‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 12 sur 317 · Stomatite vésiciilo-ulcéreuse · texte numérisé non relu

Stomatite vésiciilo-ulcéreuse

Cette stomatite me paraît mériter ce nom que je lui ai donné, plutôt que celui trop vague d'aphtheuse ou folliculeuse. Elle est voisine anatoraiquemcnt de la stomatite ulcéreuse simple. Les lésions qui vont nous occuper sont tantôt éparses ou disséminées, tantôt au contraire, réunies et confluentes:

Homme, trente et un ans. Sur les parois buccales de ce malade atteint de stomatite vcsicido-ulcéreuse, à lésions isolées, on voit des saillies faisant un léger relief, les unes petites, arrondies, ayant un demi-millimètre à un millimètre, les autres de 1 à 2 ou même 3 millimètres de diamètre, rouges, acuminées. Celles qui sont apparues en dernier lieu sont peu saillantes, les autres plus développées ont une portion proéminente et légèrement transparente ; elles sont toutes recouvertes par l'épithélium buccal.

Plusieurs, enfui, sont un peu plus larges, plus avancées dans leur développement, la couche épithéliale s'est détachée, le chorion muqueux est à nu ; il en résulte une très-légère ulcération dont le fond est un peu grisâtre, les bords saillants et d'un rouge vif.

Femme, dix-neutans. — Les vésicules d'herpès buccal sontréunies sur la partie médiane de la muqueuse de la joue gauche, et elles constituent une plaque à bords festonnés et irréguliers. La disposilfon confluente des vésicules est aussi nette que possible. Cette plaque est peu épaisse, blanchâtre, oblongue, entourée d'une aréole d'une teinte rouge et un peu élevée. Sur le bord labial gauche et

CAVITÉ BUCCALE

supérieur, il existe des saillies vésiculeuses àlœrpes labialis, de plus un trèsléger engorgemei\t des ganglions lymphatiques sous-maxillaires gauches.

En enlevant, au. moyen de pinces, la légère couche grisâtre recouvrant la muqueuse, on tra.uve. cette dernière fortement, injectée et elle laisse écouler du sang. La plaque grisâtre n'est point épaisse, elle a une surface un peu inégale, son adhérence n'était point forte.

L'examen microscopique chez les deux malades qui précèdent m'a fait constater dans les diverses plaques buccales : de Tépilhélium pavimenteux buccal, stratifié, lamelliforme, et pareillement des cellules du mèuie épithélium moins aplaties, moins larges, mesurant seulement de 12 k 30 p, et le noyau relativement plus gros, 4 fi à 6 fi.

Constamment j'ai trouvé des leucocytes de diverses variétés ayant de 9 à H f^, montrant après l'action de l'eau et surtout de l'acide acétique de 1 à3et4 noyaux, d'autres leucocytes hypertrophiés, granuleux, de 11 à 13 f/.,à noyau plus ou moins visible. Les globules ronges du sang, ou hématies, ayant de 7 à 8 ,ii, non déformés, lenticulaires, concaves sur leurs faces, existent toujours d-ans la préparation, provenant des points où la membrane adhérente a déchiré, quand elle a été enlevée, des vaisseaux capillaires.

Des granulations moléculaires et d'autre? graisseuses sont mêlées à des spores de végétaux, plus rarement à des tubes de mycélium développés dans les parties les plus superficiellei-' de la plaque grisâtre. Ces végétaux sont : h Leptothrix buccalis, abondant, les Cnjptococcus cerevisiœ et des Torula, enfin l'Oidium albicans qui est exceptionnel (voyez, pour ces végétaux : Muguet et Pharyngites avec productions de fausses membranes.)

En donnant , il y a plusieurs années, le nom de vcsiculo-ulcéreuse à celle stomatite, je n'ai pas voulu en préciser le siège, mais indiquer la manière exacte dont se produit la lésion. C'est d'abord une vésicule, et pour cela, il y a soulèvement de l'épithélium par un liquide séreux et production de cellules abondantes. Parfois, ces cellules de formation nouvelle dans un follicule buccal, ou une glandule buccale, distendent et soulèvent ce follicule, ce qui a fait comparer, par Worms, cette lésion à celle de l'acné de la peau. Mais j'ai constaté plusieurs fois que les cellules souvent infiltrées de graisse, et les matières granuleuses grisâtres viennent aussi par infdtration entre les follicules, et alors elles sont déposées dans les mailles du chorien muqueux. L'inliltrat est ainsi interfolliculaire, et, à la chute du revêtement épithélial, la muqueuse est à nu, de la même manière que si un follicule était ulcéré. A ce degré, la lésion ulcéreuse est la même, qu'elle débute par la distension glandulaire ou par l'érosion de l'infiltral précité.

Quand l'ulcération est établie, le tissu périphérique est détruit molécule à molécule, il en résulte une perte de substance qui se répare bientôt de la manière la plus complète.

AIM'AUEIL DE LA DIGESTION

La dénomination (ÏAphthe appliquée à cette sorte de stomatite est vicieuse, ainsi que j'ai cherché à l'établir dès 18G1 ; elle s'applique dans la plupart des auteurs, comme terme i^énérique, à des états pathologiques très-divers. L'angine nerpétique ou l'herpès du pharynx, l'angine couenneuse commune (Bretonneau) , la diphthérie vraie buccale, la stomatite ulcéro-membraneuse , diverses ulcérations pharyngées ont été désignées par ce nom d'Aphthes. Pour faire cesser une contusion qui. n'a plus de raison d'être, le mieux est de supprimer un terme vieilli, et de désigner l'herpès buccal sous le nom de stomatite vésiculo-ulcéreuse. Du reste, cette description sera complétée en traitant des lésions pharyngées.

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