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ARTICLE III. - APPAREIL LACRYMAL

L'appareil lacrymal comprend la glande lacrymale avec ses conduits excréteurs, et les voies lacrymales composées elles-mêmes des conduits lacrymaux, du sac lacrymal et du canal nasal.

§ I. — Glande lacrymale (fig. 459 et 460)

Les glandes lacrymales sont des glandes en grappe situées à la partie supérieure et externe de l'orbite. Chaque glande se compose de deux parties, une partie supérieure ou orbitaire et une partie accessoire ou palpébrale.

La partie orbitaire (fig. 400, K) présente une face supérieure, convexe, logée

dans la fossette lacrymale de l'or-

Fig. 438. — Ârtêres des paupières. Fig. 459. — Face postérieure des paupières ;

glande lacrymale.

l'épaisseur de la 'paupière derrière le tendon du releveur; son bord antérieur répond au sinus conjonctival ; son bord postérieur est uni par des conduits excréteurs à la partie orbitaire.

Les conduits excréteurs, au nombre de trois à cinq (Sappey), rectilignes sans anastomoses les uns avec les autres, s'ouvrent suivant une ligne courbe à concavité inférieure dans la partie externe du sinus conjonctival supérieur. Ceux de la partie palpébrale s'ouvrent en partie dans les 'précédents, en partie par des orifices distincts (Béraud).

§ II. — Voies lacrymales (fig. 460)

1° Conduits lacrymaux (N, 0). — Ils vont des points lacrymaux à la paroi externe du sac lacrymal.

Les points lacrymaux, situés au sommet de la papille lacrymale, sont des orifices circulaires, élastiques, de 0™™,25 pour le supérieur; l'inférieur est un peu

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plus large. Le point lacrymal supérieur se place un peu en dedans de Finférieur dans le rapprochement des paupières.

Aux points lacrymaux fait suite une petite ampoule pyriforme creusée dans la papille et dont le sommet est au point lacrymal. De la base et de la partie interne de cette ampoule partent les conduits lacrymaux, qui se dirigent en dedans, le long du bord du lac lacrymal, en arrière du tendon de l'orbiculaire, et tantôt s'unissent en un seul conduit, qui s'ouvre dans le sac lacrymal à la réunion de son quart supérieur et de ses trois quarts inférieurs, tantôt s'ouvrent isolément dans le sac (Huschke, Merkel).

Les conduits lacrymaux ont une longueur de 0",007 à 0™,008 sur un diamètre de Oi^^jb. Leur muqueuse, très mince, est tapissée par un épithélium pavimenteux stratifié, et entourée par les fibres de la partie ciliaire de l'orbiculaire.

Fig. 4G0. — Appareil lacrymal (*).

2° Sac lacrymal (fig. 460, P). — Le sac lacrymal, situé dans la gouttière lacrymale de l'orbite, forme un cylindre aplati transversalement de 0™,011 à O^ijOlS de hauteur, pour un calibre maximum de 0^,001, dans le sens antéropostérieur, 0",004 dans le sens transversal. Il se rétrécit à sa jonction avec le canal nasal.

Sa paroi postéro-interne est constituée par la gouttière lacrymale; sa paroi antéro-externe, par une lame fibreuse insérée aux deux lèvres de cette gouttière et soudée en avant au ligament palpébral interne, en arrière au tendon réfléchi de l'orbiculaire.

(*) A. Globe oculaire. — B, C. Partie interne de la conjonctive palpébrale. — D, E, F. Tendons des muscles droits. — G. Tendon du grand oblique. — H . Vaisseaux et nerfs sus-orbitaires. — I. Aponévrose oculaire. — K. Glande lacrymale. — L. Tendon direct de l'orbiculaire. — M. Caroncule lacrymale. — N. Ampoule et canal lacrymal supérieur. — 0. Canal lacrymal inférieur. — P. Sac lacrymal. — Q. Ouverture inférieure du canal nasal. — R. Cornet moyen. — S. Cornet inférieur. — T. Sinus maxillaire ouvert. — U. Vaisseaux et nerf sous-orbitaires . — (D'après Benjamin Anger.)

PARTIES ACCESSOIRES DE l'aPPAREIL DE LA VISION 917

Il est tapissé par une^muqueuse blanc rosé, recouverte d'un épithéliuni vibratile. Sa paroi externe présente l'orilice commun des conduits lacrymaux; on trouve quelquefois au-dessus un repli semi-lunaire, valvule de Rosenmuiler. Une valvule, non constante, valvule de Béraud, le sépare du canal nasal.

3° Canal nasal (fig. 460). — Le canal nasal va du sac lacrymal au méat inférieur. Tantôt il n'a guère plus de longueur que le canal nasal osseux et a alors 0",0i2 à O^jOlb; tantôt il se prolonge au-dessous de lui et peut atteindre jusqu'à 0™,020. Son calibre, à peu près cylindrique, un peu comprimé transversalement, est de 0",003 en moyenne; à sa partie inférieure il se rétrécit et ses parois s'accolent. Sa direction est verticale avec une légère courbure dont la concavité est postérieure et interne.

Son orifice inférieur s'ouvre dans le méat inférieur à l'union de son quart antérieur et de ses trois quarts postérieurs; cette ouverture se fait tantôt au sommet du méat, tantôt plus ou moins bas sur sa paroi externe, et est d'autant plus étroite qu'elle descend plus bas. Elle constitue, soit un orifice circulaire à bords minces, soit une fente quelquefois à peine visible, verticale ou transversale, que limite un repli de la muqueuse, mais jamais une véritable valvule.

La muqueuse du canal nasal est tapissée par un épithélium vibratile et doublée à l'intérieur d'une membrane fibreuse, continuation du périoste et de la tunique fibreuse du sac lacrymal; elle oilre souvent à la paroi interne du canal un repli valvulaire. Dans la partie inférieure, purement membraneuse du canal, l'épithélium est pavimenteux, stratifié (fait qui n'a pu cependant être constaté par Robin et Gadiat), et la couche fibreuse transformée en tissu caverneux, qui, dans l'état normal, accole les parois du canal (llenlej. La muqueuse du canal et du sac contient quelques petites glandes en grappe.

4° Partie ciliaire de l'orbiculaire et muscle de Horner. — Le bord "libre des paupières est longé par un faisceau musculaire mince situé en avant des racines des cils et allant de la crête lacrymale de l'unguis et du ligament palpébral interne (tendon direct de l'orbiculaire) au ligament palpébral externe. Une partie de ces] fibres n'arrive pas^ jusqu'à ce ligament et se termine à la] peau du bord libre de la paupière. La partie de ces fibres attachée à la crête lacrymale de l'unguis, et adhérente à la partie réfléchie du ligament palpébral interne (tendon réfléchi de l'orbiculaire), a reçu le nom de muscle de Horner.

L'action de ces fibres musculaires est douteuse. Pour les uns, le muscle de Horner dilate, pour d'autres, il rétrécit le sac. La marche des larmes dans les voies lacrymales est du reste loin d'être suffisamment expliquée.

Vaisseaux et nerfs de l'appareil lacrymal. — 1" Glande lacrymale. — Les artères viennent de la branche lacrymale de l'ophthalmique et par quelques rameaux de la méningée moyenne. Les veines vont à la veine ophthalmique. Les nerfs viennent de la branche lacrymale de l'ophthalmique et du rameau orbitaire du maxillaire supérieur.

2" Voies lacrymales. — Les artères viennent des palpôbrales et des artères des fosses nasales ; le sac reçoit une branche spéciale d'une des artères musculaires de l'ophthalmique. Les veines suivent les artères.

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DEUXIÈME SECTION

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