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Iiaryngitc phlcginoneiise ; .Ibcès du larynx

L'inflammation violente de la muqueuse laryngée et de son tissu sousmuqueux aboutit rarement à la suppuration. Le plus souvent celle-ci 'ésulte de la mortification des cartilages laryngés.

Cette suppuration consiste en petits abcès, d'autres fois en collections )lus étendues et résultant d'un œdème laryngé violent, de la présence l'un corps étranger. Dans les cas de périchondrite et de chondrite, le »us est situé entre le cartilage et le tissu propre, ou périchondre, qui le evèt. (Voy. Chondrite et Périchondrite laryngées.)

:t. — Laryngite pseudo-uieinbraneuse ou croupatc.

En traitant de la pharyngite pseudo-membraneuse (voy. page 62), ai fait voir que le mot diphthérie (S"fBzp'y.. membrane), créé par Bretonleau, ne désignait point une inflammation ulcéro-membraneuse, ou nécrolyménique, avec un infiltrat interstitiel. La confusion qui s'est établie à e sujet, avec l'école de Virchow, est fort regrettable : la diphthérie étant aractérisée précisément par une production plastique, dont la compoition a été diversement interprétée, mais qui laisse presque toujours la auqueuse intacte au-dessous d'elle.

Le croup a son siège de prédilection au larynx et ensuite dans les bronhes. Depuis J. Home qui lui a donné ce nom, Vin/iammation crou- >ale indique seulement une laryngite pseudo-menibrcmeuse. L'expresion d'inflammation croupale, ou de croup, désignant indistinctement oute sorte d'exsudat fibrino-corpusculaire, soit qu'il siège dans une vésiule pulmonaire, dans un tube rénal, à la surface d'une muqueuse quel-

APPAREIL DE LA R E S PI r> AT ION.

conque, est donc inexacte aussi bien que contraire au sens primitif et rationnel.

Le croup laryngé, de même que le croup bronchique est nettement caractérisé par une production morbide spéciale : la fausse membrane oupseudhymène; il est accompagné trop souvent d'altérations et de lésions organiques diverses, plus ou moins constantes.

Enfant de deux ans, opéré du croup. Le larynx fendu en arrière montre une fausse membrane croupale, obstruant la glotte et s'étendant jusqu'aux cordes vocales supérieures. Une autre fausse membrane croupale est située dans la trachée, audessous de l'incision trachéotomique. La muqueuse de la trachée est d'un rouge foncé, ainsi que celle des bronches, mais sans dépôt plastique.

La fausse membrane est d'un blanc grisâtre, à bords épais, occupant la glotte

et les ventricules du larynx. Elle est très-épaisse (3 millimètres) peu adhérente, mais engagée fortement entre les replis laryngés et elle ne peut ni monter, ni descendre. La muqueuse sous-jacente est rouge, très-foncée et ai'borisée. Vers

* FiG. 117. — Croup laryngé. 1. Le larynx a été ouvert par la partie postérieure; on voil entre les cordes vocales une fausse membrane épaisse et une autre au-dessous de Touverture de la trachée. 2, éléments librillaires et corpusculaires; m, cellules épitiiéliales prismatiques à cils ^ vibratiles; hh, cellules du même épithélium, mais dépourvues de cils et déformées; cccc, diverf leucocytes purulents; (M, globules rouges du sang. — Grossissement, 380 diamètres. '

LAUYNX.

le cinquième anneau delatraciiée, se trouve l'autre fausse membrane plus molle, épaisse, à bords amincis, déchiquetés, teints de mucosités rougeâtres et remplissant la trachée à la manière d'un bouchon, dans une assez grande étendue (fig. 117).

Au microscope sur la pièce fraîche, je trouve une matière amorphe, parcourue de fibrilles fibrineuses et renfermant dans son intérieur une petite quantité de cellules épithéliales cylindriques et prismastiques, déformées sans prolongement ;audal ; quelques-unes d'entre elles ont des cils vibratiles. Il y a de plus : des eucocytes abondants, des globules de pus et des globules rouges de sang. Point le végétaux, ni de spores.

A la suite de cet exemple de croup, il convient de décrire les diverses variétés de formes que présentent ces fausses membranes ou pseudhymèles laryngées.

Les fausses membranes produisant le croup du larynx sont ordinairenent blanches, plus ou moins étendues ou épaisses, variant pour la forme iepuis de simples taches disséminées à celle de lames foliacées, de demiîyhndres ou de tubes complets. Parfois elles enveloppent l'épiglotte, les ■eplis aryténo-épiglottiques, ou bien elles revêtent les cordes vocales. Vautres fois la pseudhymène est tellement délicate et transparente qu'on a distingue mal à première vue : elle ressemble à du mucus concret, elle ïst visqueuse et molle. Enfin, dans certains cas, la muqueuse n'est plus ■ecouverte, les fausses membranes existant pendant la vie ont disparu oit qu'elles aient été rejetées, soit qu'elles aient été détachées de leur lupport. L'adhérence au moment de la nécroscopie est généralement faible, )Ourtant on éprouve quelquefois de la résistance pour les séparer de la Huqueuse. Les pseudhymènes gélatineuses et transparentes ne sont bien ippréciables qu'après avoir été mises dans l'alcool, ou dans un liquide ipproprié et durcissant.

I La face libre des pseudhymènes laryngées est recouverte de détritus ' buriforme et de cellules de la région; la face profonde quand elle adhère iîst pourvue de fins lilaments qui se prolongent dans les glandules. Quand il existe des points brunâtres ou rouges, ils proviennent d'ecchymoses et fion d'une organisation vasculaire ; fréquemment la face profonde est séparéede la muqueuse par de la sérosité 'purulente riche en jeunes cellules, j L'épaisseur varie de 1 à 3 millimètres, et souvent sur la coupe des bseudhymènes on voit des stratifications, des couches superposées, comme pi la production croupale avait été déposée en plusieurs fois par des pous- 'sées successives.

j La muqueuse laryngée, quand on a pu l'apercevoir avec le laryngoscope a été trouvée rouge, ecchymosée. Après la mort, cette rougeur s'efface en partie : la muqueuse peut même être pâle ; mais ordinairement elle est jépaissie, infiltrée de sérosité, dépourvue de son épithélium, comme dans

Al'I'AliElL DE LA I', ES I' I R AT 1 0 N.

Ut laryn;j;il,e aii>uë simple. Souvent la muqueuse est infiltrée de granulations ; enfin on peut trouver, mais exceptionnellement, une nécro-liymène superficielle.

Le microscope fait reconnaître dans les pseudliymènes laryngées les éléments que j'ai signalés. Constamment on trouve une substance blanchâtre, plus ou moins molle ou épaisse, dans laquelle on reconnaît des filaments entre-croisés et formant des mailles, où les cellules de la région et d'autres néocytes se montrent en quantité variable, ainsi que des granulations protéiques et graisseuses. Les cellules prismatiques ou cylindriques, quelquefois ciliées, ont d'autres fois perdu le plateau qui les surmonte, .le les ai vues gonflées, déformées, ayant des cavités plus claires, un noyau plus accusé ou plusieurs noyaux, mais jamais je ne leur ai trouvé la forme découpée des cellules de la diphtliérie pharyngée (voy. p. 60, fig. 15). Les végétaux sont exceptionnels, tandis qu'au pharynx ils existent presque toujours.

Dans la forme nécro-hyménique la muqueuse renferme dans sa partie superficielle des granulations fines, des globules rouges du sang, un grand nombre de leucocytes. Les muscles laryngés sontatteinls de myosite, surtout les thyro-aryténoïdiens. Après l'enlèvement des pseudhymènes, on trouve les fibres musculaires pâles, de teinte feuille-morte, friables, œdématiées. Au microscope, les fibrilles sont pénétrées par des granulations moléculaires et graisseuses, la striation n'est plus apercevable, les noyaux dusarcolemme sont multipliés. Quinquauda vusur le larynx d'un enfant devenu aphone àla suite du croup, les niuscles thyro-aryténoïdiens réduits à l'état de deux filamenls, au milieu desquels on rencontrait quelques fibres musculaires dans des fibrilles conjonctives ; il y avait atrophie manifeste (1).

Les altérations de la muqueuse sous-jacente ne m'ont jamais montré les vaisseaux remplis de spores végétaux ; je ne saurais admettre que la fausse membrane croupale se multipliât au loin par des éléments végétaux. On a, dans ces derniers temps , supposé prématurément plutôt que constaté la nature parasitaire de la diphthérie (Oertel, Nassiloff, Eberth, Letzerich). Les végétaux qui se trouvent dans les fausses membranes croupales, les micrococcus divers, sont plutôt indifférents que s])écifiques, et ils sont en majeure partie répandus à la surface plutôt qu'à la profondeur, ou à la face adhérente, de la pseudhymène.

Dans le croup avec manifestations diphthériques généralisées et pseudomembranes du pharynx, des bronches, de la peau, etc., on trouve le sang poisseux, noirâtre, tachant les doigts comme de la sépia. J'ai vu dans le sang des corpuscules ronds ou ovales, réfringents, différents des hématies

(1) J.-M. Foiiitis, Considéraiions aur nue épidémie de croup, thèse de Paris, 1871. — J. Cai,- LANUREAU, Coiitribulioii à Vétuile du croup, l,lu"'sc do Paris, 1873. — E. Quinqcauo, Considérations sur le croup, etc. iOaiette nhstétrirate, dcrendire 187(1).

LARYNX. m

ordinaires, plus petits, les uns isolés, d'autres réunis en groupes ou en chaînettes, mais sans que je puisse conclure à leur spécificité et à leur production exclusive dans le croup infectieux. J'ai vu de ces corps mal déterminés dans la fièvre typhoïde. L'hémoglobine est altérée, les matières extractives augmentent, les sels de potasse diminuent dans les cas graves (Quinquaud).

Un fiiil important noté par Bizzozero est la dégénérescence granuleuse des cellules dans les corpuscules de Malpighi de la rate et dans ceux des organes lymphoïdes.

Les lésions cardiaques sont des endocardites (Bouchut, Labadie-Lagrave) qui m'ont semblé moins fréquentes que ne l'ont dit ces auteurs. Les altérations que j'ai vues sur les valvules m'ont plutôt paru des gonflements, de la valvule centrale surtout, avec état un peu mamelonné. Les fibres musculaires du cœur et de divers muscles sont elles-mêmes atteintes de dégénérescence interne et de stéatose, comme dans la fièvre typhoïde grave et la variole (Zenker, Liebermeister, Hayem). Les lésions des nerfs et de la moelle sont indubitables, les tubes nerveux et les cellules médullaires ont été trouvés altérés, granulo-graisseux. Les lésions cérébrales ne sont pas mycosiques, mais plutôt analogues à celles des muscles et dues à une stéatose avec aspect de ramollissement central (Parrot).

Existe-t-il anatomiquement plusieurs espèces de croup? D'après tout ce qui précède, on ne saurait admettre d'autres différences entre les pseudhymènes du larynx qu'une épaisseur ou une consistance variable avec des éléments identiques.

Mais au point de vue pathologique, le croup local diffère du croup généralisé; celui qui survient après la rougeole, la scarlatine, les fièvres graves, etc., en un mot deutéropathique, est différent par les altérations générales, qui l'accompagnent d'une laryngite pseudo-membraneuse survenue d'emblée. La contagion trop évidente du croup tient-elle à ses éléments ordinaires ou aux productions végétales qui l'accompagnent? Cette dernière hypothèse n'est point démontrée.

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