‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 205 sur 303 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

NERFS RACHIDIENS

Les nerfs rachidiens sont au nombre de trente et une paires. La première passe entre l’occipital et l’atlas, la dernière entre la première vertèbre coccygienne et le bord inférieur du sacrum ; toutes les autres sortent par les trous de conjugaison correspondants.

Nous avons déjà indiqué l’origine des nerfs rachidiens à la moelle, leurs racines antérieures et leurs racines postérieures, ainsi que le ganglion intervertébral qui se trouve sur le trajet de ces dernières. Les filets de ces racines forment, par leur ensemble, un petit triangle, dont la base est à la moelle et le sommet au trou de conjugaison. Les racines postérieures sont chez l’homme plus volumineuses que les racines antérieures ; elles se réunissent plus vite en faisceau que celles-ci. Chacun des deux faisceaux radiculaires traverse isolément la dure-mère, et ce n’est qu’au delà du ganglion intervertébral, qui appartient exclusivement aux racines postérieures, qu’ils se réunissent pour constituer le tronc des nerfs rachidiens (fig. 173, 4, 5). Le ganglion est tou-

NERFS RACHIDIENS

jours situé au dehors du canal formé par la dure-mère et à l’entrée du trou de conjugaison; il n’en est toutefois pas

ainsi pour celui de la première paire i „

rachidienne, qui se trouve en deçà du point liül i< lAt ^

où les racines postérieures de ce nerf traversent la dure-mère. Le ganglion invertébral est on rapport dans le trou de conjugaison avec les branches veineuses qui font communiquer les plexus intra-rachidiens et extra-rachidiens. Dans l’intérieur du canal rachidien, les deux ordres de racines ne communiquent pas entre elles ; mais les filets homologues s’anastomosent assez fréquemment, et cela non seulement entre racines de la même paire, mais encore entre filets de deux paires voisines.

Les racines postérieures et antérieures, en se rapprochant du trou de conjugaison, sont séparées les unes des autres par les festons , du ligament dentelé de la moelle (fig. 173, 1 ).

Outre l’enveloppe que la pie-mère fournit à chaque filet des racines rachidiennes, enveloppe destinée à en devenir le névriléme, l’arachnoïde les entoure d’une gaine commune, qui les accompagne jusqu’au point où elles perforent la dure-mère.

Les nerfs rachidiens ont été divisés en huit paires cervicales, douze dorsales, cinq lombaires et six sacrées. Le volume de ces difi'érentes paires nerveuses n’est pas le même et, sans compter les deux derniers nerfs sacrés, qui sont très grêles, l’on peut dire que les nerfs cervicaux, lombaires et sacrés l’emportent de beaucoup sur les paires dorsales et que, déplus, ceux qui correspondent à l’origine des membres supérieurs et inférieurs et qui prennent par conséquent leur origine sur les renflements brachial et lombaire de la moelle, sont les plus volumineux.

Les racines des différentes paires rachidiennes n’ont pas toutes la même direction ni le même trajet dans l’intérieur du canal rachidien. Celles de la première paire cervicale sont légèrement ascendantes; les deux suivantes sont transversales et les autres de plus en plus obliques jnsqu’à l’extrémité inférieure de la moelle épinière. Celte obliquité est telle que les racines des nerfs cer- Eig. 227.-.ver/s de la queue de cheval (•).

NÉVROI.OGIE

vicaux ont à descendre en moyenne de la hauteur d’une vertèbre avant de gagner leur trou de conjugaison correspondant ; que les nerfs dorsaux descendent d’une hauteur double, et que les nerfs lombaires et sacrés, dont l’origine est groupée d’une manière très sacrée autour de l’extrémité inférieure de la moelle, devenus à peu près verticaux (fig. 227, 2), descendent très bas pour arriver à leur trou de sortie. Le chevelu très épais et très long que forment ces derniers nerfs dans la partie inférieure du canal rachidien au-dessous de la terminaison de la moelle, a pris le nom de queue de cheval. Au milieu des éléments de cette queue se trouve le ligament coccygien de la moelle, désigné encore sous le nom de filum terminale (fig. 227, 3).

Immédiatement après leur sortie du ganglion intervertébral, les faisceaux des racines postérieures s’unissent à ceux des racines antérieures, pour former les troncs des nerfs rachidiens. Ces troncs sont très courts ; ils naissent, en effet, vers le milieu do la longueur des trous de conjugaison, et déjà, à leur sortie de ces canaux, on les voit se diviser en deux branches, l'une 'postérieure, l’autre anterieure W. La première, en général beaucoup plus petite que la seconde, ainsi que nous allons le Voir dans un instant, est destinée à innerver les muscles et la peau des parties correspondantes des régions postérieures du tronc, de la nuque et de la tête. Les branches antérieures des nerfs rachidiens ont une distribution beaucoup plus compliquée : ils vont innerver les parties latérales et antérieures du tronc et du cou, ainsi que les membres supérieurs et inférieurs.

En raison de la grande simplicité de distribution des branches postérieures et de la simplicité de leurs rapports et de leur trajet, nous commencerons par les décrire.

Page 1