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ARTICLE 11. — MEMBRANE MOYENNE DE I/ŒIL

§ I. — Choroïde (Fig. 309, 9, 10).

La choroïde s’étend depuis l’entrée du nerf optique jusqu’au limbe de la cornée, où elle se continue avec l’iris. On peut la diviser en deux zones, séparées par une ligne circulaire dentelée, orcc serrata , située en avant de l’équateur de l’œil , et qui correspond à une diminution subite d’épaisseur de la rétine, une zone 'postérieure ou choroidienne (9, 10), une zone antérieure ou ciliaire (12, 13).

1° Zone postérieure ou choroidienne. — Sa face externe est brun foncé, tomenteuse , lâchement unie à la sclérotique par des tractus celluleux , sauf au niveau de l’entrée du nerf optique, où son adhérence est intime. Sa face interne, plus foncée, lisse, est contiguë sans adhérence à la rétine. Son épaisseur est de 0mm,05 à 0mm,08.

La choroïde est une membrane excessivement vasculaire, et peut assez facilement se diviser en deux lames, une lame externe à mailles plus lâches, contenant les gros vaisseaux, et une lame interne (membrane deRuysch), qui par l’injection offre un réseau capillaire très-fin et excessivement serré. Si on enlève la couche de pigment qui tapisse sa face postérieure on voit qu’elle possède une certaine transparence.

2° Zone ciliaire. — A partir de Yora serrata , la choroïde s’épaissit jusqu'à 0m,001 et plus , et sa face externe prend une teinte grisâtre, et avant d’arriver à l’iris, elle adhère intimement à la face interne de la sclérotique. Cette zone ciliaire se divise en deux parties, une partie externe, en contact avec la sclérotique, muscle ciliaire (12), et une partie interne, plissée, plus rapprochée du centre de l’œil , couronne ciliaire (11).

Le muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde ( ligament ou cercle ciliaire) constitue un anneau grisâtre à l’extérieur, blanc jaunâtre à l’intérieur. Sur une coupe (12) il a la forme d’un triangle allongé ; sa face externe répond à la sclé-

f) Consulter sur ce sujet : W. Kühne, Untersuch. Hier das Protoplasma und die Contraclililat. Leipzig 1864. — H. Hoyer, Ueber den Auslritt von Nervenfasern in das Epitliel. der llornhaut ( Archiv für Anal., Physiol. a. wissensch. il Iedicin, 1866). — Kœlliker, Ueber die Nervenendigungen der llornhaut (Würiburger natunuissensch. Zeitschrift. 1866). — J. Colinlieim , Ueber die Endigung der sensiblen Nerven in der llornhaut ( Archiv für path. Anal, and Physiol. 1867). — Th. W. Engelmann, Ueber die llornhaut des Auges. Leipzig 1867.

ORGANES DES SENS

rotique, sa face interne à la couronne ciliaire, sa base à la naissance de l’iris ; son sommet aigu, dirigé en arrière, se continue avec la choroïde et surtout avec sa lame externe.

La couronne ciliaire (corps ciliaire) forme une sorte de couronne radiée située derrière l’iris, en dedans du muscle ciliaire, et qui se voit bien lorsqu’on examine par sa partie postérieure le segment antérieur de l’œil. Sa face interne est noire quand le pigment n’est pas enlevé. Cette couronne est constituée par 70 à 80 replis ou procès ciliaires (11). Ce sont de petites lamelles triangulaires, rayonnées, disposées de champ, qui présentent : un bord adhérent contigu au muscle ciliaire; un bord interne libré, onduleux; une extrémité antérieure, arrondie, dirigée en avant et en dedans et faisant librement saillie dans la chambre postérieure, en arrière de l’iris, sans atteindre la périphérie du cristallin; un sommet dirigé en arrière et continu avec la choroïde et surtout avec sa lame interne; enfin deux faces latérales contiguës à celles des procès ciliaires voisins. Leur tissu très-mou , facilement déclinable, est excessivement vasculaire. Les extrémités antérieures des procès ciliaires , ainsi que leurs faces latérales, sont dépourvues de pigment. Leurs bords libres et leurs deux faces contractent des adhérences avec la zone de Zinn de J’hyaloïde.

Structure de la choroïde. — 1° Zone choroïdienne. — La choroïde est essentiellement composée par une charpente connective consistant en cellules ramifiées et anastomosées , très-aptes à s’infiltrer de pigment , et par des vaisseaux. A sa face interne est une couche de pigment, membrane pigmentaire , qui serait peut-être rattachée avec plus de raison à la rétine.

a) La choroïde proprement dite comprend trois couches : 1° La couche externe , lamina fnsea , brunâtre, molle, contient beaucoup de cellules pigmentaires disséminées dans une substance homogène, et des réseaux élastiques qui Punissent aux fibres profondes de la sclérotique. 2° La couche moyenne , ‘membrane vasculaire , est constituée par les gros vaisseaux artériels (artères ciliaires postérieures) et veineux {venu: vorticosœ ) ; les veines prédominent dans la partie antérieure ; entre les vaisseaux sont éparses des cellules de pigment. Les artères sont accompagnées par des faisceaux musculaires lisses longitudinaux (II. Millier). Un riche plexus de fibres nerveuses avec des cellules ganglionnaires parcourt cette lamelle. 3° La couche interne , membrane capillaire ou cle Ruysch , dépourvue de pigment, contient un réseau capillaire excessivement fin et serré, dont les vaisseaux sont réunis par une substance amorphe. Ce réseau capillaire ne dépasse pas Y or a serrata. Cette couche est limitée du côté interne par une lamelle élastique , transparente, très-mince.

b) Membrane pigmentaire. — Elle se compose d’une couche simple de cellules liexagonales remplies de pigment et dessinant une mosaïque très-régulière. Le noyau de ces cellules est très-clair, de même que la face de la cellule tournée du côté de la choroïde; le pigment s’accumule au contraire dans la partie de la cellule qui touche la rétine.

Au niveau du trou optique, toutes les couches sont remplacées par un lacis de lissu fibreux et de cellules pigmentaires interposé aux fibres nerveuses.

2° Muscle ciliaire (Fig. 313). — Ce muscle se compose de fibres lisses présentant deux directions différentes; les unes antéro-postérieures, les autres circulaires. Les fibres antéro-postérieures ( 1 1) naissent de la paroi interne du canal de Fontana. de la membrane de Descemet et du ligament pectine et de là se portent en arrière •'n s irradiant vers l’iris, la basé (.les procès ciliaires et la choroïde. Les fibres orbievlaires (12), situées dans la couche la plus profonde du muscle, constituent un an-

BULBE OU GLOBE OCULAIRE

ueau musculaire au lieu de réunion de l’iris et des procès ciliaires (Rouget, Muller). Les nerfs ciliaires forment dans ce muscle un plexus riche, qui présente des cellules ganglionnaires.

L’action du muscle ciliaire est très-controversée. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il est l'agent principal de l’accommodation (voy. Corps vitre).

3° Procès ciliaires. — Ils sont constitués par des faisceaux connectifs fins entrecroisés et des plexus vasculaires très-riches. On y trouve aussi des fibres lisses (Fig. 310, 5 et 6), continuation de celles du muscle ciliaire. Une couche de pigment lapisse leur face interne.

$ II. — Iris.

L’iris est situé en avant du cristallin et percé d’une ouverture circulaire , la pupille, qui permet le passage des rayons lumineux. La pupille n’est pas centrale, mais un peu rapprochée du nez. Son diamètre, susceptible de variations assez considérables , est en moyenne sur le cadavre de 0m,003 à 0m,006. La face antérieure de l’iris est convexe et séparée de la cornée par un espace appelé chambre antérieure de V œil, et rempli par l’humeur aqueuse. Sa face postérieure est accolée à la face antérieure du cristallin et se moule sur sa courbure. L’étendue de ce contact est encore indéterminée. Sa grande circonférence s’attache à la partie antérieure et interne du muscle ciliaire à 0m,001 du bord de la cornée. Sa petite circonférence ou bord pupillaire est denticulée et entourée par une zone circulaire de 0m,001 d’épaisseur, dont l’aspect diffère du reste de l’iris ( zones interne et externe de Viris). L’épaisseur de l’iris varie entre üin,0002 et 0m,0004 ; cette épaisseur n’est du reste pas uniforme ; la zone externe augmente de la périphérie au centre, puis la zone interne diminue (*)

(*) 1) Sclérotique. — 2) Canal de Fontana. — 3) Muscle ciliaire. — 4) Procès ciliaire, où l’on voit des noyau' musculaires en long S, et en travers G, — 7) Grande circonférence de l’iris.

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très- rapidement jusqu’au bord pupillaire; la plus grande épaisseur se trouve à la réunion des deux zones.

La couleur de l’iris peut être ramenée à quatre nuances fondamentales , le brun, le vert, le bleu et le gris. Les yeux de chacune de ces nuances peuvent varier en outre du ton le plus clair au ton le plus foncé. Cette coloration n’est pas uniforme ; ordinairement la zone interne a une autre coloration et un autre ton que la zone externe ; en outre dans chaque zone on voit de petites taches chatoyantes irrégulières^). L’iris offre aussi des stries radiées très-fines et trèsrapprochées, rectilignes dans la contraction de la pupille, infléchies en zigzag dans sa dilatation. La couleur de l’iris n’est pas due à la couche de pigment (uvée) qui tapisse sa face postérieure, cette couche existant avec une épaisseur égale dans les différents yeux ; elle est due exclusivement au tissu propre de l’iris. La nuance dépend des fibres contenues dans ce tissu et est due probablement à des interférences; le ton dépend du pigment déposé dans l’épaisseur

du tissu propre, pigment qui manque dans les yeux clairs. La face postérieure de l’iris est recouverte d’une couche de pigment (uvée), qui lui donne une coloration tout à fait, noire. Dans les yeux d’albinos le pigment de l’uvée manque, et l’iris a une rougeur uniforme due à la couleur même du fond de l’œil, que l’iris laisse passer par transparence.

Structure de l’iris. — L’iris se compose de deux membranes, Y iris 'proprement dit et Y uvée ou membrane pigmentaire.

1° Tris. — Il comprend un tissu propre, membrane propre de l’iris , recouverte en avant par la membrane de Descemet.

a) La membrane -propre est formée par un tissu lâche, comme spongieux, contenant des vaisseaux et des fibres musculaires lisses. 1° La charpente est constituée par des fibres connectives, radiées ou circulaires, onduleuses, et des cellules étoilées, les unes incolores, les autres pigmentées; celles-ci se rencontrent surtout dans les parties antérieures de l’iris. 2° Les vaisseaux ont une direction générale radiée et sont beaucoup plus fins dans la zone interne; d’après Henle, ils sont superposés en plusieurs plans. 3° Les fibres musculaires lisses forment un anneau circulaire, large de 0m,001 , autour de la pupille, sphincter de la pupille ; il a une épaisseur de 0mm,d5 et est plus rapproché de la face postérieure. L’existence d’un dilatateur de la pupille , formé par des fibres rayonnées, est encore indécise et les auteurs en donnent une description différente. Pour Henle, elles formeraient un plan de fibres interposées entre la face postérieure de la membrane propre et l’uvée (■ membrane limitante postérieure).

Les nerfs de l’iris proviennent du plexus ciliaire ; leur terminaison est inconnue.

b) La membrane de Descemet ou plutôt sa continuation ( membrane limitante antérieure) est tapissée par une couche simple de cellules épithéliales analogues à celles de la face postérieure de la cornée.

2° Uvée. — L’uvée est formée par plusieurs couches de cellules pigmentaires hexagonales analogues à celles de la choroïde , seulement moins bien délimitées. Leur face libre serait, d’après quelques auteurs, recouverte d’une mince lamelle amorphe.

Système vasculaire de la choroïde et de l’iris. — A. Artères. La choroïde et 1 ii is î eçoivent leurs artères de trois sources : des ciliaires courtes postérieures , des ciliaires longues et des ciliaires antérieures , qui se distribuent de la façon suivante ;

1 ' Noy. Mémoires de la Société d'anthropologie. 1865, p. 1 13,

BULBE OU GLOBE OCULAIRE

1° Les ci lia ires courtes postérieures fournissent à la zone choroidienne proprement dite. — Ces artères, au nombre de quinze à vingt branches, perforent la sclérotique autour du nerf optique, se bifurquent peu à peu à angle aigu et vont se terminer dans le réseau fin et serré de la membrane chorio-capillaire.

2° Lu zone ciliaire de la choroïde ( muscle ciliaire et procès ciliaires ) et l’iris sont fournis peu • les ciliaires longues et les ciliaires antérieures. — Les branches de ces artères viennent aboutir à deux cercles vasculaires, l’un antérieur, situé à l’insertion ou à la périphérie de l’iris, grand cercle artériel de l’iris, l’autre postérieur et externe, incomplet, cercle du muscle ciliaire (Leber). Ces deux cercles fournissent quatre ordres de rameaux : 1° les uns, récurrents, vont à la choroïde , contribuent à former la partie antérieure de la membrane chorio-capillaire et s’anastomosent ainsi avec les ciliaires courtes postérieures; 2° quelques-uns vont au muscle ciliaire; 3° d'autres vont aux procès ciliaires ; ils sont flexueux et fournissent ordinairement chacun à deux ou trois procès ciliaires et plus ; ils traversent tous le muscle ciliaire pour arriver aux procès ciliaires ; 4° d’autres enfin partent du grand cercle de V iris , se portent en rayonnant vers le bord pupillaire et forment en s’anastomosant le petit cercle artériel de l'iris.

Tl y a donc , sauf les anastomoses peu nombreuses entre les rameaux récurrents des ciliaires antérieures et des ciliaires longues et les ciliaires courtes postérieures, une indépendance assez grande des deux systèmes artériels de la choroïde. Le système artériel de la zone choroidienne communique en outre à l’entrée du nerf optique avec le système capillaire de la rétine; celui de la zone ciliaire communique au pourtour de la cornée avec le réseau capillaire sous-conjonctival et scléroticien antérieur.

B. Veines. — 1° Vas a vorticosa. — A l’inverse du système artériel, le système veineux de la choroïde et de l’iris est commun pour les deux zones de la choroïde et pour l’iris. Les veines qui proviennent de ces diverses régions vont se jeter dans des branches plus volumineuses situées dans la couche externe vasculaire de la choroïde ; ces branches se réunissent en quatre à six groupes , dans chacun desquels elles rayonnent vers un centre commun, d’où part un tronc unique qui perfore la sclérotique pour se jeter dans la veine ophthalmique. Ces veines centrales, vcisci vorticosa, sont au nombre de quatre ordinairement et situées à égale distance les unes des autres et dans un même plan qui correspond à peu près au plan équatorial de l’œil. Les veines des procès ciliaires, pour arriver aux branches d’origine des vasa vorticosa, n’ont pas, comme les artères, à traverser le muscle ciliaire (Leber).

2° Veines ciliaires antérieures. — Une partie des veines, provenant du muscle ciliaire, vont se jeter dans le canal de Fontana, ou plutôt dans le plexus veineux annulaire qui occupe ce canal , et de ce canal partent des veines émergentes qui se rendent aux veines ciliaires antérieures (*).

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