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DES LYMPHATIQUES

solidement fixe et qu’il n’y a pas de fuite. On suspend alors l’appareil verticalement, de manière que l’extrémité capillaire du petit tube se trouve au-dessous du niveau du cadavre. Grâce à la flexibilité du tube de caoutchouc, cetle pointe pourra être portée dans tous les sens au grc de l’opérateur. On remplit le grand tube d’une colonne de mercure, qui variera en hauteur et par suite en pression, suivant les résultats que l’on veut obtenir. Les fortes pressions sont souvent avantageuses , mais elles ont l’inconvénient de rompre fréquemment les vaisseaux.

Si l’on veut injecter les réseaux, il faut se servir du procédé de Frohmann , indiqué par Lauth.

* 11 fait dans la partie qu’il veut injecter une piqûre, en y glissant superficiellement la pointe « d’un scalpel très-fin , de manière à y labourer dans l’espace de deux à trois lignes et sans « s’appliquer à découvrir un vaisseau. 11 introduit ensuite le tube dans 1 ouverture qui vient « d’ètre faite et il le maintient en place en serrant les parties sur lui au moyen de deux doigts «de la main gauche. Le robinet étant ouvert, on voit de suite si le mercure pénètie dans des «lymphatiques ou bien s’il s’épanche dans le tissu cellulaire; dans le dernier cas on recoin- « mence l’opération et, après avoir tâtonné deux ou trois fois, on vient aisément â bout d injec- « ter une portion du tissu capillaire lymphatique, en favorisant 1 entrée du mercure au moyen « de friction ou de pression que l’on exerce sur la partie que 1 on injecte. »

Pour les vaisseaux, voici comment l’on opère. Si d abord 1 on a injecté les réseaux, loiigine des vaisseaux l’est également ; mais rarement le métal va bien loin. Si, au contraiie, 1 on veut se borner à obtenir l’injection des vaisseaux , on recherche un tronc sur le trajet que l’on connaît d’avance; pour en faciliter la découverte, il est bon de faire sur la région des frictions avec le dos d’un scalpel, en suivant le cours de la lymphe. On incise alors la peau, et dans le tissu cellulaire sous-cutané on finit avec un peu de patience par trouver les lymphatiques. Il ne

reste plus qu’à introduire dans l’intérieur du vaisseau la pointe du tube capillaire, ce qui n’est pas toujours très-facile, le lymphatique fuyant sous la pression. On ouvre le robinet et le mercure pénètre très-rapidement jusqu’au premier ganglion.

11 arrive fréquemment que l’on pique à côté et que le métal passe dans le tissu cellulaire , ce

dont il est facile de s’assurer. Il faut alors recommencer l’opération. Si le mercure , alors même qu’il a pénétré dans le vaisseau, vient à s’arrêter, on peut aider sa progression par des frictions douces avec le manche d’un scalpel. On agira de même quand le métal sera arrivé dans un ganglion; on peut alors quelquefois le voir ressortir par les vaisseaux efférents; plus souvent, au contraire , il s’y arrête et il faut que l’opérateur se mette a la recherche de ces derniers et les injecte directement.

Une précaution à prendre pour s’assurer que l’opération marche réellement, consiste à mettre autour du gros tube qui contient le mercure un fil destiné à marquer la hauteur initiale delà colonne métallique. On voit alors si l’injection progresse ou reste stationnaire. On le voit encore en considérant la forme de la surface supérieure du métal. Si elle est convexe , l’écoulement est arrêté; il continue au contraire à se faire si elle est concave. Si l’on voit le mercure descendre très-rapidement dans le tube, on peut être sûr qu’il s’est produit une rupture et un épanchement dans le tissu cellulaire. Il faut alors suspendre l’injection et disséquer soigneusement les vaisseaux jusqu’au point où s’est faite la rupture. Il est nécessaire quelquefois d augmenter la pression pour faire cheminer le métal ; mais il est impossible de donner pour cela une règle quelconque; l’habitude seule peut enseigner la manière dont il faut varier les pressions.

Quant à la dissection des lymphatiques , elle se fait de deux manières: ou bien on enlève soigneusement le derme et une partie du tissu cellulo-graisseux et on laisse les vaisseaux lymphatiques appliqués sur l’aponévrose, ou bien on enlève la peau jusqu’à l’aponévrose et on la renverse, de cette façon les lymphatiques restent' adhérents à la face profonde delà peau; celte seconde manière d’agir doit s’employer toujours pour les réseaux cutanés.

Il ne faut pas attacher une trop grande importance à débarrasser bien exactement les lymphatiques du tissu cellulo-graisseux qui les entoure; ce tissu devient transparent parla dessiccation et les vaisseaux remplis de mercure apparaissent bien nettement. Il est surtout essentiel d éviter de couper des rameaux à cause de la facilité avec laquelle les vaisseaux se vident. La dissection se fait des radicules vers les troncs et en général parallèlement à la direction de ceux-ci.

L’ne fois la préparation terminée, on la fait sécher et l’on en fait une pièce de cabinet. Lauth recommande de laisser toujours ces pièces dans une position horizontale; Sappey, au contraire, donne de bonnes raisons pour les placer verticalement.

Pour terminer, je vais indiquer, d’après Sappey, les différents endroits où les lymphatiques de la peau sont le plus faciles à injecter, endroits auxquels il a donné le nom de lieux d élection ,

Heaunis el Uoucuaiiu.

ANGÉIOLOGIE.

« 1® Sur le crâne, l'espace où l’on injecte avec le plus de facilité les réseaux s’étend dort puis la suture lambdoïde jusqu’à la suture pariétale. En piquant le pavillon de l’oreille, soit « sur sa face externe, soit sur sa face interne, on obtient aussi avec facilité de très-beaux réseaux. « Une seule piqûre suffit pour recouvrir d’un lacis à mailles fines et serrées toute une face de «ce pavillon.

« 2° Sur la face, la ligne médiane est encore le siège principal du système capillaire lymphatique. La racine, le lobe, les ailes du nez et la commissure des lèvres sont les points qu'il « importe surtout de piquer,

« 3° Sur les membres, on injectera tous les lymphatiques superficiels, en piquant les doigts « ainsi que les orteils sur leurs deux parties latérales, et la paume de la main ainsi que la plante « du pied sur les divers points de leur surface. Pour obtenir l’injection la plus riche possible , il «convient de faire dix piqûres, c’est-à-dire de piquer chacune des régions latérales des cinq «doigts. La paume delà main et la plante du pied sont extrêmement difficiles à injecter, tant «qu’ils sont recouverts de leur épiderme ; cette membrane étant plus ou moins épaisse, le tube « qui la traverse entaille une couronne qui reste apposée sur son orifice comme un bouchon et «s’oppose à la sortie du mercure; il faut donc avoir soin, par des frottements convenables, « d’enlever la plus grande partie de la couche épidermique. Le moyen le plus sûr et le plus « facile pour l’enlever complètement est la macération ; l’injection deviendra alors si facile qu’on « pourra la pratiquer dans toutes les conditions et avec les appareils les plus défectueux. Le «lieu d’élection pour ces régions est leur partie centrale. »

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