Tuberculose laryngée
On a longtemps discuté la question de savoir si le tubercule se dével loppe dans la muqueuse du larynx, ou si les ulcérations qu'on y trouve chez les tuberculeux dépendent seulement d'un état consomptif, du pasj sage des crachats et de l'irritation qui en résulte (Sylvius, Louis), san^ granulations tuberculeuses proprement dites (Cruveilhier, Riihle).
Après y avoir regardé de très-près et à diverses reprises, je partage l'opinion de Lhéritier, de Rokitansky, de Hérard et Cornil, de Virchow
LARYNX
3l de Foersler, sur la fréquence des granulalions tuberculeuses du larynx.
plupart des ulcérations laryngées me paraissent avoir pour point de départ un tubercule très-petit dont les traces sont plus tard introuvables.
Dans la première période de la tuberculose laryngée, le corpuscule gris st punctiforme, grisâtre, visible seulement à contre-jour sur la mujueuse enlevée et posée sur une plaque de verre. Cette granulation grise, parfois extrêmement petite, est pleine, non déprimée comme une glaniule et elle siège sous l'épithélium.
Sur des coupes durcies passant par une granulation grise, on voit les ellules et les noyaux qui la composent placés dans la partie superficielle lu derme ou cborion muqueux. Tantôt les granulations sont isolées, tanôt elles sont confluentes ; parmi elles on en trouve dont le centre est 3aséeux et celles-ci sont dépouillées à leur surface d'une partie ou de la otalité de l'épithélium de la m'uqueuse. Plus tard, on voit la muqueuse elle-même érodée, la granulation est en détritus granulo-graisseux et à a place il reste une ulcération produisant un liquide puriforme, et dans aquelle toute trace de tubercules miliaires a disparu.
La tuberculisation pulmonaire est liée étroitement cà la tuberculisation aryngée. Rarement les granulations tuberculeuses se montrent d'emblée dans le larynx, elles viennent avec ou après celles du poumon. Quand la )hthisie tuberculeuse pulmonaire est avancée, la phlbisie laryngée caractérisée par des ulcérations plus ou moins étendues ne permet pas de reconnaître facilement le début de ces mêmes ulcérations.
Les ulcérations laryngées des tuberculeux sont superficielles ou profondes, répitliéiium est tombé, la muqueuse est d'un rouge foncé, simplement érodée au début et les desquamations sont isolées. Les ulcérations atteignent la muqueuse dans une profondeur variable, les glandules disparaissent, il n'y a qu'une cavité purulente à la place et ces ulcérations glandulaires réunies forment des pertes de substance assez considérables. Quand les ulcérations tuberculeuses laryngées sont très-profondes elles atteignent le tissu sous-cutané, les muscles, les cartilages, etc. Des lambeaux épais ou flottants (tig. 119) forment des prolongements muqueux, les bords sont hypertrophiés, la surface est friable et infiltrée de pus, recouverte de détritus jaunâtre. Les cordes vocales sont ulcérées, surtout à la partie postérieure, et l'ulcé-
FiG. IIU. — Ulcération tnbcrcu- Iciise lie la muqueuse laryngée avec débris flottant de muqueuse *.
* FiG. 119. — Ulcération tuberculeuse du larynx, ar, cartilages aryténoïdes; cr, cartilage cricoïde ; vv, ventricules laryngés; p, lambeau de la muqueuse détaché de Tulcération (Maudl).
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ralion peut détruire les rubans vocaux ; mais ordinairement les deux tiers antérieurs des cordes vocales sont épaissis; les replis inférieurs sont plus rarement ulcérés que les supérieurs. Les articulations chondrales se disjoignent finalement, l'épiglolte se boursoufle et offre des pertes de substance surtout à l'extrémité ; rarement elle est tout à fait détruite.
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