III. — Paroi supérieure
Elle se compose de deux portions : 1° une antérieure, dure, ostéo-fibreuse, voiUe palatine; 2° une postérieure, molle, membraneuse, voile du palais.
1. Voûte palatine. — Elle est constituée par un squelette osseux et une muqueuse.
a. Squelette. — Formée par l'apophyse palatine des maxillaires supérieurs et la lame horizontale des palatins, la voûte palatine osseuse présente une suture cruciforme et les orifices inférieurs des conduits palatins antérieur et postérieur; elle est parabolique, plus ou moins excavée suivant les sujets, et se compose d'une partie horizontale ou palatine proprement dite, et d'une partie verticale formée par l'arcade dentaire. Sa surface est rugueuse et inégale, surtout en avant et sur les côtés.
b. Muqueuse. — Cette muqueuse offre sur la ligne médiane un raphé aboutissant quelquefois à un tubercule situé au niveau de l'orifice inférieur du canal incisif; de ce raphé partent des crêtes transversales rugueuses plus ou moins prononcées ; en se rapprochant du voile du palais, elle devient lisse et unie. Elle est remarquable par sa pâleur, son épaisseur, due tant au chorion qu'à la couche épithéliale, enfin par son adhérence intime au périoste et à l'os; sa couche glanduleuse {glandes palatines) est plus épaisse sur la ligne médiane.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères palatines postérieures, les veines accompagnent les artères; les lymphatiques -vont aux ganglions faciaux profonds. Les nerfs viennent du grand palatin antérieur et tout à fait en avant du nerf nasopalatin .
2. Voile du palais. — Le voile du palais est une lame mobile musculo-membraneuse, qui fait suite à la voûte palatine ; il peut se diviser en deux portions :
(t. La partie antérieure ou orale, presque horizontale, appartient à la cavité buccale; de ses régions latérales partent deux replis de la muqueuse allant se perdre sur les côtés de la langue ; ce sont les piliers antérieurs du voile du palais, qui circonscrivent l'orifice de communication de la bouche et du pharynx ou isthme du gosier.
b. La partie postérieure ou pharyngienne, très mobile, oblique en bas et en arrière, se termine par un appendice ou luette [uvula] libre dans le pharynx ; des bords de la luette partent deux replis, piliers postérieurs du voile du palais, qui se portent en bas et en arrière et se perdent sur les parties latérales du pharynx ; ils circonscrivent Visthme pharyngo-nasal ou l'orifice de communication du pharynx avec l'arri ère-cavité des fosses nasales. Ces piliers sont plus rapprochés l'un de l'autre que les piliers antérieurs; aussi les débordent-ils de chaque côté, de façon qu'en examinant le fond de la cavité buccale, on voit les quatre piliers. Le pilier antérieur et le piUer postérieur du même côté, très rapprochés en haut, s'écartent à mesure qu'ils descendent et circonscrivent une excavation triangulaire qui loge l'amygdale. La face supérieure du voile du palais est convexe et correspond à l'arrière-cavité des fosses nasales. La face antéro-inférieure concave, lisse, continue sans ligne de démarcation avec la muqueuse de la voûte palatine, présente un raphé médian, qui fait suite au raphé de cette dernière.
Le voile du palais se compose d'une charpente musculaire et d'une muqueuse.
ORGANES DIGESTIFS
A. Muscles du voile du palais
Préparation. — Il suffit, après avoir fait la coupe du pharynx, d'inciser la paroi postérieure du ptiarynx pour avoir en vue la face postérieure du voile du palais. On enlèvera alors la muqueuse du voile avec précaution pour mettre à nu successivement chacun des muscles.
Ces muscles sont au nombre de cinq de chaque côté; ce sont : 1" un destiné à la luette, le palato-staphylin; 2" deux supérieurs, les péristaphylins interne et externe; deux inlérieurs, le glosso-staphylin et le pharyngo-staphylin.
1° Palato-staphylin (fig. 340, 13). — Ce petit muscle, situé immédiatement sous la muqueuse de la face postérieure du voile, s'étend de Yépine nasale postérieure à la pointe de la luette. Les deux muscles de droite et de gauche sont souvent réunis en un seul faisceau {azygos uvulw).
Nerfs. — Il est innervé par des filets pharyngiens du pneumogastrique et par le grand nerf pétreux superficiel.
Action. — Il est releveur de la luette.
2° Péristaphylin interne (') (fig. 340, 14). — Ce muscle naît par un tendon de la face inférieure du rocher en avant du canal carotidien (lig. 25, J) et du bord inférieur de Vexlrêmité posléro-externe du cartilage de la trompe d'Eustache. De là il se porte en bas, en avant et en dedans, dans une gouttière que lui offre le cartilage de la trompe, puis derrière le péristaphylin externe, s'aplatit peu à peu en s'élargissant, et se termine en éventail dans toute la hauteur du voile, en se continuant sur la ligne médiane avec celui du côté opposé; ses faisceaux s'entrecroisent avec des fibres du pharyngo-staphylin.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf palatin postérieur (filets du grand nerf pétreux superficiel) et par les filets pharyngiens du pneumogastrique.
Action. — Il élève le voile du palais.
3" Péristaphylin externe {^) (fig. 347, 10, 1 1). — Ce muscle s'attache : 1° à la fossette scapJioide de Vapophxjse ptérygoide et à la partie voisine de la grande aile du sphénoïde suivant une ligne oblique en avant et en dedans (fig. 2'6, E) ; 2" au tiers externe de la paroi membraneuse de la trompe d'Eustaclie, à laijuelle il est soudé intimement à son bord postérieur. Il constitue un faisceau aplati, situé en dedans du ptérygoïdien interne, et qui descend verticalement le long de l'aile interne de l'apophyse ptérygoide (10). Il donne bientôt naissance à un tendon, qui, au niveau du crocliet de cette aile interne, change de direction, se réfléchit (H) dans la concavité de ce crochet accompagné par une bourse séreuse de glissement, s'épanouit en une aponévrose (12) étalée dans le voile du palais, dont elle forme la charpente fibreuse, et se fixe en avant à une crête transversale située en arrière du canal postérieur. Une partie de ses fibres se perd en dehors dans l'aponévrose du pharynx.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf du ptérygoïdien externe du maxillaire inférieur.
Action. — Il est tenseur du voile du palais et surtout de sa partie orale ; il agit dans le temps qui précède immédiatement la déglutition. Il est en même temps dilatateur de la trompe, et c'est grâce à lui que la trompe s'ouvre à chaque mouvement de déglutition.
(') Pétro-salpingo-staphylin.
(2) Sphéno-staphylln.
SPLANCHNOLOGIE
4° Glosso-staphylin. — Ce muscle, mince, situé dans l'épaisseur des piliers antérieurs du voile du palais, se continue en bas avec les fibres transversales du dos de la langue sous le lingual supérieur, et se perd en haut dans le voile du palais et sur la face antérieure de la luette.
Nerfs. — 11 est innervé par le glosso-pharyngien (probablement par une anastomose provenant du facial).
Action. — Il est constricteur de l'isthme du gosier.
5° Pharyngo-staphylin (fig. 346, 16). — Ce muscle, situé dans l'épaisseur des piliers postérieurs du voile du palais, est large et membraneux. Ses insertions supérieures, multiples, se font : i° par divers faisceaux entre-croisés avec ceux dupéristaphylin interne aux bords de la luette et à Vaponéwose du voile du palais (18) ; 2» au tendon du péristaphylin externe; 3" au bord inférieur de Vouverture] postérieure des fosses nasales; 4» au cartilage de la trompe (19). De là ses fibres se portent : 1° les unes, celles qui proviennent des points fixes, à la ligne médiane du pharynx, depuis le bord inférieur du constricteur supérieur jusqu'à la hauteur des cartilages aryténoïdes; 2° les autres, celles qui proviennent des points mobiles (luette et voile) au bord postérieur et à la grande corne du cartilage thyroïde.
Nerfs. — Il est innervé par le glosso-pharyngien (filets anastomotiques du facial) et peut-être par les filets pharyngiens du pneumogastrique.
Action. — On peut considérer ce muscle comme composé de deux ordres de fibres : les premières, ayant leur point fixe en haut, constituent une anse musculaire dont la convexité correspond à la paroi postérieure du pharynx, et les extrémités aux parties latérales de l'ouverture des fosses nasales ; elles élèvent le pharynx ; les secondes représentent une anse musculaire dont' la convexité répond au voile du palais et les extrémités fixes aux bords du cartilage thyroïde ; elles abaissent le voile du palais. Toutes les deux ont pour action commune de rapprocher l'un de l'autre les pibors postérieurs et de fermer l'isthme pharyngo-nasal.
B. Muqueuse du voilfi du palais
Cette muqueuse, lisse et unie, a des caractères différents sur les deux faces du voile. Sur la face postérieure, elle a les caractères de la muqueuse nasale; elle est mince, peu adhérente; son épithélium est vibratile. Sur la face antérieure où elle continue la muqueuse palatine, elle est épaisse, adhérente et recouverte d'un épithélium pavimenteux stratifié. Sur les bords du voile, à la pointe de la luette, et sur les piliers antérieurs, elle est unie aux parties sous-jacentes par un tissu cellulaire très lâche.
Glandes. — Des glandes en grappe, continuant celles de la voûte palatine, forment sous la muqueuse de la face antérieure une couche épaisse (jusqu'à O^jOOG) qui diminue vers les bords libres du voile ; sur la face postérieure, elles sont très clairsemées. On trouve sur cette face quelques follicules clos faisant saillie sous la muqueuse.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des palatines supérieure et inférieure ; les artères linguale et pharyngienne fournissent quelques branches aux piliers. Les veines de la face postérieure se jettent dans le plexus ptérygoïdien ; celles de la face antérieure, plus nombreuses, dans la veine pharyngienne. Les lymphatiques, disposés aussi en deux réseaux, vont aux ganglions qui occupent la bifurcation de la carotide primitive. Les nerfs de la muqueuse et des glandes sont fournis par les nerfs palatins postérieurs et par des filets du pneumogastrique et du glosso-pharyngien.
Fig. 340. — Mit-sclcs sujierficiels du voile du palais (').
(*) 1) Conduit auditif externe. — 2) Canal cai'otidien. — 3) Bord postérieur de la branche montante du maxillaire. — 4) Apophyse styloïde. — o) Aile interne de l'apophyse ptérygoïde. — 6, 7) Trompe d'Eustache.
— 8) Saillie de la grande corne de l'os hyoïde. — • 9) bord postérieur du cartilage thyro'i'de. — 10) Amygdale.
— H) Langue. — li) Epiglotte abaissée. — 13) Palato-staphjliu. — 14) Péristaphylin interne. — lo) Péristaphylin externe. — 16) Pharyngo-staph\ lin. — 17) Ses faisceaux profonds. — IS) Ses faisceaux superficiels. — l'j) Ses faisceaux accessoires. — 20) Stylo-pharyngien. — 21) Faisceau hyoïdien des stylo-pharyngien et constricteur moyen. — 22) Stylo glosso. — 23) Stylo-hyo'ïdieu. — 24) Constricteur supérieur. — 2.5) Constricteur moyen. — 26) Constricteur inférieur. — 27) Aponévrose pharyngienne. — 28) Lingual supérieur. — 2'J) Attache des fibres circulaires de l'œsophage. — 30) Aryténoïdien postérieur. — 31) Crico-aryténo'ïdieu externe. — 32) Ptérygo'ïdien externe. — 33) Ptérygo'ïdicn interne.
SPLA.NCHNOLOGIE