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Urèthre ouvert par supérieure

sv paroi

lacunes de Morgagni, qui mènent dans de petits culs-de-sac ayant quelquefois jusqu'à 0°,0t ; les plus larges sont sur la ligne médiane et peuvent admettre la tète dune épingle. Elles ne sécrètent aucun liquide. On;trouve encore sur cette muqueuse les orifices des glandes prostatiques, des glandes de Cowper et des glandes de Littre, ces derniers à peu près invisibles à l'œil nu.

Dans la région prostatique, la muqueuse aune configuration spéciale (fig. 409). Sur la paroi postérieure - de l'urèthre s'élève une saillie de 0°',002b de hauteur, de O^jOGi de largeur à sa base, le verumontaniim ou crête uréthrale (8) ; son extrémité antérieure s'étend en avant dans la partie membraneuse; son extrémité postérieure se continue souvent par deux replis, freina (9), qui se perdent vers l'orifice vésical. A son sommet, le verumontanum offre un cul-de-sac, ouvert en avant, profond de 0°',01 enVivon, utricule prostatique ou utérus mflZe(lO) {\oir Embryologie) , de chaque côté duquel s'ouvrent les conduits éjaculateurs (11); tout autour se voient les orifices des canaux prostatiques. En arrière du verumontanum se rencontre souvent une dépression due au développement de la saillie antérieure du trigone.

Structure de l'urèthre. — Les parois de l'urèthre se composent de trois couches, qui sont en allant de dedans en dehors : une muqueuse, une couche sous-muqueuse et une tunique musculaire, à laquelle s'ajoutent pour la région antérieure le corps spongieux de l'urèthre, pour la région membraneuse les muscles profonds du périnée, et pour la région prostatique la prostate.

1" Muqueuse. — Lisse, sauf dans la partie antérieure de l'urèthre (0",04) à O^jOS), où elle est pourvue de papilles. Elle est tapissée par un épithélium cylindrique stratifié, qui, dans la partie recouverte de papilles, est remplacé par un épithélium pavimenteux.

Dans l'utricule prostatique, l'épithélium est vibratile.

{*) A. Partie spongieuse. — B. Partie membraneuse. — C. Partie prostatique. — D. Vessie. — 1) Gland. — ï) Fosse naviculaire. — 3) Corps spongieux proprement dit. — 4) Bulbe. — 5) Cul-de-sac du bulbe. — 6) Orifices des glandes de Cowper. — 7) Prostate. — 8) Verumontanum. — 9) Freins du verumontanum. — 10) Utricule prostatique. — 11) Orifices des conduits éjaculateurs. — 12) Orifice des glandes prostatiques. — )3) Luette Ycîsicale. — 14) Orifice de l'uretère. — io) Trigone vésical.

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2» Couche sous-muqueuse. — Elle est lâche, excepté dans la région prostatique. Dans cette couche sont disséminées de petites glandes en grappe, glandes de Litlre, qui, d'après llenle, n'existeraient que dans la région spongieuse. Dans cette couche sousmuqueuse se trouve, aux régions spongieuse et memhraneuse, un véritable tissu caverneux.

3» Tunique musculaire. — Elle est constituée par des fibres lisses, très épaisses, surtout dans la région membraneuse et dont la couche interne la plus mince est longitudinale, l'externe circulaire (x/j/<Ù!Cie<- urelhral involonluire). Dans les régions prostatique et membraneuse existe en dehors de cette tunique une couche épaisse de fibres striées cii-culaires, qui remontent jusqu'à l'orifice vésical et constituent un véritable sphincter urcthral volontaire. Elles se confondent dans la partie membraneuse avec les fibres musculaires décrites sous le nom de muscle orbiculnire de Vurètlire. Ces fibres manquent dans la région spongieuse, où immédiatement en dehors des fibres circulaires lisses se trouve le tissu érectile propre du corps spongieux de Furèthre.

Le verumontanum est formé par une saillie centrale de tissu élastique et musculaire lisse, tapissée par la muqueuse, au-dessous de laquelle existe une couche de tissu caverneux. Cette saillie aurait pour fonction, pendant l'érection, d'obturer le canal de l'urèthre en arrière de l'embouchure des conduits éjaculateurs.

■io Corps spongieux de l'uréthre. — Il a la structure des corps caverneux; seulement ses mailles sont plus fines. Il est divisé en deux par une cloison médiane plus ou moins complète et surtout visible au niveau du bulbe ; en avant, cette cloison envoie en bas un prolongement fibreux, qui se continue avec le frein du prépuce. Dans le gland, elle se divise de façon à envelopper le méat dans une sorte d'anneau ou mieux de boutonnière fibreuse élastique.

ij III. — Enveloppes du pénis

Le pénis a deux enveloppes : une fibreuse, /"«scia du pénis, une cutanée, fourreau de la vertje.

1" Fascia du pénis. — C'est une lamelle fibreuse, soudée en avant à l'enveloppe nuMnl>raucusc du gland, se perdant en arrière dans l'aponévrose superficielle et le fascia superlicialis du périnée. En arrière elle est renforcée par des expansions des ischio et bulbo-caverneux.

A ce fascia se rattachent des ligaments suspenseurs de la verge, au nombre de deux: un superficiel, un profond. \° Le ligament superficiel, très élastique, jaunâtre, nait de la ligne blanche au-dessus du pubis et se divise en bas en deux i)ranches, qui se réunissent sous le pénis et le soutiennent comme une fronde; 2° le ligament profond, fibreux, nait de la face antérieure de la symphyse et du pilier interne de l'anneau inguinal, et va en s'élargissant s'insérer au fascia du pénis par sa base percée d'un orifice pour la veine dorsale de la verge.

•2" Enveloppe cutanée. — La peau de la verge est doublée à sa face profonde d'une couche mince de libres lisses, continuation de celles du dartos; elle contient lies glandes sébacées et n'a pas de poils, ou seulement des poils rudimentaires.

Arrivée à la couronne du gland, cette peau forme un repli, le prépuce, qui coille le gland plus ou moins complètement; ce repli, de longueur très variable suivant les sujets, présente un orifice dont la largeur doit, pour être normale, permettre complètement la sortie du gland pendant l'érection. La lame externe du prépuce, très extensible, a les mêmes caractères que la peau de la verge ; la lame interne, au contraire, très peu extensible, mince, rosée, se rapproche des muqueuses ; elle est rattachée à la partie inférieure et médiane du gland par un repli, situé au-dessous du méat, frein du prépuce. Le derme de cette lame interne

offre des papilles allongées, vasculaires, et est recouverl d'un ôpilhélhm pavimeiiteux stratifié.

Cette lame interne, en se réfléchissant à la surface du friand, constitue en arrière de sa couronne une rainure circulaire, où s'accumule le smegnia prépuiial (mélange de détritus épithéliaux et de sécrétions sébacées).

C'est dans cette rainure f|ue se trouvent les glandes en grappe, en nondjre très variable, glandes de Tyson, existant aussi en moins grand nondjre sur la lame interne du prépuce et la peau du gland. Ce sont des glandes sébacées, mais sans follicules pileux. L'existence de ces glandes est niée par quelques anatomistes.

La peau du gland est très mince, très adhérente; le derme cutané est très rictie eu fibres élastiques et porte des papilles nombreuses disposées en séries longitudinales convergeant vers le méat. Ces papilles contiennent des corpuscules particuliers, distincts des corpuscules du tact et décrits par Krause comme les terminaisons spéciales des nerfs du sens génital [corpuscules génitaux terminaux). Ce derme est recouvert d'un éj)!thélium pavimenteux stratifié.

Tissu érectile ou caverneux, sa structure. — Le tissu caverneux ne constitue pas un tissu spécial ayant ses éléments caractéristiijues. Dans ce tissu, le réseau capillaire intermédiaire aux artères et aux veines est remplacé par un système de lacunes ou ca-

vités communiquant toutes entre elles et pouvant subir des alternatives considérables de dilatation et de resserrement, et par suite se trouver presque exsangues ou gorgées de sang. Les trabécules ou cloisons qui circonsci'ivent ces cavités, pour se prêter à ces alternatives, doivent être très élastiques ; aussi y trouve-t-on en abondance des fibres musculaires lisses. Dans les organes érectiles, les mailles diminuent de grandeur du centre à la périphérie; les cloisons qui circonscrivent ces mailles sont tapissées par un épithélium pavimenteux, qui manque souvent, surtout dans les cavités centrales. Ce tissu caverneux a deux états : un état de réplétion ou d'érection, un état de vacuité. Tantôt, comme dans le tissu érectile proprement dit, l'état de vacuité est la règle et l'état de réplétion n'est que temporaire ; c'est ce qu'on voit, par exemple, dans les corps caverneux et spongieux de l'urèthre, où cette réplétion a pour but de donner à la verge la rigidité nécessaire pour le coït. Tantôt, au contraire, l'état de réplétion est la règle et l'état de vacuité l'exception; c'est ainsi, par exemple, que l'urèthre, dans ses parties membraneuse et spongieuse, les conduits éjaculateurs dans leur trajet à travers la prostate, sont entourés d'une couche de tissu caverneux gorgé de sang à l'état normal et qui accole leurs parois ; puis au moment où des liquides (urine, sperme) traversent ces canaux, le sang de ce tissu caverneux s'échappe pour permettre la dilatation du canal ; c'est là le tissu compressible de Henle, dont la structure est la même que celle du tissu érectile, mais dont la fonction est inverse.

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La continuité des dernières raiiiilicalions artérielles avec les cavités du tissu caverneux peut se faire de plusieurs façons : !<> les artérioles s'ouvrent directement dans les mailles péripliéri(iues les plus petites ; c'est là le mode le plus conmiun ; 2° elles s'ahouchent en s'élargissant en forme d'entonnoirs dans les grandes cavités centrales ; a» le troisième mode est très controversé ; ce sont les artères dites liélicines (fig. 410 et 411); d'un pédicule commun se détache un bouciuet de vaisseaux qui se tordent en spirale avant de s'ouvrir dans les mailles centrales; on est encore incertain sur la question de savoir si ces artères liélicines ne sont pas un produit de l'art. Ce qui distingue du reste les artères qui se rendent au tissu caverneux, c'est l'épaisseur considérable de la tunique moyenne de fibres lisses circulaires.

Fig. 412. — Veinna de la verge, vue latérale ("].

Des mailles centrales partent des veinules qui traversent les couclies périphériques <lu tissu caverneux, de façon qu'elles doivent se trouver comprimées lorsque ces mailles périphériques se dilatent dans l'érection.

Vaisseaux de l'appareil érectile (fig. 412 et 413). — Les coi-pa caverneux de la verge reçoivent leurs artères de l'artère caverneuse ; celle-ci, après avoir fourni un rameau

(*) 1) Corps caverneuv de la verge. — i) Bulbe de rurôliirc. — 3) Corps spongieux de l'urètlire. — 4) Gland. — 5j Veines du gland et de la partie antérieure des corps caverneux. — 6) Veines circonllexes. — 7) Veine dorsale de la verge. — S) Veines du bulbe. — 9) Plexus se jetant dans la veine dorsale de la verge. — 10) Veines postérieures du bulbe et des corps caverneux allant dans la veine lionteuse interne. — II) Veine fémorale. — 12) Anastomose avec la veine obturatrice. — i'i) Veine obturalrice. — 14) Fascia iliaca. — I5J Aponévrose du grand oblique.

récurrent qui se porte dans la racine du corps caverneux, va d'arrière en avant le lon^r de la cloison dans l'intérieur des corps caverneux et, à son extrémité antérieure, s'anastomose en arcade avec celle du côté opposé ; les deux artères communiquent, en outre, par des branches transversales perforant la cloison. Les veines du corps caverneux vont se jeter, les unes dans la veine dorsale de la verge ; ce sont les veines coronaires ou circonflexes de Kohlrausch, qui proviennent de la partie inférieure des corps caverneux et contournent leurs parties latérales (fig. 412, G, et 413, U), et les veines émissaires, qui proviennent de leur face dorsale ; les autres, veines caverneuses, vont à la veine honteuse interne, qui reçoit encore une partie des veines des racines des corps caverneux (fig. 412, 10).

Les artères du C07'ps spongieux de l'uréthre, plus volumineuses, proviennent aussi de la honteuse interne. Ce sont : 1" pour le gland, les artères dorsales de la verge, qui fournissent aussi des branches à la peau et quelques ramuscules à l'albuginée des corps caverneux ; 2" pour les corps spongieux, les artères bulbo-uréthrales et des rameaux des artères dorsales, qui suivent les veines coronaires ; 3" pour le bulbe, les artères bulbeuses et bulbo-uréthrales. Le tissu érectile de l'uréthre est beaucoup plus riche en artères que les corps caverneux. Les iKines du gland et du corps spongieux vont se jeter dans un plexus veineux qui occupe la concavité du gland et l'angle de réunion des deux corps caverneux et du corps spongieux de l'uréthre (fig. 413, 6). De ces plexus partent des branches qui vont se jeter dans la veine dorsale de la verge située sur la ligne médiane entre les deux artères. Cette veine dorsale reçoit, en outre, les veines sous-cutanées du pénis (au nombre de une à trois). Les veines bulbo-uréthrales se rendent au plexus de Santorini ; les veines bulbeuses dans les veines honteuses internes et obturatrices (flg. 412, 10, 12).

(*) Le corps spongieux de l'uréthre est détaché des corps caverneux et récliné sur le côté. — I) Gland. — 2) Hémisphères droit et gauche du bulbe de l'uréthre recouverts par la partie profonde du bulbo-caverneux (compresseur des hémisphères de Kobelt). — 3) Partie membraneuse de l'uréthre incisée. — 4) Racine des corpscaverneux recouverte nar le muscle ischio-caverneux, — 5) Portion antérieure du bulbo-caverneux. — 6) Piéseau veineux situé entre le corps spongieux de l'uréthre et les corps caverneux ; lors de la séparation des parties, il est resté dans la gouttière des corps caverneux. — 7) Portion de ce réseau adhérente à la l'ace supérieure du corps spongieux de l'uréthre. — 8, 9; Veines communicantes entre le corps spongieux de l'uréthre et les corps caverneux, et coupées dans la préparation. — 10) Veines provenant du corps spongieux de l'uréthre et allant, se jeter dans les veines coronaires. — 11) Veines coronaires. — 12) Veines provenant du corps spongieux de l'uréthre et allant se jeter dans la veine obturatrice. — 13) Veiues provenant de la partie médiane du bulbe. — 14) Veines provenant de sa partie dorsale. — 15) Réseau veineux situé sur les parties latérales de la racine d& la verge. — 16) Veine obturatrice. — 17) Veine honteuse interne. — 18) Artères bulbeuses coupées. — 19) Artères bulbo-uréthrales coupées. — (D'après Kobelt.)

Fig. 413. — Verije vue par sa partie inférieure (").

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Ces veines s'anastomosent avec les veines sous-cutanées abdominales, les plexus pampiniformes, les veines scrotales et honteuses externes (fig. 402 et 412).

Le corps spongieux de l'urèthre et les corps caverneux communiquent par l'intermédiaire du plexus veineux interposé entre le gland et le corps spongieux d'une part et les corps caverneux de l'autre (fig. 413, 6, 7, 8, 9) ; ces communications ne sont pas cependant assez larges pour empùcher dans certains cas la réplétion isolée des deux systèmes.

Les lymphatiques de l'urrthre sont très multipliés et forment dans la muqueuse un réseau très riche, qui comnumique en arrière avec ceux de la muqueuse vésicale, en avant avec ceux du gland. Ces derniers, très multipliés aussi, donnent naissance à des troncs, qui marchent sur le dos de la verge avec la veine dorsale, reçoivent les rameaux provenant des réseaux cutanés de la verge et se rendent, quelques-uns aux ganglions pelviens, la plupart aux ganglions inguinaux.

Les nerfs du pénis viennent du honteux interne et du grand sympathique (plexus caverneux). Leur terminaison dans le tissu érectile est à peu près inconnue. J'ai mentionné plus haut les corpuscules génitaux de Krause. Luschka a trouvé dans le tissu sous-muquenx de l'urèthre des filets nerveux pourvus de cellules ganglionnaires.

§ IV. — Muscles du périnée

Préparation. — Si ou ne peut dètariier complètement le bassin du reste du corps, on disposera le sujet de la faion suivante: les uuisses seront portées dans l'abduction et la flexion pour tendre la rè^'ion périnéale ('); les jambes seront fléchies sur les cuisses et les membres inférieurs fixés par des cordes dans celte situation. On découvrira successivement les muscles en se piidant sur la description ci-après. Pour le releveur de l'anus, on pourra le préparer encore, soit par sa face interne, soit par sa face externe, comme dans les figures 418 et 419.

Les muscles du détroit inférieur se divisent en deux groupes: i" le groupe antérieur, muscles du périnée, se compose d'une couclie superficielle et d'une couciie profonde; la couche superficielle, afTectéc surtout à l'appareil érectile, comprend trois muscles qui inleiceptenl entre eux un triangle de chaque coté de la ligne médiane; ce sont les muscles ischio-caverneux (fig. 414,1), bulbocaverncux (2) et transverse superficiel (4). La couche profonde, affectée à la partie membraneuse de l'urèthre, comprend trois muscles, le transverse profond (9^, le muscle de Wilson (fig. 417) et l'orbiculaire de l'urèthre; 2° le groupe postérieur est formé par les muscles ano-coccijgicns, ([ui constituent un diaphragme pour le détroit inférieur et sont annexés à la partie inférieure du canal alimentaire : ce sont le sphincter externe de l'anus (fig. 418, 19), le releveur de l'anus (16) et l'ischio-coccygien (13). A ces muscles s'ajoutent des feuillets aponévrotiques, décrits sous le nom A'aponécroses du périnée.

i" Ischio-caverneux (fig. 414, 1)

Ce muscle naît de la face interne de rischion et de la lèvre interne des branches inférieures de l'ischion et du pubis par des libres charnues et aponévrotiques. Ces fibres, insérées à tout le pourtour de l'attache des corps caverneux, forment avec l'os iliaque un cylindre ostéo-musculaire, puis ostéo-fibreux f[ui engaine la racine des corps caverneux, et se confond en avant avec leur enveloppe fibreuse. Un de ces faisceaux latéraux gagne souvent le dos de la verge et se réunit à un faisceau semblable du côté opposé {muscle de Houston).

(1) La région périnéale se compose, suivant certains auteurs, de toutes les parties molles comprises dans l'aire du détroit inférieur. Cette région est divisée par une ligne allant transversalement d'un ischion à l'autre en deux régions secondaires : une, antérieure, triangulaire, périnée proprement dit, une postérieure, région ano-coccygienne ou ischio-rectale.

A'e/'/i. — 11 est innervé par une branche du honteux interne.

Action. — Ce muscle comprime les racines du corps caverneux et dans l'érection refoule le sang de ces racines dans les parties antérieures.

2° Bulbo-caverneux (fig. 414, 2; 418, 20)

Les deux Lulbo-caverneux peuvent être considérés comme constituant un seul muscle, médian, penniforme, composé de deux moitiés symétriques réunies par un raphé médian. Il s'insère inférieurement au raphé ano-bulbaire (fig. 414, 5)

Fig. 414. — Muscles du périnée, première et deuxième couche (').

et au raphé soiis-m-élhr al (3). De là ses fibres se portent en avant, en haut et en dehors en contournant le bulbe et le corps spongieux de l'urèthre et se terminent de la façon suivante: les postérieures vont à la face postérieure du bulbe, les moyennes au raphé sous-uréthral ; les antérieures constituent de chaque côté deux faisceaux distincts, qui, abandonnant l'urèthre, contournent les faces latérales des corps caverneux et se rejoignent sur le dos de la verge ; ce sont ces faisceaux qui, d'après Kobelt, comprimeraient la veine dorsale de la verge. Une couche de

(') 1) Iscliio-caverneux. — 2) Bulho-caverneux. — 3) Raplié sous-urc'lliral. — 4) Transverso superficie!. — 5) Raplié ri''sullant de l'inlerseclion des deux transvorses. — 6) Aponévrose moyenne. — 7) Gouttière pour l'insertion de l'isfliio-caverneux. — 8) Corps caverneux du côté gauche, dont la racine est enlevée. — 9) Trans- ■verse profond. — 10) Artère honteuse interne. — H) Spliincter externe de l'anus, dont la partie antérieure est rabattue pour laisser voir l'intersection des transverses superficiels. • — 12) Releveur de l'anus. — Nota. Cette figure, ainsi que les figures 417 et 42U, ont été dessinées d'après un sujet mort de mort violente, cl dont les muscles du périnée présentaient un développement remarquable.

ORGANES GÉNITAUX DE l' HOMME

fibres profondes, limitée à la saillie postérieure du bulbe (fig. 413, 2), l'entoure à la manière d'une fronde ou d'un anneau circulaire.

Ce muscle reçoit ordinairement des faisceaux surnuméraires : 1° du transverse superlicicl qui, quelquefois, se perd complètement dans son épaisseur (fig. 415, 3) ; 2° du sptiincter de l'anus (fig. 416), avec lequel il semble s'entre-croiser pour constituer le raphé ano-bulbaire ; 3» de la partie inférieure du l'eleveur de l'anus, faisceaux anobulbaires; 4» enfin des faisceaux transversaux, provenant de l'ischion, peuvent se jeter sur la partie postérieure du bulbe et de l'urètlire {m. retractor urethrœ). Cruveilhier

Fig. 413. — Muscles du détroit inférieur du bassin (*).

a rencontré le bulbo-caverneux recouvert par une mince couche de fibres annulaires superficielles. Je l'ai trouvé sur un sujet atrophié ou rudimentaire d'un côté, très hypertrophié au contraire du côté opposé où la masse de ses fibres atteignait une épaisseur remarquable.

Nerfs. — Il est innervé par le honteux interne.

Action. — Ce muscle forme un véritable sac contractile, qui pendant l'érection refoule le sang du bulbe dans le gland ; il joue donc pour l'appareil érectile de l'urèthre le même rôle que l'ischio-caverneux pour les corps caverneux. En outre, en comprimant l'urèthre, il expulse les dernières gouttes d'urine et de sperme [accelerator seminis et urinse).

;*) 1) Ischio-caverneux. — 2) Bulbo-caverneux. — 3, 4) Transverse superficiel se perdant en totalité sur le bulbe. — 5) Coupe du corps caverneux. — 6) Aponévrose moyenne. — 7) Ischion. — 8) Coccyx. — 9) Grand ligament sacro-sciatique. — 10) Le même, incisé et récliné en arrière. — 11) Obturateur interne. — 12) Iscliiococcygien. — 13) Fibres postérieures du releveur. — 14) Ses fibres moyennes. — 15) Sphincter de l'anus, -r iC) Raphé.

SPLANCriNOLOGIE

3° Transverse superficiel (fig. 414, 4)

Ce muscle présente de très grandes variétés. Chez les sujets très musclés (fig. 414), sa forme est presque rectangulaire; son insertion externe, mince, aponévrotique, se fait à la partie inférieure de la face interne de la tubérosité ischiatique, au-dessus et en arriére de Vischio-caverneux, et embrasse l'extrémité postérieure de ce muscle dans une gouttière bien visible après son ablation (7). De là il se porte directement en dedans en présentant d'abord une face supérieure et une face inférieure; puis il subit une sorte de torsion, par laquelle sa face

Fig. 416. — Muscle transverse sons-cutané du pcrinée{').

inférieure devient antérieure et sa face supérieure postérieure; il en résulte que les deux muscles, arrivés sur la ligne médiane, sont placés de champ et forment une cloison transversale entre le rectum et le bulbe. L'union des deux muscles se fait tantôt fibre àfîbre, tantôt par un raphé fibreux (5) médian, supérieur au raphé ano-bulbaire.

Chez les sujets faibles, le transverse naît plus souvent par une extrémité

(*) 1) Urèthre. — 2) Corps caverneux. — 3) Pubis. — 4) Aponévrose crurale. — 5) Bulbo-caverneux. — C) Iscliio-caverneux. — 7) Transverse sous-cutané du périnée. — 8) Ses faisceaux antérieurs allant au bulbocaverneux. — 9) Faisceaux allant au releveur. — 10) Faisceau allant en arrière au sphincter externe et au releveur. — H) Aponévrose moyenne du périnée. — 12) Muscle transverse profond. — 13) Transverse superliciel, confondu ici avec le transverse profond. — 14) Glandes de Cowper. — 13) Sphincter externe. — Iti) Ses libres antérieures cutanées. — 17) Ses insertions postérieures. — 18) Releveur de l'anus. — 19) Obturateur interne. — 20) Ischio-coccygien . — 21) Bord inférieur du grand fessier.

ORGANES GÉNITAUX DE l'iIOMME 847

externe amincie, et sa forme est alors celle d un triangle dont la base répond à la ligne médiane.

Nerf. — Il est innervé par le nerf honteux interne.

Action. — Il forme avec celui du côté opposé une sangle qui comprime la face antérieure du rectum et intervient dans la défécation. Il agit en outre comme tenseur des aponévroses superficielle et moyenne du périnée. Son action principale nous parait être de fixer le bulbe de l'uréthre pendant la contraction du bulbo-caverneux, soit indirectement par la tension de l'aponévrose, soit directement par ses fibres bulbaires, cjuand elles existent. En etîet, on voit assez souvent le muscle se perdre en totalité sur le pourtour du bulbe (fig. 415, 3), et dans ce cas il ne peut, en aucune façon, agir sur le rectum.

Variétés. — Ce muscle oli're des variétés considérables, tant au point de vue de ses insertions externes C|ue de sa terminaison. Il peut recevoir des faisceaux accessoires des branches inférieures de l'ischion et du pubis en avant de l'ischio-caverneux {muscle iscliio-bulhaire, transverse antérieur et supérieur des auteurs), de l'ischio-caverneux, de l'aponévrose obturatrice, de l'aponévrose moyenne du périnée, du releveur de l'anus, du sphincter externe. Quant à sa terminaison, il peut envoyer des faisceaux (presque constants) au bulbo-caverneux ; quelquefois il se perd en totalité dans son épaisseur (fig. 415); on en rencontre encore allant au releveur de l'anus, au sphincter, externe, à la peau de la région anale.

^ Transverse sous-cutané du périnée. — On peut ranger sous ce nom des faisceaux signalés par Theile, et qui, sans être constants, se rencontrent avec de très grandes variétés chez un certain nombre de sujets. A l'état de développement complet (fig. 416, 7), ce nuiscle part de la masse cellulo-adipeuse qui recouvre l'ischion, et se porte en dedans pour se perdre dans le raphé ano-bulbaire, le releveur de l'anus et le bulbo-caverneux. Cette disposition est rare; mais on rencontre souvent des faisceaux musculaires épars au milieu de la graisse sous-cutanée et de l'excavation ischio-rectale, faisceaux qui se continuent, soit en dedans, soit en dehors, avec les lamelles élastiques blanchâtres du fascia superficialis. Une partie de ces faisceaux doit, du reste, être rattachée au sphincter externe et au releveur. Quant à leur variété, elle est si grande qu'on ne peut en donner une description générale. Leur développement paraît être en raison inverse de celui du transverse superficiel.

4° Transverse profond ou muscle de Guthrie (fig. 420, 3)

Ce muscle, situé entre les deux lames du ligament de Carcassonne, sur un plan antérieur et supérieur au transverse superficiel, s'insère en dehors sur la lèvre interne de l'arcade du pubis, au-dessus des insertions de l'ischio-caverneux, et va se porter en dedans à la partie inférieure de l'urèthre, au niveau de la moitié antérieure de la région membraneuse et à la face supérieure du bulbe. Son bord antérieur s'avance plus ou moins vers la symphyse (0",01b environ); son bord postérieur est à peu de distance du bord antérieur du transverse superficiel. L'artère honteuse interne est située au-dessus de lui et plus profondément; les glandes de Gowper sont dans son épaisseur (fig. 416, 14). Chez les sujets très musclés (fig. 420), ses faisceaux sont transversaux, parallèles et forment un corps charnu rectangulaire et nettement séparé; mais la plupart du temps ils sont entrecoupés de veines, surtout à sa partie antérieure (fig. 416, 12), ce qui rend sa dissection difficile. A ces faisceaux transversaux s'ajoutent souvent des faisceaux obliques. A son insertion pubienne, le transverse profond offre des arcades pour le passage des veines profondes des corps caverneux, qui, d'après Henle, pourraient être comprimées pendant l'érection.

SPLANCHNOLOGIE

Nerfs. — Il est innervé par le nerf honteux interne.

Aclioyj. — 11 sert principalement à fixer la partie membraneuse et le bulbe de l'urèthre. En comprimant les glandes de Cowper, il contribue à expulser leur sécrétion,

S» Muscle de Wilson (fig. 417)

Ce muscle, décrit d'une façon très diverse par les auteurs et nié par beaucoup d'anatomistes, ofTre de très grandes variétés individuelles. Il correspond à la moitié postérieure de la région membraneuse. Ses fibres latérales (7) s'attachent de chaque côté de la symphyse, et forment une anse dont la concavité embrasse la partie postérieure de l'urèthre et se fixe au raphé sous-uréthral. Ses fibres moyennes se portent directement du ligament transverse (voy. Aponévroses du périnée) à la partie supérieure de l'urèthre (8) et forment une masse musculaire comprise entre le plexus pubio-prostatique en haut, l'urèthre en bas, la prostate en arrière et l'angle de réunion des corps caverneux en avant. Le muscle^ de

Fig. 417. — Muscle de Wilson (*).

Wilson est séparé de chaque côté des fibres antérieures du releveur de l'anus par l'aponévrose latérale de la prostate (9).

Pour quelques auteurs, le muscle de Wilson est formé par les fibres antérieures du releveur ; en effet, leurs fibres se confondraient si une lamelle aponévrotique ne les séparait. Pour d'autres, ce n'est que la partie postérieure du transverse profond ; mais les fibres du muscle de Wilson sont situées sur un plan supérieur, n'ont pas la même direction et en sont, du reste, séparées par une mince lamelle fibreuse. Pour d'autres enfin, ce serait un produit de l'art et il serait formé par les insertions pubiennes des îbres longitudinales de la vessie {muscle pubio-vésical) et la partie horizontale du constricteur inférieur de l'urèthre. Cadiat {Étude sur les muscles du périnée, Journal de l'anatomie, 1877) considère le muscle de Wilson comme n'ayant pas d'existence distincte. Ce qu'on appelle ainsi serait simplement une partie des faisceaux qui forment une gaine circulaire autour de la région membraneuse de l'urèthre. Les recherches de Cadiat ont été faites sur des périnées de nouveau-nés, chez lesquels naturellement les muscles du

(*) 1) Ligament sous-pubien. — 2) Ligament transverse. — 3) Section de ce ligament pour mettre à nu le 4) Sinus veineux sous-pubien. — 5) Orifices veineux béants. — G) Urèthre. — 7) Muscle de Wilson. — 8) Sa partie moyenne. — 9) Aponévrose le séparant des libres du releveur de l'anus. — 10) Fibres prostatiques du releveur de l'anus. — II) Releveur de l'anus. — Nota. Le bulbe de l'iirètlire et la moitié antérieure de la partie membraneuse ont été enlevés.

Fig. 418. — Meleveiir ije l'anus, face latérale externe (*).

(*) 1) Cavité cotyloïde. — 2) Sjmpliyse du pubis. — 3) Épine scialiquc. — 4) Seclion de la brandie supérieure de l'ischion. — 5) Section de la branche supérieure du pubis. — 0) Section de la branche inférieure du pubis. — 7) Coccy\. — 8) Petit ligament sacro-sciatique. — 9) Section du grand ligament sacro-sciatique. — 10; Grande écliancrure sciatique. — 11) Section du pyramidal. — 12) Face externe de l'aponé\rose pelvienne. — 13) Muscle iscliio-coccygien. — 14) Arcade aponévrotiquc d'insertion du releveur. — 13) Ses faisceaux pelvi-coccygieus. — 10) Faisceaux pubio-rectaux. - 17) Faisceaux réfléchis se rendant au bulbe. — 18) Raplié ano-coccygien du sphincter externe. — 10) Sphincter e\ternc. — 10) Baphé ano-bulbaire. — 21) Anus. — 22; Section de l'aponévrose moyenne. — 23j Sa face inférieure. — 24) Glandes de Cowper. — 23) Section du corps caverneux. — 26) Bulbo-caverneux. — 27) Corps spongieux de l'urèthre.

B EAU.NIS ET BoUCH.iRD. 54

SPLÂNCHNOLOGIE

périnée n'ont pas encore accjuis leur développement complet. Paulet, dans ses intéressantes recherches sur YAyiaiomie comparée du périnée (Journal de TAnatouiie, 1877), arrive à la même conclusion et nie l'existence du muscle de Wilson.

Nous devons dire cjue nous avons cherché en vain ce muscle chez beaucoup de sujets, mais sur le sujet qui a servi pour la figure 417, il était parfaitement distinct. Aussi cette masse musculaire pubio-membraneuse, quoique très variable comme disposition et manquant peut-être dans un certain nombre de cas, nous paraît cependant devoir être admise comme un muscle à part, tout en accordant que le nom de muscle de Wilson n'est pas très bien choisi. Seulement je ferai une remarque générale sur ce point, c'est que si l'on veut avoir les muscles du périnée à l'état normal, il faut s'adresser à des sujets jeunes, vigoureux, et autant que possible morts de mort violente (suicidés, suppliciés). Les préparations des muscles transverses superficiel et profond et du muscle de Wilson, les descriptions de ces muscles ont été faites dans ces conditions, et les dessins des figures 414, 417 et 420 représentent très fidèlement ce qui existait chez le sujet en question. Peut-être cependant, apn's la leclure du travail de Paulet, y aurait-il heu de faire quelques réserves au sujet des fibres du muscle de Wilson de la figure 417.

Nerfs. — Il est innervé par le nerf honteux interne.

Action. — Le muscle de Wilson tire l'urèthre vers la symphyse et peut comprimer le plexus pubi-prostat ique. En outre, il accélère l'émission de l'urine et du sperme.

6° Constricteur ou orbiculaire de l'urèthre

Ce muscle se compose de fibres internes, circulaires, continues en haut avec le sphincter prostatique volontaire, et de fibres externes; celles-ci comprennent deux plans, l'un antérieur, l'autre postérieur, attachés aux ligaments ischio-prostatiques, et forment une boutonnière autour de l'urèthre {stratum superius et stratum aiiterius de Muller). Ces dernières fibres n'existent que dans la moitié postérieure, les premières dans toute l'étendue de la région membraneuse.]

7° Sphincter externe de l'anus (fig. 416 et 418)

Ce muscle forme autour de la partie inférieure du rectum un anneau musculaire de 0™,02 de hauteur sur 0'",008 d'épaisseur. Ses fibres superficielles, sphincter sous-cutanë (fig. 416, 16), s'insèrent en avant du coccyx et en arrière du bulbe dans le tissu cellulaire sous-cutané et à la face profonde de la peau. Les fibres profondes naissent en arrière de la face externe et de la pointe du coccyx par un raphé, raphé ano-coccygien ; en avant, elles se rendent à un raphé fibreux réunissant le bulbo-caverneux au sphincter, raphé am-bulbaire , qui passe au-dessous du raphé des transverses superficiels; les plus profondes forment une anse qui passe sans interruption en avant du rectum (fig. 420, 9). Les fibres supérieures se continuent avec les fibres inférieures du releveur (fig. 418), de façon que les deux muscles pourraient être considérés comme un seul muscle en forme d'entonnoir, dont le releveur constituerait la partie évasée et le sphincter le goulot.

8° Releveur de l'anus (fig. 415, 418 et 419)

Ce muscle mince, membraneux et dont les faisceaux sont souvent séparés par des intervalles celluleux, prend ses insertions fixes : 1° à la face interne de Vépine sciatiqiie; 2° à la face postérieure du pubis de chaque coté de la symphyse (fig. 38, K) ; 3° dans l'intervalle de ces deux points osseux à une arcade aponévrotiqve à concavité supérieure (fig. 418, 14) adhérente à l'aponévrose pelvienne. Des faisceaux additionnels peuvent provenir: des ligaments pubio-vésicaux, de l'ischion. De ces

ORGANES GÉNITAUX DE l'hOM.ME

insertions, les fibres du releveur se portent en arrière et passent les unes, le plus petit nombre, en avant, les autres en arrière de l'anus et du rectum.

Les fibres qui passent en arrière du rectum se divisent en deux faisceaux : 1° le faisceau postérieur (fig. 418, 15) se rend à la pointe du coccyx; 2" l'antérieur, plus considérable, va au raphé ano-coccygicn (16); quelques-unes de ces fibres se continuent même sans interruption d'un côté à l'autre derrière le rectum.

hes fibres qui passent en avant du rectum (fig. 417, 10) constituent une anse

Fig. 419. — Relcceur de l'anus, face interne (*).

aplatie, mince, qui embrasse dans sa concavité la partie postérieure de la prostate [compresseur ou adducteur de la prostute).

Au releveur de l'anus se rattachent des faisceaux situés à la limite de ce muscle et du sphincter externe et que par suite on pourrait rattacher aussi à la partie profonde de ce dernier muscle. Ces faisceaux, à peu près constants, sont les faisceaux ano-bulbaires et ano-uréthraux : 1» les ano-bulbaires (fig. 420, 10) sont deux bandelettes minces, aplaties, qui se jettent sur le bulbe au-dessous du

{*) 1) Partie supérieure du rectum. — 2) Partie moyenne du recium. — 3| Partie inférieure du rectum et fibres musculaires longitudinales. — 4) Section du péritoine. — o) Face interne du releveur de l'anus. V— 6) Son faisceau antérieur passant en avant du rectum. — 7) Sphincter externe de l'anus. — 8) Obturateur interne. — 9) Psoas et iliaque. — 10} Coupe du pyramidal.

SPLANCHNOLOGIE

bulbo-caverneux ; 2" les faisceaux ano-uréthraux, plus profonds (H), vont à la partie membraneuse de Turèthre et sont cachés par le transverse profond, qu'il faut enlever pour les apercevoir.

Le releveur de l'anus constitue le diaphragme inférieur de l'ovoïde abdominal, diaphragme interrompu pour le passage du rectum et de la partie prostatique de l'urèthre. Entre sa face inférieure et la face interne de l'obturateur interne est

Fig. 420. — Jîeh'veur de l'anus, partie antérieure (*).

une excavation triangulaire à hase inférieure, excavation ischio- rectale , triangle isckio-rcctal rempli par du tissu connectif et de la graisse.

Nerfs. — Il est innervé par une branche du plexus sacré.

Action. — Il contribue à rétrécir la cavité abdominale; en outre, il soulève la paroi postérieure du rectum en haut et en avant, et dirige en arrière l'ouverture anale ; il agit dans la défécation.

(*) 1) Bulbe de l'urèthre. — 2) Transverse superficiel. — 3) Transverse profond. — 4) Lame supérieure de l'apon(!'vrose moyenne. — 5) Arlùrc honteuse interne. — 6) Releveur de l'anus. — 7) Sphincter externe. — 8) Insertions antérieures de sa partie superficielle rèclinées en arrière. — 9) Sa partie profonde passant sans interruption en avant du rectum. — 10) F"aisceaux ano-LulLaires du releveur. — 11) Faisceaux ano-uréthraux. — 12) Muscle adducteur de la prostate.

ORGANES GÉNITAUX DE l'hOMME

0" Ischio-coccygien (fig. 415, 12, et 418, 13)

Ce muscle triangulaire, court, aplati, situé en arrière du bord postérieur du releveur, va de l'épine sciatique au coccyx. Il adhère en grande partie à la face interne du petit ligament sacro-sciatique. Il complète en arrière le diaphragme musculaire du détroit inférieur.

Nerfs. — Il est innervé par le nerf du releveur de l'anus.

Aponévroses du périnée

Ces aponévroses sont au nombre de trois : une superficielle, une moyenne et une profonde. Les deux premières appartiennent seules au périnée ; la dernière, aponévrose profonde ou pelvienne, tapisse l'excavation du petit bassin.

A. Aponévrose superficielle ou ano-pénienne. — Cette aponévrose, qu'il ne faut pas confondre avec la lame profonde du fascia superficialis (i), n'est qu'un produit artificiel de la dissection. En réalité, chacun des muscles superficiels du périnée est contenu dans une gaine fibreuse indépendante ; on a donc deux gaines postérieures pour les transverses ; deux gaines externes pour les ischio-caverneux, se réunissant en avant en une seule ; une gaine médiane pour le bulbo-caverneux et le bulbe ; cette gaine, double en arrière à cause de l'adhérence de son feuillet superficiel au raphé médian sous-bulbaire, est simple en avant et se continue avec l'enveloppe fibreuse du corps spongieux de l'urèthre ; en dehors la lame superficielle de cette gaine rejoint la partie interne de la gaine de l'ischio- caverneux et s'insère avec elle à l'aponévrose moyenne. Les parois profondes de ces cinq gaines sont formées par l'aponévrose moyenne ; leurs parois superficielles, disséquées de façon à former une lame continue, constituent ce qu'on appelle l'aponévrose superficielle, aponévrose qui, en arrière, se recourberait derrière le transverse superficiel pour se continuer avec l'aponévrose moyenne.

B. Aponévrose moyenne ou ligament de Carcassonne ou diaphragme uro-gsnital.

— Celte aponévrose, très complexe dans sa structure, se compose en réalité de deux lamelles, entre lesquelles sont compris le transverse profond, les glandes de Cowper, les vaisseaux et nerfs honteux internes, etc.

1" La lame inférieure, lir/amenl triangulaire de l'urèl/tre, est mince, nacrée, mais résistante, surtout en avant, où, isolée par la dissection du ligament sous-pubien, et de sa partie postérieure, elle constitue une bandelette fibreuse, décrite souvent comme un ligament à part, lif/ament transverse (fig. 417, 2). Elle se voit dans le triangle intercepté de chaque coté par les trois muscles du périnée, et se voit encore mieux après leur ablation et celle des corps caverneux et des parties spongieuse et bulbeuse de l'urèthre. Elle est traversée par la partie membraneuse de l'urèthre, et en avant, près de la symphyse, donne passage à la veine dorsale et aux artères et nerfs dorsaux de la verge. Elle s'insère à la lèvre interne de l'arcade pubienne au-dessus de l'insertion des racines du corps caverneux, et en avant va jusqu'à la partie antérieure de la symphyse. Elle recouvre le transverse profond, qu'elle sépare du transverse superficiel, et vers la symphyse elle forme la paroi antérieure d'un sinus veineux en arcade, sinus sous-pubien [-) (fig. in, 4), dans lequel se déverse la veine dorsale de la verge.

(') Cette lame, aponévrose ano-scrotale de quelques auteurs, blanchâtre, élastique, s'attache en partie au bord externe de l'arcade du pubis, à l'ischion, et en arrière, contracte des adhérences avec la gaine du transverse; elle circonscrit avec l'aponévrose superficielle une loge qui communique avec la gaine du transverse superficiel et contient les vaisseaux et nerfs superficiels du périnée.

(2) Ce sinus veineux sous-pubien, passé sous silence par la plupart des auteurs, me parait devoir être décrit de la façon suivante. Pour bien le voir, il faut couper le ligament suspenseur de la verge et disséquer la veine dorsale de la verge, les artères dorsales et les nerfs dorsaux ;

SPLAN'CHNOLOGIE

2" La lame supérieure du ligament de Carcassonne {aponévrose inférieure du releveur aponévrose latérale de la prodate, etc.), mince, très étendue, tapisse la face inférieure du releveur de l'anus ; dans la partie ano-coccygienne du muscle, elle est réduite à une lamelle celluleuse à peine démontrable ; arrivée au bord postérieur du transverse superficiel, elle se soude à la lame inférieure, s'en sépare ensuite au niveau du transverse profond, au-dessus duquel elle passe, et accompagne la face inférieure du releveur jusqu'à ses insertions pubiennes, en se confondant là avec la paroi postérieure du sinus sous-pubien. Au niveau des bord.s de l échancrure ovalaire (fig. 417) que présentent les bords internes des deux releveurs pour laisser passer la prostate, elle change de direction et se porte en haut sur les parties latérales de la prostate et du muscle de Wilson (9); elle forme ainsi une lame placée de champ, aponévrose latérale de la prostate, qui, en haut, se continue avec l'aponévrose pelvienne, en avant s'attache sur les côtés de la symphyse, en arrière se perd sur les parties latérales du rectum. Une lame fibreuse, très riche en fibres lisses, appelée à tort aponévrose postérieure de la prostate ou prostatopérifonéale, sépare en outre le rectum de la prostate et des vésicules séminales et forme la paroi postérieure de la capsule qui enveloppe la prostate ; en haut elle se perd dans le tissu cellulaire sous-péritonéal du cul-de-sac recto -vésical ; en bas elle forme, en se réunissant à '.'aponévrose latérale de la prostate, deux replis allant jusqu'à l'ischion, ligaments isc/'io-yrostatiqi/es (fig. 403).

Les deux lamelles de l'aponévrose périnéale moj'enne interceptent entre elles un espace qu'on peut diviser en trois loges, une médiane et deux latérales : ï" la loge médiane, plus haute, comprend en arrière la prostate, en avant la partie membraneuse de l'urèthre, le muscle de Wilson et le plexus pubio-prostatiqne ; 2° les loges latérales, très étroites, contiennent les muscles transverses profonds, les glandes de Cowper, l'artère honteuse interne et, en outre, des fibres lisses éparses au njilieu des veines comprises dans leur intérieur.

G. Aponévrose profonde ou pelvienne. — Les muscles qui tapissent le petit bassinet constituent son plancher musculaire sont, en allant d'arrière en avant, le pyramidal, l'ischio-coccygien et le releveur de l'anus, et sur les côtés la partie supérieure de l'obturateur interne. Ces muscles sont recouverts par une aponévrose dense, nacrée, résis-

on les isole ainsi des corps caverneux cl on les relève en avant, tandis qu'on rabat en arrière le resle de la verge (urèllire et corps caverneux). On voit alors la veine dorsale s'enfoncer sous l'arcade du pubis en semblant se tlilater en une aponévrose fortement tendue. Celte aponévrose (fig. 417, 2) forme une arcade au-dessous du ligament sous-pubien (1) ; si on incise au-dessus de cette arcade, on pénètre dans une cavité (4) en forme de croissant, située entre cette arcade et le Ugament sous-pubien, cavité dont les deux cornes se prolongent de cliaque côté le long de l'arcade pubienne; c'est le sinus veineux sous-pubien. Cette cavité, purement aponévrotique, présente : 1" une paroi antérieure, qui reçoit la veine dorsale de la verge, paroi insérée en haut ? la lèvre externe de l'arcade du pubis et du ligament sous-pubien, et en bas continue avec la lame inférieure du ligament de Carcassonne ; 2° une paroi postérieure, concave, formée par le ligament sous-pubien ; 3° une paroi inférieure, convexe, qui isolée constitue le ligament transverse de Henle ; 4" une paroi postérieure (4), qui s'insère en haut à la partie postérieure de la symphyse; cette paroi est percée d'orifices béants, orifices communiquant avec les plexus veineux pubio-prostatiques, ou laissant passer les veines postérieures de la verge ^bulbe et corps caverneux). Celte cavité aponévrotique est tapissée à l'intérieur par une membrane mince, adhérente, mais facilement décollable, qui se continue avec la paroi même des veines qui aboutissent à cette cavité. Si on enlève la paroi postérieure de cette cavité (fig. 421), on pénètre dans un espace rempli par un lacis veineux considérable (2), qui n'est autre chose que le plexus puùioprostatique ou de Santorini, limité en avant par cette paroi postérieure, en arrière par la prostate, latéralement par les fibres internes du releveur, en haut par le ligament pubio-proslatique, en bas par les libres moyennes du muscle de Wilson. Ce plexus communique avec le sinus sous-pubien par quelques ouvertures béantes situées surtout sur les parties latérales. Le sinus sous-pubien est incompressible et toujours béant, tandis que les plexus pubio-prostaliques peuvent être comprimés par le rapprochement de la prostate et de l'urèthre contre la symphyse et par la contraction des releveurs. Le mécanisme de l'arrêt de la circulation veineuse dans l'érection doit être cherché au delà du sinus veineux sous-pubien et probablement dans les plexus puLio-prostaliques et vésicaux.

ORGAxNES GÉiNITAUX DE LA FEMME

tante, qui s'attache en arrière par cinq dentelures dans les intervalles des trous sacrés, en haut au-dessous du dûtroit inférieur. Celle qui tapisse l'obturateur interne a une certaine indépendance, et se continue jusque dans l'excavation ischio-rectale dont elle forme la paroi externe. Sa réunion à l'aponévrose supérieure du relcveur est indiquée par un épaississement fibreux linéaire.

En avant l'aponévrose pelvienne constitue de chaque côté de la prostate et de la vessie deux replis qui vont de l'épine sciatique aux côtés de la symphyse ; la partie de ces replis antcrieure à la prostate a reçu le nom de liqaments puhio-proslaliques ou pubio-vésicaujc latéraux; entre les deux ligaments, l'aponévrose s'enfonce et forme une dépres- VX^.HX.— Sinunieiiieiiisoiis-iiubknetplexuspubio-proslatitiueC). sion médiane, ligament puôio-

prcslatique médian, qui va de' la prostate à la symphyse et recouvre le plexus pubioprostatique ; ces ligaments complètent en haut et en avant la loge médiane de l'aponévrose moyenne du périnée. En dedans elle se perd sur les côtés du rectum et de la vessie, et se continue partiellement avec les lames fibreuses qui forment la loge de la prostate, loge qui pourrait à ce point de vue en être considérée comme une expansion.

ARTICLE II- - ORCUNES GEiNITAUX DE LA FEMME

Les organes génitaux de la femnme se composent, comme pour l'homme, d'un appareil sécréteur et d'un appareil érectile ; mais on les divise plus communément en orcranes irénitaux internes et orcranes génitaux externes.

§ I. — Organes génitaux internes

Les organes génitaux internes comprennent : 1" deux glandes, les ovaires dans lesquelles se produisent les ovules (fig. 422, f, f) ; 2» les deux trompes utérines [d) ; 3° l'utérus (b), cavité médiane où se développe l'œuf fécondé; i-" enfin le vagin {/), canal qui vient s'ouvrir à la vulve au niveau des organes génitaux externes et livre passage, dans le coït, au membre viril, dans l'accouchement au fœtus expulsé par l'utérus.

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