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I/aryngîtcs cbroniqiics

A. La lartjngite catarrhale chronique qui succède à la laryngite simple aiguë est observable surtout chez les jeunes sujets, sans être accompagnée nécessairement du gonflement des giandules laryngées.

Au laryngoscope, on trouve une rougeur foncée de la muqueuse, parfois violacée, étendue à tout le larynx, plus rarement limitée à quelquesunes de ses parties. La muqueuse est non-seulement colorée par hyperhémie chronique, elle est encore légèrement épaissie et revêtue de mucosités.

La laryngite catarrhale chronique est la complication ordinaire des tumeurs laryngées, elle est constante au pourtour des vieilles ulcérations de cet organe. A un degré plus avancé elle devient sclérosique et hypertrophique.

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La localisation minutieuse des lésions de la laryngite chronique a fait proposer plusieurs dénominations secondaires qu'il suffit d'indiquer: l'aryténoïdite, que nous avons déjà vue pour l'état aigu; la chondrite des cartilages de Santorini et de Wrisberg ; la méso-aryténoïdile, pour la membrane inter-aryténoïdienne ; l'aryténo-épiglotlite ; l'épiglottite ; la pétiolite, désignant l'inflammation du bourrelet de l'épiglotte ; enfin les chordite supérieure et chordite inférieure.

B. La laryngite chronique glanduleuse, appelée aussi laryngite granuleuse, est souvent chronique d'emblée; elle coexiste avec une laryngite glanduleuse (voy. page 6-4).

Les lésions de la laryngite glanduleuse sont bien marquées au niveau des cartilages aryténoïdes et à l'entrée du larynx. Tantôt la muqueuse n'est pas très-gonflée et les glandules font saillie ; tantôt la muqueuse est épaissie et hypertrophiée dans tous ses éléments. Il est difficile de séparer les divers états inflammatoires chroniques laryngés qui coexistent souvent, mais la saillie par augmentation de volume des glandules peut être observée avec une muqueuse peu épaissie (Krishab'er) .

Les glandules ont leurs conduits dilatés par une multiplication exubérante d'épithélium et leurs acini, ou culs-de-sac, sont dilatés ; peut-être même il y a néo-formation d'acini ou de prolongements nouveaux. Les cellules sont plus volumineuses, plus allongées, leur forme est prismatique. Sile goulot delà glande s'oblitère, le produit de sécrétion s'accumule, la glande est très-augmentée de volume et même kystique. Les vaisseaux entourant les glandules se dilatent. D'autres fois les glandules se rompent et l'orifice est ulcéré ou érodé.

La muqueuse vue au laryngoscope est inégale et grenue, certaines glandules sont un peu plus volumineuses que les autres, et la teinte de ces glandules est grisâtre. La muqueuse au niveau des aryténoïdes est bombée, au niveau des cordes vocales elle est épaissie, ailleurs au contraire avec de légères érosions.

A un degré plus prononcé et si le chorion rnuqueux participe au travail pathologique, on voit la métamorphose dermoïde de Fœrster (i) ; la muqueuse du larynx présente de nombreuses papilles plus saillantes et ecouverles d'épithélium pavimenteux. Sur les cordes vocales, si les sailies sont très-fortes et granuleuses, on a la chorditis tuberosa (Tiirck), brmée par l'hypertrophie de l'épithélium des couches superficielles de a muqueuse, hypertrophie qui conslitue un papillome sessile et en iniature.

(1) AuGUST FoERSTER, Hatidliuch der pathologischen Anatomie, ztueite Auflage, t. II, p. 321,

APPAREIL DE LA RESPIUATION

C. La lari/nriite chronique hi/pertrophique, sclérosique, plastique, sous-muqueuse, est caractérisée par l'épaississement de la muqueuse et du tissu conjonclif sous-muqueux. Les éléments de ces couches sont multipliés en nombre et leur hypertrophie est réelle.

La coloration de la muqueuse est d'un rouge violacé, l'épiglotte a pris la forme d'un capuchon ou d'un fer à cheval, ses bords sont arrondis. Les replis aryténo-épiglottiques sont gonflés et comme raccourcis ; les cartilages aryténoïdes sont volumineux, leur intervalle est plissé et rétracté. Les cordes vocales supérieures sont tuméfiées en totalité ou en partie ; si une seule est altérée, elle peut recouvrir la correspondante; les cordes vocales inférieures sont peu altérées, au plus injectées et épaissies, avec im bord arrondi au lieu d'être tranchant. Au laryngoscope elles sont masquées parla saillie des cordes vocales supérieures (Mandl).

Homme, ayant une laryngite chronique avec une atteinte de laryngite aiguë, mort de suffocation à riiôpital général de Vienne. La section de l'épiglotte montre que la muqueuse de sa face antérieure est très-considérablement augmentée d'épaisseur. Le cartilage réticulé ne participe pas à l'hypertrophie en cet endroit, de même que le réseau élastique situé au devant de lui, ce dernier contient des groupes de cellules graisseuses. L'augmentation du volume est due surtout au tissu conjonctif contenant de petits noyaux isolés et à des groupes de cellules jeunes de tissu conjonctif. L'acide acétique, en rendant le tissu conjonctif plus clair, fait paraître les groupes déjeunes cellules comme des traînées opaques.

La partie postérieure de la muqueuse de l'épiglotte était peu boursouflée et n'offrait rien de particulier. L'examen d'une coupe verticale, faite suivant l'axe longitudinal sur le repli ary-épiglottique gauche, donna les résultats suivants : au-dessous de la muqueuse (dont l'épithélium avait souffert par la macération dans l'acool), on constate une couche jaune verdâlre qui par places s'enfonce profondément. Dans les couches plus profondes, on remarque des points épaissis, opaques, dus à la prolifération des éléments de tissu conjonctif, pourvus de noyaux arrondis.

D'autres points moins opaques offraient des cellules de tissu conjonctif moins dense, entremêlées de fdaments élastiques. L'opacité de la surface de la muqueuse était due en grande partie à l'infdtration d'une masse finement granulée et à des noyaux en décomposition. Les glandes pouvaient encore être reconnues çà et là, avec leurs acini. Les faiscèaux musculaires primitifs étaient entourés d'une grande quantité de noyaux agglomérés. Le travail de prolifération dans le chorion de la muqueuse s'étend sur toute l'étendue des plis ary-épiglottiques et des plis thyro-aryténoïdiens supérieurs (1).

En résumé, la laryngite chronique hypertrophique, sclérosique, offre les caractères anatomiques d'épaississement et de multiplication dans les éléments des tissus conjonctifs sous-muqueux. Tantôt les lésions

(I) Wedl, in Dictioniwire enciiclopédique des sciences médicules, 2" série, t. I, p. 636, 1868.

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sont généralisées, diffuses, ou bien elles sont isolées, et par places seulement. Le tissu sous-muqueux devenu épais, fibroïde, fibro-lardacé, ressemble à celui des scléroses ou linites muqueuses. Le microscope fait constater du tissu embryo-plastique cellulaire ou fuso-cellulaire, et Unis les passages au tissu néo-conjonctif fibreux. La laryngite bypertrophique favorise à un haut degré le développement des néoplasmes laryngés.

J. Cruyeilhier, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XI, ISSi-. — Thompson, r.hroniclaryngitis (The Lancet, t. I, p. 543, 1834). — A. Trousseau et H. Belloc, Traité pratique de la plitliisic laryngée, de la laryngite chronique, etc., in-8, Paris, 1837. — Bricheteau, Laryngite chronique (Bulletins de l'Académie de médecine, t. V, p. 395, 1840). — Mande, Gaz. des liùpitaux, 1861, p. 13, 49, 98, 117, 1802, p. 249, 313. — Waldenburg, Ueber chroniscii. Entzundung dos l'Iiarynx und Larynx (Berliner Klin. Wocliensciir., 1867).

Ulcérations du larynx.

Les ulcérations laryngées sont très-différentes dans leur forme et leur profondeur; elles sont produites par des causes très-différentes.

Dans la laryngite catarr haie diiguè, intense, les ulcérations sont légères, < c sont des exulcérations, parfois de véritables ulcérations folliculaires et arrondies. Dans la laryngite catarrhale chronique, on voit de simples érosions, ou bien des plaques irrégulières couvertes de mucosités épaisses ; la muqueuse est très-légèrement dépolie ou exulcérée au-dessous.

La laryngite glanduleuse chronique est parfois accompagnée d'ulcérations tantôt superticielles, tantôt profondes et infundibuliformes.

Les ulcérations dues diUx pustules varioliques sont aplaties et arrondies, la muqueuse est détruite jusque dans le chorion muqueux.

Dans syphilis à la deuxième période les ulcérations sont plates, mais dans la syphilis tertiaire elles sont profondes, le tissu sous-muqueux est ('■pais, très-vasculaire, induré, produisant des végétations papilliformes ou polypiformes (voyez Syphilis du larynx).

Les ulcérations tuberculeuses laryngées coexistent avec celles de la trachée ou des bronches. On trouve des ulcérations folliculaires et des dépressions de 2 à 3 millimètres de diamètre, à fond grisâtre. Plusieurs de ces ulcérations réunies ont des rebords sinués; autour on voit, en y regardant avec beaucoup de soin, de petits points grisâtres ou jaunâtres qui sont des granulations tuberculeuses.

Les ulcérations scrofuleuses laryngées ne sont pas à bords élevés. La surface n'est ni fongueuse ni végétante, elle est granuleuse et, à la manière d'une plaie en réparation, elle est couverte de bourgeons charnus.

Les ulcérations laryngées de la morve résultent de petits abcès remplis

de pus et qui se sont ouverts en détruisant les couches superficielles de la muqueuse.

Dans la laryngite de la fièvre typhoïde, j'ai dil (page -434) que les ulcérations étaient fréquentes. C'est à cette lésion que le nom de laryngotyphus a été donné, dénomination aussi mauvaise, à mon avis, que celle de stoma-typhus ou stomato-typhus.

Les ulcérations laryngées dans la fièvre typhoïde siègent ordinairement à la paroi postérieure du larynx, à la face interne des ligaments aryténoépiglottiques, sur les parties latérales du larynx et sur l'épiglotte.

Ces ulcérations, d'abord superficielles, grisâtres, à bords peu nets, irrégulières, occupent les points où se trouvent les glandules muqueuses lésées dans le larynx, pendant la fièvre typhoïde, comme elles le sont dans l'intestin. A un degré extrême, l'ulcération est profonde, à détritus sanieux, grisâtre, la muqueuse est perforée, détruite, le tissu sous-muqueux décollé, le périehondre et les cartilages sont atteints, il peut en résulter la périchondrite et la chondrite déjà décrites.

Ces ulcérations dothiénentériques sont oi'dinairement muqueuses, puis atteignent le cartilage ; mais parfois le cartilage ou son périehondre sont atteints d'emblée et primitivement. Le mécanisme de l'ulcération laryngée dans la lièvre typhoïde est nécro-hyménique.

Les ulcérations des épitJiéliomes laryngés sont entourées d'une coloration foncée de la muqueuse ; elles sont couvertes de gros bourgeons ; leur surface est inégale, mamelonnée, ecchymosée souvent.

Barth, Mémoire sur les ulcérations des voies aériennes (Arcliives générales de médecine,. S= série, t. V, p. 137, 1839). — Newmann, Ueber die chronische ulcerative Laryng'ilis (Journal fiir Kinderkrankheiten, 1847). — Rheiner, Ueber dcn ulcérations Procfss im Kehlkopf (Virchow's Archiv ftir pathol. Anat. 1853). — Toulmouche, Sur les ulcérations du larynx et de la trachéeartère (Archives générales de médecine, 5" série, t. X, 1857). — Forest, De la laryngite ulcéreuse, thèse de Paris, 1863. — Oulmont, Ulcération tuberculeuse dans le pharynx et le larynx (Gazette des hôpitaux, 1806). — C.arpentier, Laryngite chronique ulcéreuse (Presse médicale, 1867).

Néoplasmes laryngés.

Au point de vue clinique, les tumeurs laryngées ont été désignées sous le nom de polypes et leur historique, suivant la remarque de Ch. Fauvel, comprend deux époques : la période antélaryngoscopique et la période actuelle ou laryngoscopique. Pendant la première, d'après les relevés de Gerdy et de Ehrmann, on n'a signalé qu'une quarantaine de ces tumeurs ^ actuellement on les compte par centaines (i).

(1) Ch. r.\uvEL, Traité pi'Ciiique des maladies du hinjn.v, etc., p. 178 et suiv., Paris, 1876.

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Mais la division des tumeurs laryngées en polypes et en cancers, bonne en clinique, ne saurait suffire en anatomie pathologique; aussi les étudierons-nous séparément, avec leurs caractères macroscopiques et histologiques.

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