POUDRES DENTIFRICES
(D’après Alibert) :
Magnésie 187 grammes (6 onces) ,
Coque rouge 32 grammes (1 once),
Iris de Florence 160 grammes (5 onces),
Surtartrate acidulé de potasse. . 6A grammes (2 onces).
(D’après Maury.)
Magnésie anglaise. . ) , . r,.A , . N
r , f de chaque, 500 grammes (1 livre),
Creme de tartre. . ) 1
, . . . 20 grammes (5 gros),
Sulfate de quinine
Cochenille A 8 grammes (12 gros),
Huile essentielle de menthe anglaise 16 grammes (A gros) ,
Huile essentielle de cannelle. .
de néroli. .
Esprit d’ambre musqué et rosé. .
12 grammes (3 gros), 8 grammes (2 gros), A grammes (1 gros).
(D’après MM. Milne Edwards et Vavasseur (1) ).
Quinquina
Magnésie calcinée. . . .
Cannelle
Huile essentielle de gérofle. .
1 6 gram. (A gros) ,
A gram. (1 gros) , 1 goutte.
Cette préparation est, à notre avis, supérieure aux deux précédentes. Elle est surtout très-bonne pour les personnes qui auraient les gencives habituellement blafardes et relâchées.
(1) Nouveau formulaire pratique des hôpitaux. 1832.
(D’après M. Lefoulon.)
Cochléaria , Raifort , Gayac, Quinquina ,
Menthe ,
Pyrèthre ,
Calamus aromaticus ,
Ratanhia.
ü est évident qu’en composant sa poudre de la réunion de tout ce qu’on est habitué à regarder comme odontalgique, M. Lefoulon a eu pour but bien plus de sacrifier à l’opinion publique que de satisfaire à une indication positive. Aucune des substances composant sa poudre ne peut nettoyer les dents, et leur assemblage est plus propre à échauffer la bouche qu’à conserver à l’émail son poli et son brillant.
Les Anglais , suivant une note insérée dans le Journal de Pharmacie et cle Chimie (août 1842), emploient souvent la préparation suivante comme poudre dentifrice :
Craie blanche de Champagne bien séchée. 3 grain. (60 grains),
Camphre en poudre extrêmement fine. . 1 gram. (20 grains).
On mélange bien intimement par trituration, puis on renferme pour conserver dans un flacon de verre hermétiquement bouché.
Nous avons de la peine à concevoir l’addition du camphre qui, en quelque petite quantité qu’il soit, doit donner à la bouche une saveur pénétrante toujours fort désagréable.
Enfin voici une autre poudre qui , à l’avantage de blanchir parfaitement les dents, joint celui de donner aux lèvres et aux gencives une belle couleur rose qui dure une partie de la journée. Nous l’indiquons , convaincus que ce n’est pas plus ravaler notre art en le fai-
saut descendre à de pareils détails que de décrire la manière d’orner les dentiers de fausses gencives , et de développer les inconvénients que la perte d’une ou de deux dents entraîne sous le rapport de la physionomie.
Corail rouge. .
Sandragon., Carmin fin.
Écorce de citron.
Sucre blanc. .
128 gram. (h onces),
32 gram. ( 1 once ),
25 centigram. (5 grains), 1 gram. (20 grains),
16 gram. ( h gros ).
Le parti avantageux qu’on a retiré dans ces derniers temps du chlore, comme agent désinfectant et décolorant, a porté quelques dentistes à l’introduire dans des poudres dentifrices. En quelque faible quantité que soit cette substance, elle agit toujours sur les dents ; aussi doit-elle n ôtre employée que deux ou trois fois , avec prudence, pour éteindre la couleur jaune très-prononcée que pourraient offrir les dents de quelques personnes. M. Ta veau l’a fait entrer dans des pastilles dont il a recommandé l’usage aux fumeurs (1). Voici la composition de celles que M. le professeur Magendie a indiquées pour le même usage :
Chlorure de chaux sec.
Sucre
Amidon
Gomme adragante. .
Carmin
8 gram. (2 gros) ,
250 gram. (8 onces) ,
32 gram. (1 once),
5 gram. ( 1 gros ) ,
15 centigram. (3 grains).
Faites des pastilles de quinze à vingt centigrammes, (trois ou quatre grains), dont on prendra de deux à quatre dans l’espace de deux heures.
(1) Conseils aux fumeurs sur la conservation de leurs dents ; brochure in-8°. Paris, 1827.
M. Magendie conseille encore, pour rendre aux dénis jaunes leur blancheur naturelle, de promener sur elles une brosse légèrement mouillée et trempée dans la poudre suivante :
Chlorure de chaux sec. ... 20 centigram. (4 grains) ,
Corail rouge 8 graui. (2 gros).
OPIÀTS ET MIXTURES.
Ces préparations ne diffèrent des poudres que parce que, pour leur donner un peu de mollesse et en faire une sorte de pâte, on lie ces dernières entre elles au moyen d’une quantité suffisante de sirop ou de miel de Narbonne purifié. Elles n’ont guère sur les poudres d’autres avantages qued être moins sujettes à se répandre sur les meubles de toilette , et d’être par cela même plus portatives ; mais elles se détériorent assez promptement.
Voici la formule et le mode de préparation de la mixture conseillée par Maury :
Miel de première qualité ....
Alun calciné
Extrait de quinquina
Huile essentielle de menthe poivrée.
de cannelle. . .
Esprit d’ambre musqué et rosé. .
1 kilo (2 livres), G 2 grain. (2 onces) , 32 gram. (1 once) , 1 G gram. ( A gros ) , 1 6 gram. ( A gros ) , 8 gram. (2 gros).
On fait réduire le miel d’un tiers , on le colore avec un peu d’orcanette, on y mêle l’extrait de quinquina et on passe à travers un linge fin; quand il est presque refroidi, on y incorpore l’alun, et l’on n'y ajoute les essences que lorsque le mélange est entièrement froid.
O est d après les principes sur lesquels est basée la
préparation de ces divers dentifrices qu’est composée l’eau qui porte notre nom (Eau Désirabode), et qu’une circulaire ministérielle, en date du 13 novembre 1838, place spécialement au nombre des préparations de ce genre dont le débit public peut être permis , parce que son usage ne peut jamais avoir de suites défavorables.
Nous devons faire remarquer ici que l’emploi des élixirs chargés de matières résineuses et balsamiques est en général préférable , pour l’entretien des dents et la propreté de la bouche, aux poudres etauxopiats. Ces dernières préparations, formées en effet de substances porphyrisées, n’ont que rarement une assez grande ténuité pour ne pas faire craindre les inconvénients qui résultent de leur interposition et de leur séjour entre les dents et les gencives. Avec les élixirs, au contraire, étendus d’eau , on a en suspension des matières impalpables que l’on peut sans danger appliquer par frictions sur l’émail des dents et sur la surface molle et quelquefois si irritable des gencives.
Comme la plupart des poudres qui entrent dans les préparations dentifrices sont des sels acides dont l’action peut assez promptement se faire sentir sur les dents, un pharmacien distingué (1) avaitpensé qu’il serait utile de substituer à ces acides des sels alcalins. Il avait, en conséquence, présenté au public, sous le nom un peu recherché d Odontine , un opiat, ou mieux un savon composé tout simplement de sous-carbonate de magnésie et de beurre de cacao. L’Académie s’est un peu avancée, il nous semble , en laissant mettre celte mixture sous son pa-
(1) Pelletier. Voyez les bulletins de l’Académie, séance du 5 mars 1 839.
tronagc ; car l’action des sels alcalins doit se l’aire sentir sur l’émail dentaire si les eaux minérales alcalines ont, comme on l’avance, la propriété de dissoudre les calculs urinaires , et si les boissons de meme nature hâtent la fusion des dépôts tophacés qui surviennent aux pourtours des articulations de quelques goutteux. Nous ferons d’ailleurs observer que l’idée de composer des dentifrices avec des sels alcalins n’appartient ni a Pelletier, ni à M. Oudet qui prétend la lui avoir suggérée ; car déjà, avant 1836, le docteur Donné avait indiqué M. Blondeau , pharmacien , comme Payant mise à exécution (1) *
Quoi qu’il en soit, dans la confection de ces diverses préparations, on doit apporter la plus grande attention à bien porphyriser toutes les substances dures qui doivent les composer, pour les réduire en poudre impalpable, et on doit les mélanger exactement ; car, sans cette précaution, elles ne seraient pas seulement désagréables, mais elles érailleraient les dents par leurs propriétés physiques.
Un grand nombre de personnes croient pouvoir atteindre le but auquel sont destinées ces préparations en se servant , pour nettoyer leurs dents , de plusieurs substances simples qui se trouvent communément sous la main , comme le charbon , la suie , le sel marin et le tabac.
La propriété antiputride du charbon lui a valu depuis long-temps d’être placé parmi les agents dentifrices les plus avantageux: son emploi est encore aujourd’hui populaire; mais il ne mérite assurément pas cette supé
(1) Mémoire cité, page h 8.
riorilé qu’on s’obstine à lui accorder ; car, s’il n’est que médiocrement porpliy risé , il use toujours un peu les dents, et, s il 1 est beaucoup, il s’insinue entre la paroi externe de 1 alvéole et la gencive, à laquelle il donne une transparence violette. Nous avons quelquefois été obligés de détacher les gencives pour favoriser un écoulement de sang qui en entraînât les parcelles. Nous ne contestons pas d’ailleurs que le charbon ait une action légèrement antiseptique qui puisse le rendre utile à quelques personnes , surtout à celles dont les gencives sont molles et saignantes.
Il en est de même du sel marin ou sel de cuisine ( hydrochlorate de soude) , qu’on peut employer sans inconvénient, d’abord parce qu’il agit comme toutes les poudres calcaires, ensuite parce qu’il est composé de soude et d’acide hydrochlorique , dont l’effet peut bien ne pas être complètement nul dans le blanchiment des dents; son emploi occasionne d’ailleurs une abondante salivation qui, bien qu’étrangère au but dont nous nous occupons , peut néanmoins être utile dans quelques circonstances.
Quant à la suie , son emploi comme dentifrice vient uniquement de ce que quelques personnes , séduites par l’apparente blancheur des dents des ramoneurs , ont pensé que , par son usage , on pourrait obtenir le même avantage. Mais , outre que cette substance a l’inconvénient d’une extrême malpropreté et de laisser à la bouche une saveur fort désagréable , elle communique encore une teinte jaune ou brune qu’il est presque impossible, par la suite, de faire disparaître, et qu’on n’aperçoit pas chez les ramoneurs à cause de la couleur habituellement noire de leur visage. Voici , dans tous les cas ,
une formule dont la suie fait la base , et que préconise le docteur E. Kemmerer (1) :
Poudre de suie de bois 32 gram. (1 once) ,
Poudre de fraisier 20 gram. (5 gros) ,
Eau de Cologne quelq. gouttes.
Ce que nous venons de dire des inconvénients de la suie peut parfaitement s’appliquer 1° au tabac , dont la propriété narcotique est trop douteuse pour atténuer la malpropreté de son emploi; 2° au quinquina, dont le principe tannant doit toujours finir, à la longue, par jaunir l’émail. Cependant, comme la poudre de quinquina jouit d’une action tonique bien évidente, on l’associe quelquefois, comme nous l’avons déjà vu, à d’autres substances, pour former une poudre dentifrice utile en quelques circonstances, et dont voici un modèle :
Charbon de bois blanc porphyrisé. .
gram.
onces ) ,
Quinquina en poudre
once ) ,
Sucre blanc
onces ) ,
Huile essentielle de menthe. . . .
gros ) ,
de cannelle. .
grains) ,
Essence d’ambre musqué et rosé.
grains).
% ni.