‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 213 sur 299 · II. — Conduits excréteurs du testicule · texte numérisé non relu

II. — Conduits excréteurs du testicule

1° Canal déférent

Co canal, long de 001,40 à O^j/iO environ, pelotonné sur lui-même dans son quart inférieur, représente un cordon cylindrique, d'une dureté caractéristique, de 0™,003 d'épaisseur. 11 monte d'abord le long du bord postérieur du testicule (fig. 402), au côté interne de l'épididyme, dont le séparent les vaisseaux spermati(iues, puis gagne en ligne droite l'anneau inguinal, franchit le canal inguinal avec les éléments du cordon spermatique, sort par l'orilice interne en se recourbant sur l'anse de l'artère épigastrique (fig. 402) et s'enfonce dans la cavité pelvienne. Là, il se place sur les côtés, puis en arrière de la vessie, croise l'urètiu-e en avant duquel il passe, se rapproche de plus en plus du canal déférent du côté opposé, auquel il finit par s'accoler (lig. 403), et, arrivé à la base

(*) a, 4) Spermatozoïdes recueillis dans le testicule. — c) Dans le canal déférent. — d) Dans les vésicules séminales.

de la prostate, s'unit à angle aigu au conduit excréteur de la vésicule séminale pour constituer le canal éjaculaleur.

Conformation intérieure. — La lumière du canal déférent est très étroite (0mm 16)^ à cause de l'épaisseur de ses parois qui atteint l^^^jS; deux travers de

Fig. 402. — Veines du cordon spcrmatique (").

dioigt au-dessus de la prostate, il se dilate en une ampoule fusiforme. La muqueuse est blanche, lisse, plissée longitudinalement; dans l'ampoule, elle est

(*) i) Veines du cordon à leur enWe dans le canal inguinal. — 2) Veines spermaliques remontant à la veine cave. — 3) Veines spermatiques se divisant en deux faisceaux 4 el 5. — 4) Faisceau de veines émergeant du corps d'Highmore. — 5) Faisceau émergeant de la tète de l'c'pididyme. — 6) Veines funiculaires venant de la queue de l'épididyme. — 7) Anastomoses des veines de la cloison du scrotum avec le faisceau précédent. — 8) Anastomoses des veines du scrotum avec les veines venant du corps d'Highmore. — 0) Veine de la cloison du scrotum. — JO) Branche de terminaison de la veine de la cloison, allant se jeter dans les veines du cordon. — 11) Veine dorsale de la verge. — 12) Veine honteuse externe. — 13) Veine de la paroi externe du scrotum.

— 14) Veine saphène interne. — 15) Anastomose prépubienne des veines du cordon. — 16) Grand droit. — *7) Crochets relevant !?. péritoine. — 18) Artères et veines épigastriques. — 19) Artère iliaque externe. — 20) Origines des artères circonflexe et épigastrique ; sur cette dernière on voit naître l'artère funiculaire

— 21) Embouchure commune des veines épigastriques et funiculaires. — 22) Canal déférent. — 23) Feuillet pariétal de la tunique vaginale. — 24) Testicule. — 23) Tète de l'épididyme. — 26) Coupe des corps caverneux. — 27) Coupe de l'urèthre. — (D'après Charles Périer.)

ORGANES GÉNITAUX DE l'hOMME

rugeuse, aréolaire, réliculée et comme criblée de fossettes de i^'^jO à 0"'",01 de largeur.

Structure. — Le canal déférent se compose, de l'extérieur à l'intérieur, de trois tuniques : 1" une tunique adventice, fibreuse, assez mince; 2" une tunique musculaire lisse, de 0">,001 d'épaisseur, qui lui donne une contracfilité très énergique et très rapide; elle comprend trois couches : une externe, très mince, de fibres 1 ongitudinales ; une intermédiaire, très épaisse, circulaire ; une interne assez forte, longitudinale ; 3" une muqueuse, tapissée d'un épit/iélium ci/lindrique. Dans l'aiiipoule et au-dessous d'elle on trouve de plus quelques glandes tubuleuses.

Vaisseaux et ner/s. — Ses artères viennent de la déférentielle. Ses veines se rendent en partie dans le plexus vésical, en partie dans le plexus pampiniforme. Ses parois sont très riches en ?ierf's, qui viennent du plexus hypogastricjue.

Cordon spermatique (lig. 402). — On donne ce nom à l'ensemble des organes enlourunl le canal déférent. Il comprend : 1° le canal déférent; 2° les artères, artères spermatique, déférentielle et funiculaire; 3" des veines, veines spermaliques (plexus pampiniforme) et veines funiculaires; 4° des lymphatiques ; 5" des nerfs, plexus spermatique et déférenliel accompagnant les artères, et branches génitales du plexus lombaire; 6" des fibres musculaires lisses, restes du gubernaculum Icstis, qui entourent les vaisseaux et le canal déférent et se prolongent jusqu'au testicule, crùnastcr interne de Henle. Un tissu cellulaire lâche réunit toutes ces parties. Ordinairement les veines spermatiques forment avec l'artère un paquet situé en avant du canal déféi ent ; en arrière de ce canal sont les deux ou tiois veines accompagnant l'artère funiculaire. Dans le canal inguinal, le canal déférent se place au-dessous des veines spermatiques, au-dessus des veines funiculaires.

2" Vésicules séminales (fig. 403)

Les vésicules séminales sont deux corps aplatis, ovoïdes, mamelonnés, de O'°,0o"j de longueur, 0™02 de largeur et 0™,0I d'épaisseur. Elles sont situées en dehors des canaux déférents, en arrière de la prostate et dans un plan presque horizontal, quoiqu'un peu incliné en haut et en arrière. Leur bord interne est accolé à l'ampoule du canal déférent, et leur bord externe au bord supérieur de la prostate; leur extrémité postérieure et supérieure est épaisse, arrondie et tournée en dehors; leur extrémité antérieure, amincie, dirigée en bas et en dedans, s'enfonce dans la prostate pour aller se réunir au canal déférent par un conduit très mince et très court. Leur face antérieure est appliquée sur le fond de la vessie; leur face postérieure, tournée vers le rectum, est recouverte, ainsi que l'espace intermédiaire, par une couche lamelleuse adhérente en bas à la prostate, en haut au cul-de-sac recto-vésical du péritoine, et formée par des fibres lisses transversales mélangées de tissu connectif dense; on la désigne à tort sous le nom d'aponévrose prostato-pêritonéale.

Conformation intérieure. — A la coupe, la vésicule séminale présente une cavité irtégulière et des lobes arrondis; si on isole et si on déplisse ces lobules, on voit qu'ils sont formés par l'enroulement sur lui-même d'un canal flexueux, de 0'^,10 à 0'",14 de longueur, pourvu de nombreux culs-de-sac ramilîés, et qui représente un véritable diverticulum du canal déférent.

Structure. — Ses parois, épaisses de 0'°,001, se coiiaposent de trois tuniques : 1» une externe, fibreuse ; 2» une moyenne musculaire lisse, formée par des fibres externes longitudinales et des fibres internes circulaires ; 3» une muqueuse tapissée par un épi-

832 SPLANCHNOLOGIE

thélium polygonal. On y "trouve les mêmes glandes que dans le canal déférent. Un tissu cellulaire dense et des fibres lisses réunissent les circonvolutions des vésicules séminales.

Ces organes jouent à la fois le rôle de réservoirs et d'organes sécréteurs. Leur sécrétion, qui se mélange au sperme, consiste en un liquide albumineux, filant, non coagulable par l'acide acétique, et dans lequel on rencontre quelquefois des corpuscules azotés transparents, friables {sympexions de Robin).

Fig. 403. — Prostate, vésicules séminales et bulbe de l'urèthre, Due postérieure (*).

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères déférentielles et des vésicales inférieures. Les veines vont aux plexus vésicaux. Les lymphatiques se rendent aux ganglions pelviens. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

3° Canaux éjaculateurs

Ces canaux, longs de 0^,02, naissent de la réunion à angle aigu du canal déférent et de la vésicule séminale du même côté, et vont s'ouvrir dans la partie prostatique de l'urèthre. D'abord assez larges (0"004 d'épaisseur), ils n'ont plus à leur embouchure qu'une lumière très étroite (O"^™,», et 0"S001 d'épaisseur). Ils

(*) 1) UretÈre. — 2) Vésicule séminale. — 3) Canal déférent. — 4) Prostate. — 5) Partie membraneuse de l'urèthre. — 6) Ligaments ischio-prostatiques. — 7) Aponévrose moyenne du périnée. — 8) Bulbe de l'urèthre. — 9) Glandes de Cowper isolées de l'aponévi-ose moy enne. — 10) Coupe des corps caverneux. — 11) Obturateur interne.

ORGANES GÉNITAUX DE l'hOMME

traversent la prostate en se rapprochant l'un de l'autre, et s'ouvrent de chaque côté de l'utricule prostatique.

Leurs parois ont la même structure que celles du canal déférent ; dans la prostate, elles sont excessivement minces et entourées d'une couche de tissu caverneux, qui les isole de la substance dense de la prostate. Cette couche est niée par Robin et Cadiat.

L'urèthre sera étudié avec l'appareil érectile.

§ II. — Appareil érectile

Préparation. — L'appareil érei'lilo do l'homme peut être injecté, soit par la veine dorsale de la verge, soit par les racines des corps caverneux.

L'appareil érectile de l'homme est constitué en grande partie par la verge ou pénis. Le pénis présente des variations notables de consistance, de forme, de position, de volume, etc., suivant qu'il se trouve en état de repos ou en état d'érection. Sa longueur est en moyenne de 0'",09 dans le premier cas, de O^jlS dans le second. A son extrémité libre se trouve un renflement, le gland, dont le sommet est percé d'une l'ente verticale, méat iirinaire, et dont la base, couronne du gland, est séparée du reste par un étranglement circulaire ou col; ce col donne attache à un pli cutané, le prépuce, qui recouvre plus ou moins complètement le gland.

Cet appareil érectile se compose des deux corps caverneux et d'un organe érectile {corps spongieux de Vuréthru) arniexé à la [)artie pénienne de l'urèthre ; mais pour ne pas scinder l'étude de l'urèthre, nous décrirons ce canal dans sa totalité, quoiqu'une partie de sa longueur ap{)artietme exclusivement aux voies urinaires. A cet appareil érectile sont surajoutés des muscles, muscles du périnée; enfin, la verge est enveloppée par une gaine fibreuse et par une gaine cutanée qui présente des dispositions spéciales.

l. Corps caverneux de la verge (fig. i04, 40o, 406, 407)

Les corps caverneux ont la forme de deux cylindres terminés en pointe arrondie à leurs deux extrémités. Ils naissent par deux racines (fig. 413, 4), longues de 0'",0b, de la lèvre interne de la branche inférieure du pubis, suivant une insertion presque linéaire; ces racines, après s'être renflées {bulbes des corps caverneux), se réunissent sous la symphyse, s'adossent l'une à l'autre sur la ligne médiane en interceptant une gouttière inférieure, qui reçoit l'urèthre, et se terminent enfin en avant par une extrémité arrondie coiffée par le gland.

L'enveloppe des corps caverneux est constituée par une membrane fibreuse albuginée, brillante, qui par l'adossement des deux corps caverneux forme une cloison médiane (fig. 406, B) verticale, double en arrière, simple en avant. Leur structure est celle de tous les tissus caverneux ou érecliles (voir page 840). La cloison médiane est perforée, surtout en avant, d'orilices qui font communiquer les cavités des deux corps caverneux.

Page 1