‹ Nouveaux élémens de physiologieChapitre 15 sur 23 · I. lO · texte numérisé non relu

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leurs parties constitutives les plus délicates et les mieux finies sont taillées sur de si petites proportions, que nos sens n'ont plus sur elles aucune prise, il est alors avantageux de recourir h. l'analogie , et d'étudier l'organisation des animaux qui présentent les mêmes organes, construits d'après des proportions, pour ainsi dire, plus grossières. C'est ainsi que la nature celluleuse des poumons, qui ne peut être intuitivement démontrée, dans l'homme, à cause de l'excessive ténuité des plus petits lobules , se dévoile complètement dans les poumons vésiculaires des salamandres et des grenouilles. De la même manière , les écailles dont est couvert le corps des poissons et des reptiles, ou qui revêtent les pattes des oiseaux, nous donnent une juste idée de la structure de l'épiderme, cl

moins tenter, pour tous les corps , ce que Jussieu a exécuté relativement aux productions végétales; et si cette entreprise, conduite par les hommes les plus capables de la terminer , laissait quelque chose à désirer, cette imperfection nécessaire n'indiquerait-elle point l'existence d'autres mondes ou de ten'cs encore inconnues sur le globa que nous habitons; régions ignorées, où se trouveraient les minéraux , les végétaux et les animaux, dont l'absence formerait des lacunes dans leur série immense et coordonnée ?

DemonsCratum eniriijuit, el hoc nullam rem contrarias , vel oiniiiao multùni dlfferenlcs qualltales recipere posse,nisi per médias prias iier fecerit. (Galenus, de Usu partium , lib. IV j cap. 12.}

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de la disposition de ses petites lames qui se recouvrent mutuellement dans une partie de leur surface , etc.

La structure humaine étant la plus compliquée, doit produire des effets plus nombreux, des résul- ?;t9l;s, plus variés et d'une connaissance plus difficile : on ne suit donc pas une marche analytique, on ne procède point du simple au composé, en commençant l'étude de l'organisme animal par celle de l'homme. On arriverait plus naturellement^ et |Rus aisément peut-être, à la solution du grand et difficile problème de l'économie vivante, en commençant par en expliquer les termes les plussimples; en s'clevant par degrés des plantes aux animaux végétans, tels que les polypes j de ceux-ci aux animaux à sang blanc; puis aux poissons et aux reptiles; de ces derniers aux anim.aux à sang chaud, et enfin à l'homme lui-même, placé au sommet de cette longue série d'êtres dont l'existence se compose à mesure qu'ils s'approchent de lui.

L'élude de toutes les parties de l'histoire naturelle, et particulièrement de l'anatomie comparée, ne peut donc qu'être infiniment profitable au physiologiste; vérité bien exprimée par l'éloquent M. de Buffon, lorsqu'il a dit (i) : s'il n'existait point d'ani-

' (^t) Hist. nal., tome V, in-ia, page 241 , Discours sur la pâture des animaux.

fo.

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maux, la nature de l'homme serait encore plus incompréliensible. i

Lorsqu'il y a plus de trente années , disciple de Cuvier^ j'écrivais ce passage, j'étais loin de prévoir que de l'exagération de ces idées naîtrait une secte de naturalistes ridicules^ qui, prenant à la lettre l'ancienne assertion , tous les animaux paraissent Jormés sur le même modèle, oni imaginé un type normal, y rapportent toutes les espèces, et abusent de l'analogie au point de voir dans le crâne, et jusque dans la face de l'homme, un assemblage de vertèbres , et de trouver ces os répétés dans la peau des vers et dans l'enveloppe des insectes ! ! ! Cela s'appelle, je crois, la théorie des homologues! !! Qu'un homme médiocre veuille à toutes forces avoir du génie, semblable à l'fndou, qui, dirigeant ses yeux sur le bout de son nez , après quelques heures d'une attention soutenue , voit enfin briller une flamme bleue, gage et symbole de la béatitude céleste, il réfléchit sur la structure des bulbes dont le derme est parsemé, voit bientôt que la peau est entièrement formée de bulbes, que ces bulbes subissent les transformations les plus singulières; que, par exemple, les cornes et les sabots de certains quadrupèdes résultent de l'agrégation d'une grande quantité de bulbes, que l'œil et l'oreille elle-même ne sont^^u fond , que des bulbes cutanées : de pareilles imaginations s'appellent aujourd'hui des'L'z^ei'phiiosophi-

ques; en bon français, ce ne sont pourtant que des visions absurdes. Voyez Meckel, passïm.

Je ne dirai rien des rapports, trop universellement connus, de la physiologie avec les sciences médicales, dont elle est, à bon droit, regardée comme la base ou l'appui. Toutes les parties de la médecine, que quelques-uns ont dit être l'art de guérir, que d'autres ont plus raisonnablement nommée l'art de traiter les maladies, mais qui, prise dans un sens plus général, peut être définie l'art de conserver la santé et de guérir les maladies, ou de les rendre plus supportables; toutes les parties de la médecine sont éclairées par les lumières physiologiques, et ne reconnaissent pas de guide plus sûr. C'est pour avoir négligé ce flambeau tutélaire que la thérapeutique et la matière médicale ont langui tant d'années dans le vague des conjectures et des hypothèses. Les médecins ne doivent pas oublier un instant qu'un grand nombre (i) de maladies consistant dans des dérangemens des propriétés vitales , c'est à ramener la sensibilité et la

(i) Toutes les maladies consistent en des lésions physiques ou mécaniques , comme solutions de continuité , unions vicieuses, déplacemcns, épanchemens, corps étrangers- lésions organiques j tubercules, cancers, polypes, indurations osseuses et kystes ; lésions vitales, sthcnies, asthénies, asphyxies, ataxies. Voyez Nosographie et Thérapeutique chirurgicales , 5*^ édition. Paris, 1821. Prolcgoracnes, tome I.

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contractilltéàleur type naturel que tous leurs efforts doivent tendre et se diriger; que les meilleures classifications des médicamens seront celles qui auront pour fondement une bonne distinction des forces vitales.

§. Xlf. Classificatioji des fonctions de la vie.

Après avoir traité séparément des forces ou des facultés vitales , rien n'est plus facile que de distribuer, suivant un ordre clair et méthodique, les fonctions exercées par les organes qu'animent ces facultés. On entend par fonction une action exercée par un ou plusieurs organes. En ce sens, il y a plus d'actions ou de fonctions que d'organes, un seul organe , la langue, par exemple, pouvant servir en même temps à plusieurs fonctions; mais, de même que , pour faciliter l'étude del'anatomie, on a rangé dans les mêmes catégories tous les organes d'une structure semblable, de même, en physiologie, on réunit l'ensemble des actions qui concourent au même résultat. C'est à ces ensembles d'actions particulières et concurrentes que l'on donne plus particulièrement le nom àe fonctions de la vie; ce sont elles qu'il s'agit de classer ici. On pourrait définir le vaoi fonction par moyen d'existence. Cette définition serait d'autant plus juste, que la vie n'est autre chose que l'exercicede ces fonctions , et qu'elle cesse lorsque quelques-unes des plus importantes

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ne peuvent plus s'exécuter. Faute d'avoir distingue les facultés des fonctions^ qui ne sont que les facultés ou puissances réduites en acte , plusieurs divisions modernes , quoique bien préférables h. l'ancienne classification des fonctions en vitales, animales et naturelles , manquent néanmoins d'exactitude et de simplicité. C'est ainsi que Vicq-d'Azyr^ proposant une classification des phénomènes physiologiques, dans le grand discours qu'il a mis à la tète de son Anatomie ^ confondant la cause avec l'effet, range la sensibilité et l'irritabilité parmi les fonctions, et, commettant une autre méprise, place parmi ces dernières l'ossification, qui n'est qu'un mode particulier de la nutrition , analogue h la structure des parties dures.

La meilleure manière de classer les actions qui s'exercent dans le corps humain vivant , est sans doute celle qui les distribue et les ordonne d'après l'objet qu'elles remplissent. Aristote, Buffon, et surtout Grimaud, ont établi sur celte base les fondemens d'une méthode que nous adopterons, en la modifiant néanmoins comme nous allons le dire.

Aristote et Buffon avaient vu que , parmi les actes de l'économie vivante, quelques-uns s'exécutaient dans tous les êtres qui ont vie, dans les végétaux et les animaux, durant le sommeil et pendant la veille, etc.; tandis que d'autres semblaient l'apanage exclusif de l'homme et àes animaux plus ou moins semblables à lui. De ces deux modes d'cxis-

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tcnce , l'une végétative et l'autre animale ^\dL première leur paraissait la plus essentielle , puisqu'elle était \di plus répandue, et qu'elle consistait uniquement dans l'assimilation des molécules alibiles, dans la nutrition absolument nécessaire à la conservation de l'être vivant (i), qui, perdant sans cesse sa propre substance, cesserait bientôt d'exister, si ces pertes continuelles n'étaient incessamment réparées par l'acte nutritif.

Grimaud, professeur de pîiysiologieà l'université de Montpellier, enlevé trop tôt à la science qu'il cultivait en philosophe vraiment digne de ce nom, adopta cette division simple et lumineuse, la développa mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'à lui, la suivit constamment dansses cours (2) et dans ses ouvrages. Celte distinction des fonctions en intérieures ^ (\Vi'\\ nomme aussi digestis>es ^ et en extérieures ou /ocomotrices^ reproduite sous les noms de vie orga-

(i) Nam anima nutritiva eliam aliis inest , et prima et maxima communis facilitas animce , secujidum quam omnibus vivere inest. (Aeistotkles, de Aiiim., lib. 11, cap. 4-)

(2) Dans ses leçons manuscrites de physiologie , rédigées par Ini-méme, il semble se complaire dans cette division, qu'il s'était en quelque sorte appropriée, par les développemens heureux qu'il lui avait donnés, et par les changemens qu'il y ^vait introduits : à chaque leçon , je dirais presque à chaque page, il revient sur cette division , l'étend , l'explique et la commente. « Les fonctions , dit-il, peuvent se diviser en deux » grandes classes : les unes se passent dans Vintérieur du corps,

nique et de vie animale pav Bichal, dénominations dont la première est tout-à-fait inexacte et vicieuse, puisqu'elle tend à faire croire que la vie animale ou de relation n'est point confiée à des organes, et que ces instruraens vitaux sont seulement employés à la vie intérieure ou de nutrition (^Motus assimilationis, Bacon; £las alterativum ^ Vanhelmont ) ; cette distinction , dis-je, ne comprend pas la totalité des phénomènes, n'embrasse point l'ensemble des fonctions qui s'exécutent dans l'économie. On ne trouve point en effet dans les deux grandes classes qu'elle établit, les actes par lesquels les animaux et les végétaux se reproduisent, se perpétuent, et éternisent la durée de leur espèce. Toutes les fonctions conservatrices des espèces n'y ont aucune place ; elles ne portent c\\ics\iv\esÏQrïc\\ons conservatrices des individus.

» et s'y rapportent d'une manière exclusive; les autres s'excr- » cent à Vextérieur, et se rapportent iiux objets du deliors, etc. » La force digestive préside, selon lui , slux. fonctions intérieures qui ont pour objet la nutrition ; la force locomotrice dirige les /onctions extérieures. « C'est par les organes des sens que » l'animal agrandit son existence, qu'il la porte et la distribue » sur les objets qui l'environnent, et qu'il prend connaissance » des qualités par lesquelles ces objets l'intéressent; c'est par » le moyen des muscles , essentiellement aoumis aux organes » des sens, qu'il se coordonne avec ces objets, et qu'il se place » oi:^se dispose d'une manière convenable à leur mode d'acti- » vite, etc. »

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Se nourrir, entretenir avec toute la nature les relations convenables à son mode particulier d'existence, se reproduire, tel est le triple objet qu'en dernier résultat sont destinées à remplir toutes les fonctions qui s'exécutent dans le corps humain vivant, et qui, à raison du but qu'elles remplissent, se divisent naturellement en fonctions de nutrition^ derelation et de reproduction.Vivre d'abord , primo vivere , c'est-à-dire pourvoir, par les fonctions nutritives, à la nourriture du corps, à son accroissement, l'entretenir, réparer ses pertes journalières, tel est l'objet principal de l'existence cent fois exprimé dans des proverbes populaires qui se représentent d'eux-mêmes à la mémoire du lecteur; exercer ensuite ces appareils admirables qui nous mettent en rapport avec tout ce qui nous environne; consacrer enfin à la conservation de l'espèce les forces qui ne sont point nécessaires à la conservation de l'individu : voilà à quoi tendent, en dernière analyse, tous ces phénomènes si nombreux et si variés dont la vie se compose.

Nous avons cru devoir comprendre sous deux classes générales, i' les fonctions qui servent à la conservation de l'individu , et le rendent capable d'un mode d'existence isolée; a" les fonctions qui servent à la conservation de l'espèce : fonctions dont l'absence n'empêcherait point l'homme d'exister, comme les eunuques nous en fournissent l'exemple, mais sans lesquelles l'espèce humaine

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périrait bientôt, privée de la faculté de se reproduire. En établissant ces deux grandes divisions, nous n'avons eu égard qu'à l'objet, au but que chaque classe de fonctions doit remplir.

Parmi celles qui sont employées à la conservation de l'individu, les unes remplissent cet usage en assimilant à sa propre substance les alimens dont il fait sa nourriture; les autres, en établissant ses rapports avec les êtres qui l'environnent, d'une manière convenable à son existence.

Les fonctions qui servent à la conservation de l'espèce, les fonctions de reproduction, peuvent également être séparées en deux ordres. Celles du premier exigent le concours des deux sexes; elles constituent la génération proprement dite : celles du second sont exclusivement départies à la femme, qui, après qu'elle a conçu, est seule chargée de porter, de fournir au développement, de mettre au jour et d'allaiter le nouvel être, produit de la conception.

Les fonctions intérieures, assimilatrices ou nutritives, concourent au même but, et servent toutes à l'élaboration de la matière nutritive. L'aliment, une fois introduit dans le corps, est soumis' à l'action des organes digestifs qui séparent sa partie nutritive; les absorbans s'en emparent, et la portent dans le torrent des humeurs; le système circulatoire la promène dans toutes les parties du corps, la fait couler vers tous les organes; les poumons et

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les glandes sécrétoircsy ajoutent certains clémens, la dépouillent de plusieurs autres, l'altèrent, la modifient^ l'animalisent; enfin la nutrition, qui peut être regardée comme le complément des fonctions assimilatrices, qui ont toutes l'entretien et l'accroissement des organes pour objet, la nutrition leur applique cette substance animalisée, assimilée par ces actes successifs, lorsqu'elle a été rendue tout-à-fait semblable h eux.

Cependant plusieurs de ces fonctions servent à la fois à conserver et à détruire : l'absorption , qui se charge des molécules étrangères destinées à la nutrition, entraîne également les molécules organiques que détachent les mouvemens, les frottemens, la chaleur, et toutes les autres causes physiques, chimiques et vitales : l'action du cœur et des vaisseaux pousse ces débris mêlés aux parties vraiment récrémentitielles vers les poumons, qui, en même temps qu'ils combinent les parties nutritives avec l'oxigéne atmosphérique, séparent du sang les matériaux qui ne peuvent plus être employés à la nourriture des organes, et vers les glandes sécrétoires, qui non-seulement épurent le liquide, en en séparant ce qui ne peut sans danger rester dans l'économie, mais encore élaborent ou préparent des liqueurs particulières, dont les unes, produits de l'acte nutritif, servent à cet acte, et impriment aux substances sur lesquelles il s'exerce un eertain degré d'animaiisation (la salive, la bile,

par exemple), tandis que les autres semblent être des états intermédiaires par lesquels l'extrait nutritif tiré des aliraens est obligé de passer avant son animalisation complète : telles sont les liqueurs séreuses et la graisse.

Il aurait peut-être semblé plus conforme à l'ordre naturel de fondre en quelque sorte l'histoire de la respiration dans celle de la circulation, en traitant du cours du sang veineux à la suite de l'action des vaisseaux absorbans, avec lesquels les veines ont tant d'analogie; puis des phénomènes respiratoires, ou de la conversion du sanî^ veineux en san^ artériel , et du transport de ce dernier dans toutes les parties du corps, par l'action du cœur et des artères; mais l'avantage qu'on retirerait de cette méthode éloignée des idées reçues , suivant lesquelles on considère séparément la circulation et la respiration, nous a paru trop faible pour nous décider à la suivre.

Nous aurions pu donner aux fonctions du premier ordre la dénomination d'organiques, puisque tous les corps organisés les ont en partage, et qu'elles sont, pour ainsi dire, injéparables de l'organisation. Mais il valait mieux les dénommer d'après leur but commun, la nutrition : quelquesunes de cesfonctions n'existent point d'ailleurs chez tous les corps organisés, la digestion et la circulation, par exemple; nous les avons donc nommées nutritives, d'après l'objet principal auquel elles

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sont destinées. Le nom de fonctions animales fte convenait aucunement à celles du second ordre» D'abord , il n'est point rigoureusement prouvé qu'aux animaux seuls appartiennent les mouvemens locomoteurs et les sensations; plusieurs sont inamoviblement fixés au lieu qui les vit naître; bien des végétaux donnent des preuves non équivoques de sensibilité : il est des fonctions nutritives qui raériteraieot le nom d'animales , à bien plus juste titre que les fonctions auxquelles on le donne; la •digestion, par exemple, qui n'existe que chez les 'animaux, et, comme nous l'avons vu, fournit le caractère essentiel de l'animalité; enfin, les Jonc- 1.ions nerveuses, sensoriales, Vinnervatioji , existent-elles chez les animaux qui n'ont ni nerfs, ni «cerveau, ni substance nerveuse distincte; les polypes, par exemple? Qu'est-ce donc que des fonctions animales? Les anciens, en rangeant la digestion dans ce nombre, étaient plus près de la vérité «que les moderm^s. La dénomination de fonctions de reîatioîî caractérise parfaitement leur objet, et nous paraît leur c^onvenir exclusivement.

Ces fonctions , rapprochées par leur commune destination, mettent l'individu en rapport avec tout ce qui l'environne : les sensations , en l'avertissant de la présence des objets qui peuvent lui ^servir ou Un nuire; les mouvemens, en le rapprochant ou l'éloignant de ces objets , suivant qu'il aperçoit en eux (jes rapports de convenance ou de

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disconvenance , suivant que ^ de son action sur eux. ou de leur action sur lui , résultent les sensations opposées du plaisir ou de la douleur ; enfin, la voix et la parole le font communiquer avec les êtres qui jouissent du même moyen de communication j sans qu'il ait besoin de se déplacer. Le cerveau est l'organe principal de ces fonctions , comme le système circulatoire est le centre de» fonctions assimilatrices. C'est au cerveau que sont rapportées toutes les impressions que reçoivent les organes des sens ; c'est de lui que parlent les^ déterminations , d'où naissent les mouvemens volontaires et la voix. C'est au système sanguin que sont rapportées les molécules qui doivent servir k la nutrition , et celles qui sont destinées à être rejetées hors du corps. Le système sensilif et le circulatoire sont aussi les seuls qui , pourvus d'un organe central (le cerveau et le cœur), s'étendent à toutes les parties du corps, par des émanations qui partent ou aboutissent à cet organe (les nerfs,. les artères et les veines) ; et de même qu'à la sensation sont immédiatement liés, et que d'elle dépendent, comme suite nécessaire , les mouvemens et la voix, ainsi la respiration , les sécrétions et la nutrition ne sont en quelque manière que des conséquences de la circulation , qui distribue le sang à tous les organes , pour que ceux-ci lui impriment diverses aUérations en lesquelles consistent les changemens respiratoires, sécrétoires et

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nutritifs. Ce ne sont, pour le dire par anticipation, que divers genres de sécrétions exercées aux dépens de différens principes contenus dans le sang.

La circulation, qui tient dans une sorte de dépendance les fonctions nutritives , soumet le cerveau, organe principal des fonctions de relation, à une influence encore plus immédiate et plus indispensable. Les mouvemens musculaires ne lui sont pas moins assujélis. Elle est la première fonction qui soit apparente dans l'embryon, dont elle opère le développement; de toutes les fonctions, dans les cas de mort naturelle , elle cesse la dernière. Voilà bien des raisons qui justifient Haller de l'avoir placée au premier rang, et d'avoir commencé par son histoire sa grande physiologie. Je n'entre dans cette digression que pour faire sentir tout le ridicule qu'entraîne après soi la prétention de certains auteurs qui, pour avoir varié l'ordre méthodique des fonctions , interverti leur série, ou fait les transpositions les plus légères , en plaçant , par exemple , l'histoire des fonctions de l'odorat et du goût avant l'exposition des fonctions intérieures ou nutritives, croient avoir changé totalement la face de la science : pitoyables sophistes qui entassent des subtilités au défaut do faits et d'idées positives.

Dans les animaux à sang rouge et chaud , les fonctions nutritives , la digestion , l'absorption , la circulation , la respiration , les se'crétions et la nu-

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trition , s'exécutent comme chez l'homme , et il y a entre eux, sous ce rapport, très-peu de différence; bien plus, quelques-unes de ces fonctions s'exercent dans des animaux avec plus d'énergie. C'est ainsi que plusieurs digèrent les substances réfractaires à l'action de nos organes ; que d'autres .(les oiseaux) ont une circulation plus rapide, une respiration plus étendue , une nutrition plus active , et développent plus de chaleur. Mais aucun d'eux n'est aussi bien partagé du côté des organes qui servent à établir les relations d'un être vivant avec ce qui l'entoure. Dans aucun animal , les sens ne réunissent le même degré de perfection : l'aigle, dont la vue est si perçante, a le toucher, le goût et l'odorat obtus ; le chien , dont l'odorat est exquis , n'a qu'une portée de vue fort ordinaire : chez lui le goût et le toucher sont également imparfaits : ce dernier sens, pour la perfection duquel aucun de ces animaux n'approche de l'homme, n'a point acquis chez lui cette délicatesse aux dépens des autres. La vue, l'ouïe^ l'odorat et le goût, conservent une finesse très-grande, lorsque, par des impressions trop fréquentes ou mal dirigées, on n'en a point altéré la sensibilité. Le centre sensitif n'est, dans aucun, mieux développé et plus propre à diriger sûrement l'emploi des organes moteurs ; aucun ne peut articuler les sons de la voix de manière à créer la parole.

Cette plus grande extension de la vie , par le

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nombre et ia perfection de ses organes dans l'homme , le rend sujet à bien plus de maladies que les autres animaux ; il en est , à cet égard , de son corps comme de ces machines que l'on rend plus fragiles en multipliant leurs rouages , dans la vue d'obtenir des effets plus étendus ou plus variés.

Tous les corps organisés ont les fonctions nutritives en partage; mais l'assimilation exigeant des moyens plus ou moins nombreux et puissans , selon la nature de l'être qui l'exerce, la chaîne des phénomènes assimilateurs commence, dans le végétal, à l'absorption, puisqu'il puise immédiatement dans la terre les sucs qu'il doit s'approprier. Son système absorbant fait en même temps les fonctions d'organe circulatoire, ou plutôt la circulation n'existe pas dans les plantes, et l'on ne peut comparer le mouvement direct, progressif , de la sève qui monte de la racine vers les branches, et quelquefois rétrograde des branches vers les racines , à ce cours circulaire des fluides qui a lieu dans l'homme et dans les animaux qui lui ressemblent le plus, au moyen d'un système de vaisseaux qui les ramènent de moment en moment dans les mêmes parties ^ et les promènent dans tout le corps , en leur faisant parcourir un cercle entier , souvent même une double rotation (animaux à circulation simple ou double, c'est-à-dire dont le cœur a un seul ou deux ventricules). Les végé-

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taux respirent à leur manière, et altèrent l'atmosphère en lui enlevant le gaz acide carbonique, produit de la combustion et de la respiration des animaux 5 de manière que, par une réciprocité ■vraiment admirable , les végétaux qui décomposent l'acide carbonique, et laissent exhaler l'oxigéne , épurent continuellement l'air que corrompent sans cesse la combustion et la respiration des animaux.

Les fonctions conservatrices de l'espèce sont communes aux animaux et aux végétaux. Les organes auxquels elles sont confiées , comparés dans les nombreux individus de ces deux règnes de la nature, présente une ressemblance qui a frappé tous les naturalistes, et leur a fait dire que , de tous les actes de la vie végétale, aucun n'était plus analogue à ceux de l'économie humaine que celui par lequel la fécondation s'effectue. Cette analogie dans les moyens de reproduction accordés aux végétaux et aux animaux, existe dans la série nombreuse de ces deux classes d'êtres. En effet, bien que les végétaux les plus composés jouissent de divers modes de reproduction , la multiplication par division appartient spécialement aux végétaux de la structure la plus simple, à ces plantes cryptogames, comme les nommait Linné, ce législateur de la botanique, plantes auxquelles notre célèbre contemporain, M. le professeur De Candolle, a eu l'heureuse idée d'im^ser une dénomination tirée de leur texture , en les appelant cellulaires. On conçoit sans peine

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que les animaux et les végétaux , placés au degré le plus inférieur de leur échelle respective , offrant une structure analogue, se composant essentiellement d'un tissu aréolaire ou cellulaire dans lequel des vaisseaux ne se montrent point encore, doivent se ressembler sous le point de vue de la reproduction.

Lorsqu'on arrive à la classe si nombreuse des végétaux dicotylédones, la ressemblance est plus grande encore; elle serait complète, si plusieurs de ces plantes n'avaient, de plus que les animaux vertébrés, le pouvoir de se multiplier par bulbes, par bourgeons, par boutures, tandis que la reproduction, dans les animaux d'un ordre élevé, ne s'effectue que par le moyen des embryons. Mais quelle frappante conformité entre la génération jflorale et celle des animaux les plus parfaits, entre le stigmate et la vulve , le pistil et le vagin , l'ovaire et l'utérus, les étamines et les testicules, les anthères et le pénis, le pollen et le sperme! ! Qui n'a réfléchi bien des fois sur cette odeur si caractérisée qui s'exhale d'un bois de châtaignier en fleurs, odeur fade, presque nauséabonde, commune au pollen ainsi qu'au sperme; odeur muqueuse , mais particulière, qui nous indique la présence du principe fécondant , principe inconnu dans son essence, sur lequel s'étend ce voile mystérieux, impénétrable, qui dérobe à nos yeux le mécanisme de la création.

Non - seulement , cette singulière ressemblance

entre les végétaux et les animaux d'un ordre élevé, existe sous le rapport de la disposition des organes génitaux et de la composition de la semence, mais s'étend même aux phénomènes de la reproduction. Dans les plantes comme dans les animaux , l'acte formateur s'accompagne d'une vive excitation , d'un accroissement marqué de vie, d'une élévation de température. Toute production nouvelle dans l'économie animale, suppose une excitation préliminaire, une irritation préexistante, et dans le plus grand nombre des cas, un véritable travail inflammatoire. Cette sorte de génération intestine s'accomplit donc sous des lois analogues à celles qui président à la multiplication des individus et des espèces. Mais je m'aperçois qu'entraîné par l'intérêt du sujet, j'anticipe sur les détails réservés au chapitre des fonctions reproductrices.

Nous n'exposerons pas ici les caractères généraux des deux ordres de fonctions qui servent à la conservation de l'individu; les différences qui les spécifient sont indiquées dans plusieurs endroits de cet ouvrage (i). Nous remarquerons seulement, avec tous les auteurs qui les ont envisagées d'une manière générale, qu'elles sont dans un rapport tou-

(1) Surtout dans le tableau des êtres -vivans , §. 5 des Prolégomènes , aux articles du Sommeil et du Fœtus. On ne pourrait reproduire ici tous ces caractères sans tomber dans des répétitions aussi fastidieuses qu'inutiles.

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jours inverse; de manière que les fonctions assimilatriccs augmentant d'activité , l'énergie des fonctions extérieures diminue. Grimaud a donné les développemens les plus étendus à cette idée d'une constante opposition entre ces deux séries d'actions auxquelles président, selon ce médecin, deux forces qu'il nomme locomotrice et digestive. Dans aucune espèce d'animaux elle n'est plus marquée que dans les carnivores , qui joignent à des sens pleins de finesse , h des muscles capables d'efforts prodigieux , une puissance assimilatrice si peu énergique,queleurs alimens, pour être convenablement digérés , doivent présenter une composition analogue à celle de leurs organes (i).

On ne doit pas attacher une trop grande importance à cette classification; comme toutes les divisions, elle est purement hypothétique. Tout se tient, tout est lié, tout est coordonné dans l'économie animale; les fonctions s'enchaînent mutuellement, se nécessitent l'une l'autre, s'exécutent

(i) Dans les carnivores, la force digestive est extrêmement affaiblie ; mais les muscles sont très-puissans. Cette force relative des organes musculaires était bien nécessaire dans les carnivores , puisque ces animaux ne doivent subsister que de déprédation et de carnage ; que leur instinct , d'accord avec leur organisation, les met en guerre avec tout ce qui a vie , et qu'ils ne peuvent se soutenir qu'en sortant victorieux des combats auxquels la nature les appelle sans cesse. (Grimaud , premier Mémoire sur la nutrition.)

simultanément; toutes ensemble représentent un cercle auquel il est impossible d'assigner, soit un commencement, soit une terminaison. In circiilum abeunt (Hippocrate). Dans un homme qui veille , la digestion , l'absorption , la circulation , la respiration, les sécrétions, la nutrition, les sensations, les mouvemens, la voix, et même la génération, peuvent s'exercer à la fois 5 mais celui qui, pour connaître le jeu de l'économie animale, donnerait son attention à cet exercice simultané, ne pourrait en prendre qu'une notion bien confuse (i).

En se familiarisant avec ces abstractions, on les prendrait bientôt pour des réalités, on irait jusqu'à

(i) La division que j'établis ne doit point être prise à la rigueur , et comme étant d'une vérité absolue : c'est une simple hypothèse , à laquelle il ne faut se prêter qu'en ce qu'elle va vous servir à distribuer vos idées avec plus d'ordre; car tout ordre , même arbitraire , est utile en ce qu'il soumet à notre réflexion une grande quantité d'idées , et qu'en conséquence ; il facilite la comparaison que nous devons en faire. Tous les actes de la nature sont si rapprochés , ils sont liés entre eux d'une manière si intime et si nécessaire, et la nature passe de l'un à l'autre par des mouvemens si uniformes, par des gradations si insensibles et si ménagées , qu'il n'y a point d'espace pour placer les lignes de séparation et de démarcation qu'il nous plaît de tracer : toutes nos méthodes qui distribuent, qui classent les productions naturelles , ne sont que des abstractions de l'esprit , qui ne considère point les choses telles qu'elles sont réellement, mais qui s'attache à certaines qualités , et néglige ou rejette toutes les autres. (Gkimaud , Leçons de physiologie.) A.

voir deux vies bien distinctes dans le même individu ; on assignerait comme caractères à la vie intérieure^ de s'exécuter par des organes indépendans de l'empire de la volonté, quoique cette faculté de l'âme préside aux phénomènes de la respiration, de la mastication, de l'excrétion des urines et des matières fécales; d'être confiée à des organes non symétriques , quoique le cœur , les poumons et les reins présentent une symétrie bien évidente; d'exister dans le fœtus, qui ne respire ni ne digère, etc. Rien , dans l'économie animale, disait Galien, n'est soumis à des lois invariables, et ne peut offrir les résultats rigoureux et calculables qu'on doit attendre d'une machine inanimée. (^Nil est in corpore vivente plane sincerwn. Gal.) Ainsi, la respiration qui lie ensemble les fonctions extérieures et les fonctions assimilatrices, fournit au sang le principe (jui doit entretenir l'action du cerveau et provoquer les contractions musculaires. Les muscles et le cœur lui-même tiennent de la puissance nerveuse la faculté contractile. D'autre part, le mouvement des muscles sert à la distribution des humeurs , et concourt aux phénomènes nutritifs. Le cerveau, au moyen des nerfs de la huitième paire, lient l'estomac sous sa dépendance. Les sensations du goût et de l'odorat paraissent présider spécialemeat au choix des alimens et de l'air, et appartenir plutôt aux fonctions digestive et respiratoire, qu'à celles de Tentendement ou de la pensée, etc.

PROLÉGOMÈN ES. 1 7 I

Nous avons vu, dans cette sorte d'introduction générale à l'étude de la physiologie, quelle idée l'on doit se former de cette science, ainsi que de la vie dont elle a l'étude pour objet, en combien de classes les êtres naturels se partagent^ en quels élcmens tous se résolvent, quelles différences existent entre les corps inorganiques et les êtres organisés et vivans, entre les végétaux et les animaux; comment la vie se modifie, se complique et s'étend dans la chaîne immense des êtres qui en sont pourvus, depuis la plante jusqu'à l'homme; et particularisant davantage l'objet de nos considérations, nous avons étudié quels organes composent, par leur assemblage, la machine humaine; quelles propriétés président à l'exercice de leurs fonctions : puis, nous avons posé les lois fondamentales de ia sensibilité et de la contractilité, parlé des sympathies et des habitudes, de l'appareil nerveux intérieur qui unit, rassemble et systématise les organes des fonctions nutritives; cherché à déterminer par des faits l'existence de la cause qui soumet les corps vivans à un ordre de lois bien différentes de celles auxquelles obéit la matière inorganique. La connaissance de ces lois est le flambeau qui doit guider dans l'application des sciences accessoires à la physiologie. Enfin^ nous avons établi une division des objets dont cette science traite, plus naturelle et plus simple que toutes celles que l'on a suivies jusqu'à ce jour.

Nous terminerons ces prolégomènes en disant deux mots sur l'ordre adopté dans la distribution des chapitres. Nous aurions pu commencer par l'exposition des fonctions de relation, comme par celle des fonctions assimilatrices ou nutritives, par les senvSalions ou par la digestion. Cependant nous avons accordé la priorité aux fonctions nutritives, parce que, de toutes, elles sont les plus essentielles à l'existence, et que leur exercice n'est jamais interrompu depuis l'instant où l'embryon commence à vivie, jusqu'à celui de la mort. En faisant d'abord leur histoire, nous imitons donc la nature, qui fait jouir l'homme de ce mode d'existence avant de le mettre en rapport avec les .objets du dehors, et ne l'en prive qu'après que les organes des sens, des mouvemens et de la voix, ont cessé tout-à-fait d'agir.

Quant à la marche que nous avons suivie dans la disposition des fonctions appartenant au même ordre, ou concourant au même but, elle était trop bien tracée par leur nature pour que nous ayons pu nous en écarier. Nous avons cru devoir placer la voix immédiatement avant la génération , afin que cet arrangement indiquât, au premier coupd'œil,la liaison qui existe entre leurs phénomènes. Plusieurs animaux ne font entendre leur voix que pendant la saison des amours; les oiseaux qui chantent en tout temps ont au moins, durant cette époque, la voix plus forte et plus sonore. Ses or-

PROLÉGOMÈNES. l'jd)

ganes se développent tout à coup lorsque l'homme devient capable de se reproduire, comme si la nature eût voulu l'avertir que c'est surtout par leur moyen qu'il doit exprimer ses désirs à l'être sensible qui peut y répondre. La voix sert donc naturellement de passage entre les fonctions conservatrices de l'individu et celles qui sont employées à la conservation de l'espèce humaine.

La voix, qui conduit si naturellement des fonctions qui établissent les rapports extérieurs à celles dont le but est la conservation de l'espèce, est encore plus étroitement liée aux mouvemens; elle est en quelque manière le complément des phénomènes locomoteurs ; par elles sont rendues plus promptes, plus étendues et plus faciles, les communications avec les objets du dehors; dépendante de l'action des muscles, elle est le résultat d'un mouvement volontaire. Enfin, ces mouvemens suppléent quelquefois à la parole : chez les pantomimes, par exemple, et dans le plus grand nombre des cas, le langage d'action concourt à en augmenter l'effet. Tout se réunit donc pour nous justifier d'avoir placé cette fonction à la suite des mouvemens, en la séparant de la respiration , à laquelle tous les auteurs l'avaient jointe ^ sans faire attention que le rapport sur lequel ils s'appuient est presque entièrement anatomique, et ne peut servir de fondement en physiologie.

Nous avons placé à la suite de la génération une

histoire abrégée de la vie et de la mort, dans laquelle se trouve tout ce qui n'appartenait à aucune des divisions précédentes. La nécessité de cet appendice, qui renferme l'histoire des âges, celle des tempéramens et des variétés de l'espèce humaine, celle de la mort et de la putréfaction , tient à l'im» possibilité de rattacher à l'histoire particulière des fonctions ces phénomènes généraux auxquels toutes participent.

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