‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 242 sur 303 · III. Utérus ou MATaiCE(fig · texte numérisé non relu

III. Utérus ou MATaiCE(fig

Isolé de ses attaches, l’utérus a la forme d’une gourde fortement aplatie d’avant en arrière. On le divise en deux parties : le corps (1) et le col (2). Le corps est triangulaire et présente deux faces, dont la postérieure est plus convexe que l’antérieure, et trois bords mousses, un supérieur, fond de l'utérus, convexe, et deux latéraux, convexes supérieurement, concaves en bas pour se réunir au col. Les deux angles supérieurs reçoivent les trompes ; l’angle inférieur se continue avec le col par un étranglement circulaire. Le col est fusi* forme, un peu aplati d’avant en arrière ; son extrémité inférieure (partie vaginale du col, museau de tanche) est libre au fond du vagin et percée d’une ouverture en forme de fente transversale de 0“,001 à 0™,002 de largeur sur une longueur de 0®, 006 à 0™, 008; la lèvre antérieure de cet orifice est plus épaisse et proéminente. L’utérus a O™, 07 de longueur et 0™,032 de lar-

Sl’LANCHNÜLOGIE

geur au niveau des trompes. La longueur du corps est moins grande que celle du col chez les vierges ; chez les femmes n’ayant pas eu d’enfants, les deux longueurs sont à peu près égales (Guyon). L’utérus présente en général à l’union du corps et du col une légère incurvation due à ce que

l’axe du corps fait avec l’axe du col un angle de 140“ ouvert en avant. Il y a du reste, sous ce rapport, de très grandes variétés individuelles.

Chez les femmes qui ont eu des enfants, la forme de l’utérus change. Le

Fio. 333. — Coupe du bassin de la femme (*).

corps devient plus long (les trois cinquièmes de la longueur totale); la partie vaginale du corps diminue et peut même presque disparaître; l’orilice vagi-

(•) A. Vessie. — B. Reclum distendu par des matières fécales. — G. Corps de Tutérus. — D. Ouverture du vagin. - K. Symphyse du puhis. - F. Anus. - G. Sacrum. - H. Petite lèvre droite. - I. Cli-

cle pyran'i'ial- — M- Grand droit de^ l’abdomen. — N. Péritoine. - O. Cul-de-sac utèro-vèsical. - P. Cul-de-sac recto-utérin. — R. Releveur de l’anus. — S. Sphincter externe de l’anus. — T. Sphincter interne. — U. Lèvre antérieure du col de l’utérus. — V. Lèvre postérieure. — X. Coccyx. — Y. Plexus veineux de Santorini. — Z. Plexus veineux du vagin. - a) Tunique musculeuse de l’urèthre. — b) Tunique musculeuse du rectum. — e) Cinquième vertèbre lombaire. — h) Canal rachidien. (D’après Legendre).

ORGANES GÉNITAUX 853

nal s’élargit. Les modifications qu’il subit dans la grossesse seront décrites plus loin.

Le volume de l’utérus augmente un peu à chaque menstruation. Son poids est de 42 grammes.

Situation et rapports (flg. 333). — L’utérus est plaeé dans le petit bassin entre le rectum et la vessie, et incliné en bas et en arrière de façon que son axe longitudinal fait un angle obtus ouvert en avant avec l’axe du vagin, et coupe, si on le prolonge, le plan du détroit supérieur, suivant un angle plus ou moins rapproché de l’angle droit. Cette inclinaison est du reste sujette à varier, grâce à la laxité de ses attaches et par suite des pressions exercées sur lui par le rectum, la vessie, etc. O. A cette inclinaison antéro-postérieure s’ajoute ordinairement une légère inclinaison latérale, par laquelle son axe so dirige en bas et à gauche.

Moyens de fixité. — L’utérus est maintenu dans sa situation par des fibres ligamenteuses et musculaires lisses, comprises, comme l’utérus lui -même, les ovaires et les trompes, dans l’épaisseur des ligaments larges (voy . Péritoine). Ces fibres lisses, continuation des fibres musculaires superficielles de l’utérus (flg. 334), forment une membrane mince doublée à l’extérieur par la séreuse et qui enveloppe l’utérus et ses annexes. Cette membrane s’épaissit en certains points pour former des ligaments spéciaux : 1® au niveau du ligament de l'ovaire (15) ; 2“ au niveau de la frange ovarique ; 3» entre les côtés de l’utérus et la symphyse sacro-iliaque, pour constituer, sous le nom de ments utéro- sacrés {i%),\Ap\viS grande partie du feuillet postérieur des ligaments larges ; 4“ entre la face postérieure de l’utérus et les parties latérales àvivecinm, ligaments recto-utérins {il )-, des fibres provenant du pavillon de la trompe, de l’ovaire et de l’utérus accompagnent les vaisseaux ovariques, et ont été désignées par Rouget sous le nom de ligaments ronds supérieurs ou lombaires {i2)-, 6“ enfin, les plus importantes forment un faisceau partant de toute la face antérieure de l’utérus et se ramassent en un cordon, ligament rond proprement dit, épais, aplati, de 0"',006 à Ox'jOOT de large (fig. 314,20 et 126, i) nettement circonscrit. Ce cordon se dirige en bas, en avant et en dehors, s’engage dans le canal inguinal, le parcourt et se termine en se perdant dans le tissu connectif du mont de Vénus et de la grande lèvre. D’après Schiff, ce ligament contiendrait, dans son tiers interne, des fibres lisses continues avec celles de l’utérus, dans son tiers moyen des fibres striées provenant des faisceaux du transverse de l’abdomen ; dans sa partie inguinale les fibres connectives et élastiques existeraient sans mélange de fibres musculaires.

Les rapports de l’utérus avec le péritoine seront décrits avec cette séreuse.

Cavité de V utérus {^%. 326). — La cavité de l’utérus, d’une capacité de 3 centimètres cubes environ, est très étroite; à l’état normal ses parois s’accolent et sur une coupe transversale elle représente une simple fente. On la divise, comme l’utérus même, en cavité du corps et cavité du col.

(*) Les anatomistes sont loin d’être d’accord sur l’inclinaison normale de l'utérus. Il est plus que probable que cetle inclinaison varie pendant la vie dans des limites assez étendues, soit chez les différents individus, soit sur le même individu, suivant les différents états des organes ambiants.

SPLANCHNOLOGIK

1® La cavité du corps est triangulaire, à bords coni supérieurs se voient les orifices utérins des trompes, o léger étranglement et des plis longitudinaux; à l’angle i

tre une plume de corbeau et” qui s’allonge quelquefois en un véritable détroit de 0“,005 à 0«>,006 de longueur [isthme de Guyon). Le fond de l’utérus (partie cératiné) s’élargit d’une façon caractéristique dans les utérus multipares W .La surface interne de la cavité utérine est lisse, gris rosé, un peu bombée en avant et en arrière et tapissée habituellement d’une couche mince de mucus alcalin.

ORGANE GÉNITAUX

2° La cavité du col est fusiforme ; sur ses deux faces, antérieure et posté-* rieure, se voient les pZîs palmés ; ce sont deux crêtes verticales d’où partent des plis latéraux obliques en haut et en dehors, les crêtes verticales ne sont pas tout à fait médianes, l’antérieure est un peu à droite, la postérieure à gau-^ che, de façon qu’elles s’emboîtent réciproquement et ferment exactement le col. Entre ces plis existent quelquefois de petites saillies de la grosseur d’une lentille, formées par une vésiculetransparente (œufs de Nahoth) et dues à une altération glandulaire. Leur cavité est remplie par un liquide visqueux, trans-> parent.

La cavité de l’utérus a 0™,054 de longueur en moyenne obe* la femme nullipare (0"» ,028 pour le corps et 0«',026 pour le col). Chez la femme qui a eu des enfants, ces dimensions augmentent pour la cavité du corps (O"!, 032) ; elles restent stationnaires ou diminuent au contraire pour la cavité du col.

Structure. — La surface de l’utérus est lisse dans les endroits où elle est recouverte par la séreuse; l’adhérence entre la séreuse et le tissu sous-jacent est intime, sauf au niveau du col, où on trouve un tissu cellulaire lâche. Les parois de l’utérus, très épaisses, atteignent leur maximum à la partie postérieure (0"*,012 à0™,016); leur partie la plus mince correspond à la paroi antérieure du coi(0'“,004 à 0™,009) et à l'insertion des trompes. Son tissu propre, formé de fibres lisses, est gris, rougeâtre, très compact, d’une dureté presque flbro-cartilagineuse, et il est impossible d’y reconnaître la direction des fibres musculaires. Ce tissu se continue jusqu’au niveau de la face interne de la cavité utérine , sans qu’il soit possible de trouver à l’œil nu une ligne de démarcation entre la couche musculaire et la muqueuse, dont l’existence n’a été parsuite bien établie que depuis l’emploi du microscope. La séparation du vagin et de l’utérus est très difficile, et ce n’est qu’artificiellement qu’on peut les isoler ; en effet, la couche musculaire du col se continue sans interruption avec le tissu même du vagin.

Les deux couches qui constituent les parois de l’utérus, tunique musculaire et muqueuse, ont la structure suivante :

1“ Tunique musculaire. — Cette tunique, qui forme la plus grande partie de l’épaisseur des parois utérines, se compose de fibres musculaires lisses dont la direction ne peut être bien étudiée que sur les utérus gravides (voyez Modification de l'utérus dans la grossesse).

2° Muqueuse. — La muqueuse, épaisse de 0'>',0005 à0"“,001, très adhérente à la couche musculaire sous-ja- ï’'o- 335.

cente, offre à la loupe une très grande quantité d’orifices Glandes de i utérus l'*).

glandulaires visibles après l’ablation du mucus qui la recouvre, orifices qui lui donnent un aspect poreux. Elle est tapissée par un épithélium vibratile et possède des glandes en tube très nombreuses, simples, quelquefois biburquées (fig. 335) et formées par une membrane amorphe et un épithélium cylindrique.

(•) a) Surface

muqueuse utérine. — d) Culs-de-sac glandulaires.

SPr.ANCHNOLOGIE

La muqueuse du col est plus épaisse, pourvue de papilles et tapissée d’un épithélium vibratile simple, qui se transforme en un épithélium pavimenteux stratifié au niveau des lèvres du museau de tanche. Les glandes du col sont les unes des glandes en tubes simples, les autres des glandes composées ; dans les intervalles des plis palmés, elles se rapprochent des glandes en grappe. Les œufs de Naboth ne sont autre chose que des glandes dont le canal excréteur s’est oblitéré et qui se sont distendues par l'accumulation de leur produit de sécrétion. Elles sont peu nombreuses sur le museau de tanche.

Vaisseaux et nerfs, — Les artères proviennent de l’artère utérine et s’anastomosent avec l'artère ovarique et la branche funiculaire de l’épigastrique, qui suit le ligament rond ; les artères et les capillaires de l’utérus se distinguent par leurs flexuosités et par l’épaisseur considérable de leurs parois, épaisseur due à leur tunique muscidaire. Les veines, dépourvues de valvules, vont aux plexus utérins et pampiniformes ; elles prennent un développement considérable dans la grossesse. Les lymphatiques du col vont aux ganglions du petit bassin, ceux du corps aux ganglions lombaires. Les nerfs, excessivement fins sur l’utérus non gravide, proviennent du grand sympathique et du plexus sacré, ils suivent les artères et se rendent pour la plupart au col (Luchka, Kœrner) ; ils présentent sur leurs filets de petits ganglions microscopiques avant leur pénétration dans le tissu utérin. La muqueuse du col reçoit des filets, niés à tort à cause de son peu de de sensibilité.

Modification de l'utérus dans la menstruation. — Pendant la menstruation l’utérus est le siège d’une fluxion temporaire et de phénomènes particuliers. L'organe augmente de volume en totalité, mais les modifications portent surtout sur la muqueuse : elle perd son aspect lisse et devient tomenteuse et comme macérée ; son épaisseur augmente considérablement (0"’,004 à 0"’,005) ; ses glandes s’hypertrophient et se recourbent en spirale ; les veinés, et surtout le volumineux réseau superficiel sous-muqueux, se dilatent et se déchirent pour fournir le sang menstruel ; enfin l’épithélium se détache et quelquefois une partie de l’épaisseur de la muqueuse tombe avec lui sous forme de membrane continue (membrana dysmenorrhoïca) .

Modifications de l'utérus dans la grossesse. — Les modifications de l’utérus dans la grossesse sont beaucoup plus considérables et sont dos modifications générales ou dos modifications de structure.

A. Modifications générales. — Son volume augmente peu à peu jusqu’à devenir cinquante fois plus grand. Sa longueur à la fin de la grosse.sse atteint 0™,37, sa largeur maximum 0"',26, sa circonférence au niveau des trompes 0'",70. Sa masse est vingtquatre fois plus considérable. Il y a donc à la fois dilatation et hypertrophie de ses parois. La dilatation augmente jusqu’à la fin de la grossesse ; l’hypertrophie des parois, au contraire, ne s’accroît que jusqu’au cinquième mois ; elles s’amincissent ensuite à iiartir de cette époque. La forme de l’utérus change en même temps; le corps devient ovoïde et se continue avec le col sans ligne de démarcation. La partie vaginale du col conserve sa longueur jusqu’au neuvième mois ; puis, dans la dernière semaine, elle prend part à la cavité de l’utérus et présente un orifice arrondi à bords amincis. Toute distinction en cavité du corps et cavité du col a disparu, et il ne reste plus qu’une grande cavité ovoïde. Ce développement se fait surtout en haut et dans la direction de l’axe du bassin ; le fond de l’utérus dépasse peu à peu le détroit supérieur, l’ombilic et arrive dans l’épigastre, en même temps qu’il s’incline ordinairement un peu du côté droit.

B. Modifications de structure. — Elles portent sur la tunique musculaire, la muqueuse et les vaisseaux de l’organe.

1° Tunique musculaire. — Elle s’hypertrophie considérablement et peut acquérir une épaisseur de plus de 0'n,02. Ce développement est dû à plusieurs causes ; il y a

ORGANES GÉNITAUX

d abord dans la première moitié de la grossesse une formation nouvelle de fibres lisses ; ensuite les fibres lisses acquièrent des dimensions colossales; enfin le tissu connectif intei'stitiel augmente et permet d’isoler les faisceaux musculaires. En outre, les dilatations vasculaires contribuent encore à augmenter l’épaisseur des parois. Le tissu de l'utérus gravide présente une couleur rouge pâle et est entrecoupé de larges sinus vei¬

neux qui lui donnent un aspect caverneux ; sa consistance, surtout au col, est plus ftiible que celle de l’utérus normal.

Les fibres musculaires de l'utérus gravide (* (••)' se divisent en trois couches, une externe, une moyenne, une interne.

d) Voy. sur ce sujet ; Th. Hélie, Recherches sur la disposition des fibres musculaires de l'utérus, avec un atlas de dix planches, par M. Chenantais, 1861.

(•) 1) Ovaire. - 2) Trompe. - 3) Vagin. - 4) Rectum. - 5) Fibres transversales superficielles incisées et renversées en dehors, — 6) Fibres profondes du faisceau ansiforme. — 7) Leur continuation avec les fibres transversales. - 8) Fibres transversales. - 9) Fibres transversales du col. - 10) Partie postérieure du vagin. —11) Fibres contribuant à former les faisceaux vagino-rectaux. — 12) Faisceaux vagino-rectaux. — (D’après Hélie).

(••) 1) Coupe de Tutérus suivant son bord droit; sa paroi postérieure. — 2) Sa paroi antérieure. — 3) Orifice externe du col. — 4) Orifice interne du col. — 5) Orifice utérin de la trompe gauche — 6) Orifice de la trompe droite. — 7) Insertion du placenta sur la paroi antérieure de la cavité utérine. — 8) Vagin. — 9) Fibres verticales. — 10) Les mêmes se recourbant sur le fond do l’utérus et sur la face antérieure. — 11) Faisceau transversal allant d’une trompe à l’autre. — 12) Origine du faisceau triangulaire de la paroi postérieure. — 13) Portion du faisceau triangulaire de la paroi antérieure. — 14) Son origine. — 15) Fibres transversales. — 16) Fibres transversales au niveau de l’orifice interne du col. - 17) Fibres du col. - ■ IS) Sinus veineux. - (D’après Hélie).

SPLANCHNOLOGIE

a) La couche externe, superficielle, très mince, consiste en fibres généralement transversales (fig. 334, 16) qui vont se continuer dans les différents replis des ligaments larges de la façon décrite plus haut. Ces fibres sont recouvertes sur la ligne médiane par un faisceau, faisceau ansiforme d’Hélie, qui descend du fond de l’utérus, sur ses faces antérieure et postérieure ; ce faisceau, plus marqué sur le fond de l’utérus, naît au-dessus du col, et par ses parties latérales se continue avec les fibres transversales. Sur la face postérieure, à ces fibres longitudinales superficielles s’ajoute un faisceau plus profond (fig. 336, 6). Les fibres du col sont à peu près transversales.

b) . La couche moyenne, très épaisse, se reconnaît facilement sur une coupe aux ouvertures béantes des sinus utérins ; elle se continue sans limite bien nette avec la couche externe et acquiert sa plus grande épaisseur au niveau de i’insertion du placenta. Elle est formée par un réseau de fibres entre-croisées dans toutes les directions ; ces faisceaux entourent les sinus utérins de façon à former autour d’eux de véritables anneaux contractiles.

c) Couche interne (fig. 337). — Sur chaque paroi existe sous la muqueuse un faisceau triangulaire dont la pointe (12, 14) prend naissance au niveau de l’orifice interne du col et dont la base (11) correspond au fond de l’utérus et est formée par des fibres transversales qui réunissent les oi’ifices des deux trompes. Le reste des fibres internes de i’utérus a une direction transversale. A l’orifice des trompes, les fibres forment des anneaux concentriques de grandeur décroissante, en allant de l’utérus vers la trompe et se prolongent sur l’utérus jusque vers la ligne médiane. A l’orifice interne du col se trouve habituellement un anneau musculaire distinct soulevant la muqueuse (16) (sphincter du col utérin).

2“ Muqueuse. — La muqueuse utérine au moment de la grossesse prend le nom de caduque. Avant même l’arrivée de l’ovule dans l’utérus, la muqueuse de la cavité du corps est gonflée, ramollie, rosée ; les glandes deviennent très volumineuses ; les vaisseaux se dilatent en même temps qu’il s’en forme de nouveaux ; enfin elle acquiert une épaisseur de 0"’,006. Les modifications qu’elle subit seront décrites plus en détail à propos du développement.

3“ Y aisseaux et nerfs. — L'artère utérine double de volume, Y artère ovarique triple de volume dans la grossesse ; leurs branches forment alors dans la couche musculaire superficielle un réseau flexueux. Les veines deviennent énormes; leurs parois s’épaississent et leur tunique externe adhère intimement aux fibres musculaires de la couche moyenne, dans laquelle elles constituent de larges canaux béants (sinus utérins) ; leur calibre augmente surtout au niveau de l’insertion du placenta. Dans la muqueuse, elles so dilatent, s’anastomosent et forment par la confluence de leurs parois un véritable tissu caverneux, auquel prennent part les artères et les capillaires. Les lymphatiques participent au développement des autres vaisseaux. Les nerfs deviennent plus gros, plus mous, gris rougeâtres ; cette hypertrophie paraît due à une simple augmentation du tissu connectif (i).

Modifications de l'utérus après la délivrance. — Après la délivrance, l’utérus ne revient jamais tout à fait à sa forme primitive : il est plus volumineux ; son fond s’élargit, ses faces sont plus bombées ; l’orifice externe du col est plus large, et les lèvres en sont moins nettes. Les 'parois conservent quelque temps encore après la grossesse une épaisseur notable. La diminution de volume de la couche musculaire se fait principalement par dégénérescence graisseuse des fibres musculaires. Quant aux modifications de la muqueuse et au travail de régénération qui se produit, ils seront étudiés à propos du développement.

(1) D’après Boulard, il n'y aurait pas d’hypertrophie des nerfs de l’utérus pendant la grossesse.

ORGANES GÉNITAUX

Le vagin s’étend de l’utérus à la vulve. Sa longueur (en plaee) est de O"*, 08 pour saparoi postérieure; sa paroi antérieure est un peu moinslongue(0'“,065)' A l’état ordinaire ses parois sont accolées et sa coupe représente une fente transversale de 0™, 024 de largeur, un peu concave en arrière et terminée par deux branches verticales.

Situation et rapports , — Il décrit une eourbe à eoncavité antérieure, qui suit l’axe du petit bassin, il est en rapport (flg. 333) en arrière avec le rectum, avec lequel il est soudé dans ses deux tiers inférieurs pour former une cloison commune riche en veines, cloison recto-vaginale. En avant il répond dans sa moitié supérieure au fond de la vessie, dont le sépare un tissu cellulaire lâche ; dans sa moitié inférieure, il est soudé à l’urèthre (cloison uréthr O -vaginale). Ses parties latérales sont en rapport avec le releveur de l’anus et en haut avec les uretères.

Sa partie supérieure embrasse le col de l’utérus en remontant plus haut en arrière du col qu’en avant; à ce niveau ses parois se continuent sans interruption avec le tissu musculaire de l’utérus.

extrémité inférieure du vagin présente un orifice arrondi, entrée du vagin, au-dessus duquel est l’ouverture de l’urèthre. Cette ouverture est fermée en partie chez les viergespar une membrane, Yhymen.

Hymen (fig. 338 et suiv.). — L’hymen est un repli de la muqueuse vaginale percé d’une ouverture variable comme forme et comme diamètre, ouverture de l'hymen ; avant la puberté elle ne dépasse guère le calibre d’une plume d’oie; après la puberté elle admet l’extrémité du petit doigt. La face vestïbulaire ou inférieure de l’hymen est rose pâle, lisse, la face vaginale ou supérieure est rose- vermeil, réticulée et pourvue de saillies verruqueuses. Son bord convexe adhère au pourtour de l’entrée du vagin ; son bord libre concave est mince, quelquefois déchiqueté. II est constitué par une charpente connective recouverte sur les deux faces par une muqueuse tapissée par un épithélium pavimenteux. Cette membrane est assez extensible pour permettre l’introduction de corps volumineux.

On distingue quatre variétés principales d’hymen d’après la forme même de la membrane et de l’ouverture qu’elle présente : 1" dans Yhymen semi-lu • naire (fig. 338) la membrane a la forme d’un croissant à concavité supérieure, terminé de chaque côté par deux pointes, cornes de l'hymen ; quelquefois les cornesremontent jusqu’au méat urinaire, /îymm ew fer à cheval (fig. 339); 2“ dans Yhymen annulaire (fig. 340) l’ouverture est habituellement ovalaire et centrale ; dans quelques cas rares, au lieu d’une seule onverture, on en trouve deux situées de chaque côté de la ligne médiane (hymen en bride) ; quelquefois même on trouve plusieurs orifices (Aymew criblé ou en pomme d'arro- «0»'); 3" dans Yhymen bilabié (fig. 341) l’ouverture consiste en une fent linéaire verticale, interceptée par deux lèvres. 4“ Yf hymenf rangé (fig. 342) est très rare, mais a une très grande importance médico-légale, parce qu’il pourrait être confondu avec une déchirure de l’hymen. La membrane présente à son bord libre des franges qui lui donnent un aspect déchiqueté. Les formes semi-lunaire et annulaire sont les plus fréquentes.

SPLANCHSOLOGIE

Au premier coït, ou par des causes mécaniques, l’hymen se déchire, ses lambeaux se rétractent, et après huit ou quinzejours, se présentent sous laformede petites saillies arrondies ou aplaties de la muqueuse, caroncules myrtiformes. Le nombre de ces caroncules dépend du nombre des lambeaux et par

suite du mode de déchirure. Dans l’hymen semi -lunaire, la déchirure se fait en deux endroits et il en reste un lambeau triangulaire médian et deux lambeaux latéraux. Dans l’hymen annulaire il se fait quatre et quelquefois cinq lambeaux irréguliers.

Dans certains cas d’anomalie l'hymen peut être tout à fait imperforé. Son absence congénitale est extrêmement rare.

Sur face interne du vagin. — La surface interne du vagin est rouge pâle, sauf au moment de la menstruation et de la grossesse, où elle est rouge

(•) L3s â?. 33S à 341 ont été dessinées d'après Rose, De l'hymen. Thèse de Strasbourg, leOo.

OEGANES GÉNITAUX

vif. Elle est tapissée d’une couche mince de mucus acide contenant des détritus épithéliaux et souvent des infusoires (Trichomonas vaginalis). Celte face est inégale et couverte de plis transversaux rugueux; ces plis aboutissent en avant et en arrière à deux saillies médianes antéro-postérieures, colonnes du vagin ; la colonne antérieure se termine à sa partie inférieure par un tubercule saillant situé en arrière de l’orifice uréthral..

Structure. — Les parois du vagin, épaisses de 0 ,0025 à 0“,003, sont très denses, mais très extensibles ; elles se composent de trois tuniques, non séparables par le scalpel, mais visibles sur une coupe transversale, une couche externe grisâtre, mal limitée, fibreuse, une couche moyenne rougeâtre et une couche interne blanchâtre formée par la muqueuse.

1“ La couche externe est constituée par un tissu cellulaire lâche, extensible. Dans son cinquième supérieur, la paroi supérieure du vagin est recouverte par le péritoine’.

2“ La tunique musculaire, continue à la couche musculaire de l’utérus, se compose d’une couche externe de fibres longitudinales et d’une couche interne plus mince de fibres circulaires. A ces fibres lisses viennent s’ajouter, à la partie inférieure, un anneau de fibres striées,large deO ,004 à 0,007, situé immédiatement derrière le bulbe du vagin et qui entoure l’extrémité inférieure du vagin et l’urèthre soudés à ce niveau ; c’est le sphincter du vagin, dépendance du transverse profond ~ Hymen frange (•).

du périnée, dont il reçoit quelquefois un faisceau spécial qui monte sur le bulbe du vagin, muscle ischio-bulbaire de Jarjavay.

3° La muqueuse est pourvue de papilles et couverte d’un épithélium pavimenteux stratifié. Les glandes y sont très rares et n’existent guère que vers l’entrée du vagin et plutôt à l’état de simples lacunes.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères vaginales et des branches des artères utérines, vésicales et honteuses internes. Les veines forment un plexus épais à la partie extérieure du vagin, sans cependant constituer un véritable tissu caverneux ; elles communiquent avec celles du bulbe et de l’utérus (fig. 334, 8).

Les lymphatiques, très riches, se portent aux ganglions pelviens et lombaires. Les ner/ls* viennent du grand sympathiqne et du plexus sacré; le sphincter du vagin reçoit un filet du nerf honteux interne.

§ II — Organes génitaux externes

Les organes génitaux externes se présentent, lorsque les cuisses sont rapprochées, sous l’aspect d’une saillie cunéiforme (cuneus), large en haut, où elle se continue avec le mont de Vénus, éminence placée en avant de la sym-

(•) 1) Grandes lèvres. — 8) Petites lèvres. —3) Clitoris. —4) Orifiee de l’urèthre, entouré do franges analogues à celles de l’hymen. — 5) Hymen. — 6) Lacunes. — (D’après Luschka).

PPLANCHNOLOGIE

physe, étroite en bas, où elle se perd en une saillie médiane qui va jusqu’à l'anus. Sur la ligne médiane elle présente une fente verticale, la vulve U), qui dans sa moitié supérieure est occupée par la saillie du clitoris, et dans sa moitié inférieure conduit dans une cavité qui précède le vagin, vestibule du vagin. Nous aurons à étudier successivement les replis cutanés du vestibule et de la vulve, le vestibule du vagin, les appareils érectiles, enfin les muscles du périnée.

Page 1