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Urèthre de l'homme

L'urèthre est un canal qui va de la vessie au méat urinaire. Dans toute la partie postérieure à l'embouchure des canaux éjaculateurs {canal urinaire proprement dit], il livre passage à l'urine, dans la partie antérieure {conduit uro-génital), à l'urine et au sperme. La première partie représente seule l'urèthre de la femme.

Beaunis et Boucuaud. 53

SPLANCHNOLOGIE

Conformation extérieure. — Direction (fig. 408). — L'urèlhre se divise au point de vue de sa direction en une partie postérieure fixe et une partie antérieure, mobile, séparées dans letat de flaccidité de la verge par un angle ouvert en bas, angle prépubien. 1° La partie fixe s'étend du col de la vessie à l'angle prépubien. Elle décrit une courbe à concavité antérieure et supérieure, dont le

pratiquée au milieu du gland ("). diatement en arrière de la com-onne {'*).

milieu est à .0"^,02 du sommet de l'arcade pubienne. Cette courbure, assez uniforme en avant, présente en arrière une inflexion brusque. L'angle prépubien est situé à 0'",03 en avant du sommet de l'arcade du pubis dans la direction d'une ligne qui passerait par l'oriflce vésical de ce sommet. 2° La partie mobile

(*) A. Prolongements fibreux des corps caverneux dans le gland. — B. Faisceaux vasculaires superficiels du gland. — C. Prolongement des corps caverneux dans le gland. — D. Canal représentant une fente verticale.

— E. Coupe du frein. — F. Tissu spongieux de l'urètlire. — G. Téguments. — (B. Anger.)

(**) A. Téguments. — B. Corps caverneux droit. — C. Coupe du plexus situé entre l'urètlire et les corps caverneux. — D. Forme en j renversé du canal. — E. Tissu de l'urètlire. — F. Repli muqueux qui forme le frein du prépuce. — G. Cloison des corps caverneux. — H. Coupe des plexus situés au-dessus des corps caverneux. — (B. Anger.)

(***) A. Veines dorsales de la verge. — B. Cloison des corps caverneux. — C. Corps caverneux. — D. Plexus veineux situés au-dessus de l'urètlire. — E. Urèthre présentant une fente transversale. — G. Corps caverneux.

— L. Tissu spongieux de l'urètlire. — (B. Anger.)

(***') A. Veines dorsales de la verge. — B. Corps caverneux. — C. Urèllire. — D. Tissu spongieux de l'urètlire. — E. Plexus veineux situés au-dessus de l'urètlire. — (B. Anger.)

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change de direction, suivant Tétai de la verge; .tombante, à l'état de repos, elle se redresse dans l'érection ; alors l'angle prépubien disparaît et l'urèthre a dans sa totalité une concavité supérieure.

D'après ses rapports et sa. forme extérieure, on a divisé l'urèthre en trois régions, qui sont, d'arrière en avant, la région prostatique , la région membraneuse et la région spongieuse.

La longueur totale de l'urèthre, mesuré en place, peut varier de 0'°,14 à 0™,19, ainsi répartis pour les diverses régions: région prostatique, 0",025 à 0™,30; région membraneuse, 0™,013; le reste appartient à la région spongieuse, seule sujette à varier suivant l'état de la verge.

Fig. 408. — Coupe antéro-postérieure et médiane du bassin chez l'homme (').

a. Région prostatique. — Cette région est enveloppée par un organe particulier, la prostate.

La prostate i7rpo!iTâr-/i;, irpo, devant; iraw, je pose) est un corps glandulaii'e qui entoure la partie prostatique de l'urèthre (fig. 403, 4). Elle a la forme d'une châtaigne ou d'un cône aplati à base supérieure et souvent d'aspect bilobé. Son poids est d'environ 10 grammes. Ses limites se confondent en partie en avant, en haut et en arrière avec les tissus ambiants, ce qui rend son isolement difficile. L'urèthre la traverse, non pas suivant son axe et dans son milieu, mais beaucoup

(*) A. Vessie. — B. Rectum. — C. Symphyse du pubis. — D. Amis. — E. Corps caverneux. — F. Bulbe do l'urèthre. — G. Gland. — H. Prostate. — 1. Vésicule séminale. — K. Testicule. — L. Méat urinaire. — M. Culde-sac du bulbe. — 0. Coccyx. — R. Péritoine. — S. Pyramidal. — T. Grand droit antérieur de l'abdomen. — U. Plexus de Santorini. — V. Releveur de l'anus. — X. Sphincter interne. — Y. Sphincter externe. — Z. Col de la vessie. — a) Transverse superficiel du périnée. — b) Transverse profond. — d) Orbiculaiçe du l'urèthre. — e) Bulbo-cavcrneux. — g) Tunique musculeuse de la vessie. — p) Cul-de-sac recto-vésical. — (D'après Legeudre.)

SPLANCHNOLOGIE

plus près (le la face supérieure, de façon qu'il ne reste ordinairement en avant du canal qu'une très petite épaisseur de substance prostatique; souvent même la glande forme en avant une simple gouttière qui reçoit l'urèthre et dont les bords se rapprochent jusqu'au contact. Les conduits éjaculateurs traversent obli- ([uement la prostate. Ses parties latérales constituent les lobes latéraux de la prostate; on appelle lobe médian une saillie médiane qui soulève la muqueuse de la paroi postérieure de l'urèthre [luette vésicale) et qui existe vingt fois sur cent chez les sujets qui ont dépassé soixante ans. Le volume de la prostate augmente du reste avec l'âge. Chez l'adulte, les rayons de la prostate (mesures prises à partir du centre de l'urèthre) sont les suivants: rayon transverse, 0™,013 ; rayon inférieur 0",017; rayon oblique 0°',022.

Rapports. — En avant, elle est séparée de la face postérieure de la symphyse par les plexus de Santorini (fig. 408, U) ; en arrière, elle répond au rectum. Elle est enveloppée par une sorte de coque tibreuse ou fibro-musculaire, capsule prostatique, et rattachée au pubis par les ligaments pubio-prostatiques, à l'ischion et à la branche inférieure du pubis, par les ligaments ischio-prostatiques (fig. 403, 6). Cette capsule se perd dans l'aponévrose pelvienne, l'aponévrose recto-vésicale etle ligament triangulaire de l'urèthre.

La substance de la prostate est gris rougeàtre ou rouge jaunâtre ; son tissu est très ferme et très dense.

Structure. — Elle se compose d'une trentaine de glandes en grappe éparses dans un stroma de fibres lisses à direction générale radiée qui constitue plus de la moitié de la masse de l'organe. Ces glandes s'ouvrent toutes par quinze à trente oriQces dans la partie prostatique de l'urèthre sur les côtés du verumontanum.

La prostate sécrète un liquide visqueux, filant, analogue à celui des vésicules séminales. On trouve souvent dans les vésicules glandulaires ou dans les conduits excréteurs des concrétions jaunes ou rouges, à couches concentriques, d'une grosseur de 0™™,3 et plus, et ayant pour base une substance protéique.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des vésicales et des rectales; le réseau capillaire de la prostate se continue avec celui de la muqueuse uréthrale. Les veines vont dans les plexus veineux qui entourent l'organe et dans le plexus sous-muqueux de l'urèthre. Les lymphatiques se rendent aux ganglions pelviens. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

b. Région membraneuse. — Elle est renfermée en grande partie dans le ligament de Carcassonne, qu'elle traverse obliquement. Elle représente un cordon curviligne à concavité antéro-supérieure, dont la partie postérieure, à cause de la saillie du bulbe, est plus courte que l'antérieure. En avant, elle répond à l'arcade du pubis, dont elle est distante de 0"',0t : en arrière, elle est en rapport inférieurement avec le bulbe et les glandes de Cowper, et dans le reste de son étendue, séparée du rectum par un espace triangulaire à base inférieure, triangle recto-uréthral.

c. Partie spongieuse. — Beaucoup plus longue que les précédentes, elle enveloppe comme dans une gaine de tissu caverneux toute la partie pénienne de l'urèthre, qui la traverse, non pas tout à fait dans son axe, mais plus près de sa face dorsale. Elle présente deux renflements, l'un postéreur, bulbe (fig. 408, F), l'autre antérieur, gland, séparés par une portion moyenne, corps spongieux de l'urèthre proprement dit (G).

1° Le btdbe (fig. 409, 4) est un renflement ovoïde, dont la grosse extrémité est dirigée en bas et en arrière au-dessous de la partie membraneuse, et qui se perd

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insensiblement en avant dans le corps spongieux; il est divisé en deux lobes par un sillon médian plus ou moins marqué (fig. 413, 2).

2" Le corps spongieux forme un cylindre un peu rétréci à sa partie moyenne, logé dans la gouttière inférieure des corps caverneux.

3" Le gland (fig. 412, 4) est un renflement conoïde, développé aux dépens de la partie supérieuie du corps spongieux. Sa face postérieure ou base, concave (fig. 409, 1), coitTe l'extrémité antérieure des corps caverneux; les bords de cette base, dont le plan est oblique vers la face dorsale et la racine de la verge, constituent la couronne du gland. A son extrémité se trouve le méat urinaire.

Glandes de Coicper. — A la partie spongieuse de l'urèthre sont annexées deux glandes, glandes de Cowper ou de Méry (fig. 403, 9). Ce sont deux petits corps de la grosseur d'un pois, situés de chaque côté de la ligne médiane dans l'épaisseur du ligament de Carcassonne, entre le bulbe et la partie membraneuse. Ce sont des glandes en grappe, dont les conduits excréteurs, partant quelquefois d'une petite cavité centrale, viennent s'ouvrir, après un trajet de 0'",03 et après avoir traversé le bulbe, sur la paroi inférieure de l'urèthre, soit à côté, soit en avant l'un de l'autre. Leur sécrétion est un liquide limpide, clair, très alcalin, dont le passage dans le canal précède de quelques secondes l'éjaculation et neutralise les parois que le passage de l'urine pourrait laisser acides.

Conformation intérieure de l'urèthre. — A l'état ordinaire les parois de l'urèthre sont complètement accolées, et le canal n'existe qu'au moment du passage de l'urine ou d'autres corps écartant ses parois. Dans le premier cas, l'urètiu-e a, sur des coupes transversales, l'aspect d'une fente variable de forme, suivant la région que l'on considère ; verticale au gland, transversale dans la partie spongieuse, étoilée dans la région membraneuse à cause des plis longitudinaux de la muqueuse, elle prend dans la partie prostatique la forme d'un X renversé. Dans le second cas, l'urèthre est à peu près cylindrique ; mais il n'a pas le même calibre (') dans toute sa longueur. Immédiatement derrière le méat se trouve une dilatation ovoïde, fosse naviculaire ; puis, dans tout le reste de la j)ortion spongieuse, on a un diamètre uniforme de 0'",008 environ; au niveau du bulbe existe une dilatation (fig. 408, M), tenant en grande partie à une dépression de la partie inférieure ou cul-de-sac du bulbe et très variable suivant les individus; dans la portion membraneuse, la plus étroite, le diamètre descend à 0'",006, puis dans la région prostatique il augmente peu à peu et atteint en moyenne 0^,011. Dans l'érection complète la partie spongieuse du canal de l'urèthre est béante, non pas par un simple écartement mécanique des parois dû au passage du sperme, mais par le mécanisme même de l'érection, comme le prouvent les injections artificielles bien réussies.

La muqueuse de l'urèthre, très mince, transparente, est rouge vif à la partie antérieure du canal, pâle plus profondément. Elle présente dans les régions spongieuse et membraneuse des plis longitudinaux qui s'efi'acent par la distension. Elle ofTre çà et là, surtout à la paroi supérieure du canal, des replis valvulaires; le plus important, valvule de Guérin, est situé sur la paroi supérieure, à 0™,01:j à peu près du méat; son bord libre regarde en avant et intercepte un cul-de-sac profond de 0"',004 à0",006; elle manque onze fois sur soixante-dix cas (Jarjavay). La paroi supérieure de la région spongieuse est parsemée d'orifices,

(') On peut apprécier ce calil)re en injectant une substance solidifiabie dans l'urèthre sous une pression modérée; on mesure ensuite l'épaisseur du moule ainsi obtenu, épaisseur qui varie suivant le degré de dilatabilité des diverses régions.

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