‹ Nouveaux éléments complets de la science et de l'art du dentisteChapitre 13 sur 32 · ES MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA PROTHÈSE DENTAIRE · texte numérisé non relu

ES MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA PROTHÈSE DENTAIRE

La première de toutes les qualités que doivent avoir les métaux destinés à réunir et à fixer les pièces de denture artificielle , c’est de pouvoir séjourner dans la bouche sans que la salive, les fluides buccaux et les divers gaz qui se dégagent des voies aériennes et digestives puissent les détruire et former avec eux des sels métalliques dangereux pour la santé, comme le ferait le cuivre en se couvrant de vert-de-gris, l’argent en s’oxydant;

ou susceptibles d attaquer les pièces auxquelles ces métaux serviraient de monture, comme le ferait le fer en se rouillant.

Nous avons deux métaux employés préférablement à tout autre, qui possèdent ces deux précieuses qualités, et qui joignent à cela l’avantage d’être assez consistants pour offrir toute la solidité convenable, et assez ductiles pour être facilement travaillés : ces métaux sont l’or et le platine. L’argent ne saurait être employé seul, parce que les gaz qui s’échappent des poumons ou de l’estomac le font promptement noircir et le transforment quelquefois en un sulfure susceptible d’entretenir dans la bouche une saveur piquante fort incommode. Comme il est d ailleurs assez peu consistant, on ne pourrait diminuer sa malléabilité qu’en lui ajoutant du cuivre qui le rendrait dangereux; aussi ne doit-on jamais l’employer, même pour fabriquer des appareils qui ne devraient rester que temporairement dans la bouche, comme ceux destinés au redressement ou au maintien des dents; circonstances dans lesquelles les praticiens du siècle dernier, et même du commencement de celui-ci , croyaient cependant à tort pouvoir s’en servir, ainsi que le prouvent cette phrase de Fauchard : a Si les dents sont trop penchées et qu’elles ne permettent pas au fil d'y tenir, il faut se servir d’une lame d’or ou d 'argent (1); » et celle-ci, de Laforgue (2) : « L’or, le platine, Y argent doivent être recuits pour pouvoir les river, et être assez durs pour ne point fléchir lorsqu’on les enfonce dans les racines. »

(1) Ouvrage cité, tome II, page 96.

(2) Ouvrage cité, tome Iï, page 17.

De U or et de son emploi.

Les anciens dentistes se servaient, pour la prothèse dentaire, de lor, presqu’à L exclusion de tous les autres métaux. Sa belle couleur, sa ductilité et la facilité avec laquelle on le mélange à d’autres métaux pour en faire des composés susceplibles d’être employés, le rendent certainement digne de cette préférence qu’aucun autre métal ne pouvait lui disputer avant la découverte du platine. On le trouve dans le commerce à l’état de pureté ou à l’état d’alliage. Pur ou fin, il se nomme or à mille millièmes ou à vingt-quatre carats (1). Plusieurs pièces de monnaie, comme les ducats de Hanovre, de Danemarck, de Hollande, l’offrent presque à ce titre; mais à cet état il est si ductile qu’il ploie sous le plus léger effort; c’est celui dont nous nous servons, réduit en feuilles minces, pour orifier, c’est à dire obturer les cavités des dents cariées; mis en fil, pour faire des ligatures. L’or pur, uni en certaines proportions à l’argent, donne ce qu’on nomme or vert , qui est nécessairement un peu plus consistant que 1 or fin, mais qui ne l’est cependant point encore assez pour qu’on ne soit pas obligé de lui ajouter un peu de cuivre.

Pour la confection des divers ouvrages qui ont cours dans le commerce, l’or a trois titres légaux :

(1) Le mot carat vient de l’arabe kirat ( poids qui vaut, à la Mecque, ta vingt-quatrième partie d’un denier). Il sert dans notre langue à exprimer le degré de pureté de l’or, et désigne toujours, quelle que soit la quantité de ce métal, la vingt-quatrième partie de sa masse. L’or, supposé parfaitement pur , est de l’or à vingt-quatre carats; si le métal ou les métaux qu’on lui allie sont d’un vingt-quatrième , il n’est plus qu’à vingt-trois, et ainsi de suite.

Le 1er est à 920 millièmes ou 22 carats 2/32es 1/2;

Le 2e est à 840 millièmes ou 20 carats ^/32esi/4;

Le 3e est à 750 millièmes ou 18 carats. 00°*

Ce dernier titre est celui qu’on emploie généralement

pour les objets de bijouterie qui n’ont alors, comme on le voit, (pie les trois quarts de leur poids d’or et un quart d’alliage ou cuivre épuré. Cet or a une couleur rougeâtre, il est infiniment plus résistant que les précédents; récroui par l’étirage et la percussion, il peut servir à faire des objets qui demandent de l'élasticité ou beaucoup de résistance, comme les crochets et les ressorts; mais il n’est pas assez souple pour faire des plaques à monter des dents ; on est obligé de le prendre, pour cela, entre dix-neuf et vingt carats, état où il conserve sa belle couleur jaune, est très peu oxydable et a presque la consistance du platine.

Dans les grandes villes, les dentistes se procurent aisément tout l’or dont ils peuvent avoir besoin; mais, dans les petites villes et même dans celles de moyen ordre, n’ayant pas cette ressource, et ne pouvant môme se le procurer chez les bijoutiers parce que ceux-ci l’ont fabriqué et chargé du contrôle, ou non fabriqué, mais alors seulement à 750 millièmes ou 18 carats , ils peuvent utiliser les différentes pièces de monnaie qu’on rencontre dans le commerce et dont ils doivent alors connaître le titre exact, pour lui ajouter la quantité de cuivre nécessaire à son emploi. L’or de la monnaie française est entre 21 et 22 carats ; celui de la monnaie anglaise atteint, dépasse meme 22; par conséquent on réduit le premier au titre auquel nous avons dit l’employer le plus habituellement par l’addition d’un vingtième de cuivre, et le second par une quantité un peu plus forte.

Voici en quelques phrases la manière de procéder. Veut-on avoir de l’or à vingt carats, c’est à dire à huit cent millièmes, on prend une pièce de 20 fr. qui est à

vingt et un carats 19/32 ou 900 millièmes, et qui pèse 6 grammes 5 décigrammes ; on lui ajoute 67 centigrammes de cuivre ; si on ne veut avoir que de 1 or a 18, on ajoutera à cette môme pièce de 20 fr. 1 gramme 5 décigrammes, etc., etc. On coupe les deux métaux par petits fragments, et on les met dans un creuset de Hesse ou de toute autre fabrique, en leur ajoutant un peu de borax; on place ce creuset au milieu d un brasier de charbon ; on le couvre d’un tuileau , et on donne un fort coup de feu , qu’on soutient une demi-heure environ. Si à ce moment on découvre le creuset, on voit le métal fondu et brillant ; on prend alors ce creuset avec une pince, et on verse l’or dans un réceptacle en fer qu’on nomme luigolièr'e , qu’on a eu la précaution de chauffer et de frotter d’un corps gras comme l’huile ou le suif. Quand le produit obtenu est refroidi, on le forge à coups de marteau sur une enclume, d’abord dans un sens, ensuite dans un autre, en le faisant parfois rougir pour le battre de nouveau et lui donner la forme voulue quand il est froid.

On reconnaît que l’opération a bien réussi lorsque l’or est doux , c’est à dire qu i l se forge sans se gercer : alors le lingot s’allonge, ses molécules se tassent de plus en plus, en un mot le métal se lie. On le passe ensuite à la filière ou au laminoir, suivant qu’on veut le réduire en (il ou en faire des plaques. Mais dans ce cas on est obligé de le chauffer souvent jusqu’au rouge, ce qu’on appelle recuire , pour le ramener à un état de douceur, de ductilité qui l’empêche de se fendre ou de se casser en s’étendant.

Ajoutons à cela, bien que ce soit une chose connue de tout le monde, que le moyen d’apprécier d’une manière sommaire, mais prompte, les divers titres de l’or, consiste à tracer deux ou trois lignes avec l’objet qu’on veut essayer sur un caillou dur et noir connu sous le nom de pierre de touche ; puis avec un bouchon de cristal, assez long pour plonger dans un flacon contenant de l’acide nitrique, connu dans le commerce sous le nom d’eau-forte, on touche les lignes tracées. Si ces lignes conservent la couleur jaune et leur éclat métallique, on juge que l’or est au moins à son titre légal , c’est à dire à dix-huit carats ou sept cent cinquante millièmes. Si, au contraire, la trace prend une couleur rouge-brun de cuivre, et s’efface en grande partie quand on essuie la pierre, on doit en conclure que l’or est à un litre inférieur, et d’autant plus bas que la trace est plus et plus vite effacée.

I)u platine et de son emploi.

Il n'y a pas un siècle que le platine (vulgairement appelé or blànc) est connu, et ce n’est guère que depuis une quarantaine d’années que son emploi est devenu familier aux dentistes. Sa découverte et son introduction dans les arts ont été pour nous une ressource précieuse , parce qu’il conserve une grande consistance , quoique très malléable, qu’il est le moins attaquable de tous par les réactifs chimiques, et ne l’est pas du tout par les humeurs buccales (1).

(1) La teinte légèrement foncée et comme moirée que prennent quelquefois les pièces de platine dans la bouche de quelques personnes

Ce minéral précieux, moins par valeur réelle, puisqu’ aujourd’hui il ne vaut guère que le tiers de l’or, que par les services qu’il nous rend, se trouve dans plusieurs parties des Indes occidentales, principalement a Choco, à Barbacoas, à Saint-Domingue, au Brésil, et même dans plusieurs points de la Sibérie. Il se présente le plus souvent sous la forme de petits grains aplatis, contenant, outre le platine, un très grand nombre de métaux, plus du soufre, de la silice, etc. ; on le rencontre cependant quelquefois sous forme de masses du poids d’un demi ou d’un kilogramme. Quand il n a pas été forgé, sa pesanteur spécifique est de 20,98 (celle de l’or est de 19,257) ; il est moins bon conducteur du calorique que l’argent, le cuivre (1).

Épuré, le platine est d’un gris qui tire sur le brillant de l’argent. Ce métal résiste à l action des plus \iolents coups de forge, et il est inattaquable par tous les acides simples ; il résiste même à l’action du mercure à froid (jui , à cet état , dissout l’or, l’argent, le cuivre. Aussi, quoique plus lourd d’un vingtième environ que l’or, nous devons le préférer à ce dernier dans la confection des pièces artificielles. N’étant que très peu susceptible de se fondre au feu, il peut se travailler avec plus de facilité que tout autre métal, parce qu’on peut toujours souder ensemble deux parties de platine avec l’or ou l’argent, à quelques litres qu’ils soient, et parce qu'on peut

affectées de certaines maladies graves n’est pas une véritable oxydation, car le métal ne perd pas son poli, et le plus léger frottement lui rend son éclat ordinaire.

(1) Voyez, pour de plus amples détails, ce qu’ont dit de ce minéral Vauquelin, Berzélius, Davy, Laugier, Dumas, Orfda, dans leurs traités généraux de chimie.

appliquer plusieurs soudures différentes sur une plaque sans la fondre ni même la déformer.

On fait avec le platine et l’or, fondus à un très grand coup de feu, dans les proportions d’un quart du premier sur trois quarts du second, un alliage qui a une couleur rose-clair qui le rend convenable pour les ligatures, parce qu’il est moins apparent et plus tenace que l’or et le platine seuls.

M. Delabarre, trouvant que l’or à 20 carats et même le platine seul sont d’une trop grande ductilité pour exécuter certains travaux , comme des plaques minces , et qu’on veut cependant avoir aussi solides que celles laites avec l’or à 18 carats, a proposé de faire un doublé de platine, qui a toute la solidité de ce dernier, sans avoir le désagrément que lui communique le quart de cuivre qui entre dans sa composition , et qui , sans le rendre dangereux, lui communique néanmoins une saveur cuivreuse. Pour cela, il interpose une feuille d’or très mince à 20 carats entre deux feuilles de platine, les fixe par quelques rivets et les soude par la fusion de cette feuille intermédiaire. Il réduit ensuite ce composé à l’épaisseur nécessaire.

Ces plaques peuvent avoir de l’avantage; mais comme la prothèse dentaire a bien d’autres difficultés à vaincre, et de plus grandes assurément que celles qui proviennent du travail des métaux, nous engageons les jeunes confrères à s’en tenir, pour faire les plaques, au platine, qui réunit de suffisantes conditions, et à ne jamais oublier, que dans la prothèse dentaire, la confection des pièces n’est qu’un moyen, mais que leur ajustement et l’opportunité de leur application sont le principal but : c’est ce dont nous allons bientôt nous occuper.

Nous ne devons cependant pas omettre ici de dire que le palladium est aussi un excellent métal pour faire des plaques très légères. A pureté pareille , il revient moins cher que le platine; car, étant moins lourd, il donne, toutes choses égales d’ailleurs, une plus grande surface. Il a toutefois sur ce dernier métal 1 inconvénient d’être plus dur et d’être oxydable. Nous sommes étonnés que les dentistes ne l’aient pas plus souvent employé.

Soudure de l'or et du platine.

Tout le monde sait qu’on appelle souder l’opération qui a pour résultat- de réunir deux métaux quelconques, ou plus, pour n’en faire qu’un tout au moyen d’un autre métal qui leur sert, pour ainsi dire, déciment. Trois conditions sont nécessaires pour que cette opération réussisse : la première, c’est que le métal qui doit servir de moyen d’union soit fusible à une moindre température que ceux qui doivent être unis, ou reçoive seul le plus grand coup de feu dans le cours de l’opération; la seconde, c’est que ces métaux soient assez échauffés pour que leurs molécules puissent, sinon dans les couches profondes, du moins dans leurs couches superficielles, se laisser pénétrer par le métal intermédiaire; la troisième, c’est que la fusion de ce métal soit aidée par l’action d’une autre substance : dans l’espèce, cette substance est le borax (sous-borate de soude). L’or et le platine étant, comme nous venons de l’avancer, les deux, pour ne pas dire les seuls métaux employés aujourd’hui dans la mécanique dentaire, ce sont les seuls dont nous ayons à nous occuper ici.

L est au moyen de l’or qu’on soude soit deux moi-

eeaux d’or, soit deux morceaux de platine, soit enfin un morceau d’or et un autre de platine. Dans le premier et le troisième cas, c’est à dire quand il s’agit de souder deux morceaux d’or ou un morceau d’or et un autre de platine, l’or employé à la soudure doit être à un titre inférieur à celui des morceaux que l’on veut réunir. Ainsi, si ce dernier est à vingt carats ou huit cent quarante millièmes, on se sert d’un alliage composé de trois parties d’or à dix-huit carats, de deux parties d’argent fin et d’une partie de cuivre rouge; on fond le tout dans un creuset , on lamine la soudure qui résulte de cette fonte, aussi mince que du papier, et on la garde pour l'employer sous forme de parcelles de deux à trois et même quatre millimètres de largeur, qu’on désigne dans l’atelier sous le nom de paillons.

Mais c/est ordinairement avec de l’or fin (à mille millièmes ou 24 carats) qu’on soude ensemble deux pièces de platine. On peut néanmoins se servir à cet effet , et c’est ce que nous faisons , d’or à 22, même à 18 carats ; mais les pièces soudées avec ce dernier sont moins intimement unies. Il faut d’ailleurs savoir que la soudure est d’autant plus solide que le platine sur lequel on la ooule a été plus fortement chauffé. Quelques dentistes se servent pour cette soudure d’or vert , dont nous avons déjà parlé, qui n’est qu’un alliage d’or et d’argent, métal plus consistant que chacun de ses composants, qu’on rend quelquefois même , et sans danger, un peu plus ferme en lui adjoignant une très petite quantité de cuivre.

Quoi qu’il en soit, l’or et le platine se soudent au moyen de la lampe et du chalumeau. La lampe à huile, portant une grosse mèche, est généralement préférable

à la lampe à alcool, parce qu elle donne plus de tlamme et plus de chaleur ; quant au chalumeau, c’est un tuyau de cuivre ou de tôle de forme cylindrique, allant en diminuant depuis celle de ses extrémités qui doit recevoir la bouche jusqu’à celle par laquelle doit s échapper I air soufflé et où il doit former un angle arrondi. Voici les divers temps de l’opération. Les pièces à souder étant parfaitement nettoyées par un léger grattage, on les réunit soit par un (il de fer, soit par un peu de plâtre délayé ; on pose alors, au moyen d’un pinceau enduit d une dissolution de borax ou à l aide d’une pince effilée, le paillon de soudure sur le lieu convenable, c’est a dire sur la li-

gne par laquelle se touchent les deux pièces , si elles sont juxta-posées, ou sur l’extrémité de la pièce supérieure, si elles sont superposées ; puis on fait légèrement chantier le tout, sans quoi le borax, qui est à l’état liquide, abandonnerait l’eau dans laquelle il est en dissolution, et le paillon pourrait être dérangé.

Si on avait à faire une soudure tout près d’un point où il en existerait déjà une, on ferait bien de garantir cette dernière, soit par un (il de fer, soit mieux en la couvrant d’une légère couche de blanc d’Espagne; la première manière est surtout applicable aux objets qu’on pourrait garantir circulairement; la seconde aux pièces à surfaces planes ; dans tous les cas, la flamme doit être dirigée de telle sorte qu elle porte particulièrement sur le paillon qu’on veut exclusivement mettre en fusion. S’agit-il, par exemple, de souder des dents sur une plaque, les dents étant fixées sur cette base au moyen du plâtre, comme nous le dirons, on met la pièce sur un petit réchaud embrasé, on avive le feu jusqu’à ce que la pièce soit convenablement échauffée , que le plâtre et b' bo-

rax soient bien secs ; on s’assure que la soudure est bien en place, et Ton porte le tout au feu du chalumeau : sous son action successivement croissante, la soudure se fond et coule sur les parties qu elle doit maintenir réunies. Nous reviendrons sur ces détails à l’occasion de l’application de la soudure à chaque objet.

L’opération terminée , on laisse refroidir la pièce , puis on la répare pour la dégager de toutes les aspérités qui pourraient la rendre inégale dans ses surfaces, ensuite on la fait bouillir dans une eau seconde très légère; ce qu’on appelle dérocher -, et qui se fait dans un réceptacle de platine. Si maintenant on voulait donner à la pièce une couleur rouge qui se rapprochât beaucoup plus de celle des gencives que l’or jaune, comme aux crochets, aux ligatures, aux plaques mêmes, en général à toutes les parties accessibles à la vue , on entortillerait d’un (il de fer ce qu’on voudrait colorer,, et on plongerait la pièce dans le même liquide en ébullition. Mais on n’obtient cette couleur rouge, véritable oxydation, qu’en trempant l’objet à plusieurs reprises : si on passe le degré voulu, il devient rouge-noir. Une fois cette couleur désirée obtenue, faut-il polir la pièce et même la passer au brunissoir, comme quelques auteurs en donnent le conseil (1)? Non ; car, en la polissant trop, on l’empêche de coller aux parties sur lesquelles elle doit porter, et, en lui donnant de l’éclat, on la rend plus apparente.

Telles sont les connaissances sommaires que doit avoir

(1) « Si , malgré tout ce qu’on a déjà fait pour rendre le métal bien brûlant , il ne l’est pas encore assez, il faut le brunir avec soin. » (Audibran ; ouvrage cité, page 181.)

le dentiste sur les métaux qu’il emploie le plus habituellement; nous y ajouterons le conseil de tenir éloigné de ces métaux le mercure dont il peut avoir besoin pour la confection du métal Darcet ou toute autre chose ; car, par son contact, il les rend cassants par la grande tendance qu’il a à s’amalgamer avec eux.

Page 1