qui ne peuvent les convertir en leur propre substance. Le principe commun , retiré des substances alimentaires , quelque variées qu'elles puissent être , l'a//ment, selon Hîppocrate, est vraisemblablement un coitiposé éminemment altérable et fermentes-* cible : c'est ausâi l'opinion. de tous ceux qui ont essayé d'en assigner la nature. Lorry pense que c'est un corps muqueux ; CuUen le compare sm corps sucré; le professeur Halle le regarde comme un oxide hydro-carboneux , qui ne diffère: de l'acide

(0 yojrez les Annales de Chimie <t et le Système du Connoêssanees chimiques de Fourcroy, tome x , page 79.

oxalique , ^ue. par une moindre proportion d'osi- ^ne. On voit d'abord que ce$ trois opinions ont entre elles la plus grande ressemblance , puisque Toxigèue , le carbone et Thydrogène , unis à diverses proportions, forment le eorps muqueux , le corps sucre et la base oxalique» L'analyse de la substance animale par l'acide nitrique , la réduit à cette^ernière base, en lui enlevant une grande quantité d'azote , dont la présence constitue son y ^ plus remai^quable caractère.-

Mais d'où vient cette éqorme quantité d'azote? Comment se fait-il qu'un homme réduit aux végétaux pour toute nourriture, ait des chairs autant azotisées, également ammoniacales, aussi putrescibles que celle d'un homme qui ne vit que de chairs? La respiration n^introduit pas un seul atome d'azote dans nos humeurs ; ce gaz sort du poumon comme il y étoit entré ; l'oxigène seul diminue (i). Ne pourroit-on pas soupçonner que cet élément des substances animales est un prpduit de l'action vitale , et qu'au lieu de le recevoir de nos alimens, nous le formons gçi nous-mêmes par un acte hyper-chimique; c'eçt-àdire, que la chimie ne. peut imiter?

. CXL On a prétendu que l'oxide hydro-carbo-

• '(i) Les expériences récentes de MM. Allen et Pepys proavent q.u*en faisant respirer à un animal de Toxigène pur, le sang laisse dégager une certaine quantité d'azote, et absorbe ua Yolume égal d'bxigène. Transactions philosophiques : 1809.

iieut ae combine dans l'estomac et le con^^uit in-* testiAal piyec rosigène » soit que Cfi der/t»i[er prin« cipe se soit introduit atec les alimens dans les voies digestives, ou^qu'jl 3oit fourni p0f 1m bu-, meurs qui s'y décomposent Les iîqueu|r$ intpsti-^ nales laisseBl; dégager leur asote qpi se porte sus là base alimentaire 1 «t remplace le caHipne qu^ Foxîgèpe lui a enleva , pour former de Tanide carbonique. Amré daas les poumons , et ^Mimis de nouveau à l'action de l'oicigène atmosphérique , • ee gaz lui enlève encore une certaine portion de son carbone ; et , comme il dégage Tazote^du sang veinau?^ , il opère uoe nouvtdle combinaison de ce principe avec le cfayle ; enfin , poussé avec le sang k la surface de la peau , l^oxigèa<e ^mosphé-* rique en dégage encore le carbone , pt achève son azotisatioQ. Peut-être même l'organe cutané est-il au système lymphatique , ce qu'est au système sanguin l'organe pulmonaire.

L'aninyalisation de la substance ilimentaire s'opère donc prinoipaleoDent par la perte de son carbone , que xeqiplace l'aeote eiccédant dahs les liqueurs animales. CeUes^çt se maîntienneet ainsi dan« un tempérament nécessaire;' car>l, tperdant continuellement Je principe carboneuac dans lés combinaisons intestinales, pulmonaires et cuta^* néeS) elles s'animaiiseroient trop,. si «un nouveau ' cbylene venoit s'emparer de l'azote qui se trouve en excès. Cette théorie ne rend point encore raison de la formation des sels phosphof iques « de Tadi-

483 DE LA NUTRITlO».

pocire et d'une multitude d'autres produits; mais/ sans l'adopter dans sa totalité, on peut pftsuftier , d'après les expériences et les observations sur lesquelles effle es^t établie , que l'oxigène de l'air atmosphérique est un des agens les plus puissans qu'emploie la nature pour transformer en notre propre substance les alimens dont nous vivons.

Comment se nourrissent les animaux qui vivent uniquement de chair plus animalisées , c'està-dire , plus azotisées , plus riches en produits ammoniacaux que leur propre substance? Ici, l'assimilation des alimens consiste dans leur désanimalisation , soit que tons les organes y coopèrent , soit qu'elle s'effectue entièrement dans, les voies digesstives, par le mélange des sucs gastriques et des autres liqueurs.

Les élémens constitutifs qui entrent dans la composition de nos organes!, sbit qu'ils viennent du, dehors , ou qu'ils se soient formés par l'action ^ême , de b -vie , sortent de notre corps par divers énjonctoires;, et cessent d\a faire partie lorsqu'ils y ont séjourné durant un temps limité. L'urine entraîne une énorme quantité d'azote, les poumotis et le fbie nous débarrassent du carbone et dé l'hydrogène, l'oxigène qui entre pour 6,85 dans la compositipn de l'eau est évacué au moyen des sécrétions .aqueuses qui entraînent dans un état de dissolution les substances salines et les autres principes dissolubles.

Parmi ces selà , il en est un , peu dissoluble 9 et

DE LA- NVTRITIOK. : 4^3

qui tient cependant le premier rang parmi les principes constituâns de l'économie; Le phosphate de chaux forme , jetk effet , là base, de plusieurs oi^anes; le système osseux en eist presque eiitiè-*' remeni formé dans les derniers ^ temps de^ la vie ; tous les organes blancs, toutes nos fauiheurs, ren-* ferment une notable quantité de cette substance,* dont Féconomie se débarrasse par une isôrte dé sécrétion sèche. L'enveloppe . extérieure .est , cbes tous les animaux , l'émonctoirq destiné à cet usage. La mué annuelle des oiseaux, la chute des poils des quadrupèdes , le retiouvellement • dés écailles des poissQns et des reptiles, entrai^éntichiaque année .une grande portion de phosphate palcâTire] L'homme est sujet aux mêmes loix, avec, cétteldiffé* rencequejà desquammation^ annuelléde Tépiderme n'est point rigoureusement assujétie à Tinfluence des saisons, comme on le voit chez les espèces animales*. Chaque année, l'épiderme humaiii se rénouvelle, les poils et les cheveux tombent, .et sont remplacés : ce changement s'opère successivement; il ne s'achève point dans l'espace. d'une saison, n'arrive pas au printemps , comme ;chez la plupart des animaux, ne s'effectue* point en aatomne , au moment de la chute des . feuilles , quoiqu'à ces deux époques les cheveux tombent en plus grande quantité, et que la desquammation de Tépiderme soit plus active. Ces deux phénomènes se Continuent durant tout le cours de l'année, comixie dans les contrées méridionales la chute des

484 »* LA HUïlllTIOK-

feuilles et le renotivellemeot de la Tëgëtation , sont des phénomèties de tous leé instans. Comme noas le dironii en.' traitant de l'exaiiien des fohctions génitales, rbomme en sooiéléy jouissant de tous lea avantagetf de la ciTilisatioii , n'est point soi^mia aussi complètement que les animaux auTtofluencea des saisons. Toutefois, on ne peut mëeonnottre que la chute et le renouvellement successif des parties ëpidermoîques , eomme l'ëpiderme , les ongles , les cheveux et le» poils ^ ne soit une des grandes voies par lesquelles s'évaeue le phosphate de chaux ^ si'shondant chez touales anit^anx, ft ce«pendant 'ai* pieu dissolublf, et par conséquent si peu propre à' 4tr€ entraîne par les humeurs excré* mentiliefiesx L'effet dont nous parlons est très* remarquahlé à l'issue d'un grand nombre ^ema^ ladies, dansceiténouvellement salutaire des solides et des humeurs , qui s'accomplit durant la eonva«» lesoence. l^es chevepx pe repoussent plus sur la tête chauve du vieillard y sa transpiration diminue : ne seroit^œ point la raison de l'exubërance des sels, calcaipes , de l'ossification des vaisseiaux , du durcissenieat des membi'anes?

CXII. Que nous offre , en dernier rësultat , cette série de fonctions qui s'enchaînent , se succèdent et s'aj^HqUent à la matière nutritive, depuis Tins* tant où elle est introduite dans le corps , jusqu'à celui où elle sert i l'accroissement et i la réparation de ses organes ? L'homme vivant en lui-même , incessamment occupé à transformer en sa propre

substance des substances hétérogènes , et réduit à une existence purement végétative , inférieur même il la plupart des êtres organisés, sousl le rapport de son énergie assimila trice. Mais combien ne leur est-il pas supérieur dans Texercice des fonctions qui vont faire Tohjet de notre étude , fonctions an moyen desquelles il s'élance au-dehors de luimégie , agrandit le champ de son existence , pourvoit à tous ses besoins , et entretient, avec toute la nature , ces rapports multipliés qui la soumettent à son empire ?

WJV PU TOME PREXICft.

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