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MUQUEUSE BUCCALE, JOUES, LÈVRES, GENCIVES, ETC

Les altérations anatomo-pathologiqiies de la cavité buccale et pharyngée peuvent être aperçues directement sur le vivant et cette constatation précieuse ne doit point être négligée, car elle permet, par analogie, de se rendre compte de l'état des muqueuses qui sont situées profondément. Ainsi que nous le verrons plus tard, l'examen direct de la cavité laryngée au moyen du laryngoscope a plus fait pour la connaissance anatomo-pathologique de la muqueuse du larynx que les hypothèses les plus ingénieuses. Du reste, les inflammations catarrhales de la bouche et de la langue, les fausses membranes développées sur la muqueuse pharyngée intéressent au plus haut point le médecin.

•i. — stomatite érytlicmatcuse, simple, aiguë et ebronique.

Quand il existe chez un malade un degré modéré d'inflammation catarrhale aiguë ou récente, voici ce que l'on observe :

La membrane muqueuse de la cavité buccale présente une coloration rouge, diffuse et plus ou moins foncée ; elle est épaissie, luisante, sèche dans les endroits non baignés par la salive. La paroi interne des joues plus turgescente a été pressée contre les dents et en garde l'empreinte.

En abaissant fortement la lèvre inférieure, on voit sur sa face interne une vascularisation plus forte, due à des vaisseaux capillaires turgescents, formant des arborisations. I^es saillies glanduleuses sont plus saillantes qu'à l'état normal.

Sur les gencives la rougeur et le gonflement sont très-nets ; sur la voûte palatine la rougeur est bien appréciable, mais le gonflement peu marqué, tandis que sur le voile du palais et la luette surtout, la tuméfaction est manifeste : la luette rouge, déformée, allongée et comme incurvée sur elle-même. Les parties de la muqueuse, situées en arrière dans la cavité buccale, au niveau et au delà des replis formés parles arcades dentaires, sont gonflées par suite de l'épaississement de leur tissu.

A un degré plus avancé de la stomatite Vatarrhale on constate à la surface de la muqueuse, et dans son intérieur de nouvelles lésions :

La muqueuse buccale gonflée et baignée de salive offre un enduit blanchâtre ou jaunâtre. Sur plusieurs points, cet enduit détaché laisse à nu le chorion muqueux, en formant des érosions très-superficielles et irrégulières.

CAVITÉ BUCCALE

Les verres grossissants permettent de reconnaître les altérations suivantes :

L'examen à la loupe indique une congestion, ou hyperhémie considérable de la muqueuse ; les saillies glandulaires sont accusées, ayant la l'orme de petites élevures, arrondies ou un peu ovalaires. Les vaisseaux sont fortement dessinés en rouge et représentent des mailles ou des arborisations.

L'examen, fait au microscope, de l'enduit de la stomatite simple pris sur la joue ou sur la gencive [bandelette nacrée), montre que cet enduit est constitué par des cellules abondantes d'épithélium paviinenleux buccal. Les cellules sont aplaties, lamellilormes, parfois repliées sur les bords, ou imbriquées et stratifiées entre elles. Leur bord n'est pas crénelé. Les dimensions sont les suivantes: 40 à 80 millièmes de millimètre (O-^'^Oi à 0""",08 = 40p. à 80 f^) ; le noyau relativement petit mesure 3 tà 5 millièmes de millimètre (3 p à 5 p) (1).

On observe constamment des granulations moléculaires, fines, punctiformes, noirâtres ou grisâtres, ayant de 1 à 2 millièmes de millimètre (1 y- â 2 //) et d'autres granulations, à bords nets, réfractant fortement la lumière, jaunâtres, variables de grandeur entre 2 et 5 [j-.

Les globules purulents, ou leucocytes du pus, sont assez rares ; enfin des spores, ou corps reproducteurs de inucédinées et de végétaux inférieurs, se trouvent souvent dans cet enduit buccal.

L'alcool dilué, l'acide acétique, l'acide picrique et le picro-carminate d'ammoniaque rendent très-nets les contours des cellules épilbéliales, elles sont gonflées par des solutions de potasse et de soude. L'acide acétique dissout une partie des granulations moléculaires, l'étlier et le cbloroforme dissolvent les granulations de nature graisseuse.

Les spores ne sont point attaquées par les réactifs ordinaires, mais seulemcnl par les acides concentrés

Après la mort, la rougeur inflammatoire est' moindre, et même elle a totalement disparu. En examinant la muqucusi? buccale sous l'eau, les érosions sont appréciables ainsi que l'enduit formé par l'épitliélium stratifié, plus abondant, et par les matières protéiques et graisseuses.

Quand la slumalite est passée à Y état chronique, on la reconnaît, à l'œil nu, par la coloration de la muqueuse devenue d'un rouge sombre ou brunâtre, parfois un peu ardoisé. Le- chorion muquoiix est plus épais, les glandules sont saillantes; des varicosites vasculaires, plus rarement de petites hémorrhagies peuvent être observées.

Les altérations qui précèdent, tant à l'état aigu qu'cà l'état chronique, sont dues à une hyperhémie, poussée parfois jusqu'à l'extravasat sanguin et amenant l'inliltration séreuse du tissu muqueux et sous-muqueux. Dans le

(1) Je me servirai indifféremment des chiffres ordinaires, ou de la lettre ij., oour indiquer les millièmes de millimètre.

AIM'ARE[L DE LA DIGESTION

chorion, il y a manifestement multiplication des élémentg cellulaires, des cellules lamincuses, ou du tissu conjonctif, jwurvues de un ou plusieurs noyaux. • •

L'hémorrhagie qui a lieu assez souvent, laisse après ses ecchymoses des hématies ou globules rouges du sang, rarement reconnaissables. Ordinairement, il reste des granulations pigmentaires provenant, par décomposition, de la matière colorante des globules rouges.

Les glandules devenues plus volumineuses offrent sur des coupes transversales, après durcissement, une multiplication de leurs éléments particuliers (noyaux, et cellules), une dilatation des capillaires périphériques et parfois une ectasie de leur conduit excréteur.

Gariot (J. B.), Traité des maladies de la bouche. Paris. 1805, in-8. — Sébastian (A. -A.), Recherches anatoniiques, physiologiques, pathologiques et sémiologiques sur les glandes labiales. Groningue, 18'i2, in-i. — Albrecht (Ed.), Klinik der Mundkranklieiten. Berlin, 1863, in-8, 90 p.

— Jardin, Sur les différentes stomatites, etc. (Annales de la Société de médecine de Gand, 1868j.

— TUJAGUE, Du phlegmon diffus sous-muqueux de la bouche. Thèses de Paris, 187i. — Wilkes (W.), Inflammation anthracoïde de la lèvre (Med. Times and Gazette, London, t. II, 1875). Voyez aussi les Traités généraux, ceux des maladies des enfants et des nouveau-nés.

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