‹ Nouveaux élémens de physiologie (volume 3)Chapitre 7 sur 16 · CHAPITRE Xir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xir

De la Génération*

* CXCIX. Différences des sexes. Les fonctions qui font l'objet de ce chapitre ne sont point nécessaires à la vie de l'individu ; mais sans elles l'espèce humaine périrait bientôt^ privée de la faculté de se reproduire; et , comme la perpétuité à^ts espèces vivantes semble être le but principal de la nature , il suit que les phénomènes de reproduction sont pour le moins égaux en importance à ceux qui jusqu'ici ont fait l'objet de notre étude. Bien plus , si, négligeant l'enseignement et l'extension naturelle des fonctions , on les envisage sous cet unique point de vue, l'histoire des fonctions de reproduction devrait suivre imnjédiatement celles des fonctions nutritives. En effet, les phénomènes de relation , les sensations , les mouvemens et la voix existent comme surajoutés ; leurs organes manquent aux végétaux et dans une multitude d'espèces d'animaux qui tous jouissent nécessairement de la double faculté de se nourrir et de se reproduire. C'est à mettre l'individu en état de satisfaire aux besoins résultant des fonctions nutritives et reproductices , que celles de relation sont principalement destinées chez les êtres pourvus d'appareils sensoriaux^ vocaux et locomoteurs (i).

(i) Voyeï Prolégomènes,

DE LA «ÉNÉRATION. 255

Les fonctions conservatrices de l'espèce sont confiées à deux ordres d'organes appartenant aux deux sexes, dont ils constituent la principale , mais non pas l'unique différence.

La femme, en effet , ne diffère pas seulement de l'homme par ses organes génitaux, mais encore par sa taille moins élevée, par la délicatesse de son organisation , par la prédominance du système lymphatique et cellulaire , qui efface les saillies des muscles, et donne à tous ses membres ces formes arrondies et gracieuses dont la Vénus de Médicis nous offre l'inimitable modèle. Elle s'en distingue encore par une sensibilité plus vive, jointe à une force moindre et à une plus grande mobilité. Son squelette lui-même présente des différences assez tranchées pour qu'on le distingue aisément de celui de l'homme. Les aspérités des os sont bien moins prononcées ; la clavicule est moins courbée, la poitrine moins longue, mais plus évasée; le sternum plus court, mais plus large ; le bassin plus ample ; les fémurs sont plus obliques, etc. (i). Dans un discours sur le beau physique, prononcé par Camper à l'Académie de dessin d'Amsterdam , ce célèbre physiologiste a fait voir qu'en traçant les figures du corps de la femme et de celui de l'homme dans deux aires elliptiques, dont la grandeur serait la même pour

(i) Comparez les belles planches qu*ont données Albinus et Sœmmering des squelettes de l'homme et de la femme.

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