I. Ovaire
L'ovaire a la forme d'un ovoïde légèrement comprimé et présente : deux faces conve.xes; deux bords, l'un antérieur et inférieur, droit, hile de la glande; l'autre postérieur et supérieur, épais, convexe, libre; deux extrémités : l'une externe, plus grosse, à laquelle s'attache le ligament de la trompe (fig. 422, h); l'autre interne, qui fait suite au ligament de l'ovaire {g). Sa surface, lisse chez la jeune fille, se couvre de cicatrices qui augmentent avec l'âge à partir de la puberté et devient chagrinée dans la vieillesse. Sa longueur est de 0™,038 environ sur O'°,02 de largeur et 0",01o d'épaisseur; son volume augmente temporairement à chaque menstruation ; son poids est de 6 à 8 grammes.
Situation et moyens de fixité. — L'ovaire est situé dans l'aileron postérieur du ligament large (voy. Péritoine) et libre dans ses deux tiers supérieurs (fig. 423,
(*) 1) Paroi inférieure du sinus veineux sous-pubien. — 2) Plexus pubio-prostatique. — 3) Fibres antérieures du leleveur de l'anus.
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12). Il est rallaché à l'utérus par un ligament long de 0",03, ligament de Vovaire (fig. 422, g), composé de fibres lisses qui font suite aux fibres superficielles de l'utérus; des fibres lisses rattachent son extrémité externe au pavillon delà trompe, ligament de la trompe (fig. 422, h). L'ovaire possède une assez grande mobilité, grâce à la laxité de ces replis ou de ces ligaments.
Conformation intérieure. — Le tissu de l'ovaire est assez ferme, dense et (Mivoloppé par une membrane fibreuse, albuginée de l'ovaire, mais qui ne se laisse pas délimiter du tissu propre de l'organe. La face externe de l'albuginée est intimement soudée au péritoine.
Le parenchyme de l'ovaire peut, sur une coupe, être divisé en deux parties: la partie périphérique, mbstance corticale, est blanche, homogène, dense et a une épaisseur d'environ un millimètre; la partie centrale, substance m'.^duUaire, est plus rouge, plus molle et comme spongieuse. La transition entre les deux substances se fait d'une façon insensible, de même que la transition entre la couche corticale et l'albuginée. Après la puberté, la couche corticale de l'ovaire présente de petites vésicules de grandeur variable (depuis une dimension microscopique jusqu'à la grosseur d'une cerise), ovisacs, follicules ou vésicules de Graaf; les plus grosses dépassent la surface de l'ovaire et déterminent une saillie plus ou moins transparente; la paroi de ces vésicules tranche nettement sur le parenchyme de la glande et peut être énucléée facilement de la cavité qui la contient; à leur incision il s'écoule un liquide transparent, au milieu duquel on peut voir quelquefois nager un point blanc {ovule enveloppé par le cumulus prolig ère).
Outre ces vésicules, l'ovaire présente souvent des corps particuliers, corps
(') 1) L'utérus et le vagin sont ouverts; l'ovaire est fenilu d'un côté, ainsi que la trompe. — a) Fond de l'utérus. — b) Cavité de l'utérus. — c) Cavité du col. — d) Trompe utérine. — e;) Pavillon de la trompe. — f, f'j Ovaires. — g) Ligament de l'ovaire. — h] Ligament de la trompe. — i] Ligament rond. — k) Ligaments larges. — l) Vagin.
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jaunes, qui ne sont autre chose qu'une évolution particulière des vésicules de Graaf, après que celles-ci se sont rompues pour laisser échapper les ovules. Ces
is c
corps jaunes ont une évolution assez courte lorsque l'ovule n'a pas été fécondé {corps jaunes de la menstruation), plus longue quand il a été fécondé (corps jaunes de la grossesse), et il en résulte des modifications dans leur aspect extérieur (fig. 424).
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1° Corps j aimes de (a menstruation (fig. 424, A). — Après la rupture de la vésicule de Graaf, il reste (1) une cavité remplie d'un caillot sanguin foncé, sans adhérence avec la membrane de la vésicule. Peu à peu ce caillot se contracte, se décolore et devient plus résistant, en même temps que la membrane pariétale du follicule s'hypertrophie, se plisse et tend à remplir la cavité du follicule. Trois semaines après la rupture (2) on trouve une tumeur arrondie, solide, faisant saillie à la surface de l'ovaire et présentant là une petite cicatrice qui correspond au point de rupture ; incisée, elle se compose d'un caillot solide grisâtre et d'une membrane jaunâtre plissée qui se laisse énucléer facilement du stroma de l'ovaire. A partir de ce moment, le corps jaune diminue. A la quatrième semaine (3), il n'a plus guère que 0°',007 de largeur ; la couleur jaune de la membrane plissée se prononce de plus en plus ; puis cette membrane et la partie centrale se confondent peu à peu en même temps qu'elles diminuent, et à la neuvième semaine (3) il ne reste plus qu'une petite cicatrice jaunâtre, dont les dernières traces ne disparaissent complètement que vers le septième mois.
Fig. 424. — Corps jaunes (').
2° Corps jaunes de la grossesse (fig. 424, B). — Dans les trois premières semaines, le développement est le même que précédemment. Mais à partir de ce point, l'évolution hypertrophique progresse au lieu de décroître. A la fin du second mois f5), le corps jaune a environ 0",02 de largeur, et il conserve ce volume jusqu'à la fin du sixième mois ; alors seulement commence la période régressive, et à la fin de la grossesse (7) son volume a beaucoup diminué ; à partir de la délivrance, la régression marche rapidement et, huit à neuf semaines après, il ne reste plus qu'une cicatrice peu distincte du tissu ambiant ; cependant elle ne disparaît complètement que huit à neuf mois après. Dans tous les cas, à chaque rupture d'un follicule de Graaf correspond une cicatrice extérieure et persistante.
Structure. — A. Parenchyme de l'ovaire. — 1° La seVeu^e est réduite à la couche épithéliale ; mais cet épithélium ne peut être assimilé à l'épithélium péritonéal ; il est constitué par une couche de cellules cylindriques bien différentes des cellules pavimenteuses qui recouvrent les séreuses ; le péritoine s'arrête, en effet, au hile de l'organe, et le revêtement épithélial de l'ovaire provient en réalité de l'épithélium germinatif de la
(■) A. Corps jaunes de la menstruation. — B. Corps jaunes de la grossesse. — )) Vésicule de Graaf rompue pendant la menstruation. — 2) Corps jauue, trois semaines après la menstruation. — 3) Idem, quatre semaines après la menstruation. — 4) Idem, neuf semaines après la menstruation. — 5) Corps jaune de la grossesse à la fin du second mois (on voit à son centre une cavité pjriforme remplie d'un liquide clair et qui existe dans quelques cas). — 6) Idem, à la fin du quatrième mois. — 7) Idem, au terme de la grossesse. — (D'après Dalton.)
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cavité pleuro-péritonéalc embryonnaire (voir Embryologie). De Sinéty a constaté parmi ces cellules cylindriques l'existence d'un certain nombre de cellules vibratiles ; 2» Valbuginée, constituée par des fibres conncctives, ne se laisse pas délimiter de la couche corticale et ne s'en distingue que par l'absence de follicules de Graaf ; 3" la couche corticale ou ovigène (Sclirôn, Sappey^, très peu vasculaire, est formée par des faisceaux entre croisés de libres connectives et des cellules fusiformes ; elle contient les vésicules de Graaf; 4° la couche médullaire, très vasculaire, sans follicules, présente un stroma de fibres connectives et de fibres musculaires lisses, qui rayonnent du hile vers la périphérie de la glande.
B. Follicules de Graaf. — I" Situation (fig. 425). — Les plus petits follicules primordiaux (1), se rencontrent dans la partie périphérique de la substance corticale [zone corticale de His ou des follicules primordiaux); les follicules plus développés (2, 3, 4, 5) se
rencontrent plus profondément (zone suh-corlicale de Ris) ; enfin les follicules complètement développés (G, 7, 8) sont situés plus profondément encore {zone des follicules parfaits de His) ; seulement à cause de leur volume, ils empiètent sur les deux zones précédentes et finissent par arriver à la surface de l'ovaire et même à la dépasser à l'état de maturité.
2° Structure des vésicules de Graaf à l'état parfait (fig. 426). — La vésicule de Graaf comprend une enveloppe, un épithélium, dans lequel se trouvent l'ovule, et un contenu liquide. 1° L'enveloppe, nnemltranc externe du foU'iculf, est fibreuse, vasculaire, contiguë au stroma de l'ovaire, divisée par quelques auteurs en une couche externe (A), dense, lanchàtre, et une couche interne (B), molle, plus rouge. 2" La couche épithéliale, memhrane granuleuse (C;, qui tapisse la paroi interne de l'enveloppe, est formée par des cellules polygonales ou arrondies, granuleuses et pourvues d'un noyau. A la partie la plus profonde du follicule (fig. 425, G, 7, 8) se trouve une agglomération de ces cellules ; c'est
(*) I) Vésicules corticales (quelques-unes en jaune). — 2) Vésicules plus volumineuses. — 3) Vésicules entourées de la membrane granuleuse. — 4, o, 6, 7, i) Follicules à des defjrûs divers de développement. — 9) Membrane granuleuse (en vert). — 10) Ovule (eu jaune). — il) Cumulus proligère (en vert). — ii) Follicule qui n'a pas été ouverl, entouré par un réseau vasculaire. — 13) Follicule dont le contenu s'est écliappé en partie.
— 14) Stroma de la zone corticale. — 13) Vaisseaux pénétrant par le hile de la glande. — 16) Stroma du liile.
— 17) Membrane externe d'un corps jaune. — 18) Artère du corps jaune. — 19j Sa veiue centrale. — (D'après Sclirœn.)
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\e cumulus proUgère [G), qui contient l'ovule ('). Dans certains cas (d'aprt' s quelques auteurs), on trouverait entre la membrane externe et la membrane granuleuse une membrane amorphe [membrane propre du follicule). 3" Le contenu est un liquide analogue au plasma du sang. Le développement des follicules de Graaf et l'ovule seront décrits à
propos du développement.
Le nombre des follicules, aux divers degrés de développement, peut être évalué à plus de 30,000 par ovaire (Henle) ; il est très rare de rencontrer deux ovules dans le même follicule.
3° Rupture des follicules de Graaf et chute de l'ovule {^). — Depuis [^puberté (\2 kMans en moyenne) jusqu'à la ménopause (40 à 50 ans), on observe à la surface de l'ovaire une rupture des follicules de Graaf, qui laissent échapper les ovules. Ces ruptures se succèdent à des intervalles réguliers tous les vingt-huit jours en moyenne) et, s'accompagnent de phénomènes particuliers marqués principalement du côté de Fig. 426. — Fol/icuif df Granf (*). l'utérus (écoulement sanguin, etc.), phéno-
mènes dont l'ensemble a reçu le nom de menstruation. A chaque menstruation, un ovule se détache de l'ovaire et est reçu parla trompe. Cette rupture des vésicules de Graaf, qui se fait ordinairement vers la fin des règles (Sappey), est spontanée ou provoquée (coït, etc.). Cette rupture paraît pouvoir se produire en dehors de la menstruation sous certaines influences encore peu connues.
l'ait qui reste de plus en plus douteux en dehors des cas pathologiques.
Cette rupture se fait par l'amincissement progressif de la paroi du follicule au niveau de sa partie saillante, tandis qu'au contraire les parties profondes s'hypérémient, s'épaississent et deviennent plus vasculaires. Bientôt, sous la pression excentrique du liquide du follicule, une petite fente se déclare sur la partie amincie et l'ovule s'échappe entouré par les cellules du cumulus proligère. Au moment de sa rupture, le follicule a ordinairement Qn-jOl à 0n>,015.
4" structure du corps jaune. — Le corps jaune, dont nous avons étudié les caractères visibles à l'œil nu, a une structure différente dans son .stade de progression et dans son stade de régression : 1" le stade de progression consiste en une hypertrophie de la tunique fibreuse et de la membrane granuleuse, qui se plisse et présente des cel-
(1) Schrôn, His, etc., ont confirmé sous ce rapport l'opinion déjà émise par Pouchet.
(2) La masse connective blanchâtre qui remplit le follicule rétracté a été appelée corpus albidum; quelquefois on y trouve de l'hématine transformée [corpus nigrnm).
{') A. Membrane externe du follicule. — B. Sa couclie interne. — C. Membrane granuleuse. — D. Cavité du follicule. — E. Ovule. — G. Cumulus proligère. — 1) Membrane vitelline. — 2) Vitellus. — 3) Vésicule germinalive.
(**) 1) Corps spongieux de l'utérus. — 2} Bulbe de l'ovaire. — 3) Plexus pampiniforme. — 4) Artère ovarique avec ses veines. — 5) Artère utérine. — 6) Veines utérines. — 7) Vaisseaux du ligament rond. — D'après Rouget.)
Fig. 427. — Bulbe de l'ovaire (*').
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Iules fusiformes à granulations graisseuses [cellules de l'ovariule de Robin); cette hypertrophie s'accompagne d'un développement vasculaire considérable (fig.425, 17) ; les artères (18) forment à la périphérie du follicule un réseau très riche, d'où part une veine centrale (19) volumineuse ; 2" le stade de régression consiste surtout en une dégénérescence graisseuse accompagnée d'une résorption graduelle.
Vaisseaux et nerfs de l'ovaire. — Les artères ovarique et utérine forment une anastomose en arcade (fig.4;îO, 4,5), d'où partent 8 à 10 rameaux ilexueux se rendant au hile. Les veines, plus volumineuses et plus multipliées que les artères, vont à un lacis très serré, bulùe ou corps spongieux de l'ovaire (ûg. 427, 2), et de là au plexus sous-ovarique qui communique avec les plexus utérin et pampiniforme. Les lymphatiques accompagnent les veines ; llis décrit un réseau lymphatique dans la membrane externe des follicules. Les nerfs proviennent du plexus ovarique; leur terminaison est inconnue.
Organe de Rosenmûller (fig. 428). — A l'ovaire est annexé l'organe de lîosenmuller, reste des tulies glandulaires moyens du corps de Wolll'. C'est un organe aplati, triangulaire, placé dans l'épaisseur du ligament large, entre la trompe et l'ovaire; son sommet est dirigé vers le hile de cet organe.
Fig. 428. — Organe de Rosenmûller (').
Il se compose de quinze à vingt canaux (c), légèrement onduleux, aboutissant à un canal commun (e), qui occupe la base de l'organe et répond au canal excréteur du corps de VVolff. Leurs parois épaisses sont tapissées par uu épithélium vibratile ; ils contiennent un liquide jaunâtre.