IV. MUQUEUSE DU LARYNX
La muqueuse du larynx est rose pâle, lisse et d’une épaisseur de à
0"”",2. Elle est rattachée à la membrane élastique sous-jacente par un tissu cellulaire lamelleux.
Cette muqueuse est tapissée par un épithélium vibratile stratifié, sauf sur le bord des cordes vocales inférieures, et sur l’épiglotte, où on trouve un épithélium pavimenteux épais. Le derme de ces régions porte des papilles assez saillantes, surtout à la partie antérieure des cordes vocales inférieures. Ce derme est formé par du tissu réticulé, infiltré de globules blancs, qui, en certains endroits, au niveau des ventricules, par exemple, constituent de véritables follicules clos (Coyne).
Les glandes du larynx, dont les orifices punctiformes sont visibles à l’œil nu, sont des glandes en grappe. hes, unes sont disséminées ; les autres forment plusieurs groupes, glandes épiglottiques, logées dans les trous de l’épiglotte, glandes aryténdidiennes (fig. 288, 5), situées en avant des cartilages aryténoïdes, glandes des ventricules, des replis ary-épiglot tiques et des cordes vocales supérieures. Les cordes vocales inférieures en sont tout à fait 'dépourvues sur leur bord libre.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères du larynx viennent des artères thyroïdiennes supérieures et inférieures. Leurs branches terminales forment des ramifications arborescentes tranchant sur la couleur pâle de la muqueuse. Les veines suivent les artères. Les lymphatiques sont nombreux et constituent deux réseaux : un réseau superficiel sousépithélial et un réseau profond sous-muqueux. Ils se rendent dans les ganglions péricarotidiens. Les nerfs viennent, pour tous les muscles, à l'exception du crico-thyroïdien, des nerfs récurrents ; pour le crico-thyroïdien et la muqueuse, des nerfs laryngés supérieurs. Les branches sensitives du laryngé supérieur présentent de petits ganglions microscopiques.
Conformation extérieure. — Les dimensions du larynx varient chez l’homme et chez la femme. Les mensurations de Sappey donnent les moyennes suivantes :
Diamètre vertical (0. . . .
Diamètre transversall*). . .
Diamètre antéro-postérieur tr.
0m,043 O-, 041 On',036 0>»,026
Le larynx de la femme est plus arrondi, moins anguleux ; ses cartilagesse laissent beaucoup plus lentement envahir par l’ossification. Les différences
t>) Du bord supérieur du cartilage thyroïde (non compris les grandes cornes) au bord inférieur du cartilage cricoïde.
P) Au niveau du plus grand écartement des bords postérieurs du cartilage thyroïde.
ta, De la partie la plus saillante du cartilage thyroïde à une ligne transversale rasant les bords postérieurs de ce cartilage.
SPLANCHNOLOGIE
individuelles sont beaucoup moins connues dans leurs rapports avec la voix. Ge qu’on peut dire de plus général, c’est que le larynx du ténor se rapproche du larynx féminin ; que le larynx de la basse offre au contraire des caractères plus accentués. Les dimensions du larynx paraissent tout à fait indépendantes delà stature.
La région antérieure du larynx présente l’angle saillant du cartilage thyroïde, la membrane crico- thyroïdienne et la partie antérieure de l’anneau cricoïdien avec le muscle crico-thyroïdien.
Les faces latérales (fig. 287), recouvertes par les muscles sous -hyoïdiens, offrent les lames latérales du cartilage thyroïde, l’articulation crico-thyroïdienne et le muscle crico-thyroïdien.
La face postérieure, saillante (flg. 288), déjà décrite à propos du pharynx, présente la partie supérieure du chaton du cartilage cricoïde et la face postérieure des cartilages aryténoïdes recouvertes par les muscles aryténoïdien et crico-aryténoïdien postérieurs et par la muqueuse du pharynx ; c’est sur cette face qu’on trouve en haut l’orifice supérieur du larynx. De chaque côté de la saillie du cricoïde se voient les gouttières latérales du pharynx.
Conformation intérieure. — La cavité du larynx, qui commence à Vori/ice supérieur du larynx, est divisée en deux cavités secondaires, cavités sus et sous-glottique, par une fente comprise entre les cordes vocales inférieures, la glotte. Nous étudierons successivement l’orifice supérieur du larynx, la cavité sus-glottique, la glotte, la cavité sous-glottique (fig. 292).
1“ Orifice supérieur ou orifice laryngo-pharyngien. — Cet orifice triangulaire sur le cadavre, est dans un plan oblique en bas et en arrière ; sur le vivant il présente des formes très variables, suivant les mouvements de l’épiglotte et des cartilages aryténoïdes (fig. 295, A à F). Il est limité en avant par l’épiglotte, sur les côtés par les replis ary-épiglottiques, qui vont des bords latéraux de l’épiglotte au sommet des cartilages de Santorini, et qui sont formés par la continuation de la muqueuse pharyngienne avec celle du larynx ; ù la partie postérieure de ces replis se trouvent deux et quelquefois trois ren llements saillants ; le postérieur (fig. 295, 8) répond aux cartilages de Santo rini, les antérieurs (9) aux cartilages de Wrisberg et aux glandes aryténoïdiennes ; à la partie postérieure de l’ouverture supérieure du larynx se trouve une échancrure très variable de forme, comprise entre les deux sommets des cartilages aryténoïdes et qui se prolonge en bas jusqu’à la partie interaryténoïdienne de la glotte.
2® Cavité sus-glottique (fig. 292). — Cette cavité, comprise entre l’orifice supérieur du larynx et la glotte, est séparée par la fente interceptée entre les deux cordes vocales supérieures (fente qu’il ne faut pas confondre avec la glotte et qui n’a pas de nom particulier) en deux portions, l’une supérieure, vestibule du larynx, l’autre inférieure, portion interventriculaire, comprise entre les cordes vocales supérieures et inférieures; la portion interventriculaire offre de chaque côté un orifice elliptique circonscrit par les cordes vocales supérieures et inférieures du même côté (fig. 293 et 294), orifice du ventricule; il conduit dans un cul-de-sac de la muqueuse, ventricule du larynx ou de Morgagni (fig. 292, 8), qui remonte plus ou moins haut en dehors de la corde vocale supérieure, entre les deux lames du repli ary-épiglottique et atteint
ORGANES DE LA RESPIRATION
quelquefois le bord supérieur du eai’tilage thyroïde. Quand ce cul-de-sac n’est pas dilaté par l'air, ses parois s’accolent. De l’extrémité postérieure de l’orifice du ventricule part une gouttière oblique en haut et en arrière, filtre du ventricule., limité en arrière par la saillie du bord antérieur du cartilage aryténoïde, en avant par celle des glandes aryténoïdiennes et du cartilage de Wrisberg. La partie antérieure de la cavité sus-glottique, formée par la face postérieure de l'épiglotte, offre en bas une saillie médiane, bourrelet de Vépiglolte (fig. 292, 5).
Ce bourrelet, très saillant, rougeâtre, recouvre immédiatement l’insertion antérieure des cordes vocales, et la masque plus ou moins complètement (fig. 295, E, 2). Les quatre cordes vocales convergeant à leur insertion antérieure, la portion interventriculaire se termine en avant par une sorte de petite fossette, fossette centrale, point de réunion antérieur des deux orifices ventriculaires. En arrière, la cavité sus-glottique s’ouvre dans l’échancrure interaryténoïdienne.
Les cordes vocales supérieures sont simplement formées par un repli de la muqueuse et par les ligaments thyro-aryténoïdiens supérieurs, et présentent deux faces : l’une, interne et supérieure, l’autre, inférieure et externe (fig. 292, 6).
La partie sus-glottique dû larynx est susceptible des plus grandes variations de hauteur, grâce à la mobilité de l’épiglotte et des apophyses vocales ; dans les sons très aigus (fig. 295, E), elle peut même se trouver à peu près réduite à 0 par le rapprochement au contact des cordes vocales et des replis ary-épiglottiques.
8° Glotte. — La glotte est l’ouverture circonscrite en avant par les cordes vocales inférieures (glotte ligamenteuse ou vocale), en arrière par la face interne des cartilages aryténoïdes (glotte cartilagineuse appelée à tort respiratoire).
Les cordes vocales inférieures sont constituées par le muscle thyro-aryténoïdien interne (fig. 292. 7, 9), les ligaments thyro-aryténoïdiens inférieurs et la muqueuse. Un épithélium pavimenteux, la présence de papilles, l’absence de glandes, l’adhérence de la muqueuse à la membrane élastique sous-jacente et la terminaison dans cette dernière de faisceaux du muscle, caractérisenl?leur structure. Comme forme, /elles présentent une face supérieure, une face inférieure, qui regarde en bas et en dedans, et un bord mousse légèrement concave sur le cadavre. La longueur des cordes vocales est de O"™, 024 environ chez l’homme. Deux taches jaunâtres, visibles à travers la muqueuse, se trouvent à leurs points d’insertion antérieur et postérieur, et peuvent, la dernière du
Coupe transversale du. larynx (*).
(*) I) Cartilage thyroïde. — 2) Cartilage c.icoïde. — 31 Premier anneau de la trachée. — 41 Épiglotte. -- 5| Son bourrelet médian. — 6) Coides vocalea supérieures. — 7) Cordes vocales inférieures. — 8) Ventricules de Morgagni. 9} Muscle thyro-aryténoidien. 10) Muscle crico«aryiéinoidlen latèraL Beaunis et Bouchard 50
SPLANCHNOLOGIE
moins, servir de point de repère dans l’examen laryngoscopique.
La glotte est la partie la plus étroite du larynx, ce qui permet de l’apercevoir à travers l’orifice supérieur du larynx et l’ouverture des cordes vocales supérieures. Elle a sur le cadavre la forme d’un triangle allongé (glotte ligamenteuse) , appuyé par sa base à un rectangle (glotte cartilagineuse), Pendant la vie elle prend les formes les plus diverses, triangulaire, losangique, en sablier, elliptique, linéaire, etc., et cela avec la plus grande rapidité.
Dans l’inspiration (flg.
295, A et B), la glotte est largement ouverte :
elle se rétrécit dans l’expiration et surtout dans l’émission des sons, de telle façon qu’elle est d’autant plus étroite que les sons sont plus aigus (E). Il n’y a du reste qu’à jeter un tegard sur la figure 295 pour se faire une idée des formes les plus fréquentes qu’elle présente et de l’aspect oifert à l'examen direct par les parties supérieures du larynx. La longueur de la glotte est de 0"',023 environ chez l’homme.
4® Partie sous-glottique. — Au-dessous de
Fio. 293. — Larynx divisé sur la ligne médiane (')
(•) m, <1, t.f Muscle arj ténoïdien postérieur. — e, V)). Bourrelet de l'éplglotle.
(••) e) Épiglotte. — e, w.) Bourrelet. — a,e.) Ligament ary-épiglottique. — w.) Cartilage de Wtis' bcrg. - t. s) Tubercule de Santorini. - m, o, t.J .^ryténoidien postérieur. — t, j>.) Trachée.