‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 227 sur 303 · III. MUSCLES DU LARYNX · texte numérisé non relu

III. MUSCLES DU LARYNX

Préparation. — Les muscles latéraux du larynx, crico-aryténoïdien latéral et thyro-aryténoïdien, nécessitent seuls une préparation spéciale. On peut les préparer de deux façons : ou bien par la face externe du larynx (flg. 290), en enlevant une des lames latérales du cartilage thyroïde, ou bien par la face interne (fig. 289), après avoir fait une coupe médiane antéro-postérieure du larynx. Ce dernier procédé est indispensable pour avoir une idée nette des rapports du thyro-arythénoïdien interne avec la corde vocale inférieure.

Les muscles du larynx sont au nombre de neuf; de ces neuf muscles un seul, l’aryténoïdien, est impair. Il vient s’y ajouter de plus un certain nombre de faisceaux accessoires variables ; ces muscles sont du reste sujets à des anomalies très fréquentes suivant les individus. Au point de vue de leur situation les uns sont placés à la partie antérieure du larynx, ce sont les crico-thyroïdiens ; les autres à la partie postérieure, muscles aryténoïdien et crico-aryténoïdien postérieur, les derniers enfin sur les parties latérales, en dedans du cartilage thyroïde; ce sont le crico-aryténoïdien latéral et le thyro-aryténoïdien. Tous ces muscles, à l’exception du crico-thyroïdien, innervé par le laryngé supérieur, sont innervés par le nerf récurrent.

1“ Crico-thyroidien (fig. 287, 7, 8). — Ge petit muscle, épais, triangulaire, s’attache en bas à la partie antérieure et externe du cartilage cricoïde sur les côtés de la ligne médiane et se porte en éventail vers le bord inférieur du cartilage thyroïde, la partie des deux faces voisine^ de ce bord et le bord antérieur de la petite corne. Les fibres antérieures sont presque verticales, les postérieures à peu près horizontales, et le muscle même se divise en deux faisceaux distincts, un antérieur (7) vertical et un postérieur (8) oblique. Entre les deux muscles de chaque côté se voit le ligament conoïde.

2“ Aryténoïdien postérieur (flg. 288, 6, 7). — Ge muscle épais, quadrangulaire, s’insère à la face postérieure et au bord externe des cartilages aryténoïdes et s’étend transversalement d’un cartilage à l’autre {aryténoïdien transverse, 6). Les fibres les plus superficielles forment deux faisceaux entrecroisés, allant de la base d’un cartilage aryténoïde au sommet de celui du côté opposé {aryténoïdien oblique, 7). Souvent ces fibres dépassent ce sommet et se perdent dans les replis ary-épiglottiques en se continuant quelquefois jusqu’à l’épiglotte {muscle ary-épiglottique, fig. 290, 5).

.3“ Crico-aryténoïdien postérieur (flg. 288, 8). — Ge muscle s’attache en bas dans la fossette latérale postérieure du chaton du cartilage cricoïde; de là ses fibres se ramassent et se portent, les supérieures horizontalement, les inférieures presque verticalement, pour s’insérer à l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde (fig. 290, 3).

SPLANCHNOLOGIE

4“ Crico-aryténoïdien latéral (fig. 289 et 290). — Ce muscle triangulaire, caché par la lame correspondante du cartilage thyroïde, qu’il faut enleyer pour l'apercevoir (fig. 290, 6), s’attache en bas à toute la largeur de la partie oblique du bord supérieur du cartilage crieoïde, et en haut à l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde. Les fibres supérieures se confondent souvent avec les fibres inférieures du thyro-aryténoïdien.

5° Thyro-aryténoïdien (fig. 289 et 290). — Ce muscle, situé au-dessus du précédent, se compose de deux faisceaux, l’un, externe, l’autre, interne, compris dans l’épaisseur de la corde vocale inférieure.

Fig. 287. Fig. 288.

iluselea thijro-hyoïdien et crico-lhyroidien (*>. Muscles postérieurs du larynx (").

Le faisceau externe (fig. 290, 4), thyro-aryténoïdien externe, s’insère à la moitié inférieure de l’angle rentrant du cartilage thyroïde, et de là se porte à l’apophyse musculaire et au bord externe du cartilage aryténoïde. Ses fibres inférieures, confondues avec le bord supérieur du crico-aryténoïdien latéral, sont presque horizontales ; ses fibres supérieures, plus obliques, répondent aux cordes vocales supérieures et se perdent souvent en affectant diverses directions dans la membrane élastique du larynx, soit au niveau de ces cordes (fig. 289, 8), soit plus haut dans les replis aryténo-épiglottiques et jusques à (*) (••)

(*) 1 Corps de l'os hyoïde. — 2) Sa petite corne. — 3) Sa grande corne. — 4) Membrane thyro-hyoïdienne. — 5) Muscle thyro-hyoïdien. — 6) Tubercule supérieur de la ligne obiique du cartilage thyroïde. — 7) Faisceau antérieur du crico-thyroïdien. — 8) Son faisceau postérieur. — 9) Trachée.

(••) 1) Épiglotte. — 2) Cartilage triticé. — 3) Membrane thyro-hyoïdienne. — 4) Sommet du cartilage aryténoïde. — 5) Glandes arytènoïdiennes. — 6) Muscle aryténoïdien transverse. — 7) Muscle arylénoïdien oblique. — 8) Muscle crico-aryténoïdien latéral. — 9) Trachée.

ORGANES DE LA RESPIRATION

l’épiglotte (muscle thyro-èpiglottique). C’est à ses flbres que viennent s’ajouter des faisceaux accessoires, dont la disposition est très variable et dont le plus constant est représenté dans la ligure 290, 5.

Le faisceau interne (fig. 289, 7), thyro-arytènoïdien interne, a la forme d’un prisme triangulaire et remplit complètement la corde vocale inférieure (fig. 292, 9). Sa face externe répond à la partie interne du faisceau précédent, dont il est quelquefois difficile de l’isoler ; son bord interne répond au bord libre de la corde vocale. Il va de l’angle rentrant du cartilage thjroïde à l’apophyse vocale du cartilage aryténoïde. Un grand nombre de ces faisceaux se

SPLANCHNOLOGIE

Action des muscles du larynx (flg. 291). — Tous ces muscles agissent sur les cordes vocales inférieures pour modifier leur longueur, leur tension et leur degré d’écartement. Les deux points d'attache de ces cordes au cartilage thyroïde et aux apophyses vocales sont mobiles; mais la mobilité de l’insertion postérieure ou aryténoïdienne l’emporte de beaucoup. Aussi, en général, dans la phonation, l’insertion antérieure peut-elle être considérée eomme à peu près fixe, et les variations de longueur, de tension et d’écartement des cordes vocales sont-elles dues surtout aux mouvements des caidilages aryténoïdes.

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Cette fixité de l’attache inférieure des cordes vocales, si utile dans la phonation, est pro- .'ff' duite en grande partie par le crico-thyroïdien. Ce muscle peut en outre (fig. 291, A) abaisser l’angle antérieur du cartilage thyroïde et par suite allonger et tendre les cordes vocales, qui se rapprochent en même temps. Le muscle aryténoïdien postérieur rap- : proche directement Tun de l’autre les deux cartilages aryténoïdes (fig. 291, B). Le crico "S aryténo'idien%i le thyro-aryténoïdien portent les apophyses vocales dans l’adduction (fig. 291 C). La partie interne de ce dernier muscle comprise dans l’épaisseur des cordes vocales inférieures, ou thyro-aryténoïdien interne, a une action spéciale : d’abord, par sa contraction, il tend à rapprocher les deux insertions des cordes vocales et par suite

(■) A. Action du crico-lhyroidien. (Les lignes ponctuées, ici comme pour les ligures suivantes, indiquent la position nouvelle prisa par le cartilage et les cordes vocales par l’action du muscle ; les flèches indiquent la direction moyenne dans laquelle s’exerce la traction des fibres inusculairos. — 1) Cartilage cricoïde. - 2) Cartilage aryténoïde. - 3) Cartilage thyroïde. - 4) Corde vocale inférieure. — 5) Cartilage thyroïde (nouvelle position). — 6) Corde vocale (id). — 7) Direction du muscle.

B. Action de Varyténoidien postérieur. — 1) Coupe du cartilage thyroïde. — 2) Cartilage aryténoïde. — 3) Bord postérieur de la glotte. — 4) Corde vocale. — 5) Direction des fibres musculaires. — 6) Cartilage aryténoïde (nouvelle position). — 7) Cordes vocales (id.).

C. Action du crico-arytènoidien latéral. — Même signification des chiffres. 8) Bord postérieur de la glotte (nouvelle position). — 9) Direction des fihres musculaires dans la nouvelle position.

D. Action du crico-arytènoidien postérieur. — Même signification des chiffres.

ORGANES DE LA RESPIRATION

à les raccourcir; mais il leur imprime surtout différents degrés de tension, qui jouent certainement un grand rôle dans la production des sons; en outre, il transforme en ligne droite la courbe légère que décrit le bord de la corde vocale ; enfin, par les fibres qui vont s’attacher à la membrane élastique sous-muqueuse en divers points de son étendue, fibres qui peuvent se contracter isolément, il peut partager la corde vocale en un certain nombre de parties vibrantes distinctes, de façon que dans certains cas ce seront seulement ou une partie de leur longueur ou leur bord libre qui entreront en vibration ; ce muscle peut donc être considéré comme le muscle cocal par excellence.

Le crico-aryténoïdien postérieur (fig. 291, D) porte les apophyses vocales dans l’abduction et est par conséquent antagoniste des trois derniers muscles. 11 est le seul dilatateur de la glotte et, par suite, c’est un muscle essentiellement respirateur.

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