II. ARTÈRE MAXILLAIRE INTERNE (Fig
Préparation. Inciser le cuir chevelu sur la ligne médiane du crâne; couper la peau du cou transversalement en passant au niveau de l’os hyoïde ; sur ces deux incisions en faire tomber une verticale qui les divisera en deux parties à peu près égales et qui passera au devant du conduit auditif externe.
ANGÉIOLOCilE.
Préparer les muscles masséter el temporal comme pour l’étude de la myologïe, et enlever soigneusement la parotide. Détacher par deux traits de scie l’arcade zygomatique en la laissant adhérente au masséter, et renverser le tout de haut en bas jusqu’aux insertions inférieures de ce muscle, tout en ménageant l’artère massétérine.
Sectionner le temporal à son insertion coronoïdienne , le renverser de bas en haut en détachant attentivement ses fibres de la fosse temporale, et suivre les artères temporales profondes jusqu’à leur extrémité. Faire alors une section de la branche montante de la mâchoire analogue à celle représentée dans la fig. 126 et qui consiste à ne laisser que la moitié postérieure de cette branche en enlevant la moitié antérieure au moyen de traits de scie , l’un vertical, l’autre transversal. On pourrait aussi sectionner complètement cette branche et l’enlever ; mais l’avantage qu’on en retirerait dans cette première partie de la préparation ne serait pas comparable à celui que donne la section osseuse que nous indiquons et qui permet de conserver les insertions des muscles ptérygoïdiens.
Creuser alors avec la gouge et le maillet la face externe de la mâchoire à partir du trou mentonnier pour découvrir l’artère dentaire et ses branches. Ouvrir l’orbite par sa face externe au moyen de la scie et mieux de la gouge et du maillet ; enlever le globe oculaire et préparer la sous-orbitaire.
Disséquer soigneusement toutes les branches de la maxillaire interne depuis son origine jusqu’au moment où elle gagne le trou sphéno-palatin. Enlever alors la partie supérieure de la branche du maxillaire, retrancher une grande partie du muscle ptérygoïdien externe et préparer la sphéno-épineuse jusqu’au trou de ce nom, que l’on élargira avec le ciseau.
Sectionner alors les os du crâne par une ligne horizontale partant à deux travers de doigts au-dessus de l’arcade sourcillière et atteignant la ligne médiqne par ses deux extrémités; faire tomber sur cette ligne horizontale un trait de scie vertical qui reste à un centimètre en dehors de la ligne médiane. On trouvera au-dessous la dure-mère et les branches de la méningée.
Faire les mêmes sections osseuses sur le côté opposé du crâne, ouvrir la dure-mère et enlever le cerveau, ce qui permettra de voir l’artère méningée moyenne dans toute son étendue. Diviser alors la tête en deux moitiés latérales et laisser la cloison nasale adhérente au côté qui ne sert pas pour la préparation ; préparer les branches de la sphéno-palatine ; agrandir le trou de ce nom de dedans en dehors et rechercher leS*branches vidienne et ptérygo-palatine, que l’on poursuivra dans leurs canaux osseux à l’aide de la gouge et du maillet.
L "artère maxillaire interne s’infléchit en avant aussitôt après son origine , et s’engage en dedans du col du condyle. Elle se dirige, par un trajet trèsflexueux, d’arrière en avant, de dehors en dedans et un peu de bas en haut vers le trou sphéno-palatin, à travers lequel sa terminaison , connue sous le nom d 'artère sphéno-palatine, pénètre dans les fosses nasales, auxquelles elle se distribue.
Dans la majorité des cas, l’artère maxillaire interne passe entre les deux muscles ptérygoïdiens , d’autres fois entre le ptérygoïdien externe et le temporal ; puis , au fond de la fosse zygomatique , au niveau de la tubérosité du maxillaire supérieur, elle s’engage entre les deux faisceaux du ptérygoïdien externe.
Elle émet un très-grand nombre de branches. Nous en décrirons quinze, en y comprenant la branche terminale.
1° La tympanique. — Cette petite artériole, découverte par Lauth, remonte obliquement en haut et en arrière, passe par la scissure de Glaser et va à la caisse du tympan.
2° La petite méningée. — Très-grêle également , pénètre dans le crâne par le trou ovale et se distribue à la partie voisine de la dure-mère.
3° U artère méningée moyenne ou artère sphéno-épineuse (Fig. 126, 6). — Cette branche, la plus volumineuse de toutes celles de la maxillaire interne, se porte en haut après avoir passé au-dessous du muscle ptérygoïdien externe et
DES ARTERES EN PARTICULIER
pénètre dans le crâne par le trou petit rond ou sphéno-épineux. Aussitôt après sou entrée dans la cavité de l’encéphale, elle s’infléchit à angle droit, se dirige en dehors et se divise en deux branches terminales comprises dans l’épaisseur delà dure-mère. Elles font relief sur la face externe de cette membrane et cor-
Fi;T 12G. — Artère maxillaire interne et ses branches (*).
respondent aux sillons osseux connus sous le nom de nervures de la feuille de figuier (Fig. 126, 17). L’une de ces branches terminales est antérieure et se distribue à toute la partie antéro-supérieure de la dure-mère ; elle arrive jusqu’au sinus longitudinal supérieur, s’anastomose avec celle du côté opposé, et donne toujours quelques rameaux qui pénètrent dans l’orbite à travers la fente sphénoïdale; ils communiquent avec la lacrymale.
La branclce postérieure de la sphéno-épineuse se porte en arrière et se distribue à la partie postérieure de la dure-mère. (*)
(*) I) Carotide externe. — 2) Temporale superficielle. — 3) Auriculaire antérieure. — 4) Temporale moyenne. — 5) Maxillaire interne. — G) Méningée moyenne. — 7) Dentaire inférieure. — 8) Massétérine. — 9) Buccale. —
1 0) I’térygoïdienne. — 1 1) Alvéolaire. — 12) Temporale profonde postérieure. — 13) Temporale profonde antérieure. — I i) Sous-orbitaire, — l.j) Maxillaire interno s'engageant dans la profondeur. — IG) Faciale anastomosée avec la buccale. — 17) Branches de la méningée moyenne.
ANGEIOLOGIE.
La méningée moyenne fournit toujours un certain nombre de rameaux collatéraux très-grêles. Nous ferons remarquer : 1° des ramuscules destinés au ganglion de Gasser; 2° un rameau qui pénètre par l’hiatus de Fallope et qui s’anastomose avec la stylo -mastoïdienne.
4° V artère temporale pro fonde postérieure (Fig. 126, 12). — Elle naît près de la précédente , remonte verticalement entre le ptérygoïdien externe et le temporal, gagne la face profonde de ce dernier muscle et s’anastomose avec la temporale moyenne.
5° L 'artère temporale profonde antérieure (Fig. 126, 13) tire son origine beaucoup plus en avant que la précédente, gagne également la face profonde du muscle temporal et s’anastomose avec la temporale moyenne. Quand les injections sont bien réussies, on voit quelques rameaux de cette artère passer à travers les trous de l’apophyse orbitaire du malaire et s’anastomoser dans l’orbite avec la lacrymale.
6° Artère dentaire inférieure (Fig. 126, 7). — Elle naît tout auprès de la temporale profonde postérieure, se dirige en bas et en dehors, gagne la face externe du ligament sphéno-maxillaire , pénètre dans le canal dentaire, qu’elle parcourt dans toute son étendue, et se divise en deux branches. L’une plus petite ou rameau incisif continue le trajet intra-osseux de l’artère dentaire inférieure et se distribue aux dents incisives ; l’autre plus volumineuse sort par le trou mentonnier et s’anastomose avec la coronaire labiale inférieure et la sous-mentale.
La dentaire inférieure fournit : 1° un peu au-dessus de son entrée dans le canal dentaire, un rameau long et assez grêle, qui reste appliqué sur la face interne du maxillaire inférieur dans la gouttière mylo -hyoïdienne et arrive jusqu’au muscle de ce nom, auquel elle se distribue ; 2° dans toute l’étendue du conduit osseux, des rameaux dentaires destinés aux racines des dents, dont ils parcourent le canal central.
7Ü L 'artère massétérine (Fig. 126, 8) naît aussi à peu de distance du col du condyle de la mâchoire, s’incline en bas et en dehors et passe dans l’échancrure sigmoïde du maxillaire pour se distribuer à la face profonde du masséter.
8° Artère buccale (Fig. 126, 9). — Elle part de la maxillaire interne immédiatement au-dessous du bord inférieur du muscle ptérygoïdien externe, croise le ptérygoïdien interne et s’applique sur la face externe du buccinateur , sur lequel elle se ramifie en s’anastomosant par ses branches terminales avec la faciale et l’alvéolaire.
9° Artères ptérygoidiennes (Fig. 126, 10). — Grêles et variables dans leur nombre, ces artérioles proviennent de la partie de la maxillaire interne comprise entre les deux muscles ptérygoïdiens. Elles se distribuent à ces muscles.
10° Artère alvéolaire (Fig. 126, 11). — Elle décrit des flexuosités nombreuses sur la tubérosité du maxillaire supérieur, contourne cette saillie osseuse et vient se perdre dans les gencives et le rebord alvéolaire de la partie postérieure de cet os. Sur la tubérosité du maxillaire, elle fournit deux ou trois rameaux qui pénètrent dans des canaux osseux et vont se distribuer aux petites et aux grosses molaires ; d’autres ramuscules vont à la muqueuse de l’antre d’Ilighmor.
11° Artère sous-orbitaire (Fig. 126, 14). — Gette branche, importante surtout par ses anastomoses, liait au niveau de la fente sphéno-maxillaire, gagne
DES AllTERES EN PARTICULIER.
le canal sous-orbitaire, qu’elle parcourt, et vient dans la fosse canine se diviser en un grand nombre de rameaux , qui communiquent avec la coronaire labiale supérieure, la nasale, la naso-lobaire et la transverse de la face.
Elle fournit :
1) Avant de pénétrer dans le canal sous-orbitaire, une branche longue et grêle, qui pénètre dans l’orbite, s’applique sur la face externe de cette cavité et va s’anastomoser avec la lacrymale.
2) Vers la partie antérieure de son trajet intra-osseux , un rameau dentaire antérieur qui se loge dans un canal osseux particulier et se distribue aux dents incisives et canines.
Fig. 127. -- Branches terminales (le l’artère maxillaire interne (*).
(*) A. I) Artère palatine descendante. — 2,2) Artères palatines accessoires. — 3) Artère ptérvgo-palatine. — 4) Artère vidienne. — 3) Artère spliéno-palatine. — G) Artère nasale antérieure, branche de l’ethmoïdale antérieure. — 7) Artère palatine antérieure coupée. — 8) Rameaux de l’artère pharyngienne ascendante ramifiés sur la trompe d’Eustache. — 9) Artère carotide interne. — 10) Artère ophthalmique. — 11) Nerf optique.
B. Figure schématique destinée à montrer les artères de la cloison des fosses nasales. — I) Branche de la sphéno-palatine. — 2) Branche de la nasale antérieure.
C. Figure schématique destinée à montrer les divisions de la maxillaire interne (d’après Bourgory). — * I) Artère buccale. —2) Artère alvéolaire. — 3) Artère sous-orbitaire. —4) Artère palatine descendante. — 5) Artère vidienne. — 6) Artère sphéno-palatine.
ANGÉIOLOGIE.
12° U artère 'palatine descendante (Fig. 127, 1). — Elle naît dans le fond de la fosse zygomatique , se porte verticalement en bas dans le canal palatin postérieur, et fournit alors deux ou trois petites branches, qui passent par des conduits osseux particuliers et arrivent au voile du palais.
A l’extrémité inférieure du canal palatin postérieur, Y artère palatine descendante s’infléchit à angle droit, parcourt la voûte du palais d’arrière en avant et s’anastomose dans le canal palatin antérieur avec la terminaison de la sphénopalatine.
Elle est beaucoup plus rapprochée de l’os que de la surface libre de la muqueuse et fournit des rameaux aux gencives et aux glandules.
13° L’ artère vidienne parcourt d’avant en arrière le canal de ce nom et se distribue au pharynx et à la trompe d’Eustache (Fig. 127, 4).
14° L 'artère palatine descendante ou ptéry go-palatine s’engage dans le canal ptérygo-palatin et se ramifie sur le pharynx. Elle s’anastomose avec la palatine ascendante et la vidienne (Fig. 127, 3).
' 15° A rtère sphéno-palatine (Fig. 127, 5). — Cette artère constitue la branche terminale de la maxillaire interne. Elle pénètre dans les fosses nasales par le trou sphéno -palatin et se divise aussitôt en deux branches : V interne destinée à la cloison ; Y externe, qui se ramifie sur les cornets et les méats.
La branche interne longe la face correspondante de la cloison et arrive au canal palatin antérieur , dans lequel elle pénètre pour s’anastomoser avec la terminaison de la palatine descendante (Fig. 127, 7).
La branche externe se divise en rameaux de nombre variable , qui se répandent sur les cornets et dans les méats. Leurs divisions pénètrent encore dans les cavités qui viennent s’ouvrir dans ces derniers, telles que le canal nasal, les cellules ethmoïdales, le sinus maxillaire.
Les deux branches de la sphéno-palatine fournissent dans les fosses nasales un très-grand nombre de divisions destinées à la membrane de Schneider ; leurs ramuscules les plus antérieurs communiquent avec des artérioles venues de la nasale antérieure, branche de l’ethmoïdale antérieure (Fig. 124, 6).
So Artère carotide Interne.
A son origine , Y artère carotide interne est située en dehors et en arrière de la carotide externe. Ces deux vaisseaux sont alors accolés l’un à l’autre et semblent continuer ainsi la direction du tronc générateur (Fig. 124, 3); bientôt la carotide interne se porte légèrement en dedans et en avant , tandis que l’externe s’incline en dehors. Après cette sorte d’ entre-croisement, la carotide interne remonte verticalement jusqu’à la base du .crâne pour pénétrer dans le canal indexe du rocher.
Dans ce trajet elle est en rapport : en avant avec les muscles styliens, et plus haut avec le ptérygoïdien interne , dont la sépare une couche de tissu cellulaire ; en dedans avec les parois latérales du pharynx, dont elle reste toujours distante d’au moins 0m,01 ; en arrière avec les muscles prévertébraux , et en dehors avec la veine jugulaire interne. Les nerfs pneumo-gastrique et grand sympathique longent son côté postéro-externe ; le glosso-pliaryngien elle grand hypoglosse lui sont d’abord postérieurs, la contournent ensuite pour passer entre elle et la veine jugulaire interne.
DES ARTERES EN PARTICULIER
Assez fréquemment on voit la carotide interne décrire mie courbure à la région supérieure du cou. D’après certains auteurs cette courbure pourrait être assez grande pour mettre le vaisseau en rapport immédiat avec la face externe de l’amygdale. Nous avons toujours vu l’artère rester à distance de la tonsille, de telle sorte que son voisinage ne pouvait être gênant pour l’ablation de cette glande.
A la base du crâne, la carotide pénètre dans le canal du rocher, où elle est entourée par les filets ascendants du ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Elle s’engage ensuite dans le sinus caverneux, qu’elle parcourt d’arrière en avant en décrivant deux courbures comprises dans le plan vertical. (C.'est au moment où nous étudierons ce sinus que nous décrirons les rapports de l’artère et des nerfs qui le traversent.) Arrivée au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure , la carotide interne se recourbe de bas en haut et d’avant en arrière, traverse la dure-mère et se divise au niveau de l’extrémité interne de la scissure de Sylvius en : 1° artère cérébrale antérieure ; 2° artère cérébrale postérieure; 3° artère communicante postérieure ; 4° artère duplexas choroïde.
Dans le long trajet étendu de sa naissance à sa division, la carotide interne fournit : 1° dans le sinus caverneux des minuscules au corps pituitaire ; 2° au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure une branche très -importante par sa distribution et ses nombreuses divisions, c’est l’artère ophthalmique.
A. ARTÈRE OPHTHALMIQUE (Fig. 128, 3).
Préparation. — Ouvrir l’orbite par son plancher supérieur; enlever avec soin le tissu graisseux orbitaire, dans le milieu duquel il faut poursuivre les branches de l’ophthalmique. Une autre coupe, que l’on peut exécuter et qui serait celle dont il faudrait se servir si l’on voulait faire une pièce sèche, consiste à faire sauter au moyen de traits de scie toute la paroi externe de l’orbite; pour les préparations d’étude, nous préférons la première manière de procéder, à cause de la plus grande facilité qu’elle laisse pour ménager les rapports. Pour les ethmoïdales, il faudra pratiquer une coupe antéro-postérieure de la tête.
Cette artère naît de la convexité de la courbure que décrit la carotide interne en dedans de l’apophyse clinoïde antérieure. Elle est située d’abord au côté externe et inférieur du nerf de la vision et pénètre avec lui dans l’orbite en passant par le trou optique. Elle se place ensuite au côté interne du muscle droit externe, croise le nerf optique d*e bas en haut, de dehors en dedans et d’arrière en avant , en passant entre lui et le muscle droit supérieur, longe le bord supérieur du grand oblique et au niveau de la poulie de ce muscle se divise en deux branches terminales : la nasale et la frontale interne.
Artère nasale. — Ce rameau passe au-dessus du tendon de l’orbiculaire , fournit une petite branche qui se distribue à la partie supérieure de la racine du nez, ainsi que des ramuscules destinés au sac lacrymal et au muscle orbiculaire et s’anastomose à plein canal avec la terminaison de la faciale (Fig. 124, 15).
Artère frontale interne. — Elle remonte obliquement sur le front , s’anas-
tomose avec la sus -orbitaire et avec des branches du côté opposé et s’épuise par deux rameaux dans la peau du front et dans le muscle frontal.
Dans son trajet, l’artère ophthalmique fournit un très-grand nombre de J ) ranch es collatéral es .
1° Artère lacrymale (V ig. 128,5). — Cette artèj niveau du trou optique. Elle communique d’ordinc