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consulté par déjeunes femmes sur la cause de la stérilité dont elles étaient affligées. En recherchant avec soin ce qui pouvait y donner lieu , j'ai toujours appris qu'elles avaient essuyé, à différentes époques, des inflammations du bas ventre. Une jeune personne, après la cessation opiniâtre des règles, offrit tous les symptômes de l'inflammation du péritoine; mariée un an environ après cette époque, elle ne put se réjouir d'une grossesse ardemment souhaitée. Une femme avait échappé aux accidens de la fièvre puerpérale survenue à la suite d'un premier accouchement qui fut très laborieux. Depuis lors, malgré les apparences de la santé la plus robuste, elle n'a pu devenir mère.
Les deux testicules et les deux ovaires renfermentils les germes séparés des mâles et des femelles? Celles-ci^ comme on l'a prétendu , sont-elles contenues dans l'ovaire gauche, tandis que les mâles existent dans l'ovaire droit? Et peut-on procréer les sexes à volonté, en variant la posture dans laquelle se fait l'accouplement? Cette vieille opinion, naguère renouvelée, outre qu'elle ne porte sur aucun fondement, est encore démentie formellement par les faits : rien de plus commun que de voir les hommes qui ont accidentellement perdu l'un des deux testicules, procréer indifféremment les deux sexes. Des femmes dont un ovaire manquait-, ou chez lesquelles la trompe était oblitérée d'un seul côté, ont produit tantôt des garçons et d'autres fois des filles. Le docteur Jadelot a présenté à la Société de l'Ecole
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de Médecine de Paris une matrice qui n^anquait de la trompe et de l'ovaire droit : rien n'indiquait que CCS parties eussent jamais existé. Des renseignemens pris sur la femme dont le cadavre avait fourni cette pièce anatomique , il résultait qu'elle était accouchée d'un garçon et de deux filles ; Haller cite des cas analogues. La cause qui décide la formation des sexes échappe donc complètement à nos recherches. Celui des deux individus qui se porte à l'acte de la reproduction avec le plus de chaleur, imprimerait-il son sexe au produit qni doit en naître? Je l'ignore; toutefois, j'ai cru observer que du mariage des personnes peu avancées en âge, et brûlant toutes deux des feux de l'amour et de la jeunesse, naissent le plus souvent des filles, tandis que les mâles résultent plus ordinairement de l'union d'un homme d'un âge mûr, ou même d'un vieillard avec une femme plus jeune.
Les expériences faites par M. Girou de Buzaringue sont venues confirmer l'exactitude de notre observation. Ce naturaliste distingué a constaté, dans un grand nombre de cas, que la vigueur et la jeunesse des femelles étaient favorables à la formation des foetus mâles, et réciproquement; comme si la production d'un mâle exigeait de la part de la mère une force formatrice plus considérable.
L'opinion populaire que les filles ressemblent généralement au père, tandis que les enfans mâles offrent le plus souvent les traits de leur mère, porte sur un trop grand nombre de faits pour qu'il soit possible de la regarder comme tout-à-fait fausse
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Est-ce la raison pour laquelle tant d'hommes illustres par leur génie et par de nombreux succès dans les sciences et dans les lettres, ont transmis leur nom à des fils incapables d'en soutenir l'éclat?
CCV. Grossesse. Du moment qu'elle a conçu, la femme éprouve dans le mouvement de ses solides et dans la composition de ses humeurs une altération profonde. Le changement qui s'est opéré en elle se fait apercevoir dans toutes ses fonctions ; elle exhale une odeur particulière; les enfans qu'elle allaite refusent la mamelle, ou ne la prennent qu'avec répugnance, et dépérissent bientôt si on les laisse entre les mains d'une telle nourrice.
La nature, attentive à son travail, semble tout oublier pour le conduire h la perfection. On a observé que dans les lieux où sévit la peste, où régnent d'autres maladies contagieuses, les femmes enceintes y sont le moins exposées; mais qu'aussi, lorsqu'elles sont atteintes d'affections qui,dans d'autres personnes et dans d'autres temps, seraientsans danger, elles y succombent, parce que ces maladies, d'abord trèsîégères, revêtent aisément le caractère de malignité. La marche des maladies mortelles est retardée;. et telle femme phthisique , qui n'avait plus que quelques mois à vivre, prolonge sa carrière de toute la durée de sa gestation. La consolidation des fractures ne se fait pas plus long-temps attendre, quoique Fabrice deHilden ait prétendu que l'état de grossesse l'empêchait totalement.
Je n'ai jamais pu apercevoir de différence sensible
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dans la durée de la formation du cal, comparé chez les femmes enceintes et chez celles qui ne le sont pas. Parmi les auteurs qui ont avancé que les fractures ne pouvaient se consolider durant la grossesse, les uns ont dit que cela dépend de ce que la nature , occupée à diriger les humeurs vers la matrice , oublie en quelque sorte toute autre fonctionnel néglige d'établir l'appareil morbifîque nécessaire à la guérison. Maié^ comme nous le verrons, quelle que soit l'importance de la matrice, chargée du produit de la conception pendant la grossesse , le fœtus n'est qu'un organe ajouté aux organes de la mère, et s'assimilant ce qui lui convient des sucs qu'apportent les vaisseaux utérins. H n'empêche point les autres parties de prendre de la nourriture : toutes continuent de vivre et de s'approprier les sucs nécessaires à leur existence. Haller attribue la difficulté avec laquelle les fragmensse réunissent chez les personnes enceintes, à la quantité considérable de matière terreuse dont le fœtus dépouille la mère. Cette opinion ne peut être admise; car, comme nous l'avons vu dans les Prolégomènes, le phosphate calcaire ne paraît jouer qu'un rôle peu important dans le travail de la réunion, principalement due aux changemens qu'éprouve la partie de l'os véritablement organisée. D'ailleurs, il devrait arriver^ dans cette ^ hypothèse, que la consolidation serait également difficile chez les nourrices dont le lait entraîne une grande quantité de phosphate de chaux. Cependant on n'a point observé que la formation du cal fût plue
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difficile pendant la lactation. Enfin , ici comme en toute chose, l'expérience vaut mieux que le raisonnement : or 5 elle prouve que le temps pendant lequel s'accomplit la formation du cal, chez les femmes enceintes, n'est pas sensiblement plus long que lorsque l'état de grossesse n'existe pas.
Cependant la matrice, pénétrée par la liqueur prolifique, se gonfle, pour me servir de l'expression de Harvey, comme une lèvre qu'aurait piquée une abeille : elle devient un centre de fluxion , vers lequel les humeurs se portent de tous côtés. Le diamètre de ses vaisseaux augmente avec l'épaisseur de ses parois : celles-ci se ramollissent ; leur nature musculaire se prononce. Les mêmes changemens arriveraient -ils à chaque époque d^ la menstruation, si l'écoulement du sang des règles ri'empêchait la métamorphose? Telle est l'opinion de M. Lobstein. Suivant ce physiologiste, l'utérus, dans l'état de grossesse, est analogue à un organe frappé de phlegmasie chronique. Jusqu'à la fin du troisième mois, on ne s'est aperçu de la grossesse que par la cessation du flux menstruel : la matrice, dont le col n'a encore éprouvé aucun changement, est concentrée derrière les pubis; mais bientôt elle s'élève au-dessus du détroit supérieur du bassin , repoussant en haut le paquet intestinal et les autres viscères de l'abdomen. Vers la fin de la grossesse, elle dépasse l'ombilic : son fond touche à l'arc du colon, quelquefois même s'étend dans l'épigastre, La compression qu'elle exerce sur les organes de
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la digestion explique les dégoûts, les nausées que la femme éprouve. Le dérangement de la sensibilité, par l'atTection des grands-sympathiques, rend également raison de ces goûts dépravés, de ces appétits bizarres auxquels le vulgaire croit qu'il est important d'obéir. Lorsque le terme de la grossesse approche, la respiration est gênée; le diaphragme, refoulé en haut par les viscères abdominaux, s'abaisse difficilement : aussi la nature a-t-elle, autant qu'elle a pu , retardé cet instant de gêne, en donnant au bas-ventre une grande capacité, aux dépens de la poitrine, qui , dans la femme, est bien plus courte que dans l'autre sexe.
Si l'accroissement du fœtus, sa grosseur, la quantité des eaux, le développement de la matrice, étaient toujours égaux , on pourrait fixer la hauteur à laquelle ce dernier organe s'élève à une époque donnée de la grossesse; mais ces conditions varient tellement dans chaque individu , que les termes que l'on voudrait assigner ne conviendraient qu'à un petit nombre; il nous suffira donc d'avoir parlé des extrêmes. La matrice tend à s'élever dans une direction verticale : tant qu'elle est renfermée dans le bassin 5 elle conserve cette direction; mais aussitôt qu'elle a dépassé le détroit supérieur, elle cesse d'être soutenue, et s'incline en avant, en arriére ou sur les côtés. Ces inclinaisons, portées à un certain degré, constituent les vices de situation que les accoucheurs nomment obliquités de la matrice. Le jsens dans lequel elles ont lieu est déterminé par
la disposition des parties : ainsi c'est presque toujours en avant qu'elles s'effectuent, soit parce que le détroit supérieur du bassin est naturellement incliné dans ce sens, et forme avec l'horizon un angle de 45 degrés, soit parce que la colonne lombaire, convexe, pousse la matrice, qui ne peut la déprinier, sur la paroi antérieure , qui cède avec d'autant plus de facilité, que la femme a éprouvé plusieurs grossesses.
La dilatation de l'utérus n'est pas l'effet d'une simple distension de ses parois, puisque celles-ci, loin de s'amincir à mesure que le viscère croît en capacité, augmentent, au contraire, d'épaisseur par la dilatation des vaisseaux de toute espèce et l'affluence des liquides. Dans cette espèce de végétation , la matrice est vraimeM active , et ne cède point aux efforts que le fœtu*^ pou ri ait exercer sur elle. Le col de ce viscère, qui 5 a raison de sa plus grande consistance, avait d'abord résisté à la dilatation , finit par céder à l'effort que les fibres du fond exercent sur le contour du museau de tanche : les bords de cette ouverture s'amincissent, le col s'efface, l'orifice s'agrandit, et l'on sent, à travers, le fœtus plongé au milieu des eaux que contiennent ses membrarjes.
A la fin de la grossesse, le besoin de rendre les urines est plus fréquent, la vessie comprimée ne pouvant les contenir en grande quantiié; les extrémités inférieures s'œdémalient, les veines des jambes deviennent variqueuses, les femmes sont-
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aussi plus exposées aux hémorrhoïdes, et ces effets dépendent de la compression des vaisseaux (jui rapportent le sang et la lymphe des parties inférieures; comme les crampes que les Femmes enceintes ressentent^ tiennent à celles qu'éprouvent les nerfs sacrés. Les aines sont également douloureuses^ et les femmes y éprouvent des tiraillemens qui doivent être attribués à l'engorgement des ligamens ronds de la matrice. Ces ligamens, comme la matrice, manifestent, au moment de la grossesse, leur nature musculaire; leurs vaisseaux se dilatent, et leurs fibres deviennent plus apparentes, ainsi que M. Jules Cloquet Ta constaté bien des fois sur le cadavie des femmes mortes peu de temps après l'accouchement (i). Enfin, la peau de la paroi antérieure du bas-ventre, distendue outre mesure, se gerce et se fendille, lorsque celle des parties voisines a prêté autant qu'elle a pu.
x\vant de dire comment la matrice se débarrasse du fœtus et de ses enveloppes, au terme de la grossesse, donnons quelque attention à ce produit de la conception; étudions son développement; examinons la nature des relations qu'il entretient avec sa mère. #
CCVI. Histoire du fœtus et de ses enveloppes . L'intérieur de la matrice^ examiné pendant les
(i) Ces deux cordons charnus n'ont-ils pas alors pour usage d'agir sur la matrice , d'en déprimer le fond , et de ramener ce viscère dans la ligne de l'axe du détroit supérieur du bassin?
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premiers temps qui suivent l'instant de la conception, n'offre rien qui décèle l'existence de son produit. Mais au bout de quelques jours on aperçoit , au milieu d'une masse tomenteuse, semblable à un caillot de sang fîbrineux, une vésicule membraneuse transparente , remplie par une gelée liquide et tremblante^ dans laquelle on ne voit aucune trace d'organisation et de vie. Cependant ce petit œuf prend de l'accroissement; certaines parties du liquide gélatineux acquièrent une consistance plus grande; en même temps leur transparence diminue: on peut alors distinguer les premiers linéamens des parties, apercevoir l'ébauche de la tète et du tronc. L'ovule, d'abord libre dans la cavité de l'utérus (de Graaf), contracte des adhérences avec ce viscère; toute sa surface extérieure devient velue, cotonneuse ; et cette sorte de végétation n'est en aucun endroit plus marquée que dans celui où doit se trouver le placenta. Cependant, vers le dix-septième jour, les parties qui n'offraient qu'une masse homogène, similaire et demi-transparente, manifestent une structure mieux décidée. Un point rouge paraît dans le lieu qui correspond au cœur : c'est cet organe lui-mêpie, reconnaissablé aux baltemens de ses cavités et aux mouvemens des molécules du liquide rouge qui les remplit. De ce que le cœur est le point saillent {punctum saliens\ on ne doit point inférer qu'il jouit le premier de la vie {primum vwens), que, formé le premier, il préexiste à tous les autres organes. Toutes nos par-
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lies ne se forment point en même temps, toutes ne sopt point CQcevales ^ comme l'a dit CharlesBonnet; selon ce philosophe naturaliste, les parties de l'embryon se montrent plus tôt ou plus tard à l'œil de l'observateur, suivant que, par la nature de leur organisation, elles sont plus ou moins propres à réfléchir la lumière.
Cette opinion erronée est celle de tous les physiologistes qui croient à la préexistence des germes. Selon eux, il va simplement évolution ,^ c'est-à-dire développement successif des organes préconçus ou préformés. Les travaux récens des anatomistes tendent à ruiner complètement cette hypothèse. En effet, si, avec Pander, on suit pas à pas, c'està-dire heure par heure, le développement du germe de l'œuf du poulet, on voit la cicatricule , petite membrane qui se détache sur l'un des points du jaune; on voit, dis-je, dans' les premiers jours de l'incubation, cette pellicule se plisser régulièrement , et les organes naître successivement et pièce à pièce dans l'intervalle de ces plis. Chez les mammifères, au cordon ombilical, produit primitif de la conception, se joignent bientôt quelques fragmens du tube intestinal, qui, d'abord séparés et distincts, s'étendent et se rejoignent. Les parois des cavités se forment plus tard, de manière que les viscères contenus existent avant que les cavités ou parties contenantes soient fermées par le complet développement de leurs parois. Dans cette formation successive des organes, l'embryon parcourt
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tous les degrés de l'échelle animale : d'abord simple bourgeon vésicuîaire analogue aux vers les plus simples, auxhydatides, il passe graduellement, par une suite admirable de métamorphoses, à des degrés d'organisation plus relevés 5 et toutes les phases qu'il parcourt répondent à des états permanens dans le régne animal.
Les animaux se forment de la circonférence au centre: assemblage de parties du bord isolées, mais qui en croissant se rejoignent et s'unissent pour former un tout dans lequel se retrouvent longtemps les traces subsistantes dé*la séparation primitive. L'animal ne procède point, comme on l'a cru jusqu'ici , du centre à la périphérie : cette erreur capitale frappe d'un vice radical tout ce que les physiologistes ont jusqu'à présent imaginé touchant la formation des organes et de l'individu résultant de leur assemblage. Quel que soit le viscère dont on étudie la formation, toujours on verra ses parties latérales paraître les premières, puis se développer, croîtreets'unir enfin sur la ligne médiane par laquelle , dans tous les cas , se termine l'accroissement. Le tissu artériel préexiste aux autres systèmes, et les précède dans leur formation. L'os, le lobe cérébral, les muscles se développent à la suite et autour de l'artère qui fournit les matériaux de cette sécrétion nutritive, en vertu de laquelle s'effectue l'organogénésie.
Le corps humain se forme donc de la circonférence au centre, et non point du centre à la cir-
conférence, comme on l'a cru jusqu'au commencement du siècle. Cette marche, suivie par la nature dans la formation des animaux, est uniforme et constante. Tous les organes , tous les systèmes d'organes sont assujettis aux mêmes lois de formation : toujours l'organogènésie s'achève par la conjugaison des parties latérales des organes, d'abord développées , et qui finissent par se réunir sur la ligne médiane, par où se termine la composition de l'individu et de chacune de ses parties.
Les organes centraux et symétriques, le cœur, par exemple, simple d'abord dans l'homme comme dans les espèces inférieures , est d'abord une espèce d'intestin ouvert par les deux extrémités. L'une d'elles se ferme: c'est alors une poche unique, ouverte par le haut; plus tard, une cloison verticale s'élève de sa pointe, et cette sorte de diaphragme établit la séparation des deux ventricules; plus tard encore, une cloison horizontale vient les séparer des oreillettes, qui, d'abord confondues, se séparent enfin. C'est ainsi que, par une suite d'évolutions et de changemens successifs, cet organe central parvient a la structure compliquée qu'il présente chez les oiseaux et les mammifères. C'est par lui que s'achève le développement de la machine circulaire dont il était l'origine, suivant Harvey, Stenon, Malpighi, Haller, partisans de l'hypothèse du développement central des organes.
II en est absolument de même du cerveau , de
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la moelle de l'épine, de l'aorte, des intestins, de la trachée-artère : des lames latérales se rapprochent , s'unissent , et, par une véritable conjugaison , constituent un canal de la même manière que dans le développement du système osseux , où on voit les canaux et les ouvertures résulter de l'union ou de la conjugaison des pièces osseuses qui constuent les os dans leur état primitif.
Cependant des lignes rouges, parlant du cœur, dessinent le trajet des plus gros vaisseaux , et paraissent agitées par l'action de ces conduits , dont les parois sont encore demi-transparentes : à mesure que le sang, ou plutôt sa partie rouge , s'étend du centre à la circonférence, les formes se prononcent , les parties se développent et s'accroissent avec rapidité; des points parfaitement opaques se manifestent^ et l'on peut juger de la figure du fœtus. Recourbé sur lui-même, il ressemble assez bien à une fève de haricot suspendue par le cordon ombilical , qui , comme nous le dirons tout à l'heure, formé avec le fœtus et ses enveloppes, se développe avec eux ; il nage au milieu des eaux de l'amnios, change de position avec d'autant plus de facilité que l'espace dans lequel il est enfermé est très-grand , si on le compare à son petit volume. A mesure qu'il prend de l'accroissement , il s'étend un peu, sans cesser pour cela de paraître roulé sur lui-même : la tête forme la plus grande partie de son corps; les membres supérieurs, semblables à de petits bourgeons, pullulent les pre-
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mîers, puis les membres inférieurs; les pieds et les mains semblent immédiatement attachés au tronc; les doigts et les orteils paraissent sous la forme de petites papilles. De tous les organes des sens, les yeux sont les premiers qui deviennent apparens; on les distingue, sous la forme de petits points noirs , dès la fin du premier mois de la vie de Tembryon ; les paupières naissent et les couvrent, etc. La bouche, d'abord béante , se ferme par le rapprochement des lèvres , vers la fin du troisième mois. Durant le quatrième , une graisse rougeâtre commence à se déposer dans les cellules du tissu muqueux , et les muscles exercent déjà quelques mouvemens. L'accroissement est d'autant plus rapide , que le fœtus approche davantage du terme de sa naissance. Il est impossible de déterminer le poids et la longueur du fœtus, suivant les différentes époques de la grossesse , puisque le temps précis de la conception n'est jamais bien sûr , et que l'accroissement suivant une marche inégale dans les différens individus , un fœtus de six mois peut être aussi gros qu'un autre fœtus à terme. Néanmoins , au moment de son expulsion , le corps a assez ordinairement de seize à dix-sept pouces de longueur, et pèse six à sept livres. Les plus petits fœtus ne pèsent pas moins d'une livre, et les plus gros vont jusqu'à dix. 3 fœtus, sur 7,077 , s'élevaient à ce dernier poids. (Baudelocque.)
La sécrétion de la bile , comme celle de la graisse paraît s'établir vers le milieu de la grossesse , et
colore en jaune le méconium, mucosité aupara-~ vant sans couleur, qui remplit le tube digestif. Peu de temps après , les cheveux croissent. Les ongles se forment du sixième au septième mois; une membrane très-mince, qui fermait la pupille, se déchire par la rétraction des anses -vasculaires qui se retirent (i) vers son contour, et cette ouverture apparaît. Les reins, d'abord multiples, c'est-à-dire formés chacun de quinze à dix-huit noyaux glanduleux séparas, se réunissent, et ne forment de chaque côté qu'un seul viscère. Enfin, les tesiicules , d'abord placés sur les côtés de la colonne lombaire et de l'aorte, près la naissance des artères et des veines spermatiques, puis descendus le long des vaisseaux iliaques jusqu'à l'anneau inguinal, dirigés par un cordon cellulaire, appelé par Hunter leur gouvernail [gubernaculum testis)^ franchissent cette ouverture, entraînant avec eux, non-seulement la portion du péritoine qui doit former leur tunique vaginale, mais encore les fibres inférieures du muscle petit oblique.
L'enveloppe des testicules , fournie par le péritoine, recouvre non-seulement ces organes , et se réfléchît sur eux , mais encore monte , dans les adultes , à un demi-pouce environ de hauteur , sur la partie inférieure du cordon spermatique. Si elle ne va point, dit-on , jusqu'à l'anneau ingui-
(r) J. Cloquet, Mémoire sur la membrane pupUlaire du fœtus.
DE LA GÉNÉRATIOX. 32t
nal , c'est que toute la portion qui , après la nais-* sance , s'clendail depuis cette ouverture jusque près du testicule, s'est décomposée , et se trouve réduite en tissu cellulaire. En réfléchissant sur les causes de la décomposition spontanée d'une portion de ce prolongement péritonéal , j'ai reconnu que rien n'était moins prouve et plus invraisemblable. En effet , dans les premiers temps de la vie , les testicules , sortis de l'abdomen par l'anneau inguinal , sont très-peu éloignés de cette ouverture. La portion de tunique vaginale qui se continue sur le cordon des vaisseaux spcrmatiques, monte jusqu'à l'anneau , et môme se prolonge audelà , communiquant avec le péritoine , comme on le voit quelquefois dans les bubonocèles congéniaux. Ce n'est qu'à mesure qu'o n avance en âge que les testicules descendent dans les bourses ^ en s'éloignant de l'ouverture qui leur a donné passage ; de manière que, chez les adultes , le prolongement, qui d'abord couvrait la totalité du cordon , lequel avait , après la naissance , seulement quelques lignes de longueur , se trouve n'en plus recouvrir que la partie inférieure , lorsqu'il s'est alongé de plusieurs pouees , sans qu'il s'effectue de décomposition ; phénomène aussi difficile à concevoir qu'à expliquer. Cette opinion , émise pour la première fois dans la première édition de cet ouvrage , est aujourd'hui presque généralement adoptée.
Dans sa descente, ou plutôt, à raison de la 3. %x
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situation du fœtus, dans son ascension vers les bourses, le testicule est donc entraîné et comme dirigé par un cordon qui a reçu le nom de son gouvernail. Cette espèce de ligament enveloppé d'une gaine péritonéale qui , dans la suite , sera la tunique vaginale , contient quelques fibres musculaires , véritable rudiment du crémastcr. A cet égard , le fœtus ressemble aux animaux dont les testicules restent enfermés dans l'abdomen , et sont néanmoins pourvus de ce muscle.
Les ovaires , chez la femme, éprouvent descbangemens analogues. D'abord situés au-dessous des reins, qu'ils égalent en grosseur, ils descendent avec l'utérus et ses annexes, diriges par les ligamens ronds ou sus-pubiens, cordons fibreux enveloppés par un prolongement du péritoine , et présentant avec le cordon recteur du testicule ( gubernaculum ) la plus frappante analogie.
Le sexe du fœtus ne se prononce que vers îa quatorzième semaine ; ce qui a fait dire à certains physiologistes que primitivement il était neutre ; et à Tiédemann que , d'abord femelle, il devenait mâle, à moins que, dans son développement, il ne se trouvât arrêté à un degré inférieur d'organisation. Quoi qu'il en soit , l'utérus présente d'abord, comme chez les quadrupèdes, deux cornes auxquelles aboutissent le ligament de l'ovaire , ainsi que le ligament rond.
ce VU. De la circulation dans le Jbetiis. La principale différence qui existe entre le fœtus et
l'enfnnt nouvcaii-né ,| outre l'inactivilé des sons, le repos des muscles soumis à l'empire de la volonté , et l'absence de la respiration , se tire de la manière dont la circulation s^exécute. Trop faible pour assimiler à sa propre substance des substances étrangères , le fœtus reçoit de sa mère ses alimens tout préparés. Les artères de la matrice apportent à cet organe une grande quantité de sang. Ce liquide n'est point tout employé à la nourriture du viscère ; mais étant en grande partie versé par les vaisseaux utérins à la surface et dans les cellules d'un gâteau spongieux, adhérent, d'une part, a la matrice , et de l'autre , à l'œuf qui contient le fœtus, il sert à la nutrition de ce dernier. Ce corps cellulo-A^asculaire , connu sous le nom de placenta , est , aussi bien que les enveloppes du fœtus 5 et le fœtus lui-même , un produit de l'acte générateur. Quoiqu'il adhère le plus souvent au fond de la matrice , il peut tenir à quelque autre point de ses parois ; quelquefois même il est placé sur son orifice , circonstance qui rend toujours l'accouchement difficile. Le côté par lequel il est uni à la face interne de l'utérus^ est, chez certains animaux , inégal , raboteux , surmonté d'éminences mamelonnées ( cotylédons ) , qui s'enfoncent dans des cellulosités correspondantes des parois de la matrice , dont l'intérieur perd , à mesure qu'elle se développe , la forme lisse qu'il présente dans l'état de vacuité , se creuse d'enfoncemens ( sinus utérins ) destinés à recevoir les lobes du placenta ^
et se hérisse d'éminerices qui s'engagent dans les cellules de ce corps (sinus du placent a). Mbàs dans l'espèce humaine l'état des choses est dlFicrent ; et si l'on fait attention que chez certains mammifères, tels que le cochon domestique et le cheval, il n'y a pas , à proprement parler ^ de placenta , on sera forcé d'admettre une extrême diversité pour le mode de communication entre les mères et les fœtus 5 dans les différentes espèces*
Le placenta de l'homme appartient, en grande partie, au fœtus; son parenchyme est surtout formé par les divisions extrêmement multipliées delà veine et des artères ombilicales, réunies par un tissu spongieux, dans lequel elles sont comme plongées. C'est dans ce lissa gorgé de sang, que l'une absorbe et que les autres déposent le sang qui va au fœtus ou revient du côté de la mère.
La face utérine du placenta est assez lisse ; et si l'on examine de chaque côté cette adhérence , on voit, du côté de la matrice , des oriOces dans lesquels on peut introduire des tuyaux de plume: ce sont les sinus utérins. Ils correspondent, suivant quelques auteurs, à des ouvertures de même diamètre, dont est percée la face utérine du placenta ; mais il est difficile de démontrer l'existence de ces ouvertures au placenta.
Les artères utérines laissent pleuvoir dans le tissu spongieux du placenta le sang artériel de la mère , selon quelques-uns , seulement la partie séreuse de
ce liquide, scion d'autres (i). Epanchées dans les cellules du placenta', ces humeurs ne passent pasdirec-
fi) Un médecin allemand, Schréger, a émis une opinion ingénieuse sur la manière dont la circulation se fait de la mère à l'enfant. Selon lui, les artères utérines ne -versent que de la sérosité dans les cellules du placenta. Cette sérosité est absorbée par les vaisseaux lymphatiques, qu'il suppose, par analogie, dans cet organe et dans le cordon ombilical, où on n'a pu jusqu'à présenties injecter. Ces vaisseaux la portent au canal thoracique ; celui-là la verse dans la veine sous-clavière gauche; elle va de là au cœur, qui la fait passer dans l'aorte. Elle revient au placenta, au moyen des artères comhilicales, hématosée par l'action des organes du fœtus. Cette sérosité, sanguifiée, retourne dans son corps parla veine ombilicale, et, suivant le trajet connu et décrit , sert à la nourriture de ses organes. Les rameaux des artères et de la veine ombilicale, ramifiés dans le placenta^ et communiquant ensemble dans ce tissu spongieux , laissent échapper par leurs pores latéraux ce qui ne peut plus servir à la nourriture du fœtus. Ce résidu de la nutrition, déposé dans les cellules du placenta, est absorbé par les lymphatiques de l'utérus, qui le reportent dans le torrent des humeurs de la mère. Outre l'impossibilité de démontrer l'existence des vaisseaux lymphatiques, soit dans le placenta, soit dans le cordon ombilical, l'hypothèse de Schréger présente deux difficultés. Pourquoi le fluide nourricier venant de la mère , et poussé par l'aorte du fœtus dans toutes les parties de son corps , retourne-t-il au placenta, pour revenir par la veine ombilicale ? L'absorption est presque nulle chez le fœtus; l'enduit gras dont son corps est couvert empêche cette fonction à la surface de la peau. Elle n'est guère plus active dans l'intérieur; les sécrétions excrémentitielles existent à peine avant la naissance ; tout ce qui vient au fœtus est utilement employé pour le développement de ses organes; et voilà la raison pour laquelle son accroissement est si rapide.
tementdans les nombreux radicules delà veine om- Wlicale, qui, se réunissant successivement, forment le tronc de ce vaisseau; mais elles agissent sur le sang que renferment ces radicules au travers de leurs parois , ainsi que nous le démontrerons plus loin. îl y a sans doute aussi une véritable absorption exercée par les radicules.
La veine ombilicale , née dans l'intérieur du placenta , par des rameaux absorbans , se détache de ce gâteau , se porte vers l'ombilic du fœtus , entre dans son corps par cette ouverture , là , rencontre le foie , se plonge dans l'extrémité antérieure du sillon antéro'postérieur de ce viscère , parcourt la moitié antérieure de cette scissure , en jetant dans les lobes, et surtout dans le lobe gauche, U!i grand nombre de rameaux. Arrivée à l'extrémité droite du sillon transversal , endroit où ce sillon se rencontre avec l'antéro-postérieur , elle s'unit en partie avec le sinus de la veine-porte hépalhique , tandis que le reste , sous le nom de canal veineux , suit la direction primitive , et va s'ouvrir dansla veine-cave ascendante ou inférieure, très-près de l'endroit où cette veine se dégorge dans l'oreillette droite du cœur.
CCVill.Lesangqui coule dans la veine ombilicaîfî, quoiqu'il ait acquis en partie les qualités vivifiantes du sangartériel^ en parcourant les routes tortueuses du placenta, conseivc peut-être encore ({uelquesuns des principes du sang veineux. Il se dépouille de ces principes, et se revivifie peut-être en traver-
sant le foie, qui, à celte époque de la vie, semble remplir avec le placenta les fonctions dont les poumons doivent être chargés après la naissance. Il remplit à lui seul la plus grande partie de la cavité abdominale. Acquerrait-il cette grosseur ens'appwopriant l'hydrogène et le carbone du sang ombilical? Sa substance est grasse^ huileuse, et contient ces deux principes en très-grande proportion. La sécrétion de la bile chez le fœtus pourrait-elle également suppléer au défaut de la respiration?
L'importance du foie chez le fœtus est plus grande que chez l'adulte: on peut la mesurera son volume relatif., très-considérable à cette époque de la vie. Plusieurs regardent cette glande comme l'organe de?^tiné à remplacer alors lepoumon dans l'hématose ou sanguifîcation; mais, par suite des changemens considérables que le cours du sang éprouve au moment de la naissance, son importance diminue, la peau du nouveau-né se teint d'un rouge jaunâtre (i); état tellement ordinaire, que les sages-femmes et les nourrices s'étonnent de ne le point observer sur quelques enfans.
(i) Cette coloration de la surface de la peau pourrait bien tenir , chez l'enfant nouveau-né comme chez l'adulte , à toute autre chose qu'au passage dans le san^ de la bile en entier, ou seulement de sa partie colorante. Nous l'observons en effet à la suite des ecchymoses produites par des contusions considérables ou par des fractures des membres. La bile est alors assurément tout-à-fait étrangère au phénomène. La couleur jaune paraît, dans ces cas, dépendre de la résolution de l'ecchymose)
Le sang versé par la veine ombilicale dans la veinecave inférieure, et porté par cette veine dans l'oreillette droite, ne s'y mêle qu'en partie avec celui que la veine-cave descendante rapporte des parties stipérieures; car, comme nous l'avons dit ailleurs , les orifices de ces deux vaisseaux n'étant point directement opposés l'un à l'autre, les colonnes de sang qui y coulent ne se heurtent point mutuellement. Celui que la veine-cave inférieure apporte traverse le trou de Botal, vers lequel l'ouverture de cette veine est dirigée ; il passe ainsi dans l'oreillette gauche, puis dans le ventricule du même côte, sans traverser l'organe pulmonaire, qui, privé d'air, compacte et dur, n'eût pu lui livrer passage; les contractions du ventricule gauche le poussent dans l'aorte; sa force d'impulsion va se briser contre la grande courbure de cette artère; il entre dans les vaisseaux qui s'en élèvent , et le portent directement au cerveau et aux parties supérieures. Ce sang est le plus pur, le plus oxigéné, celui qui vient le plus immédiatement du placenta; il n'a point encore circulé dans le corps du fœtus , si l'on en
le sang, en partie absorbé, perd sa couleur; le noir devient graduellement moins fonce j la peau jaunit par degrés : ce n'est plus qu'un phénomène d'optique. Je crois que, dans le plus grand nombre des cas, l'ictère des nouveau-nés n'est autre chose que ce passage du rouge de la peau au moment de la naissance, à la couleur blanche qu'elle doit conserver. Cet état interjonédiaire n'est que la déeradatiou de la couleur rouge primitive,
excepte une très-petite portion rapportée par la veine-cave du bassin et des parties inférieures; car le sang qui vient des viscères abdominaux s'épure en traversant le foie. Les autres parties du corps ne reçoivent, au contraire, qu'un sang très-peu oxigéné , puisque îa quantité peu considérable de celui que les contractions du ventricule gauche et de l'aorte n'ont point fait passer dans les branches qui naissent de la crosse de ce vaisseau^ se mêle bientôt au sang veineux qu'y verse le canal artériel^ immédiatement au-dessous de cette courbure : aussi l'accroissement toujours relatif, non -seulement à la quantité, mais encore aux qualités plus ou moins vivifiantes du sang artériel , est-il bien plus rapide avant la naissance^ dans les parties supérieures , de manière que le cerveau forme à lui seul la plus grande partie du corps, et que les épaules, la poitrine et les extrémités supérieures, sont plus développées que l'abdom.en , et surtout que le bassin et les membres inférieurs.
Le sang que la veine-cave descendante rapporte des parties supérieures du fœtus, passe dans le ventricule droit : celui-ci le chasse par l'artère pulmonaire, qui n'envoie aux poumons que deux faibles rameaux, et va, sous le nom de canal artériel^ s'ouvrir dans l'aorte, immédiatement au-dessous de la naissance de l'artère sous-cîavîère gauche. Le commencement de l'aorte est donc rempli d'un sang artériel^ chassé vers les parties supérieures par îa contraction du ventricule gauche^ tandis que le
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reste de cette artère contient un sang veineux, poussé par la force réunie des deux ventricules.
On ne peut méconnaître dans cette disposition admirable un but d'utilité bien évidente. En effet, si toutes les forces du cœur se fussent réunies pour lancer le sang vers le cerveau , la texture délicate de ce*viscère en eût été altérée; il était besoin, au contraire, de l'action combinée des deux ventricules, pour faire parcourir au liquide les routes non moins longues que tortueuses du conduit ombilical et du placenta. L'artère aorte, arrivée vis-à-vis le corps de la quatrième ou de la cinquième vertèbre des lombes, se divise, et forme , par cette bifurcation, les deux artères ombilicales. Celles-ci fom^nissent au bassin et aux parties inférieures de faibles rameaux qui ne leur portent qu'un sang très -peu oxigéné, puis se recourbent sur les côtés de la vessie, s'inclinent en dedans, s'approchent de l'ouraquc, sortent de l'abdomen par l'ombilic, et, se joignant à la veine ombilicale qui avait pénétré par la même ouverture dans le corps du fœtus, forment avec elle le cordon des ^vaisseaux ombilicauoc.
Suivant quelques physiologistes, on ne voit point entre le sang artériel et veineux du fœtus les différences frappantes qui caractérisent ces deux fluides après la naissance, iîaller avait déjà remarqué (i) quelcsang du fœtus est d'une couleur très-foncée.
(i) Elément physiolog., t. VIII , p. 255.
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Hunter a observé la même chose; et Auteririeth (i) a trouvé que le sang artériel du fœtus est aussi noir que le sang veineux de la mère. Il a également reconnu que la chaleur du fœtus est moindre d'environ trois degrés , suivant le thermomètre de Réaumur. Ces observations , répétées sur des chiennes et des femelles de lapin prêtes à mettre bas, ne m'ont point semblé exactes. La veine ombilicale est remplie d'un sang d'un rouge vif. La couleur du sang qui coule dans les deux artères est brunâtre, et cette différence ne lient point à l'épaisseur diverse des parois vasculaires , car on l'aperçoit en (Mvrant les vaisseaux. Il est bien vrai que^ fréquemment, par l'effet du trouble que l'expérience apporte dans la circulation du fœtus, en dérangeant ses rapports avec la mère, le sang de la veine ombilicale noircit, et alors on ne peut apercevoir aucune différence de couleur; mais cet effet tient évidemment à l'embarras momentané que cause l'expérience. Les auteurs qui ont cru à l'identité de couleur entre le sang artériel et le sang veineux du fœtus, l'avaient examiné sur des individus retirés avec le placenta du sein de la mère, et par conséquent chez lesquels l'ordre habituel des fonctions était enliérement interverti.
CGïX. La longueur ordinaire du cordon ombilical, mesurée de rombllic au placenta, est de 20 à
(i) Dissertatio sis Cens e3:.perimcnla circa calorem fœtus et sanguincm ipsius instUuta. Tubingte, 1799.
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24 pouces, ou 6 décimètres 4 centimètres et 9 millimètres. Elle peut n'être que de 6 pouces, comme elle peut aller bien au-delà , ainsi qu'il conste par une observation de M. Baudelocque, dans laquelle le cordon avait 57 pouces de longueur, et faisait sept tours sur le cou de l'enfant : dernière circonstance qui prouve que le fœtus exécute des mouvemens dans le sein de sa mère. Enfin , on a vu à l'hospice de la Maternité un fœtus dont l'abdomen adhérait immédiatement au placenta; en sorte qu'il n'existait point de cordon ombilical visible entre ce gâteau spongio-vasculaire et le cgrps du fœtus. Des trois vaisseaux qui forment le cordon , deux plus petits ont une structure artérielle, quoique charriant un sang réellement veineux, tandis que la veine ombilicale porte au fœtus un sang artériel. Les artères ombilicales , arrivées au placenta , se divisent et se perdent dans son épaisseur par un grand nombre de rameaux dont les dernières extrémités déposent dans les aréoles de son tissu le sang qui vient du fœtus, et qui doit, selon les uns, retourner à la mère; selon d'autres, revenir au fœtus à l'aide des anastomoses entre les extrémités des artères et de la veine ombilicale.
Dans l'une de ces opinions il y aurait communication directe entre les circulations maternelle et fœtale; dansl'autre, ces circulations sont isolées. Les partisans de la première font valoir, en faveur de leur opinion, iM'écoulementdesang, plus ou moins abondant, que fournit l'utérus après l'accouchement et
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l'avortcmenl; 2° l'état exsangue du fœtus chez des femmes mortes d'hémorrhagie; 3° les hémorrhagies qui ont lieu par le cordon après sa section dans l'accouchement; /t° l'injection des vaisseaux du fœtus par ceux de l'utérus; et vice versa; 5° le passage de substances renfermées accidentellement dans le sang de la mère , dans le sang du fœtus ; 6° l'absence du cœur dans certains fœtus monstrueux. Mais il est facile de répondre à chacun de ces argumens. Après ]a délivrance, la dilatation très-grande des vaisseaux doit donner lieu à un écoulement assez considérable de sang. On a observé très -souvent la réplétion des vaisseaux du fœtus, quoique la mère fût morte exsangue. L'héniorrhagie par ie cordon ombilical est un phénomène excessivem.ent rare, et qui ne s'observe guère que dans les cas où deux fœtus sont à la fois alimentés par le même placenta ; et alors le sang est fourni par le fœtus que renferme encore l'utérus. Les résultats des injections sont trop variés pour qu'on puisse en tirer quelques conclusions fondées. Le passage de substances étrangères de la mère à l'enfant peut s'opérer par absorption dans le placenta, comme cela s'observe au travers des vésicules pulmonaires pendant la vie extra-utérine dans l'acte de la respiration. Il est probable que dans les fœtus dépourvus de cœur, la circulation a lieu par les contractions seules des vaisseaux. A ces raisons on* peut ajouter les argumens suivans : Les injections faites par Hunter , Chaussier, Béclard, etc., ont démontré que ie li-
qiiide passait avec facilité des artères ombilicales dans la veine, et réciproquement au travers du placenta. Wrisberg, Oslander, ont vu des fœtus naître au milieu des membranes restées intactes, et la circulation continuer pendant neuf minutes et même un quart-d'heure. Si la communication était immédiate, les battemeos du pouls de l'enfant seraient isochrones aux battemens du pouls de la mère, tandis qu'ils sont bien plus fréquens, comme on peut s'en assurer au moment de la naissance , avant la section du cordon ombilical. Si l'on ouvre les veines d'une chienne prés de mettre bas , l'animal périt d'hémorrhagie et meurt exsangue. Cependant le placenta n'est vide que dans la portion adhérente à la matrice; l'autre partie de ce gâteau est^ ainsi que le fœtus, remplie de sang, comme dans l'état ordinaire. On conçoit que si les vaisseaux de l'utérus se fussent continués sans intermédiaire avec ceux du placenta, l'accouchement n'eût pu avoir lieu ssns leur déchirement; il en eût résulté des hémorrhagies inquiétantes, l'inflammation, et môme la suppuration de l'organe qui aurait souffert. Enfin, la force avec laquelle le cœur et les artères de la mère font couler le sang dans ses vaisseaux, eut altéré les organes du fœtus ^ trop mous pour soutenir sans dommage un choc aussi violent. Quoique le placenta et le cordon ombilical soient le lien qui unit l'enfant à la mère, ils appartiennent plutôt au premier; ils n'en sont qu'un prolongement.