‹ Nouveaux éléments complets de la science et de l'art du dentiste (volume 2)Chapitre 13 sur 31 · CHUTE DES DENTS DF LAIT OU TEMPORAIRES · texte numérisé non relu

CHUTE DES DENTS DF LAIT OU TEMPORAIRES

Nous venons de dire que c’est ordinairement vers lage de sept ans que tombent les dents de la première dentition, et que celles de la seconde commencent à paraître. L ordre dans lequel se sont montrées les dents de lait est presque toujours celui qu’elles observent dans leur chute. Malheureusement, dans cette circonstance comme dans bien d’autres, la nature semble vouloir nous cacher les lois d’après lesquelles elle dirige ses opérations. Tâchons, cependant, de pénétrer ses vues en expliquant, s il est possible, les phénomènes qui accompagnent cette chute.

Ainsi que nous le savons, chacune des mâchoires présente dans l’enfance deux séries d'alvéoles parallèles. La série antérieure est destinée à recevoir les dents de lait’ la Postérieure renferme celles de remplacement,

de sorte que si les premières ne tombaient pas lors de l’éruption des dénis de la seconde dentition , chaque mâchoire serait garnie de deux rangées de dents : cas fort rare, qui, cependant, a été observé, comme nous l’avons déjà dit.

Le premier effet du mouvement de progression des dents secondaires est dq repousser, d’envahir l’obstacle qu elles rencontrent dans leur passage , et qui consiste d’abord dans les cloisons alvéolaires séparant les deux ordres de dents. Mais , cet obstacle franchi , ce sont les racines des dents de lait qui éprouvent la pression ; cette pression , augmentant progressivement, gêne les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à ces dents, et finit par les priver des influences vivifiantes qu’elles en recevaient. Les fluides dont les dents de lait se trouvent ainsi privées se portent alors en abondance aux matrices de la seconde dentition et augmentent, a-t-on dit, la force éruptive des dents de cet ordre.

Cette manière d’expliquer la chute des dents de lait par la destruction mécanique de leurs cloisons alvéolaires , la compression de leurs vaisseaux nourriciers et la <?êne de leurs racines, est loin d’être au dessus de toute

contestation, d’abord parce quelle ne s’applique pas aux cas très fréquents où ces dents tombent sans avoir été en contact avec celles qui doivent les remplacer ; ensuite parce qu’elle ne démontre pas pourquoi ces dents, qui ont cessé d exister avant leur chute, ne tombent qu’après avoir perdu une partie, quelquefois même la totalité de leurs racines. Il a donc fallu chercher à ajouter une autre cause d’altération de ces dents à celles dont nous venons de parler, et cette cause, on a cru qu elle résidait dans un travail particulier d’absorption

dont nous admettons l’existence avec M. Delabarre (f), qui en a d’ailleurs trouvé l’idée très clairement exprimée par Sœmmering et développée par Bichat lui-même.

Ainsi, soit que les dents de lait, devenues corps étrangers, déterminent une irritation, soit que le développement des permanentes amène un travail inllammatoire plus actif, toujours est-il que la vitalité de ces parties, et par conséquent l’énergie de leurs fonctions absorbantes, doivent être considérablement augmentées. 11 en résulte la destruction ou plutôt l’absorption du phosphate et du carbonate de chaux qui entrent dans la composition des racines des dents de lait. Cette espèce d’usure commence ordinairement par les extrémités des racines qui deviennent inégales, rugueuses, et disparaissentpeu à peu entièrement; elle ne s effectue pas, comme dans quelques autres organes sujets aussi à disparaître, aux dépens de toutes les molécules extérieures ou profondes qui les composent; elle se fait uniquement à la surface et procède de la circonférence au centre; mais l’émail résiste toujours, excepté vers la partie interne de la couronne, où l’on a remarqué qu’il était quelquefois érodé.

Ce mécanisme est le même pour toutes les dents de lait; mais la destruction des cloisons alvéolaires s’opère différemment, selon les espèces. Sur les incisives et les canines, lacloison se détruit perpendiculairement ; mais, sur les molaires, l’ébranlement était plus difficile, à cause des racines quelles jettent à droite et à gauche dans l’épaisseur de la mâchoire, surtoutà la supérieure. C’était donc au niveau même du bord alvéolaire que devait s’opérer pour elles cette destruction. C’est aussi ce

( t j Traité de la seconde de

ntitum.

qui a lieu; la couche de lissu poreux qui occupe l’écartement des racines n’est que la dernière détruite; disposition sur laquelle nous allons bientôt revenir.

Tel est le mécanisme de la chute des dents temporaires : l’explication que nous venons d’en donner est simple et paraît conforme aux lois de notre organisation. Cette chute précède l’éruption des secondes dents dont nous allons maintenant nous occuper, et ces deux phénomènes sont tellement enchaînés l’un à l’autre que les enfants chez lesquels la perte naturelle des premières dents est prématurée, sont aussi ceux chez lesquels l’apparition des secondes est la plus précoce.

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