X. Du Système des grands nerfs sympa
ihique^.
Les grandis nerfs sympatbiques doivenl être regardés comme le Iten destiné i ubir les organes des fonctions nutritives pat l'action desquels rhomme s'accroît , se développe , et répare sans cesse les perteis continuelles qu'entraîne ïe mou* Vement vital. ïls forment un système nerveux , bien distinct du système d«s werfs cérébratix ; et dé même que ceux-ci sôtit les instrumens des fonctions par lesquelles hoas nous mettons en rapport avec les objets du d'ehors , les grands sympathiques donnent le ttioùvemént et la vie aux organes dc's fonctions intérieures ^ assimila trices ou nutritives.
Le système nerveux des animaux invertébrés, flottant dans les grandes cavités avec les viscères qu'elles renferment, n'esl-il pas entièrement réduit aux grands sympathiques ? Il se distribue principa*
FRObééOMJSNBS. 9^
lement aux organes de la vie intérieure , dont l'ac* tivilé semble croître dans ces animaux , à proposition de raffoiblissement des sens extérieurs et dé la faculté locomotive» Si les grands sympathiques existent dans tous les animaux qui ont un système nerveux distinct^ ne contiennent-ils point spécialement le principe de cette vie végétative , essentielle à l'existence de tout être organisé, àlaquelfe iïppartiennent les phénomènes de la digestion , de l'absorption , de la circulation , des sécrétions eï de la nutrition 7 Enfin , n'est-il pas vraisemblable que chez l'homme, le système des nerfs grands sympathiques joue le plus grand rôle dans la pro<ductron d'un grand nombre de maladies, et que c'est à ises nombreux ganglions que se rapportent les impressions affectives, tandis que le cerveau est exclusivement le siège de l'intelligence et de la pensée (i)?
On n'hésitera point à résoudre ces questions pafr Taifirmative , si l'on fait attention à l'origine , à* la ^diâftribution , à la structure particulière de ces Yferfs , à la vive sensibilité dont jouissent leuis raineaux, aiâsi qu'aux désordres que leur lésioli Occasionne.
(i) Ces idées sur les* usages des grands nerfs sympathiqneS', se trouvent dans Inon Essai sur la Connexion de la Vie avec ia
Circulation. Leur publication est, par conséquent, àntéiicure à tout ce que Ton a écrit d'analogue , ou de semblable à ce sujet. Foyez les Mémoires de la Société médicale {/dur Tan vu.
9^ FROLéGOMÈNEff.
. Etendus le long de la colonne vertébrale, depuis la base du crâne jusques vers la partie inférieure du sacrum , ces grands nerfs, en quelque sorte parasites, ne proviennent point des rameaux que leur fournissent la cinquième et la sixième paires cérébrales de chaque côté^ ils vivent ets'alimen* tent , pour ainsi dire , aux dépens de tous les ner£i de la moelle de l'épine, dont ils reçoivent des rameaux , de manière qu'il n'en est aucun dont Toa puisse dire que les grands sympathiques en naissent exclusivement. Les ganglions nombreux, qui se trouvent répandus le long de leur trajet , les partagent enautantde petits systèmes particuliers, desquels émanent les neifs des organes qui en sont les plus rapprochés. Parmi ces renflemens , regardés par plusieurs physiologistes comme autant de petits cerveaux dans lesquels se fait Télaboralioa du fluide qu'ils admettent dans les nerfs, aucun .n'est plus important que le ganglion semi-lunaire placé derrière les organes qui remplissent l'épigastre, et duquel émanent les nerfs qui se répandent dans la plupart des viscères de l'abdomen. C'est dans la région qu'occupe ce ganglion , auquel se réunissent les nerfs grands sympathiques, et qui peut être regardé comme le centre du système formé par leur ensemble, quese rapportent toutes les sensations agréables : on y ressent , dans la tris « tesse, une constriction que le vulgaire attribue au cœur. C'est de là que dans les affections tiistcfs* de l'ame , semblent partir ces irradiations pénibles
«)ui portent le trouble et le désordre dans l'exercice de toutes les fondions (i).
Les filets nombreux des nerfs grands sympathiques sont plus déliés; ils n'offrent ni la couleur blanchâtre , ni la même* consistance que les filets des nerfs cérébraux. Aussi leur préparation est-elle moins facile ; les fibrilles nerveuses sont moins distinctes , les cordons rougeâtres plus humides j plus abreuvés de sucs, paroissent aussi formés d'une substance plus homogène; les enveloppes membraneuses en constituent une moindre por-^ tion. Ils sont égaletçent doués d'une sensibilité bien plus vive et bien plus délicate* On sait com«-, bien sont dangereuses les blessures du mésentère/ dupiicature ^membraneuse , insensible par elle-^ même, mais qui contient en telle quantité les nerfs destinés au tube intestinal , qu'il est difficile qu'un instrument, quelqu'acéré qu'on le suppose, la traverse sans léser quelques-uns de leurs filets. La douleur que produit l'affection des grands sympathiques est d'une nature toute particulière; elle va directement à éteindre l'action vitale : on sait que la pression des testicules qui reçoivent le sentiment de ces nerfs, brise tout à coup les forces de l'homme le plus robuste. Personne n ignore que
(l) Voyez, sur le centre ëpigastriquè , Vanhelmont , qui ea parle sous le nom à^archée; Buffon , Bordeu , Barthez et Lacaze» qui le désignent par le nom de centre phrémque , parce qu'ils attribuent au diaphragme ce qui appartient aux ganglions neryeui, placés au'^deyaiit de ses piliers.
les maladea qui meureut d'une hernie étranglée y d'un volvulus, ou de toute autre affection de ce geure , périssent au milieu dea angoisses les plus cruelles, se senUnt le cœui? défaillir» et tourmentés par de continuels yomissemena. Les coliques intestinales et néphrétiques présentent des. douleurs absolument seinblables : celle que cause Finjection de la tunique vaginale dans Thydrocèle, a le niiéme. caractère. I>'on. n'est même fondé à espérer le succès de cette^ méthode, que dans le cas où te malade a senti la douleur se propager le long du cordoa» suivant le tvajet des nerfs spermatiques, lesquels procèc^nt) comme l'on sait, des plexus rénaux. J'ai X dans tvois occasions, et seulement paille genre des douceurs auxquelles^ ét:Qieut en proie les ma* l;^es, pronostiqué ^ la pénétration dans des. plaies au bas-ventre; et l'événement a^trois fois confirmé mon pronostic» Dans, toutes ces lésions des grands* sympathiques^ le pouls est fréquent , vif et serré; une sueur froide mouille le visage; les traits de la figure se décomposent ; tous Les symptômes sont àlarmans et rapidement funestes.
Le système des ner£si grands s}impathiquesa non* seulement pour usage d'établir une conneaiioQ plus intime , une liaisoa plus étroite entre tCNis les organes qui remplissent les fonctions assimila* trices, il soustrait encore ces actions importantes à l'empire de la volonté ; faculté de Tame si mobile et tellement variable, que la vie courroit à chaque instant de grande dangers,, s'il éloit en notre
pouvoir d'arrêter ou de suspendre l'exercice des fonctions auxquelles Texisteuce est essentiellement liée.
Que Ton parcoure, en effet, les organes auxquels les fonctions assimilatrices sont confiées, et qui reçoivent leurs nerfs des grands sympathiques, leur action , dans le plus grand nombre , est pleinement indépendante de Tempire de la volonté (i). Le cuBur, Testomac, le tube intestinal, etc. ne lui obéissent point, semblent jouir d'une existence* plus isolée , plus indépendante , agissent et se reposent sans notre participation. Quelques-uns de ces organes , comme la vessie , le rectum , les muscles inspirateurs , qui ne reçoivent point exclusivement leurs nerfs des grands sympathiques, sont soumis it la volonté , et reçoivent du cerveaijt te principe de leurs mouvemens; les premiers, par les filets que les paires sacrées envoient aux
(i ) Tout«ft les parties qui reçoivent leurs nerfs des ganglions , en sont également indépendantes. Le professeur Cbaussier pense que les filets supérieurs des grands sympathiques , montent le long de la carotide interne , et Tont se rendre aux ganglions sphéno— palatins et lenticulaires. M. Ribes croit même avoir constaté par la dissection, que quelques fikmens très*loDgs, ioiab très-déliés, suivent le trajet des branches de la carotide cérébrale , et Tont se rendre comme elles à la base du cerveau, au-delà de laquelle on ne peut les suivre. J*ai moi-même souvent remarqué 9 dans mes dissections , ces fîlamens autour des ra* meaux de la carotide interne ; mais je les arois toujours regardés €omme de nature eellukûre*
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plexus hypogastriques ; le diaphragme , par les nerfs qu'il reçoit des cinquième et sixième patres cervicales.
) Les grands sympathiques ne donnent donc au diaphragme, au rectum et à la vessie que des nerfs sensitifs. Ce qui étoit bien ne'céssaire; car si, comme le cœur et le tube intestinal, ces organes eussent reçu, leurs nerfs moteurs des grands sympathiques, leur action eût été' indépendante de la volonté, comme celles de toutes les parties auxquelles ces nerfs donnent le mouvement. La vessie et le rectum , placés à Tune des extrémités de Tappareil digestif, et destinés à servir de réservoir au résidu excrémentitiel de nos alimens solides et liquides, se fussent vidés continuellement , et à mesure que les matières qui séjournent quelque temps dans leurs cavités^ seroient parvenues dans leur intérieur.
D'un autre côté, si le diaphragme eût reçu ses nerfs moteurs des grands sympathiques, la respiration eût cessé d'être une fonction volontaire, dont nous pouvons à notre gré accélérer, ralentir ou même suspendre entièrement l'exercice. Pour prouver que l'acte respiratoire est soumis à l'empire de la volonté, on peut non-seulement invoquer le secours de l'analogie et citer l'exemple des reptiles, comme les lézards, les grenouilles, les serpens, les salamandres et les crapauds, animaux à sang froid, chez lesquels cette fonction est bien manifestement volontaire; mais encore celui de qes esclaves qui,
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aiii rapport de Galîen, se donnoient la roort lorsqu'on les forçoit de paroitre en présence de leurs bourreaux ou de leurs juges. Selon ce physiologiste et beaucoup d'autres, c'étpit en avalant leur langue qu'ils se faisoient périr par suffocation ; mais il suffit de connoitre les attaches des muscles de cette partie , et les mouvemens qu'ils peuvent permettre, pour voir combien une telle opinion est peu fondée. L'action cérébrale n'eut {ilus alors été indispensablement nécessaire à l'entretien de la vie; dans un animal privé du cerveau, la. respiration auroit continué, et la circulation n'eùt.pas été interrompue. La mort de ce viscère n'eût point entraîné subitement celle des autres parties, comme elle le fait en arrêtant la respiration, par suite la circulation, et les autres fonctions /]ui etx dépendent.
Les nerfs qui, venant de la moelle de l'épine, donnent au diaphragme la faculté de se contracter, puissance que ce muscle perd tout à coup si Ton lie ces nerfs , me semblent les liens principaux qui unissent les fonctions intérieures assirailatrices ou nutritives, à celles qui entretiennent les rapports de l'individu avec les objets du dehors. Sans ce moyen d'union, la chaîne des phénomènes vitaux eût été moins étroite, et leur dépendance moins nécessaire. Sans la nécessité dans laquelle est le diaphragme de recevoir du cerveau , par les nerfs phréniques, le principe qui détermine ses contractions , les acéphales j qui vieaneat au monde
lOS PROLiGOMÈNES.
privés de ce dernier organe, eussent pu continuer de vivre comme ils le faisoient avant de venir au jour, lorsque les organes de la vie nutritive rece— voient un sang qui avoit reçu dans les poumons de la mère les modifications indispensables à la vie; mais lorsque le lien qui les unissoit a elle se trouve détruit, obligés d'imprégner eux-mêmes leurs humeurs par la respiration du principe vivifiant que contient l'atmosphère, ils ne peuvent obéir à cette nécessité : les puissances inspiratoires manquent du principe qui doit les stimuler.
Lorsqu'une inflanunation extérieure a peu d'étendue (i), qu'elle a son siège dans une partie où il n'existe pas beaucoup de ner£s , et dont le tissu cède aisément à l'abord des humeurs que l'irritation y appelle, toute la soène des dérangemens mor* bifiques se passe dans la partie affectée, et l'ordre
(t) L*ou sait ^e mille bontons, dans la petite-Térole , n'occasionnent , s'ils restent séparés , qu'une fièvre modérée , tandis qu'elle devient très-forte , et met en danger les jours du malade ,* M la maladie devient confluente^ c>st-à>dire, si les petits boutons se rapprochent , se touchent et se confondent. Les bourgeons charnus qui s'élèvent en grand nombre d'une surface ulcérée» sont autant de petits phlegmons qui n'entrainent pas l'état fébrile ; si trop d'irritation les réunit , cet état ne manquera pas de se manifester. La vaccination n'est point, dan» un grand nombre de cas, suivie du plus léger mouvement fé- >brile , si l'on a l'attention ^ comme je l'ai constamment pratiqué » de faire les piqûres à une certaine distance , de manière que les «réoles inflauunatoires ite viennent pas à se confondre.
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gënëral des fonctions ne se trouve pas sensible** ment interyerti ; mais occupe-t-elle une grande étendue , se trouve«>t^ile dans une partie douée d'une vive sensibilité, ou d'une texture serrée t comme les doigts et les orteils , alors la fièvre s'aU lume, parce que la partie malade fait participer tous les systèmes au dérangement de son action. Cette généralisation de l'affection locale , est près» que infaillible dans tous les cas où rinflammalion a son siège à l'intérieur dans un organe des fbnc* tions assimilatrices. Cet effet peut être regardé comme constant, quoique Morgagni cite quelques exemples d'inflammation du foie , dont aucun symptôme n'avoit annoncé l'existence.
La coniioissance des grands sympathiques ex** plique cette différence. Lorqu'une partie extérieure est attaquée d'inflammation , il faut , qu'au moyen de ses nerfs , l'irritation qu'elle éprouve se propage à l'organe cérébral, lequel, par une réaction à laquelle Yicq-d'Azyr (qui n'a fait que développer les idées de Vanhelmont sur ce sujet) donne le nom d'action nerveuse interne ^ transmette cette irritation au cœur, aux organes de la respiration, de la digestion et des sécrétions, dans lesquels se passent principalement les phénomènes qui dénotent l'état fébrile. Lorsque le cœur^ le poumon, ou tout autre organe intérieur, est, au contraire, atteint d'une phlegmasie aiguë, il n'est pas besoin de la médiation du cerveau pour que tous les viscères ressentent le dérangement que l'un
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d'eux éprouve. Tous sont étroitement lie's par les filets que leur envoient les grands sympathiques 9 et entretiennent, au moyen de ce système nerveux qui leur est spécialement destiné, un commerce plus intime de sensations et d'affections. Ajoutez que le dérangement des fonctions importantes confiées aux organes malades, rend indispensables des cbangemens proportionnels dans tous les actes de l'économie vivante, de la même manière, sans doute , que le vice d'un seul rouage interrompt ou dérange le mécanisme d'une machine toute entière.
Il existe dans l'estomac un mélange de nerfs cérébraux et sympathiques , par lequel se trouve expliquée la dépendance manifeste , dans laquelle cette branche du trépied vital (Bordeu) existe par rapport au cerveau; dépendance si marquée, que toute affection vive de l'ame, toute contention for* cée de l'esprit, affoiblit ou suspend même totaleni^ent l'exercice de la digestion stomacale. Ce mélange de nerfs cérébraux et sympathiques dans le tissu de l'estomac, rend également raison d'un phénomène dont il a été déjà fait mention en traitant de l'influence de l'habitude sur l'action des organes. Celui--^ diffère essentiellement du tube intestinal, en ce que, loin de s'accoutumer à l'im* pression des vomitifs, et de devenir de moins en moins sensible à leur action, comme les intestins, a celle des purgatifs, Testomac, que trois grains d'émétique ébrânloient à peine, entre en convul*
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sion' avec un demi-grain seulement de ce sel, lorsque, par don fréquent usage, il a acquis Tha* bitude des mouvemens provoqués par son action. N'en est- il pas alors de l'estomac comme d'un membre dont les muscles, soumis à l'empire de la volonté, exécutent des mouvemens d'autant plus prompts et plus faciles , qu'ils ont été plus souvent exercés?
J. XI. Des Rapports de la Physiologie avec ,
quelques autres sciences.
On auroit de la science de l'homme vivant une bien fausse idée, si, à l'exemple de quelques auteurs, on pensoit qu'elle consiste uniquement dans l'application des loix physiques aux phénomènes de l'économie animale. La physiologie ne vit pas d'emprunts; elle existe indépendante : il est un ordre de vérités qui lui appartiennent en propre, et qu'elle puise dans l'observation des actes dont la succession et l'ensemble constituent la vie. Elle s'enrichit, il, est vrai, de plusieurs faif^ que lui fournissent la physique, la chimie et le calcul; mais ces emprunts sont des accessoires , qui ne forment point essentiellement l'édiûce de la science. C'est ainsi que, pour mieux pénétrer le mécanisme de l'ouïe et de la vision , elle tire de l'acoustique et de l'optique des notions élémentaires sur.les sons et sur la lumière; et que, pour mieux connoitre la nature de nos solides et de nos
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liquides , la manière dont les substances animales passent incessamment de Fun à Tautre de ces deux états y elle invoque les secours de la chimie. De même la géométrie et la mécanique lui donnent les moyens de faire ressortir les formes avantageuses des organes , et la perfection de leur structure.
Aucune étude ne présente un plus vif intérêt que celle des rapports admirables existant entre la con«formation de nos parties et les objets extérieurs auxquels elles s'appliquent; rapports calculés avec une telle précision, établis avec une si grande jus* tesse , que les organes des sens et des mouvemens considérés sous cet aspect, nous offrçnt le modèle de tout ce que Tart a conçu et exécuté de pius ingénieux: tant il est vrai, suiyant les paroles du grand médecin de Pergame , que la nature a tout fait avant l'art, et mieux que lui (i).
Au commencement du dernier siècle, séduits par l'apparence d'une précision rigoureuse, des médecins géomètres voulurent tout expliquer par le calibre des vaisseaux , leur longueur, leurs courbures , la raison composée de l'action des solides et de l'impulsion des liquides : de ces applications
(i) Quaneioqiudem natura, ut arbitror^ etprior tempore sii, et in operibus magis sapiens quàm ors.
GiLfiifus, de Usu partium, lib. vu, cap. i3i
C*est par Tobservation des moyicns dont s*est servie la natnre pour prévenir la diffusion de la lumière dans le globe de rœîl « qu*Eu1er fut conduit à perfectionner les lunettes astroniy«> «niques.
résultèrent des théories tellement défectueuses ^ que , ainsi que nous le verrons en traitant de divers points de physiologie , et sur-tout de la force avec laquelle le cœur agit , aucun de ceux qui les proposèrent, ne se rencontre avec ceux qui suivent la même route. Cependant ^ on ne peut raisonnablement douter, qu'il se passe dans la machine animée, des effets qui se rapportent aux loix de Thydraulique. Le cerveau, par exemple , avoit besoin de recevoir continuellement une grande ' quantité de sang artériel , vivifié par un passage récent à travers le tissu pulmonaire : mais l'afflux trop rapide, l'abord trop brusque de ce liquide » eût pu en altérer la structure. La nature a donc » comme nous le dirons à l'article de la circulation cérébrale, employé tous les moyens hydrauliques qui étoient en son pouvoir , pour briser la force avec laquelle il y arrive, et ralentir son cours.
Les hommes ont-ils jamais appliqué plus heu* reusement les loix de l'hydraulique, que ne l'a fait la nature, dans la construction de ce réseau mer* veilleux '{rete admirabilè)^ que figurent à la base du cerveau les carotides internes desquadrupèdes? Disposition remarquable, sans laquelle le sangqu'y apportent ces artères, lancé par une force supérieurç à celle qui anime le cœur de l'homme, et n'étant point obligé de vaincre la résistance que sa propre pesanteur lui oppose, eût infaillible- ;n[ient désorganisé cet organe , si peu consistant. Quant aux applications qu'on doit se permettre
lo8 PROIiEGOMENES.
des ficiênces mathématiques ou de calcul , on peut dire qu'en phy^siologie , peu de choses étant abso^ lument certaines (i), et beaucoup seulement probables, on ne peut faire usage que du cakut des probabilités j et chercher des élémens dans les faits tirés de l'observation et de l'expérience ; faits qui , rassemblés et multipliés jusqu'à un certain nombre, conduisent à des résultats qui équivalent à des vérités rigoureusement démontrées.
Les phénomènes que présentent les corps vivans , varient sans cesse quant à leur véhémence, leur intensité, leur vélocité : comment soumettre à des formules exactes des élémens aussi variables? J'aimerois autant renfermer dans un vase fragile , hermétiquement bouché , une liqueur expansible et susceptible de changer à chaquetinstant de volume. Les mouvemens progressifs de l'homme et des animaux offrent néanmoins au calcul des applications assez exactes : il peut encore s'exercer avantageusement sur l'évaluation des produits de nos diverses sécrétions , apprécier la quantité d'air ou d'alimens introduits dans nos organes, etc.
On doit mettre au nombre des principales causes qui ont singulièrement retardé les progrès de la physiologie, l'erreur dans laquelle sont tombés
(i) Ceci doit s'entendre seulement des causes des phénomènes, et non pas des phénomènes eux-mêmes; car la physioloi^e est peut-être plus riche qu'aucune autre science, en faits certains cl faciles à constatée par l'obsecvation.
PROLEGOMENES. IO9
ceux qui ont voulu expliquer tous les phénomènes que les corps animés présentent, par une seule science, comme la chimie, Thydraulique , etc.; tandis que toutesces connoissauces reunies ne peu«vent point rendre raison de la totalité de ces phénomènes. Cependant l'abus qu'on en a fait, ne doit point en faire proscrire absolument Tusage. Les oonnoissances tirées de la physique, de la chimie, de la mécanique et de la géométrie , sont autant de moyens utiles à la solution du grand problème de ré<;onomie vivante; solution qui , pour n'avoir point été trouvée, ne doit point être réputée impossible, et dont on approchera d'autant plus, qu'on l'entreprendra avec un plus grand nombre de données. Mais on ne sauroit trop le redire; celui-là seul peut prétendre à cet honneur, qui^ dans l'application des loix physiques aux corps animés , tiendra compte des forces inhérentes à la nature organisée, forces qui soumettent à leur influence suprême tous les actes de la vie , et nlodi« fient les résultats qui paroissent dépendre le plus des loix auxquelles obéissent les corps inorganiques. L'anatomie et la physiologie sont liées par des
rapportstellementintimes, que plusieurs ont pensé qu'elles étoient absolument inséparables. Si la physiologie, ont-ils dit, a pour objet la connoi^Eance. des fonctions que nos organes exercent, comment en comprendre le mécanisme , si l'on ne connoit les instrumens qui les exécutent? Autant vaMdroit prétendre expliquer la manière dont l'aiguille d'un
iio prolégomènes/
cadran parcourt; le cercle de sa révolution jonrnalière , si Ton ne connoissoit les ressorts et les rouages nombreux qui mettent cette aiguille en mouvement. Haller est le premier qui ait établi Funion de l'anatomie avec ta physiologie, et qui l'ait consacrée dans son grand ouvrage. Depuis Jlalter, un grand nombre d^anatoroistes, et parmi eux Sœmmering (i) , dans un livre récemment publié, ont réuni , autant quMl est possible , ces deux sciences : ce dernier^ en traitant séparément de chaque système d'organes , expose ce qu'il y a de connu snr leurs usages et leurs propriétés.
Quelque étroites^quepuissent être les connexions entre l'anatomie et la physiologie, elles n'en ont pas moins paru parfaitement distinctes au plus grand nom>bre , et nous possédons plusieurs bons ouvrages d'analomie, dans lesquels la physiologie n'occupe qu'.une très-petite place. Cette manière d'envisager ces deux sciences me parolt offrir les jplus grands avantages. En effet , si la description isolée de nos organes suffit au physiologiste qui veut en étudier les fonctions , cette considération fournit peu de vues véritablement utiles dans la pratique des opérations chirurgicales. Pour rendre la connoissance du corps humain plus spéciale* tnent applicable à rexerciéede cet art, il faut noniseulement en ^onsidéiter séparément les diverses
(i) J. Cil. Socmmeriiig , de Corporis humani fabricd , 6 vol.
PROLOG CKM i N B s; lit
parties , xaais encore en bien saisir l'ensemble et déterminer exactement leurs rapports. L'anatoiniste qui sanroit que la crurale est la principale artère de la cuisse; que , continuée sous le nom de poplitée, elle passe derrière le genou pour se ren«« dre à la jambe; qu'en parcourant son trajet, elle fournit des rameaux aux diyerses parties du membre; connut-il parfaitement le nom, le nombre de ces rameaux , les variétés qu'ils peuvent offrir, les parties dans lesquelles ils se répandent, n'au— roit cependant de cette branche du système arté-^ riel qu'une oonnoissance presque inutile dans le traitement desmaladies dont elle peut être atteinte. la situation de Tarière , sa direction , les parties <|oi l'entourent , ses rapports-précis avec chacune délies , sa position superficielle ou profonde, etc. ^ sont les seules circonstances dont il puisse retirer quelque avantage.
Il en est de celui qui cultive sous ce point de vue Vanatomie humaine, comme du chimiste : et de même que c^ni-ci ne connoit jamais mieux uncfct substance que lorsqu'il peut la décomposer et la refaire de toutes pièces ; de même l'anatomiste ne connok parfaitement le corps de l'homme, que lorsque , après avoir étudié séparément et avec le plua grand soin chacun de ses organes , et chacun des systèmes que forme un certain nombre d'organes semblables , il peut assigner à chacun d'eux sa place, déterminer les rapports qu'il observe , et les proportions dans lesquelles il entre pour la com«^
112 PROLÉOOM È.N E S.
position de tel ou tel db nos membres. L'étude de celui-rci est même bien plus longue et plus difficile que celle de celui-là; car le chimiste qui décompose et recompose un mixte bien connu , le phosphate de chaux., par exemple, n'arrive qu'à la connoissance des prj^ncipes constitutifs et de leurs proportions respectives :les phénomèoes de situation lui échappent complètement. L'anatomiste , au con- Ixaire, qui sait que telle partie est composée dW» de muscles vde nerfs et de vaisses^ux , doit npn-seu* lement connoître chacune* de '^ces parties-, Jeur Tolume proportionnel , mais. ^ncQre le li^u précis qu'elles occupent.
L'aiiatomie<> étudiée daqscet esprit , présente un champ d'une vaste étendue : elle est cet art que Leibnitz appeloil l'analyse de la situation , anatysis siiûs; et sa coonoissance est trop importante pour qu'on ne lui accorde pas une place distincte parmi }es conuoissances médics^les. Je ne veux point taire les motifs alléguéspour réunir l'anatomie et la physiologie dans le même enseignement. L'anatomie ^ réduite à la simple description des organes, entraine, ditton , trop de sécheresse et trop d'ennui; la physiologie y répand de l'intérêt et de la variété ; Ton captive plus sûrement l'attention des auditeurs, qui écoutent mievix et retiennent plus
volontiers ce qu'ils ont entendu avec plaisir. Ne semble- t-il point que les dé ta i lis. physiologiques soient pour les auditeurs, ce qu'est , pour un enfant malade et pusillanime ^ le miel dont on enduit les
bords du vase, afin de iqi déguiser ramertume du breuvage qui doitje rapp54er A la vie? Et» réunis» sant deux objets, ^iit l'un ne présente d'autre intérêt que celui, deli'.utili lé ^ tandis que Tautre^y joint la séduction de Tagrément , ratleatiqn ne^erà point senlcment partagée 4 mais iHnie entière idi« traile, et 1 esprit de qfuic qui \isfr\t pu écoutent effleurera les détails arides , pour s^aiisir avidement ce qui prête le plus à son activité, )t'aHatomie est à Ja physiologie ce que b géograpbijç',«#t Jt>j;histoiré> Des considérations, générales. surJa «tuation, h grandeur, la figure, les,. rapport* el:!!* structure d un oicgane, sontijinpréliaiiaaiiçefiiidispënsabie'i la parfaite intelligence de, sesnlbniftioiis; atissî) tranve.-t-pn. beaucoup d'anatonueidmsjfes. Traités de Physiologie, comme beaucoup.de ^détails géo* ^raphiquQs ctiez les, historiens fidiele^/ ' .' ' ':
f^^r.m W ftvoir dit^assf'Z pour, évf teivle i>eproohe de n'avoir |M>int rempli cet ouvrage4e(deseriptions ^natomiques qui se tfo^ryen^da^Sula foiMe dexr^ xîell^n» traités q^iç ^0,yL^ p<^^édons «up l'^natomie humaipe. Exaii^ir^oisi mainteiia.nt quelles relations ^irâstent ^ntre la physiologie et lanatomie comparée. . ♦ r r
Si l'on ne conçoit par&itemient une machine qu'après l'ayoir décpmposée en bes plua simples éiémens ; si ton- ne conçoit J;>ien le mécanisme de son action ^ qu'après avoir examiné ié jeu séparé de chacune de ses différentes pièces, Tanatomie comparée , à la faveur de laquelle nous pQuvons I. 8
114 F R O L é aoM è ïï £ 5.
étudier, dans la ^ande chaîné que lés flaimaux eonstituerit', raotioin sépara clé chaque organe , ap{>rëcter' son importance ^bbolue ou relative , le con;9idei'er'4'»b6rd isolée èit^^tiit^, ^ejn^tiinsi dire, à ses propres fdrc(esV'a'fiti^d«'^tè^tnitléi'i:]tfet{e^^^ il à dans l'exercise d'une foticittofï ; ranàtdttiie comparée, dis^jes ^t lûdispëtiëstble là celui 'qui veut faire de gfran^V pt^ogrès 'âatfs lât cotinfôilsâalïôe de rhomïiffie s<eHe {(eut étre^ï-égàï^^ëlï coidiûe une tortè de »rî^M(^(^ im'âp^l^i^&/à-f âîde dbtaqtte^e ii{>us parrenbns' à «bus mfieu^jE ^Olto^tre* :..Pour;«e frfîre^utîejoste'ifdéfeidfes Oi>éi'inibns de I>biendefni^nt humain , '^ ^x^pti^eir lâigëii^ration dearfac^ltésidetl^kme^ \tè» mëlâfphy^iféiens^otit îmagitié uiie^taïKiè qpÊi^h on t éitiimée ipât" ^«grés'/ en là 5revetahtis)à!ccë$$ivemémdt^Êf^ô¥^éisJdtË!»iàà^ lions. Eh bien! k hatWë tt téili^'^ q^ël^e toa- Bièfe ce r^t'e»de là^phil^^Uiklil éât <dèâ atit<mbux qu'elle a dompléléttiënt ptis^ês dés bimanes de la TCie )et d« VobSe^, eh^ri^l^ii^s-Ubs, %e^\t et l'odorat nie'p&tôifisefit ^s é)f lé^t» (bdépe¥iHaitl ment du touotièr ; d'àotres fois i eHfe'^ ^xéi^cé ceWè espèce à^analjf^àe sttr titi^ystème de pattites qui Servent à l'exercice de la même fonction. C'est ainsi que, dans quelques ^ttimaut , débarrass^ant 'en quelque •sorte l'di'ganë de roule des accessoires destines à rassembler, trelnsmettire et modifier ies rayons dOBores, ielle l'a réduit à ime simple catité , pleine d'une liqueur gëlatinefOse , dans laquelle flottent ios extrémités -du nerf acoustique , exclusivement
PROLÉGOMÈNES. Il5
propre à ressentir rimpression des sons; fait qui détruit toutes les hypothèses qui avoient attribué cette sensation à d autres parties jde Tappareil auditif. s
De toutes les sciences naturelles, Tanatomie
comparée est celle dont il est le plus utile d'extraire des faits pour en enrichir la physiologie. Comme cette dernière, Tanatomie comparée s'occupe d'êtres organisés yivans : on n'a donc point à se garantir des fausses applications que fournissent si souvent les sciences qui s'exercent sur les êtres morts et inorganiques , çxu qui n'étudient , sur ceux qui jouissent de la vie , que les propriétés générales J^e la matière, Haller avoit tellem^at senti cette utilité de l'introduction de Tanatomie comparée dans la physiologie . qu'il a râssei;nl>lé le plus grand nombre des faits connus de son temps, sûr Tanatomie des animafux, à la tête de chaque chapitre de son immortel ouvrage.
Cette coosidération génériale des éUiet^ vivs^ns et animés 9^ si propre à dévoiler le «ecre t. de notre organisation, a encore cet avantage, qu^elle agrandit la 3phère des idées de celui qui s'y livré. Que celui qui aspire^, à cette latitad^. de vues, si nécessaire dgn5,laiqi^4^pine| p^JeS;faits.;fp^t.si ppx^tibreux ,et si diverS), t les expUcatiops^ si . coo^radi^toires et \es Fèg]|p de conduite si pea précises 9. jette un coup d'œil général sur cette grande division des êtres organisés , dont plusieurs, par leur structure physique, ressemblent |ant à l'homme^ il verra
Il 6 PROLÉGOMÈNES.
rarchitecle. suprême de Fû ni vers , distribuant à tous rélément de vie et d'actiyite , donnant aux uns moins de mouvement, en donnant aux. autres avantage : de manière que , formés tous isur le même modèle, ils semblent n'être que lés nuances prodigieusement variées, et insensiblen^ent graduées de la même forme , si les formes ont des nuances comme les couleurs; ne passant jamais de Tùn à Fautre par un saut brusque et rapide , mais s'élevant ou descendant par des gradations douces et mesurées, jetant dans rintervalle qui séparé déiix êtres dïfférens, un grand nombre 1 d'espèces qui servent dé passage de l'un à l'autre (i) , et qui offrent une série continue de dégradations où' de perfectioniiemens ; l'organisme se simplifiant , si l'on descend de l'homme aux espèces inférieures; ^e compliquant, ^u contraire,
(i) C'est nne grande et iJéUè idée, qne celle d'une ^échelle des êtres , qui, comme ledisoîfe Charles fionnet,. liant tous les mondes , embrassant toutes, les* ^p^ières , s*ëtendroit de l!atome au plus éleyé de» chérubins. Sans la conunencer par l'atome et la finir par les chérubins*, ce qui seroit commencer et finir par les ténèbres, si on la réduit aux êtres naturels biens 'connus , et qui peuvent' être sdumb à TolAer ration , on yet'ra que cette conception n'est point aussi • chimérique que l'ont prétendu quelques savans dont raatàrité est infiniment irespe^^j^le. Le plan tracé par Charles Bonnet est visiblement défectueux ; on y trouve rapprochés des êtres qui n^ont entr'eux q^e des traits de ressemblance foibles ou complètement illusoires. L*état actuel des scienoes naturelles permet troit de mieux faire j on
si Ton remonte des animaux à l'homme, qui est Tétre le plus compose de la nature, et que l'ancienne philosophie regardoit avec justice comme le chef-d'œuvre du Créateur.
Si la structure intime de nos organes se deVobe avec tant d'opiniâtreté à nos recherches , c'est que leurs parties constitutives les plus délicates et Jies mieux finies, sont taillées sur de si petites proportions, que nos sens n*ont plus sur elles aucune prise. Il est alors avantageux de recourir à Fana* logie^ et d'étudier Torganisation des animaux qui présentent les mêmes organes, construits d'après des proportions, pour aiùsi dire, plus grossières. C'est ainsi que la nature celluleuse des poumons ^ qui ne peut être intuitivement démontrée dans Thomme', à cause de l'excessive ténuité des plus petits lobules, se dévoile complètement dans les
ponrroit au moins tenter, pour tous les corps*, ce que Jnssieu a exécuté relativement aux productions végétales ; et si cette iCntreprise, conduite par les hommes les plus capables de la terminer , laissoit quelque chose à désirer , cette imperfection nécessaire n'indiqueroit-elle point Texistence d'autres mondes , ou de. terres encore inconnues sur le globe que nous habitons; régions ignorées où se trouveroient les minéraux , les végétaux et les animaux dont Fabsence forœeroit des lacunes dans leur série immense et coordonnée ?
DemonHratum enim /ait et hoc nuUam rem contrarias, vel omninà multùrn différentes qualitates recipere posse , msi per média prius iterfeceriu
Gale vus, de Usupartium, lib. 4, cap. îa^
poumons vésiculaires des salamandres et des gre-^^ nouilles. De la même manière, les écailles dont est couvert le corps des poissons et des reptiles , ou qui revêtent les pâtes des oiseaux, nous donnent une juste idée de la structure de Tëpiderme , et de la disposition de ses petites lames qui se re-couvrent mutuellement dans une partie de leur aurface, etc.
La structure humaine étant la plus compliquée , doit produire des effets plus nombreux, des rësuU tats plus variés et d^une connoissance plus difficile : on ne suit donc pas une marche analytique, on ne procède point du simple au composé , en commençant l'étude de Torganisme animal par celle dé l'homme. On arriveroit plus naturellement, et plus aisément peut-être, à la solution du grand et difficile problème de l'économie vivante, en commen-» çànt par en expliquer les termes les plus simples; en s'élèvant par degrës^ des plantas àirx animafine végétans, tels que les polypes; âé ceu*-ci ÀtSi< animaux à sang blanc ; puis aux ^oissôùs ei SLut, reptiles ; de ces derniers aut animaux & sang chaud, et enfin à l'homme lui -^ même, placé au somnâet de ùette longue série d'êtres, dont Fexistence se compose k nitesure qu'ils s'approchenl de lui.
L'éttfde^ de' toutes les parties dé l'histoire naturelle, et particulièrement dé l'ahatomië comparée, ne peut donc qu'être infiniment profitable au physiologiste : vérité bien exprimée par l'éloquent
M. de fittffon , lorsqu'il a dit (i) :' 8*il n'existoit poÎDt d'animaux, là nature de* rkomme seroit encore plus inoomprëhenaible. > ' <
Je oe dicai riéD àp$ riaipports, trop universeUe^ ment conou&,, de la physiologie a>véc les ilciences médicales dont elle est;, à ^khi droit, regardée comme la base x>tt l'appui. Toutes les parties de là médecine, que quelquefr-uns ont dit être Tart de guérir , que d'a^tres^ ont plus r.aisonnal>lement nommé l'art de traiter les maladies, mais qui^ prise dans un sens plus général , peut être dé6nie Fart de consenter h^ santé et de guérir* les mala* dies , ou de les rendre plus supportables , toutes les parties de la médecin^ sont éclairées par les lumières physiologiques , et ne rec0nnoissent pas de guide plus sûr. C'est pour avoir négligé ce flambeau tutélaife, que la Thérapeutique et la matière médicale ont langui tant d'années dans le vague des conjectures et des hypothèses. Les médecins ue ^ioivent pas oublier un instant qu'un grand nombre (a) des maladies, consistant dans des dérange- Biens des propriétés vitales, c'est à rameper la
i*ii*
(1) HiiU nat loin, r, m^12, p. a4i* Discours sur la nature des aoiflif^aiK^
(a) Toutes ies makidis consistent en des dérangemens phjsi-ques y comme solutioyis de continuité , déplacemens ; altérations organiques , connue polypes, anévrismes et autres affections résultantes d*un vice organique , d'une altération dé tissu ; lésions vitales, comme les fièTres, les ataxîes, les adynamiesi les Tésanies , etc. Foyez la Nosographie chirurgicale.
X20 FRO Lié GO MENES.
«ensibilitéiët la contraclililé à. leur type naturel, t[ue tous leurâ efforts ddiveuit tendre et se diriger; que les meilleures classifications des maladies et des mëdicameuâiseront ceH-eftqfui auront pour fondement ufle bo«] ne distinction des forces vitales* C'est d'après cet esprit que M. Alibert ^ dans ses Élëmenisde ma'tière médicale, distingue les médi-^ .camens suivant .qu'ils affectent la .sensibilité ou la contractilitë , et selon les* cxeganes sur lesquels 3'exerce spécialement leur action.
^. XII. Classification des fonctions vitales.
Après avoir traité séparément des forces ou des iacultés vitales, rien n'est pli^s facile que de distribuer, suivant un ordre clair et méthodique , les fonctions exercées par les organes qu'animent ces facultés. On pourroit définir le mol fonction par moyen d^existence. Cette définition seroit d'aù^ tant plus juste , que la vie n'est autre ehose qiie l'exercice de ces fonctions, et qu'elle cesse lorsque quelques-unes des plus importantes ne peuvent plus s'exécuter : faute d'avoir distingueras facultés des fonctions, qui ne sont que les facultés ou puissances réduites en acte , plusieurs divisions modernes, quoique bien préférables à l'ancienne classification des fonctions en vitales, animales et naturelles, manquent néanmoins d'exactitude e,t de simplicités C'est ainsi que Vicq-d'Azyr, propor sant une classification des phénomènes physiolo*
PROLEGOMilNES/ 121'
giques dans le grand discours qu'il a mis à la tête de son Anatomie, confondant la cause avec Teffet, range la sensibilité et l'irritabilité parmi les fonctions; et, commettant ui.e autre méprise, place, parmi ces dernières, l'ossification qui n'est qu'un mode particulier de la nutritiou, analogue à la structure des parties dures.
La meilleure manière de classer les actions qui s'exercent dans le corps humain vivant , est, sans cîoute , cel le qui les distribue et les ordonne , d'après l'objet qu'elles remplissent. Aristote, Buffon, et surtout Grimaud, ont établi sur cette b.ase les fondemens d'une méthode que nous adopterons , en la modifiant néanmoins comme nous allons le dire.
Aristote et Buffon avoient vu que parmi les actes de l'cHîonomie vivante, quelques uns s'exécutoient dans tous les êtres qui ont vie , dans les végétaux et les animaux^ durant le sommeil et pendant la veille, etc. tandis que d'autres* sembloient l'apanage exclusif de l'homme et des animaux plus ou moins semblables à lui. De ces deux modes d'existence , l'une pégétatîpe et l'autre animale, la première leur paroissoit la plus essentielle , puisqu'elle étoit la plus répandue, et qu'elle consistoit uniquement dans l'assimilation des molécules alibiles, dans la nutrition absolument nécessaire à la conservation de l'être vivant (i), qui , perdant sans
(i) Nam anima niitritiya etiam aliis ines% et prima et maxima.
^^a PROLÈGOMèNBS.
cesse sa propre substance, cesseroit bientôt d'exîdter, si ces pertes continuelles n'étoient incessamment réparées par l'acte nutritif,
Griuiaud , professeur de physiologie à Tuoiver-^ site de Montpellier, enlevé trop tôt à la science qu'il cultivoit en philosophe vraiment digne de ce nom , adopta cette division simple et lumineuse ^ la développa mieux qu'on ne Tavoit fait jusqu'à lui, la suivit constamment dans ses cours (i) et dans ses ouvrages. Cette distinction des fonctions en intérieures, qu'il nomme aussi digestipea, et en extérieures, ou locomotrices ^ dernièrement reproduite sous le nom de fonctions organiques, et animales , dénominations dont la première est tout-à-fait inexacte et vicieuse, puisqu'elle, tend à faire croire que la vie animale ou de relation , n'est point confiée à des organes , et que ces instrument vitaux sont seulement employés à la vie intérieure ou dénutrition {Motus assimiliationis , Bacon ^
communis facultas animas , secundàm quant omnibus vipère inest. AaiSTOTSLES, de Anim, lib. a , cap. 4*
(i) Dans ses leçoo3 manuscrites de physiologie , rédigées par lui-même , il semble se complaire dans cette division, qji*il s*étoît en qfuelque sorte appropriée, par les développemens heureux qu*il lui avoit donnés , et par les changemens qu*il y avoit in* troduits : à chaque leçon , je dirois presqu'à chaque page , il revient sur cette division , Tétend , Texplique et la commente. «Les fonctions, dit -il, peuvent se diviser en deux grandes 3» classes y les unes se passent dans V intérieur du corps, et s*y > rapportent d'une manière exclusive; les autrei^ s*exerccnt à
PROLEGOMÈKES. ia3
JBlas alteratipum, Yanhelmont); cette distinction, dis- je , ne comprend pas la totalité des phë«nomènes^ n'embrasse point l'ensemble dès fonctions qui s'exécutent dans l'économie. On ne trouve points en effet, dans les deux grandes classes qu'elle établit ^ les actes par lesquels tes anitnaux et les •végétaux se reproduisent, se perpétuent, et éternisent la durée de leur espèce. Toutes tes fonctions conservatrices des, espèces n'y ont aucune pteoe ; elles *ne portent que sur les fonctions conserva^ trices des individus.
J'ai donc cru devoir comprendre sous deux classes générales , i^. les fonctions qui servent à la conservation de Tindividu , et te rendent capable d*un mode d'existence isotee ; a^. tes fonctions qui servent à la conservation de Tespèce, fonctions dontrabsence n'émpêcheroitpoint Thomme dVxister, comme tes eunuques nous eu foui'nissent l'exemple, mais sans lesquelles lespèce humaine
> V extérieur y et se rapportent aiax ol^ete di:^ dehors ,. etc. > Lai force digesdve préside , selon lui, aux fonctions intérieures qui ont pour oi3Jet la nutrition; la force locomotrice dirige les fonctions extérieures. « Cest par les organes des sens que Tanî- » mal agrandit son existence , qu'il la popt« et la distribuée » sur les objets qui Ten^vironnent , et qu'il prtnd eonmoissavpe » des qualité-» par lesquelles ces objets l'intéressent , c*ef t par » le moyen des muscles essentiellement soumis aux organes » des sens , qu'il se coordonne avec ces objets , et qu'il se place * ou se dispose d'une manière conyenable â leur mode d'actî- » vite , etc. »
124 PROLiGOMÉNES.
pérîroit bientôt , privée de la faculté de se reproduire. Eu établissant ces deux grandes diyisions , je n'ai eu égard qu'à l'objet, au but que chaque classe de fonctions doit remplir.
Parmi celles qui sont employées à la conservation de l'individu , les unes remplissent cet usage en assimilant à sa propre substance les alimensdont il fait sa nourriture; les autres, en établissant ses rapports avec les êtres qui Tenvironnent , d'une manière convenable à son existence.
Les fonctions qui servent à la conservation de Tespèce, peuvent également être séparées en deux ordres. Celles du premier exigent le concours des deux sexes ; elles constituent la génération proprement dite : celles du second sont exclusivement départies à la femme, qui, après qu'elle a conçu ^ est seule chargée de porter, de fournir au développement , de mettre au jour et d'allaiter le nouvel être, produit de la conception.
Lçs fonctions intérieures, assimilatrices ou nutritives, concourent au même but, et servent toutes à l'élaboration de la matière nutritive. L'ali* ment une fois introduit dans le corps, est soumis à l'action des organes digestifs , qui séparent sa partie nutritive; les absorbans s'en emparent^ et la portent dans le torrent des humeurs ; le système circulatoire là promène dans toutes les parties du corps I la fait couler vers tous les organes ; les poumons et les glandes éécrétoiresy ajoutent certains élémens, la dépouillent de plusieurs autres, l'altè^
PROLÉGOMÈNES. IsS
* rent , la modifient , ranimalisent : enfin , la natrilion , qui peut être regardée comme le complément des fonctions assimilatrices, qui ont toutes Tentretien et l'accroissement des organes pour objet, la nutrition leur applique cette substance animalisée , assimilée par ces actes successifs ^ lorsqu'elle a été rendue tout-à-£iit semblable à eux.
Cependant, plusieurs de ces fonctions serrent à la fois à conserver et à détruire : l'absorption , qui se charge des molécules étrangères qui doivent être employées à l'incrément aes organes, entraine également les molécules organiques que détachent les mouvemens, les frottemens, la chaleur, et toutes les autres causes physiques, chimiques et ^vitales : l'action du cœur et des vaisseaux pousse ces débris mêlés aux parties vraiment récrémentitielles , vers les poumons , qui , en même temps qu'ils combinent les parties nutritives avec l'oxigène atmosphérique , séparent du sang les maté« riaux qui ne peuvent plus être employés à la nourriture des oj^ganes , et vers les glandes sécrétoiresy qui non-seulement épurent le liquide, en en séparant ce qui ne peut sans danger rester dans l'économie , mais encore élaborent ou préparent des liqueurs particulières , dont les unes, produits de l'acte nutritif, servent à cet acte^ et impriment aux substances sur lesquelles il s'exerce , un certain degré d'animalisation (la salive , la bile, par exemple^; tandis que les autres semblent être des
li»6 PROLÉGOMÈNES.
états intermédiaires par lesquels l'extrait nutriliC tiré des alimens, est obligé de passer avant son animalisation coinplète; telles sont les liqueurs séreuses et ^ graisse.
Il auroit^peuttêtre semlil^ rplus conforme à l'or* dre naturel ,de fondf e^ en quelque sorte , Thistoire de la respiration* danscéUe.de la circulation ^ an traitant du cours du sang veineux à la suite .de l'action deSiis^aisseaux absorbans ^ avec lesquels les veînes ont tant d'analogie; ppis des phénomènes respiratoire^ .ou de la conversion du sang veineux en sang artériel ^ et du transport de ce dernier daps toutes les parties du corps ^ par l'action du cœur et des artères;*mais .l'avantage, qu'on retireroit de cette, méthode éloignée des idées reçues suivant lesquelles on considère sép^r^^ieot la circulation et la respiration vtPOUs. a paru trop, foibl^ pour nous décider, à, la suivre.
Les fonctrans e^ctérîeures ou. relatives 9 égale* ment rapprocbéeÇ(par leur cpmmune destination , mettent l'^pdividu ;en .relation avec tout ce qui renvir4Knue>; les sensations 9. eji l'avertissant. deJa présence deS' objets qui peuvent. lui servir ou lui nuire ; les -mouyem^ns^eale rapprochant ou l'éloignant de 4i;es *obJ6t^ , suivant qu'il aperçoit eu eux des rapport» de copvenance ou de disconvenance , suivant que^ .d^; ^n action sur eux, ou de leur action sur lui,, résultent les sensations opposées du plaisir oU de la douleur ; enfin, la voix et la parole le font communiquer avec les êtres qui jouissent
FROLéGOM:ÈN£S. 127
du même moyen de communication , sans qu'il ait besoin de se déplacer. Le cerveau est l'organe principal de ces fonctions, comme le système circulatoire est le centre des fonctions assimilatrices. C'est au cerveau que sont rapportées toutes les impressions que reçoivent les organes des sens ; c'est de lui que partent les déterminations , d'où naissent les mouvemens volontaires et la voix. C'est au système sanguin que sont apportées les tnolécules qui doivent servir à la nutrition , et celles qui doivent être rejetées hors du corps. Le système sensitif et le circulatoire sont aussi les seuls qui, pourvus d'un organe central ( le cerveau et le cœur ) , s'étendent à toutes les parties du corps, par des émanations qui partent ou aboutissent à cet organe (les nerfs, les artères et les veines) : et de méi|ie*qu'à ]a sensation ) sont imtnédiatement liés, et que d'elle dépendent comn>e suites nécessaires, les mouvemens et la voix ; ainsi , la respiration , les sécrétions et la nutrition ne sont en quelque manière que des conséquences de la circulation qui distribue le sang à tous les organes , pour que ceuxci lui impriment diverses altérations en lesquelles consistent les changemens respiratoires, sécréfoires et nutritifs. Ce ne ^nt, pour le dire par anticipation , que divers genres de sécrétions exercées, aux dépens des différens principes contenus dans le sang.
La circulation qui tient dans une sorte de dépendance les fonctions nutritives , soumet le cerveau ,
.128 PaO LÉGOMÈN ES.
organe principal des fonctions extérieures » à une ' influence encore plus immédiate et plus indispensable. Les mouvemens musculaires ne lui sont pas moins assujétis. Elle est la première fonction qui soit apparente dans l'embryon dont eUe opère le développement; de toutes les fonctions ^ dans les cas de mort naturelle, elle cesse la dernière. Voilà bien des raisons qui justifient Haller, de Tavoir placée au premier rang, et commencé par soi» histoire , sa grande physiologie. Je n'entte dans cette digression , que pour faire sentir tout le ridicule qu'entraînent après soi les préteations de certains auteurs qui , pour avoir varié Tordre méthodique des fonctions, interverti leur série ^ ou fait les transpositions les plus légères, en pla^ çant, j)ar exemple, l'histoire des fonctions de l'odorat et du goût avant ^exposition des fonctioxis intérieures ou nutritives , crpient avoir changé totalement la face de la science : pitoyables sophistes , qui entassent des subtilités au défaut de faits et d'idées positives.
Dans les animaux à sang rouge et chaud, les fonctions nutritives, la digestion, l'absorptioa, la circulation ) la respiration, les sécrétions et la nutrition;, s'exécutedt comme chez l'homme, et il y a entr'eux, sous ce rapport , très-peu de différences; bien plus, quelques-unes de ces fonctions Vexercent dans les animaux avec plus denergie. C'est ainsi que plusieurs digèrent des substances réfractaires à l'^tion de nos organes; que d autres
(les oiseaux) y oat tina circulation plua rapide ^
une respiration plus étendue , une nutFitioa plus
actiye , et développent plus de chaleur. Mais aucun
d'eux n!est aussi bien partagé du c6té des organes
qui serveut à ^tal^lîr jies relations d'un être vivant
avec ce quii'entqyr^* Dans aucun animal, les sens
ne réunissent {e mé^f 4^ré de perfection rl'aigle^
donjt; |1^ Yjie est si perçante , a le tou^^r , le goût
et rpji^r^t obtus; ^c)iiep , ^ontUodorat estexquts,
n'a qu'une portée .de vue fort ordinaire ; chez lui,
. le goût et le t0uc]|^er. Bont également imparfaits' :
. ce. dernier sens, poqrla perfection diKjuel aucun
de cesraijiimaux n^gpprpohe à^e* l'homme ^ n'a point
acqifi^ çb^ lui ctt^e ^^Ucat^sse >au^. dépens des
.Hatrçilt,^;^ iVWS)i TpjUÏCî, r.odorat et le goût, con-
- serveq^ ,^n^ Qn^f^'.frf «rgra^de , lorsque par des
imprçasjpjjs tjçop fréqpent^, ou mid dirigées, on
. n'en, a^pojpit al|ér^ lias^nJlibiHjSé.. ][^t)ent9e.sensîtif
. n'est , dans aucpn^ 9^icii?ç développé et plus propre
^à diriger sûreipent l'emploi des organes moteurs;
aucun ne pçut ar|iculer les sons de la voix , de
XB^iffs^e à cr^rla parole;
, Cette p^qs grande e>ctension de la vie, parie . noqnbrç et la perfection desesorganesdans rhomme, ,1e rend su^( à bien plus d^.maladies que les autres ;^nifnaux; il en est, jà cet égard, de son corps . comntç de ces macbines que l'on rené plus fragiles .jen mi|l;itpUant leurs rouages , dans la vue d'obtenir . liese^f t^^p]LM3 étendu^ où plus variésr.
Tous les corps organisés ont les fonctions assir iv 9
i3o pRoiéaoMÈNEè.
niilatrices en'partage;inaisrassitniIation exigeant des moyens plus ou moîns nombreux et puissans, selon la nature de l'être qui Texerce, la* chaîne des phénomènes a^similàteùrs commence dans le végëtctl, à Fâbsoi^ption,' puisqu'il pùisé'hhmédiatemexlt dans la terre les sucs qu'il doit s'approprier. .Son système absorbait fait 'eti même temps les fonctions a'<î>rgane circulatôitîe , ou plutôt là circulation n^existe pas dans lès plantes, et Toti ne peut comparer le moûverhent dii'ect ,* processif de lasè^re (Jui monte de la i^àScinè vers les branches, et quelquefois rëtrdgràdé des branches vers les racines, à Ce cours ciricYilfa(ôire des flirrdes; qui a lieo dans l'homme et daiis'Ies animaux qui lui •resseihblent' le plus, au moyen d'un système de . vaissepunt qui les ratnèKent de motiieht eh înôment dans les mêmes jtartiès, »t les promènent dans tout le corps > en leur fàisaiit parcourir tm éèrcle entier; ^souyent même une double rotation ( animaulx à circulation simple ou double, e'est-SH dire, dont le cœur a un seul ou deux 'tenfricul^). Les végétaux respirent à leur tnanièrev et altèrent Tair atmosphérique , en lui enlevant' le gïiz acide jcarbonique produit de la combustion ,' et dé ^)à respiration des animaux, de manière i[]ti^, pat -Une réciprocité vraiment adrair^ibie , les végétaux qui déçomposeivt l'acide carbonique , et laisi^etlt éxhk- 1er l'oxigènC', épurent continuellement Tàir que corrompent sans cessfc la combiistiôh let^ là' respi« ration des animaux» '
Les forçUons conaervatHce^ de lVapQK:i f9P^ communes aux auimaai: :ét eus;. v{^^ujc«.j]t^ organes auixquèls ell» ;s90t.confiées.H:j(l>l4|2aré| dans les nombreut if^iivi(|wsi|e. q^ ^^x r^ne^ de lanatui^t pi^em^ntfMii^r/ia^t^b^^j^^c^^ frappe. Umir fesi .na.^ur^Ullçili.-et; J^ttif^a faijt 4irf^ que de tous les actes de la vie végétale,) (tWriip netoit plus analogue k^e^imi^ Véconq^timliiurmaine, que celui fuUqf^elA^^ SàooïmUih '£ectue« • ••, • • : ' M-^fi'^iu [ 'î. > ^\ii
Mous nfetKposerons pas î<^ 4^ cjaradèiifs .gmét- »ux de$.ABUx.D9drQ^.49tf(W«(lÎM>a çpUttrveA^ià lu
cooserva^ÎP^Q l'iin^Y/4uj)J«t>4ii^éfeiip<^q9ye&
spécifient r^fiH: 4t)dîqtté» ^p%piiiftîfii<»t<ti*iroi»
de cet ouyir«^.(i). ]¥^S.Dçmllllu^.(}Qfl^^^jQety avçc^toiis.les aui^itftbqiftînlM imK f »yiflj#ftin 4 j^i^ maoièrei ginéralf.,.qu!^^^M^||il»)p%ll#)â«pfMMI^ toù^iurs :io^vieirse^ > de(«TO^9^Qi(qn^ to ift>i)Qtipfis assimîlatriees augq^ntitsât'dWîttitéi^tlféMi]^ dc^ fonetiona e^téri^w^es^ âÎ9iifiiitCx^0r(n<a(]idid< don«é les développemens les plus étendus à .ÇÇltejdée^,
reproduire ici tous ces çàisiàièiéij sans tombei^'An^ déi Iré)^^-*
^Itrà ïùfSètfà'ée qtiedauft les carnivores ^qui joignent %>4es^ûk'|)idn8-de ^nesse; à des «siutsctes capat^ës li^ëffbivis pitodigieuiti, une pntssi^nee assîknila- 4i|4^'%i^^eii ënergicfâes 'qtit* leurs alim^ùs', pour «fff¥ cQ$)^iiàb)èmètft' 'digérés , doivcfnt ^ présenter ^miè ^&hi|)ôsTtibii>amili9gae à ceU^ de leuvç or-
igttft^S (a^P'^v'^ ''^ ■' *'• •''• • •'^ • '•'^"•' ■•
->'4)Wff^d5i«'iia^kttlldierufie trbp'grédd^ imporî^itéiàièdbte^Rssîiiéâtiij^ri ;^opme^ t^ les divisions, elle est purement hypothétique. Tout se -tiwig, iroijrt^t^llë?^ )iobt ^stioocrdontiëoians l'éco-
4A*<é^l^?^^^ii^€ids^n9nttJ l'uwê* !• 2[utk*e^^< «Wéoiitent iëtâj^i^â^r^ilie^nv j< testés «ôs^'blè kté^asbnt^nt i)a céêt^ë^iilk|û%Mt «$ti4ttipDsgi^bIe d'assigner^ sbit un ^mcitimiiSiStàktnt ,J i^^tiiié'llerminaison .r in*c9/^ii^ 4feîf^^ à66WI#' i(lii^p«!i^i«ty ')>Pa0S tm^ l|omme qui «ttsitlë^ilà ^dè^li<)iP7^^^]M^rj^Qny 4%/i(}irettlat^ , ^ ) r^i^ibn'^^ ^feÂ^^iteréli6tiSi;1a»^ iiulriti<ib> les Mfiidriiêiiyj^i^ lâooi1(«^ Wrohif effÊaètn» la
Ci) Dans les cavnivores , .la force uilresliye est extr^emeaat Wfbibjiie; mais les muscles sont trètf^puî^snifs : cette forcie, relalivi^/dW^rgané^'âiiéPMiûfèks Ûteklléééisiiltt'ûin^ lis
^toAyôt^î»', puMqÂfe^ bes bni^ift^iie adÎTëtl^uMMr ^ë dt €iëpr<fdation et de ^rnag»; que Uiir in>tinct» ^'fif^^ri! aygfi leur -?r»?^a?*<».î lfS4çet,eij gyrjip ftY«Ç^taat çftqçijR^yiej.^tqu'ili ;fie. i^^uvent ^ soutenir. qjM'en^p^^at^yicl^rl^iu.^es^f^^ ^uxîHcli Ja MtHre. Jef ^Pi>ellc,^^ii? 9«ase,. ,,.,.; ,,; .^.j.
PROLÉGOMÈNES. T ^ÎS
génération , peuvent s'exercer à la fois; uv^ts œlut] qui , pour connottre le jeu de réconomie animale ^r donneroit son attention à cet excf eioe :siaiiihané ^ • ne pourroit en prendre qu'une notion bien con-** fuse (i).
£n se familiarisant, avec ces. abstractions v on* les prendroit bientôt pour des réalités^ on âroît' jusqu à.voir deux vies bien distinctes dans le; même: individu; on assigneroit comme caractères' iila^ vie intérieure , de s'exécuter par des organes indet: pendans de Tempire de la volonté, quoique cette^ faculté de Tame préside au» phénomènesi de la rest
•^mm*^»!
(i) La division que j'établis ne doit point être prise à la rigueur, et comme étant d'une Térité absolue : c'est uift simple^ hypothèse à laquelle il ne faut se prêter quVnce qu^elte va> y^u% servir à distribuer vos. idées ^vec plus d'ordre;; car- tout, ordre , même arbitraire 9 est utile , en ce qu'^ soun^et à nQtro. réflexion une grande quantité d'idées , et qu'en conséquence , il facilite la comparaison que nous devons en faire. Tous les actes de la nature sont si rapprochés , ils sont liés ehtr'eux d*une manière si iiiti/oae et si nécessaire , et la nature passe de Tûn à l'autre par des mpuremens si uniformes j par des gradations si iusensibltfs et «i ménagées ^ qn'U n'y a poi^t d'espace pour, pla*^ cer les lignes de séparation ou de démarcation qu'il nous plaît de tracer : toiiteai no$ méthodes qui distribuant > ^ui classent' les prodi^ctions naturelles, ne sont que des abstractions de Fesprît qui ne considère point les cTioses telles qu'elles sont? réellement, mais qui s'attaclie à (Certaines qualités-, et néglige ou rejette tontes les autres. ' .
* • GmMAvo ^ Le çoa^ de .Phjrstoiogie^
1^4 FROLSGOMÈKES.
piriation, de la mastication, de Texcrëtion des iirînes et des matières fécales ; d'être confiée à des organes non symétriques j quoique le corar , les poumons et les rçins présentent une symétrie bien évidente; d'exister dans le foetus qui ne res* pire ni ne digère, etc. Bien dans IVconomie animale, disoit Galien, n'est soumis à desloix inva«riables , et ne peut offrir. les résultats rigoureux et calculables qu'on doit attendre d'une machine inanimée. ( Nil est in corpore pîpenti plané since^ rum. Gjj^. ) Ainsi , la respiration qui lie ensemble les fonctions extérieures et les fonctions assimilatrices , fournit au sang le principe qui doit entretenir l'action du cerveau , et provoquer les cou-* tractions musculaires. li'autre part , le mouvement des muscles sert à la distribution.des humeurs , et Concourt aux phénomènes assimilateurs. Le cer^ veau, au moyen des nerfs de là huitième paire, tient l'estomac sous sa dépendance. JLes sensations du goût et de l'odorat paroissent présider spéciat^'ment au choir des alimens et de l'air, et appartenir plutôt aux fonctions digestive et respiratoire, qu'à celle de l'entendement ou de la pensée, etc.
Nous avons vu , dans cette sorte d'introduction générale à l'étude de la Physiologie ^ quelle idée Ton doit se former de cette science , ainsi que de la vie dont elle a l'étude pour objet , en combien de classes les êtres naturels se partagent, en quels
elémens tous se résolvent , quelles différences ems-* teçt entre les corps inorganiques et les êtres organises et vivans , entre les végétaux et les animaux ; comment la vie se modifie, se complique et s'étend dans la chaîne immense des êtres qui en sont pourvus, depuis la plante jusqu'à Thomme; et particularisant davantage rôbjet de nos considérations, nous avon^étudié quels organes composent , par leur assemblage, la machine humaine; quelles propriétés président à Texercice de leurs fonctions : puis, nous avons posé les loix fondamentales de la sensibilité et de la contractilité, parlé des sympathies et des habitudes, de Tapparçil nerveux intérieur qui unît, rassemble et systématise les organes des fonctions assimilatrices^ cherché à déterminer par dçs faits, l'existence de la cause qui soumet les corps vivans à un ordre de loix bien différentes de celles auxquelles obéit la matière inorganique. La connoissance de ces loix est le flambeau qui doit guider dans l'application des sciences accesssoires à la physiologie. Enfin, nous avons établi une division des objets dont cette science traite , plus naturelle et plus simple que toutes celles que Ton a suivies jusqu'à ce jour.
Nous terminerons ces Prolégomènes, en disant deux mots sur l'ordre adopté dans la distribution des chapitres. Nous aurions pu commencer par Fei^position des fonctions extérieures, comme par
lS6* PROLIBGOMENES.
celle des fonctions assimilatricêsou nutritives, par' les sensations ou parla digestion. Cependant, nous avons accorde, la priorité aux fonctions àssimilatrices, parce que, de toutes, elles sout les plus essentiellles à Texisfence ^ et que leur exercice n'est jamais interrompu depuis l'instant où Tembryôn commence à vivre , jusqu'à celui de la mort. En faisant d'abord leur histoire, nous imitons donc la nature , qut fait jouir l'homme de ce mode d'existence , ^vaut de le mettre en rapport avec les objets du dehors', et ne l'en prive qu'après que les organes des sens , des mouvemens et de la voix , ont cessé tout-à-fait d'agir.
Quant à la marche que nous avons suivie dans la disposition des fonctions appartenant au même ordre, ou concourant au même but , elle êtoit trop bien tracée par la nature , pour que nous ayons, pu nous en écarter. Nous avons cru devoir placer la Toix immédiatement avant la génération , afin que cet arrangement indiquât , au premier coup-d'œil, la liaison qui exis.te entre leurs phénomènes. Plusieurs animaux ne font * entendre leur voix que pendant la saison des àmojars ; les oiseaux qui chantent en tout temps, ont au moins, durant cette époque, là voix plus forte et plus sonore, Ses organes se développent tout à coup, lorsque l'homme devient capable de se reproduire, comme si la nature eût voulu l'avertir que c'est surtout par leur moyen qu'il doit cTxprimer
PROLlÈGOilÈNBS. iZj-
ses désirs à Tétre sensible qui peut y répondre. La Toix sert donc naturellement de passage entre les fonctions extérieures, et celles qui sont employées à la conservation de Fespèce humaine.
La voix qui conduit si naturdlement des fonctions qui établissent les rapports extérieurs à celles dont le but est la conservation de l'espèce , est encore plus étroitement liée aUx mouvemens ; elle est , en quelque manière , le complément des pbé* nomènes locomoteurs; par elle , sont rendues plus promptes, plus étendues et plus. faciles, les communications avec les objets du dehors; dépendante de Faction des muscles, elle est le résultat d'un mouvement volontaire. Enfin, ces mouvemens suppléent quelquefois à la parole, chez lespanto« mimés , par exemple , et dans le plus grand nombre des cas, le langage d'action concourt à en augmenter l'effet. Tout concourt donc à nous justifier d'avoir placé cette fonction h la suite des mouvemens , en la séparant de la respiration à laquelle tous les autres Tavoient jpinte, sans faire attention que le rapport sur lequel ils s'appuient, est presque entièrementanatomique, et nepeutservir de fondement en Physiologie.
Nous avons placé à la suite de la génération , une histoire abrégée de la vie et de la mort , dan& laquelle se trouve tout ce qui n'appartenoit à aucune des divisionsprécédentes. La nécessité de cet appen«. dice, qui renferme Thistoire des âges;, celle dea.
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NOUyEAUX