‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 241 sur 416 · D. NERF MÉDIAN · texte numérisé non relu

D. NERF MÉDIAN

Le médian naît par deux branches d’origine : l’une interne (Fig. 204, 22), l’autre externe (21); la première est moins volumineuse que la seconde et longe d’abord le bord interne de l’artère axillaire, dont elle croise ensuite le côté antérieur pour s’unir à la branche externe. Ainsi que nous l’avons déjà dit , cette dernière provient d’un tronc qui lui est commun avec le musculocutané, tandis que la branche interne naît d’un tronc commun avec le cubital et le brachial cutané interne.

Le nerf médian s’étend du plexus brachial à l’extrémité de la face palmaire des trois premiers doigts et de la moitié externe du quatrième. Dans sa partie supérieure ou brachiale, il accompagne l’artère humérale et répond d’abord à son bord externe , puis à sa face antérieure et , au-dessus du pli du coude , à son côté interne ; cette différence de rapports tient à ce que le nerf gagne directement la partie moyenne du pli du coude, tandis que l’artère décrit une courbe pour y arriver (Fig. 205, A). Comme ce vaisseau , le médian longe le bord interne du biceps et répond en dedans à l’aponévrose brachiale qui le sépare de la peau , et en dehors à l’interstice du biceps et du brachial antérieur. Au pli du coude, le nerf passe entre les deux chefs d’insertion du muscle rond

NERFS RACHIDIENS.

pronateur, croise la lace profonde de ce îiuiscle et se place entre les deux muscles fléchisseurs des doigts, de telle manière qu’il répond à la face antérieure du fléchisseur profond et qu’il est recouvert par le fléchisseur superficiel ; il croise alors 1 artère cubitale en passant verticalement au devant de sa portion oblique. Le médian continue acheminer entre les couches musculaires jusqu au niveau du point d origine des tendons du fléchisseur sublime, deuent superficiel, descend entre le tendon du grand palmaire qui est en dehors et celui du petit palmaire qui est en dedans , et n’est plus recouvert que par 1 aponévrose. Il passe ensuite sous le ligament annulaire du carpe, au-devant des tendons fléchisseurs qu’il accompagne. Arrivé dans la paume de la main , le nerl médian se trouve un peu plus rapproché de l’éminence thénar que de l’éminence hypothénar, s’aplatit légèrement et est recouvert par l’arcade palmaire superficielle, au niveau de laquelle il se divise en branches terminales. L’artère interosseuse antérieure fournit d’habitude une artériole, artère du nerf médian , qui accompagne le tronc nerveux. Ce petit vaisseau peut dans quelques cas d’anomalies, présenter un volume assez considérable.

Nous décrirons d’abord les branches collatérales du nerf médian, puis ses branches terminales.

1 0 /tranches collatérales des neéstian.

Dans sa portion brachiale, le médian ne fournit qu’un seul filet, qui se porte obliquement en dehors et en bas au-dessous du biceps, pour s’anastomoser avec le musculo- cutané.

Dans sa portion anti-brachiale, il donne des rameaux musculaires nombreux et variables. Le premier naît au niveau du pli du coude et va au muscle rond pronateur, dans la face profonde duquel il se perd (Fig. 205 A, 7), après avoir donné quelques minuscules à l’articulation dû coude. Tous les autres rameaux qui partent de la face antérieure du médian sont destinés aux muscles de la couche superficielle et antérieure de l’avant-bras ; ils se dirigent tous en bas et se perdent dans la face prolonde du rond pronateur, du grand palmaire (lig. 205 A, 8), du petit palmaire et du fléchisseur sublime (9) ; les rameaux qui naissent de la face postérieure du nerf (10), se portent également en bas et se jettent dans la lace antérieure du muscle long fléchisseur du pouce et des deux faisceaux les plus externes du fléchisseur profond des doigts.

A une petite distance au-dessous du pli du coude, on voit partir de la face postérieure du médian un petit rameau , rameau du carré pronateur ou nerf interosseux , qui longe la face antérieure de la membrane interosseuse, s’engage sous la face profonde du muscle carré pronateur, lui fournit quelques lilets et se termine par des ramuscules destinés aux articulations carpiennes.

Avant de s engager au-dessous du ligament annulaire du carpe, le médian omet par sa face antérieure une petite branche , rameau palmaire cutané (lig. 205 B, 10), qui traverse presque aussitôt l’aponévrose anti-brachiale, se flirige en bas entre les tendons des deux muscles palmaires et se perd dans les téguments de la partie supérieure et externe du talon de la main.

.■£° /tranches terminales da médian •

. ^'es branches sont : a ) un rameau anastomotique avec le cubital , qui se dirige plus ou moins obliquement en bas et en dedans (Fig. ‘200, 7); on le

NEVROLOlUE.

voit naître souvent de la branche terminale la plus interne du médian ; b) une branche musculaire pour l’éminence thénar (Fig. 206, 13, 14) ; elle se porte en dehors et un peu en haut, se divise en deux rameaux , qui se jettent, le premier, dans le court abducteur, le second , dans l’opposant et le court fléchisseur ; c) la brancke collatérale externe du pouce (12), qui se dirige en dehors et en bas, croise le tendon du long fléchisseur propre et l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce pour gagner le côté externe de la face palmaire de ce doigt, côté qu’elle suit jusqu’à son extrémité; d) un rameau (11) qui descend un peu obliquement en bas et en dehors, en longeant le bord externe. du premier lombrical et qui , après avoir donné un filet très-grêle à ce petit muscle, se divise en deux branches, dont l’une forme la collatérale interne du pouce et l’autre la collatérale externe de l’index. Fréquemment ces deux branches proviennent isolément du nerf médian, et c’est alors la dernière qui fournit le filet du lombrical ; e) un rameau analogue au précédent, que l’on voit se porter presque verticalement en bas, au devant des tendons fléchisseurs de l’index (10), et qui, à l’extrémité du deuxième espace interosseux se divise en branche collatérale interne de l index et branche collatérale externe du médius ; ce rameau fournit toujours un filet au deuxième lombrical ; f) une dernière branche (9) , qui se dirige obliquement en bas et en dedans , en croisant la face antérieure des tendons fléchisseurs du médius; elle se divise à l’extrémité du troisième espace interosseux en collatérale interne du médius et collatérale externe de V annulaire.

Tous les nerfs collatéraux palmaires des doigts , qu ils viennent du médian ou du cubital , longent ces extrémités , en donnant des filets aux téguments de l’espace interdigital et à la face antéro -latérale des doigts. Un peu plus haut que l’articulation de la troisième phalange , on les voit se diviser en deux rameaux, dont l’un, rameau s ous -unguéal , se porte vers la face dorsale du doigt et se ramifie dans le derme sous-unguéal, tandis que le second se divise en filets très-nombreux qui se terminent dans la pulpe de la peau de la phalangette en s’anastomosant avec ceux du nerf du côté opposé.

Tous les muscles de la région antérieure de l’avant-bras, sauf le cubital antérieur et les deux faisceaux internes du fléchisseur profond des doigts ; tous les muscles du pouce, sauf l’adducteur, reçoivent leur excitation motrice du nerf médian ; il en est de même des deux premiers lombricaux. La peau de la moitié externe de la paume de la main, celle de la face antérieure des tiois premiers doigts, ainsi que celle de la moitié externe du quatrième est innei \ ée par ce nerf.

Page 1