Pa|till!oniO!!i, Sarcomes, Fibromes, ÎHyxomes
A. Papillomes. — I^es papillomes, ou polypes papillaires, constituent lesplus fréquentes de toutes les tumeurs intra-laryngées ; ilssiégentle plus souvent sur le bord libre des cordes vocales inférieures, surtout dans leur moitié antérieure et à leur niveau d'insertion, là où se trouvent normalement des papilles dont ils ne sont que l'hypertrophie.
Les papillomes sont grenus, blanchâtres, un peu rosés, avec des bourgeons primitifs et secondaires, ou offrant un faisceau de tîlaments papillaires ; qu'ils soient granuliformes ou villeux, ils sont ordinairement sessiles, rarement pédiculés. Leur consistance est faible, ils sont faciles à arracher, et ne donnent pas lieu à un écoulement de sang abondant ou in({uiétant. La muqueuse, dans sa couche profonde, et le tissu cellulaire sous-rnuqueux ne sont pas envahis, mais à l'état normal. Leur structure est caractéristique : gangue conjonctive à fibrilles lamineuses avec des vaisseaux en anses, le tout revêtu d'épithélium pavimenteux, et formant des couches stratifiées, plus ou moins épaisses et condensées, d'où les papillomes cornés et les papillomes mous.
B. Sarcomes. — Les sarcomes ont été rencontrés huit fois par Fauvel. Ils ont l'apparence arrondie, ou bien en massue, en gourde, rarement en chou-fleur, variant du volume d'une lentille à un pois ; leur consistance est molle.
Ils sont formés de cellules embryo-plasticpies, rondes ou un peu ovales, et de noyaux volumineux. Dans plusieurs sarcomes, la forme des cellules est fusiforme et fasciculée.
G. Fibromes. — Les fibromes, ou polypes fibreux., sont assez rares dans le larynx ; Fauvel en a observé onze cas sur trois cents cas environ de tumeurs laryngées; ils sont sessiles, très-rarement pédiculés (fig. 118). Ils ont un aspect blanchâtre presque nacré. Leur volume varie de celui d'un grain de cliènevis à celui d'un pois ou d'un grain de raisin. Ils sont placés à la surface même d'une corde vocale et touchent la corde restée saine. Leur surface luisante, polie, est rarement ulcérée.
Ils sont formés de tissu lamineux, dense, disposé en fibrilles parallèles ou entre-croisées, et de cellules fusiformes en voie de développement
APPAREIL DE LA RESPIRATION
libreux. L'exiérieur est revêtu de plusieurs couches d'épithéhuin pavimenteux, parfois très-nombreuses. Exceptionnellement le fibrome a été vu recouvert de cellules cylindriques (Michel).
FiG. 118. — Polype fibreux de la corde vocale gauche (Mandl).
D. Myxomes. — Lesmyxomes, ou polypes muqueux, viennent après les papillomes pour la fréquence ; presf[ue toujours ils sont uniques et pédiculés, arrondis, d'un jaunâtre rosé pâle, comme la muqueuse laryngée, ou roses. Leur siège le plus fréquent est la base ou la face postérieure de l'épiglotte, les ventricules de Morgagni, au-dessus des cordes vocales.
Les myxomes sont constitués par un lacis de vaisseaux à larges mailles; dans les interstices se trouvent de grandes cellules pâles, fusiforraes et d'autres plus petites, embryo-plastiqucs, placées dans un liquide muqueux. Il y a en outre des fibres élastiques, souvent des cellules graisseuses. La tumeur est recouverte par la muqueuse amincie.
E. Lipomes. — Un seul fait de lipome a été signalé par Bruns; ce lipome s'était développé sur la muqueuse revêtant un des cartilages aryténoïdes.
Z. — Adénomes, liyiiipbadénoineiii, Kystes, Angiomes, Enchondi-onies.
A. Adénomes. — Les adénomes laryngés, ou polypes glandulaires, proviennent des glandules laryngées, dont les éléments hypertrophiés forment des tumeurs à la surface de la muqueuse et finalement se sont pédiculisés. L'histologie de ces adénomes fait reconnaître des culs-de-sac glandulaires à cellules épithèliales tassées, volumineuses, parfois en dégénérescence colloïde. Les adénomes sont souvent ulcérés, ils sont fréquemment recouverts de papilles et la tumeur alors est mixte, à la fois papillairc et glanduleuse.
B. Lymphadénomes . — Les tumeurs leucémiques laryngées sont petites, nodulaires, parfois aplaties et on les observe concurremment dans le larynx, la trachée et les bronches. Elles sont formées de tissu réticulé et des éléments cellulaires propres à ce genre de tumeurs.
LARYNX
C. Kystes. — Ch. Faiivel signale les kystes laryngés. Il ne les a point >bservés ailleurs que sur le vivant; leur aspect est celui d'une tumeur larfaitement transparente ; il les regarde comme formés par la dilatation les parois glandulaires après l'oblitération du conduit excréteur de la •lande ( i).
D. Angiomes. — Les angiomes sont rares, et Fauvel les a trouvés deux bis. Les vaisseaux étaient anastomosés et constituaient un angiome caverleux et lacunaire. Leur volume ne dépassait pas celui d'un pois. Ils sié- >'eaient sur le bord libre de la corde vocale inférieure, ils étaient lisses et l'un rouge noirâtre.
E. Enchonclromes et Ostéomes. — Les tumeurs formées par des néo- )lasies cartilagineuses ou par des ossifications de celles-ci ont été trouvées lans le larynx à la face interne des cartilages cricoïde surtout et thyroïde.
F. Les dépôts uratiques dans le larynx, ou, en d'autres termes, les tophus goutteux du larynx ont été signalés par Virchow et Litten (2).
G. Dégénérescence amyloule. — Les tumeurs amyloïdes laryngées 5ont fort rares et coexistent probablement avec celles d'autres organes (3).
:t. — Kpitliélîome ou cancer du larynx.
On a déjà vu (p. 136) que Je regarde toutes les tumeurs dites cancéreuses comme constituées par des épithéliomes, soit cylindriques, soit glandulaires, aussi je fais rentrer les polypes épithéliomateux de Fauvel dans cette classe, tandis qu'il les sépare des cancers proprement dits, encéphaloïdes et cancroïdes (4') .
Fauvel admet que le cancer laryngien est toujours primitif, qu'il soit lencéphaloïde ou épithélial. Mais on voit souvent le larynx envahi par un cancer du voisinage. Enfin jamais le cancer de l'organe vocal ne produirait d'accident d'infection ou de généralisation. 1 h'épitliéliome pavimenteiix,'aolé seize fois par Ch. Fauvel, a une large
I (I) Ch. Fauvel, Traité des maladies du lanjnx, etc., p. 191. Paris, in-8, 1876.
(2j Virchow, Arcliir fur palltol. Anat. iind Phijsiol., Band I, 44. — Litten, Archiv f'âr paUwl Afiat. und Phijsiol. , Band LXVl, p. 129.
^3) BuROW, Dégénérescence arnijloide de tumeurs du larynx, etc. (Arcliiv fur klinik. chirurfjie t. XVUI, p. il, p. 242, 1875). — E. Ziegler, Tumeurs amijloides de la langue et du lanjnx (Archiv fùr palh. Anat. uml Phijsiol, t. LXV, 1876).
(4) Ch. Fauvel, Traité pratique des maladies du lanjnx, etc., partie, page 189, et 2' partie, page 683, 1876.
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base et débute comme un papillome, un condylome; il s'agrandit toujours avec un aspect grenu, à végétations papillaires et s'ulcère finalement. L'ulcération est grisâtre, avec de petits caillots sanguins. Les cartilages sont atteints à leur tour comme dans la l'orme encéphaloïde et des fistules peuvent en être la suite.
Les ganglions sous-maxillaires et du cou sont constamment tuméfiés et durs dans l'épithéliome pavimenteux laryngé, de même les ganglions péritrachéaux etpéribronchiques. Enfin la partie antérieure du cou peut devenir elle-même d'une consistance ligneuse et les muscles éprouver la dégénérescence graisseuse.
L'épithéliome pavimenteux est parfois lobulé, avec des globes épidermiques, le revêtement est ordinairement ulcéré.
La forme encéphaloïde ou médullaire de Vépithéliome, ou cancer laryngé mou, est caractérisée par des tumeurs mal limitées, rouges, violacées, ou blanchâtres par places, suivant le degré d'évolution. Ces tumeurs pouvant acquérir le volume d'une noisette et même d'une châtaigne sont végétantes, moulées sur les cavités et replis laryngés et arrivent finalement à remplir tout le larynx. La surface ulcérée, surtout à la partie postérieure, est grisâtre, inégale, à points ecchymotiques.
Le cancer propagé de l'œsophage au larynx s'accompagne d'œdème des ligaments aryténo-épiglotliques et la muqueuse est épaissie avec des tumeurs mollasses, friables, parfois gélatiniformes et colloïdes.
lians YépitJtMiome laryngé, tubiUé, cylindriqiie,\es tumeurs sont ordij nairement fermes, consistantes, à pédicule très-large ou sessiles. L'épij thélium qui les forme est disposé en cylindres anastomosés et placés dan^ un stroma fibroïde ou fibreux.
E. Blanc, Canrer primitif du larynx, thèse de Paris, n" 111, 1872. — Isamiîert, Contribution à l'étude du cancer du larynx (Annales des maladies de l'oreille et du larynx, p. 1, 187G). S. J. Descouts, Contribution à l'étude du cancer primitif du larynx, thèse de Paris, n° 370 1876. — Fauvel (Ch.), Traité pratique des maladies du larynx, p. 727 et 749. Paris, in-8 ave'| fig., 1876.