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CHAPITRE IV

ARTIGLE L — ARTIGULATIONS DE L'ÉPAULE.

SI. — Articulations de la clavicule,

La clavicule s'articule par son extrémité interne avec Je sternum , articulation sterno-claviculaire, par son extrémité externe avec l'acromion , articulation acromio-elaviculaire ; cette dernière articulation est renforcée par des ligaments allant de l'apophyse coracoïde à la clavicule, ligaments coracoclaviculaires.

+ 1° Articulatlon aterno-claviculaire (Fig. 3).

C'est une articulation à ménisque.

Surfaces articulaires. — Non-seulement l'extrémité interne de la clavicule dépasse de 0w,015 sous forme de saillie arrondie le bord supérieur de la facette steruale, mais encore les surfaces ne concordent pas. La facette sternale est à

peu près concave transversalement ; la facette claviculaire plus étendue, concave en dedans et en haut , fortement convexe en dehors et en bas, est trèsirrégulière, Les deux sont recouvertes d'un revêtement fibro-cartilagineux de On,0015 d'épaisseur.

Mnisque (3). — Entre les deux surfaces et s'adaptant à leur configuration on trouve un ménisque de 0,003 à Uw,004 d'épaisseur en moyenne ; ce ménisque épais à son bord interne adhère à la partie de la clavicule qui déborde la facette sternale par des faisceaux libreux très-forts el par des fibres beaucoup plus faibles au hord interne saillant de la ficette sternale ; aussi suit-il la clavicule dans ses mouvements ; ‘en dehors il s'arrondit et va se perdre dans le périchondre du premier cartilagè costal et le ligament costo-claviculaire.

Synoviales. — Ce ménisque partage l'articulation en deux chambres pourvues chacune d’une synoviale ; l'inférieure ne présente rien de particulier; la supérieure envoie en dehors un prolongement entre la face inférieure de la clavicule et la face supérieure du premier cartilage costal, prolongement qui forme quelquefois une pelite synoviale distincte! Ces synoviales sont renforcées en avant et en arrière par.des fibros décrites sous le nom de ligaments antérieur et postérieur.

Ligaments. — Les ligaments. de renforcement sont 16 ligament interclaviculaire et le ligament costo-claviculaire. 1° Le ligament interclaviculaire (4) est un faisceau épais, commun aux deux articulations et allant d'une clavicule à l'autre, en passant comme un pont sur le bord supérieur du sternum ; il adhère de chaque côté à la partie interne dur ménisque ; ® le ligament costoclaviculaire (4) est un ligament fort, aplati, allant de la partié supérieure du premier cartilage costal à la partie interne de la clavieule ; il est quelquerois remplacé par une masse fibro-cartilagineuse, quelqüefois même par une véritable articulation diarthrodiale avec synovial

Nerfs. — Ils sont fournis par les deux branches les plus internes des nerfs suselaviculaires du plexus cervical.

2° Artieutation aeromlo-clavicui

C'est une arthrodie. Les surfaces articulaires sont ovaires, à peu près planes et tapissées d'un revêtement fibreux très-épais, surtout du côté de l'acro= mion , et quelquefois détaché e de manière 4 former un ménisque plus où moins complet dans l'intérieur de l'articulation.

La synoviale, simple ordinairement, à moins d culation en deux cavités par un ménisque parfait, est renforcée par des fai ceaux périphériques, dont les supérieurs, très-épais eL résistants, sont décrits sous le nom de ligament supérieur. .

2° Ligamonts coraco-claviculaites (Fig. 4).

Ces ligaments, três-forts, rattachent la face inférieure de la clavicule à l'apophyse coracoïde. Ils sont au nombre de deux, et forment par leur réunion une bourse triangulaire plus large en haut et ouverte eu avant el en dedans

Le côté antérieur et externe de cette bourse est formé par le ligament tra. péroïde (B, 5), faisceau quadrangulaire aplati, allant de la partie supérieure

160 ARTHROLOGIE.

de la base de l'apophyse coracoïde à la face inférieure de la clavicule, qui pré-

sente là une ligne rugueuse ; le côté postérieur et interne est formé par le liga-

ment conoïde (B, 4), faisceau triangulaire inséré par son sommet à une sail

lie du bord interne de l'apophyse coracoïde près de sa base, et par sa partie

élargie en éventail au bord postérieur de la clavicule et aux. rugosités voisines

de sa face inférieure. Ces ligaments sont très-résistants et tiennent l'omoplate dement attachée à la clavicule.

Mcanisine des artieulations de la clavicule et de l'omoplate.

A. Articulation sterno-claviculäiré, — Dans celte articulation les surfaces articulaires sont tellement inégales que, malgré la présence de deux synoviales, elle ressemble presque autant à une symphyse"très-mobile qu'à une diarthrose. Elle a deux espèces de mouvements : 1e des mouvements autour d'un axe antéro-postérieur abrissement et élévation) ; 2% des mouvements autour d'un axe vertical (mouvements en avant et-en arrière). Dans tous l'extrémité interne de la clavicule suit un mouvement inverse de celui de son extrémité externe ; ainsi, si l'extrémité externe se porte en arrière, l'extrémité interne se porte en avant ;l'os représente done un levier à branches très-inégales , tournant autour d’un point fixe situé très-prês de son extrémité interne, à peu près à l'attache du ligament costo-claviculaire, et l'arc de cercle décrit par a branche interne du levier se traduit à l'extrémité de la branche externe jar un are de cercle béxucoup plus grand et une excursion étendue des mouvements. Ges mouvements, du reste , sont toujours assez restreints, limités qu'ils sont par la rencontre des os ou la résistance des ligaments.

Muscles moleurs. — 4° Élévation de la clavicule. — Trapèze, faisceau externe du sterno-mastoïdien.

2e Abaissement. — Grand: pectoral, deltoïde ; sous-clavier.

e Mouvement en avant, — Sous-clavier, grand pectoral el deltoïde (quand le bras 1 porté en aÿant).

4° Mouvement en arrière — Trapère, sterno-mastoïdien.

je Coaptation de l'articulation sterno-claviculaire — Sous-clavier. — Tous les muscles qui meuvent le moignon de l'épaule meuvent en outre indirectement la clavicule.

B. Articulation omo -Elariculaire, — Le plan de l'omoplate forme avec la clavicule un amgle embrassant le contour supérieur du thorax ; l'attache de la clan à l'apophyse coracoïde se faisant par des ligamehts qui présentent une certaine longueur , cet angle est susceptible de varier, autrement dit la face concave de l'omoplate peut se coller contre le {iorax gu peut s'en écarter. Outre ce mouvement, l'omoplate peut exécuter sur laiclyicule une sorte de mouvement de sonnette autour d'un axe passant par les artiéulätions acromio- claviculaires et coraco-claviculaires ; dans ce mouvement la face antérieure de l'omoplate glisse contre la fate dorsale du thorax, comme s’il y avait là uno véritable articulation, et l'angle externe de l'omoplate et avec lui le bras peut se trouver abaissé on élevé; dans cet abaissement du moignon de l'épaule, le bord spinal de l'omoplate est à peu près vertical et Le bord auillaire oblique ; c'est l'inverse dans l'élévation.

La position de l'omoplate, par rapport au thorax, peut varier suivant les indi dus, et ces variations ont ungfände influence sur la forme du thorax, des épaules et du cou. Les différences qiélpfésente la forme de ces régions dans les deux sexes tiennent en grande partie À ences de position de l'omoplate.

PS

Les mouvements d'abaissement et d'élévation de l'épaule se composent done de deux mouxements distincts : un. mouvement se passant dans l'articulation sternoclaviculaire, et un mouvement se passant dans l'articulation omo-claviculaire, Les mouvements de ces deux articulations peuvent se combiner de Loutés les façons possibles, et ne se font pour ainsi dire jamais isolément sur le vivant.

Muscles moteurs. — 4° Élévation du moignon de l'épaule. — Trapèze, grand dentelé (ses fisceaux inférieurs).

2e Abaissement. — Petit pectoraf, grand dorsal, rhomboïde, angulaire , grand dentelé (faisceau supérieur).

» Mouvement en avant. — Grand pectoral, sous-clavier. Mouvement en arrière, — Trapère, sterno-mastoïdien.

SIL. — Articulation scapulo-hamérale (Fi;

Préparation, — Enlever le del

ie: disséquer avec précaution les tendons des muscles qui s'insèrent au grand et au petit trochanter; redoubler d'attention au niveau du Lapdon du sousseapulaire où se trouve le prolongement sous-scapulaire de la synoviale, el à Ia partie inférieure de la capsule, Ià où s'engage le tendon du biceps.

C'est une énarthrose. Les surfaces articulaires sont constituées par la te de l'humérus et la cavité glénoïde. La tête de l'nonérus représente un peu plus du tiers d'une sphère de 0,095 de rayon: cependant elle n'appartient pas à une sphère parfaite, mais plutôt à un ellipsoïde à grand axe vertical ; elle a un revêtement cartilagineux de 0,002 à son milieu et qui décroil d'épaisseur sur les bords ; son étendue est à celle de la eavité comme 3 : 1.

La cavité glénoïde a la forme d'un ovoïde à grosse extrémité tournée en bas , et de mème rayon que la tète; à l'inverse de celle-ci, son revêtement cartilagineux est moins épais au centre que sur Jes bords, où il atteint 0,003. À son pourtour on trouve un bourrelet fibreux prismatique triangulaire, haut de 02,004, appliqué par sa base sur le rebord de la cavité, et par son bord tranchant sur là tôte de l'humérus, bourrelet glénoïdien ; sa face interne se continue insensiblement avec la surface de la cavité glénoïde.

Cette cavité de réception de la tèe humérale, très-imparfaite , est complétée en haut et en arrière par une voûte ostéo-fibreuse, voite acromio-coracoidienne, formée par l'apophyse coracoïde (A ; 3), l'acromion (2), et dans l'intervalle par le ligament acromio-coracoïdien (4), membrane fibreuse , triangulaire, dense, allant du sommet de l'acromion au bord externe et postérieur de l'apophyse coracoïde.

Une capsule, constituée par la soudure intime de la synoviale et de la capsule fibreuse, réunit les deux os. Elle a la forme d’un cône tronqué dont la base, à peu près circulaire, s'attacherait au col anatomique, et le sommet tronqué elliptique, au pourtour de la cavité glénoïde. Cette capsule est assez lâche pour permettre, après l'ablation des muscles, un écartement de plus de 0».,02 entre les deux os.

La synoviale, rès-pauvre en prolongements synoviaux s'insère du côté de l'omoplate, sur le bord tranchant du bourrelet glénoïdien, sauf en haut, où cette insertion a lieu en dehors du bourrelet; sur l'humérus elle s'insère au

col anatomique, sauf en bas, où elle s'attache à une certaine distance de la M

limite du cartilage. Gelte synoviale présente deux prolongements: 4e un prolongement sous-scapulaire (A , 7), situé entre la concavité de l’apophyse coracoïde et le tendon du sous-scapulaire, et communiquant avee la synoviale par une ouverture arrondie à bords tranchants ; % un prolongement qui enveloppe comme une gaine le tendon du biceps (9) au moment où il pénètre dans l'artieulation, et tapisse la gouttière bicipitale en formant un petit eul-de-sac à la partie inférieure de cette gouttière.

La capsule fibreuse est constituée principalement par des fibres longitudinales ; beaucoup plus épaisse et plus forte en avant et en haut qu'en arrière et en bas, elle est renforcée en haut parun ligament, ligument coraco-huméral où ligament suspenseur de l'humérus, qui va du bord interne de l'apophyse coracoïde à la partie supérieure et postérieure de la capsule, et de plus par les lendons des muscles sus et sous-épineux en arrière , sous-scapulaire en avant , dont les insertions se confondent avec la eapsule.

Le tendon de la longue portion du biceps, qui s'engage das la cavité artieulaire par la gouttière bicipitale et va se bifurquer en se continuant avec la partie supérieure du bourrelt glénoïdien, forme un vrai ligament interarticulaire.

Artères. — Elles viennent des circonflexes et de la sus-seapulaire, — Les nerf viennent en avant de l'axillaire, en arrière du nerf sus-scapulaire.

Afécanisme.

Ce qui distingue par dessus Lout cette énarthrose , c'est une excessive mobilité, due au peu d'étendue de la cavité de réception et à la laxité de la capsule; de sorte que les mouvements ne sont arrêtés qu'au bout d'un certain temps par la rencontre des surfaces osseuses ou par la résistance des ligaments. Dans ces mouvements la capsule fait des plis du côté où elle est relâchée, plis adhérents en général à quel ques fibres des muscles dont la contractit

La tête de l'humérus étant à peu près sphérique, il y a une infinité d'axes de rotation passant par le centre de la tête ; on peut done avoir des mouvements dans Loutes les directions possibles. Cependant on peut les rattacher à trois directions principales; on d alors les trois mouvements suivants : adduction et abduction, rotation, mouvement en avant et en arrière,

4e Adduction et abduetion. — L'humérus se meut dans un plan tangent à la face postérieure du thorax, par conséquent autour d'un axe antéro-postérieur, dirigé un peu en dedans et en avant; l'exeursion de ce mouvement ne dépasse guère un angle droit; mais si les articulations sterno-claviculaires et omo-claviculaires interviennent , le bras pent être élevé jusqu’à prendre une position verticale. L'abduction est limitée surtout par la rencontre de la grosse tubérosité et du bord supérieur de Ia cavité glénoïde , l'adduction par la tension du ligament coraco-huméral.

2e Rotation, — Elle se fait autour d'un axe passant par le centre de la tête et le centre du condyle de l'extrémité inférieure de l'humérus de façon que son axe prolongé constitue l'axe même de rotation du radius autour du cubitus (voy. Fig. 44).

3e Mourement en avant et en arrière, — Si le bras est pendant, l'humérus se meut

dans un plan dirigé en avant et un peu en dedans; s'il a été préalablement placé

dans l'abduction , il se meut dans un plan horizontal; dans ce cas la grosse tubéro-

sité glisse contre la voûte acromio-coracoïdienne, qui constitue alors une sorte de wité supplémentaire, ayant une bourse séreuse qui facilite le glissement.

164 ARTHROLOGIE.

Dans les différentes positions prises par la tête dans ces mouvements, les deux tiers de la tête sont toujours en dehors des limites de la cavité; seulement la portion extra-glénoïdienne de la tête varie comme forme et comme répartition de surface ; dans les mouvements d'avant en arrière, par exemple, la tête déborde la cavité de tous les eütés, et Ia partie extra-glénoïdienne représente une sorte de surface annu lire; dans d'autres cas, au contraire, la partie extra-glénoïdienne est reportée d'un seul côté (ex. : dans l'abduction); aussi est-ce dans ces positions qu'il y a le plus de facilité pour les déplacements.

Le contact de la tête avec la cavité est maintenu par la pression atmosphérique ; mais celte pression seule ne suit pas, du moins dans toutes les positions du bras. 11 faut qu'il existe une certaine tension musculaire empéchant les plis de la capsule irës-lâche de l'articulation d'être repoussés par la pression atmosphérique et de s'invaginer entre les surfaces articulaires, Les muscles sous-scapulaires, sus et sousépineux agissent très-eficacement sous ce rapport. Le deltoïde agit de même. pour maintenir la partie supérieure de l'humérus appliquée contre la voûte acromic-coracoïdienne. Cependant ; même sur le cadavre il est certaines positions dans lesquelles ; même après l'ablation des muscles la tête reste en contaet avec la cavité : telles sont une forte rotation de l'humérus en dedans ou une adduction forcée.

Musctes moteurs. — 19 Adduction. — Grand pectoral, coraco-brachial, triceps, court chef du biceps, grand dorsal, grand rond, petit rond, sous-épineux, sousscapulaire,

2% Abduction, — Deltoïde , sus-épineux.

3e Rotation en dedans. — Grand pectoral, grand dorsal, grand rond, sous-scapulair 49 Rotation en dehors. — Sous-épineux , petit rond.

5% Mouvement en avant, — Grand pectoral, biceps, coraco-brachial, faisceaux atérieurs du deltoïd 6° Mouvement en arrière, — Grand dorsal, isceaux posté

urs du deltoïde.

PavaNT-uRas.

ARTICLE 11: — ARTICULATIONS Di

c le eubitus par ses deux extrémités, articulation et inférieure, et l'espace restint entre les deux os leuse, membrane interosseuse.

Le radius s'articule avi radio-eubitale supérieure est occupé par une membrane ligamé

1e Articulation radio-cubltale supérieure.

Surfaces articulaires. — La tête du radius présente un rebord annula cylindrique de Ow,012 de rayon, reçu dans un anneau ostéo-fihreux constitué dans son quart interne par la petite cavité sigmoïde du cubitus, el dans ses

is quarts externes par un ligament, le ligameént annulaire. Ce ligament est ; évasë, haut de 0,01 environ, qui s'attache aux deux extré mités de la petite cavité sigmoïde; sa circonférence inférieure, plus étroite, s'applique sur le col du radius et maintient la tête dans sa situation; sa face interne, lisse, est en rapport avec le réhord de la tête du radius; sa face externe se confond avec le ligament latéral externe et est recouverte par le court supiuateur,

La synoviale de cette articulation m'est qu'un prolongement de celle du coude et sera décrite ave ele:

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