Rctrécisscincnt de la trachée; S^tcnosc trachéenne
Le rétrécissement de la trachée peut être causé par rinflammation soit aiguë soit chronique, par la présence de tumeurs internes, de corps étrangers ou par compression extérieure (2).
Le rétrécissement trachéen par inflammation diphthérique de la muqueuse n'est pas localisé à ce conduit; le plus souvent, on peut presque dire toujours, il y a des fausses membranes dans les autres canaux laryngiens ou bronchiques. Cependant d'épaisses fausses membranes trachéales constituent un danger spécial quand on pratique la trachéotomie; l'extrémité de la canule peut refouler eu bas le produit couenneux, s'insinuer entre lui et la trachée. On essaye de désobstruer cette dernière, mais le corps que l'on introduit ne sert qu'à décoller la fausse membrane sans rétablir la communication avec les bronches ; il en résulte une cause de mort rapide (voyez page et figure 117).
Le rétrécissement sypliilitique de la trachée a été étudié avec soin. Sui 25 cas de rétrécissements syphilitiques des vois aériennes, Ulysse Trélal indique 7 cas où le rétrécissement siège sur les replis aryténo-épiglotliques, 10 dans le larynx et 5 dans la trachée.
Les rétrécissements trachéens sont d'autant plus fréquents que l'on se rapproche du larynx ; le siège le plus ordinaire est sur les premiers -anneaux de la trachée.
Ce sont des lésions tertiaires ulcératives qui, en se cicatrisant, produisent des coarctations. Tantôt la hauteur des rétrécissements syphilitiques trachéens est de quelques millimètres, tantôt elle est de trois pouces.
Le degré de constriction est très-variable, depuis une simple diminution de calibre de la trachée, jusqu'à ne laisser passer qu'une plume de coribeau. Toutefois les malades, d'après U. Trélat, succomberaient plutôt à un
(1) Devalz, Du trachéocéle ou hernie de la trachée {Gazette médicale de Paris, p. 613, 1873).
(2) Civet, Du rétrécissement de la trachée, tlièse de Montpellier, 1861.
456 APPAREIL DE LA RESPIRATION
spasme glottique qu à un degré de constriction extrême. Les cerceaux situés au-dessous du rétrécissement, c'est-à-dire supérieurs dans l'ordre de la circulation aérienne, sont dilatés, souvent amincis et ont perdu leur élasticité.
Le rétrécissement de la trachée par compression extérieure peut être causé par des tumeurs solides, par l'hyperlrophie de la glande thyroïde ou du thymus, des ganglions lymphatiques dégénérés, etc. Une cause remarquable et fréquente de rétrécissement par compression de la trachée et aussi de la bronche du côté gauche est l'anévrysme de la crosse aortique dans sa portion ascendante. La trachée est alors refoulée, comme aplatie et recourbée en arrière, à concavité antérieure.
Warthington, Medico-chir. Transactions, London, t. XXKV, p. 220, 18i2. — Charnal, Quelques considérations sur les rétrécissements cicatriciels de la trachée consécutifs aux ulcérations de ce conduit, thèse de Paris, 1860. — Baudre, Du rétrécissement de la trachée-artère, thèse de Paris, 1865. — Cyr, Anatomie pathologique des rétrécissements de la trachée, tiièse de Paris, n° 299, 1866. — U. Trélat, De la trachéotomie dans les lésions syphilitiques des voies respiratoires. (Gaz. hebdomadaire de méd. et de chirurgie, p. 276, 1869. — Bull, de l'Acad. de médecine et rapport d'Alph. Guérin, t. XXXIV, p. 190, 1869-) — Thornton, Rétrécissement syphilitique de la trachée (The Lancet, 13 juin 1874). — Weil, Fàlle von Tracheo-und Bronchostenose (Deutsch. Arch. f. klinik nied., t. XIV, p. 82, 1874). — Lee (Henry), Rétrécissement traumatique de la trachée (Med. Times and Gazette, 16 mai 1874). — Balzer, Deux observations de compression de la trachée par des tumeurs du corps thyroïde (Gazette des hôpitaux, 1874).— Rey (Alfred), Étude sur la syphilis trachéale, thèse de Montpellier, 1874). — LoRi (Ed.), Des sténoses de la trachée et du larynx (Pester med.-chir. Presse, t. XI, 1875). — Rey (L.), Déformation de la trachée par les tumeurs du cou, thèse de Paris, 1875.
Perforations et fistules trachéennes.
Les perforations de la trachée surviennent à la suite de plaies ou par destruction d'un néoplasme, soit de dedans en dehors soit de dehors en dedans. Les fistules trachéennes peuvent résulter de la destruction de la muqueuse et de la perforation s' étendant jusqu'aux organes internes; les fistules sont alors œsophago-trachéennes, aortico-trachéennes ou trachéocutanées, etc.; la fistule peut s'étendre jusqu'à une cavité d'abcès péritrachéen, à un ganglion suppuré ou tuberculeux, et le trajet est souvent sinueux ou anfractueux.
Vices de conformation.
Le manque total de la trachée se voit seulement chez les monstres acéphales. La communication congénitale avec V œsophage , et la fistule trachéale cutanée ont été décrites.
BRONCHES
Le nombre moindre des cerceaux cartilagineux de la trachée, leur élargissement anormal par soudure sont peu importants. On a vu la trachée ic divisant en trois troncs bronchiques au lieu de deux seulement. La ardeur considérable et Tatrésie congénitale de la trachée sont rares.
Rossi (F.), Observationes do nonnuUis monstruositatibus in iuternis huinani corporis partibus Memorie délia Académie délie scienzo di Torino, t. XXX, p. 168. Torino, 1826). — Fleischmanx, le Chondrogen. asper. art., mit Abbildungen. Erlangen, 1820. — Dzondi, De fistula trach. •ongen. Halle, 1829. — H. Ewen, Case of transposition of the Aurta, Trachœa, and OEsodiagus, etc. {Guy's Hospital Reports, cet. 1848, vol. V, p. 233). — Riecke, Journal fur Cbir. ind Augonh. Band IV, 1845. — Luschka, Arcbiv. fur phys. Heiliaindc. Band VII, 1848. — '■.NGEL, Prag. Viertelj., 1850.
SECTION IV
BROXCHEf^
L'ensemble des bronches ressemble à un arbre renversé dont la trachée brmerait le tronc et les petites bronches les racines ; elles représentent •éellement un système de canaux se subdivisant de plus en plus, d'une
anière dichotomique, et se terminant aux ampoules pulmonaii'es.
Les altérations anatomiques des bronches sont presque toutes des léions de canalisation.
Inflammations aiguës et chroniques des bronches.
l. — Bronchite aiguë »«iiiiplc, Innaminalion ile<i grosses et moyennes bronclics.
Quand l'inflammation de la muqueuse bronchique est aiguë et superficielle, limitée aux grosses bronches et ne dépassant pas les moyennes, bn a une endobronchile aiguë, catarrhale, ordinairement sans danger, i moins de complications. J'ai vu chez un homme atteint de bronchite ^t succombant brusquement par rupture d'un petit anévrysme de la crosse lortique, dans sa portion descendante, les particularités suivantes :
Homme, trente-deux ans, entré pour une bronchite aiguë, double, avec râles ronflants des deux côtés de la poitrine, succombant à la rupture d'un petit anévrysme aortique.
La membrane muqueuse de la trachée, et des bronches surtout, est d'un rouge plus foncé que celle d'un autre sujet pris pour terme de comparaison. La rou-
geur ne disparaît pas par le lavage, elle est formée par des arborisations vasculaires bien visibles, quand on place sous l'eau la bronche ouverte. La muqueuse est plus épaisse, plus molle, l'ecouverte d'une mucosité transparente, mais tenace; sur quelques points, il y a des dépôts grisâtres et jaunâtres, mais non adhérents, la muqueuse est intacte au-dessous. Point d'infdtration, ni d'épaississemeut sous-muqueux.
Les petites bronches sont très-perméables, avec une faible couche de mucus. Les poumons ne sont pas congestionnés fortement, ils n'ont aucune granulation |i tuberculeuse ; les ganglions péribronchiques ne sont pas augmentés de volume. \
Les mucosités bronchiques reuferuient un assez grand nombre de cellules ï prismatiques avec ou sans cils, surtout des leucocytes à noyaux et sans noyaux, j plusieurs cellules sont très-granuleuses.
La bronchite simple, catarrhale, est la plus fréquente, à coup sûr, de i| toutes les phlegmasies des organes respiratoires. i
L'expectoration très-rare du début est formée d'un mucus visqueux i renfermant des cellules bronchiques desquamées, prismatiques, ciliées «j ou modifiées dans leur forme, et plus tard, des leucocytes donnant une ' teinte jaunâtre. Je reviendrai sur ces particularités en traitant des produits de l'expectoration.
On a admis que dans la bronchite aiguë la muqueuse est ramollie, d hyperhémiée, parfois avec des ecchymoses, et devenue friable. Les g'lan-| dules elles-mêmes seraient hyperhémiées, parfois suppurées etulcéréàl (Seitz). Ces ulcérations à l'orifice des conduits glandulaires ressemble- 1 raient à celles du larynx. Je ne les ai point constatées. l|
La Roche. Essai sur lo catai-rlic pulmonaire aigu, in-8. Paris, 1802. — Laennec, Traité del l'auscullatiou médiate. Paris, 2' édit., t. 1, 1820. — Reynaud (A.-C), article Rroiiches.| (Dictionnaire en 30 volumes, t. VI, 1834). — Schnickel (V.), Expositio morborum membransem mucosœ bronchiorum, in-4. Bonnœ, 1835. — Gairdner, On the patbol. Anatomy of bron-!'| chitis, etc. Edinburgh, 1850. — Charles Rorin, Note sur les causes de l'indépendance de la bronchite par rapport à la pneumonie (Mémoires de la Société de biologie, 2° série, t V, p. 93, j 185B). — Henri Gintrac, article Bronches (Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie j pratiques, t. V, p. 571, 1866). — Barth, article Bronchite (Dictionnaire encyclopédique des j sciences médicales, t. X, p. 731, 1869). j
— Bi-oneliite capillaire, Innaiiiination Ach petites bronches.
Dans la bronchite atteignant les dernières ramifications des bronches, ] , on trouve des lésions limitées à ces conduits ou .atteignant les vésicules pulmonaires, de là un état complexe ou broncho-pneumonie. Le danger de cette dernière est très-grand et signalé par tous les pathologistes. ,
Femme, vingt-huit ans, succombant à une bronchite capillaire, trois semaines i après un accouchement. Les poumons sont très-fortement congestionnés, lourds,'
BRONCHES
ésenlant l'apparence d'atélectasie ou d'état fœtal (voyez Poumons) sur un grand mbre de points. Ces poumons sont néanmoins insufflables et le déplissenient s vésicules pulmonaires est obtenu.
Après avoir fendu les bronclies avec soin jusque dans leurs divisions ultimes lU moyen de fins ciseaux, dont une des branches est émoussée à l'extrémité
terminée par un petit renflement), je trouve ces conduits remplis de mucntés rougeàtres et jaunâtres, spumeuses. La muqueuse des bronchioles est bien sible et rouge- En beaucoup de points, les parois sont contiguës et plusieurs îtites bronches ont le conduit obturé, mais dans d'autres elles sont très-peréables et même plus grosses qu'à l'étal normal; les lobules pulmonaires afl'aisis avant l'insufflation correspondaient aux bronchioles obturées.
Un mince fragment de petite bronche coupé en travers et placé dans la ycérine montre la muqueuse épaisse, les fibres conjonctives et élastiques ;artées par une grande quantité de matière molle et de granulations. Les mucotés renfermées dans les bronchioles offrent des leucocytes et des cellules ivimenteuses déformées, à noyaux volumineux, plus un très-grand nombre de •anulations moléculaires protéiques et d'autres d'aspect graisseux, réfractant rtement la lumière.
On trouve dans la bronchite capillaire un épaississement de la fine embrane muqueuse des bronchioles, avec multiplication d'éléments ellulaires, et de plus des amas épithéliaux, le tout empêchant l'air de énétrer jusques aux alvéoles du poumon. Mais on remarque, et cela resque aussi souvent, une hyperhémie de la muqueuse, qui est recouerte de muco-pus, tandis que la lumière des conduits est réellement ugmentée. Les plis longitudinaux formés par les saillies des fibres élasques et musculaires bronchiques ont disparu ; celte dilatation des radiales bronchiques et l'inertie des fibrilles musculaires se voit encore plus ans la broncho-pneumonie (voyez Poumon). Les glandules bronchiques ont elles-mêmes enflammées, remplies de leucocytes et les bronches de «oyen volume ont un aspect granuleux. La bronchite capillaire se complique parfois de bronchite pseudo-membraneuse.
Fauvel (S. -A.), Recherches sur la bronchite capillaire, etc., thèse de Paris, 1840. — Fou- :ART (Alfred), De la bronchite capillaire, thèse de Paris, n" 168, 1842. — Friedleben, Uebor telectasis Pulmonum (Archiv fiir physiologische lleilkunde, 1847). — Rilliet et Barthez, roncho-pneumonie vésiculaire chez les enfants (Gazette des hôpitaux, p. 453, 1851 et p. 207, 852). — Decocrteix (T.), De la bronchite capillaire, thèse de Paris, n" 214, 1853.