‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 93 sur 303 · MUSCLES DE LA TÉTE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE LA TÉTE

Ces muscles se divisent en muscles épicrâniens, muscles de la face et muscles de la mâchoire inférieure. Les premiers forment une calotte musculo-aponévrotique sur la voûte du crâne ; les seconds, insérés en général par une de leurs deux extrémités à la peau, sont distribués autour des ouvertures naturelles do la face ; les derniers produisent les mouvements d’élévation et de latéralité de la mâchoire inférieure.

ARTICLE I. - MUSCLES ÉPICRANIENS ffig- T9)

Préparation. — Faire une incision sur la ligne médiane depuis la racine du nez jusqu’à la protubérance occipitale externe ; de son extrémité antérieure mener jusqu'à l'os malaire une incision dans la direction de l'arcade orbitaire; de son extrémité postérieure en conduire une le long de la ligne courbe supérieure de l’occipital jusqu’à l'apophyse mastoide. Ces incisions de la peau doivent être très superficielles pour ne pas intéresser les muscles et l’aponévrose, dont la dissection réclame du reste les plus grandes précautions. Pour les trois muscles auriculaires, il faut, pour s'assurer de leur position, tirer l’oreille successivement en bas, en avant, et en arrière, c'est-à-dire dans la direction de chacun de ces muscles ; on voit alors se former un pli cutané correspondant à chaque muscle auriculaire, et il suffit de l’inciser pour tomber sur les libres charnues, qu’on suivra ensuite jusqu’à leurs insertions épicràniennes et auriculaires.

Ces muscles, étalés, très minces, forment quatre groupes : un antérieur ou frontal, un postérieur ou occipital, deux latéraux ou auriculaires; tous ces muscles se rendent sur les bords d’une aponévrose, aponévrose épicrânienne, qui

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récouvre comme une calotte la voûte du crâne ; aussi pourraient-ils être considérés comme un seul muscle polj'gastrique, muscle épicranien.

1° Aponcorose épicranienne. — C'est une lame forte, nacrée, très adhérente à la face profonde du cuir chevelu, mobile, au contraire, sur les os et de forme quadrangulaire.

2“ Occipital (fig. 63, 1). — Ce muscle s’attache au bas aux deux tiers externes de la ligne courbe occipitale supérieure (fig. 14, XX'), en haut, au bord postérieur de l’aponévrose épicranienne.

3' Muscle frontal (tig. 79, 1). — Ce muscle, séparé de celui du côté opposé par une languette de l'aponévrose avançant sur la ligne médiane, s’attache en haut au bord antérieur de l’aponévrose épicrânienne ; en bas ses fibres s’insèrent, les unes à la peau de la région du sourcil et de la région du nez, les autres aux os, près de l’angle interne de l’œil (apophyse montante du maxillaire supérieur et os nasaux) ; il envoie en outre des faisceaux à l’orbiculaire. Le faisceau musculaire le plus interne, qui vient de la partie inférieure de Vos nasal (fig. 15, B), constitue un petit muscle à part, le pyramidal (fig. 79, 5), qui, en haut, prend aussi quelques insertions à la peau de la racine du nez. Les fibres des pyramidaux s’entre-croisent souvent sur la ligne médiane. Les muscles frontal et occipital ont leurs fibres dirigés dans le même sens, c’est-à-dire d’avant en arrière, et la contuinité est établie par les fibres antéro-postérieures de l’aponévrose épicrânienne.

4“ Muscles auriculaires. — Ces muscles, au nombre de trois de chaque côté, auriculaires antérieur, supérieur et postérieur, s'attachent tous à l’aponévrose épicranienne.

a) Le muscle auriculaire antérieure, attrahens auriculam (fig. 79, 2), très mince, quelquefois à peine visible, s’attache à la partie antérieure du conduit auditif cartilagineux.

b) Le muscle auriculaire supérieur, atlollens auriculam (fig. 79, 3), large, rayonné, s’incère à la convexité de la fossette de Vanthélix.

c) Le muscle auriculaire postérieur, retrdhens auriculam (fig. 79, 4), se compose de un ou deux petits faisceaux allant de l’aponévrose épicrânienne, au niveau de l’apophyse masto'ide (fig. 13, G), à la convexité de la conque.

Nerfs. — Tous ces muscles sont innervés par le nerf facial. L’occipital reçoit en outre de fins filets du petit nerf occipital.

Action. — Tous ces muscles sont tenseurs de l’aponévrose épicrânienne; ils peuvent en outre la faire mouvoir, et avec elle le cuir chevelu, soit d’avant en arrière (point fixe à l’occipital), soit d’arrière en avant (point fixe au frontal). Quand cette aponévrose est fixée par l’occipital, le frontal prend son iioint fixe à ses insertions épicraniennes et élève les sourcils en plissant transversalement la peau du front; au point de vue physiognomoniqne, c’est le muscle de l'attention, et par ses contractions d'intensité variable il peut en rendre les differents degrés et les divers modes (surprise, admiration, ébahissement, épouvante). Le pyramidal prend son point fixe en bas, plisse transversalement la peau de la racine du nez et abaisse la peau de la région intersourcilière ; il est donc pbysiologiquement antagoniste du frontal. Sa contraction rend les sentiments tristes et concentres et s'associe ordinairement à celle du sourcilier pour l’expression agressive, dure (muscle de l’agression). L’action des trois auriculaires, très variable suivant les individus, se déduit facilement de leur situation.

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