II. LIGAMENTS DU LARYNX
Ligaments extrinsèques. — Ils sont au nombre de trois ; le premier, membrane thyro-hyoïdienne, s’étend du bord supérieur du cartilage thyroïde à l’os hyoïde ; le second, membrane trachéo-cricoïdienne, rattache le bord inférieur du cartilage cricoïde au premier anneau de la trachée; 1q troisième, ligament hyo-ëpiglottique, unit l’épiglotte à l’os hyoïde.
Le premier mérite seul une description spéciale.
Membrane thyro-hyoïdienne . — Cette membrane, recouverte sur les côtés par le muscle thyro-hyoïdien, comprend: 1° une partie médiane (ligament thyro-hydidien moyen), mince, élastique, séparée, en avant, de la face postérieure du corps de l’os hyoïde par une bourse séreuse quelquefois double, bourse séreuse hyoïdienne, en arrière par un coussinet graisseux assez épais de la face antérieure de l’épiglotte ; 2" deux parties latérales, s’épaississant tout à fait en arrière en deux cordons fibreux, qui vont de la grande corne du cartilage à l’extrémité postérieure de la grande corne de l’os hyoïde et contiennent dans leur intérieur deux petits nodules fibro-cartilagineux, cartilages triticés (fig. 288, 2).
2° Ligaments intrinsèques. — Les cartilages du larynx sont rattachés les uns aux autres par des articulations diarthrodiales ou par des ligaments à distance.
a. Diarthroses du larynx, — Elles sont au nombre de deux, l’articulation erico-thyroïdienne et l’articulation crico-aryténoïdienne.
1" A rticulation crico -thyroïdienne. — C’est une ènarthrose, La surface articulaire convexe et très peu bombée de la petite corne du cartilage thyroïde est reçue dans la concavité de la facette cricoïdienne. Une petite synoviale, doublée d’une capsule fibreuse orbiculaire épaisse en dehors, facilite les mouvements. Deux ligaments postérieurs, l’un supérieur (fig. 285, 9), l’autre inférieur (10), et un ligament antérieur (fig. 286, 3), renforcent la capsule. Ces ligaments permettent des déplacements du cartilage thyroïde en bas, en haut, en avant et en arrière.
2° Articulation crico-aryténoïdienne. — Elle se rapproche des articula lions en selle. Les surfaces articulaires sont elliptiques et leurs grands diamè très se croisent à angle droit. C’est lorsque le cartilage aryténoïde est en rap-
SPI.ANCHNOLOGIE
port avec la partie externe déclive de la facette cricoïdienne que les surfaces concordent le plus exactement. On trouve comme moyens de glissement et d’union une synoviale et une capsule fibreuse mince, renforctie en dedans et en arrière par un ligament, ligament crico-aryténoïdien inférieur mtriquètre (fig. 285, 8), qui va en éventail d’un cartilage à l’autre.
Ce ligament est tendu dans la rotation du cartilage aryténoïde en dehors (abduction).
Dans cette articulation, le cartilage aryténoïde est dans une sorte d’équilibre instable sur la facette cricoïdienne ; aussi possède-t-il une mobilité extrême, comme on peut s’en assurer directement par l’examen lai-yngoscopique. Les mouvements de cette articulation se font autour d’un axe à peu près vertical, de façon que les deux apophyses vocale et musculaire qui terminent l’espèce do levier coudé formé par la base de l’aryténoïde, se portent en sens contraire ; quand l’apophyse musculaire se meut en arrière (flg. 291. G) l’apophyse vocale se porte en dehors (abduction) et inversement. L’adduction peut être poussée jusqu’au contact des apophyses vocales des deux cartilages aryténoïdes. Un autre genre de mouvements consiste en un déplacement en totalité du cartilage aryténoïde qui monte ou descend en glissant sur la facette cricoïdienne. Ce déplacement amène le rapprochement ou un écartement total des deux cartilages. Enfin il y a de légers mouvements d’abaissement et d’élévation de l’apophyse vocale.
b. Ligaments à distance. — Ces ligaments peuvent être considérés pour la plupart comme des épaississements et des dépendances d’une membrane élastique (membrane élastique du larynx de Lauth) qui double la face interne de la muqueuse. Quand on enlève la muqueuse, on enlève habituellement avec elle les parties les plus minces de cette membrane élastique, tandis que ses parties épaissies sont respectées et décrites alors comme ligaments distincts. GeS ligaments sont : la membrane crico-thyroïdienne, le ligament crico-aryténoïdien moyen ou en Y, les ligaments aryténo-épiglottiques, les ligaments thyro-aryténoïdiens et le ligament tbyro-épiglottique.
1° Membrane crico-thyroïdienne (âg. 286, 5). — Celte membrane, forte, élastique, comprend trois parties ; 1° une partie médiane, épaisse, conoïde {ligament conoïde^ 5), criblée de trous vasculaires; 2“ deux parties latérales (6) cachées par les muscles et beaucoup plus minces.
2° Ligament crico-aryténoïdien moyen ou en Y. — Ce ligament, situé en arrière sous la muqueuse du pharynx, a la forme d’un Y dont la branche inférieure, forte, s’attache au bord supérieur du chaton du cartilage cricoïde, et dont les deux branches supérieures s’écartent pour aller se fixer au sommet des cartilages aryténoïdes ou plutôt aux cartilages de Santorini. Au point d’intersection de ses trois branches, il contracte des adhérences avec la muqueuse du pharynx.
3“ Ligaments aryléno-épiglottiques . — Ces ligaments s’étendent de la face antérieure des cartilages aryténoïdes aux bords latéraux de l’épiglotte.
4“ Ligaments thyro-aryténoïdiens. — Ces ligaments, au nombre de deux de chaque côté, sont contenus dans les replis de la muqueuse, qui constituent les cordes vocales supérieures et inférieures.
a) Les ligaments thyro-aryténoïdiens supérieurs (cordes vocales supérieures) vont de la partie moyenne du bord antérieur des cartilages aryténoïdes à l’angle rentrant du cartilage thyroïde un peu au-dessous de l’échancrure médiane.
ORGANES DE DA RESPIRATION
b) Les ligaments thyro-aryténoidiens inférieurs (cordes vocales inférieures) naissent de la face interne de l’apophyse vocale des cartilages aryténoïdes, et se portent à la partie moyenne de l’angle rentrant du cartilage thyroïde où leur insertion se fait à côté l’un de l’autre par un petit nodule cylindrique, qui reçoit le pinceau des fibres élastiques, constituant ces ligaments. L’insertion de ces ligaments, ainsi que celle des supérieurs, se fait sur la lamelle médiane du cartilage thyroïde.
5“ Ligament thyro-épiglottique. — Ce ligament, impair, médian, forme un cordon aplati, qui va de l’angle inférieur de l’épiglotte à l’angle rentrant du cartilage thyroïde au-dessus des ligaments thyro -aryténoïdiens supérieurs.