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IV. Vagin

L(' vagin s'élciid de l'ulérus à la vulve. Sa' longueur (en place) est de 0™,08 pour sa itaroi posiérieure ; sa paroi antérieure est un peu moins longue (0™,065i. A l'état ordinaire ses parois sont accolées et sa cou[)e représente une fente transversale de 0™,024 de largeur, un peu concave en arrière et terminée par deux branches vt^rticales.

Situation et rapports — 11 décrit une courbe à concavité antérieure, qui suil l'axe du petit bassin ; il est en ra[)port (fig. 429) en arrière avec le rectum, avec lequel il est soudé dans ses deux tiers inférieurs pour former une cloison commune riche en veines, cloison recto-vaginale. En avant il répond dans sa moitié supérieure au fond de la vessie, dont le sépare un tissu cellulaire lâche; dans sa moitié inférieure, il est soudé à rurèlhre {cloison wéthro-vaginalc). Ses parties latérales sont en rapport avec le releveur de l'anus et en haut avec les uretères.

Sa partie supérieure embrasse le col de l'utérus en remontant plus liant en arrière du col qu'en avant; à ce niveau ses parois se continuent sans interruption avec le tissu musculaire de l'utérus.

L'exlréniité inférieure du vagin présente un orilice arrondi, entrée du vagin, audessus duquel est l'ouverture de l'urèthre. L'ouverture inférieure du vagin est fermée en partie chez les vierges par une membrane, Vhymen.

Hymen (fig. 434 et suiv.). — L'hymen est un repli de la muqueuse vaginale percé d'une ouverture variable comme forme et comme diamètre, ouverture de l'hymen ; avant la puberté elle ne dépasse guère le calibre d'une plume d'oie ; après la puberté elle admet l'extrémité du petit doigt. La face vestibulaire ou inférieure de l'hymen est rose pâle, lisse; la face vaginale ou supérieure est rose vermeil, réticulée et pourvue de saillies verruqueuses. Son bord convexe adhère au pourtour de l'entrée du vagin; son bord libre concave est mince, quelquefois déchiqueté. Il est constitué par une charpente connective recouverte sur les deux faces par une muqueuse tapissée par un épithélium pavimenteux. Cette membrane est quelquefois assez extensible pour permettre l'introduction de corps volumineux.

870 SPLANCHNOLOGIE

On distingue quatre variétés principales d'hymen d'après la forme même de la membrane et.de l'ouverture qu'elle présente : 1° dansV hymen semi-lunaire (figA^i) la membrane a la forme d'un croissant à concavité supérieure, terminé de chaque côté par deux pointes, cornes de Vhymcn; quelquefois les cornes remontent jus-

Fig. 434. — hymen semi-lunaire ('). Fig. 43j. — Hymenen fer à cheval.

qu'au méat urinaire, hymen en fer à cheval {Vig. 433); 2' dans V hymen annuaire [ûg. 436) l'ouverture est habituellement ovalaire et centrale; dans quelques cas rares, au lieu d'une seule ouverture, on en trouve deux situées de chaque côté de la ligne médiane {hymen en bride) ; quelquefois même on trouve plusieurs

Fig. 436. — Bymen annulaire. Fig. 437. — Hymen bilabié.

orifices [hymen criblé ou en pomme d'arrosoir) ; 3° dans V hymen bilabié (fig. 437) l'ouverture consiste en une fente linéaire verticale, interceptée par deux lèvres; 4° Vhymen frangé (fig. 438) est très rare, mais a une très grande importance médico-légale, parce qu'il pourrait être confondu avec une déchirure de l'hymen. La membrane présente à son bord libre des franges qui lui donnent un aspect déchiqueté. Les formes semi-lunaire et annulaire sont les plus fréquentes. Au premier coït, ou par des causes mécaniques, l'hymen se déchire, ses lam-

(') Les figures 434 à 437 sont dessinées d'après Rose, De l'h/jmen.Th. de Slrasbourg, 1865.

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

beaux se rétractent, et après huit ou quinze jours, se présentent sous la forme de petites saillies arrondies ou aplaties de la muqueuse, caroncules myrtiformes . Le nombre de ces caroncules dépend du nombre des lambeaux et par suite du mode de déciiirure. Dans l'hymen semilunaire, la déchirure se fait en deux endroits et il en reste un lambeau triangulaire médian et deux lambeaux latéraux.

Dans certains cas d'anomalie l'hymen peut être tout à fait imperforé. Son absence congénitale est extrêmement rare.

Surface interne du vagin. — La surface iiilorne du vagin est rouge pâle, sauf au moment de la menstruation et de la grossesse, oîi elle est rouge vif. Elle est tapissée d'une couche mince de nmcus acide contenant des détritus épithéliaux et souvent des infusoires {Trichomonas vayinalis). Cette face est inégale et couverte de plis traversaux rugueux; ces plis aboutissent en avant et en arriéré à deux saillies médianes antéro-postérieures, colombes du

vauin; la colonne antérieure se termine à sa parue intérieure par un luoercuie saillant situé en arrière de l'orifice uréthral.

Structure. — Les parois du vagin, épaisses de O^jOOSô à 0",003, sont très denses, niais très extensibles; elles se composent de trois tuniques, non séparables par le scalpel, mais visibles sur une coupe transversale, une couche externe, grisâtre, mal limitée, fibreuse, une couche moyenne, rougeâtre et une couche interne, blanchâtre formée par la muqueuse.

1" La coucha externe est constituée par un tissu cellulaire, lâche, extensible. Dans son cinquième supérieur, la paroi postérieure du vagin est recouverte par le péritoine.

2° La (unique musculaire, continue à la couche musculaire de l'utérus, se compose d'une couche externe de fibres longitudinales et d'une couche interne plus mince de fibres circulaires. A ces fibres lisses viennent s'ajouter, à la partie inférieure, un anneau de fibres striées, large de 0™,004 à 0™,007, situé immédiatement derrière le bulbe du vagin et qui entoure l'extrémité inférieure du vagin et l'urèthre soudés à ce niveau; c'est le sphincter du vagin, dépendance du trans verse profond du périnée, dont il reçoit quelquefois un faisceau spécial qui monte sur le bulbe du vagin, muscle ischio-bulbaire de Jarjavay.

30 La muqueuse est pourvue de papilles et couverte d'un épithélium paviinenteux stratifié. Les glandes y sont très rares et n'existent guère que vers l'entrée du vagin et plutôt à l'état de simples lacunes.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères vaginales et des branches des artères utérines, vésicales et honteuses internes. Les veines forment un plexus épais à la partie extérieure du vagin, sans cependant constituer un véritable tissu caverneux; elles communiquent avec celles du bulbe et de l'utérus (fig. 430, 8).

Les lymphatiques, très riches, se portent aux ganglions pelviens et lombaires. Les nerfs viennent du grand sympathique et du plexus sacré; le sphincter du vagin reçoit un filet du nerf honteux interne.

(■) 1) Grandes lèvres. — 2) Petites lèvres. — 3) Clitoris. — i) Orifice de l'urMlire, entouré de franges analogues à celles de l'hymen. — H) Hymen. — 6) Lacunes. — (D'après Luschka.)

SPLÂNCHNOLOGIE

§ II. — Organes génitaux externes

Les organes géniLaiix externes se présentent, lorsque les cuisses sont rapprochées, sous l'aspect d'une saillie cunéiforme {cuneus), large en haut, où elle se continue avec le mont de Vénus, éminence placée en avant de la symphyse, étroite en bas, où elle se perd en une saillie médiane qui va jusqu'à l'anus. Sur la ligne médiane elle présente une fente verticale, la vulve ('), qui dans sa moitié supérieure esl occupée par la saillie du clitoris, et dans sa moitié inférieure conduit dans une cavité qui précède le vagin, vestibule du vagin. Nous aurons à étudier successivement les replis cutanés du vestibule et de la vulve, le vestibule du vagin, les appareils érectiles, enfin les muscles du périnée.

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