CHAPITRE III
ANOMALIES ABTÉBIELLES (1)
Nous ne comprenons sous ce nom que les variétés du système artériel normal ; les développements pathologiques que certains troncs peuvent présenter, ou le développement de vaisseaux nouveaux, dans certaines tumeurs, sont du domaine de l’anatomie pathologique. Il en est de même des modifications de la circulation artérielle dans les cas de monstruosités foetales.
Les anomalies artérielles peuvent être groupées ;
l» Artères surnuméraires (un trop grand nombre d’intercostales, p. ex.) ;
2“ Artères qui font défaut ; le district de nutrition d’une artère voisine s’étend alors plus loin (intercostale supérieure qui descend plus bas que le deuxieme espace et remplace une ou deux intercostales aortiques) ;
3o Variétés d’origine; a) origine sur le tronc nomal, mais plus ou moins rapprochée du coeur que d’habitude ; h) origine sur un autre tronc que le tronc normal ;
4» Variétés de calibre ;
5“ Variétés de parcours reliées d’ordinaire aux variéte's d’origine.
Les anomalies artérielles, d’apparence si irrégulières, peuvent presque toujours se rattacher à deux causes : 1" au développement anormal d’une anastomose normale, comme déjà nous l’avons fait remarquer pour l’obturatrice et l'épigastrique; 2“ à la pemstance d’un des vaisseaux des circulations ombilicale ou placentaire qui normalement doivent disparaître, ou au développement anormal d’un vaisseau persistant de ces circulations.
Quelques anomalies que l’on ne saurait faire rentrer dans l’un de ces deux groupes se rapportent aux types d’autres séries ou d'autres classes d'animaux.
11 n’en existe qu’une. — Iæs deux existent, mais l’une est très petite et suppléée par l'artère du côté opposé. — Les deux ont une origine commune ou naissent sur un point plus rapproché que dans l’état normal. — Il existe des artères coronaires accessoires toujours plus petites.
Crosse de l'aorte
Pour se rendre compte de toutes les variétés que présente la crosse de l’aorte et les artères qui en partent, il est nécessaire de se reporter au développement du tronc aorti-
(*) Toutes les recherches personnelles que j'avais entreprises pour ce chapitre ayant été détruites à Strasbourg pendant le bombardement par l’armée prussienne (août et sept. 1870), j'ai dû m’en référer aux travaux des autres; c'est le résumé de Henle que j’ai suivi.
ANOMALIES ARTERIELLES
que et à la circulation primitive. C’est toujours en ce cas un ou plusieurs arcs aortiques qui persistent, qui se développent anormalement, tandis que d’autres disparaissent. Nous renvoyons à l’Embryologie pour le développement normal de l’aorte et de ses grosses branches.
Sans parler des arrêts de développement dans lesquels, par exemple, le cœur reste simple, sans cloison ventriculaire, ou avec une cloison incomplète, nous arrivons tout de suite aux variétés des gros vaisseaux, car tous les cas précédents appartiennent en réalité à la tératologie.
1. IRRÉGULARITÉS DANS LE DÉVELOPPEMENT DES QUATRIEME ET CINQUIÈME ARCS AORTIQUES, ET DES RACINES DE l’aORTE ASCENDANTE ET DESCENDANTE
lo Le quatrième arc aortique reste perméable des deux côtés, ainsi que les racines de l’aorte ascendante et descendante, les rameaux de communication entre les quatrième et cinquième arcs aortiques persistent.
Cet état, normal chez les Chéloniens, détermine chez l’homme une sorte de collier artériel dans l’intérieur duquel passent la trachée et l’œsophage.
V aorte ascendante peut être double ; chacune de ses racines donne la sous-clavière et la carotide, puis elles se réunissent en un tronc commun qui constitue l’aorte descen-
L’aorte ascendante est normale, mais la crosse aortique est double et constitue un anneau dans lequel passe la trachée et l’œsophage, ou la trachée toute seule. Les deux branches de la crosse de l’aorte sont inégales, l’antérieure est d’habitude moins développée que la postérieure ; elles se réunissent à plus ou moins grande distance et deviennent l’aorte descendante.
2° La racine droite de l’aorte ascendante, le quatrième arc aortique du même côté et la branche de réunion entre le quatrième et le cinquième arcs restent perméables à droite, tandis que du côté gauche ces vaisseaux s’oblitèrent tous ou en partie; la racine gauche de l’aorte descendante peut être oblitérée ou rester perméable.
Dans tous ces cas, l’aorte se dirige à droite, croise la bronche droite et longe îe côté latéral droit de la colonne vertébrale, jusqu’à une hauteur variable, mais qui ne dépasse pas d'ordinaire l’ouverture aortique du diaphragme.
Le canal artériel reste volumineux, donne naissance à la sous-clavière gauche et se continue avec la racine droite de l’aorte descendante; dans ce cas la sous-clavière gauche semble naître de l’aorte descendante.
Le canal artériel est rétréci, mais perméable; il s'ouvre: a) dans la sous-clavière gauche, les branches naissent successivement dans l’ordre suivant: tronc brachio-céphalique gauche, carotide droite, sous-clavière droite; b) dans un tronc brachio- céphalique gauche, les branches se suivent ainsi T r BGg. ; G d.; SG d.
Le canal artériel est oblitéré, il aboutit à la sous-clavière gauche qui naît d’un tronc brachio-céphalique gauche représentant dans ce cas le quatrième arc aortique et le rameau de communication entre ce dernier et le cinquième. Même série de branches que dans les deux cas précédents.
Le canal artériel aboutit à l’aorte qui descend à droite de la colonne vertébrale. La série des branches est T r BG g. ; G d. et SG d. ou encore Tr BG g. qui donne la carotide droite et SG d. — 11 peut se faire que la crosse aortique se recourbe au-dessus de la bronche droite, passe entre la trachée et l’œsophage, en même temps que le canal artériel naît de la division gauche de l’artère pulmonaire ; la trachée est alors comprise dans ces anneaux vasculaires (en avant le tronc de l’artère pulmonaire, à droite et en arrière l’aorte, à gauche le canal artériel). L’aorte ascendante donne naissance.à un tronc commun très court qui se divise en troncs brachio-céphaliques droit et gauche.
Quand la racine gauche de l’aorte descendante, au lieu d’être oblitérée comme
ANGÊIOLOGIE
dans les cas précédents, reste perméable, que la racine gauche de l'aorte ascendante, le quatrième arc aortique du même côté ainsi que la branche de réunion entre les quatrième et cinquième arcs de ce côté sont perméables, mais très rétrécis.
L’aorte se dirige à droite et la série des branches est la suivante: C d. et g. et SG d. variables d’origine, SG g. naît la dernière par un gros tronc qui passe en arrière de l’œsophage; ce tronc n’est autre chose que la racine gauche de l’aorte descendante restée perméable, le canal artériel oblitéré vient s’y rattacher. Il peut se faire que dans des conditions analogues on trouve un tronc brachio-céphalique gauche qui naît le premier, puis une carotide droite et une sous-clavière droite.
Quand les racines gauches de l'aorte ascendante ou descendante sont oblitérées, ainsique le quatrième arc aortique gauche et la branche de réunion entre ce dernier et le cinquième. (Gas cité par Panas.) Iæ crosse aortique donnait la G d. et SG d. A la hauteur de la sixième vertèbre dorsale, l’aorte thoracique émettait un gros tronc, puis sortait de la poitrine par le cinquième espace intercostal gauche, y rentrait par le deuxième et fournissait les intercostales du premier jusqu’au cinquième espace. Ge tronc remontait, et, au niveau de la première côte, il se divisait en G g. et SG g. Il est évi ■ dent que dans ce cas, en raison de l’oblitération du quatrième arc aortique et des racines gauches de l’aorte ascendante et descendante, il a fallu que par l’élargissement d’une anastomose la circulation se soit rétablie du côté gauche.
3o Le quatrième arc aortique gauche et la branche d'union entre le quatrième et le cinquième arcs gauches sont oblitérés ; le cinquième arc aortique gauche est perméable ainsi que la racine gmche de l’aorte descendante.
En ce cas l’aorte ascendante donne la SG d., la G d. et la C g..; le canal artériel reste perméable et s’abouche dans l’aorte descendante dont part la sous-clavière gauche. Get étata été observé une fois pai' Greig sur un fœtus.
4o La sous-clavière gauché est la continuation du cinquième arc aortique gauche.
G’est le canal artériel qui tantôt se prolonge et devient la sous-clavière, ou encoie, comme dans un cas de Gruveilliier, cette dernière semble partir de l'artère pulmonaire.
5“ Le quatrième arc aortique droit, sa branche de communication avec le cinquième du même côté sont oblitérés, la racine droite de l'aorte descendante est perméable.
Les artères se suivent de la manière suivante : C d. G g. SG g. et SG d. La sous-clavière droite représente la racine droite de l’aorte descendante, elle se dirige en haut et à droite, passe derrière l’œsophage pour reprendre ensuite son trajet normal
IL IIlRÉGULA.aiTÉS DANS LE DÉVELOPPEMENT DES BRANCHES DU QUATRIÈME ARC AORTIQUE
L’on sait que dans le développement normal l’anastomose entre les quatrième et troisième arcs aortiques des deux côtés devient la carotide primitive; que la racine droite de l’aorte ascendante et le quatrième arc aortique droit deviennent la sous-clavière droite, et que le quatrième arc aortique gauche devient la crosse de l’aorte d’où part la sousclavière. L’on voit donc que les branches de la sous-clavière des deux côtés sont des branches du quatrième arc aortique. Par suite du développement fœtal, des divisions d’un même tronc peuvent naître directement de l’aorte, deux troncs peuvent se réunir, se souder et ne former qu’un tronc commun ; la distance qui sépare l’origine de deux troncs sur l’aorte peut être diminuée ou augmentée. Il eu résulte que le nombre des branches qui partent de la crosse peut être augmenté, diminué ou rester jiormal, mais que dans CO cas l'ordre dans lequel naissent les branches peut varier et que même on en voit provenir des rameaux accessoires.
1“ Le nombre des branches est diminué,
a) L'aorte ne donne qu’un tronc plus ou moins long qui so divise plus loin en TBG, G g. SG g.
b) L’aorte donne deux troncs brachio-céphaliques, l’un gauche, l'autre droit, qui émet-
ANOMALIES ARTERIELLES
lent chacun une carotide et une sous-clavière, ou bien l’un des deux donne les deux carotides et l’autre les deux sous-clavières. — L’on voit encore très fréquemment le tronc brachio-céphalique droit fournir la carotide et la sous-clavière droite en même temps que la carotide gauche qui en ce cas croise la face antérieure de la trachée. — Un Ironc brachio-céphalique gauche qui donne naissance aux deux branches gauches et à la carotide droite; dans ce cas c'est cette dernière artère qui croise la trachée, la sousclavière droite naît directement de l’aorte. — Une carotide droite et un tronc brachiocéphalique gauche ; la sous-clavière droite naît de l’aorte thoracique et croise la face postérieure de la trachée.
2“ Le nombre des branches est normal, mais leur disposition est anormale.
A) La crosse de l’aorte est dirigée à gauche.
Les branches se suivent dans l'ordre suivant : a) SG d. ; G d. ; Tr BG g.
b) Tr BG d.;SG g. G g.
c) SG d. ; tronc commun pour les deux carotides primitives ; SG g.
d) Tronc commun pour les deux carotides primitives, SG g. ; SG d. (Gette dernière passe soit au-devant de la trachée, soit en ariière de l’œsophage.
e) Tronc commun pour les deux carotides primitives, SG d. ; SG g.
f) Le tronc brachio-céphalique droit donne naissance à la G d. ; h la SG d. et à la G g. ; puis vient la vertébrale gauche et enfin la sous-clavière gauche.
g) Gomme dans le cas précédent ; seulement la vertébrale gauche ne naît qu’après la sous-clavière gauche.
B) La crosse de l’aorte est dirigée à droite comme dans la division I. Les branches se suivent dans l’ordre suivant;
a) Tronc BG g ; G d. ; SG d.
b) G g. ; G d. ; SG d. ; la SG g. naît du canal artériel ou plus bas encore.
c) SG d. ; G d. ; G g. ; la SG g. comme dans le cas précédent.
S" Le nombre des branches est augmenté.
A) Il y a quatre branches. — ( Le tronc brachio-céphalique n’existe pas et ses deux divisions naissent isolément.) Les branches peuvent se succéder dans l’ordre suivant :
a) SGd.;Gd. ; Gg.; SGg.
b) G d. ; SG d. qui passe derrière la précédente ; G g , SG g.
c) G d. ; G g. ; SG d. qui passe entre les doux carotides ou en arrière d’elles et SG g.
d) Dans des cas appartenant à la division 1, quand la racine droite de l’aorte descendante persiste ; les branches se suivent ; G d. ; G g. ; SG g. ; et SG d. qui représente cette racine.
e) Quand la crosse de l’aorte passe par-dessus la bronche droite, on trouve C g. : G d. ; SG d., SG g.
f) Une vertébrale, d’ordinaire celle du côté gauche, naît de la crosse aortique entre la carotide gauche et la sous-clavière gauche, ou entre les deux sous-clavières. La vertébrale gauche peut en ce cas naître directement de la crosse ou encore par deux racines dont Tune provient delà crosse et l’autre delà sous-clavière.
%) Il y a cinq branches. — a) (Le rameau de communication entre les troisième et quatrième arcs aortiques est oblitéré.) Les carotides interne et externe naissent isolément et directement de la crosse; ce cas n’a été signalé que pour le côté droit; les branches se suivent : SG d. ; G ext. d. ; G int. d. ; G primit. g. ; et SG g.
b) Les trois troncs normaux naissent de la crosse qui donne aussi naissance aux deux vertébrales.
c) Le tronc brachio-céphalique fÿit défaut; les branches peuvent se suivre des quatre manières suivantes ; SG d. ; G d. ; G g. ; Vert. g. ; SG g. ; — G d, ; G g. ; Vert. g. ; SG g. ; SG d. ; — G d. ; G g. ; SG g. ; Vert. g. ; SG d. qui passe derrière l’œsophage. — G g, ; G d. ; Vert. d. SG d. ; SG g. qui passe derrière l’œsophage quand la crosse aortique se recourbe sur la bronche droite .
G i 11 y a six branches.
ANGÉIOLOGIE
a) La crosse de l’aorte est double et donne de chaque côté naissance à la sous-clavière, à la carotide externe et à la carotide interne.
b) Les branches se suivent ainsi ; SG d. ; Vert. d. ; G d. ; G g. ; Vert. g. ; SG g.
4“ Outre les gros troncs, la crosse de l'aorte donne naissance à des vaisseaux accessoires.
a) La mammaire interne du côté droit naît de la crosse à côté du tronc b rachio -céphalique droit.
b) La thyroïdienne inférieure droite naît isolément de la crosse ou par un tronc commun avec la thyroïdienne inférieure gauche entre le tronc brachio-céphalique et la carotide gauche.
c) Une thyroïdienne moyenne de Neubaner naît de la crosse entre le tronc brachiocéphalique et la carotide gauche, ou entre la carotide gauche et la sous-clavière gauche. — Gelte artère surnuméraire, dont l’existence est si importante au point de vue chirurgical, peut naître encore du tronc brachio-céphalique, de la carotide droite d’une des sous-clavières, de la tyroïdienne inférieure, de la carotide gauche, de la mammaire interne.
Tronc brachio-céphalique
Ge tronc peut être très court ou s’allonger, il peut atteindre jusqu’au niveau du corps thyroïde. — 11 peut naître très près de la ligne médiane et recouvrir en partie la trachée, ou se diriger d’abord vers la gauche, passer ensuite en arrière de l’œsophage et de la trachée pour gagner le côté droit.
Le tronc brachio-céphalique peut donner naissance à la vertébrale droite, à la thyroïdienne moyenne, à un tronc d’où partent toutes les branches de la sous-clavière, à la mammaire interne droite, à une bronchique, à une carotide accessoire qui remonte parallèlement à la carotide primitive et donne des branches à la carotide externe.
Carotides primitives
Elles peuvent naître par un tronc commun. — Quand le tronc brachio-céphalique naît plus à gauche que normalement, la carotide droite croise la trachée en avant. — Quand elle naît directement de la crosse, elle peut passer en arrière de l’œsophage.
La carotide primitive peut être plus courte.
Giovanardi vient de signaler un cas où les carotides primitives droite et gauche se divisaient 0,05 plus bas qu’à l’ordinaire.
— Elle peut être plus longue et ne se diviser qu’au niveau de l’apophyse styloïde ; elle fournit en ce cas une partie des branches de la carotide externe et se divise en carotide interne et en tronc commun pour la temporale superficielle et la maxillaire interne.
Elle peut donner naissance à droite à la vertébrale (ce fait se produit quand la SG est la dernière branche qui part de la crosse aortique et passe en arrière de l’œsophage) . — La carotide gauche peut donner naissance à la vertébrale gauche.
La thyroïdienne inférieure peut en provenir ainsi que la thyroïdienne supérieure.
Elle peut manquer et ses branches naître de la carotide primitive, — elle peut être très grêle, tandis que la tyroïdienne supérieure est très développée.
Elle peut donner naissance à une thyroïdienne supérieure accessoire qui elle-même peut fournir la dorsale de la langue ; à des pharyngiennes ascendantes accessoires; à une transverse de la face accessoire.
Thyroïdienne supérieure
Elle peut manquer ou être très grêle ; elle est remplacée alors par celle du côté opposé eu par la thyroïdienne inférieure du même côté.
La laryngée supérieure peut pénétrer dans le larynx entre les cartilages thyroïde et cricoïde ou par une ouverture percée dans le premier ; elle peut fournir la crico-thyroïdienne.
ANOMALIES ARTERIELI.ES
La vrico-thyroïdienne peut provenir de la thyroïdienne inférieure ou de la thyroïdienne supérieure ; elle peut être très développée à droite et très grêle à gauche ; elle peut envoyer un fort rameau descendant à l’isthme du corps thyroïde.
Linguale
On l’a vue passer entre le mylo-h3-oïdien et le ventre antérieur du digastrique et gagner ainsi le niveau du menton ; là elle traversait le muscle mylo-hyoïdien, passait entre le génio-hyoïdien et l’hyo-glosse, se recourbait en arrière, longeait le côté latéral du génio-glosse et pénétrait dans le parenchyme de la langue. — Elle peut aussi se terminer à la racine de la langue et être remplacée par une branche de la maxillaire interne ; elle .peut naître par un tronc commun avec la faciale; son rameau hyoïdien peut être remplacé par un rameau de la crico-thyroïdienne ; les deux dorsales de la langue se réunissent en un tronc commun médian qui chemine sous la muqueuse et peut gagner la pointe de l’organe.
La linguale peut quelquefois donner naissance à la laryngée supérieure et à la palatine ascendante.
Faciale
Elle est très souvent fort grêle et ne dépasse pas l’angle de la bouche, d’autres fois elle est très forte et l’angulaire est très développée. On a vu ses branches être fournies par la transverse de la face ou par des rameaux de la maxillaire interàe.
Le fasciale peut quelquefois donner naissance à la pharyngienne ascendante ; à la maxillaire interne (Quain) ; à la sublinguale.
La sous-mentale peut manquer et être remplacée par la sublinguale, à laquelle d’autres fois elle donne naissance.
Les coronaires labiales peuvent manquer d’un côté et être remplacées par celles du côté opposé; elles peuvent être doubles.
Son origine est quelquefois au-dessous de celle de la faciale ; d’autres fois elle passe superficiellement au-dessus du sterno-cléido-mastoïdien ; on l’a vue s’anastomoser avec la vertébrale par un rameau très fort.
Elle peut donner la pharyngienne ascendante ; l’occipitale gauche a été vue fournissant des branches accessoires à la sous-clavière et à la thyroïdienne inférieure gauche.
ün rameau pariétal de l’occipital traverse le trou pariétal, arrive à la dure-mère et s'anastomose avec la méningée moyenne; un rameau terminal pénètre par la suture mastoïdienne et gagne le diploé, d’où il ressort plus loin (Hyrti,).
Elle donne quelquefois la transverse de la face ; son rameau mastoïdien est parfois très développ*fe et remplace en partie l’occipitale.
Maxillaire interne
Elle peut manquer et être remplacée par la faciale ; dans son trajet elle traverse quelquefois le muscle ptérygoïdien externe. On l’a vue remplacer en partie la temporale superficielle ; donner un rameau qui se dirige vers la langue et se divise en sublinguale et linguale profonde. Quain cite un cas dans lequel la maxillaire interne fournissait deux rameaux très forts qui pénétraient dans le crâne par les trous ovale et grand rond et remplaçaient la carotide interne.
La méningée moyenne émet quelquefois par son rameau antérieur une branche d’origine de l’ophthalmique ou encore la lacrymale.
La sous-orbitaire peut se terminer au niveau du milieu du canal sous-orbitaire; son rameau terminal peut être très développé et s’anastomoser avec la terminaison de la nasale en remplaçant ainsi la partie supérieure de la faciale.
Temporale superficielle
Elle est grêle, quand la transverse de la face provient de la faciale ; d’autres fois, au
456 ANGÉIOLOGIE
contraire elle est très développée, et sa branche antérieure peut s’anastomoser avec des rameaux de l’ophthalmique.
La transverse de la face peut venir de la faciale ou de l’auriculaire postérieure, d’autres fois, elle est très développée et donne les branches de l’aile du nez et même les coronaires labiales.
Carotide interiio
On a vu la carotide interne du côté droit manquer et être remplacée par des rameaux de celle du côté gauche ; on a vu encore celle du côté gauche faire défaut et être remplacée par des branches de la maxillaire interne, en même temps que la carotide interne droite était très développée. Hyrtl l'a vue très rétrécie au point de n’être que le l;2 de la, la vertébrale.
Elle donne quelquefois : une laryngée ; la pharyngienne ascendante ; l’occipitale ; la linguale; la transverse de la face; une méningienne accessoire; la centrale de la rétine.
Tantôt on a vu la carotide interne droite fournir les cérébrales moyennes des deux côtés, et réciproquement ; tantôt l’une des carotides fournissait les cérébrales antérieures des deux côtés et l’autre les deux cérébrales moyennes. On a vu encore la carotide interne donner naissance à la cérébrale postérieure.
, Ophthalmiqui'
Naît dans quelques cas rares déjà au niveau du cou. — Peut naître par deux l'acines entre lesquelles se trouve le nerf optique ; reçoit une racine accessoire de la méningée moyenne.
La centrale de la rétine naît fréquemment par deux l’acines.
La lacrymale peut être fournie par la méningée moyenne ou même par la temporale profonde antérieure.
La sus-orbitaire est souvent fournie par la lacrymale.
l^a nasale peut faire défaut d’un côté et être remplacée par un rameau venu de celle du côté opposé (ce rameau croise alors la racine du nez).
In'coronato a signalé un cas où la communiquante postérieure était double à droite.
Elle peut manquer tout à fait ou être remplacée par un rameau de la cérébrale moyenne. Très souvent celle d’un côté est plus développée que l’autre.
Arnold l’a vue manquer à gauche et être remplacée par des petits rameaux anastomotiques. Duret a vu les deux cérébrales antérieures venir du même tronc carotidien.
La communicante antérieure peut être double, ou encore, les deux cérébrales antérieures peuvent se rapprocher l’une de l’autre et constituer un tronc commun analogue à la basilaire.
11 est évident que, lorsque l’origine de la sous-clavière est anormale, comme nous l’avons vu plus haut, son trajet s’écarte également de la normale. Nous avons déjà signalé un grand nombre de ces anomalies dont le trajet est en rapport avec les différentes origines de l’artère ; nous ne nous occuperons ici que des anomalies que peut présenter le trajet de la sous-clavière quand son origine est normale.
Lorsque le tronc brachio-céphalique est très long, la sous-clavière remonte au-dessus de la clavicule et peut atteindre jusgu’à au-dessus de sa hauteur régulière. —La
sous-clavière peut passer avec la veine du même nom au-devant du scalène antérieur, comme aussi l'artère peut être accompagnée de sa veine dans son trajet entre les deux scalènes; il peut se faire encore que la veine occupe la place normale de l’artère et réciproquement. — L’artère peut passer à ti'avers une fente que lui présente le scalène antérieur ; elle peut encore se diviser à ce niveau en deux branches qui se réunissent plus
ANOMALIES ABTERIEI-LEg 457
loin en formant une sorte d’anneau dans l’intérieur duquel se trouve le muscle scalène antérieur.
D’autres fois elle passe entre les faisceaux du scalène postérieur, et entre les deux scalènes se trouve alors une grosse blanche du plexus brachial.
La sous-clavière peut encore ■ se diviser en deux branches, artère axillaire et artère humérale qui plus loin s’anastomosent au moyen d’une branche transversale d’où partent la radiale et la cubitale. — On l’a vue encore se diviser directement en radiale et en cubitale sans tronc axillaire. L’origine de ses branches : thyroïdienne inférieure cervicale ascendante, scapulaire transverse, première intercostale, cervicale profonde, est quelquefois plus rapprochée du cœur que dans l’état normal.
La sous-clavière donne quelquefois une vertébrale accessoire qui pénètre par le canal vertébral de la région. — La sous-clavière droite donne quelquefois un tronc commun pour les deux thyroïdiennes inférieures, d’autres fois on la voit émettre une thyroïdienne inférieure accessoire et quelquefois une thyroïdienne moyenne. — Elle fournit aussi quelquefois des mammaires internes accessoires ; plus fréquemment un tronc commun pour la mammaire interne, la thyroïdienne inférieure et la cervicale transverse. — Blandin lui a vu émettre une mammaire latérale.
Quand la vertèbre naît de la crosse de l’aorte ou de la carotide primitive, elle peut monter parallèlement à cette dernière et rester en dehors du canal vertébral. — Elle peut s’engager dans le canal des apophyses transverses en pénétrant par l’otiverture de la septième, do la cinquième, de la quatrième, de la troisième et même <le la deuxième vertèbre cervicale ; dans ces derniers cas elle remonte en arrière de la carotide primitive jusqu’au voisinage de sa division et n’eu est séparée que par une mince lame de l’aponévrose cervicale. — Demarquay a fait remarquer que, lorsque la vertébrale ne s’engage dans le canal des apophyses transverses qu’au niveau de la quatrième cervicale, elle est accompagnée- par la thyroïdienne inférieure qui lui est accolée. — On a vu la vertébi-ale ressortir de son canal entre la troisième et la deuxième cervicale, se porter en arrière en décrivant une courbe et rentrer dans le canal de l’atlas.
Le calibre des deux vertébrales peut être différent, c’est d’ordinaire celle de droite qui est la moins développée.
On a vu la vertébrale fournir la thyroïdienne inférieure, l’intercostale supérieure, la cervicale profonde. Quand la cervicale profonde fait défaut, la .vertéln-ale donne des rameaux accessoires qui la remplacent. — Elle fournit, mais l’arement, l’occipitale.
La spinale antérieure gauche manque quelquefois et est remplacée pai' une l)ranche venue de celle du côté droit.
La spinale postérieure provient souvent de la cérébelleuse inférieure et postérieure.
1æ cérébelleuse inférieure et postérieure manque souvent à gauche.
Basilaire. Ce tronc peut manquer et les deux vertébrales cheminer isolément bien que i-eliées par des branches transversales. On a vu la basilaire passer pai- un trou du dos do la selle turcique.
La cérébelleuse inférieure et antérieure manque souvent; d’autres fois elle prend naissance de la cérébrale postérieure.
La cérébrale postérieure gauche manquait dans un cas cité par- Hyrtl et était remplacée pai- une cérébelleuse supérieure accessoire. Duret a vu la cérébi'ale postérieure naitre de la carotide du même côté.
Mammaire interne
Elle peut naître plus ou moins près du scalène antérieur. Son trajet initial varie alors: tantôt elle se porte d’abord en haut, tantôt en dedans pour gagner définitivement sa direction normale. Ou l’a vue sortir de la poitrine par le quatrième espace intercostal, contourner la face antérieure du cinquième cartilage intercostal et i-entrer dans le
Dans quelques cas elle donne une thyroïdienne moyenne qui remonte derrière la pre-
ANGÉIOLOGIE
mière pièce du sternum, sur la face antérieure de la trachée et gagne le corps thyroïde. — La mammaire interne naît souvent par un tronc commun avec la thyroïdienne inférieure. — Il existe quelquefois des mammaires internes accessoires qui accompagnent le tronc normal.
La mammaire interne donne souvent naissance à une mammaire interne latérale qui longe la face interne des 4-6 premières côtes et qui s’anastomose par des l'ameaux avec les intercostales correspondantes.
Cruveilhier a vu la troisième intercostale antérieure assez volumineuse pour constituer une division du tronc de la mammaire.
La diaphragmatique supérieure peut être très développée.
La branche interne de terminaison de la mammaire peut s’anastomoser avec celle du côté opposé par un rameau transversal situé au-devant ou en arrière de l’appendice xiphoïde. Disposition normale par des rameaux grêles.
Elle peut manquer ; son calibre peut varier, suivant qu’elle ne fournit qu’au premier espace ou qu’elle s’étend jusqu’au quatrième.
Elle donne assez souvent la cervicale profonde (Henle considère cette disposition comme normale); on en a vu naître aussi la vertébrale, et une mammaire latérale.
Thyroïdienne inférieure
Très fréquemment cette ai’tère naît par un tronc commun avec la sus-scapulaire et la cervicale transverse ; cette disposition est même acceptée comme la règle par quelques anatomistes, qui décrivent alors un tronc thyro-cervical.
La thyroïdienne inférieure gauche peut naîti e par un tionc commun avec sa congénère du côté droit, elle croise alors la trachée. — Elle peut manquer d’un côté ou des deux côtés ; dans ce dernier cas elle peut être remplacée par une thyroïdienne moyenne.
Elle donne quelquefois une branche d’origine accessoire à la vertébrale; on a vu la thyi’oïdienne droite émettre un rameau qui descend vers le thorax en longeant la trachée, croise la face antérieure de ce conduit, se recourbe vers le haut et remplace la tliyroïdienne gauche. Cette artère fournit quelquefois la crico-thyroïdienne, d’autres fois l’intercostale supérieure ; la cervicale profonde ou la sous-scapulaire en proviennent.
Chez un enfant qui présentait une absence de l’isthme du lobe gauche du corps thyroïde, Tschaussotf a vu la thyroïdienne inférieure gauche s’anastomoser à plein canal avec la droite, au-dessous du corps thyroïde.
La cervicale ascendante peut être très développée et remplacer la cervicale profonde.
' Axillaire
L’axülaire donne quelquefois à droite un tronc commun d’où naissent la thyroïdienne inférieure et la cervicale ascendante, tandis qu’à gauche elle fournit la mammaire interne.
On la voit souvent émettre un seul tronc d’où partent toutes ses branches collatérales, la sous-scapulaire; les circonflexes et même l’humérale profonde, on a vu aussi la grande thoracique naître de ce tronc commun.
D’autres fois ce tronc commun est moins développé et deux ou trois branches seulement en proviennent, mais toujours la sous-scapulaire en fait partie.
Très souvent toutes les autres branches naissent normalement, mais les deux circonflexes ont une origine commune.
Il n’est pas rare de voir l’axillaire fournir un rameau accessoire destiné aux ganglions lymphatiques de l’aisselle.
L ’axülaire se divise souvent directement en radiale et en cubitale ; d’autres fois elle fournit le tronc des interosseuses; quelquefois aussi elle peut donner l’humérale profonde.
Vacromio- thoracique fournit quelquefois la grande thoracique.
Elle peut manquer et être remplacée par des branches de la sous-scapulaire. Elle
ANOMALIES ARTERIELLES
est souvent au contraire très développée et remplace à son tour en partie la sous-scapulaire. Henle cite même un cas où la grande thoracique fournissait la cubitale.
Très souvent cette artère est accompagnée de branches accessoires ; comme nous l’avons dit plus haut, elle peut naître de l’axillaire par un tronc commun avec les autres branches collatérales. On l’a vue fournir l’humérale profonde, ou la grande thoracique et même envoyer une racine accessoire à la radiale.
Circonflexes humérales
Elles naissent très souvent par un tronc commun.
Humérale
Quand la disposition des muscles du bras n’est pas normale, l’humérale présente nécessairement des rapports anormaux ; c’est ainsi qu’elle peut être recouverte par des chefs accessoires du biceps ou du rond pronateur, ou par une lame tendineuse du coracobrachial.
Le nerf médian est quelquefois, dans toute la longueur du bras, situé en arrière de l’artère. Il peut encore se faire qu’au tiers inférieur du bras le nerf, au lieu de croiser la face antérieure de l’artère, passe en arrière d’elle.
Une planche de Bourgery et Jacob représente l’artère humérale perfoi ant à son extrémité inférieure l’aponévrose brachiale et se divisant en radiale et en cubitale qui restent superficielles et cheminent entre la peau et l’aponévrose.
L’humérale se divise souvent un peu au-dessous de la ligne interarticulaire.
Elle peut se diviser au-dessus de cette ligne : c’est alors la variété connue sous le nom de division prématurée de l’humérale. Cette division peut se faire soit au niveau de sa partie supérieure, soit en un point quelconque de son trajet. Les deux branches sont souvent alors réunies par une anastomose transversale au niveau du pli du coude. Dans quelques cas l’une de ces branches donne l’humérale profonde et i’autre les collatérales. Assez fréquemment l’humérale, au lieu de fournir deux branches de calibre normal, n’en fournit qu’une volumineuse qui suit le trajet de l’humérale et se divise au pli du coude en radiale et cubitale, tandis que la deuxième branche est grêle et va constituer ainsi une racine accessoire de l’uue des deux artères de l’avant-bras. 11 peut se faire encore que l’humérale, après s’être divisée, conserve néanmoins un tronc très grêle qui suit son trajet normal, arrive au pli du coude et devient le tronc commun des interosseuses. D’autres fois encore la division, au lieu de se faire très haut comme dans le cas précédent, ne se fait qu’un peu au-dessus du pli du coude et l’humérale se divise en trois branches, radiale, cubitale et tronc commun des interosseuses.
L’humérale donne assez souvent des branches accessoires dont l'une ou l’autre peut être très développée et représente par son calibre le tronc de l’artère qui, très grêle, occupe néanmoins sa position normale et se termine en s’anastomosant avec la cubitale venue du tronc accessoire. Dans d’autres cas les branches accessoires sont peu développées et descendent jusqu’au pli du coude, au-dessous de l’aponévrose pour s’anastomoser avec la cubitale, la radiale ou avec des branches de ces artères; elles constituent ainsi de véritables racines accessoires pour ces vaisseaux.
Toutes ces branches accessoires ne sont que des rameaux anastomotiques très déliés d’ordinaire qui se dilatent pendant la vie foetale.
Quant à la division prématurée de l’humérale, les recherches de Hyrtltende.it à prouver qu’elle est normale dans les premiers temps de la vie foetale et qu’elle persiste chez l’adulte parce que le tronc de l’huraérale ne s’est pas allongé proportionnellement à l’accroissement du membre supérieur.
L’humérale donne quelquefois la sous-scapulaire ou la circonflexe postérieure ; on l’a vue fournir au-dessous du tendon du grand pectoral, un véritable bouquet artériel composé de la radiale, de l’humérale profonde, des circonflexes, de la sous-scapulaire et de la cubitale. D’autres fois toutes les branches musculaires qu'elle fournit partent d’un tronc commun ; on a vu encore l’huinérale fournir une cubitale superficielle, située
ANGÉIOLOGII
immédiatement au-dessous de l’aponévrose, et qui s’anastomose plus ou moins haut avec la cubitale ; elle peut même atteindre jusqu’à la paume de la main.
L’humérale émet quelquefois directement la récurrente radiale, d’autres fois elle donne une artère médiane superficielle de l’avant-bras qui longe le grand palmaire et arrive avec le nerf médian jusqu’au carpe; d’autre fois encore elle peut fournir une récurrente cubitale, ou le tronc commun des interosseuses, ou l’une des interosseuses.
Ukumérale profonde peut être grêle et se terminer dans les muscles sans arriver jusqu’à l’articulation. — Elle donne quelquefois la circonflexe' postérieure ; Hyrtl l’a vue foui’nir la cubitale.
Radiale
Ijl collatérale interne peut être très développée, ou très grêle.
Nous avons vu plus haut les variétés d’origine que peut présenter cette artère ; nous allons indiquer maintenant les différences de trajet qu’elle présente dans ces différents
Quand la radiale prend son origine au côté interne de l’bumérale, elle se dirige vers le bas, croise plus ou moins haut la cubitale et vient au niveau du pli du coude reprendre sa position normale. La radiale, peut dans certains cas, perforer l’expansion aponévrotique du biceps ; d’autres fois elle est comprise dans un dédoublement de cette lame fibreuse.
Quand la radiale naît très haut, elle croise la face antérieure du biceps et gagne .ensuite son bord externe pour arriver au pli du coude ; elle peut encore passer en arrière de ce muscle pour gagner son bord externe ; d’autres fois on la voit accompagner le médian au-devant de l’humérale, qui dans ce cas est d’ordinaire très grêle et se termine par l’interosseuse.
11 peut se faire que la radiale soit très faible et ne fournisse que quelques rameaux musculaires. Elles est remplacée alors par l’interosseuse antérieure ; quand elle est un peu plus développée, on peut la voir atteindre jusqu’au niveau de la main, où elle s’abouebe dans une autre artère de l’avant-bras.
La radiale peut être au contraire très développée. Gomme nous l’avons vu plus haut, elle peut remplacer la brachiale, on l’a vue fournir alors les branches de cette dernière et même la sous-scapulaire et les circonflexes. Elle donne quelquefois aussi le tronc des interosseuses.
La radiale donne souvent, dès le milieu de l’avant-bras, naissance à la radio-palmaire:
On a vu la radiale pénétrer dans la paume de la main par le deuxième espace interos.seux; on l’a vue encore pénétrer normalement par le premier espace et s’anastomoser avec l’artère du nerf médian volumineuse, pour constituer l’arcade palmaire profonde.
La récurrente radiale est quelquefois très développée , elle peut donner nais.=ance à la récurrente radiale postérieure.
La radio-palmaire peut manquer et être remplacée par un rameau de l’interosseuse ou la cubitale ; d’autres fois elle est très développée et donne des artères collatérales palmaires au pouce et à l’index.
Pour les variétés d’origine de la cubitale, voir plus haut.
La cubitale née normalement peut être superficielle et cheminer à côté des veines cubitales supeidicielles — Quand elle est née prématurément et qu’elle est superficielle, elle ne fournit jamais le tronc des interosseuses.
La cubitale peut être très peu développée et ne pas atteindre jusqu’à la main.
Elle peut être très développée en raison du petit calibre des artères radiale et interosseuses correspondantes.
Tiedeman a vu la cubitale, la radiale et le tronc des interosseuses naître seulement au niveau du milieu de l’avant-bras.
La cubitale fournit souvent au niveau du pli du coude des récurrentes accessoire.? ;
ANOMALIES ARTERIELLES 4()1
au lieu d’uu tronc commun pour les interosseuses, elle donne souvent deux artères distinctes, interosseuses antérieure et postérieure.
Elle fournit souvent une artère du nerf médian qui peut être très développée, atteindre la paume de la main et remplacer en partie la radiale.
La dorsale cubitale du métacarpe peut donner des collatérales dorsales aux quatrième et cinquième doigts.
Tronc commun des in ter osseuses. — Pour scs variétés d’origine, voyez plus haut.
Quand il naît normalement, il peut être volumineux, envoyer des branches transversales de renforcement à la radiale et à la cubitale et fournir les différentes récurrentes. — L’interosseuse postérieure peut s’étendre jusqu’au dos de la main et s’anastomoser avec la radiale qui alors est très grêle ; elle peut encore perforer le deuxième espace intermétacarpien et contribuer à la foi'mation de l’arcade palmaire profonde en même temps qu'elle donne des collatérales aux deuxième et troisième doigts. Elle peut fournir une récurrente cubitale. On l’a vue aussi donner naissance à la radiale. — L’interosseuse antérieure peut manquer ou tirer son origine de la radiale quand la cubitale naît très haut. On l’a vue une fois se diviser au-dessus du poignet et donner une branche à la radiale et une autre à la cubitale. Elle descend quelquefois jusqu’à la paume de la main pour s’anastomer avec la radio-palmaire ou avec l’arcade palmaire superficielle. — L’artère du nerf médian est quelquefois très développée, accompagne le nerf jusque dans la paume de la main et fournit les artères digitales (les radiale et cubitale sont alors rudimentaires); d’autres fois elle prend part à l’arcade superficielle. Gomme nous l’avons dit plus haut, l'artère du nerf médian très développée peut devenir quelquefois superficielle et longer le tendon du grand palmaire, tantôt alors elle donne les collatérales palmaires des premiers doigts, tantôt au contraire elle s’anastomose avec l’arcade superficielle.
Pierron vient de faire un bon travail sur les artères du bras. Ses recherches confirment ce que nous avons dit sur les anomalies de ces artères, et ce que j’ai affirmé dans ma note à l’Académie au sujet de la fréquence de l’augmentation de volume des intei’osseuses.
Les artères de la main constituent par leur ensemble un véritable plexus anastomotique, il n’est donc pas étonnant qu’elles présentent un grand nombre d’anomalies suivant que tel rameau se développe aux dépens de tel autre, ou que telle partie intermédiaii'e s’atrophie.
Elle peut manquer ; les artères radiale et cubitale fournissent isolément les branches des doigts.
Elle peut être très grêle ; l’arcade profonde est alors très développée et fournit en grande partie les branches superficielles.
Elle peut être très développée grâce à un développement considérable de la radio-palmaire ; l’anastomose qu’elle envoie alors à la collatérale du pouce est très forte et superficielle, on la sent battre sous la peau.
Elle peut être double.
Arcade raliuaire profonde
Elle peut manquer en même temps que l’arcade superficielle.
Elle peut être très développée et donner une ou plusieurs artères intermétacarpieunes.
Aorte thoracique
Comme nous l’avons dit, elle peut longer le côté latéral droit do la colonne vertébrale, elle fournit quelquefois la sous-clavière droite, et d’autres fois la sous-clavière gauche. Assez souvent elle donne naissance à l’intercostale supérieure. On l’a vue fournir un tronc assez fort qui se portait au lobe inférieur du poumon droit. Ce tronc naissait au niveau de la sixième vertèbre dorsale, il fut pris pour une artère pulmonaire anormale, tandis qu'il n’était qu’un développement exagéré des bi-onchiques. Hyrtl a vu l’aorte tho-
ANGÉI0I,0GIE
racique donner, au niveau de la dixième vertèbre dorsale, une artère rénale droite qui accompagnait l’aorte dans son passage au travers du diaphragme et gagnait ensuite le rein en croisant le pilier du diaphragme.
Souvent le nombre de ces artères n’est pas normal et une ou plusieurs d’entre elles se divisent et fournissent à deux ou à trois espaces. Cette anomalie peut se présenter des deux côtés à la fois ou d’un côté seulement.
Elle peut passer avec l’œsophage à travers le diaphragme ; elle peut encore être située à droite de la veine cave inférieure qui la croise alors au niveau du diaphragme. — On a vu deux fois l’aorte abdominale fournir, à côté du tronc cœliaque, une artère bronchique volumineuse qui l’emontait à travers l’ouverture œsophagienne du diaphragme et se divisait dans la poitrine en branches destinées au poumon; s’anastomosait-elle comme on l'a soutenu avec l’artère pulmonaire?
L’aorte abdominale peut fournir directement les branches du tronc cœliaque, une mésentérique supérieure accessoire, des rénales accessoires, des spermatiques accessoires, l’hypogastrique droite, une ombilicale. Elle peut se diviser en iliaque primitive gauche et en hypogastrique et iliaque externe droites. On l'a vue donner au point de sa division une rénale accessoire.
Tronc cœliaque
11 peut manquer et ses trois branches naissent alors directement de l’aorte. — 11 peut fournir une gastro-duodénale et avoir en ce cas quatre branches de division; l’artère mésentérique supérieure peut en provenir; il en est de même d’une splénique accessoire, et de la colique moyenne. — Quand le ti onc cœliaque ne fournit que deux branches, ce sont d’ordinaire l'hépatique et la splénique, beaucoup plus rarement la coronaire stomachique et la splénique. Lorsque la mésentérique supérieure fournit l’hépatique, le tronc cœliaque donne d’ordinaire la gastro-épiplo'ique du côté droit.
Curonaire stomachique. Peut naître isolément de l’aorte et donner en ce cas naissance à une ou aux deux diaphragmatiques inférieures. 11 n’est pas rare de lui voir fournir une branche accessoire à l’hépatique.
Hépatique. Elle peut naître de la mésentérique supérieure. Dans d’autres cas on trouve trois artères hépatiques qui naissent de la coronaire stomachique, du tronc cœliaque, de la mésentérique supérieure. — L’hépatique peut au contraire donner aussi naissance à la coronaire stomachique.
Splénique. Elle se divise souvent en deux branches à peu de distance de son origine. Elle donne quelquefois la coronaire stomachique ; ou une branche de l’hépatique assez forte pour fournir elle-même la gastro- épiploïque droite.
Mésentérique supérieure
Cette artère peut naître par deux branches distinctes. Hyrtl ainsi que Haller ont cité deux cas dans lesquels l’artère omphalo- mésentérique persistait et naissait de la mésentérique supérieure. — L’hépatique ou une de ses branches en naissent souvent; d’autres fois, mais plus rarement, elle fournit la splénique Quand la mésentérique inféi'ieurc fait défaut, l’artère mésentérique supérieure fournit les coliques gauches et l’hcmorrhoïdale supérieure.
Les coliques droites présentent quelques variétés qui ne sont toutes que des remplacements d’une branche par une autre.
Elle peut manquer et être suppléée par la précédente. On l’a vue fournir la colique moyenne, une hépatique accessoire, une rénale accessoire.
L’arcade anastomotique entre la colique moyenne et la première colique gauche n’exktait pas dans un cas cité par Vicq d’Azyr.