XIV PREFACE
ordre dans la succession des' objets^ et appliqué à la science de Thomme vivant , le principe de la liaison naturelle des idées ; principe si bien développé par Condillac^ dans son Traité de FArt d'Écrire, et auquel ce philosophe a fait Voir que Ton pouvoit rapporter toutes les règles de cet art Malgré la sévérité que je me suis imposée, j'ai cru, à l'exemple des anciens, de Bordeu et de plusieurs autres médecins et physiologistes non moins célèbres pvmi les modernes , pouvoir employer au besoin, des expressions métaphoriques, parce que, comme le dit trèsbien une femme qui , de nos jours , fait le plus grand honn/eur à son sexe , si la concision ne consiste pas dans l'art de diminuer le nombre des mots, elle consiste moins. encore dans la privatioi) des images. La concision qu'il faut envier , c'est celle de Tacite , celle qui est à-la-fois éloquente et énergique; et bien loin que les images nuisent à cette brièveté de style , justement admirée, les expressions figurées sont celles qui retracent le plus de pensées avec le moins de termes (i).
- (i) De la LUtér€Uure considérée dans ses rapports avec les Institutions sociales , par madame de Staël - Holstein , tome II.
P R é F A C E. XV
Ceux qui s'obstinent à ne voir dans la Physiologie que le roman , et non Thistoire de Féco* nomie animale ^me reprocheront sans doute de n'avoir rien dit d'un grand nombre d'hypothèses absurdes ou ingénieuses^ proposées sur les usages des organes; d'avoir omis^ en traitant de. ceux de la rate , par exemple ^ de rapporter l'opinion qui établit^ dans ce viscère, le siège du rire et de la gaité; le sentiment des auteurs qui ont prétendu qu'elle sert de contre-poids au foie, et maintient l'équilibre des deux hypocondres; et même celui des anciens^ qui la regardoient comme l'organe sécréteur de l'atrabile , etc. Rappeler de pareilles erreurs pour les réfuter avec prolixité, ne seroitce point perdre lUn temps précieux en discussions stériles, et posséder, comme le disoit Bacon, l'art -de faire naître mille «questions d'une seule, par des ré* ponses toujours moins satisfisdsantes? J'ai négligé à dessein cet étalage inutile, sûr que les bons ouvrages se distinguent autant par certaines choses qui ne s'y rencontrent pas , que par celles qui s'y trouvent.
Plusieurs ^auteurs, en traitant de la science de l'homme, se sont permis de fréquentes excursions dans le vaste champ des sciences accès--