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ORGANES

GENITAUX

1° La cavité du corps est. triangulaire, à bords convexes ; aux deux angles supérieurs se voient les orifices utérins des trompes, offrant quelquefois un léger étranglement et des plis longitudinaux ; à l’angle inférieur se trouve la communication avec la cavité du col , orifice interne du col , qui peut admettre une plume de corbeau et qui s’allonge quelquefois en un véritable détroit de O111, OU.) a 0"',00fi de longueur (isthme de Guyon). Le fond de l’utérus ( partie cêratine) s élargit d’une façon caractéristique dans les utérus multipares (1).

Kir. 295. — Appareils musculaire cl crédité des organes génitaux internes de la femme,

d’après Rouget (*).

La surface interne de la cavité utérine est lisse, gris rosé, un peu bombée en avant et en arrière et tapissée habituellement d'une couche mince de mucus alcalin.

La cavité du col est fusiforme ; sur ses deux faces, antérieure et postérieure , se voient les plis palmés ; ce sont deux crêtes verticales, d’où partent

(*) f • tiuyon, Elude sur les cavités de l’utérus à Vêlai de vacuité (Journal de physioloqi 1859). ,

(“) r appareil vasculaire est représenté d’un côté; l'appareil musculaire de l’autre. I) Pubis. — 2) Pavillon de !a lionipe. 3) Ovaire. 4) Artère ovaritjue. — b) Artères et veines utérines. — (j) Plexus utérins. — 7) Plexus du corps de 1 utérus ou corps spongieux de l’utérus. — 8)^Plexus vaginaux. — 9) Veines vaginales. — 10) Trompe.

11/ Ovaire. 12) Ligament rond supérieur ou lombaire qui enveloppe les vaisseaux ovariques. — 13) Scs faisceaux allant dans la fiarige ovarique. — 14) Ses faisceaux se prolongeant jusqu'il la trompe. — I b) Fibres lisses du ligament de 1 ovaire. 10) Fibres musculaires superficielles de l’utérus. — 17) Faisceaux recto-utérins. — 18) Fais— i taux se tendant au sacrum. 19) Fuisceaux allant au pubis. - 20) Ligament rond pubien. — Les organe ssont Vus par leur face postérieure;

Sl'L.VNCllNOLOGlE.

des plis latéraux obliques en haut et en dehors; les crêtes verticales ne sont pas tout à fait médianes, l’antérieure est un peu à droite, la postérieure à gauche de façon qu’elles s’emboîtent réciproquement et ferment exactement le col. Entre ces plis existent quelquefois de petites saillies de la grosseur d’une lentille, formées par une vésicule transparente ( œufs de Naboth) et dues à une altération glandulaire. Cette cavité est remplie par un liquide visqueux, transparent.

La cavité de P utérus a 0m,054 de longueur en moyenne qhez la femme nullipare (0m,028 pour le corps et O111, 026 pour le col). Chez la femme qui a eu des enfants, ces dimensions augmentent pour la cavité du corps (0m, 032) ; elles restent stationnaires ou diminuent au contraire pour la cavité du col.

Structure de l’utérus. — La surface de P utérus est lisse dans les endroits où elle est recouverte par la séreuse ; l’adhérence entre la séreuse et le tissu sous-jacent est intime, sauf au niveau du col, où on trouve un tissu cellulaire lâche. Les parois de l’utérus, très-épaisses, atteignent leur maximum à la partie postérieure (0m,012 à 0m,016) ; leur partie la plus mince correspond à la paroi antérieure du col (0m,004 à O111, 009) et à l’insertion des trompes. Son tissu propre , formé de fibres lisses, est gris rougeâtre, très-compacte , d’une dureté presque fibro -cartilagineuse, et il est impossible d’y reconnaître la direction des fibres musculaires. Ce tissu se continue jusqu’au niveau de la face interne de la cavité utérine , sans qu’il soit possible de trouver à l’œil nu une ligne de démarcation entre la couche musculaire et la muqueuse, dont l’existence n’a été par suite bien établie que depuis l’emploi du microscope. La séparation du vagin et de l’utérus est très-difficile et ce n’est qu’ artificiellement

qu’on peut les isoler ; en effet la couche musculaire du col se continue sans interruption avec le tissu même du vagin.

Les deux couches qui constituent les parois de l’utérus , tunique musculaire et muqueuse, ont la structure suivante :

1° Tunique musculaire. — Cette tunique, qui forme la plus grande partie de l’épaisseur des parois utérines se compose de fibres musculaires lisses dont la direction ne peut être bien étudiée que sur les utérus gravides (voy. Modifications de V utérus clans la grossesse).

2° Muqueuse. — La muqueuse , épaisse de 0m,0005 à 0in.001 , très-adhérente à la couche musculaire sousjacente, offre à la loupe une très-grande quantité d’orifices glandulaires visibles après l’ablation du mucus qui la recouvre, orifices qui lui donnent un aspect poreux. Elle est tapissée par un épithélium vibratile et possède des glandes en tube très-nombreuses, simples, quelquelois bifurquées (Fig. 290) et formées par une membrane amorphe et un épithélium cylindrique.

La muqueuse du col est plus épaisse, pourvue de papilles Pig et tapissée d’un épithélium vibratile simple , qui se trans-

Glandes de l’ulcrus (*). forme en un épithélium pavimenteux stratifié au niveau

(*) n) Surface tic lu muqueuse ulérino. — </) Culs-tle-sac glandulaires.

O R fi AN ES GENITAUX.

oor O D /

ih's 1cm os du museau de tanche. T. es glandes du col sont les unes des glandes en lobe simples, les autres des glandes composées 5 dans les intervalles des plis palmes, elles se 1 appi oclient, des glandes en grappe (*). Les œufs de Ncibolh ne sont aulie chose que des glandes dont le canal excréteur s’est oblitéré et cjui se sont distendues pai 1 ac cumulation de leur produit de sécrétion. Elles sont peu nombreuses sur le museau de tanche.

T aisseaux et nerfs. Les artères proviennent de l’artère utérine s’anastomosant avec l’artère ovarique et la branche funiculaire de l’épigastrique , qui suit le ligament rond ; les artères et les capillaires de l’utérus se distinguent par leurs flexuosités et par 1 épaisseur considérable de leurs parois , épaisseur due à leur tunique musculaire. Les veines , dépourvues de valvules, vont aux plexus utérins et parnpim forme s ; elles prennent un développement considérable dans la grossesse. Les lymphatiques du col vont aux ganglions du petit bassin, ceux du corps aux ganglions lombaires. Les nerfs , excessivement fins sur l’utérus non gravide, proviennent du grand sympathique et du plexus sacré, ils suivent les artères et se rendent pour la plupart au col (Luschka, Kœrner) ; ils présentent sur leurs filets de petits ganglions microscopiques avant leur pénétration dans le tissu utérin. La muqueuse du col reçoit des filets, niés «à tort à cause de son peu de sensibilité.

Modifications de l'utérus dans la menstruation. — Pendant la menstruation l’utérus est le siège d’une fluxion temporaire et de phénomènes particuliers. L’organe augmente de volume en totalité, mais les modifications portent surtout sur la muqueuse . elle perd son aspect lisse et devient tomenteuse et comme macérée ; son épaisseur augmente considérablement (0m,004 à 0,005); ses glandes s’hypertrophient et se recourbent en spirale ; les veines, et surtout le volumineux réseau superficiel sous-muqueux , se dilatent et se déchirent pour fournir le sang menstruel ; enfin l’épithélium se détache et quelquefois une partie de l’épaisseur delà muqueuse tombe avec lui sous forme de membrane continue ( memhrana dysmenorrhoica).

Modifications de l'utérus dans la grossesse. — Les modifications de l’utérus dans la grossesse sont beaucoup plus considérables et sont ou des modifications générales ou des modifications de structure.

A. Modifications générales. — Son volume augmente peu à peu jusqu’à devenir cinquante fois plus grand. Sa longueur à la fin de la grossesse atteint 0n,,S7, sa largeur maximum 0,26, sa circonférence au niveau des trompes O111, 70. Sa masse est vingt-quatre lois plus considérable. Il y a donc à la fois dilatation et hypertrophie de sps parois. La dilatation augmente jusqu’à la fin de la grossesse ; l’hypertrophie des parois au contraire ne s’accroît que jusqu’au cinquième mois ; elles s’amincissent ensuite à partir de cette époque. La forme de l’utérus change en même temps ; le < 01 ps de\ ient o\oide et se continue avec le col sans ligne de démarcation. La partie vaginale du col conserve sa longueur jusqu’au neuvième mois; puis , dans la dernièie semaine, elle prend part à la cavité de l’utérus et présente un oritice arrondi à bords amincis. Toute distinction en cavité du corps et cavité du col a disparu et il ne reste plus qu une grande cavité ovoïde. Ce développement se fait surtout en haut * t la di1 ection de 1 axe du bassin ; le fond de l’utérus dépasse peu à peu le

détroit supérieur, l’ombilic et arrive dans l’épigastre, en même temps qu’il s’incline ordinairement un peu du côté droit.

L. Modifications de structure. — Elles portent sur la tunique musculaire, la muqueuse et les vaisseaux de l’organe.

( ) \ . Cornil, Recherches sur la structure de la muqueuse du col utérin à l’étal normal (■tournai de l’anatomie. 1 8 G A )

SPTANCITNOLOGIE.

'1 o Tunique musculaire. — Elle s’hypertrophie considérablement et peut acquérir une épaisseur de plus de 0m,02. Ce développement est dû à plusieurs causes : il y a d’abord dans la première moitié de la grossesse une formation nouvelle de fibres lisses ; ensuite les fibres lisses acquièrent des dimensions colossales ; enfin le tissu connectif interstitiel augmente et permet d’isoler les faisceaux musculaires. En outre les dilatations vasculaires contribuent encore à augmenter l’épaisseur des parois. Le tissu de l’utérus gravide présente une couleur rouge pâle et est entrecoupé de larges sinus veineux qui lui donnent un aspect caverneux; sa consistance, surtout au col, est plus faible que celle de l’utérus normal.

Fig. 297.

Fibres musculaires de la face postérieure de l'utérus, d’après Hélie (* (**)).

Fig. 298.

Fibres musculaires de la face interne île l’utérus, d’après Helie (**).

lues, fibres musculaires de l’utérus gravide^) se divisent en trois couches, une externe, une moyenne, une interne.

a) La couche externe, superficielle, très-mince, consiste en fibres généralement transversales (Fig. 295, 10) qui vont se continuer dans les différents replis des ligaments larges de la façon décrite plus haut. Ces fibres sont recouvertes sur la ligne médiane par un faisceau, faisceau an si forme d’Hélie, qui descend du fond de l’utérus

0) Yoy. sur ce sujet : Th. Hélie, Recherches sur la disposition des fibres musculaires de l'utérus, avec un atlas de dix planches, par M. Cheriantais. 1864.

(*) I) Ovaire. — 2) Trompe. — 3) Vagin. — 4) Rectum. — o) Fibres transversales superficielles incisées et renversées en dehors. — 6) Fibres profondes du faisceau ansiforme. — 7) Leur continuation avec les fibres transversales. — 8) Fibres transversales. — 9) Fibres transversales du col. — 10) Partie postérieure du vagin. — II) Fibres contribuant h former les faisceaux vagino-reclnux. — 4 2) Faisceaux vagino-rectaux.

(**) 1) Coupe de l’utérus suivant son bord droit; sa paroi postérieure. — 2) Sa paroi antérieure. — 3) Orifice externe du col. — 4) Orifice interne du col. — K) Orifice utérin de la trompe gauche. — 0) Orifice de la trompe droite. — 7) Insertion du placenta sur la paroi antérieure de la cavité utérine. — S) Vagin. — 9) Fibres verticales.

10) Les mêmes se recourbant sur le fond de l’utérus et sur la face nhtérieure. — M) Faisceau transversal allant d'une trompe a l'autre. — 12) Origine du faisceau triangulaire do la paroi postérieure. — 13) Portion du faisceau triangulaire île In paroi antérieure. — 14) Sou origine. — 13) Fibres transversales. — 10) Fibres transversales au niveau de l’orifice interne du col. — 17) Fibres du col — 18) Sinus veineux.

ORGANES GÉNITAUX

sur scs faces antérieure et postérieure; ce faisceau, plus marqué sur le fond de l’utérus, naît au-dessus du col, et par ses parties latérales se continue avec les fibres transversales. Sur la face postérieure, à ces libres longitudinales superficielles s’ajoute un faisceau plus profond (Fig. ^07 , 6). Les fibres du col sont à peu près transversales.

b) La couche moyenne , très-épaisse, se reconnaît facilement sur une coupe aux ouvertures béantes des sinus utérins ; elle se continue sans limite bien nette avec la couche externe et acquiert sa plus grande épaisseur au niveau de l’insertion du placenta. Elle est formée par un réseau de fibres entre-croisées dans toutes les direclions; cès faisceaux entourent les sinus utérins de façon à former autour d’eux de véritables anneaux contractiles

c) Couche interne (Fig. 298). — Sur chaque paroi existe sous la muqueuse un faisceau triangulaire , dont la pointe (12, 14) prend naissance au niveau de l’orifice interne du col et dont la base (11) correspond au fond de l’utérus et est formée par des libres transversales qui réunissent les orifices des deux trompes. Le reste des fibres internes de l’utérus a une direction transversale. A l’orifice des trompes les fibres forment des anneaux concentriques de grandeur décroissante , en allant de l’utérus vers la trompe et se prolongeant sur l’utérus jusque vers la ligne médiane. A l’orifice interne du col se trouve habituellement un anneau musculaire distinct soulevant la muqueuse (16).

2° Muqueuse. — La muqueuse utérine au moment de la grossesse se transforme en caduque. Avant même l’arrivée de l’ovule dans l’utérus ,' la muqueuse de la cavité du corps est gonflée , ramollie , rosée ; les glandes deviennent très-volumineuses ; les vaisseaux se dilatent en même temps qu’il s’en forme de nouveaux ; enfin elle acquiert une épaisseur de 0m,006. Les modifications qu’elle subit seront décrites plus en détail à propos du développement.

3° Vaisseaux et nerfs. — L’ artère utérine double de volume, l’artère ovarique triple de volume dans la grossesse; leurs branches forment alors dans la couche musculaire superficielle un réseau flexueux. Les veines deviennent énormes ; leurs parois s’épaississent et leur tunique externe adhère intimement aux fibres musculaires de la couche moyenne, dans laquelle elles constituent de larges canaux béants (sinus utérins ); leur calibre augmente surtout au niveau de l’insertion du placenta. Dans la muqueuse elles se dilatent, s’anastomosent et forment par la confluence de leurs parois un véritable tissu caverneux, auquel prennent part les artères et les capillaires. Les lymphatiques participent au développement des autres vaisseaux. Les nerfs deviennent plus gros, plus mous, gris rougeâtre; cette hypertrophie paraît •lue à une simple augmentation du tissu connectif (’).

Modifications de V utérus après la délivrance. — Après la délivrance, l’utérus ne revient jamais tout à fait à sa forme primitive : il est plus volumineux ; son fond s’élargit, ses faces sont plus bombées ; l’orifice externe du col est plus large, et les lèvres en sont moins nettes. Les parois conservent quelque temps encore après la grossesse une épaisseur notable. La diminution de volume de la couche musculaire se fait principalement par dégénérescence graisseuse des fibres musculaires. Quant aux modifications de la muqueuse et au travail rie régénération qui se produit, ils seront étudiés à propos du développement.

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