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IL DÉVELOPPEMENT DES DIFFÉRENCES PARTIES DU SQUÉLEÏTÉ

1° Développement tle la colonne vei»tébi*ale.

Corde dorsale . — La première trace dil système osseux chez l’embryon est la cordé dorsale. C’est un cordon cylindrique, aminci à ses deux extrémités, un peu renflé à sa partie postérieure et qui s’étend de la partie céphalique .à la partie caudale de

(*) D Substance compacte de la diaphyse. — 2) Canal médullaiÆ. — .3) Substance spongieuse de la diaphyse. — i) Epiphyse cartilagineuse avec ses vaisseaux. — b) Point d’ossilicalion de l’épiphyse.

EM BRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE L’HOMME

l’embryon au-dessous du canal médullaire. Elle se compose d’une gaine transparente (Fig. 363, 1, 3) et d’un axe de cellules embryonnaires. De chaque côté de la corde dorsale se forment bientôt dans la région du cou deux lames quadrangulaires, comme deux petites taches sombres ; ce sont les plaques protovertébrales ou protovertèbres , qui répondent à la première vertèbre cervicale future. 11 s’en ajoute successivement derrière elle de nouvelles paires (Fig. 362, 7) jusque dans la partie caudale de l’embryon. Les protovertèbres en se développant (protovertèbres proprement dites, voy. p. 951) entourent peu à peu la corde dorsale ( gaine externe de la corde ) et le canal médullaire ( membrane réunissante supérieure) , en constituant l’ébauche des arcs vertébraux. Bientôt toutes ces parties se soudent entre elles, et il en résulte une colonne vertébrale membraneuse continue , rappelant la colonne vertébrale des cyclostomes et représentant un double canal , dont l’antérieur enveloppe la corde dorsale et le postérieur la moelle.

Cette colonne vertébrale membraneuse se segmente ensuite pour former les vertèbres persistantes, qui deviennent en même temps cartilagineuses. Mais cette segmentation présente ceci de remarquable qu’elle ne correspond pas à la segmentation des protovertèbres originaires ; en effet , chaque protovertèbre prend part à la formation de deux vertèbres persistantes , et se divise en deux moitiés : une antérieure , qui constituera la moitié inférieure d’une vertèbre persistante ; une postérieure, qui constituera la moitié supérieure de la vertèbre persistante située immédiatement en dessous de la précédente et le disque intervertébral. Ainsi 5, dans la Fig. 363, représente la moitié supérieure de la deuxième vertèbre persistante et la moitié postérieure de la protovertèbre. Cette nouvelle segmentation change les rapports des arcs vertébraux et des ganglions spinaux. Les arcs vertébraux (9), qui correspondaient d’abord à la partie postérieure des protovertèbres, répondent ensuite à la partie supérieure des vertèbres persistantes, et les ganglions spinaux (10), d’abord supérieurs, deviennent ensuite inférieurs (J).

La colonne vertébrale commence à devenir cartilagineuse de la sixième à la septième semaine, et déjà à la huitième semaine tous les corps vertébraux sont cartilagineux, tandis que les arcs conservent encore l’état membraneux, de façon que la moelle et les ganglions spinaux ne sont recouverts que par la membrane réunissante supérieure. A mesure que les corps vertébraux deviennent cartilagineux, la corde dorsale s’atrophie peu à peu, sauf dans les intervalles des corps, où elle formera le noyau des disques intervertébraux. Au troisième mois, les arcs cartilagineux sont soudés dans la région dorsale, tandis que dans les régions cervicale, lombaire et sacrée, la soudure cartilagineuse n’est achevée qu’au quatrième mois. L’arc cartilagineux manque pour les vertèbres coceygiennes. A cet état cartilagineux, les vertèbres sont pourvues de toutes les apophyses qu’elles présenteront à l’état osseux.

Fig. dü2.

Embryon de 15 à 18 jours, d'après Cos le (*)•

(') Ces changements n’ont pu encore être suivis que sur 1 embryon du poulet.

(*) I) Amnios. - 2) Allan Lu'iclo cl cordon ombilical. — 3) Ouruque. 4) Partie postérieure de l'intestin. — a) Vésicule ombilicale. — 6) Ouverture du la partie antérieure de l'intestin dans la vésicule ombilicale. — 7) Plaques prolovcrlébralcs. — S) Corde dorsale. — i)) Aortes primitives. — 10) Cœur. — I I) Aorte. 1-') Bourgeon frontal.

Dl'A ELOPPEMENT DES ORftANES EN PARTICULIER.

L ossification de In colonne vertébrale commence à In lin du deuxième ou nu commencement du troisième mois par trois points osseux primitifs: un pour I.- corps, ( eux pour les arcs. Le point osseux du corps, quelquefois double à son origine, se loi me ( ans le voisinage de la corde dorsale ; les points osseux des arcs se développent a la base des apophyses transverses; ces points osseux, dont le développement est 1res- rapide , envahissent très-vite tout le cartilage (quatrième ou cinquième mois), à l exception d une lamelle mince qui sépare les arcs des corps et de toute l’apophyse epineuse, qui est encore cartilagineuse à la naissance, de façon que les arcs osseux , quoique très-rapprochés, ne sont pas encore soudés à cette époque; cette soudure se fait pendant la première année ; celles des arcs aux corps, de la troisième à la huitième année. Les points osseux primitifs paraissent d’abord dans la partie moyenne de la colonne vertébrale ; de là l’ossifîcation gagne le reste du rachis, d’abord de haut, en bas jusqu’au sacrum, puis de bas en haut jusqu’à l’atlas. La soudure des points primitifs entre eux se fiait , au contraire, de bas en haut , de la région sacrée vers la région cervicale.

L’ossification des vertèbres est complétée par des points complémentaires, dont les uns sont constants, les autres variables suivant les régions. Les premiers consistent en deux lames minces qui recouvrent les faces inférieure et supérieure des corps vertébraux et paraissent de quatorze à quinze ans; elles sont comparables aux épiphyses des os longs. De quinze à seize ans paraissent des points osseux épiphysaires pour les apophyses transverses, dont ils forment le sommet; de seize à dix-sept ans pour les apophyses épineuses. Les apophyses articulaires des vertèbres lombaires, et quelquefois celles des autres régions, et les tubercules apophysaires présentent aussi de seize à dix-sept ans des points osseux complémentaires. La soudure des points épiphysaires se fait à dix-huit ans pour les apophyses transverses et articulaires; de dix-neuf à vingt ans pour les apophyses épineuses; les lamelles épiphysaires des corps vertébraux se soudent les dernières, de vingt à vingt-cinq ans, époque où le développement de la colonne vertébrale est terminé.

Fig. 363.

Partie cervicale de la colonne vertébrale primitive d’un embryon , tl’après Reniai, (*).

DEVELOPPEMENT DE QUELQUES VERTÈBRES EN PARTICULIER. — 1 " Atlas. L’atlas n’a que deux points primitifs latéraux correspondant aux points osseux des arcs des autres vertèbres et paraissant à la môme époque. Le point primitif correspondant au corps de l’atlas reste distinct de cette vertèbre et se soude à l’axis pour constituer l’apophyse odontoïde. Dans la première année après la naissance paraît un point complémentaire pour l’arc antérieur. L’arc osseux postérieur de l’atlas se forme dans la

troisième année; la soudure des points latéraux au point de l’arc antérieur a lieu de la cinquième à la. sixième.

( ) 1) Corde dorsale. 2) Son extrémité antérieure. — 3) Axe de la corde. — 4) Première vertèbre cervicale I'.' IMS,‘1,llr'- •') Pariie antérieure de la deuxième vertèbre cervicale persistante. — fi, 7) Vertèbres dorsales petrr:S- ?? Ve,tehres P‘'rsistantes sue lesquelles se voit encore la trace de la séparation des protovertèbrrs. —

) u s v-ert iraux correspondant à la partie céphalique d'une vertèbre persistante et à la partie caudale d’une pi otoverte re. — 10) Ganglions spinaux. — H) Lames musculaires. — 12) Membrane réunissante supérieure incisée sur la ligue médiane et rabattue de chaque rété.

EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE l’ïTOMME.

2° Axis. — L’axis présente quatre points osseux primitifs : deux latéraux qui paraissent dans le cinquantième jour, un pour le corps qui se forme plus tard (cinquième mois de la vie intra-utérine), et presque immédiatement après, celui de l’apophyse odontoïde., d’abord double, représentant du point médian de l’atlas, et qui existe à la base de l’apophyse. Les points latéraux se soudent entre eux en arrière dans la deuxième année; dans la troisième ou la quatrième année se fait la soudure des arcs au corps et du corps à l’apophyse odontoïde. Les points épiphysaires de l’axis sont les mêmes que ceux des autres vertèbres , sauf un point épiphysaire qui paraît à deux ans au sommet de l’apophyse odontoïde et se soude dans la douzième année.

3° Septième vertèbre cervicale. — La branche antérieure de son apophyse transverse présente un noyau osseux spécial , qui paraît au sixième mois de la vie foetale et ne se soude au reste que dans la quatrième année. Il peut persister à l’état indépendant et former une cote cervicale.

4° Sacrum. — Le sacrum se compose de cinq vertèbres. Chaque vertèbre sacrée se développe par trois points osseux primitifs, auxquels s’ajoutent pour les trois premières des points additionnels pour la partie antérieure de leurs apophyses transverses élargies. Les points médians paraissent pour la première vertèbre sacrée dans le quatrième mois de la vie fœtale , les points latéraux dans le cinquième , les points additionnels du sixième au huitième mois ; puis successivement l’ossification envahit les autres vertèbres de liant, en bas, de façon que tous les points primitifs existent à la fin de la vie fœtale. Chaque vertèbre sacrée présente, en outre, des points épiphysaires qui se développent de dix à treize ans pour les lamelles épiphysaires des corps, de quinze à seize ans pour les points des apophyses épineuses. Le corps et les arcs se soudent dans la deuxième année pour la cinquième vertèbre sacrée, puis successivement en remontant jusqu’à la première vertèbre où cette soudure se fait entre cinq et six ans. La soudure des épiphyses se fait très-vite après leur apparition. Les vertèbres sacrées restent indépendantes et séparées par des disques intervertébraux jusqu’à la dix-huitième année; à cette époque la soudure s’opère de bas en haut et n’est jamais complète avant vingt-cinq ans. Cette union débute par les lames, pour se terminer par le corps des vertèbres. De dix-huit à vingt ans paraît sur chaque face latérale du sacrum une lamelle épiphysaire, qui répond à la facette auriculaire et qui se soude au corps de l’os de vingt à vingt-cinq ans.

5° Coccyx. — Il se compose de quatre et quelquefois de cinq pièces, qui présentent chacune un point osseux primitif médian et deux lamelles épiphysaires : l’une supérieure , l’autre inférieure. Le point osseux primitif de la première vertèbre coccygienne se montre à peu près à l’époque de la naissance , celui de la seconde de cinq à dix ans , celui de la troisième de dix à quinze ans, celui de la quatrième de quinze à vingt. Les points épiphysaires paraissent à partir de la douzième année. La soudure des vertèbres coccygiennes se fait de bas en haut et débute vers la treizième année ; à vingt-cinq ou trente ans la première pièce n’est souvent pas encore soudée au reste de l’os.

Développement des disques intervertébraux. — Les disques intervertébraux son! formés par la corde dorsale, qui se développe dans l’intervalle des corps des vertèbres. Chez le nouveau-né, chaque disque est occupé par une cavité centrale piriforme remplie par une masse gélatiniforme de cellules provenant des cellules de la corde dorsale. Chez l’enfant de neuf ans, le disque a la même structure que chez l’adulte. Des restes de la corde dorsale se retrouvent aussi dans le ligament suspenseur de l’apophyse odontoïde (faisceau postérieur), qui a la signification d’un disque intervertébral par lequel la corde dorsale se continue jusqu’à l’occipital. Le ligament transverse de l’articulation atloïdo-odontoïdienne se forme aux dépens de la partie postérieure de la masse cartilagineuse originaire, qui contribue a former l’apophyse odontoïde et l’arc, antérieur de l’atlas, masse cartilagineuse qui représente le corps de l’atlas.

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICULIER

Développement de la colonne vertébrale en général. — Au troisième mois, la colonne vertébrale est fusiforme et aune longueur de0m,07 à 0m,08 ; au quatrième, elle atteint 0m,08 à Onyl() et constitue la moitié de la longueur totale du fœtus. Au cinquième mois, elle a 0m,12 et présente une largeur plus uniforme. Au septième mois , elle a 0m,15 et forme un peu plus du tiers de la longueur du corps. Au huitième mois, elle a Oyl6 et. 0m,18 au neuvième. Au moment de la naissance la colonne vertébrale est presque rectiligne (Fig. 36, G); le sacrum est moins incurvé, et l’angle sacro-vertébral , qui commence à se prononcer au sixième mois de la vie lœtale, est moins prononcé que chez l’adulte. Le canal vertébral présente un trèsgrand développement eu égard au reste du rachis , tandis que toutes les parties et apophyses relatives à la locomotion sont très-peu marquées. Peu à peu , dans le cours de la deuxième année et des années suivantes, les courbures de la colonne vertébrale se dessinent et elle acquiert la forme qu’elle a chez l’adulte. Chez le vieillard, par suite de l’affaiblissement musculaire et de la perte d’élasticité des disques et des ligaments jaunes, le rachis s’incurve en avant et, dans l’extrême vieillesse, on peut même voir les vertèbres se souder entre elles. Cette soudure est très-fréquente entre le sacrum et le coccyx.

Développement du crâne.

Le crâne est d’abord membraneux , puis cartilagineux (partiellement), puis osseux.

Le crâne membraneux primordial se forme aux dépens du blastème (lames protovertébrales), entourant l’extrémité antérieure de la corde dorsale, qui s’avance jusque dans la région occupée ultérieurement par la selle turcique. Ces lames protovertébrales , dans la région céphalique , ne présentent aucune segmentation et ne se divisent pas en protovertèbres. Elles entourent l’extrémité antérieure de la corde en constituant la base du crâne, et s’accroissent aussi du côté dorsal pour enfermer le cerveau; on a ainsi une sorte de capsule membraneuse ( crâne membraneux primordial), qui enveloppe l’encéphale, sur lequel il se moule et qui se développe peu à peu pour former les os du crâne et de la face.

La base du crâne présente en avant une sorte de plaque épaissie, d’où partent deux prolongements, piliers latéraux du crâne de Rathke, qui se dirigent en avant et interceptent une ouverture, ouverture pituitaire , fermée en partie par une mince membrane, pilier moyen du crâne , qui, d’après Reichert, représenterait le dos de la selle turcique et, d’après Kœlliker, l’ébauche de la tente du cervelet.

Crâne cartilagineux primordial. — Le crâne membraneux ne tarde pas à se transformer en cartilage, mais seulement dans la région de la base du crâne, tandis que la voûte et les parties latérales conservent l’état membraneux. Cette transformation est déjà très-avancée au deuxième mois et tout à fait achevée au troisième. A cet état le crâne cartilagineux comprend l’occipital , la plus grande partie du sphénoïde, le rocher, la partie mastoïdienne du temporal, l’ethmoïde et la cloison du nez.

Ossification des os du. crâne. — Le crâne cartilagineux primordial ne s’ossifie pas en entier; une partie s’atrophie et disparaît par les progrès du développementl’autre reste à l’état cartilagineux et constitue les parties cartilagineuses persistantes de l’adulte (cartilages du nez, articulations etc.). La partie membraneuse du crâne primordial se recouvre à sa face externe de lamelles osseuses (os secondaires),

qui s’unissent, entre eux et avec les os qui proviennent du cartilage de la base du crâne.

1 0 Occipital. — L’occipital s’ossifie à la fin du troisième mois par quatre points osseux, qui paraissent , un dans la partie basilaire, deux dans les régions condyliennes, un (d’abord double) dans la partie cérébelleuse de l’écaille. A ces quatre

EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT 1 >F. L’HOMME

points s’on ajoute un cinquième, qui ne provient pas du cartilage primordial et forme In partie supérieure de l’écaille appartenant par suite aux os secondaires. Ce point osseux se soude assez vite au point inférieur de l’écaille, mais à la naissance on trouve encore sur les bords de l’écaille deux petites fissures résultant de leur réunion incomplète. La soudure des points condyliens et de l’écaille commence dans la première ou la deuxième année, celle des condyles et de la partie basilaire dans la troisième, et à la cinquième ou sixième année la soudure des différentes pièces est achevée et l’occipital ne forme plus qu’un seul os. On retrouve encore chez le nouveau-né des restes de la corde dorsale dans la partie basilaire.

2° Sphénoïde. — Le sphénoïde est d’abord divisé en deux os : le sphénoïde postérieur avec les grandes ailes, et le sphénoïde antérieur avec les petites ailes.

Le sphénoïde postérieur commence à s’ossifier au troisième mois par six points osseux : deux pour le corps, qui se réunissent très-vite en un seul, un de chaque côté, pour l’origine du sillon carotidien et de l’apophyse clinoïde moyenne, un de chaque côté pour les grandes ailes et l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde. L’aile interne de l’apophyse ptérygoïde appartient aux os secondaires et provient du maxillaire supérieur. Le point du corps et les points carotidiens se soudent dans la seconde moitié cle la vie fœtale, ainsi que les deux lamelles des apophyses ptérvgoïdes; chez le nouveau-né les grandes ailes sont distinctes du corps, et le dos de la selle, le pli vu s et les apophyses clinoïdes postérieures sont encore cartilagineuses. La soudure des grandes ailes au corps se fait dans le cours de la première année.

Le sphénoïde antérieur s’ossifie aussi au troisième mois par deux points qui paraissent dans les petites ailes en dehors du trou optique, et par deux points pour le corps, qui se forment un peu plus tard. La soudure de ces quatre points se fait au sixième mois de la vie fœtale. A la naissance, le sphénoïde antérieur et le sphénoïde postérieur sont encore séparés par une lamelle cartilagineuse incomplète, trèsmince, qui s’unit en avant au rostrum encore cartilagineux à cette époque, et par lui à la cloison des fosses nasales. Le cornet de Bertin se forme six à huit mois après la naissance par un point osseux qui ne dérive pas de cartilage préexistant. Les sinus sphénoïdaux commencent à se former dans la vie fœtale. Le sphénoïde se soude habituellement à l’occipital à partir de la deuxième année.

3° Ethmoïde. — L’ethmoïde se développe par six points d’ossification. Les quatre premiers, qui paraissent pendant la vie fœtale , se forment au cinquième mois pour les masses latérales (lame papyracée), au neuvième pour le cornet inférieur. A la naissance, l’os se compose de deux labyrinthes et des deux cornets; le reste est encore cartilagineux. Dans la première année paraissent deux points osseux h la base de l’apophyse crista-galli et de ces points l’ossification s’étend vers cette apophyse et la lame perpendiculaire. La soudure des différentes pièces se fait de la cinquième à la sixième année (*).

(') Vert i': bues crâniennes. — En se basant sur le développement, on peut comparer le crâne aux vertèbres, et admettre quatre vertèbres crâniennes, qui sont, d’arrière en avant, la vertèbre occipitale, les deux vertèbres sphénoïdales postérieure et antérieure, et la vertèbre ethmoïdale.

1° Vertèbre occipitale. — Elle répond en entier à l’occipital; le corps est formé par l’apophyse basilaire, l’arc vertébral par les parties condyliennes et la partie inférieure de l’écaille. Les condyles de l’occipital représentent les apophyses articulaires inférieures, les apophyses jugulaires, les apophyses transverses, l’écaille, l’apophyse épineuse. Les trous de conjugaison sont représentés par les trous déchirés postérieurs et condyliens antérieurs.

2° Vertèbre sphénoïdale postérieure [vertèbre pariétale d’Owen). — Le corps est tonne par le corps du sphénoïde postérieur, l’arc vertébral par les grandes ailes et les pariétaux. L’apophyse mastoïde, qui se soude plus tard au temporal, représente l’apophyse transverse; l’apophyse épineuse, excessivement développée, est formée par les pariétaux. Les trous de conjugaison , excessivement modi liés, sont représentés par les canaux qui laissent passer le nerl facial et les deux premières branches du trijumeau. L’appareil hyoïdien avec l'apophyse styloïde est une dépendance de cette vertèbre crânienne.

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICULIER

(•" temporal. — Son développement sera vu avec celui de l’organe de l’ouïe.

.)° 7 'routai. — Le Irontal présente deux points d’ossification, qui paraissent du cinquantième au soixantième jour, au niveau des arcades orbitaires. L’os se compose d abord de deux moitiés, qui ne s’unissent complètement sur la ligne médiane que dans la deuxième année. Les sinus frontaux commencent à se former dès la troisième année. La suture médiane reste souvent marquée jusque dans l’âge adulte.

0° Pariétal. — Il se développe par un seul point d’ossification central, qui paraît vers le cinquantième jour de la vie fœtale.

Développement du crâne en général. — Le crâne ne se développe pas uniformément dans toutes ses parties. Dans les premiers temps, l’accroissement porte surtout sur la partie sphéno-occipitale, qui , jusqu’à la fin du deuxième mois, forme à peu près à elle seule la base du crâne ; à partir de cette époque, la partie ethmoïdale se. développe rapidement , et dans la deuxième moitié de la vie fœtale son développement est même plus rapide que celui de la partie postérieure. Pendant la vie intra-utérine, les os de la base du crâne sont séparés par du cartilage intercalaire, tandis que. ceux de la voûte le sont par des espaces membraneux plus ou moins larges, suivant la période de la vie fœtale, espaces dus à ce que les bords des os voisins n’arrivent pas au contact. Les bords de ces os présentent de petites dentelures fines qui ne sont que les extrémités des rayons osseux partant du point central d’ossification. Ces dentelures finissent par se rapprocher et par s’engrener avec celles des os voisins pour constituer les sutures crâniennes, sauf en certains endroits correspondant aux angles de plusieurs os; là ces espaces membraneux persistent et. constituent ce qu’on appelle les fontanelles. Ces fontanelles sont chez le nouveau-né au nombre de. six : 1° une supérieure et antérieure losangique, à la réunion du frontal et des pariétaux ; 2“ une postérieure et supérieure, triangulaire à la réunion de l'occipital et des pariétaux; 3° une latérale antérieure, paire, allongée, limitée en avant par le frontal, en haut par le pariétal, en bas et en arrière par le temporal; 4° une latérale et postérieure, paire , irrégulière, entre le temporal, l’occipital et le pariétal.

A la naissance, la région-parietale a, comparativement aux autres régions, le plus grand développement. A cette époque, le crâne présente les dimensions suivantes :

Diamètre antéro-postérieur (de la racine du nez à la. protubérance occipitale externe) 0™,120

Diamètre transversal (d’une bosse pariétale à l’autre) O1", 090

Diamètre vertical 0"\090

Après la naissance, le crâne se développe rapidement , surtout la voûte, au moins dans les premiers temps. Peu à peu les fontanelles disparaissent, les latérales et la postérieure dans la première année, l’antérieure et supérieure dans la troisième et quelquefois plus tôt.

3° Vertèbre sphénoïdale antérieure [vertèbre frontale d'Owen). — Le corps est formé par le corps du sphénoïde antérieur; les lames par les petites ailes; l’apophyse épineuse, très-inodifiée, par le frontal ; l’apophyse transverse par l’apophyse orbitaire externe. Les trous de conjugaison sont, représentés par la fente sphénoïdale.

i° Vertèbre etlmoidale [vertèbre nasale d’Owen). — Celle-ci, presque méconnaissable et encore plus translormée que les précédentes, présente une telle déviation du type vertébral qu’il est à peu prés impossible d’y retrouver chez l’homme les différentes parties des vertèbres. Le corps est représenté par 1 apophyse crista-galli et la lame perpendiculaire de l’elhmoïde, et, d’après Owen, par le vomer. M ü lier a trouvé sur des embryons des restes de la corde dorsale jusque près de l’apophvse crisla-galli et a pu la suivre à travers l’apophyse basilaire de l’occipital et le corps des deux sphénoïdes.

970 EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE L’HOMME

A partir do quarante à quarante-cinq ans (plus tôt dans la race nègre, d’après Gratiolet), les sutures s’ossifient et les os du crâne se soudent entre eux de façon à former dans la vieillesse une capsule osseuse continue. En même temps les os de la face s’atrophient et s’amincissent ('); les canaux du diploé s’élargissent et communiquent avec ceux des os voisins.

3° Développement (les os «le la face et «les nrcs pliaeyngtens.

Tous les os de la face, à l’exception des cornets inférieurs et du vomer, sont des os secondaires et se développent aux dépens des deux premiers arcs pharyngiens situés de chaque côté de là ligne médiane et d’un prolongement médian ou bourgeon frontal .

Arcs pharyngiens et fentes pharyngiennes ('). — Les arcs pharyngiens, au nombre de quatre de chaque côté, sont les prolongements qui partent de la région antérieure de la corde dorsale en avant des protovertèbres, et se développent à la façon d’une côte dans la paroi ventrale du corps de l’embryon pour se souder en avant sur la ligne médiane. Ces arcs interceptent des fentes transversales, (eûtes pharyngiennes (au nombre de trois), qui mènent dans la cavité pharyngienne. Nous allons suivre successivement le développement de ces arcs pharyngiens.

Fig. 361.

Face d’un embryon de 15 à 18 jours , d’après Cosle (*).

Fig. 365.

Face d’un embryon de 25 à 28 jours, d’après Coste (**).

I1) L’amoindrissement des os de la voûte des vieillards est un fait douteux; on trouve au contraire souvent un épaississement.

(2) On les appelle encore arcs viscéraux et fentes viscérales, arcs branchiaux et fentes branchiales.

{*) 1) Bourgeon frontal. — 2) Bourgeon maxillaire inférieur. — 3) Dépression buccale. — 4) Bourgeon maxillaire supérieur. — b) Ares pharyngiens. — 6) Partie antérieure de l’intestin, vue par transparence. — 7) Vésicule ombilicale. — 8) Cœur (grossissement Ib diamètres).

(**) 1) Bourgeon frontal. — 2,3) Fossettes olfactives droite et gauche. — 4) Bourgeons maxillaires inférieurs réunis sur la ligne médiane. — b) Bourgeons maxillaires supérieurs. — G) Bouche. — 7) Deuxième arc pharyngien. — 8) Troisième arc pharyngien. — 9) Quatrième arc pharyngien. — 10) Vésicule oculaire primitive. — II) Vésicule auditive primitive (grossissement Ib diamètres).

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICULIER

1° Développement du premier arc pharyngien. — Cet arc paraît vers le quatorzième jour (F ig. 358) , se développe aux dépens de la base du crâne dans la région du sphénoïde antérieur et se soude très-vite à celui du côté opposé. A ce moment (Fig. 362) la tète est terminée en avant par un prolongement , bourgeon frontal, qui provient a la fois de la voûte et de la base du crâne et qui surmonte le premier arc pharyngien (F ig. 363. 1). Entre le bourgeon et le premier arc pharyngien se trouve une dépression, première trace de la cavité buccale. Les changements ultérieurs portent Mir ces trois parties : bourgeon frontal , dépression buccale et premier arc pharyngien.

La dépression buccale se creuse de plus en plus et présente bientôt la forme d’un cul-de-sac , qui s ouvre à l'extérieur par une fente transversale et dont le fond n’est séparé du cul-de-sac intestinal antérieur (cavité céphalo-pharyngienne) que par une mince membrane. Cette membrane elle-même disparaît plus tard et la bouche communique alors librement avec le pharynx.

Le bourgeon frontal, d’abord simple, se divise ensuite en deux parties latérales, bourgeons frontaux latéraux. Sur chacun de ces derniers se trouve une dépression, fossette olfactive (Fig. 365, 3), limitée en dedans et en dehors par deux prolonge-

nt. 36G.

Face d'un embryon de 35 jours, d’après Cosle (*).

Fig. 3G7.

Fare d’un embryon de 40 jours , d’après Coste (**).

ments , bourgeons nasaux interne (2) et externe. Ces fossettes, d’abord rondes, deviennent bientôt ovales, en même temps qu’elles acquièrent plus de profondeur. En dehors du bourgeon nasal externe, entre lui et le bourgeon maxillaire supérieur, se trouve un sillon , sillon lacrymal , qui formera plus tard le canal nasal et qui se dirige obliquement vers l’œil. Un autre sillon, sillon nasal, mène de la fossette olfactive à l’entrée de la cavité buccale. (*) (**)

(*) 1) Bourgeon médian. — 2) Bourgeons incisifs. - 3) Narines. — 4) Lèvre et mâchoire inférieures. — B) Bourgeon maxillaire supérieur. — 6) Bouche. — 7) Vestige de la cloison des fosses nasales. — 8) Vestige des deux moitiésde la voûte palatine. — 9) Langue. — 10) Yeux. — II, 12, 13) Arcs pharyngiens.

(**) •) Premier vestige du nez. — 2) Premier vestige des ailes du nez. — 3) Vestige de la sous-cloison. — 4) Bourgeon incisif. — 5) Bourgeon maxillaire supérieur. — G) Sillon du sac lacrymal et du canal nasal. — 7) Lèvre inférieure. — 8) Bouche. — 9) Moitiés latérales de la voûte palatine,

!)7 2 EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE L’HOMME

Le premier arc pharyngi on se divise a son extrémité antérieure en deux parties : une supérieure, bourgeon maxillaire supérieur (Fig. 364, 5), une inférieure, bourgeon maxillaire inférieur '{Fig. 364, 4); celui-ci se soude très-vite à celui du côté opposé pour former l’ébauche de la mâchoire inférieure. Les bourgeons maxillaires supérieurs, d’abord tout à fait latéraux, se portent peu à peu en dedans, et se soudent au bourgeon nasal externe ; ils limitent avec lui en dehors le sillon nasal . limité en dedans par le bourgeon nasal interne. A un stade plus avancé, ces bourgeons maxillaires inférieurs se soudent à ce bourgeon nasal interne (Fig. 364, 5, 2 et le sillon nasal se trouve converti en un canal qui fait communiquer les fossettes olfactives avec la cavité buccale , canal nasal.

A mesure que les bourgeons maxillaires supérieurs se portent vers la ligne médiane, les bourgeons nasaux internes sont repoussés en dedans et finissent bientôt par se souder en un seul bourgeon médian , bourgeon incisif (Fig. 367, 3), qui formera plus tard la partie médiane de la lèvre supérieure et l’os intermaxillaire et qui, en se soudant aux bourgeons maxillaires supérieurs de chaquercôté , complète la mâchoire supérieure.

En même temps que se passent ces changements extérieurs, il s’en passe d’autres plus profonds qui ont pour but la formation du palais. La cavité buccale est d’abord commune aux fosses nasales (qu’il ne faut pas confondre avec les fossettes olfactives) et au tube digestif; mais à partir de la fin du deuxième mois, elle se divise en deux portions : une supérieure respiratoire , une inférieure digestive. Cette séparation se fait par une lamelle, lamelle palatine (Fig. 366, 8 et 367, 9),- qui naît de chaque côté de la partie interne du bourgeon maxillaire supérieur et se porte horizontalement en dedans vers la ligne médiane. Ces deux lamelles interceptent entre elles une fente, fente palatine , qui fait communiquer la cavité nasale et. la cavité buccale et qui se rétrécit de plus en plus. Enfin, à la huitième semaine, les deux lamelles commencent à se souder d’avant en arrière , en formant la voûte palatine et en se réunissant à la partie inférieure de la cloison nasale. A la neuvième semaine la fente palatine est tout à fait fermée , et la voûte palatine osseuse , complète à ce moment , isole la cavité buccale de la cavité nasale, dans laquelle viennent s’ouvrir les canaux nasaux partant des fossettes olfactives. Les divers stades de ce développement correspondent aux différents degrés du bec-de-lièvre.

Nous allons maintenant étudier le développement isolé de chacun des os de la face, dont la plupart se forment aux dépens des différentes parties du premier arc pharyngien.

a) Os provenant du bourgeon incisif. — Ce sont l’os intermaxillaire et le vomer.

L’os intermaxillaire ou incisif est à l’origine distinct chez l’homme, puis se soude

très-vite au maxillaire supérieur; à la douzième semaine la soudure est ordinairement complète , sauf une petite tissure, qui reste visible après la naissance sur la voûte palatine. Il naît de très-bonne heure (quarantième ou quarante-cinquième jour) par deux points d’ossification.

J^e vomer paraît à la fin du deuxième mois par deux points d’ossification, sous forme de deux petites lamelles osseuses, qui se réunissent très-vite en une gouttière à concavité supérieure enchâssant le cartilage vomérien.

b) Os provenant du bourgeon nasal interne. — Ils forment les masses latérales de l’ethmoïde, l’unguis et les os du nez.

Le développement des masses latérales a été vu avec l’ethmoïde.

Vunguis paraît au troisième mois par un seul point d’ossification. 11 en est de môme des os du nez.

e) Os provenant du bourgeon maxillaire supérieur. — Ce sont la lame interne de l’apophyse ptérygoïde, l’os palatin, le maxillaire supérieur et l'os malaire, fa i<nue interne de l'apophyse ptérygoïde a été vue à propos du sphénoïde.

DEVELOPPEMENT REiS ORGANES EN PARTICULIER.

Le palatin, se développe par un point d’ossilication , d’abord double, qui paraît ve»*s Ie quarante-cinquième jour de la vie fœtale et occupe l’angle de réunion des deux lames de 1 os et la région du canal palatin postérieur. A la lin du troisième mois , il est complètement ossifié.

Le inaxillaire supérieur se développe par cinq points d’ossification , y compris l’os iueisil ; quatre de ces points paraissent vers le quarantième ou le quarante-cinquième jour de la vie lœtale; ce sont : un pour l’os intermaxillaire, un pour l’apophyse malaire, un pour la fosse canine, un pour l’apophyse palatine. Au troisième mois parait le cinquième point d ossification pour le plancher de l’orbite, point orbitaire. La soudure de ces différentes pièces se fait très-rapidement et en première ligne celle de l’os incisif avec le reste de l’os. Au sixième mois de la vie fœtale, cette soudure est. a peu près complète. L’apophyse montante est formée par la convergence des pièces palatine et faciale ; le rebord alvéolaire aux dépens des pièces malaire , orbitaire et de l’os incisif. Le sinus maxillaire 11e commence guère à se former que dans le troisième mois de la vie fœtale.

Los malaire s’ossifie par un seul point, qui paraît vers le milieu du second mois de la vie intra-utérine.

d) Ou provenant du bourgeon maxillaire inferieur. — 11 forme le maxillaire inférieur et un cartilage, cartilage de Meckcl, aux dépens duquel se développent le marteau et l’enclume.

Le maxillaire in férieur parait du trentième au trente-cinquième jour, après la clavicule, et son ossification est précédée d’une transformation cartilagineuse du bourgeon maxillaire inférieur. Il se développe par deux points d’ossification (') , et est d abord formé de deux moitiés, qui se réunissent à la symphyse et représentent chacune une gouttière à concavité supérieure , gouttière alvéolaire. L’angle de la mâchoire n’existe pas à cette époque et les branches ont la même direction que le corps. Au troisième mois l’angle de la mâchoire se dessine un peu plus ; l’échancrure sigmoïde se creuse , le condyle et l’apophyse coronoïde sont plus saillants. La soudure des deux moitiés du maxillaire inférieur se fait peu après la naissance. A mesure que l’enfant avance en âge, la partie basilaire de l’os se prononce de plus en plus, el 1 angle de la mâchoire se redresse. Chez le vieillard le rebord alvéolaire de l’os disparaît peu à peu après la chute des dents et l’angle redevient obtus.

Cartilage de Meckel (Fig. 368 et 369). — Ce cartilage est un organe transitoire, qui paraît à la fin du premier mois de la vie fœtale pour disparaître au cinquième ou sixième mois , sauf dans la partie qui formera le marteaif et l’enclume. Il a la forme d’un arc situé en dedans du bourgeon maxillaire inférieur et plus tard de la mâchoire inférieure, arc dont l’extrémité antérieure se soude à celle de l’arc du côté opposé , dont l’extrémité postérieure

tin. atw.

Car Ut a<i e de Meckel, vu par sa face interne (*,.

(•) D’après beaucoup d’auteurs ou trouverait des points d’ossification complémentaires pour l’apophyse coronoïde, le condyle, l’épine du canal dentaire (aiguille de Spix) , les apophyses géni etc.

(*) a) Marteau. — (j) Sun apophyse grêle. — c) Sun uiuuuhc. — d) Carlilago <lo Meckcl. — e>J) Cercle lympanifjnc. — •;) Enclume. — h) Os lenticulaire. — / Étrier. — j , l< , I, >») Maxillaire inférieur. — 0, n) Dents.

RMI.JUYOLOr.IK ET DÉVELOPPEMENT PE L’HOMME.

s’étend jusqu a la base du crâne, dans la région de la caisse du tympan. Il est situé en dedans de la parotide et de la carotide externe, et recouvert par l’extrémité antérieure renflée du cercle tympanique (Fig. 369, 2). Plus en avant il est entre le

maxillaire inférieur et le ptérygoïdien interne, en dehors du nerf lingual, en dedans du nerf mylo-hyoïdien; ensuite il se place au-dessous du muscle mylo-hyoïdien et là n’est recouvert que par le ventre antérieur du digastrique et la glande sous-maxillaire. Toute la partie tympanique du cartilage de Meckel constitue l’enclume et le marteau , qui s’ossifient au quatrième mois de la vie fœtale. La partie du cartilage recouverte par l’extrémité antérieure du cercle tympanique forme l’apophyse grêle de Raw. Tout le reste du cartilage de Meckel s’atrophie et a complètement disparu au huitième mois.

Fig. 369.

Cartiluye de Meckel, vu par sa face externe, sur un embryon de 5 mois, d’après Kœllikci* (*).

2° Développement du deuxième arc pharyngien. — Ce deuxième arc, qui paraît presque immédiatement après le premier, naît de la base du crâne dans la ré-

gion du sphénoïde postérieur et se divise en trois portions : une portion d’origine , qui constitue l’étrier, dont l’ossification est plus tardive que celle des autres osselets de la caisse; une portion moyenne non cartilagineuse, qui forme le muscle de l’étrier, et une partie antérieure beaucoup plus longue, cartilagineuse en partie et qui, en s’ossifiant, se soude à la région mastoïdienne et constitue la pyramide, l’apophyse styloïde, le ligament stylo-hyoïdien et la petite corne de l’os hyoïde

3U Développement du troisième arc pharyngien. — Le troisième arc pharyngien constitue par ses extrémités antérieures, qui se soudent sur la ligne médiane, les grandes cornes et le corps de l’os hyoïde.

L os hyoïde se développe par cinq points d’ossification: un d’abord double pour le corps, deux pour les grandes cornes, deux pour les petites cornes. Les points du corps et des grandes cornes paraissent dans le neuvième mois ou immédiatement après la naissance ; celui des petites cornes naît plus tard à une époque variable. Des [joints épiphysaircs se montrent de quinze à seize ans à l’extrémité des grandes et des petites cornes. La soudure des grandes cornes au corps se fait de quarante à cinquante ans; celle des petites cornes, beaucoup plus tard, si elle a lieu.

Le quatrième arc pharyngien, qui paraît en arrière du précédent, ne donne heu aucune formation spéciale et contribue seulement à former les parties molles du cou.

Les fentes pharyngiennes , au nombre de quatre, sont des lentes transversales situées entre les arcs pharyngiens , et pour la quatrième en arrière du quatrième arc pharyngien et qui donnent accès dans la cavité du pharynx. La première persiste seule dans une partie de son étendue pour former le conduit auditil externe , la caisse du tympan et la trompe d’Eustache. Toutes les autres disparaissent par les progrès du développement , et il n’en reste plus rien dès la sixième semaine. Les arcs pharyngiens sont les analogues des côtes. (*)

(*) J) Os hyoïde. — 2) Cercle du tympan — U) Apophyse styloïde. - 1) Luelltme. — o) Son apophysè verti

nie. — G) Marteau. — 7) Son manche. — S) Cartilage de Meckel;

Développement de la face en yénérctl. — Pendant la vie intra-utérine, la lace a mi volume très-iaible comparativement au crâne et dans les différentes parties qui composent la lace , c’est, la partie dentaire (maxillaire supérieur et inférieur), qui présente le moins de développement. L’éruption des dents temporaires et surtout celle des dents permanentes modifie considérablement la forme de la face et augmente ses dimensions verticales. Chez le vieillard , la chute des dents et la résorption des alvéoles rapprochent par certains points la face du vieillard de celle de l’enfant; en ce sens que les dimensions verticales diminuent de nouveau, mais avec des modifications caractéristiques, qui portent principalement sur la forme même et sur la situation respective des deux mâchoires.

4° développement (lu Ihorax.

Les côtes sont des prolongements, d’abord membraneux, qui partent de la colonne vertébrale (lames protovertébrales) et deviennent cartilagineux au deuxième mois, à peu près en même temps que les vertèbres. Elles s’accroissent peu à peu dans les parois ventrales de l’embryon. Les six premières côtes, dont le développement est plus rapide, se réunissent par leur extrémité antérieure avant d’atteindre la ligne médiane, et la lame verticale qui résulte de cette soudure constitue une moitié du sternum cartilagineux; ces deux moitiés, d’abord séparées par une fissure verticale médiane , se soudent bientôt entre elles de haut en bas pour compléter le sternum.

Les côtes s’ossifient par un seul point d’ossification primitif, qui paraît du quarantième au quarante-cinquième jour et s’étend très-rapidemont en longueur. Cette ossification débute par les côtes moyennes. De seize à dix-sept ans paraissent deux points épiphysaires pour la tubérosité et la tête de la côte. Ces points se soudent, pour la tubérosité, de dix-sept à vingt ans; pour la tête, de vingt-deux à vingt-cinq.

L’ossification du stemwm commence au sixième mois par la poignée, où l’on trouve un point d’ossification quelquefois double. Le corps se développe par quatre à huit points d’ossification , quelquefois plus , disposés souvent par paires et correspondant aux espaces intercostaux, points qui aboutissent à la formation des quatre pièces osseuses constituant le corps. Les points de la première pièce paraissent vers le septième ou huitième mois de la vie fœtale ; ceux des deux suivantes vers la fin de la grossesse ; ceux de la dernière au dixième mois après la naissance. La soudure des quatre pièces du corps de l’os se fait de bas en haut, celle des pièces inférieures de douze à quinze ans, celle des pièces supérieures de vingt-cinq ans à trente ans. Le point d’ossification de l’appendice xiphoïde paraît de la sixième à la quinzième année. L’appendice se soude au corps de l’os de quarante à cinquante ans. La soudure de la poignée 11e se fait que dans la vieillesse.

La forme du thorax varie aux différentes époques de la vie. Chez le fœtus, le thorax a sur une coupe transversale une forme quadrangulaire et, à l’inverse de ce qui existe chez l’adulte, sa partie antérieure présente plus de largeur que sa partie postérieure. Les gouttières postérieures sont à peine développées; l’angle des côtes n’existe pas. Les cartilages costaux des côtes sternales ont une direction presque horizontale et une forme aplatie. Les plus grands diamètres du thorax correspondent a sa partie inférieure à cause du volume des organes abdominaux. Après la naissance la dilatation des poumons augmente la capacité de la cage thoracique, qui se rapproche peu à peu de la forme qu’elle aura chez l’adulte. Un accroissement plus rapide se produit encore plus tard au moment de la puberté , et le thorax n’acquiert enfin sa forme et sa capacité définitives que de trente à trente-cinq ans chez l’homme et un peu plus tôt chez la femme. Dans la vieillesse les cartilages costaux s’ossifient peu a peu, se soudent au sternum et la cage thoracique perd ch; plus en plus son élasticité et la mobilité de ses différentes pièces osseuses.

EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE L’HOMME

î»° Développement (les exti'êmitêsB.

A. MEMBBE SUPERIEUR.

1" Clavicule. ~ C’est le premier os du fœtus. 11 naît dans un cartilage par un point d’ossification qui paraît avant le trentième jour et s’étend avec une telle rapidité qu’il acquiert presque immédiatement une longueur de 0m,005, longueur de l’os immédiatement après sa formation. A deux mois , la clavicule a O1", 01 ; à trois mois, 0m,016; à quatre mois, 0m,026; à six mois, O"1, 033; à neuf mois, O"1, 04. A vingt ans environ paraît à l’extrémité sternale une lame osseuse épiphysaire, qui se soude au reste de l’os de vingt et un à vingt-deux ans.

2° Omoplate. — Elle se développe par un point d’ossification primitif, qui parait du quarantième au quarante-cinquième jour dans la fosse sous-épineuse et par cinq points épiphysaires pour l’apophyse coracoïde (il est ordinairement double) , l’acromion, la partie supérieure de la cavité glénoïde, l’angle inférieur, le bord spinal. Le point de l’apophyse coracoïde paraît dans la première ou la deuxième année; celui de l’acromion de quatorze à seize ans, les deux suivants de seize à dix-huit ans, celui du bord spinal de dix-liuit à vingt ans. L’apophyse coracoïde se soude la première au reste de l’os de quinze à seize ans, l’acromion, puis le point glénoïdien un peu plus tard (dix-sept à vingt ans); la soudure des deux derniers se fait de vingt à vingt-quatre ans.

3° Humérus. — Le point d’ossification primitif du corps paraît du quarantième au cinquantième jour. L’extrémité supérieure se développe par trois points qui paraissent : celui de la tète à la deuxième année , celui de la grosse tubérosité à la troisième , celui de la petite à la cinquième année. Les trois points de cette extrémité supérieure se soudent entre eux de quatre à cinq ans. L’extrémité inférieure présente cinq points d’ossification : celui du condyle se développe à la fin de la deuxième année, celui de l’épitrochlée à cinq ans, celui du bord interne de la trochlée à douze ans, celui de l’épicondyle un an plus tard. Les points épiphysaires de l’extrémité inférieure se soudent entre eux et au corps de l’os de quinze à seize ans, celle de l’épitrochlée un peu plus tard. L’extrémité supérieure ne se soude au corps de l’os que de vingt à vingt-cinq ans.

4° Cubitus. — Son point d’ossification primitif parait dans la huitième semaine. Il a trois points épiphysaires : un pour l’extrémité inférieure, qui naît dans la cinquième année, et deux pour l’extrémité supérieure; celui de l’olécrâne se développe à dix ans et est surmonté à treize ou quatorze ans d’un point complémentaire qui répond au bec de l’olécrane. L’épiphyse supérieure et le corps s’unissent dans la dix-septième année ; la soudure de l’épiphyse inférieure a lieu dans la vingtième année.

5° Radius. — C’est vers la huitième semaine que paraît son point d’ossification primitif. Dans la cinquième année, on voit apparaître le point de l’épiphyse inférieure, et dans la sixième celui de la tète de l’os. De quatorze à dix-huit ans apparaît une lamelle épiphysaire complémentaire sur la tubérosité bicipitale à laquelle elle se soude très* rapidement. L’union de l’épiphyse supérieure avec le corps du radius se fait vers la quatorzième année; celle de l’épiphyse inférieure plus tard , vers la vingtième année seulement.

6° Carpe. — Voici l’ordre et l’époque d’apparition des points d’ossification des os du carpe : grand os, un an; os crochu, un ou deux ans ; pyramidal, trois ans; trapèze et semi-lunaire , cinq ans; scaphoïde, huit ans ; trapézoïde, neuf ans; pisiforme, douze ans.

7° Métacarpe. — Les quatre derniers métacarpiens se développent par un point osseux primitif pour le corps, point qui paraît dans la huitième ou la neuvième semaine. Des poinls épiphysaires paraissent de cinq à six ans dans les extrémités digitales et se soudent au corps de fos de seize à dix-huit ans. La base des quatre derniers métacarpiens n’a pas de point, épiphysaire indépendant.

DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICULIER

Le métacarpien du pouce présente un développement spécial. Son point diaphvs.uie parait a la meme époque que ceux des aulnes métacarpiens. A trois ans un 0SbL'UX 7’*1; 1 15'sa,rc se déveloPPe dans 80“ extrémité supérieure , pour se sou- °S,a SeiZe a”S- 11 a Pas d« “Oﻓ épiphysaii’c pou!- l'extrémité mr I n mot Se“lem?nt u" Prolongement osseux de la diaphyse rattaché à celle-ci le tics-mmce de substance osseuse existant du côté cubital de l’os, et qui

c c eveloppe comme un noyau distinct dans la tête du métacarpien pour se souder

k seizièr année- La ***«“ poim

“U" le dlstmf e des autres métacarpiens et le rapproche des phalanges. Son “a "0ulucier a 1,11 reste la même direction que celui des phalanges.

S» Phalanges. — Elle se développent par deux points d’ossification : un primitif

nom- PextrJmh ^ *“ •huiîiè?,e1 4 la dUième semaine, un complémentaire

poui 1 exti unité supérieure , qui naît de la troisième à la sixième année. La soudure

des epipliyses et des corps se lait de seize à dix-huit ans, eu commençant par les phalangettes et se terminant par les phalanges. “

D. MEMBRE INFÉRIEUR

)° Os iliaque. — Il se compose d’abord de trois pièces : l’ilion i’ischirm Pt 1 > a , lus dont les points d’ossification paraissent, celui de l’iiionà la huitième ou neuvième semaine, celui de 1 ischion au troisième mois, celui du pubis au quatrième ou cin

Ibrme d’veS • P‘v ' “i s°nt. seParées dans la ca«‘é cotyloïde par un cartilage en loimeiU, qui s ossifie de treize a quinze ans. D’autres points complémentaires se

onnent pour epine iliaque inférieure et antérieure à la même époque pour la

uete iliaque et 1 ischion de quinze à seize ans , pour l’angle du pubil de dix-neuf

vingt ans. Les branches inférieures du pubis et de l’ischion s’unissent à la huitième

ou neuvième année ; la soudure des trois pièces au fond de la cavité cotyloïde se fait

• ®'ze a dlx"seU a'ls- La soudure des épiphyses ou corps de l’os est complète à vingt-cinqans; elle débuté par l’épiphyse de l’épine iliaque antéro-inférieure et se tei mine pai celles de la crête iliaque et de l’ischion.

Développement du bassin. — Le grand bassin paraît avant le petit, et est déri en vahi par 1 ossification que ce dernier est encore cartilagineux. Le petit bassin est ' aboid très petit; sa cavité, insuffisante pour contenir les organes abdominauxp us tard y trouveront place, est elliptique et allongée d’avant en arrière. A la nais' sance le petit bassin est déjà un peu plus large en arrière et prend la forme d’un ov-ile a giosse extrémité postérieure. Peu à peu ses dimensions transversales et sa canardé augmentent , et il acquiert la forme et les dimensions qu’il possède chez l’adulte

-» Fémur. - Le point osseux du corps paraît dans la septième semaine. L’ex'tré mte mfeiieure se développe par un seul point osseux, qui se forme dans le neuvième Il 0‘S et existe toujours a la naissance. L’extrémité supérieure présente trois , ; , . , d ossification , qui paraissent : celui de la tête dans la première an ,Te elui u • î trochanter dans la quatrième, celui du petit dans h, treizième. De dù-sep à ^ huit ans , le petit trochanter, puis le grand s’unissent à la diaphyse; ’Ùnion d ° L lefe ne se fait qu’un an plus tard. L’extrémité inférieure et le corps sUsoudent il vmg a Vingt-deux ans. Chez le vieillard le tissu spongieux du col du fémur subit ' raréfaction qui lui donne une grande fragilité. SU*J,t ulle

!0 ~ bllc commence a s’ossifier en général dans la troisième année.

-, • °, ‘ !a‘ r ,Le l,oh!f' osseilx du corps paraît dans la septième semaine l p T1u i cpip iypaire de 1 extrémité supérieure paraît à la fin du neuvième mois ' Celui de Un! tremite inferieure ne se forme que dans la deuxième année. Un troSe 1 complementaire parait à treize ans pour la tubérosité atitérieme du h) sTT

œTzsætssr L’exirém;té inférieure - ^

ans, 1 cxli ennte supérieure de vingt et un à vingt-deux ans.

Beallms cl Bolciiaeu.

()7,S EMBRYOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DE L HOMME

T)' Péroné. — H présente trois points d’ossification : un pour le corps, qui se forme immédiatement après celui du tibia ; un pour l’extrémité supérieure, qui paraît dans ht deuxième année; un pour l’extrémité inférieure , qui se montre dans la quatrième. L’épiphvse inférieure se soude au corps de dix-neuf a vingt ans, la supéiieuie un ou

deux ans plus tard.

( jo Os du tarse. — Les points d’ossification des divers os du tarse paraissent aux époques suivantes : calcanéum, sixième mois; astragale, septième mois ; cuboïde , immédiatement après la naissance; troisième cunéiforme, un an; premier cunéiforme, trois ans; second cunéiforme , quatre ans ; scaphoïde, quatre a cinq ans. Un point épiphysaire paraît à neuf ou dix ans pour la partie postérieure du calcanéum et se soude au resté de 1 os de quinze a seize ans.

7o Métatarsiens. — Les points d’ossification des corps se montrent dans la huitième ou la neuvième semaine. Les points épiphysaires, qui pour les quatre derniers métatarsiens occupent les extrémités antérieures et pour le premier l’extrémite postérieure , paraissent vers la quatrième année et se soudent au corps de dix-liuit a

vingt ans.

8° Phalanges. — Les points d’ossification des corps se forment dans la lieux ièinc ou dixième semaine. Les points épiphysaires des extrémités postérieures paraissent dans la sixième année et se soudent au corps de dix-sept à vingt ans.

Dans les os du bras et de l’avant-bras, les épiphyses les plus rapprochées du coude s'ossifient les dernières et se réunissent les premières au corps de 1 os, tandis que c’est l’inverse pour les os de la cuisse et de la jambe par rapport au genou. La soudure des épiphyses au corps de l’os commence en général par l’épiphyse vers laquelle

se dirige le canal nourricier de Los.

§ II. — Développement des muscles.

Les muscles sont visibles chez l’homme au deuxième mois (sixième ou septième semaine). Au point de vue de leur développement, les muscles du corps peuvent être divisés en quatre groupes : muscles vertébraux, muscles viscéraux (muscles des parois ventrales et thoraciques , muscles du cou et des mâchoires) , muscles des extrémités, muscles cutanés.

Les muscles vertébraux se développent aux dépens des lames musculaires des protovertèbres.

Les muscles viscéraux proviennent aussi des protovertèbres, par une poussée qm se fait d’arrière en avant dans les parois latérales du corps de l’embryon; ils n atteignent la ligne médiane antérieure du corps qu au quatiième mois.

* Quant aux muscles des extrémités , 011 n’a pas encore déterminé d'une façon précise leur mode de développement.

Les muscles cuhmés'proviennent des lames>itanées du feuillet moyen du blastoderme.

Le développement du diaphragme est très-obscur et paraît lié au développemenl tles poumons et de la plèvre.

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