RT1CLE XI- ONZIÈME PAIRE - NERF SPINAL OU NERF ACCESSOIRE DE WILLIS
Préparation, — La même que pour la portion cervicale du pneumogastrique ; seulement, au lieu d’enlever complètement le muscle sterno-cléido-mastoïdien, on le sectionnera vers son tiers supérieur en rejetant en bas et en arriére ses deux tiers inférieurs.
"Le nerf spinal naît par deux sortes de racines : les unes, supérieures ou bulbaires, forment un faisceau distinct, dont l’origine est au bulbe au-dessous de celles du pneumogastrique ; les secondes, inférieures ou médullaires, proviennent de la portion cervicale de la moelle épinière (fig. 174, 7). Ces dernières s’étendent d’ordinaire jusque vers l’origine de la cinquième paire cervicale et peuvent même descendre jusque auprès de l’origine de la première paire dorsale. Elles se trouvent entre les racines antérieures et les racines postérieures des paires rachidiennes et remontent sur la face postérieure du ligament dentelé. Ces filets, d’origine médullaire, sont obliques de bas en haut, de dedans en dehors et se réunissent successivement sur un tronc commun. Les plus inférieurs
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sont presque verticaux et très couris, de telle manière que plus leur tronc remonte, plus il s’éloigne de la moelle.
Les racines bulbaires du spinal possèdent un noyau sensitif et un noyau moteur qui leur sont communs avec les nerfs de la neuvième et de la dixième paire.
Dès que L tronc des racines médullaires a dépassé le niveau de la première paire cervicale, il s’incline en dehors vers le trou déchiré postérieur et reçoit les racines bulbaires, qui ne front que s’y accoler pour s’en détacher plus loin, ainsi que nous allons le voir. Tantôt c’est dans la cavité crânienne que ces deux faisceaux se réunissent, tantôt ce n’est qu’au niveau du trou déchiré postérieur que se fait cet union.
Dans le crâne, le spinal est contenu dans la même gaine arachnoïdienne que le glosso-pharyngien et le pneumogastrique ; dans le trou déchiré il se trouve au devant et un peu en dehors de la jugulaire interne, en arrière du pneumogastrique, avec lequel il sort par un canal ostéo-fibreux commun.
Au moment où le faisceau médullaire croise les racines postérieures de la première paire cervicale, il s’anastomose avec elles. Cette anastomose n’est pas constante et se borne souvent à un simple adossement h). Pendant son passage à travers le trou déchiré, le spinal envoie quelques ülets au ganglion jugulaire du pneumogastrique et en reçoit quelques autres partis du même ganglion ; c’est donc un échange de filets qui s’opère entre ces deux nerfs.
Aussitôt après être sorti du trou déchiré postérieur, le nerf de la onzième paire se divise en deux branches ; l’une interne, l’autre externe.
La Iranche interne, formée exclusivement par les racines bulbaires, se porte en avant et en bas, s’accole immédiatement au plexus gangliforme (fig. 224, 12) et va constituer la majeure partie des rameaux pharyngiens, du laryngé externe et du laryngé inférieur, qui semblent naître du pneumogastrique : elle envoie de plus quelques filets au cœur.
La branche externe, dont les racines médullaires forment les éléments, est plus volumineuse que la précédente (fig. 224, 13). Elle se porte en bas, en dehors et un peu en arrière, passe d’abord entre la jugulaire et la carotide interne, descend en croisant la face interne des muscles digastrique et stylo-hyoïdien (fig. 231, 1), et se place en arrière du bord inférieur de la glande parotide, mais sans pénétrer dans la loge fibreuse de cette glande.
La branche externe du spinal croise ensuite la face profonde du muscle sterno-cléido-mastoïdien, traverse quelquefois ce muscle, lui abandonne quelques rameaux (fig. 231, 1), croise obliquement le creux sus-claviculaire entre la face inférieure du peaucier et la face supérieure du splénius et s'engage sous le bord du trapèze à environ 0"’,04 ou 0'",05, au-dessus de la clavicule (fig. 230, 11). Elle se termine dans ce muscle en rameaux divergents. Ces rameaux trapézieiis de même que ceux qui sont destinés au sterno mastoïdien, s'anastomosent dans ces muscles avec des filets du plexus cervical.
Usages. — Le nerf spinal est mixte, mais principalement moteur; la sensibilité qu’il manifeste quand il est irrité est due soit aux filets anastomotiques que lui fournit la racine postérieure du premier nerf rachidien, soit à ceux qu’il reçoit du pneumogastrique dans son passage à travers le trou déchiré, soit aux filets sensitifs qui lui sont propres. Après la section de sa branche interne, les
W Le ganglion que Hubei- a décrit à
NÉVROLOGIE
muscles de la glotte et du pharynx peuvent encore se contracter quand on excite le pneumogastrique ; le nerf vague envoie donc à ces muscles des filets indépendants de ceux du spinal. La respiration continue normalement après la section de la branche interne des deux spinaux, mais la voie est abolie. Quant à la branche externe, elle innerve les deux muscles auxquels elle se distribue; mais ces muscles reçoivent, en outre, des rameaux du plexus cervical. Aussi quand le spinal est arraché ou que la branche externe est coupée, ces muscles peuvent encore se contracter, mais ils ne peuvent plus immobiliser le thorax au moment de l’effort u’.
Le sterno -mastoïdien et le trapèze innervés par la branche externe du spinal jouent un rôle important dans la vision et l’audition. Ce sont eux qui par les mouvements imprimés à la tête, permettent de tourner les organes sensoriels vers les points d’origine des sensations. 11 en resuite que ces mouvements étant en corrélation directe avec les centres percepteurs de la vision et de l'audition, le nerf qui innerve ces muscles dans cette fonction doit avoir des connexions intra-cérébrales avec les nerfs sensoriels ou au moins moteurs propres des organes annexes. Les filets du plexus cervical, au contraire, seraient dans ce cas spécialement chargés de présider aux mouvements généraux du cou et des membres (s).