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Péritonites partielles

Les péritonites partielles aiguës ou chroniques peuvent être traumaliques mais presque toujours elles résultent d'une inflammation viscérale

APPAREIL DE LA DIGESTION

propagée au péritoine. On a ainsi les inflammations de l'estomac, du foie, de la rate, produisant les péritonites péristomacales, périhépatiques, périspléniques ; il en est de même des métrites et des ovarites donnant lieu à des pelvi-péritonites, bien étudiées dans ces derniers temps. Enfin la | typhlite, les lésions de la vésicule biliaire (voy. p. 342), la cystite, etc., don- I nent lieu à la péritonite partielle, circonscrite ou localisée.

A. Péritonites circonscrites de la partie supérieure de Vahdomen. — j Ces péritonites doivent être, en raison de leur siège, divisées en sus- et en sous-hépatiques, et les premières se subdivisent en celles du lobe droit et en celles du lobe gauche. Les péritonites partielles du lobe droit sont | limitées par le diaphragme, le ligament suspenseur, le ligament triangulaire ; la limite inférieure est constituée par les adhérences avec les organes voisins, qui sont recouverts d'une fausse membrane, et l'on trouve aussi une poche kystique qui refoule le diaphragme et le foie. Les péritonites circonscrites du lobe gauche du foie forment des tumeurs de l'épigastre empiétant à droite et à gauche et se continuant parfois avec les péritonites périspléniques.

Dans les péritonites sous-hépatiques, les limites sont formées par le foie, la vésicule biliaire, l'épiploon hépatique et, en bas, par des adhérences ' souvent épaisses, très-vascularisées. ■ '

Le contenu des poches ou loges péritoniques est un liquide limité par une pseudhymène : de là des tumeurs enkystées. Plus tard le liquide se transforme et devient tantôt purulent, tantôt hématique. Dans le premier cas on voit un liquide séro-purulent, ou purulent, ou séro-sanguin : dans le dernier cas l'hémorrhagie se produit par les vaisseaux à parois trèsminces des néomembranes ou néohymènes.

Les effets produits par ces tumeurs sur les organes voisins, sont d'abord des phénomènes de refoulement ; il y a de la dépression du foie, l'excavation de sa face supéi'ieure, le refoulement du diaphragme. Le foie a été trouvé anémié et atrophié ; les viscères creux échappent ordinairement à la compression. En outre, les organes contigus peuvent s'enflammer ; la capsule du foie s'épaissit souvent par places, pénètre dans le foie, mais il ne faut point prendre ce tissu fibreux pour une cicatrice ; la tunique musculeuse de l'intestin s'atrophie aussi en partie. D'autres fois, la \ phlegmasie se propage au-dessus de la cloison diaphragmatique : de Là des llll pleurésies ou des péricardites séro-adhésives et même purulentes.

Que deviennent ces tumeurs circonscrites? Tantôt elles se résolvent et : il ne reste plus que des fausses membranes, ou bien elles restent à l'état de kystes séreux ; mais dès que le travail suppuratif s'en empare elles | peuvent perforer les organes voisins : celles du lobe droit s'ouvrent rarement à l'extérieur à travers la paroi antérieure de l'abdomen ou dans le

PÉRITOINE

thorax ; celles du lobe gauche se font jour dans le péricarde, la plèvre et le côlon.

B. Péritonites circonscrites de la jmrtie inférieure de Vahdomen. Pelvi- péritonite s. — Dans la pelvi-péritonite aiguë récente et donnant par le toucher vaginal la sensation de tumeur, on voit, en ouvrant l'abdomen, des fausses membranes ou pseudhymènes, molles, blanchâtres ou jaunâtres, infiltrées de pus et qui unissent les anses de l'intestin grêle aux trompes, aux ovaires, à la partie supérieure du rectum, à l'S iliaque, de manière à circonscrire une tumeur. L'utérus subitdes déplacements, il est attiré par les fausses membranes, le plus souvent il est refoulé en sens contraire.

La tumeur est formée par des fausses membranes continues, creusées de cavités, de vacuoles, et contenant une sérosité citrine ou purulente ; au-dessus, le feuillet péritonéal est épaissi, d'une couleur grise ou opaque, infdtré de pus avec œdème du tissu cellulaire sous-péritonéal. Ces collections purulentes contenues dans des cavités avec parois tomenteuses, circonscrites par un exsudai séro-adhésif, avaient été prises, jusqu'à Bernutz, pour des infiltrations de pus dans les ligaments larges.

Lorsque la péritonite guérit : i° le liquide se résorbe, la pseudhymène est pénétrée par des vaisseaux, il en résulte une organisation définitive et des adhérences fibreuses s'établissent entre les divers organes du bassin ; ou bien il reste des plaques laiteuses disposées par places sur le péritoine pelvien; 2° le pus se caséifie, s'enkyste et forme une petite tumeur caséeuse ; 3° les collections purulentes s'ouvrent dans le péritoine, l'S iliaque, la vessie, le rectum, ou à travers la paroi abdominale antérieure, dans la cavité des intestins : de là des trajets fistuleux divers.

Dans la pelvi-péritonite cJironique, les pseudhymènes sont épaisses, résistantes, grisâtres, noirâtres, formant des adhérences entre les anses intestinales et les organes voisins. Ces fausses membranes sont constituées par du tissu fibreux, filamenteux, lamellaire, oblitérant parfois la cavité péritonéale ; mais le plus souvent ce sont des brides, des adhérences celluleuses sans liquide ou limitant des poches séro-purulentes. Une phlegmasie ou une tumeur ulcéralive peuvent envahir ces cavités, qui s'ouvrent alors dans les conduits avoisinants.

En résumé la pelvi-péritonite est tantôt adhésive, séro-adhésive, séroenkystée, purulente, abcédée.

Il reste à examiner une dernière variété de pelvi-péritonite : c'est la variété hèmorrJiagique . On trouve alors des néohymènes vascularisées et parfois ecchymosées; en les examinant, on voit un ou plusieurs feuillets souvent séparés par des stratifications sanguines, infiltrant ces lames elles-

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mêmes, ou formant épanchement dans les parties déclives. C'est surtout dans la tuberculisation des organes génitaux ou dans le cancer de ces organes que l'on trouve cette forme anatomique. Rarement la pelvi-péritonite hémorrliagique est primitive ; l'épanchement sanguin s'est produit parla rupture des vaisseaux embryonnaires et friables de la néohymène, par le même processus que dans la pachyméningite hémorrhagique (voyez Pachyméningite).

Comme altérations concomitantes, on trouve des lésions qui ont joué le rôle de causes : ainsi on voit des abcès de l'ovaire, de la trompe, des métrites, des lymphangites ou des phlébites, ou encore une lymphadénite des ligaments larges.

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