‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 312 sur 416 · II. TROMPE UTÉRINE OU DE FALLOPE (Fig · texte numérisé non relu

II. TROMPE UTÉRINE OU DE FALLOPE (Fig

La trompe utérine ( oviducte ) se divise en deux parties : 1» une partie interstitielle , rectiligne , longue de 0"», 007 , cachée dans l’épaisseur des parois de l’ utérus ; 2° une partie extra-utérine ou abdominale , longue de 0m,10 à O"1, 15, onduleuse, surtout en dehors, placée dans l’aileron moyen du ligament large , dont la laxité lui donne une très-grande mobilité. Son épaisseur augmente de dedans (O», 003) en dehors (O1», 007). Son extrémité externe , libre , s’élargit en forme d’entonnoir, pavillon de la trompe , large de 0m,018 à O1", 020, et présente Y orifice abdominal de la trompe. Les bords du pavillon sont découpés en dix à quinze franges déchiquetées , de longueur inégale (j usqu a O1", 015) ; une de ces franges , frange ovarique ou ligament de la trompe (Hg. 288, 10), rattache le pavillon à l’extrémité externe de l’ovaire. A ce bord se rattache souvent par un long pédicule une petite vésicule remplie d’un liquide transparent (Fig. 288, 9), hydatide de Morgagni. Quelquefois (cinq lois sur trente cas, Richard) on trouve des pavillons accessoires et plusieurs ouvertures abdominales.

La trompe est creusée dans toute sa longueur d’un canal qui s’ouvre de chaque côté à 1 angle supérieur de l’utérus par un orilice, orifice utérin de la

(*) u) Ovaire. — 6) appendue à la trompe. -

I rompe. — c, J) Canaux du a) Culs-de-sac des canaux du

corps de

Uul’g’QIK- .

Iloscniiulllcr.

— e) Canal commun. — /) Vésicule

SPLANCHNOLOGIE.

trompe, de 0m,U01 de diamètre. Ce canal, très-étroit dans la partie interstitielle (0m,001) , s’élargit un peu dans la partie extra-u té rine(Onl, 002) et acquiert près du pavillon 0n,,004 de diamètre (ampoule).

Structure de la trompe. — Les parois de la trompe, plus minces vers le pavillon, ont une épaisseur moyenne de 0m, 001. Elles se composent de dehors en dedans de trois couches : une séreuse , une tunique musculaire, une muqueuse.

1° La s creuse ne présente rien de particulier.

2° La tunique musculaire , très-forte, se compose de fibres lisses continues à celles de l’utérus; elle comprend deux couches : une couche externe longitudinale, dont un faisceau se prolonge jusqu’à l’ovaire dans la frange ovarique (m. attrahens tubœ ); une couche interne circulaire , plus épaisse du côté de l’utérus.

3° La muqueuse , grise ou rosée, offre dans sa partie interne des plis longitudinaux, qui donnent à sa coupe l’aspect étoilé; dans la partie externe ces plis sont irréguliers et constituent des lamelles foliacées, arborescentes, interceptant des lacunes de forme très-variable ( réceptacles des zoospermes). Son tissu se rapproche du tissu connectif réticulé; elle est tapissée par un épithélium vibratile , dont le courant est dirigé vers l’utérus.

Vaisseaux et nerfs. ■ — Les artères , nombreuses, flexueuses, viennent du rameau tubaire de l’artère ovarique et, pour la partie interstitielle, de l’artère utérine. Les veines suivent le môme trajet. Les lymphatiques se réunissent à ceux de l’utérus. Les nerfs viennent des plexus utérin et ovarique.

Mode de pénétration de l’ovule dans la trompe. — Ce mode de pénétration a été très-controversé et n’est pas encore bien élucidé. D’après certains auteurs (Kiwisch). le pavillon de la trompe serait continuellement appliqué sur l’ovaire ; d’après d’autres . au contraire , cette application ne serait que temporaire et se ferait au moment de la rupture du follicule; quant à la cause môme de l’adaptation, on l’a cherchée, soit dans une sorte d’érection de la trompe (Haller), soit, et avec plus juste raison, dans la contraction des fibres lisses de la trompe et des ligaments larges (appareil tuboov arien de Rouget) et spécialement de celles de la frange ovarique (/'). Mais cette application ne peut en tout cas être totale , c’est-à-dire cpie le pavillon ne peut embrasser toute la surface de l’ovaire; et comme on ne peut supposer qu’il aille s’appliquer précisément à l’endroit où se fera la rupture , il faut bien admettre que l’ovule a à parcourir un certain trajet , quelque faible qu’il soit, du point de rupture de la vésicule à une des franges du pavillon. Quant au mode môme du transport de l’ovule, il est plus difficile encore à expliquer que l’adaptation du pavillon, et les interprétations ont beaucoup varié. Au contraire, dès que l’ovule est arrivé au contact avec la face interne d’une des franges, les phénomènes sont beaucoup plus simples; les mouvements des cils vibratiles le font progresser jusqu’à l’utérus.

m. utérus on matrice (Fig. 288, 1 .

Isolé de scs attaches , l’utérus a la forme d’une gourde fortement aplatie l’avant en arrière. On le divise en deux parties : le corps (1) et le col (2). Le rps est triangulaire et présente deux faces, dont la postérieure est plus convexe que l’antérieure, et trois bords, mousses, un supérieur, fond de Vutccus , convexe, et deux latéraux, convexes supérieurement, concaves en bas peur se réunir au col. Les deux angles supérieurs reçoivent les trompes ; l’angle

( co

(') Vuy. sur ce sujet : ('. Rouget, Recherches sur les orijunes érectiles de lu femme et sui I ufjinreil musculaire lubu-uvnrieu (Journal de physiologie , 1838).

01 ici A N ES GENITAUX.

ou» ^

in férié u r se continue avec le col par un étranglement circulaire. Le col est fusiforme , un peu aplati d’avant en arrière ; son extrémité inférieure (partie vaginale du col , museau de tanche) est libre au fond du vagin et percée d’une ouverture en forme de fente transversale de 0, 001 à- 0m,002 de largeur, sur une longueur de 0m,006 à O111, 008 ; la lèvre antérieure de cet orifice est plus épaisse et proéminente. L’utérus a 01", 070 de longueur et O11', 032 de largeur au niveau des trompes. La longueur du corps est moins grande que celle du col chez les vierges; chez les femmes n’ayant pas eu d’enfants, les deux longueurs sont à peu près égales (Guyon). L’utérus présente en général à l’union du corps et du col une légère incurvation (a nté flexion) , due à ce que l’axe du corps fait avec l’axe du col un angle de 140° ouvert en avant. 11 y a du reste, sous ce rapport, de très-grandes variétés individuelles.

Chez les femmes qui ont eu des enfants, la forme de l’utérus change. Le corps devient plus long (les trois cinquièmes de la longueur totale) ; la partie vaginale du col diminue et peut même presque disparaître ; l’orifice vaginal s’élargit. Les modifications qu’il subitdans la grossesse seront décrites plus loin.

Le volume de l’utérus augmente un peu à chaque menstruation. Son poids est de 42 grammes.

Situation et rapports (Fig. 294). — L’utérus est placé dans le petit bassin entre le rectum et la vessie , et incliné en bas et en arrière de façon que son axe longitudinal fait un angle obtus ouvert en avant, avec l’axe du vagin , et coupe, si on le prolonge, le plan du détroit supérieur, suivant un angle plus ou moins rapproché de l’angle droit. Cette inclinaison est du reste sujette à varier, grâce à la laxité de ses attaches et par suite des pressions exercées sur lui par le rectum, la vessie etc. (*)• A cette inclinaison antéro-postérieure s’ajoute ordinairement une légère inclinaison latérale, par laquelle son axe se dirige en bas et à gauche.

il logeas de fixité. — L’utérus est maintenu dans sa situation par des fibres ligamenteuses et musculaires lisses, comprises, comme l’utérus lui-même, les ovaires et les trompes, dans l’épaisseur des ligaments larges (voy. Péritoine). Ces fibres lisses, continuation des fibres musculaires superficielles de l’utérus (Fig. 295) , forment une membrane mince doublée à l’extérieur par la séreuse et qui enveloppe l’utérus et ses annexes. Cette membrane s’épaissit en certains points pour former des ligaments spéciaux : 1° au niveau du ligament de l’ovaire (15); 2° au niveau de la frange ovarique ; 3° entre les côtés de l’utérus et la symphyse sacro-iliaque pour constituer, sous le nom de ligaments utéro-sacrés (18), la plus grande partie du feuillet postérieur des ligaments larges ; 4° entre la face postérieure de l’utérus et les parties latérales du rectum , ligaments recto-utérins (17) ; 5° des fibres provenant du pavillon de la trompe, de l’ovaire et de l’utérus accompagnent les vaisseaux ovariques et ont été désignées par Rouget sous le nom de ligaments ronds supérieurs ou lombaires (12) ; 6° enfin , les plus importantes forment un faisceau partant de toute

(') Les anatomistes sont loin d’èlre d’accord sur l’inclinaison normale de l’utérus. Il est plus que probable que celle inclinaison varie pendant la vie dans des limites assez étendues, soit chez les différents individus, soit sur le même individu, suivant les différents étals des organes ambiants.

Bkaums cl Bouchard

SPLANCIINOLOGIE.

la face antérieure cle l’utérus et se ramassant en nu cordon , * ligament rond proprement dit, épais, aplati , de 0,006 à 0m,007 de large (Fig. 295, 20 et 287 , i) nettement circonscrit. Ce cordon se dirige en bas , en avant et en dehors, s’engage dans le canal inguinal , le parcourt et se termine en se perdant dans le tissu connectif du mont de Vénus et de la grande lèvre.

Fig. 21)4. — Coupe du bassin de la femme, cl après Legendre (*).

Cavité de l’utérus (Fig. 287). — La cavité de l’utérus, d’une capacité de 3 centimètres cubes environ , est très-étroite ; à l’état normal ses parois s’accolent et sur une coupe transversale elle représente une simple fente. On la divise, comme l’utérus même, en cavité du corps et cavité du col.

(*) A. Vessie. — B. Rectum distendu par des matières fécales. — C. Corps de l'utérus. — D. Ouverture du vagin. — E. Symphyse du pubis. — F. Anus. — G. Sacrum. — 11. Petite lèvre droite. — I. Clitoris, racine du corps caverneux coupée. — J Grande lèvre droite. — K. Méat de l’urèthre. — L. Muscle pyramidal. — M. Grand droit de l’abdomen. — N. Péritoine. — 0. Cul-de-sac utéro-vésical, — P. Cul-de-sac recto— utérin. — R. Releveur de l’anus. — S. Sphincter externe de l’anus — T. Sphincter interne. — U. Lèvre antérieure du col de l'utérus. — Vj Lèvre postérieure. — X, Coccyx. — Y. Plexus veineux de Sanlorini. — Z. Plexus veineux du vagin. — a ) Tunique musculeuse de la vessie et de l’urèthre. — b) Tunique musculeuse du rectum. — e ) Cinquième vertèbre lombaire. — /<) Canal rachidien.

Page 1